vendredi 10 juillet 2026

Motl fils du chantre

4 de couv' :
Avec le regard d'enfant du petit Motl, les tâches imposées par une vie de misère deviennent de véritables aventures. Des générations de juifs d'Europe orientale, immigrés en Europe occidentale ou en Amérique, se sont identifiés à Motl. Un grand classique de la littérature yiddish.

Comme souvent, c'est en me promenant dans les rayons de ma librairie préférée (qui soit dit en passant a récemment refait l'ensemble de ses rayonnages, je déambule encore plus qu'avant...) que j'ai trouvé ce livre.
J'ai un peu hésité à l'acheter, mais la curiosité l'a emporté.

Honnêtement, je suis un peu déçue de ce livre. Il faut dire que j'ai commencé à le lire comme un roman, or initialement il n'est pas sorti sous forme de roman mais de feuilleton et ce format s'en ressent fortement à la lecture. Cela a donc faussé ma lecture et ma première impression de ce livre.
Qui plus est, je n'ai pas compris tout de suite que Motl raconte sa petite vie au lecteur comme si chaque chapitre était une rencontre entre lui et un voisin ou ami. Je suis bêtement passée à côté pendant une partie du livre et si je n'avais pas mis autant de temps de temps à le comprendre, je l'aurais davantage apprécié.

Les personnages m'ont un peu agacée aussi, car presque caricaturaux ce qui n'est pas étonnant puisque finalement on est ici dans le burlesque.
J'ai plus apprécié la dernière partie du livre, où il est question de leur parcours d'immigrants et force est de constater que depuis l'époque où ce livre a été écrit, les choses n'ont guère changé...

L'écriture en revanche m'a plue, j'ai bien aimé le rythme, la vivacité, qui retraduit bien celle d'un enfant.

Sentiments mitigés, donc, dûs plus au fait que je me suis fourvoyée en début de lecture qu'à la qualité réelle de l'oeuvre.
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dimanche 5 juillet 2026

Galatée

4 de couv' :
Depuis l'antiquité, le mythe de Pygmalion et Galatée n'a de cesse de fasciner et d'inspirer des artistes. Mais ce récit millénaire du sculpteur misanthrope, épris de la statue qu'il vient de réaliser, demeure inachevé : lorsque Galatée est transformée en être vivant par les dieux, elle est réduite au silence par les hommes. Enfin, il est temps pour elle de devenir la narratrice de sa propre histoire et ainsi de choisir elle-même son destin.

Difficile de résister à l'envie de lire cette nouvelle quand on a adoré "Circé" et "Le chant d'Achille", de la même autrice.

Au delà de la mythologie, cette nouvelle aborde tous les aspects de la vie de couple avec un homme autoritaire et ne souffrant pas la contradiction, au point de créer sa propre femme idéale. Mais elle n'en est pas moins femme, ou pour mieux dire, un être doué de conscience et d'intelligence...

Court, mais intéressant.
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samedi 4 juillet 2026

Le destin d'Anjali

4 de couv' :
Anjali a dix ans quand on la marie à un homme qu'elle n'a jamais vu. Et à peine seize quand elle se retrouve veuve et condamnée à être brûlée vive pendant la crémation de son époux. Ainsi l'exigent les cruelles coutumes encore en vigueur en Inde à l'orée des années 1920.
Après une évasion spectaculaire, la jeune fille trouve refuge - du moins le croit-elle - auprès d'une femme qui se révèle être une dangereuse entremetteuse. Ce ne sera là que la première étape d'un voyage extraordinaire, et souvent effrayant.
Car dans un pays sous contrôle britannique, mais qui connaît déjà de violents soubresauts indépendantistes, quel peut être le destin d'une femme en quête de liberté ?


J'ai rarement lu un quatrième de couverture plus faux :
1) évasion certes, mais pas spectaculaire (sauf sur le fait d'avoir réussi à s'évader car c'était mal parti pour qu'elle réussisse...)
2) la femme rencontrée n'est pas du tout entremetteuse
3) quel voyage ? A part un trajet en train entre son évasion et le point d'arrivée, il n'y en a plus après. Ceci, dans les 65 premières pages du roman qui en compte 468.
Voilà pur le coup de gueule.

A part cette petite contrariété (a posteriori car je n'ai pas relu le quatrième de couverture avant d'entamer ce roman), ce fut pour moi un excellent moment de lecture Malgré quelques petites maladresses, l'écriture est fluide et agréable, l'histoire bien construite, assez pédagogique sur la période où se déroule l'action et la vie en Inde, et le dépaysement garanti ! Avec ce roman, j'ai retrouvé le goût de la lecture tel que je l'avais il y a quelques années, au point d'acheter un autre livre de l'autrice, qui vient de sortir en poche.

Un vrai bonheur de lecture !
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samedi 27 juin 2026

Mona et son manoir

4 de couv' :
Mona, la fille d'Anna Madrigal, a hérité par son mari, feu Lord Roughton, d'un château dans les Cotswolds : Easley House
C'est là, dans ce manoir perdu au milieu de la campagne anglaise et transformé en maison d'hôtes, qu'Armistead Maupin a rassemblé le petit monde des Chroniques de SanFrancisco et du 28, Barbary Lane pour un dénouement aussi érotique qu'inattendu.
(...)

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé une partie de la joyeuse troupe des Chroniques de San Francisco. Dans ce dernier tome en date, on retrouve Mona en Angleterre, dans les années 1990.

Le choix du lieu peut paraître surprenant par rapport aux autres tomes de la série, mais rappelons que l'auteur vit en Angleterre depuis 2019...

J'ai beaucoup apprécié ce tome, bulle de fraîcheur et de légèreté dans un lieu féérique qui aide à déconnecter du monde réel.

Une lecture drôle et sans prise de tête, voilà de quoi bien démarrer l'été.
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vendredi 26 juin 2026

Cucul

4 de couv' :
Le jour, Marie Couston est prof de français contractuelle dans un lycée. La nuit, elle écrit sous pseudo de la romance érotique. Mais lorsque son éditrice exige qu'elle abandonne des romans cucul pour de la dark romance, Marie voit rouge. En clair, on lui demande de rendre sexy des violences conjugales et sexuelles... Sans regret, et un peu saoule, Marie décide de tuer son personnage principal avant de s'endormir.
Au réveil, elle n'en croit pas ses yeux : un inconnu est assis suur son canapé. L'homme, très beau dans son costume sur mesure hors de prix, lui explique alors le plus sérieusement du monde qu'il est James Cooper, le mâle alpha de sa romance et de ses fantasmes...


Je ne sais plus trop comment j'ai entendu parler de ce roman : suggestion Booknode, Vendredi Lecture, Médiathèque de Brest ? Toujours est-il que le titre, puis le sujet, m'ont interpelée.
J'ai fini par l'emprunter ce week-end à la bibliothèque.

Si je n'ai rien trouvé de particulier à l'écriture et que j'ai trouvé le démarrage assez commun malgré le sujet, je dois avouer que ce roman m'a assez (agréablement) surprise.

Je m'attendais à une histoire distrayante, sans prise de tête, mais je ne m'attendais pas à autant de réflexions intéressantes sur la dark romance (que je boycotte par principe, en plus du fait que ça ne m'intéresse pas), la place de la femme dans la société, le quotidien des femmes - occidentales - de nos jours.

Certaines situations sont franchement drôle, l'héroïne est le type même de personnage déjanté que j'adore (mignonne mais sans plus, qui ne fait pas de chichis, maladroite au possible avec un sale caractère. Ah ben moi en fait).

