lundi 28 novembre 2011

Absolution


4 de couv' :
Place de la Contrescarpe, à Paris, un enfant borgne récite d'étranges prophéties que les passants écoutent troublés comme si elles répondaient à leurs pensées secrètes. Parmi eux, une ancienne journaliste de guerre, victime d'un attentat. Elle doit réapprendre à vivre, à accepter un monde fait de violence et d'injustice mais de confiance aussi. Chercher à percer le mystère qui auréole l'enfant-prophète en est sans doute une des voies.
Des Matriochkas à Dans la tête de Shéhérazade, Stéphanie Janicot décline de roman en roman l'incessante complexité des relations familiales, s'attachant au quotidien des personnages, à ce dur travail d'apprentissage qui au-delà des drames, leur permet de s'accomplir.

Dire que j'adore cette auteure est aussi bien un euphémisme qu'une redondance, donc je ne m'étendrai pas là-dessus.
J'aime toujours autant cette simplicité et cette douceur de l'écriture, où chaque mot est à sa place, sans circonvolutions, car si les sentiments humains sont le plus souvent complexes, Stéphanie Janicot sait toujours autant nous les décrire avec simplicité.

Je pensais au début de la lecture de ce roman qu'il s'agirait de deuil et de renaissance, mais non. Les éléments qui ont bouleversés la vie de Saar se sont passés trois ans auparavant et même si elle est en période de deuil, que sa vie recommence à prendre un sens, le roman est plus autour de la perception que l'on a des autres et de l'attention qu'on peut leur porter. Ce qui nous en détourne (ou pas) et ce qui en découle. La vie, en somme, comme dans tous les romans de cette auteure.

J'ai lu dans d'autres blogs ou sites que certains ont trouvé la fin brutale, que le roman se déroule tranquillement puis pouf, conclusion. Que ce serait une mode chez les auteurs français actuellement (ah bon ?) et que Stéphanie Janicot n'y aurait pas échappé.
Je ne suis pas d'accord. Autant on pourrait dire cela, à la limite, de "L'oeil du cyclone" (et encore, cela se justifie-t-il pleinement car les évènements du roman épousent le déroulement du cyclone lui-même y compris sa fin, abrupte puis apaisante car le dénouement apporte un certain apaisement aux personnages avec un épilogue où l'on comprend que comme la ville, les personnages seront en reconstruction).
Moi je trouve que l'évènement le plus marquant sur la fin, était au contraire prévisible, tout l'annonçait. Mais comme souvent dans ce genre de cas, on ne le comprend qu'une fois arrivé.
Je trouve au contraire que c'est bien amené et que la réaction de Samuel, qui ne masque pas vraiment sa peine ni sa douleur, est salutaire et que c'est parfois la seule façon de continuer à avancer dans ce cas de figure.
Les gens, tels qu'ils peuvent être. La vie, telle qu'elle est.

PS : alors, vous aviez trouvé ? L'indice, c'était le marque page qui dépassait du livre...
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dimanche 27 novembre 2011

Contradiction

Je suis parfois contradictoire. Je vous fais tout un laïus sur le fait que j'ai hâte de me remettre à lire les livres que j'ai achetés et donc d'en avoir fini avec ceux empruntés à la bibliothèque et il suffit que l'on m'annonce que deux des trois que j'ai réservés sont disponibles pour que je m'y précipite aussitôt.
Je suis donc retournée à la bibliothèque hier matin emprunter ces deux romans... Pour en ressortir avec cinq.

Tout à fait moi, ça : je me trouve dans un endroit (souvenez-vous : bibliothèque, lieu de perdition !) où se trouve une multitude de livres (quasi) gratuits, donc je fais le plein.

Voyez vous-même dans la photo ci-dessous, vous savez donc ce qui vous attend dans les prochaines semaines (excepté le Kathy Reichs - j'ai déjà parlé de cette série de polars - à moins de trouver quelque chose de plus à dire sur ce roman en particulier).
Partie récupérer un Stéphanie Janicot et le dernier prix Goncourt (à propos, je n'ai pas pour habitude de faire cela : je m'intéresse aux prix littéraires avec une nette préférence pour les prix des lecteurs, mais il se trouve que pour une fois, cette année, le lauréat du Goncourt m'a intéressée. On en reparlera. Je constate en tout cas que j'aime de plus en plus les romans de chez Gallimard), partie récupérer ces deux romans, j'en profite donc pour regarder s'ils n'ont pas un Kathy Reichs de disponible et bien si ! Encore sous le charme du "Premier été", je vérifie s'il n'y a pas un autre Anne Percin et le voilà ! Et comme Percin et Pennac sont distants d'une étagère seulement, je tombe sur "Monsieur Malaussène" et ne peux y résister.

Croyez-moi ou pas, j'en ai déjà terminé un. Dont je venais d'entamer la lecture (ainsi que mon thé Darjeeling) au moment de prendre la photo. Devinez lequel (y'a un indice) !



PS : regardant la photo à nouveau, je viens de me rendre compte d'un lien un peu inquiétant entre les titres de ces livres, excepté "Monsieur Malaussène" et s'agissant d'un Pennac, ça allège le tout, heureusement ! Parce qu'entre la guerre, le tombeau, le fantôme et l'absolution, on ne peut pas dire que vue ainsi, ma sélection soit des plus jouasses. Je sais qu'on est en novembre mais quand même...
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vendredi 25 novembre 2011

Premier été


4 de couv' :

Deux soeurs se retrouvent une fin d'été en Haute-Saône, afin de vider la maison de leurs grands-parents décédés. Depuis longtemps, Catherine, la benjamine, se tient loin de ce village... Pourtant, chaque coin de rue ou visage croisé font surgir en elle des souvenirs précis et douloureux. Sa soeur aînée a fondé une famille, elle, non. Devenue libraire, c'est une femme solitaire.
A l'adolescence déjà, elle passait ses heures dans les livres. Mais pour ce qu'elle a vécu ici, l'été de ses seize ans, l'été de sa lecture du Grand Meaulnes, "il n'y a pas eu de mots. Il n'y en a jamais eu, ni avant, ni après. C'est quelque chose qui ne ressemble à rien d'écrit." Quinze années ont passé, et personne n'a jamais su quel secret la tenaillait depuis tout ce temps, le drame dont elle a peut-être été coupable.
C'est une histoire d'innocence et de cruauté que nous raconte Anne Percin. Sensuelle et implacable à la fois, douce-amère comme tous les crève-coeurs de l'enfance.


