samedi 29 décembre 2012

Les anonymes

4 de couv' :
Washington. quatre meurtres aux modes opératoires identitques. La marque d'un serial killer de toute évidence. Une enquête presque classique donc pour l'inspecteur Miller. Jusqu'au moment où il découvre qu'une des victimes vivait sous une fausse identité. Qui était-elle réellement ? Et ce qui semblait  être une affaire banale va conduire Miller jusqu'aux secrets les mieux gardés du gouvernement américain... Une fois encore, R.J. Ellory pousse le thriller dans ses retranchements. Entre Robert Littell et James Ellroy, sur un arrière-plan historique qu'il serait criminel de divulguer ici, il imagine une intrigue magistrale, qui plonge au coeur du système politique américain.


Une fois de plus, un très bon polar de cet auteur et la comparaison avec Ellroy n'est pas usurpée, l'ayant moi-même faite pendant la lecture : encore que la comparaison portait plus sur l'intrigue et qui tire les ficelles de tout ça, que sur l'écriture elle-même. Ellory est en effet nettement plus abordable qu'Ellroy, surtout si on le compare à "Jazz", dont la lecture m'avait beaucoup intéressée d'un strict point de vue littéraire, mais qui du point de vue "lectrice de base" m'avait laissé une impression de parcours du combattant ou presque. Il est intéressant de voir que leurs jeunesses respectives, sur certains points, sont assez similaires.

Point commun avec ses autres romans : l'aspect historique, un déroulement dans le temps, le passé expliquant le présent. Et en particulier l'enquête.

Ce que vous risquez de ne pas aimer mais que pour ma part j'ai apprécié :
1) jusqu'à la 400ème page (et quelques autres chapitres par la suite), chaque chapitre se termine systématiquement par la narration du meurtrier, qui complète la lecture du polar sans trop en dévoiler, tout en faisant presque un roman dans le roman. Au point que je me suis dit que si je le relisais un jour, je lirai ces passages à part. A voir si je choisis de les lire en premier ou dernier : prologue ou épilogue ? Cela coupe un peu la lecture et la fluidité du déroulement de l'enquête, mais quand on a toute l'étendue de l'intrigue, rien n'est réellement fluide au final (si on se place du point de vue des "méchants").
Ces confessions du narrateur rappellent un peu celles du mafiosi dans "Vendetta", mais en moins poussées évidemment car ici bien qu'importantes pour l'histoire, elle n'en sont pas la base. Un bonus bien calculé.

2) Encore une histoire de théorie du complot me direz-vous. Voui, et je n'en dirai ici pas plus, mais c'est plutôt bien amené. Et puis après tout, pourquoi pas...

3) Adeptes des polars bourrés d'action, passez vote chemin ! Est-il utile de rappeler une fois de plus à quel point j'affectionne les polars dont l'enquête se met tranquillement en place ?

Et aussi autre chose que j'apprécie avec Ellory (et Jesse Kellermann d'ailleurs) : on change de personnage et de contexte à chaque roman, ils ne font pas de séries basées sur un même personnage. Entendons-nous bien : je n'ai rien contre les séries, au contraire, (Bernhard Gunther, Nathan Love, Nicolas Le Floch, Matthew Shardlake et combien d'autres encore) mais que des polars à série, ce serait lassant, non ?
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dimanche 9 décembre 2012

Beau parleur

4 de couv' :
Tout va mal dans la vie de Joseph Geist. Il est fauché, sa thèse de philosophie patine depuis des lustres et sa petite amie vient de le mettre à la porte. Alors qu'il frôle le désespoir, une annonce dans le journal retient son attention : "Cherche quelqu'un pour heures de conversation". Un boulot de rêve pour Joseph ! Parler, c'est ce qu'il fait le mieux et Alma Spielmann s'avère l'employeuse idéale : vieille dame raffinée, érudite et généreuse qui l'invite même à loger dans sa somptueuse demeure. Seule ombre au tableau, Eric, son neveu bien-aimé, un jeune homme paumé, énigmatique et manipulateur que Joseph prend en grippe instantanément. Pourtant, il est loin de se douter des conséquences néfastes que les manigances d'Eric auront sur le restant de ses jours.


Ce polar de Jesse Kellermann a de commun avec le précédent que le personnage central est un étudiant (enfin, plutôt ex et en bout de course) et que l'histoire recèle un fond de manipulation. Mais juste un fond.

Certains seront probablement rebutés par le début car l'histoire se met tranquillement en place (ce que j'aime particulièrement en polar), d'autant que le narrateur se permet quelques considérations / explications / exposé philosophiques. Qui sont formidablement vulgarisés ici, public large oblige, et  tellement bien vulgarisés qu'ils en sont facilement abordables.

Ajoutez à une belle écriture un rebondissement et une fin palpitante, et vous comprendrez que j'ai particulièrement aimé ce troisième roman.
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mercredi 5 décembre 2012

Charivari

4 de couv' :
Paru en 1935, ce roman n'a pas été réimprimé pendant près de soixante-dis ans. Ceci à la demande de Nancy Mitford elle-même, qui souhaitait mettre un terme à la brouille que sa publication avait provoquée avec ses soeurs. Unity et Diana lui reprochaient en effet la caricature qu'elle faisait du mari de Diana sous les traits du charismatique et très nationaliste Capitaine Jack. Car, derrière ce qui est au premier abord une comédie très enlevée, portée par le meilleur de l'humour anglais, transparaît une critique mordante des moeurs de la bonne société britannique, sur fond d'avènement du fascisme.
Publié pour la première fois en français, Charivari demeure un régal de lecture et offre un témoignage décalé de l'entre-deux-guerres en Angleterre.


Je en serai pas aussi dithyrambique que le quatrième de couverture. J'ai vu ici ou là des comparaisons avec Wodehouse, ce dernier est bien meilleur !

C'est sympathique, c'est gentillet, il y a de très bons passages, mais ça se résume à ceci : de jeunes gens oisifs de la bonne société anglaise se retrouvent un été dans le même village, pour diverses raisons, et la question est de savoir qui va séduire qui et s'il/elle va y parvenir ou pas et pourquoi. Dans la foulée, ils vont monter une pièce historique à laquelle va se greffer l'idéologie "national-unioniste".

Sur celle-ci, on n'y voit guère de critique/caricature ou plutôt si, mais cette idéologie est tellement survolée qu'on peut appliquer cette caricature à toute idéologie (ce qui n'est pas plus mal...). A se demander comment ses soeurs ont pu se fâcher avec l'auteure. Question de contexte historique sur fond de conviction politique je suppose.

Il ne se passe finalement pas grand'chose, ça tourne un peu en rond et les bonnes pistes pour épicer le tout ne sont finalement pas suffisamment exploitées par l'auteure, ça en devient un peu plan-plan par moment.

Plaisante lecture, mais sans plus.
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dimanche 2 décembre 2012

Sous le charme...

Il est des après-midi repassage qui vous réserve de belles surprises...

Habituellement, je fais mon repassage - le plus souvent le vendredi après-midi - en regardant, comme toute bonne ménagère de moins de 50 ans, les counneries quelconques passant à la télé.
J'installe tout mon barda dans le salon, et en attendant que mon fer chauffe, commence mon zapping jusqu'à trouver de quoi passer le temps plaisamment (ou de façon moins ennuyeuse) en repassant.
(Sauf que cette fois, j'ai zappé avant l'installation du barda, mais ça on s'en fiche.)

Et là, accroche immédiate dès qu'apparaît une première image d'un vieux film. Je tombe immédiatement sous le charme et reste scotchée les yeux rivés sur l'écran, l'âme et le coeur en totale harmonie avec ce que je regarde.
Il s'agissait des "Enfants du Paradis", dont j'ai hélas loupé la première heure, mais dont j'ai vite découvert avec bonheur qu'il est en deux parties.

De la poésie, de la douceur, de la grâce, de la modernité à moins que le sujet ne soit intemporel finalement. J'aurais voulu que film ne s'arrête jamais, bien que je ne raffole pas d'Arletty, en particulier dans ce rôle, et j'ai besoin de le revoir pour déterminer pour de bon ce qui m'a génée. Je l'ai trouvée formidable dans son interprétation, mais en même temps, on le sent un peu trop bien qu'elle est la star du film, alors que tous les autres acteurs sont au service de leur personnage. Mais qu'importe, le résultat est tout bonnement admirable.
J'ai tout simplement adoré Jean-Louis Barrault et son personnage, Baptiste. Le talent à l'état pur.

Et 48 heures plus tard, je suis toujours sous le charme.

Du coup, j'ai fait quelques recherches Internet sur le film. Et ai découvert qu'il est ressorti au cinéma cette année, que dans la foulée une exposition lui est consacrée, qu'un dvd est sorti (et a atterri dans ma liste de Noël, j'espère que mon homme ne va pas trainer pour l'acheter, je lui ai précisé quelle version je veux, celle-là et pas une autre !!!!). Et divers articles, dont l'un ici.
Sans compter ce lien, petit montage des éléments clés du film, sur fond de musique des Beatles. Mariage étonnant à priori, mais tellement bien trouvé !

Pourquoi en parler sur ce blog ? Parce que les dialogues sont de Prévert, que j'adore, et que je ne l'ai su qu'une fois tombée sur le charme.

Et dans le genre petit bijou cinématographique de Prévert, et puisqu'on est en décembre, donc bientôt Noël, donc un mois consacré aux enfants, je vous recommande chaudement "Le Roi et l'Oiseau".
C'est le dessin animé préféré de mon homme, qu'il a fait découvrir à notre nièce quand elle devait avoir 5 ans, à notre neveu dans la foulée et qui avait alors 3 ans, et à peu près à la même période à son petit frère qui devait avoir dans les 4-5 ans (même âge que leur nièce, vive les familles recomposées).
A chaque diffusion du dessin animé, même réaction des petits : une grande attention, les yeux écarquillés, un silence religieux pour ne pas en rater une miette, pas une parole même pendant le générique de fin, et quand finalement il n'y a plus rien eu sur l'écran, un seul mot des petits, et je le répète, à chaque diffusion :
"Encore".

Dragon Ball Z peut enfin aller se faire massacrer ailleurs, il n'est pas de taille.

Comme quoi, quand on base tout sur l'histoire, un vrai scénario, un vrai texte, une maîtrise de l'image, nul besoin d'effets spéciaux 3D. La magie opère toute seule, sans autre artifice que sa propre beauté.