Bref, un bon moment de lectures, qui nous amène à d'intéressantes réflexions sur de nombreux sujets.
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dimanche 21 juin 2026

La disparue de la réserve de Blackfeet

4 de couv' :
Juin 2017, réserve des Blackfeet, Montaana. Ashley Loring Heavyrunner, vingt ans, se rend à une fête. Sa famille ne la reverra plus. Le police ne s'en inquiète pas. Sa soeur Kimberley se charge de naviguer dans le flot des rumeurs pour démêler les faits. Car, sur ces terres indigènes, au coeur des montagnes, les mères et les soeurs doivent résoudre seules les disparitions des femmes de leur communauté.
Sourde à toutes les demandes, la police ignore l'ampleur des histoires, où chaque famille connaît des disparitions. Avec acharnement, Kimberley persévère, organise des battues, interroge les témoins, luttant pour qu'Ashley ne soit pas oubliée comme tant d'autres avant elle.
Être une femme amérindienne dans une réserve, c'est avoir dix fois plus de risques de se faire tuer que la moyenne aux États-Unis. La journaliste Anaïs Renevier brise le silence qui entoure ces affaires et dessine les contours d'une crise nationale meurtrière.


C'est par une newsletter des éditions 10/18 que j'ai entendu parler de cette série de livres, qui retrace les histoires d'enquêtes criminelles célèbres aux États-Unis. Je dois reconnaître que sur le moment, j'ai trouvé cela un peu morbide de créer une collection dédiée à ce ty pe de sujet. Mais moins hypocrite aussi car au final un certain nombre de livres traitent des mêmes sujets.

C'est donc avec une certaine curiosité que j'ai choisi ce livre. Curiosité pour la façon dont le sujet serait traité. L'autrice est journaliste, et ce livre est vraiment construit comme une enquête journalistique. Elle est claire dans ses propos, méthodique, vulgarise parfaitement le moindre élément un peu complexe, et agréable à lire.

Sur le contenu du livre, je ne dirai pas grand chose de risque de tout divulgâcher à ceux qui comme moi ne connaissaient pas cette histoire, son évolution et ses répercussions. Disons qu'en dehors du cas d'Ashley Loring Heavyrunner, c'est la condition féminine, en particulier dans les réserves américaines - héritières d'un lourd passé génocidaire - dont il est aussi question.

Petit (tout petit) bémol technique : j'aurais préféré que les cartes se trouvent en début d'ouvrage plutôt qu'à la fin, ou au moins qu'il y ait dans le textes des notes de bas de page indiquant les pages où se trouvent ces cartes, le glossaire, etc.

Par contre, une bonne idée que ce QR code qui renvoie au dossier de l'affaire : vidéos, articles, avis de rechercher du FBI, etc. Dossier très, très complet.

Un très bon travail de journaliste, qui donne envie de continuer à suivre le sujet.
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samedi 20 juin 2026

Roméo et Juliette

Pas 4 de couv ! 
(et en même temps, on la connaît l'histoire, y compris quand on fait tout pour qu'on la fasse pas divulgâchée...)


J'avais tellement adoré "Tout est bien qui finit bien" que j'avais acheté quelques Shakespeare d'avance (deux par volumes, donc quatre pièces).
Puis j'ai lu "Hamlet", qui m'a profondément déçue.

C'est donc à reculons que je me suis mise à lire Roméo et Juliette, en partie pour un challenge Booknode.

Au final, je ne regrette pas : j'ai autant aimé "Roméo et Juliette" que "Tout est bien qui finit bien". Lire cette pièce a été un pur délice tant on frôle la perfection que ce soit pour l'écriture ou l'intrigue.

Et, oui, mon vocabulaire est bien pauvre en comparaison. Pour vous en remettre, lisez cette pièce !
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vendredi 19 juin 2026

La forêt de flammes et d'ombres

4 de couv' :
Tokyo, décembre 1944. Embauché dans un centre de tri postal, Ren Mizuki y rencontre deux autres étudiants qui partagent sa passion pour la culture et l'art européens : Yuki, qui deviendra sa compagne, peintre elle aussi, et Bin, un violoniste promis à une carrière internationale, quirestera à jamais son frère d'élection. En 1945, Ren est appelé en Mandchourie dans l'enfer des combats. Défiguré, lutilé, il en rentre persuadé qu'il ne pourra plus jamais tenir un pinceau. L'amour de Yuki sera-t-il capable de renverser un destin ?
À travers une histoire particulièrement émouvante, Akira Mizubayashi continue d'explorer ses thèmes familiers : le désastre des nationalismes fauteurs de guerre, l'art, recours essentiel contre la folie des hommes.


Ce livre m'a été offert par mon homme, pour qui m'offrir des livres est parfois un stress : il ne sait pas ce que j'ai déjà lu (ou en attente, j'ai quand même une BAL d'environ 240 bouquins...), n'est pas sûr des auteurs que j'aime (ou pas) et encore moins ce qui pourrait potentiellement me plaire. C'est muni de ce peu de renseignements qu'il est allé demandé conseil à ma librairie préférée. Il m'a donc trouvé cette pépite qui venait de sortir (donc assuré que je ne l'avais pas) d'un auteur japonais (il avait bien repéré mon engouement pour les auteurs japonais), qui fut décidément une bonne pioche.

Bonne pioche par ce que je ne connaissais pas l'auteur et n'avait jamais entendu parler de ce livre, donc une bonne surprise.

J'ai beaucoup aimé lire ce livre dont l'histoire m'a autant plue, touchée, que surprise (mention spéciale à Hannah, dont j'ai deviné le secret de longévité, révélé en fin de livre, petite note d'humour en forme de pirouette d'un auteur à ses lecteurs). Une histoire qui se déroule de la fin de la seconde guerre mondiale à nos jours (et même un peu plus, mais chut) avec des sauts dans le temps qui ne sont pas dérangeants pur le lecteur. Ce qui est évoqué ici sont les moments forts de la vie des personnages, et après tout, c'est ce que nous retenons tous de nos vies finalement...

C'est une belle histoire, subtile, empreinte de douceur et de culture. Une histoire d'amour, d'amitié, de famille.
Une belle découverte !
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dimanche 7 juin 2026

Murena - tomes 11 à 13

4 de couv' :

Nos ancêtres n'aimaient pas cette sorte d'égalité qui donne les mêmes faveurs au bon et aux méchants. Aussi n'était-ce pas entre tous les citoyens qu'ils tiraient au sort les magistrats. Ils fausaient à l'avance un choix des meilleurs et des plus propres à remplir chaque fonction.





Ce n'est pas ce qu'on dit mais ce qu'on sent un seul jour mais continuellement. Tu n'as pas à craindre qu'un comportement si estimable ne dégénère en indignité : seul le sage apprécie ce qu'il a. Les insensés peinent sous le dégoût d'eux-mêmes.





À la vérité, L. Crassus encore tout jeune ne tira pas sa réputation d'un autre que lui-même. Il s'acquit un très grand titre par une fameuse et illustre accusation. À l'âge où l'on est ordinairement loué pour ses exercices, L. Crassus fit voir qu'il réussissait déjà au tribunal, alors qu'il aurait pu être méritoire de s'exercer chez lui.
CICÉRON
Traité des devoirs. II.





Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas plongée dans cette série, dont j'avais parlé ici. Je l'avais lue jusqu'au tome 10, puis acheté le tome 11, que je n'ai pas lu tout de suite car je ne me rappelais pas bien l'histoire. J'avais l'intention de tout relire... Puis est sorti le tome 12... Puis le 13...
 
Ce week-end, je me suis décidée, avec enthousiasme, à tout reprendre depuis le début (et bien m'en a pris car visiblement, le tome 14 devrait sortir cette année).

J'aime toujours autant cette série, où l'histoire, l'Histoire, les graphismes, les personnages, les intrigues me plaisent tout autant qu'avant.

A ne réserver qu'aux adultes cependant, les scènes de nudité, de sexe et de violence étant fréquentes. Mais une belle reconstitution de la Rome de Néron, basée sur les faits ou des reconstitution au plus juste, loin des images toutes faites et fausses idées en tout genre.

