dimanche 8 mars 2026

Et l'Egypte s'éveilla

4 de couv' :
Une trilogie romanesque fascinante, où Christian Jacq perce les mystères de la naissance de l'Egypte, de la dynastie zéro à Narmer, le premier pharaon.
Vers 3500 avant J.-C.
Le territoire égyptien est le théâtre  de luttes redoutables entre les chefs de clan. Le jeune Narmer fait partie des rares survivants de son village. Un long voyage l'attend : la traversée de la vallée des Entraves, dont aucun humain n'est sorti vivant... Affrontant cette épreuve il se trouve plus que jamais au coeur de la guerre entre le Nord et le Sud, entre férocité et tyrannie : c'est le règne du chaos. Narmer est habité par les âmes des chefs de clan disparus. Les écueils pour faire naître nnouveau monde se révèlent d'une puissance sans égale. Mais l'indomptable Scorpion vient prêter main forte à son frère de sang jusqu'à ce que le futur pharaon réussisse à pacifier le sud des Deux Terres, mais une dernière étape sur les chemins de l'éveil de l'Égypte le confronte, non plus à son courage, mais à son coeur...


Je suis franchement partagée sur ce roman. Je l'avais acheté à sa sortie en 2011 chez France Loisirs, en grande fan de Christian Jacq que j'étais déjà à l'époque. Mais comme justement je lisais beaucoup de livres de cet auteur, je crois que celui-là a été celui de trop et j'en avais laissé tombé la lecture vers la centième page (sur 999). Trop de magie, trop de dialogues, trop différent du "Juge d'Egypte" ou de "Ramses", qui sont mes préférés. Je l'avais mis de côté en attendant le jour où je me sentirais prête à le reprendre.
De lectures en lectures, je me suis au fil du temps drôlement éloignée de l'Egypte ancienne et c'est le mois dernier, indécise en parcourant ma BAL (oui, je le rappelle, j'ai une "BAL" pas une "PAL"), que je suis retombée dessus. Le "tiens, pourquoi pas" s'est vite transformé en "oh, la bonne idée, ah ben voilà, trouvé".

Alors oui, j'ai mis un bon mois pour lire ce livre. La raison essentielle étant que je lis surtout le soir, et encore pas quand j'ai eu une journée tellement chargée que je n'arrive pas à me concentrer suffisamment pour lire et que mon cerveau me fait clairement comprendre qu'il veut du repos. Ça et quelques soucis d'ordre familial (rien de grave, mais des tracasseries à gérer) ont drôlement ralenti mon rythme de lecture.
Mais je dois reconnaître que cette lecture, me projetant autant de milliers d'années en arrière a été une vraie bouffée d'air frais.

Donc, mon ressenti sur ce roman.
Pour commencer, beaucoup trop de dialogues à mon goût. Je l'ai souvent dit ici, je préfère les romans avec le plus possible de narration à ceux débordant de dialogues. C'est d'ailleurs ce qui m'a éloigné des romans de Marc Lévy, entre autres raisons (ça, et le besoin de faire une pause, comme pour les romans de Christian Jacq, je reprendrai donc plus tard).
Sur une bonne partie de la trilogie et surtout la dernière, trop de batailles et de tactiques décrites de la même façon. Pour résumer grossièrement : les méchants sont très puissants, comment va-t-on s'en sortir, puis le jour de la bataille un peu de magie et pfuit, le problème est réglé. Je pense en particulier au passage contre les sumériens où on s'attend à un grand descriptif d'une immense bataille et où finalement tout semble réglé en quelques secondes, ce qui m'a un peu déçue (pour ceux qui n'auraient pas suivi, j'apprécie dans les romans historiques ou de Fantasy les scènes de batailles épiques, très abouties).
Certaines alliances ou trahisons sont un peu cousues de fil blanc, on devine assez facilement ce qui se trame dans le dos de certains personnages. On a un peu de suspens, mais on devine vite ce qu'il en est avant que ce ne soit soudainement dévoilé par l'auteur.
Sur la dernière partie, on passe rapidement sur certains passages que j'aurais aimé voir plus développées, comme si l'auteur voulait vite aboutir à la fin. Mais là je reconnais que c'est un procès d'intention de ma part.

J'ai cependant beaucoup apprécié ce récit du mythe de la création de l'ancienne Égypte, de tout ce qui a été à l'origine de son organisation, de ses rites, de ses croyances, fondements de cette ancienne civilisation. Cela éclaire d'un jour nouveau, et complète les autres oeuvres de l'auteur où les descriptions des rites et symboles de pouvoir et de la mythologie étaient si importants et garants de la cohésion et de la force du pays.
Si vous n'aimez pas la mythologie et donc la magie, vous risquez d'être agacé. Mais ce livre n'est pas un récit historique, c'est un récit mythologique, fondation d'une civilisation passée qui continue de nous fasciner...

J'ai bien envie de faire un parallèle entre deux duos : l'amitié (improbable au départ, j'ai eu un peu de mal au départ avec cette association de deux personnages si différents mais fianelement complémentaires) entre Narmer et Scorpion et le couple Narmer-Neit. Dans ses différents romans, l'auteur exprime bien que le pouvoir en Égypte ancienne est détenu par un "couple" (pas forcément au sens marital du terme) et j'aime assez faire ce parallèle car d'un duo guerrier et fondateur vers l'émergence d'un nouveau pays, on arrive à l'aboutissement et la prospérité à partir de la création de ce pays.
En cela, le rôle de Neit est important même s'il aurait pu être davantage développé (opinion toute féminine je le reconnais).
Sur les relations de Scorpion avec les femmes, j'étais un peu agacée voire outrée par moment. Mais au final, le couple Scorpion-Fleur est un bel exemple d'emprise, écrit à une époque où on n'en parlait pas, et cela est assez moderne au final. L'évolution catastrophique de Fleur au contact de Scorpion, sans mauvais jeu de mots (enfin si peut-être) est venimeuse.

Globalement, malgré quelques longueurs à certains endroits et pas assez à d'autres, j'ai apprécié ce roman pour le dépaysement total et surtout les connaissances apportés sur la mythologie des fondations de cette ancienne civilisations.
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