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mercredi 28 novembre 2012

La ronde des innocents

4 de couv' :
Raphaël est assassiné dans les montagnes pyrénéennes : on le retrouve torturé, les mains liées, au bord d'un sentier. Son frère Vincent reçoit peu de temps après une mystérieuse vidéo et découvre, stupéfait, que l'ancien rebelle, apparemment assagi, cachait une épouse et un fils. La voix de Raphaël, inquiète et oppressée, donne un éclat étrange à ces images. Il supplie : "Protège-les".


Petit rectificatif sur l'avant-dernière phrase du quatrième de couverture, tiré du livre : "Alors, trois mots en lettre capitales s'incrustèrent sur l'écran. Trois mots qui parvinrent confusément à mon esprit, trois mots qui allaient bouleverser ma vie : VINCENT, PROTEGE-LES"
D'où qu'ils ont "entendu" la voix de Raphaël, ceux qui ont écrit le quatrième de couverture ?

Voilà, ça c'est fait (je sais pas pour vous, mais depuis quelques temps déjà, chaque fois que je relis un quatrième de couverture après avoir fini un roman et quelle que soit la maison d'édition, je me demande de plus en plus souvent si ceux qui les écrivent ont lu le livre).

Soyons honnête, sur le choix de ce polar, j'ai fait ma geek façon "oh, Guillaume Musso a un frère qui écrit lui aussi. Et des polars en plus, coooooooool !" Voyez le haut degré d'objectivité qui me frappe dans mes choix parfois.
Enfin, dans le doute, je l'ai juste emprunté à la bibliothèque quand même. Geek certes, Harpagon aussi.

C'est donc sans a priori particulier, ni en bien ni en mal, que j'ai entamé la lecture de ce polar.

Et ce fut une bonne surprise, aussi bien pour l'écriture que pour l'histoire et sa construction. Deux meurtres, deux enquêtes, deux "enquêteurs" pour le même dénominateur commun qui finissent par s'y rejoindre en beauté.

Excepté quelques maladresses et surtout le versant fantastique du roman qui m'a un peu rebutée quand il est apparu en plein milieu de ce polar - d'ailleurs amorcé de façon classique - mais que j'ai fini par assimiler, j'ai vraiment apprécié ce premier roman.

Et réservé les deux autres à la bibliothèque !
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dimanche 25 novembre 2012

Polars maliens


4 de couv' :
Flics à la brigade criminelle de Bamako, le commissaire Habib et son fidèle adjoint Sosso, sont confrontés à trois meurtres au cyanure dans le quartier pauvre de Banconi, à l'apparition d'une vague de faux billets et à une émeute populaire.
Dans "L'Honneur des Kéita", c'est le meurtre d'un marabout qui expédiera nos deux limiers au fin fond de la brousse malienne...
Comme tous les flics du monde, Habib et Sosso affrontent quotidiennement le lucre, le crime et la misère humaine, mais, jusque dans le meurtre, l'Afrique Noire reste unique. La misère s'y étale en pleine rue avec son cortège de violence et de corruption et, comme si ça ne suffisait pas, la hiérarchisation traditionnelle des rapports sociaux, l'influence des castes, et des rapports familiaux et la toute puissance d'un rapport magique au monde, viennent encore compliquer la tâche de nos deux flics.
Et pourtant, ils s'en sortent... Comme les deux policiers navajos de Tony Hillermann, ils débusquent la tragédie derrière l'enquête policière et donnent au monde l'image, idéale certes, de ce que serait la police si elle n'était pratiquée que par des humanistes.

4 de couv' :
Au coeur du pays Dogon, une série de morts bizarres alerte les autorités maliennes. L'affaire est délicate : les Dogons, très attachés à leurs traditions, vivent en marge de la société et sont redoutés pour la puissance de leur magie. Le vieux commissaire Habib, à la sagesse et au flar légendaire, est envoyé sur place. Mais le village entier se tait obstinément, et un étrange sorcier à tête de chat veille au respect absolu de l'omerta...


Malgré quelques maladresses d'écritures dans les deux premières enquêtes du commissaire Habib, on se prend vite d'affection pour lui et l'inspecteur Sosso, son adjoint.

Leurs enquêtes restent de facture classique, le tandem qu'ils composent aussi (l'ancien plein d'expérience avec le jeune plein d'enthousiasme et prenant des initiatives risquées qui font mouche cependant), mais l'auteur prend plaisir à faire découvrir son pays à ses lecteurs et rien que pour ça, ses romans valent la peine d'être lus.
Chaque histoire est l'occasion de découvrir un aspect de la société malienne, décrite sans angélisme ni concession (en particulier sur sa police politique) mais non sans une certaine affection non plus.

J'y ai retrouvé, non sans bonheur, une certaine façon de dire les choses et de concevoir la vie que j'avais particulièrement appréciée dans la série des Mma Ramotswé, mais dans une version moins idéaliste.

Mention spéciale à "L'empreinte du renard", le mieux écrit et abouti des trois, qui a l'avantage cette fois de nous faire découvrir la communauté des Dogons.
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dimanche 18 novembre 2012

H(h)istoire du Canada au XIXe siècle

4 de couv' :
Tchipayuk ou le Chemin du Loup, c'est la grande saga des Indien métis du Canada au XIXe siècle.
A travers le destin d'Askik Mercredi, l'auteur canadien Ronald Lavallée fait revivre la fascinante époque d'un nouveau monde encore proche de la nature, mais que la civilisation va bientôt absorber.
Sang-mêlé, Askik Mercredi est doublement assujetti, comme Indien par les Français, comme catholque par les Anglais protestant. Elevé comme un jeune Indien, ses premières années furent fabuleuses : il a chassé le bison, dansé dans de grandes fêtes, combattu l'ours,fait pacte avec Matché-Manitou... Puis Askik est envoyé chez les pères à Montréal, pour étudier. Doué et porté par la rage d'apprendre, Askik, rebaptisé Alexis, fait honneur à son protecteur et devient avoué.
Mais, malgré ses efforts, Askik n'arrive pas à se faire totalement accepter de la bonne société canadienne et le souvenir de son enfance le hante...


Paru en 1987, je n'avais pas réussi à l'époque à terminer ce roman.
J'avais eu un peu de mal avec certains dialogues où certains mots de la langue indienne, alternés avec leur traduction française dans un premier temps pour que le lecteur sache sa signification, ne sont ensuite plus traduits (j'aurais du faire un mini-lexique !).
J'avais aussi du mal à accrocher avec certains personnages, en particulier Jérôme et Raoul Mercredi, père et oncle d'Askik, l'un étant roublard et raté au possible, l'autre tout aussi roublard mais doué en affaires et sans plus de scrupules que son frère. Et tous deux persuadés de réussir de grandes choses dans la vie. C'est ce dernier trait de caractère dont va hériter Askik, ainsi que de l'intelligence et la pugnacité de son oncle.
M'avait géné aussi la transition entre la première et la deuxième partie du roman, trop brutale : on passe de la vie d'Askik dans les plaines, vivant en Indien, redécouvrant par le hasard des rencontres une culture Indienne partiellement ignorée, à une vie de jeune canadien ayant eu le privilège de faire des études grâce à un bienfaiteur tombé du ciel sans qu'on sache d'ailleurs comment (très frustrant).
Outre le décalage culturel, on passe donc trop brutalement de l'enfance à la vie adulte, alors que la transition entre les deux m'aurait intéressée, même en quelques lignes (que, hélas, on ne trouve qu'à la fin). Sans doute l'auteur a-t-il considéré cela comme secondaire, afin de relever davantage le fossé séparant ces deux civilisations, voire trois, les Blancs (ou poilus comme ils sont appelés par les Indiens) étant eux-mêmes divisés en Français et Anglais.
C'est donc dès la deuxième partie que j'ai laissé tomber. Autant la première me plaisait pour cette découverte d'une certaine culture et l'attachement qu'on ressent pour Askik, autant dans la deuxième, ce jeune quasi-nanti m'horripilait par son oubli de ses origines et son arrogance.

A la seconde lecture, j'y retrouve ces défauts mais moins prononcés, sans doute mieux digérés avec le temps puisque déjà connus. Même si la transition entre les deux premières parties ont continué à me gêner, j'ai cette fois pu passer outre et poursuivre ma lecture jusqu'au bout. Et bonne surprise, j'ai pris conscience d'un fait sur lequel j'étais complètement passée à côté la dernière fois : l'humour subtil de l'auteur, en particulier dans la description des personnages, légèrement moqueur (humour métis, paraît-il...).
J'ai regretté cependant de ne pas connaître davantage l'Histoire et la société du Canada avant lecture, certains passages m'étant du coup un peu plus compliqué à suivre ou plutôt à apprécier pleinement. J'avais donc du mal à bien comprendre la place des métis dans la société canadienne de l'époque, et comment cohabitaient les populations Française et Anglaise. D'autant que j'ai répugné à faire des recherches, craignant par là de révéler des passages du roman. Choix contradictoire donc puisque j'aurais apprécié un peu plus de connaissances sur le sujet. Et je ne parle pas de la géographie.

J'ai eu parfois un peu de mal avec l'écriture de l'auteur, revenant parfois sur la phrase précédente pour bien comprendre celle que j'étais en train de lire, mais peut-être est-ce un manque de concentration de ma part, car cette écriture n'a rien de particulièrement ardu.

Dans l'ensemble, grande fan de "Croc-Blanc" que j'ai toujours été, j'ai particulièrement apprécié la première partie. Sans compter que j'y ai un peu retrouvé du Jim Fergus ("Mille femmes blanches" et "La fille sauvage"). N'eut été la transition brutale, j'aurais mieux apprécié la suite, même si j'ai assez aimé. A noter que chaque partie - il y en a quatre - a sa spécificité et traite d'un thème différent de la société canadienne de l'époque : les métis et Indiens dans la première, les Français et Montréal dans la deuxième, le monde rural "Français" dans la troisième, l'armée regroupant Français et Anglais dans la quatrième et à nouveau les métis, Askik redécouvrant son peuple quinze ans plus tard... et son évolution.

Quelques personnages, vers la fin, tiennent certains propos sur la société canadienne et ce qu'elle deviendra dans le futur : une façon pour l'auteur de mesurer les changements  depuis cette époque. Pourquoi pas, mais une approche un peu maladroite.