A suivre jusqu'au bout !
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samedi 6 juin 2026

Marelle à Harlem

4 de couv' :
Publié en 1971 sous le titre Just Give Me a Cool Drink of Water 'fore I Diiie, le premier recueil de Maya Angelou se présente à nous comme une oeuvre de jeunesse : nombre des poèmes qui le composent ont été écrit avant la parution de Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, le livre qui l'a rendue célèbre.
Si Marelle à Harlem marque l'entrée de Maya Angelou en poésie, il porte déjà sa signature d'autrice. Elle y révèle une parole intime et militante, passant de son histoire d'amour avec celui qu'elle nomme le Zorro Man à la relation douloureuse que lesAfricains-Américains entretiennent avec une société raciste dominée par les Blancs. Avec force, humour et non sans rage, elle traduit son expérience de femme noire et libre en un puissant discours pour défendre les aspirations de sa communauté.


Dire que je suis une grande fan de Maya Angelou est assez inutile, redondant et surtout bien en-dessous de la réalité. Comme je l'ai déjà dit précédemment, cela faisait longtemps que je trépignais d'impatience à l'idée de voir ses recueils de poèmes (enfin !) publié en France donc cela ne surprendra personne que je me précipité à la librairie à chaque sortie de l'un d'entre eux (et dans le cas de celui-ci, j'ai loupé l'annoncé de sortie, je suis tombée dessus par avance et m'y suis précipitée tout pareil).

J'apprécie tout particulièrement que les éditions Seghers les publient en version bilingue, tant la traduction me paraît parfois frustrante. Attention, je ne critique pas le travail du traducteur, mais les poèmes prennent pleinement tout leur sens dans leur langue originale comparée à la version en français. Question de sensation, de contexte (ou de psycho-rigidité de ma part aussi peut-être).
L'ensemble est en tout cas magnifique, j'ai passé une partie de ma soirée d'hier à en lire la plupart à haute voix haute (ce que le traducteur encourage le lecteur à faire dans sa postface, mais que j'avais fait spontanément, c'est dire s'il a raison).

Un magnifique moment de lecture !
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vendredi 5 juin 2026

Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles

4 de couv' :
États-Unis, années 1940. Glory, enceinte et déjà mère d'un petit garçon, souffre de l'absence de son mari, parti au front, de l'autre côté de l'Atlantique.À des centaines de kilomètres d'elle, Rita, femme et mère de soldat également, n'a pour compagnie que la fiancée de son fils.
Une lettre, envoyée comme une bouteille à la mer, va les réunir. Entre inconnues, on peut tout se dire. Les angoisses, l'attente des êtres aimés, mais aussi les histoires de voisinage, les secrets plus intimes et les recettes de cuisine. Les petites joies qui font que, dans les temps les plus difficiles, le bonheur trouve son chemin.

Ce roman fait beaucoup penser à "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates", car il s'agit de romans épistolaires se déroulant pendant la seconde guerre mondiale.

Ce roman-ci se déroule au États-Unis, et non en Angleterre et est tout aussi prenant.

L'écriture, ou plutôt les écritures - car il s'agit de deux autrices - sont agréables à lire et ne sont guère différentes. Ce qui est amusant ici est qu'on apprend en toute fin de livre qu'elles ne se sont pas rencontrées, comme les personnages de ce roman.

Ce roman est assez addictif et même si j'ai eu un peu de mal avec le personnage de Glory, non en raison de sa personnalité, mais de certains de ses actes, cela s'est finalement estompé. La correspondance ne se limite pas à ces deux femmes, mais s'étend à leur entourage, cassant ainsi le rythme et mettant en relief une histoire qui aurait pu tourner "plan-plan" si les autrices s'étaient contentées d'une correspondance entre deux personnages seulement.

On passe par toutes les émotions ou presque, dans ce roman. J'ai beaucoup pleuré (d'émotion, pas de tristesse) à la fin. J'ai failli pleurer dans le tram l'autre jour, sur un passage particulièrement émouvant. Sans compter la fois où j'ai failli louper mon arrêt et suis descendue au tout dernier moment (et ai continué mon chapitre en marchant, fait assez rare chez moi !).

Bref, vous l'aurez deviné, je l'ai vraiment beaucoup aimé !
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dimanche 31 mai 2026

La Cuisinière des Kennedy

4 de couv' :
Elle ne paye pas de mine, cette modeste tombe d'un cimatière du Vaucluse avec ses quelques bouquets, très simples. L'assemblée est clairsemée pour l'enterrement d'Andrée Imbert - 1907-1999.
Pourtant, parmi les chrysanthèmes, un egrande couronne de fleurs détonne :
"Avec toute l'affection et la gratitude de la famille Kennedy".
Comment la défunte, orpheline de l'assistance publique de Marseille, s'est-elle retrouvée à servie cette illustre famille ? Présidents, sénateurs, ministres : ils ont tous goûté à la cuisine de cette femme au destin incroyable, qui embauma l'Amérique de thym et de sarriette... Et fut témoin, côté fourneaux, d'une considérable portion d'Histoire...

J'avais hésité à acheter ce livre pour moi, puis je me suis dit qu ej'allais l'emprunter à la bibliothèque, ce que je n'ai pas fait quand j'ai réalisé que ce pourrait être une idée de cadeau pour l'anniversaire de ma mère. Ce fut donc pour elle que je l'ai acheté, elle n'a pas eu l'occasion de le lire... Pourtant, il lui aurait bien plus...

À moi il a bien plu en tout cas. Le personnage principal de ce livre est Andrée Leufroy, enfant trouvée, qui petit à petit apprend à cuisiner et en fait son métier tout au long de sa vie, améliorant sa condition au fil des emplois : cuisinière (vite réputée) chez des particulier, dans le café de son mari, un restaurant, pui sà nouveau chez des particuliers (et au passage un certain écrivain dont je vous laisse découvrir qui au fil de la lecture), tous ces emplois qui vont l'amener aux États-Unis puis chez les Kennedy.
Si la première partie du livre parle d'Andrée de sa naissance à sa rencontre avec les Kennedy, retraçant au passage, méthodiquement, la condition des enfants de l'assistance publique, la seconde partie insiste davantage sur la famille Kennedy, mais sans occulter la vie privée d'Andrée.
L'autrice a eu la bonne idée, afin de faire patienter le lecteur, de ponctuer le livre de courts chapitres de la vie de la famille Kennedy, en parallèle de celle d'Andrée, afin de ne pas trop frustrer le lecteur...

Il est surprenant pour une femme de cette époque qu'elle ait ainsi pu vivre sa vie loin de sa famille, ce qui n'était absolument pas envisageable pour les femmes de sa génération. Il lui en a fallu du courage et de la détermination, pour parvenir à ses fins, et un sacré caractère ! Le reste n'appartient qu'à elle et sa famille, dont elle était visiblement très aimée.

Sur les Kennedy, je trouve l'autrice (ou Andrée ?) peu critique. On évoque le fait que l'une des filles Kennedy soit en institution, on omet complètement de rappeler pourquoi. Sont évoqués les médicaments pris par JFK, blâmant à juste titre le médecin qui les lui prescrivait, et JFK et le reste de la famille sont peint de façon plutôt idyllique. Cela étant, l'autrice a l'honnêteté d'évoquer différents problèmes, sans s'appesantir, mais sans tomber du coup dans le travers des ragots de mauvaise presse.

Tout un pan de l'Histoire, vu de l'intérieur de cette famille et du point de vue, a priori, d'Andrée, les chapitres étant entrecoupés de ses souvenirs, racontés à son petit-fils, ce qui donne du rythme au livre et à l'écriture.

Un chouette moment de lecture en ce qui me concerne.
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samedi 30 mai 2026

Les fabuleuses femmes du grand hôtel

4 de couv' :
Stockholm, 1901. Ottilia est embauchée au Grand Hôtel, l'établissement le plus prestigieux de la ville. La jeune femme quitte sa famille le coeur lourd mais empli d'espoir, consciente que ce travail lui offre une chance unique de commencer une nouvelle vie. Mais derrière la façade de luxe se cache une dure réalité : l'hôtel est en difficulté.
Pour le redresser, c'est une femme, Wilhelmina Skogh, qui est nommée à sa tête. Une décision qui fait trembler les fondations de cette vénérable institution. Lorsque le personnel masculin se rebelle, la nouvelle directrice doit s'entourer d'une équipe féminine.
Aux premières loges de cette révolution, Ottilia tente de faire sa place dans un monde où se croisent les destins d'humbles servantes et de riches héritières, leurs secrets et leurs amours. Un monde où, pour toutes ces femmes fabuleuses, les rêves semblent désormais à portée de main.


Je l'avoue, la couverture m'a tapé dans l'oeil. Le résumé m'a bien plu aussi, je n'ai donc guère hésité à l'acheter (j'ai une bibliothèque à lire gavée d'un nombre pas possible de livres en stock, et je continue à en acheter ou à en emprunter à la bibliothèque, sans compter ceux que je me fais offrir, c'est grave docteur ?).

Vraiment, j'ai adoré. Le personnage d'Ottilia n'est qu'un prétexte pour parler du Grand Hôtel de Stockholm et son évolution à partir du moment où Wilhelmina Skogh, qui a réellement existé, en a pris la direction. C'est donc une biographie romancée de ce personnage qui nous est présenté ici, mais on apprend surtout la vie dans cet hôtel qui est plutôt un palace d'ailleurs : https://grandhotel.se/en

Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant aimé un livre que j'avais hâte retrouver sitôt ma journée de travail terminée, les 665 pages ont défilé à une vitesse !

Fabuleux, en effet.
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vendredi 29 mai 2026

Une rencontre au bord de l'eau

4 de couv' :
Flora Mac Kenzie a troqué sa vie londonienne pour ouvrir un charmant café sur l'île écossaise de Mure. Mais tandis que les nuits d'hiver se transforment en longues journées ensoleillées d'été, Flora s'interroge sur les absences de son petit ami Joel.
Que fait-il durant ses séjours interminables à New York ? Alors que Flora s'investit de plus en plus dans son café, Saif le médecin réfugié de l'^le va recevoir une nouvelle incroyable qui bouleversera sa vie à jamais.
Avec son charme magique et sa délicieuse cuisine, Flora pourra-t-elle trouver le bonheur et faire celui des autres ?


J'avais envie d'une lecture-doudou. C'est donc tout naturellement que je me suis tournée vers Jenny Colgan, et ce deuxième tome de la série "Au bord de l'eau", dont j'avais lu le premier il y a deux ans et demi.

J'ai particulièrement aimé ce tome. En dehors d'une écriture agréable, l'histoire aborde des sujets graves sans en faire trop dans le pathos.

Une belle réussite, vivement le tome suivant, qui fera partie de mes lectures de Noël (me suis fait une belle petite sélection, tiens).
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jeudi 28 mai 2026

Un bébé à livrer


4 de couv' :
Que se passe-t-il si la cigogne qui apporte le bébé se casse l'aile ? Surtout si elle repasse le bébé à deux autres bras cassés : un lapin pas super malin et un canard encore moins futé. Heureusement, un petit cochon un peu grognon veille...

J'avais tellement aimé "Le grand méchant renard" que je n'ai pas pu résister à me procurer cette bande dessinée.

Si je ne retrouve pas la même poésie cette fois-ci, je retrouve le même humour, d'autant que l'auteur s'est lâché et a clairement laissé libre cours à son imagination. Une imagination débridée qui va crescendo dans le délire.
J'ai beaucoup rit en tout cas (et ça fait un bien fou).

J'adorerais hâte de me procurer "Il faut sauver Noël", avec le même trio improbable ! Hélas, impossible à trouver pour le moment...
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mercredi 27 mai 2026

Palmer dans le rouge

4 de couv' :
- Ange, il me semble que tu connaissais un détective privé...
- J'en ai croisé un en Corse, mais je ne le vous conseille pas : il posait trop de questions.

Je ne connaissais pas du tout cette série de bandes dessinées avant d'apprendre que Manu Larcenet a sorti ce tome. Inutile de rappeler à quel point je suis fan.

Nous avons un copaiin vignoble dans le bordelais et je dois dire que je me suis souvent demandé ce qu'il pense(rait) de cette bande dessinée.

Pour ma part, j'ai adoré. L'histoire et les personnages, les situations, les jeux de mots sont jubilatoires (mention spéciale à la retransmission radiophonique d'un match de foot, pour ma plus grande hilarité). J'ai souvent éclaté de rire.

Il faudra que je lise un autre tome de la série à titre de comparaison, mais pour moi ce fut un sans faute !
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mardi 26 mai 2026

J'étais roi à Jérusalem

4 de couv' :
Musicien, employé de mairie, buveur, coureur, croyant incertain, Wasif Jawhariyyeh est un joyau aux multiples facettes comme le siècle dernier savait en inventer, témoin d'un temps où chrétiens, juifs, musulmans se disaient tous des "gens de Terre sainte", des habitants d'une ville "qui mélangeait, qui mangeait ensemmble tous les dialectes de la Méditerranée". Au son du oud, Wasif fait revivre la voix de Jérusalem, les saveurs et les plus vives couleurs de son passé oublié.
Confidences douces-amères d'un petit musicien à l'étoffe de grand personnage, J'étais roi à Jérusalem raconte un homme simple qui tire des autres l'amour et l'amitié comme on tire le vin, et nous montre la mixité d'une jérusalem moderne, loin d'une archéologie qui la fige, de fantasmes ou d'antagonismes qui l'enferment en destin du monde. À travers les mots de Wasif, la ville retrouve son soleil sa poésie, et penche sur lui un sourire qui vaut mille pardons.

J'ai eu envie de lire ce livre comme j'ai toujours envie de lire ceux de Carine Fernandez. Alors certes ce n'est pas la même autrice ni donc la même écriture, mais je n'ai pas pu m'empêcher d'assimiler les deux.
Question écriture, c'est le même plaisir en tout cas : très agréable, fluide, on se laisse porter avec plaisir.

Le sujet du roman n'est pas tant la biographie de Wasif Jawhariyyeh, qui l'a déjà faite lui-même par ailleurs, que l'histoire de Jérusalem et par extension d'Israël au cours du vongtièmesiècle.

Une approche originale, et pédagogique.
Une belle biographie historique et romancée.
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jeudi 30 avril 2026

Les Mémés, tome 6 - À la recherche du temps qui reste

4 de couv' :
Les Mémés sont de retour pour vivre pleinement leurs plus belles années !
Huguette, Paulette et Lucette ont encore de nombreuses berges devant elles et elles comptent bien en profiter !
Avec sa bande de sacrés mémés, Sylvain Frécon s'attaque à de nombreux sujets d'actualité et de société, mais toujours sous le prisme de l'impertinence, de la légèreté et du franchement drôle.

Je ne sais pas comment il y arrive, mais force est de constater que l'auteur de cette série arrive toujours à se renouveler. Il est clair qu'il a une certaine affection pour "ses" mémés, et nous avec !

Toujours drôles, surprenantes, émouvantes aussi, elles ne prennent pas (plus) une ride et gardent un esprit jeune, pour notre plus grande hilarité !