Sentiments mitigés donc, dus à ma grande ignorance du Canada. Lacunes que je compte bien combler. Une troisième lecture, un jour, me le fera sûrement davantage apprécier.
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vendredi 2 novembre 2012

Vendetta

4 de cou' :
La Nouvelle-Orléans, 2006. La fille du gouverneur de Louisiane est enlevée. Le kidnappeur, Ernesto Perez, se livre aux autorités mais demande à s'entretenir avec Ray Hartmann, un obscur fonctionnaire qui travaille à Washington dans une unité de lutte contre le crime organisé. A cette condition seulement, il permettra aux enquêteurs de retrouver la jeune fille saine et sauve. Commence alors une longue confrontation entre les deux hommes, au cours de laquelle Perez va, peu à peu, faire l'incroyable récit de sa vie de tueur à gages au service de la mafia.
Dans ce thriller exceptionnel, R. J. Ellory retrace cinquante ans d'histoire du crime aux Etats-Unis, mêlant avec une virtuosité étonnante les faits réels et la fiction.


Malgré un démarrage un peu lent - où on s'attache à des personnages qu'on ne reverra (presque) plus par la suite - et des longueurs, ce livre reste pour moi un très bon moment de lecture. Les adeptes de polars à multiples rebondissements genre film d'action détesteront (d'ailleurs, contrairement à ce qui est dit en quatrième de couverture, je ne considère pas ce roman comme un thriller), mais pour ma part j'ai toujours eu une préférence pour les polars à évolution progressive et dégageant une certaine ambiance. J'espérais cependant une meilleure description de la Nouvelle Orléans.

Le postulat de départ aussi pourrait en gêner plus d'un : on voit mal, dans la réalité, le FBI ou toute autre autorité accepter de passer plus d'une semaine à écouter les mémoires d'un tueur de la mafia pour retrouver une personne, fut-elle la fille d'un gouverneur. Mais c'est justement là le point : sans la moindre preuve, indice ni début de début de piste, on les voit mal refuser, bien que le nombre de jours écoulés me paraît encore moins réaliste même si c'est justement cette durée qui permet de tout mettre en place ("tout quoi ?" me direz-vous : impossible de le dire sans tout raconter !).
Mais une fois accepté ce postulat de départ, on se laisse porter par l'histoire et... l'Histoire.

J'ai en effet globalement apprécié cette h(H)istoire de la mafia américaine qui rejoint - du moins dans ce roman - celle des Etats-Unis (et je dois être pourtant la seule personne de ma génération dans le monde occidental à n'avoir jamais vu un seul film de la série du "Parrain"). Ce déroulement sur plusieurs dizaines d'années a d'ailleurs ce point commun avec "Seul le silence".
A force de lire l'histoire d'Ernesto Perez, on en arriverait presque à oublier au fil des pages son côté "tuer est ma vocation et je le fais de façon créative", d'autant qu'on en apprend de belles sur certains de ses commanditaires. Et qu'on finit par ne plus savoir par moment qui est du bon ou du mauvais côté. Et s'ils existent d'ailleurs, tout semblant parfois se mélanger.

D'où le dénouement en coup de théâtre. Que j'avais pressenti environ 80 pages avant sans trop savoir sur quoi cela allait déboucher.

Pour cet auteur, ce n'est pas mon polar préféré, mais un bon moment de lecture.
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dimanche 21 octobre 2012

Home

4 de couv' :
Toni Morrison nous plonge dans l'Amérique des années 1950.


Je suis fan de Toni Morrison, c'est donc pour cela que j'ai lu "Home", pas seulement parce qu'il vient de sortir et à cause du battage médiatique autour.
A ce sujet, je vous recommande d'ailleurs plus particulièrement cette émission de radio dont j'ai déjà parlé ici, qui le 22 septembre évoquait ce roman et l'oeuvre de l'auteure.
Il y aurait tellement plus à en dire de ce roman que ce que je peux faire ici, et je le relirai sûrement un jour avec délectation. Ainsi que toute analyse littéraire.

Une fois de plus, ce roman de Toni Morrison est puissant. Il s'agit d'un cliché d'une époque, un moment donné dans la vie d'un frère et d'une soeur. Pas un roman initiatique, pas vraiment, même si tous deux, à l'issue du trajet effectué par Franck, vont se trouver ou plutôt se retrouver. Se retrouver entre eux mais aussi se retrouver eux-mêmes après les épreuves traversées : leur personnalité, leur dignité, leur humanité.

Dans une écriture concise mais tellement explicite et qui touche au but et à l'âme, on les voit se révéler à eux-mêmes, partir de sombres moments pour atteindre la lumière. Et cela en retournant là où ils ont grandi. Et de ce lieu aussi il y a beaucoup à en dire. Ce qu'il a représenté pour leurs grands-parents, leurs parents, les habitants, et eux-mêmes.

Home sweet home ?
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lundi 15 octobre 2012

Les lumières de septembre

1937. Quand Simone Sauvelle, sa fille Irène, quinze ans, et Dorian, son jeune fils, arrivent en Normandie après avoir quitté Paris, ils tombent immédiatement sous le charme de Lazarus Jann, fabricant de jouets mondialement réputé, et de son étonnante demeure, Cravenmoore. Composée d'innombrables pièces et corridors qui se perdent dans une obscurité insondable, Cravenmoore est peuplée de marionnettes qui semblent mener une existence indépendante. Mais très vite une ombre, désespérée, brûlante de haine, cherche à tuer la famille Sauvelle. Pourquoi s'en prend-elle ainsi à ces nouveaux arrivants ? Quels secrets ont-ils menacés ?
La réponse se trouve dans le journal intime d'une jeune femme disparue des années auparavant. Et auprès d'une femme oubliée du monde depuis vingt ans, dans une chambre gardée par de terrifiants pantins.


Des trois premiers romans de Carlos Ruiz Zafon, celui-ci est le plus abouti, tant par l'écriture que par la narration.

Ce tome présente aussi de nombreuses similitudes avec le premier, sans en être heureusement une simple copie améliorée.
Il s'agit d'une famille qui commence une nouvelle vie, dans une maison en bord de mer. Dans les deux tomes on retrouve un lieu rempli pour l'un d'étranges statues, pour l'autre d'automates. Et dans les deux cas, la maison familiale est séparée de ces lieux par un bois. Se trouve aussi une ombre menaçante qui prend de l'ampleur au fil des pages, un mystère à résoudre, la brume, une action en plein été, une histoire d'horlogerie dont les aiguilles tournent en sens inverse, un amour adolescent naissant, un petit frère qui observe tout cela.

Tout est similaire, rien n'est pareil, tout est mieux. Et là, on commence vraiment à retrouver le Carlos Ruiz Zafon de "l'ombre du vent".
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dimanche 14 octobre 2012

Le Palais de Minuit

4 de couv' :
Calcutta, 1916. Dès leur naissance, les jumeaux en et Sheere sont séparés par un terrible drame. Sheere est confiée à sa grand-mère tandis que Ben est mis à l'abri dans un orphelinat. Il s'y fait six fidèles amis, avec lesquels il fonde la Chowdar Society. Cette fraternité secrète se retrouve dans les ruines de l'étrange Palais de Minuit. Le jour de leurs seize ans, Sheere et Ben sont réunis. Une ombre maléfique se déchaîne alors. Quelle est cette force qui s'attaque aux jumeaux ? Quel secret cache cette haine féroce ? C'est au coeur de l'ancienne gare de Calcutta que les membres de la Chowdar Society doivent découvrir la vérité. Dans ce lieu maudit, ravagé le jour même de son inauguration par un incendie qui a fait plus de cent morts, Ben et Sheere vont affronter les vérités de leur passé.


Ce roman commence sur les chapeaux de roue : dès le début, on est en plein dans le feu de l'action et on a beau savoir que les jumeaux, alors bébés, vont être mis en sécurité, on ne peut s'empêcher de s'angoisser (enfin, s'agissant de lecture, une angoisse toute relative) à l'idée que les poursuivants du lieutenant Peake puissent le rattraper. Par la suite, mystère oblige, le suspens reste entier.

Le narrateur du roman est l'un des membres de cette Chowdar Society. Par lui, dès le départ, on sait qu'au moins une partie d'entre eux va survivre, mais pas combien ni qui. C'est une bonne idée aussi de présenter les personnages par leurs qualités principales, dommage que ce ne soit pas plus exploité par la suite.
Du reste, l'auteur-est-un-homme-et-ça-se-voit, on ne voit finalement pas grand'chose des personnages féminins du roman, en particulier Isobel et Sheere, ce qui est le comble, pour cette dernière. Qui plus est, l'auteur a davantage concentré l'action du roman sur Ben, alors qu'on s'attend, s'agissant de l'histoire de jumeaux, qu'ils soient tous deux évoqués de façon égale. Non, c'est décidément Ben  le personnage central du roman, Sheere fait presque de la figuration dans l'histoire, même si à deux reprises, sa présence sera décisive.
Pour Isobel, on a l'impression que l'auteur s'est un peu forcé à créer le personnage et s'en débarrasse assez vite (et là, non, je vous assure que je n'ai rien dit de ce qu'il lui arrive. D'ailleurs, il faudra qu'on m'explique pourquoi elle est blessée à un moment donné et qu'on n'en reparle plus du tout par la suite). Personnellement, je ne lui ai pas trouvé grand intérêt.

Par ailleurs, j'ai trouvé dommage qu'on comprenne très vite qui est ce mystérieux être maléfique qui leur veut du mal (trop facile !).

Cela étant, l'histoire est prenante et beaucoup mieux écrite que le premier roman de Zafon. J'ai bien aimé, tout en me disant par moment que si elle avait été écrite par un auteur de Fantasy, celui (ou celle)-ci en aurait fait une belle saga, car l'idée de départ donne bien matière à développer davantage cette histoire : un parallèle entre l'enfance puis l'adolescence des jumeaux jusqu'à leurs retrouvailles à Calcutta par exemple, cette ombre menaçante qui les poursuit avec ses motivations et les raisons de cette attente jusqu'à leurs seize ans, de rapides flash-back sur la vie de leurs parents avant le drame, la création de la Chowdar Society avec l'intégration progressive de leurs membres et l'évolution de leur personnalité au fil du temps, le choix de leur lieu de réunion et comment ils font le mur pour s'y rendre.
Bref, il y avait largement de quoi développer, mais l'auteur en était à son deuxième roman seulement (et puis, c'est lui le maître d'oeuvre et lui seul décide après tout !).