J'ai en particulier beaucoup aimé la promo même pas déguisée à Fluide Glacial et l'histoire de l'origine du "zizicoptère". Et surtout, en début d'album, la dédicace spéciale à l'ancienne éditrice de la série (partie vers d'autres aventures apparemment), des mémés à leur "fifille", qui m'a beaucoup émue. Avant même d'en commencer la lecture...

Encore une fois, bravo à l'auteur... Et à l'année prochaine avec un nouvel album j'espère !
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Miss Alabama et ses petits secrets

4 de couv' :
Il est loin le temps où Maggie représentait fièrement l'Alabama, au concours de Miss America. À 60 ans, fatiguée, elle pense avoir connu le meilleur de la vie et s'apprête à mettre fin à ses jours, sur la pointe des pieds, sans gêner personne. Seulement il fallait que Brenda téléphone à ce moment-là. Deux places pour un spectacle de derviches tourneurs, dans huit jours, ça ne se refuse pas... Pour faire plaisir à son amie, Maggie accepte de retarder l'échéance d'une semaine. Et ces quelques jours vont lui montrer que l'existence a encore beaucoup plus à lui offrir qu'elle ne le croyait...


Si j'ai trouvé le début un peu lent et assez conventionnel, je dois bien reconnaître que l'on finit par s'attacher aux personnages et à leur histoire.  Je ne m'attendais pas à un rebondissement en cours du roman, même si j'ai vite compris ce qui se cachait derrière ce mystère (la satisfaction égocentrique de trouver la clef du mystère avant les personnages).

Malgré le postulat de départ, l'atmosphère du roman est loin d'être triste ou pesante, bien au contraire.

J'ai beaucoup aimé les digressions de l'autrice dont certains chapitres rythment le roman en retraçant une partie de la vie de tel ou tel personnage, passé ou présent, ce qui donne du relief au personnage en question et à l'histoire dans son ensemble.

Par contre, j'ai du mal à comprendre la couverture : pourquoi autant de pommes ? Pas vu l'ombre d'un pépin ou d'une tarte ou tourte dans le roman... Ou alors, ça ne m'a pas frappée...

Une lecture bien distrayante et prenante pour ce début de printemps !
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jeudi 23 avril 2026

Le quartier des petits secrets

4 de couv' :
Le quartier des petits secrets, c'est celui de Clémentine, fleuriste délicate. De sa plus poche amie, Nicole, dont le café est une véritable institution. De cet homme qui commande les mêmes bouquets chaque semaine et de ce bouquiniste qui ne sort jamais. Et puis il y a l'adorable Viviane, bien sûr, qui s'échappe régulièrement de sa maison de repos pour passer un moment dans son jardin imaginaire - la boutique de Clémentine -, où elle coupe, tranche, éventre... Viviane dont les pertes de repères ne favorisent pas le commerce.
Pourtant, lorsque cette dernière ne se présente plus, Clémentine s'inquiète.
Une mauvaise chute cloue au lit la charmante nuisible qui, malgré sa faiblesse, trouve la force de dessiner une fleur étrange... que Clémentine ne parvient pas à identifier.
Quelle est donc cette variété qui semble tellement importante pour Viviane ? il n'en faut pas plus à la jeune femme pour commencer son enquête fleurie.


En cette période de deuil, j'ai eu envie la semaine dernière d'une lecture doudou, ou feel-good si vous tenez absolument à utiliser ce fichu anglicisme.
L'idée en passant les portes automatiques de la librairie était de trouver un livre pour changer complètement d'univers, d'ambiance, en trouvant une histoire qui serait totalement différente de ce que je vis actuellement.
Bref, l'idée était de me changer les idées. Et ben non. Enfin si, mais...

J'ai eu un doute et une hésitation en lisant le (la ?) quatrième de couverture, puisque ça parlait d'une vieille dame un peu sur le déclin. Puis le côté fleuriste en quête d'une fleur inconnue, une vie de quartier et d'amitié ont emporté mon choix.

Finalement, ce fut une bonne pioche, je ne me suis pas trompée. L'écriture est agréable, subtilement humoristique, et très douce. Les personnages sont attachants, l'autrice se permet des appartés dans les chapitres-portraits qui leur sont consacrés,  les méchants en prennent plein la tronche (et pas qu'au sens figuré mais chut), l'histoire est prenante, et tout est bien qui finit bien. Et c'est tout ce que je demandais à ce livre.

Allez savoir pourquoi, mais à la lecture en m'imaginant les personnages, ils sont petit à petit devenus des personnages de mangas (genre que je ne lis pourtant quasiment pas). Et ce fut bien plaisant de les imaginer ainsi !

Et pour l'anecdote, oui, il y a un chat en couverture et pour une fois, il fait bien partie des personnages du roman, il n'est pas là que pour le décorum (et faire vendre).

J'en redemande, des comme ça.
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mardi 21 avril 2026

La dernière maison juste avant la forêt

4 de couv' :
C'est une suite d'histoires qui se croisent pour n'en former qu'une. Celle d'un homme qui se croit beau alors qu'il est vraiment très laid, celle d'une jeune femme louée pour un anniversaire, et celle d'une famille totalement déjantée dans une demeure peuplée de créatures surnaturelles. Le tout imbriqué dans une suite d'évènements sulfureux et tragi-comiques.
Bref, une histoire complètement délirante.

Après les fées, un peu de magie...

J'avais acheté ce livre un peu par curiosité mais aussi après l'avoir feuilleté.

De ce livre, je ne savais pas trop à quoi m'attendre. J'avais juste envie d'originalité, de me laisser porter et de me plonger ailleurs que dans la réalité. Mission accomplie, merci aux auteurs !

J'ai été happée dès les premières pages. L'histoire autant que les dessins et les couleurs m'ont enthousiasmée, fait rire et même émue parfois.
Cette histoire est franchement déjantée et je n'en dirai pas plus, je n'aime pas divulgacher. Par contre, scènes de c*l (hilarantes) obligent, ne pas laisser traîner à portée des enfants...

Une lecture enthousiasmante, imaginative, drôle, émouvante, qui m'a bien déconnectée du réel et qui nous a fait un bien fou, à mon cerveau et moi. Une vraie soupape de décompression bienvenue.
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dimanche 19 avril 2026

Avec les fées

4 de couv' :
Les promontoires de Galice, Bretagne, Cornouailles, du pays de Galles, de l'île de Man, de l'Irlande et de l'Écosse dessinaient un arc. Par voie de mer, à bord d'un voilier, j'allais relier les miettes de ce déchiquetage. Sur cette courbe, on était certain de capter le surgissement du merveilleux. Puisque la nuit était tombé sur ce mon de machines et de banquiers, je me donnais trois mois pour essayer d'y voir. Je partais. Avec les fées.

J'avais offert ce livre il y a deux ans à ma mère, pour son 90ème anniversaire. Je l'avais acheté lors d'un passage de l'auteur à Brest pour une séance de dédicace et obtenu cet exemplaire avec dédicace donc. 
Je crois que ça avait bien plus à ma mère, le fait que je me sois déplacée à ma librairie préférée pour aller à la rencontre de l'auteur et délivrer le message qu'elle m'avait confié "si jamais il passe à Brest, tu lui diras que..." - à quel point elle avait aimé "On a roulé sur la terre". Message donc délivré à Sylvain Tesson ce jour-là, ainsi qu'à Alexandre Poussin quelques mois auparavant, lors d'une autre séance de dédicaces, pour un autre livre, offert à Noël celui-là.
J'ai eu l'impression qu'aucun des deux ne s'intéressait à ce que je leur disait (ou peut-être blasés d'être sans cesse ramenés à cette époque de leur vie, après tout ils ont fait tant de choses depuis), mais le message a été délivré, mission accomplie !

Et me voilà deux ans plus tard, héritant de cet ouvrage sur les bras. Je trouvais approprié sur le moment (avec une certaine curiosité aussi) d'enfin lire ce livre que je n'avais jusque là pas oser lui emprunter, car elle le gardait précieusement dans sa chambre. Alors que d'habitude, elle me refilait systématiquement tout livre que je lui offrais. Mais pas les Sylvain Tesson, et surtout pas cet exemplaire dédicacé.
Et j'avais remarqué à quel point les récits de Sylvain Tesson m'avait fait du bien dans le passé quand j'ai eu à une époque des problèmes de boulot et de santé. Rien de grave ni même préoccupant, mais une période pénible à traverser. Sylvain Tesson, grand consolateur par le beau ?

Finalement, j'aurais peut-être dû attendre un peu plus avant de lire cet ouvrage, que j'ai eu un mal fou à lire tant j'avais du mal à me concentrer ces derniers temps. Ma journée de travail de mardi dernier n'a guère été rentable (si mes journées de travail sont censées être rentables), je n'ai pas été un foudre de guerre ce jour-là tant la fatigue - autant physique que mentale - s'est accumulée et a pris le pas sur cette journée-là. Impossible de me concentrer, j'ai travaillé à deux à l'heure et ce n'est pas faute d'essayer.

Tout ça pour dire que j'ai eu beaucoup de mal à apprécier ce récit, mas ce n'est pas dû à la qualité d'écriture de l'auteur. Je n'étais juste pas en capacité de lire ce type d'ouvrages, voire de lire tout court. Là en ce moment je me rabats sur les bandes dessinées et lectures plus légères, mieux acceptées par un cerveau en deuil, lui aussi.
Pourtant, au fil des pages, les choses se sont améliorées, en particulier le chapitre sur l'Irlande, où j'ai enfin pu commencer à me laisser porter par la beauté de l'écriture, des descriptions de paysages, des pensées de l'auteur.

Je le relirai donc, et peut-être même dans sa version illustrée - beau livre - qui me fait de l'oeil depuis les étagères de la librairie...
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vendredi 17 avril 2026

Les mange-bitume

Pas de 4 de couv' !

Ce livre, prêté par un collègue (merci Jean-Claude !) est une rareté, impossible à trouver dans le commerce, et il atteint dans les bouquineries en ligne des sommes astronomiques (j'en ai vu un exemplaire à plus de 300 euros !).
Il n'est même plus référencé sur le site des éditions Dargaud.
Et pourtant...

Et pourtant, bien que publié en 1974, il est d'une rare actualité et si le sujet n'est pas les réseaux sociaux (encore que...), il prévient le lecteur des dérives du confort où tout serait régi par les machines et une certaine organisation de nos vies.
Ici il ne s'agit pas d'Internet ou d'IA, bien qu'ils fasse un peu partie de l'histoire : je suppose que les auteurs n'ont à l'époque pas imaginé que ce style de communication pouvait prendre une telle ampleur.
Ici tout part du fait que la population, régulièrement coincée dans les bouchons pour aller ou revenir du travail, finit par vivre et travailler dans leur voiture, qui petit à petit prennent de l'ampleur pour devenir non pas des maisons sur roues, mais bien des véhicules confortables où il fait bon vivre. Finit les maisons et immeubles, la France (ou l'Europe) devient une immense autoroute.
La nature humaine étant ce qu'elle est, ils se retrouvent avec les mêmes problématique qu'avant... fugue d'adolescents en mal de vivre et voulant un autre ailleurs que chez papa-maman, bizarreries administratives dues à un piratage de données (ah, tiens...), lanceurs d'alerte...
Puis petit à petit, insidieusement, les machines prennent le pouvoir.

Je ne dirai pas ici la conclusion du livre mais les auteurs ont bien compris dans les années 1970 ce dont nous nous inquiétons actuellement avec les réseaux sociaux et surtout l'IA.

Un bon livre d'anticipation, non dénué d'humour, visionnaire pour l'époque... Et la nôtre.
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samedi 11 avril 2026

La collectionneuse de mots oubliés

4 de couv' :
Esme est née entourée de mots. Orpheline de mère, elle passe son enfance dans "Scriptorium"à Oxford, où son père et une équipe de lexicographes, sous la direction du Dr Murray, rassemblent des définitions et des citations pour constituer le tout premier dictionnaire d'Oxford.
Cachée sous la table de tri, Esme remarque un jour une fiche qui a échappé à l'un des assistants lexicographes, sans qu'il s'en aperçoive. Cette fiche contient le mot "bonne à tout faire" dont Esme ignore le sens.
Elle la recueille et la dissimule dans la valise de son amie Lizzie, jeune servante de la maison des Murray. Se donnant pour mission de "sauver" les mots, elle se met à collecter d'autres fiches en provenance du Scriptorium que les hommes du dictionnaire décident d'écarter.
Au fil du temps, elle s'aperçoit que de nombreux mots sont mis de côté, principalement quand ils concernent les femmes. Alors elle commence à constituer son propre dictionnaire, celui des mots oubliés.


J'ai acheté ce livre un peu pour la couverture et un peu pour l'histoire. Quand on adore lire, quoi de mieux qu'un roman sur l'élaboration d'un dictionnaire ?
 Car c'est surtout cela le thème central du livre. Basé sur une histoire vraie, mais évidemment romancée, ce livre retrace l'histoire de l'élaboration du dictionnaire d'Oxford, qui s'est étendue sur des décennies... Ce qui permet de suivre le personnage central, et les personnes qui l'entourant, tout au long de leur vie.

Si les premiers chapitres parlent beaucoup des mots et du dictionnaire (j'ai trouvé le début un peu long et manquant de rythme), on finit par se familiariser avec Esme et tous ceux qui l'entourent, et de faire nôtre son environnement immédiat. On découvre avec Esme la vie anglaise, quelles que soient ses classes sociales, de la fin du XIXème siècle au début XXème. Si le roman n'est pas un roman féministe, il nous permet de voir la conditions des femmes de l'époque, et encore Esme est-elle d'un milieu relativement privilégié.

Un roman dense, instructif et parfois émouvant.
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vendredi 3 avril 2026

...

Maman,
L'un des premiers souvenirs de toi qui me vient à l'esprit est quand, toute petite, tu m'emmenais avec toi à la bibliothèque.
Tu empruntais pour moi un album de "Sylvain et Sylvette" que tu me lisais sitôt rentrées à la maison, en changeant de voix pour chaque personnage, en y mettant le ton !
Grâce à toi, mon initiation à la lecture fut donc aussi vivante que drôle et m'a ainsi donné envie d'apprendre à lire.
Un amour de la lecture partagé, qui ne nous a jamais quitté.

Ayant grandi à la campagne, la nature, les changements de saison, t'occuper de tes plantes, du jardin, faire des boutures, observer la nature et les animaux qui traversaient le jardin était essentiel pour toi.
Il te suffisait de regarder le ciel en ouvrant tes volets le matin pour connaître la météo du jour, sans te tromper.
Tout cela aussi, tu me l'as enseigné.

Tu partageais avec Philippe deux autres passions, l'histoire et le sport;
De ton propre aveu, l'Histoire et l'Histoire Sainte étaient étaient tes matières préférées à l'école, celles où tu étais les plus assidue.
Tu adorais échanger avec Philippe sur l'Histoire et l'actualité.
Vous adoriez aussi regarder ensemble le sport à la télé. Toutes sortes de compétitions y passaient, même les courses de caisse à savon.
Et surtout les compétitions de pétanque, car tu en avais fait beaucoup avec les copains dans ta jeunesse. Et pour faire partie de ton équipe, il fallait jouer pour gagner, pas seulement pour s'amuser !

Je pourrais encore parler de tant de choses que tu aimais : ta rencontre et ta vie avec Papa, quand tu allais au bal à vélo avec les copines, ton travail à l'usine, tes souvenirs d'enfance avec ta famille...