Mais même si je semble critique parce qu'on sent déjà ici tout le potentiel de l'auteur et qu'on le connaît depuis "L'ombre du vent" ce qui est du coup d'autant plus frustrant pour le lecteur, cela reste un bon roman et un très bon moment de lecture.

A déconseiller, non, interdire absolument à tout pyromane en herbe cela dit.
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mercredi 10 octobre 2012

100 dollars pour une vie


4 de couv' :

Joe, l'oeil vif, vit l'ouverture et allongea sur la bouche de Ponta un direct instantanément suivi d'un crochet swingué destiné à la mâchoire. Toute la salle, debout, vociférait. Geneviève entendait des hommes hurler : "il l'a eu ! Il l'a !" Elle non plus ne se contrôlait plus ; la douceur, la tendresse - évanouies ; elle exultait à chacun des terribles coups assénés par son amant, et voyait déjà le début de la fin.


Tant qu'à devoir prendre le train pour aller à une réunion de boulot, autant choisir un court roman pour la route, enfin, le rail. Pour le coup, j'ai fait vraiment court puisque j'étais déjà assez chargée et que j'ai en conséquence choisi la légèreté de ce roman de 83 pages (86 avec la notice de fin). Que j'ai pu lire tranquillement pendant l'aller, soit pendant la sieste de mon collègue (pour le retour, on a bien papoté).

En dehors de la douceur merveilleusement soyeuse des pages de cette édition que c'en est un bonheur tout au long de la lecture, ô combien est agréable à lire la plume impeccable de Jack London.

Alors oui, ça parle de boxe, la plus grande partie de l'histoire est d'ailleurs le déroulement d'un match et ce thème peut en rebuter certains, mais réalisme des scènes et charme de l'écriture obligent (je vous avais déjà dit que pour Jack London aussi je suis incapable d'être objective ?), on s'y croit tellement qu'on en oublie où on est. Et pour ma pomme, que j'étais dans un train - jusqu'à ce qu'un passager me frôle, me ramenant hélas à la réalité (pertubateur !) - et c'est me rongeant les ongles que j'ai terminé le roman.
Car jusqu'à la toute fin, le suspense est maîtrisé.

Et c'est aussi l'histoire d'un jeune couple, qui découvre l'amour pour la première fois, et ce match de boxe, à la prime de cent dollars, doit (va) leur changer la vie puisque cette prime doit leur permettre de s'installer.
Le couple découvre donc les émois de l'amour, et ce monde étrange et étranger qu'est l'autre sexe et qu'aucun jusqu'ici n'avait réellement cotoyé ni regardé avant le passage de Cupidon. Ce qui entraîne des incompréhensions de part et d'autre (et là on se dit parfois qu'ils sont mal partis tous les deux), chacun découvrant l'autre.

Le point d'incompréhension étant axé autour de la boxe, la jeune femme allant jusqu'à la personnaliser, en faisant une rivale.

Du coup, quand elle va voir son homme disputer son ultime match de boxe avant leur mariage, on ne peut s'empêcher de se demander qui s'affronte sur ce ring : les deux boxeurs, ou les deux rivales ? Et qui va l'emporter sur l'autre ?

Petit roman, beaucoup à en dire.
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lundi 8 octobre 2012

Le Prince de la Brume


4 de couv' :
1943, Angleterre. Fuyant la guerre, Max, sa soeur Alicia et leurs parents emménagent dans un village du bord de mer. Mais des évènements inquiétants se succèdent. Leur nouveau foyer semble hanté. Une présence maléfique rôde entre ses murs. Que veut-elle ? Et pourquoi s'acharne-t-elle contre Roland, le nouvel ami de Max et d'Alicia ? En enquêtant sur ces mystères, les trois adolescents exhument d'effroyables secrets. Un être diabolique, le Prince de la Brume, réclame une dette venue du passé. Une dette dont Roland est le rpix. Pour sauver leur ami, Max et Alicia doivent affronter le Prince de la Brume sur son territoire : un cargo ténébreux, effrayant, échoué dans les fonds marins.

On retrouve ici l'ambiance gothique chère à l'auteur mais très similaire à celle du "Jeu de l'Ange", même si les protagonistes ici sont des adolescents comme dans "Marina". Ici aussi on retrouve cette idée d'un être obscur qui poursuit l'un des héros.

Rien de nouveau donc, d'autant qu'il s'agit d'un des tout premiers livres de Carlos Ruiz Zafon et dont l'écriture est loin d'être aussi aboutie que dans "L'ombre du vent" (à propos, vous saviez que la suite sort en novembre ? Yahoooouuu !!!!). Et que comme pour "Marina", le public visé est censé être les  ados.

Enfin, tout dépend des critères que l'on a en tête pour un livre pour ado, car l'ambiance est sombre, de plus en plus sombre à mesure qu'on tourne les pages de ce livre qu'on n'arrive finalement plus à lâcher. Ado, j'aurais apprécié ce livre autant que petite j'adorais les contes d'Andersen et pour les mêmes raisons : enfin un auteur qui sort des trucs cul-cul à l'eau de rose qui prennent les enfants/ados pour des idiots (ce commentaire fait bien sûr par quelqu'un qui n'a jamais cru au Père Noël).

Cela étant, je trouve que l'histoire aurait pu être plus développée. Mais bon, c'est un premier roman, une certaine indulgence s'impose.

Bref, un bon moment de lecture en ce pluvieux dimanche après-midi.
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dimanche 7 octobre 2012

Soyons honnête...



Je n'ai pas fini de lire le troisième tome des Misérables. Non pas que j'ai laissé tomber, d'ailleurs les raisons qui m'ont fait lâché cette lecture sont complètement extérieures à ce roman.

Disons juste que ça a commencé par un manque de temps pour pouvoir me replonger confortablement dans ce roman.

Puis un ensemble de circonstances dont je ne parlerai pas ici (bien que rien de dramatique, hein, vous inquiétez pas) m'ont permises de me "retrouver" et de me tourner vers une occupation latente chez moi depuis toujours que j'ai donc fini par concrétiser : la généalogie.

Je vous passe les détails (j'ai pu retrouver la trace de mes cousins anglais et discuter avec l'un d'entre eux via Internet ! C'est pas génial, ça ?), disons que cette nouvelle occupation m'a pas mal accaparée ces dernières semaines (les archives en ligne, c'est le pied ! Surtout le dimanche !) et qu'elle a durant cette période complètement anesthésiée toute envie de lecture (de quoi ? Ah, oui... Regard découragé vers ma pile à lire. Ou plutôt ma caisse. Qui déborde dans les pièces à côté. Parce que même si je n'avais plus envie de lire, ça ne m'a pas empêchée d'acheter des livres. Bon d'achat offert pour mon anniversaire oblige, merci chéri !)

Mais l'euphorie généalogique des premiers moments est un peu retombée, mon envie de lecture se réveille de nouveau, comme l'atteste la présence d'un livre à mes côtés au moment où je tape ceci.

Pour le troisième tome des Misérables, on verra plus tard. Après tout, ce n'est pas comme si je n'en connaissais pas la fin ! Je vais donc laisser passer un peu de temps avant de me replonger dans un livre du XIXème siècle. Vu qu'en ce moment j'ai le nez plongé dans les archives de la même période et que bizarrement (ou logiquement ?), je ressens le besoin de ne pas mélanger mes deux occupations favorites du moment.
Et j'ai besoin de m'organiser entre les deux, et surtout de trouver une bonne méthode de travail pour mes recherches.

Ce troisième tome fera sans doute l'objet d'un article aditionnel. Mais pas tout de suite, hein, soyez pas pressés...
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samedi 6 octobre 2012

Les Misérables


4 de couv' :
Victor Hugo, écrivain engagé, entreprend ici un vaste réquisitoire social. Loin de n'être que le récit de la réhabilitation d'un forçat évadé victime de la société, Les Misérables sont avant tout l'histoire du peuple de Paris. Jean Valjean, et le lien qui le lit à Cosette, en est le fil conducteur et le symbole. Homme du peuple par excellence, damné et accablé par les humiliations successives, Jean Valjean prend sur lui le péché du monde et l'expie. Dans son effort incessant de se racheter, il assume un destin tragique qui nous renvoie le reflet de l'humanité en marche.
Hugo retrace ici avec force les misères et les heures glorieuses des masses vivantes qui se retrouvent. Les évènements se précipitent, les personnages se rencontrent, se heurtent, s'unissent parfois, à l'image de Cosette et Marius. L'histoire du forçat évadé et de la petite miséreuse symbolisent quelque chose de plus grand : avec Les Misérables, Hugo réalise en fin l'esprit du peuple.


Quand j'étais en sixième, notre prof de français nous a fait étudier les Misérables. En version expurgée bien sûr, car la version intégrale est bien trop longue pour un programme de sixième, et bien trop difficile à appréhender et apprécier pour un public de cet âge.
Cette version reprenait donc essentiellement les portraits des personnages et les passages de l'histoire les plus notables de cette oeuvre. Pour la plus grande majorité d'entre nous, pour ne pas dire tous, nous étions enfants d'ouvriers, inutile de dire à quel point cette histoire nous a plue. Et cerise sur le gâteau, c'est cette année là qu'est sorti le film - version Lino Ventura - que nous sommes allés voir lors d'une sortie scolaire avec notre prof de français. Je crois bien que c'était d'ailleurs pour moi la première fois que j'allais voir au cinéma un film qui ne soit pas pour les enfants.