J'aime imaginer parfois que chacun, là-haut, a son petit coin de paradis qui lui ressemble.
Le tien serait donc un coin de nature où tu pourrais lire à l'ombre d'un arbre, comme tu le faisais autrefois sous le cerisier du jardin.
Papa, ta famille, tes amis sont près de toi.
Vous voilà tous réunis.
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Il y a plus de 30 ans j'ai rencontré les parents de Sabine pour la première fois.
Dès le début, je me suis senti bien. Aucun jugement, aucun regard interrogatif...
Si avec le Papa de Sabine, il n'y avait pas beaucoup de longues conversations - "c'est un taiseux" m'avait prévenu Sabine - il y avait en revanche un profond respect. Avec la maman de Sabine, nous avions plus de conversations, que ce soit sur l'actualité, le sport, l'Histoire... Je pense qu'elle était contente que je sois prof d'Histoire. Entre nous, il y avait beaucoup d'écoute, de respect mais aussi de confiance. Hélène ne donnait pourtant pas sa confiance à tout le monde. Aussi loin que je m'en souvienne nous ne nous sommes jamais disputés. Sabine dit toujours que j'étais le fils qu'elle n'avait pas eu.
Elle nous manquera à tous. Elle va beaucoup me manquer.
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dimanche 8 mars 2026

Et l'Egypte s'éveilla

4 de couv' :
Une trilogie romanesque fascinante, où Christian Jacq perce les mystères de la naissance de l'Egypte, de la dynastie zéro à Narmer, le premier pharaon.
Vers 3500 avant J.-C.
Le territoire égyptien est le théâtre  de luttes redoutables entre les chefs de clan. Le jeune Narmer fait partie des rares survivants de son village. Un long voyage l'attend : la traversée de la vallée des Entraves, dont aucun humain n'est sorti vivant... Affrontant cette épreuve il se trouve plus que jamais au coeur de la guerre entre le Nord et le Sud, entre férocité et tyrannie : c'est le règne du chaos. Narmer est habité par les âmes des chefs de clan disparus. Les écueils pour faire naître nnouveau monde se révèlent d'une puissance sans égale. Mais l'indomptable Scorpion vient prêter main forte à son frère de sang jusqu'à ce que le futur pharaon réussisse à pacifier le sud des Deux Terres, mais une dernière étape sur les chemins de l'éveil de l'Égypte le confronte, non plus à son courage, mais à son coeur...


Je suis franchement partagée sur ce roman. Je l'avais acheté à sa sortie en 2011 chez France Loisirs, en grande fan de Christian Jacq que j'étais déjà à l'époque. Mais comme justement je lisais beaucoup de livres de cet auteur, je crois que celui-là a été celui de trop et j'en avais laissé tombé la lecture vers la centième page (sur 999). Trop de magie, trop de dialogues, trop différent du "Juge d'Egypte" ou de "Ramses", qui sont mes préférés. Je l'avais mis de côté en attendant le jour où je me sentirais prête à le reprendre.
De lectures en lectures, je me suis au fil du temps drôlement éloignée de l'Egypte ancienne et c'est le mois dernier, indécise en parcourant ma BAL (oui, je le rappelle, j'ai une "BAL" pas une "PAL"), que je suis retombée dessus. Le "tiens, pourquoi pas" s'est vite transformé en "oh, la bonne idée, ah ben voilà, trouvé".

Alors oui, j'ai mis un bon mois pour lire ce livre. La raison essentielle étant que je lis surtout le soir, et encore pas quand j'ai eu une journée tellement chargée que je n'arrive pas à me concentrer suffisamment pour lire et que mon cerveau me fait clairement comprendre qu'il veut du repos. Ça et quelques soucis d'ordre familial (rien de grave, mais des tracasseries à gérer) ont drôlement ralenti mon rythme de lecture.
Mais je dois reconnaître que cette lecture, me projetant autant de milliers d'années en arrière a été une vraie bouffée d'air frais.

Donc, mon ressenti sur ce roman.
Pour commencer, beaucoup trop de dialogues à mon goût. Je l'ai souvent dit ici, je préfère les romans avec le plus possible de narration à ceux débordant de dialogues. C'est d'ailleurs ce qui m'a éloigné des romans de Marc Lévy, entre autres raisons (ça, et le besoin de faire une pause, comme pour les romans de Christian Jacq, je reprendrai donc plus tard).
Sur une bonne partie de la trilogie et surtout la dernière, trop de batailles et de tactiques décrites de la même façon. Pour résumer grossièrement : les méchants sont très puissants, comment va-t-on s'en sortir, puis le jour de la bataille un peu de magie et pfuit, le problème est réglé. Je pense en particulier au passage contre les sumériens où on s'attend à un grand descriptif d'une immense bataille et où finalement tout semble réglé en quelques secondes, ce qui m'a un peu déçue (pour ceux qui n'auraient pas suivi, j'apprécie dans les romans historiques ou de Fantasy les scènes de batailles épiques, très abouties).
Certaines alliances ou trahisons sont un peu cousues de fil blanc, on devine assez facilement ce qui se trame dans le dos de certains personnages. On a un peu de suspens, mais on devine vite ce qu'il en est avant que ce ne soit soudainement dévoilé par l'auteur.
Sur la dernière partie, on passe rapidement sur certains passages que j'aurais aimé voir plus développés, comme si l'auteur voulait vite aboutir à la fin. Mais là je reconnais que c'est un procès d'intention de ma part.

J'ai cependant beaucoup apprécié ce récit du mythe de la création de l'ancienne Égypte, de tout ce qui a été à l'origine de son organisation, de ses rites, de ses croyances, fondements de cette ancienne civilisation. Cela éclaire d'un jour nouveau, et complète les autres oeuvres de l'auteur où les descriptions des rites et symboles de pouvoir et de la mythologie étaient si importants et garants de la cohésion et de la force du pays.
Si vous n'aimez pas la mythologie et donc la magie, vous risquez d'être agacé. Mais ce livre n'est pas un récit historique, c'est un récit mythologique, fondation d'une civilisation passée qui continue de nous fasciner...

J'ai bien envie de faire un parallèle entre deux duos : l'amitié (improbable au départ, j'ai eu un peu de mal au départ avec cette association de deux personnages si différents mais finalement complémentaires) entre Narmer et Scorpion et le couple Narmer-Neit. Dans ses différents romans, l'auteur exprime bien que le pouvoir en Égypte ancienne est détenu par un "couple" (pas forcément au sens marital du terme) et j'aime assez faire ce parallèle car d'un duo guerrier et fondateur vers l'émergence d'un nouveau pays, on arrive à l'aboutissement et la prospérité à partir de la création de ce pays.
En cela, le rôle de Neit est important même s'il aurait pu être davantage développé (opinion toute féminine je le reconnais).
Sur les relations de Scorpion avec les femmes, j'étais un peu agacée voire outrée par moment. Mais au final, le couple Scorpion-Fleur est un bel exemple d'emprise, écrit à une époque où on n'en parlait pas, et cela est assez moderne au final. L'évolution catastrophique de Fleur au contact de Scorpion, sans mauvais jeu de mots (enfin si peut-être) est venimeuse.

Globalement, malgré quelques longueurs à certains endroits et pas assez à d'autres, j'ai apprécié ce roman pour le dépaysement total et surtout les connaissances apportées sur la mythologie des fondations de cette ancienne civilisation.
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dimanche 8 février 2026

Un voyage au Japon

4 de couv' :
Il a parcouru déjà de nombreux pays d'Europe, seul, sur son vélo. Mais, en ce mois de février 2007, Antoine Piazza part plus loin que jamais : à l'extrême bout du monde, dans un pays dont il ne connaît pas la langue. pour découvrir le Japon, il a choisi de sillonner Shikoku, la plus petite des grandes îles de l'archipel nippon, sauvage et montagneuse, à l'hiver plus clément que ses voisines.
Son récit de voyage est une ode à la lenteur et aux heureux hasards, à l'attention au monde et aux autres, composée dans une langue harmonieuse et ample, à l'image des sublimes paysages encadrant cette aventure intérieure.