Quelques années plus tard, quand j'étais étudiante, j'ai trouvé les trois tomes du roman dans une bouquinerie. "Enfin vais-je pouvoir le lire en entier, et pas par morceau !" Oui, c'est bien là le problème.
Je me rappelais essentiellement de l'histoire, que le style d'écriture me plaisait assez... mais plus vraiment de l'étude qui en avait été faite.
Et j'ai été profondément déçue.
J'ai détesté. Je crois que j'avais idéalisé cette oeuvre, en me basant sur la simple histoire Jean Valjean, Cosette, Marius, le méchant Javert. Et c'était surtout une version raccourcie, alors que ce roman est plus, bien plus que cette histoire que nous connaissons tous.
Le relire en version intégrale (3 tomes de 500 pages chaque) comportait forcément des longueurs comparé au 2 tomes de 150 pages (chaque) étudié en classe à 11 ans.
J'ai donc trouvé que cela était terriblement long, terriblement mièvre et mélodramatique à un point que ce chef d'oeuvre en devenait un véritable mauvais mélo qui ne serait plus accepté et serait même raillé de nos jours. Des gentils tellement gentils qu'ils en devenaient des saints, des méchants tellement méchants que ça se voyait sur leurs visages et qu'ils étaient d'une noirceur d'âme qu'on les auraient cru tout droit sortis de l'enfer, boudiou que tout ceci était horriblement et péniblement caricatural ! Ce qui m'a achevée : la bataille de Waterloo, 1815, alors que le roman commence dans les années 1820. Y'en a quand même 60 pages. Je ne suis pas allée au bout, c'est là que j'ai laissé tomber à l'époque.
Exit Les Misérables, exit Victor Hugo. Déçue, un point c'est tout.

Depuis quelques temps, l'âge aidant je suppose, je reprends des romans que je n'ai pas réussi à lire il y a une vingtaine d'années. Ça a été le cas pour "La Naine", que j'ai vraiment aimé. Puis pour "Beloved", que j'ai adoré et qui restera pour moi encore longtemps le roman le plus beau et puissant que j'aurais lu dans ma vie. Une fois fait ce constat, je me suis donc dis "tiens, et pourquoi pas Les Misérables du coup ?" J'ai hésité quelques mois, tellement j'avais été échaudée (malheureusement, les mauvaises impressions aussi s'imprègnent durablement).
Et depuis quelques temps, j'avais envie de me remettre dans les classiques. Puis de plus en plus, dans les classiques du XIXème siècle. Puis nous avons visité cet été le Musée de Balzac, ce qui n'a fait que renforcer cette envie. En rentrant de vacances, un crochet par chez mes parents pour récupérer le chat m'a permis de prendre au passage ces fameux trois tomes.

Et là, revirement à 180°.
Il n'y a plus de longueurs, mais cette oeuvre est tout simplement foisonnante dans son style et dans tout ce qui y est dit, décrit, raconté.
Il n'y a plus de personnages caricaturaux, il n'y a que de truculents portraits (et il s'est lâché, le père Hugo, sur la Thénardier, à croire qu'il avait des comptes à régler avec quelqu'un de sa connaissance. Ça m'a fait hurler de rire en tout cas).
Il n'y a plus de mièvreries, que du style, une façon formidablement humaine de voir la société de l'époque.
Il n'y a plus de digressions horriblement barbantes, mais une richesse incroyable en Histoire, politique, social, économie, philosophie, métaphysique même. Et même un brin de féminisme (ce qui vu les hommes de l'époque, n'était pas forcément une évidence). Et tout cela restant encore aujourd'hui incroyablement moderne.
Incroyablement modernes aussi les situations dans lesquels se retrouvent les personnages et la manière dont ils s'en sortent. Certains me diront "nan mais, sont pas un peu grosses, les ficelles ?" Mouaif. Là, je répondrai : que celui qui n'a jamais été fan de n'importe quel feuilleton américain ou de roman, oh, au hasard, tel que "Anges et Démons" ou "Le Code Da Vinci", lui jette le premier pavé littéraire, à Hugo. Parce que vu les bêtises décrites ne serait-ce que dans ces deux romans (les seuls qui me viennent à l'esprit, là tout de suite mais je suis sure que vous pourriez m'en proposer d'autres), et vu le succès qu'ils ont eu, hein...

Pour résumer, j'ai cette fois adoré. Et cela m'a d'autant plus motivée pour m'attaquer à nouveau aux grands classiques de la littérature.

Et il faut croire qu'Hugo et moi sommes réconciliés car en cherchant de quoi illustrer cet article, voici ce que j'ai trouvé : une nouvelle version, en film, des Misérables.
Bon, semble-t-il que ce soit plus inspiré de la comédie musicale que du roman, mais vous avez vu QUI va jouer le rôle de Jean Valjean ? C'est pas génial, ça ? Je me méfie toujours un peu des versions américaines de grands classiques européens (z'avez vu leur dernière version des Trois Mousquetaires, hein, franchement ?), mais franchement Hugh Jackman (Yes !).
Rendez-vous le 20 février, j'irai sans doute voir ce que ça donne. D'autant que je ne sais pas du tout à quoi ressemble la comédie musicale, ça va être double découverte.
Mais toutes ces adaptations sans cesse renouvelée prouvent que cette oeuvre garde un impact certain non seulement dans la littérature ou l'art sous toutes ses formes, mais aussi sur nous, public.
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dimanche 16 septembre 2012

De retour !

4 de couv ' :
La colocataire est la femme idéale.

Je retrouve ici globalement ce qui m'a toujours plu chez Amélie Nothomb : le style, des mots de vocabulaire que je ne connaissais pas, des dialogues savoureux.

Des dialogues subtils, parfois à double sens, où Don Elmeridio et Saturnine s'affrontent, se jaugent, se respectent, s'estiment... s'affrontent encore.

Il faut arriver à la fin du roman pour comprendre les raisons du secret de Don Elmerido, et même si j'ai deviné la toute fin, pas de déception !
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samedi 15 septembre 2012

A suivre... A la trace

4 de couv' :
Chacun des protagonistes de ce roman  aux intrigues apparemment distinctes laisse des traces. Toutes, à un moment donné, vont se croiser.
Milla, mère de famille qui plaque son foyer et rejoint l'Agence de Renseignement Présidentielle au moment où un groupuscule islamiste s'agite de manière préoccupante. L'aventurier Lemmer qui protège le transfert à la frontière du Zimbabwe de deux inestimables rhinos noirs. Lukas Becker, l'archéologue aux prises avec avec les gangs de la plaine du Cap. L'ex-flic Mat Joubert, devenu détective privé, chargé d'enquêter sur la disparition d'un cadre de l'Atlantic Bus Company.
Comparée à l'univers du polar américain (corruption, drogue, prostitution), la matière romanesque de A la trace, qui allie "le monde animal, inhérent à notre culture", des contrebandes pittoresques, l'émancipation des femmes et la culture gangsta des villes, frappe par sa richesse et sa diversité.
Deon Meyer est un des rares auteurs qui, tout en maîtrisant avec brio les règles du genre, ouvre grand le champ des problèmes contemporains de son pays.

Cette fois, Deon Meyer nous propose trois histoires en une, qui finalement sont une seule et même histoire, chaque personnage cité dans le quatrième de couverture ayant sa part à jouer dans l'ensemble.

Nous avons donc tout d'abord Milla, femme au foyer désabusée qui prend son envol et se retrouve un peu par hasard à travailler pour une agence d'espionnage de son pays. Ce personnage occupe deux parties du roman, la première et la troisième, cette dernière étant la plus importante du roman en quantité et pour l'histoire elle-même.
J'ai eu un peu de mal à me plonger dans cette première partie, ne voyant pas où l'auteur voulait nous mener, mais surtout à cause de la quantité d'informations à retenir. Mais une fois qu'on a bien visualisé l'ensemble, ça coule tout seul.
Il s'agit ici aussi d'émancipation féminine, de ne pas rester dans le rôle traditionnel de la femme parfaite qu'on attend d'elle, de (re)devenir elle-même, prendre ses propres décisions et ne plus subir ni sa condition, ni les décisions d'un homme.
Je me suis demandée à la lecture de ce roman si cela correspond bien à l'image que l'on peut se faire réellement de la femme Afrikaner (ou en tout cas du milieu dont Milla est issue), mais ne généralisons pas. Milla et son (ex)mari sont deux personnages de roman, point. Cela étant, je trouve, à lire les auteurs sud-africains actuels, bon d'accord je n'en connais que deux ou trois, que la condition de la femme Afrikaner est plutôt bobonne. Ce qui ne me dérangerait pas si les personnages lus ici et là semblaient épanouies.
Personnage surprenant donc que celui de Milla, dans ce monde d'hommes auquel Deon Meyer nous a jusqu'ici habitué.

Les deux autres parties, consacrées à Lemmer et Mat Joubert, que l'on retrouve tous deux avec plaisir, sont presque anecdotiques dans la trame de l'histoire, tellement l'histoire de Milla recouvre la trame centrale de l'intrigue. Pour un peu, ils en seraient presque à jouer les seconds rôles...

La seconde partie, consacrée à Lemmer, est un des pivots de l'histoire dans sa globalité. Et comme toujours avec Lemmer, de l'action et de la méthode (un peu comme avec P'tit Mpayipheli, qui reste mon personnage préféré de tous ceux créés par l'auteur et dont j'attends le retour - plus qu'improbable - avec impatience à chaque nouveau roman sorti), mais aussi, ô surprise, de l'humour. Son histoire, placée en deuxième partie du roman, qui s'imbrique chronologiquement dans celle de Milla, reste cependant  en suspens. Mais on verra par la suite jusqu'à quel point, et je ne peux hélas rien dire de plus sinon autant raconter toute l'histoire.

La dernière partie, la plus courte, m'a laissée un peu circonspecte. Elle permet d'assembler certains éléments, tout en restant un peu à part de l'histoire. Cependant on y retrouve Mat Joubert, et cette partie semble être une introduction à une nouvelle série de romans le concernant. Je ne serai donc pas surprise si un des prochains Deon Meyer concerne ce personnage et ses anciens collègues de la police.
Il correspond d'ailleurs à une certaine réalité de l'Afrique du Sud : des policiers qui se retrouvent à quitter la police pour travailler dans des agences de détectives privés ou services de sécurité privés, travail plus lucratif. Deon Meyer y montre aussi bien les avantages que les limites de ce genre de travail.

Un roman au découpage un peu surprenant qui pourrait en rebuter certains. Pas forcément le meilleur Deon Meyer, mais comme toujours un suspense et une intrigue bien ficelée que vous ne pouvez lâcher.
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samedi 8 septembre 2012

Fou !

4 de couv' :
Dans une rue sombre de Manhattan, très tard dans la nuit, une jeune femme est agressée par un homme armé d'un couteau. Jonah, un étudiant en médecine surmené, vole à son secours et tue accidentellement l'agresseur. Pendant que les médias font de lui un héros, le procureur s'interroge sur son geste héroïque. La victime, quant à elle, veut retrouver son sauveur et tient à lui montrer sa reconnaissance. Les évènements s'enchaînent, et Jonah est entraîné dans une spirale terrifiante. S'il est vrai qu'aucune mauvaise action ne demeure impunie, le châtiment de Jonah ne fait que commencer...


Pour être honnête, j'ai eu un peu de mal à accrocher dans la première partie du livre. Non pas que ce ne soit ni bon, ni intéressant, mais tout simplement les personnages qui sont assez bêtes pour se mettre dans des situations de merde et ne s'en rendent pas compte m'agacent un tantinet. Ajoutez à cela un certain manque de caractère (sait pas dire non) et que plus ça va, plus il cumule les erreurs alors qu'il sent que quelque chose cloche, et vous saurez pourquoi à chaque chapitre j'avais plutôt envie de le baffer.
Ce qui l'explique : son externat, et les nombreuses heures de travail et dont le peu d'heures de sommeil induit n'aident pas Jonah à avoir une idée claire des choses qui l'entourent.

Qui plus est, j'avais déjà vu dans un feuilleton ou un téléfilm (américain of course) une situation similaire et je n'en voyais pas l'originalité.

Mais : on a qu'une envie, savoir comment cela finit. Comme le personnage, on n'arrive pas à décrocher de cette histoire.
Vous m'avez vue ou plutôt lue, par ci par là, me plaindre du manque d'étude de la psychologie des personnages dans tel ou tel roman, ben là on est servi. On est en pleine psychiatrie : seuls quelques rares personnages semblent vivre dans une certaine normalité et encore cette normalité est-elle mise à mal à certains moments, influencée par les actes des autres et leurs conséquences.

Oui d'ailleurs : qu'est-ce qu'être normal ? On finit par en douter...
D'autant qu'autour de Jonah, je m'en rends compte maintenant seulement en écrivant ici, chacune de ses connaissances a ses petits travers, globalement amusants certes, mais qui pourraient vite devenir inquiétants et invivables si exacerbés : le colocataire de Jonah, son ex-beau-père, un certain médecin avec qui Jonah doit travailler à un certain moment, sa mère elle-même (ah, les mères ! Si, si).
Et nous avons tous nos petits travers, avons-nous tous le potentiel pour passer "de l'autre côté" ?

Manipulation, chantage, perception faussée de la réalité, sont aussi au menu.

Bref, vous l'aurez compris : ce qui semble être à la base une histoire assez classique sur le thème est suffisamment bien traité  pour qu'on ne se lasse pas de l'histoire.

A noter que tout comme pour "Les Visages" l'auteur s'est suffisamment bien documenté sur le milieu dans lequel évolue son personnage (ici, le monde hospitalier et la vie quotidienne d'un étudiant en médecine) pour que cela semble crédible.
Intéressante aussi la description (bien que relativement succinte) de différents quartiers new-yorkais, du mode de vie là-bas.
J'ai apprécié aussi les dates en début de chapitres : le temps, seul point de repère incontestable du roman, et point de référence sur l'évolution des évènements et des personnages.

Un bon deuxième roman de cet auteur, qui semble décidément apprécier explorer les méandres de l'esprit humain. On verra dans le prochain s'il est toujours aussi doué.
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vendredi 7 septembre 2012

CEZAM 2012 - Mon classement

Donc voilà, j'ai lu les dix romans du prix des lecteurs CEZAM, j'ai déposé mon classement lundi, jour de la date limite. Je n'ai pas eu de mal à élaborer ce classement, si ce n'est pour les deux premiers, je les ai intervertis au dernier moment. Et comme souvent, j'ai été surprise de voir la place de certains romans que j'avais pourtant bien aimés. Et à part le tout dernier, ce classement reflète une ordre de préférence (oui, forcément, allez-vous me dire) qu'un bête classement du meilleur au plus mauvais. Ou inversement. Ou pour mieux dire, qu'un livre se trouve en bas de liste ne signifie pas que je ne l'ai pas aimé, mais bien que ceux au-dessus, étaient encore mieux.

Le voici donc ce classement, et je rappelle que 10 correspond au livre préféré. 10/10 en somme.

10 - Des vies d'oiseaux, Véronique Ovaldé

9 - Rouge Argile, Virginie Ollagnier

8 - Le Héron de Guernica, Antoine Choplin

7 - Requins d'eau douce, Heinrich Steinfest

6 - Les trois lumières, Claire Keegan

5 - Code 1879, Dan Waddel

4 - Pour tout l'or du Brésil, Jean-Paul Delfino

3 - Une autre époque, Alain-Claude Sulzer

2 - Le cabaret des oubliés, Philippe Delpierre et Bruno Vouters

1 - En attendant Robert Capa, Susana Fortes


Reste à attendre les résultats officiels. Mon pronostic ? Un de mes deux chouchous.
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dimanche 2 septembre 2012

Rouge argile

La maison familiale au Maroc, lieu de l'enfance et des souvenirs, elle n'y passait plus que des vacances... Rosa l'a quittée il y a vingt ans, pour faire un beau mariage en métropole, au milieu des années cinquante, au moment où l'Histoire a changé la donne. Alors quand Egon, son second père, meurt, ce retour aux sources ne peut être que bouleversant. Chaque objet effleuré, chaque tiroir ouvert, chaque propos échangé avec sa vieille nourrice ou sa volubile marraine, réveille un nouveau fantôme. Face au passé, à ce deuil qui fait écho à d'autres deuils, à la transmission inattendue de secrets de famille, ce sont ses propres choix de vie qu'elle va comprendre peu à peu et remettre en question...


Il y a dans ce roman un peu de Stéphanie Janicot pour l'ambiance, un peu de Maïssa Bey pour le lieu de l'histoire (oui, je sais, elle c'est sur l'Algérie qu'elle écrit) et pour le côté histoire de femmes, un peu de Marie NDiaye pour le côté fantastique, et un peu de Véronique Ovaldé pour le côté décisions importantes à prendre dans une vie.

Sachant à quel point j'aime ces quatre auteures, inutile de vous dire que j'ai particulièrement apprécié ce roman et que vous entendrez à nouveau parler de Virginie Ollagnier dans ce blog.
D'ailleurs, je la connaissais déjà sans le savoir : elle est également scénariste de BD, dont le très beau "Kia Ora", que j'ai adoré, et dont il faudra bien que je vous parle un jour.

J'ai beaucoup apprécié ce roman pour sa description du Maroc, des liens de famille, et de l'amour, sous différentes formes, qui est omniprésent dans ce roman.

C'est un beau roman, c'est une belle histoire ?

Oui, sans aucun doute !
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samedi 1 septembre 2012

Requins d'eau douce

Un corps flotte dans une piscine au vingt-huitième étage d'un immeuble viennois : déchiqueté et unijambiste. Une minuscule prothèse auditive gît au fond du bassin. Aucune piste sérieuse en vue. L'homme aurait été tué par un requin, ce qui ressemble plutôt à une mauvaise plaisanterie. Richard Lukastik, de la police de Vuenne, prend les choses en main. A 47 ans, l'inspecteur passe pour antipathique mais irréprochable, retors et fou. Il se déplace en Ford Mustang or mat, n'écrase jamais ses cigarettes, dîne chaque soir s'une soupe chez ses parents, n'utilise pas de gants au sens propre comme au figuré, admire le philosophe Ludwig Wittgenstein dont il a toujours un livre en poche qu'il ouvre un sens à sa journée. L'enquête est à l'image de celui qui la mène : mordante et dubitative.


La première réflexion qui me vient à l'esprit concernant ce livre est qu'il s'agit d'un polar atypique. Atypiques sont ses personnages, en particulier Lukastik, atypiques certaines aspects de l'écriture. Et du coup, jubilatoire.

Le personnage central est un pince-sans-rire misanthrope, dont l'arrogance se marie parfaitement à une assurance qui confine à une certaine naïveté. Bien que loin d'être passif dans son enquête (au grand dam de son supérieur qui se désespère des décisions prises par son enquêteur) il semble cependant parfois subir les évènements, qui peuvent le mener à des situations désespérées. Du moins pas à celles auxquelles il s'attendait. Ou pas, d'ailleurs.

Certains seront rebutés par le manque d'action du roman, ainsi que par le côté "fan de Wittgenstein" du personnage central. Car il est beaucoup question de philosophie ici, mais présentée de telle manière que cet aspect fait plutôt sourire car il renforce le côté comique du personnage. Personnage dont on apprend vite, et sans que j'en révèle davantage, qu'il est devenu policier un peu par hasard. Et dont on apprend  vers la 86ème page du livre qu'il est suffisamment misanthrope pour n'avoir réussi à trouver le plus grand amour de sa vie que dans sa propre famille (un peu pitoyable et pas moral du tout, je vous l'accorde).

Bref, un polar dont l'enquête tient la route, n'en déplaise certains esprits chagrins qui trouveront la chute tirée par les cheveux (sans mauvais jeux de mots), et là c'est qu'ils auront oublié qu'en ouvrant ce livre, ils en avaient pourtant accepté le présupposé du départ.

Un polar qui m'a fait sourire voire rire par ce personnage atypique et son entourage qui ne l'est pas toujours forcément moins, et les réactions qu'ils suscitent et surtout le fait qu'il n'en a cure. Polar qui m'a fait aussi sourire par les parenthèses et notes de bas de page de l'auteur qui n'est pas dénué d'auto-dérision.

Bref, un bon moment de lecture en ce qui me concerne. Et une assez bonne place dans le classement.

Il ne m'en reste plus qu'un à lire et il est temps, les notes sont à rendre lundi. Soit après-demain.
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dimanche 26 août 2012

Généalogie

4 de couv' :
La journée de l'inspecteur Grant Foster commence mal : le cadavre d'un homme, qui son assassin a amputé des deux mains avant de le poignarder, vient d'être découvert, abandonné dans un cimetière de l'ouest londonien. Le corps semble être tombé du ciel.
Lors de l'autopsie, Grant Foster relève, taillée au couteau dans la peau de la victime, une inscription énigmatique.
Le seul talent d'enquêteur de Foster ne suffira pas à venir à bout de ce mystère. L'indice laissé par le tueur va l'obliger à faire appel à Nigel Barnes, un généalogiste professionnel.
Alors que, peu de temps après, un deuxième corps est identifié, ils vont se retrouver plongés dans les bas-fonds du Londres victorien de la fin du XIXe siècle et parcourir les méandres obscurs d'une affaire criminelle survenue en 1879 et qui semble liée aux meurtres.
Une course contre la montre s'engage : le psychopathe semble suivre un schéma qui, selon Nigel Barnes, va conduire à d'autres exécutions. Foster sait qu'il n'a que peu de temps avant que le tueur n'arrive au bout de son parcours sanglant et ne disparaisse à jamais.