Je suis très mitigée sur ce livre. Autant l'écriture m'a beaucoup plus, autant ce récit de voyage ne m'a guère enthousiasmée. 

Pour commencer, il n'explique pas pourquoi - ou alors je suis passée à côté -  il choisit de voyager au Japon, qui plus est en plein hiver. Il n'y a pas de carte de son périple non plus, ce qui est relativement frustrant (mais ça c'est peut-être un choix de l'éditeur, on ne sait pas).
J'ai apprécié cependant le lexique en fin d'ouvrage.

L'auteur s'est astreint à faire son voyage à vélo. Si cette idée et les aspects techniques m'ont plu, j'ai eu tout le long de la lecture l'impression que de ce simple fait, il n'a pas apprécié ce voyage. Ce que j'en ai retenu est la fatigue, la douleur, et tout le négatif du trajet : beaucoup de description de paysages urbain. S'il dit par moment qu'il a apprécié tel ou tel paysage, il le décrit à peine, voire pas du tout. J'ai eu l'impression, au risque de me répéter qu'il n'a retenu de son périple que les aspects négatifs.

Il digresse par moment - ce que j'apprécie particulièrement dans les récits - souvent pour partager par comparaison ce voyage avec ceux fait les mois voire les années précédentes. Etrangement, ce sont les passages que j'ai le plus appréciés. J'ai mieux aimé ses anecdotes sur l'Ecosse, les Pyrénées et la Finlande, que celles sur le Japon, pourtant le sujet de ce livre. Et je n'ai pas vraiment appris grand chose sur le Japon. Il a traversé (parfois péniblement) l'île de Shikoku à vélo, point.

Je suis donc un peu déçue de ce livre, car le Japon est un pays qui m'intéresse depuis longtemps pour des raisons personnelles (amicales et familiales) et j'avais hâte de le découvrir à travers les yeux d'un occidental le parcourant à vélo. Tant pis.
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samedi 31 janvier 2026

3 jours et 2 nuits avec un chat

4 de couv' :
A ceux qui s'interrogent sur le secret qui dort dans leurs yeux, certains poètes prétendent que les chats ont la clé de nos soucis et de nos peines. Ceux-là le savent qui choisissent de louer les faveurs d'un chat pour seulement trois jours et deux nuits dans cette animalerie de Tokyo.
Les chats ne se séparent jamais de leur couverture à laquelle ils sont habitués dès l'enfance et qui leur permet de se sentir partout chez eux. De toutes races et tous poils, on les appelle les Blanket Cats et ce sont des félins exceptionnels.
Le chat de location est un être de passage et n'a pas de maître. Invité imprévisible dans les foyers qui l'accueillent, il devient le médiateur silencieux des émotions humaines, ange gardien ou chat réconciliateur avec les autres ainsi qu'avec soi-même. Car les chats prennent leurs missions très à coeur et savent lire en nous comme dans un livre ouvert.


Inutile de lire que la couverture de ce livre m'a tout de suite tapée dans l'oeil, l'image correspond exactement à ce que je suis et mon quotidien. Ajoutez à cela que nous sommes dans ma famille des mamies à chats (oui, des deux côtés, c'est dire si mon cas est désespéré : on ne peux rien contre la génétique). Et que je suis autant irrémédiablement attirée par les livres avec des chats que sur les livres/librairies/bibliothèques/marque-page, etc.
Enfin, je râlais récemment parce que beaucoup de livres montrent un chat en couverture, alors qu'on n'en voie pas l'ombre d'un se faufiler dans l'histoire. Là au moins j'étais sûre d'en trouver...

Si le fil conducteur de ce livre est une animalerie où on peut louer un chat pour trois jours et deux nuits, il s'agit de nouvelles : on suit à chaque fois un chat et surtout la famille ou la personne chez qui il arrive.

Chaque histoire est radicalement différente des autres, ce que j'ai apprécié particulièrement, et renvoie à l'être humain et ses tourments ou travers. Dans chaque histoire, le chat sert de catalyseur à ceux qui l'ont loué pour leur révéler ce qu'ils ne s'avouaient pas, ne voyaient pas, n'admettaient pas qui allait de travers dans leur vie. Et les replace sur les bons rails.
Une histoire se démarque des autres, qui est aussi ma préférée, où on est dans la tête d'un des chats : "Le chat qui voyageait".
Une autre fait un peu écho à la mini-série "Adolescence" (que j'ai regardée hier, c'est après coup seulement que je me suis rendue compte de la similitude des deux histoires, même si elles partent dans des directions très différentes) : "Le chat qui n'avait pas de queue".

Je ne résiste pas à l'envie de vous donner les titres des chapitres :
Le chat qui ne supportait pas le pollen
Le chat qui était assis sur le siège passager
Le chat qui n'avait pas de queue
Le chat qui en remplaçait un autre
Le chat de celui que personne n'aimait
Le chat qui voyageait
Le chat qui réalisait un rêve

Un bon moment de lecture, qui remue un peu par moments.
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vendredi 30 janvier 2026

Le ciel de Tokyo

4 de couv' :
Au coeur de Tokyo, la Gaijin House : une pension bohème réservée aux étrangers. Voyageurs, expatriés et paumés s'y rencontrent au hasard de leurs  pérégrinations, paarfois d'un accident de parcours. Il y a là Camille, jeune épouse en fuite qui ignore tout d'elle-même, Flavio, l'érudit solitaire, Lénine qui s'invente des vies. Ensemble, ils tissent les fils d'une existence commune, oscillant entre le désir de s'ancrer et la peur de l'avenir.
Portée par une écriture magnétique, Émilie Desvaux explore un Japon hors des sentiers battus.

C'est par hasard, et parce que la couverture du livre m'a tapée dans l'oeil, que j'ai acheté ce livre - après avoir lu le résumé bien sûr. 

Pour être honnête, je ne savais pas à quoi m'attendre. Ne connaissant pas l'autrice, j'ai fait une petite recherche Internet : ce livre est son troisième roman. En regardant les résumé des deux précédents, j'ai eu l'impression qu'elle décrit plutôt des univers assez sombres, pesants.

De fait, l'ambiance générale de ce roman est un peu triste, légèrement pesante. Les personnages principaux se retrouvent dans cette pension car ils n'ont guère évolué dans leurs vies et sont en décalage avec leur entourage, le reste du monde. Ils n'entrent dans aucune case, et cette pension, aussi vétuste soit-elle, est le dernier refuge qu'il pouvait trouver comme une suite logique de leur errance.

J'ai bien conscience que décrit ainsi, ce livre ne paraît guère glamour, mais il est formidablement servi par une écriture magnifique, ciselé au mot prêt, pas un qui n'est été bien pensé, qui ne soit à sa place.
Si les personnages se laissent plus ou moins porter par les évènements ou leurs errances, le lecteur lui se laisse avec bonheur porter par cette belle écriture.
Rien que par elle on ressent l'aspect poisseux de la pension, de l'ambiance, des sentiments des personnages, sans que cela soit lourd ni désagréable pour le lecteur.
Chaque détail de l'histoire est à sa place, bien pensé.

Lieu de passage, la pension est elle-même un personnage central du roman et à sa manière sert de catalyseur aux personnages humains de l'histoire. Un point de chute, d'où remonter la pente d'une manière ou d'une autre. Une bulle (poisseuse, j'insiste) où décider de refaire - ou pas - sa vie. 

Cela faisait longtemps que je n'avais pas découvert un tel talent. Merci le hasard (et ma librairie de l'avoir mis en valeur sur ses rayons).
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