Difficile de passer d'un classique de la littérature à un polar contemporain, me suis-je dis en entamant "Code 1879".
La transition d'un style de roman à un autre fait du coup paraître l'écriture beaucoup plus simple, voire simpliste, mais l'originalité de l'histoire m'a vite accrochée, malgré quelques longueurs au début. J'ai un peu eu l'impression au départ que dans les descriptions des recherches généalogiques, ça tournait un peu en rond, bien que j'ai trouvé très intéressant de découvrir la méthode de travail d'un généalogiste.

On est petit à petit happé par cette double enquête, du XIXe et du XXIe siècles, et j'ai beaucoup apprécié les notes de bas de pages du traducteur qui permettent de comprendre des détails du "London way of life" qui semblent anecdotiques pour le londonien moyen, mais cruciaux dans la compréhension de la lectrice française tout aussi moyenne que je suis.

Même si le quatrième de couverture donne l'impression d'en dévoiler beaucoup, il n'en est rien. Tout au long du roman, j'ai échafaudé des hypothèses qui se sont révélées fausses, y compris - cerise sur le gâteau-  sur l'identité de la dernière victime. Dès le début, l'auteur réussit à nous orienter sur une fausse piste, parmi les nombreuses pistes qui nous viennent à l'esprit. Jusqu'aux dernières 30-40 pages (incluses) on continue de découvrir ce qu'il en est réellement. Cela dit, l'auteur nous a laissé suffisamment d'indices pour qu'on comprenne avant les révélations.

Donc même si l'écriture n'a rien de particulier qui démarque cet auteur d'autres auteurs de polars et que j'ai à un moment regretté des portraits psychologiques des personnages assez peu fouillés, j'ai grandement apprécié ce polar dans son ensemble.
L'auteur en a écrit un a écrit un autre, je vais sûrement l'emprunter à la bibliothèque.

Bien placé dans mon classement, en somme.
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vendredi 24 août 2012

Révolutions

Autre citation, toujours tirée du tome II de ce classique de la littérature française du XIXe siècle que je suis en train de lire.
Je viens d'achever ce tome et, échéance proche du prix des lecteurs Cezam oblige, je vais devoir repousser la lecture du tome III à septembre.

Bref, voici une autre citation, toujours d'actualité je trouve...

" Il y a dans les révolutions des nageurs à contre-courant, ce sont les vieux partis.
Pour les vieux partis qui se rattachent à l'hérédité par la grâce de Dieu, les révolutions étant sorties du droit de révolte, on a droit de révolte contre elles. Erreur. Car dans les révolutions, le révolté, ce n'est pas le peuple, c'est le roi. Révolution est précisément le contraire de révolte. Toute révolution, étant un accomplissement normal, contient en elle sa légitimité,, que de faux révolutionnaires déshonorent quelquefois, mais qui persiste, même souillée, qui survit, même ensanglantée. Les révolutions sortent, non d'un accident, mais de la nécessité. Une révolution est un retour du factice au réel. Elle est parce qu'il faut qu'elle soit."
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mercredi 15 août 2012

Pied de nez

Une fois n'est pas coutume, une citation.

Elle est tirée de l'ouvrage que je lis actuellement, et date du XIXème siècle, c'est dire...
Et sur ce roman, je dirai seulement qu'il m'enthousiasme tellement que j'ai depuis deux jours une envie folle de mettre ici plusieurs citations, mais je ne voulait pas trop couper ma lecture. Surtout que si je m'étais écoutée, il y en aurait eu pléthore et qu'elles étaient chaque fois assez longues. Et que si je pouvais finir la lecture de ces trois tomes avant de reprendre le travail lundi, j'aimerais autant.


"Rêver la prolongation indéfinie des choses défuntes et le gouvernement des hommes par embaumement, restaurer les dogmes en mauvais état, redorer les châsses, recrépir les cloîtres, rebénir les reliquaires, remeubler les superstitions, ravitailler les fanatismes, remmancher les goupillons et les sabres, reconstituer les monachismes et le militarisme, croire au salut de la société par la multiplication des parasites, imposer le passé au présent, cela semble étrange. Il y a pourtant des théoriciens pour ces théories-là. Ces théoriciens, gens d'esprit d'ailleurs, ont un procédé bien simple ; ils appliquent sur le passé un enduit qu'ils appellent ordre social, droit divin, morale, famille, respect des aïeux, autorité antique, tradition sainte, légitimité, religion ; et ils vont criant : Voyez ! prenez ceci, honnêtes gens. -  Cette logique était connue des anciens. Les aruspices* la pratiquaient. Ils frottaient de craie une génisse noire, et disaient : Elle est blanche. Bos creatus."




* aruspice : chez les romains, sacrificateur qui prédisait l'avenir par l'inspection des entrailles des victimes. Voir "augure".
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lundi 13 août 2012

Retour de vacances

Ce qu'il y a de bien avec les vacances, c'est qu'on revient encore plus chargés qu'à l'aller.
Ah ben oui, hein, souvenirs de vacances obligent et ce dès le premier jour : on a visité le musée des poires tapées, on est revenus avec deux bocaux plus un pour mes parents, un sachet de poires tapées et des petits pots de confitures. Ça commençait bien, ça ne s'est pas amélioré par la suite.

Et en dehors des inévitables mugs, T-shirts, un set de table (pour le chat, lot de consolation pour l'avoir laissée une semaine chez mes parents), cartes postales (souvenirs pour la famille et les copains), un jeu de société sur les rois de France (et là, je ne comprends pas pourquoi mon homme voulait absolument l'acheter vu qu'il est prof d'histoire et que ça lui rappelle le boulot, et qu'en plus ce jeu fait un peu penser au trivial, seul jeu de société où je le bats régulièrement. On n'a fait qu'une seule partie pour le moment. J'ai gagné), les inévitables vins du coin et des souvenirs plein la tête... on a ramené des livres.
J'ai même poussé le vice jusqu'à commander ceux que je n'ai pas trouvé sur place, et les ai retrouvés dans ma boîte aux lettres au retour.

En résumé, après une brève étape sur Saumur que nous avions déjà visité l'année dernière ainsi que ses environs, nous nous sommes "basés" cette année sur Tours, afin de continuer notre périple des châteaux de la Loire et dont je parlerai plus en détails dans mon autre blog (vous la voyez bien, l'auto-promotion ?).

Nous avons donc visité Tours, en particulier les vieux quartiers, mais aussi son château qui renferme régulièrement des expositions, au nombre de trois lors de notre visite et celle qui nous intéresse ici concerne l'Algérie.
Il s'agit de photos prises par Pierre Bourdieu en Algérie entre 1958 et 1961. Philippe et moi y avons appris beaucoup de choses et nos propres ressentis sur des éléments de l'exposition nous ont amenés à des discussions intéressantes. Etaient donc présentés à cette exposition des photos, des textes et des livres sur l'Algérie.
Trois en particulier m'ont intéressée, que je n'ai pas trouvés à l'issue de l'exposition, je n'ai finalement commandés que ces deux-ci. L'un peut être considéré comme le catalogue de l'expo, bien que beaucoup plus fourni en texte, ce qui n'est pas plus mal.
L'autre est un recueil de témoignages de tous bords, ce qui le rend d'autant plus intéressant sur le sujet. Et tous deux abordables pour la non-historienne que je suis (parce que je ne sais pas si vous avez déjà feuilleté un livre du rayon histoire, mais c'st vraiment "néophytes, s'abstenir").

Mais nous ne sommes pas restés sur Tours, nous avons pas mal vadrouillé.


Visite des châteaux de la Loire et Renaissance oblige, nous avons visité celui du Clos-Lucé, dernière demeure de Léonard de Vinci... et sommes revenus avec les livres suivants : l'un regroupant un certain nombre des pensées de Léonard de Vinci dont on a recouvert une partie des murs intérieurs du château (sur des plaques en verre, je vous rassure, pas questions d'y commettre le moindre graffiti !), et une biographie qui, selon notre guide, est celle qui renferme le moins de bêtises sur le personnage (ou pour le citer un peu mieux, est la plus fidèle possible).



A Saché, nous avons visité le musée Balzac, dont je vous recommande chaudement la visite guidée (tout comme au Clos-Lucé ou tout autre lieu d'ailleurs), passionnante pour tout amoureux de la littérature, même pour ceux qui connaissent peu ou pas les oeuvres de l'auteur (pour ma part, je n'ai lu que "Le Père Goriot" au lycée, que j'avais adoré).
Cette visite m'a d'autant plus donné envie de me replonger dans Balzac, ainsi que d'une manière générale dans les classiques du XIXème siècle. De retour chez mes parents, j'ai donc emprunté les trois tomes d'une oeuvre que nous avons tous lue et dont je vous parlerai bientôt...



Enfin, nous sommes allés visiter le Château du Grand-Pressigny, dont les ruines ont été admirablement transformées en... musée de la Préhistoire. Là aussi je recommande la visite guidée, notre guide en plus d'être une spécialiste, était avant tout une passionnée et incollable, qui a su répondre avec patience et une réelle pédagogie à mes questions de néophyte.
Bref, arrivée à la boutique, je me suis laissée tenter et après avoir découvert que "La Guerre du Feu" n'est pas QUE un film, me voici avec un nouveau livre dans les bagages...

En résumé, comme si je n'avais pas déjà assez de livres en attente plus un abonnement à la bibliothèque, me voilà "habillée pour l'hiver"...
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dimanche 12 août 2012

Polar islandais

4 de couv' :
Le visiteur a laissé un papier griffonné posé sur le cadavre. L'inspecteur Erlendur est agacé : encore un de ces meurtres idiots, typiquement islandais. Impossible pour l'heure de soupçonner l'horreur qui l'attend.

Après l'Ukraine/la Russie/la Tchétchénie puis la Suède, me voici maintenant en Islande, toujours plus au nord.

Voici ici un excellent polar que j'ai eu du mal à lâcher une fois commencé.
J'y ai retrouvé tout ce que j'aime dans un polar : dialogues en bonne quantité, bien amenés, faisant avancer l'histoire et bonne description des personnages, mais peut-être pas assez des lieux.

Une histoire bien pensée, des interludes bien dosés (la vie personnelle d'Erlendur), de même que les rebondissements, qui collent bien à l'histoire et donc s'y intègrent parfaitement. Au contraire de certaines polars dont les rebondissements et là parce qu'il faut en mettre, quitte à ce qu'ils n'apportent rien (fausses pistes plus ou moins alambiquées par exemple), juste pour remplir le livre.

Bref, un auteur agréable à lire, et que je relirai d'ailleurs avec plaisir.
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vendredi 3 août 2012

Polar suédois (bis)

En Scanie, un couple de paysans est sauvagement assassiné. Avant de mourir, la vieille femme murmure le mot "étranger". Une vague de violence s'abat alors sur le camp de réfugiés voisin.
Wallander saura-t-il enquêter en résistant à la suspicion ambiante ?

Je dois avouer que je suis moins emballée par ce polar d'Henning Mankell que par "La Cinquième Femme".
Cela étant n'oublions pas qu'il s'agit ici de la première enquête mettant en scène Kurt Wallander et donc que l'écriture de cette série en étant à ses débuts, l'écriture de cet auteur de polars n'a pas encore atteint la maturité de "La Cinquième Femme".

Et en plus, encore un policier divorcé, avec des relations familiales compliquées, ce dont le personnage (et l'auteur avec une beau pied-de-nez aux lecteurs ou critique, et surtout un humour certain) se désespère, surtout après avoir lu un polar lui confirmant que (sa) réalité et la fiction se rejoignent, à son grand dam.

Parmi les quelques défauts observés, un peu trop de dialogues, ce dont je ne raffole pas comme je l'ai souvent dit, mais cependant de bons dialogues, bien amenés, qui font avancer l'histoire.
Il est d'ailleurs précisé dans la présentation de l'auteur : "Il a commencé sa carrière comme auteur dramatique, d'où une grande maîtrise des dialogues". Je suis bien d'accord.
A par cela, et outre une histoire finalement assez classique (bien que la façon de retrouver les coupables a été un beau rebondissement même si un chouia tiré par les cheveux), il n'y a pas assez de descriptions des lieux et des personnages, du moins pas autant que dans "La Cinquième Femme" que j'avais particulièrement apprécié pour cela et pour l'ambiance dégagée.

En dehors de cela, un bon polar pour un premier, qui se lit agréablement.
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jeudi 2 août 2012

Nestor en Ukraine

4 de couv' :
Le zoo de Kiev fait faillite. Victor, journaliste sans emploi, adopte Micha, un pingouin dépressif. Lorsqu'on lui propose d'écrire les nécrologies de personnalités encore vivantes, il saute sur l'occasion. Mais est-ce vraiment une bonne idée ?

Quand j'ai choisi de lire ce livre, j'avais envie de quelque chose de léger, de drôle, un bon préambule aux vacances.

Je dois dire que sur le coup j'ai été un peu déçue. A la lecture du quatrième de couverture, je m'attendais à quelque chose de plus burlesque, de plus drôle, de plu enlevé et surtout - et ici je dois bien reconnaître que je me suis bêtement plantée vu que l'histoire se passe en Ukraine - à un genre d'humour et de comédie à l'anglaise (hello Jeeves ? Ou, s'agissant d'un homme et d'un animal, Wallace et Groomit ?).
Il n'en est rien évidemment, mais je reconnais volontiers que c'est ma faute, ayant pris ce livre sous le mauvais angle, en faussant de moi-même le postulat de départ.

Qui plus est, je n'ai pas fait la moindre recherche sur l'auteur, j'ai donc pris cette lecture et cette histoire à l'état brut sans autre a priori que le mien.
Faussé, je le rappelle.

Enfin, je connais assez mal (pas du tout) les pays de l'ex-URSS, et d'autant moins leur quotidien surtout dans es années 1990. Car ces deux romans se déroulent en 1996-1997.

Cependant, une fois passés les a priori de départ, j'ai assez apprécié d'en apprendre plus sur le quotidien des ukrainiens, sur Kiev, leur façons de voir les choses. Tout en n'oubliant pas qu'il s'agit de romans, les ukrainiens, ne seraient peut-être pas d'accord sur tout (obsession de l'argent et qu'est ce qu'ils boivent ! Et des alcools forts. Par contre, ils semblent avoir une facilité à se lier qui nous ferait ici le plus grand bien).

Pour Victor, le personnage central, je l'ai peu apprécié dans le premier roman, plus dans le deuxième. Dans le premier, je l'ai trouvé naïf, passif, désabusé, indifférent à sa propre vie et à ce qui se passe autour (aussi dépressif que son pingouin en fait).
Mais dans le deuxième, il est plus acteur de sa vie, et beaucoup moins naïf. Mais encore suffisamment pour se retrouver dans des situations qui le dépassent, où on se demandent à chaque s'il va réussir à améliorer les choses... Ou les empirer davantage. Une loterie façon roulette russe en somme.

Sans que cette lecture m'ait pleinement enthousiasmée, je dois reconnaître que ce fut un bon divertissement et un dépaysement certain.

samedi 28 juillet 2012

Vacances...

Je suis en vacances ces trois prochaines semaines, je n'aurai pas toujours une connection Internet, mais j'aurai sûrement l'occasion de repasser par ici.

Et ce sera aussi pour moi l'occasion de tester ma liseuse électronique (si je n'y suis pas trop réfractaire !), je vous en parlerai sans doute à mon retour.

Alors, bon courage à ceux qui reprennent, bonnes vacances aux autres aoûtiens et à bientôt !
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lundi 23 juillet 2012

Ben moi, en attendant...

4 de couv' :
En 1935, gravitant dans les cerces intellectuels de la rive gauche à Paris, la jeune émigrée Gerta Pohorylle rencontre un autre réfugié juif, venu de Budapest, André Friedmann. Photographe passionné, il l'initie à son art. Bientôt les deux amants obtiennent leurs lettres de noblesse sur les sentiers du front espagnol, en gravant les atrocités du franquisme sur la pellicule.
Habités par le goûts du risque, investis par le devoir d'informer, ils deviennent deux des plus grands photographes de guerre de tous les temps. Sous le nom de Robert Capa et Gerda Taro, ils bâtissent leur propre légende, jusqu'à sacrifier leur vie pour défendre leurs idéaux.


Il va m'être difficile de faire un commentaire sur ce livre. Du moins un commentaire objectif.
Tout d'abord, dès la lecture du résumé quand j'ai examiné la sélection de ce prix des lecteurs, le thème m'a moyennement intéressée. Lorsque je l'ai emprunté pour le lire, je l'ai pris car il était l'un des rares disponibles que je n'avais pas encore lus, c'est dire ma motivation.
Ajoutez à cela que je suis en ce moment hyper fatiguée, que j'attends avec impatience les vacances (jeudi soir !) et que je n'ai qu'une envie en ce moment, c'est de lire quelque chose de léger, alors autant vous dire que je n'ai pas commencé ce roman dans les meilleures dispositions.
Ah, d'ailleurs, je l'ai entamé lundi soir en attendant le tram sur un quai bondé à cause des Tonnerres de Brest, que j'ai dû laisser passer deux trams avant de pouvoir y monter, je vous laisse imaginer le degré d'agacement peu propice à un démarrage de lecture. Au point que j'ai préféré la remettre à plus tard et l'ai remplacée par "Et puis, Paulette..."
Quand je vous dis que j'ai besoin de légèreté en ce moment (oui, je sais, il y a plus grave en ce monde, c'est d'ailleurs pleinement le sujet de ce roman).

Cependant, voici un avis aussi objectif que possible.

Je comprends pourquoi ce livre a plus au point de devenir un best-seller et de gagner un prix en 2009 (aparté : il a été publié en Espagne en 2009. Le temps que les droits et la traduction arrive en France, nous voilà en 2011, année de démarrage du prix).
Il est bien écrit, on sent bien l'intérêt voire la passion de l'auteur et pour ce couple, et pour cette partie de l'histoire espagnole, il y a quelques petits quelques choses qui avec moi n'ont pas marché.

Déjà, le fait de passer du coq à l'âne : il arrive qu'elle commence à introduire dans un chapitre un personnage ou une situation, donnant l'impression qu'elle va développer cela davantage, mais non. Soit elle repasse au propos précédent, soit elle développe autre chose.
Toujours sur le côté "coq à l'âne" : est-il vraiment besoin de passer de 1935-36 aux années quarante ou cinquante, période qu'ils ne connaîtront pas ensemble ? Ou sans aller si loin, à ce qui va se passer dans les semaines ou mois suivants, qui sera décrit parfois dans le chapitre suivant ?
Honnêtement, en temps normal, j'aurais pu apprécier cette façon de faire, mais ici moyennement.

Je n'ai pas trop aimé une certaine idéalisation des gentils communistes, les seuls à faire de la résistance (là je parle de la partie parisienne du roman, cette vision étant plus logique dans la partie traitant de la guerre civile espagnole). Même si ça correspond assez bien, historiquement, aux milieux et aux gens qu'ils fréquentaient, je trouve ça lourdingue à force. Les seuls à lutter, les seuls à agir, à avoir une vision claire des choses, limite les seuls à avoir une morale.
Et je ne parle pas de cette glorification des anarchistes espagnoles, très fugace certes dans le roman, mais dérangeante. Ou alors les anarchistes espagnols ont joué un rôle très différent dans l'histoire espagnole que leurs homologues français.
Bref, de tout cela, un genre d'angélisme mal venu quand on parle de lutte contre l'extrémisme. Même si elle fait bien allusion cependant aux exactions de Staline.

Enfin, j'ai parfois eu la désagréable impression que l'auteure n'arrivait pas à situer ses écrits, oscillant entre roman, biographie, essai. Je me suis même demandée si elle était journaliste elle-même.

Par contre, je reconnais avoir bien apprécié la partie décrivant "de l'intérieur" ce qu'être un réfugié et la partie relatant leur travail journalistique en plein coeur de la guerre civile espagnole, particulièrement bien traitée et bien écrite, un très bel hommage à ces (vrais) journalistes de terrain.
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