J'ai entendu parler de ce livre par le blog "Je suis venue te lire", dont vous trouverez le lien sur votre droite (et dont j'adore le concept d'interviewer et photographier les gens qui lisent dans les transports en communs ou dans un parc ou dans tout autre lieu public).

Ce court roman (163 pages) est un vrai petit bijou. Une écriture, douce, fine, simple, mais ciselée où on a l'impression de vivre avec elle les souvenirs de la narratrice (sans doute aussi parce que je suis de la même génération qu'elle, à 2-3 ans près) : on sent la chaleur de l'été sur la peau, cette sensation étouffante des jours d'orage en été, le moindre parfum respiré dans la nature, l'odeur du chlore de la piscine, le goût des carambars, on entend le chant des grillons, les cloches de l'église, on ressent à nouveau nos impressions d'adolescentes...

On sait dès le départ qu'il s'est passé quelque chose, cet été là, de suffisamment fort pour qu'il marque la narratrice pour le reste de sa vie. Ce qui ajoute un suspens et une certaine tension pour ce qui pourrait n'être qu'une banale évocation d'un été de premières amours. Mais sans cela, pas si banale finalement tant l'auteur sait faire partager les sensations, interrogations et sentiments de cette adolescente.

Et si vous voulez un autre avis sur ce roman, allez donc zyeuter par là !
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jeudi 24 novembre 2011

La conjuration des imbéciles


4 de couv' :

Ecrit au début des années soixante par un jeune inconnu qui devait se suicider en 1969, à l'âge de trente-deux ans parce qu'il se croyait un écrivain raté, la Conjuration des imbéciles n'a été éditée qu'en 1980. Le plus drôle dans cette histoire, pour peu qu'on goûte l'humour noir, c'est qu'aussitôt publié, le roman a connu un immense succès outre-Atlantique et s'est vu couronné en 1981 par le prestigieux prix Pulitzer. Une façon pour les Américains de démentir à retardement le pied de nez posthume que leur adressait l'écrivain, plaçant en exergue à son livre cette citation de Swift : "Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui".


J'ai entendu parler de ce roman grâce à l'émission "Ça peut pas faire de mal" dont le programme du 6 novembre 2010 (ah ouais, 1 an quand même) était consacré à cet ouvrage. Ça m'avait beaucoup plu et je m'étais dit qu'il fallait absolument que je le lise (absolument, pas rapidement, hein...).

Toute l'histoire tourne autour d'un personnage, Ignatius Reilly : égocentrique, orgueilleux, paresseux chronique, révolutionnaire dans l'âme, misanthrope forcené, mythomane compulsif, d'une mauvaise foi absolue entraînant un sens de la manipulation relativement bancal (quoique...), il est parfaitement antipathique pour tout son entourage exceptée une personne ... complètement sénile.

De tout cela, ce personnage cumule les catastrophes autour de lui, malgré lui le plus souvent. Volontairement élément déclencheur de problèmes en tout genre, son manque d'empathie fait que rien ne se déroule selon ses plans, il ne contrôle rien et surtout pas les conséquences de ses actes dont il ignore la plupart.
On le voit évoluer, ainsi que la galerie de personnages hauts en couleur qui l'entourent, jusqu'à ce que vers la fin, tout finisse par se recouper et se rejoindre et que tout et (presque) tous retombent sur leurs pattes.

Alors pourquoi ai-je eu du mal à le lire ? (à part le fait d'être arrivée à saturation à force lectures comme expliqué précédemment).

Ben déjà, c'est écrit petit (478 pages). Et quand Ignatius se met lui-même à écrire (car il a quelques prétentions littéraro-philosophico-sociologiques), les passages de sa prose sont dans une police encore plus petite. On a du coup l'impression d'avancer lentement.

Ensuite, c'est un livre qui se savoure, donc à lire en prenant son temps. Impossible de le dévorer ni de le lire dans le bus (soupir). Ça foisonne de personnages, de situations et je préfère me plonger dans ce genre de romans par paliers de plusieurs heures d'affilée, or là je n'ai pas pu, ce qui a beaucoup coupé le déroulé de ma lecture et l'a rendue laborieuse.

Qui plus est, la plupart des personnages sont issus des milieux populaires.
Ce qui inclut qu' leurs dialogues sont écrits com' y causent, c'qui donnent des textes de c'te genre alors mêm'si c'est vach'ment sympa passe qu'ça fait couleur locale, c'parfois pas toujours facile à lire. Mais ce n'est pas ainsi tout le roman, cela dit. Ah oui j'oubliais, c'est écrit com' y causent, fautes d'orthographe incluses ("canaris" qui deviennent "cannes à riz" par exemple).

Mais j'ai beaucoup aimé car c'est drôle, burlesque, imaginatif.

Et pour vous donner une idée, c'est par ici !
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mardi 22 novembre 2011

Au ralenti

Non, pas de livre cette fois, un petit mot juste pour dire que je n'ai toujours pas fini celui entamé il y quinze jours. Mais il n'est pas facile à lire, pour les raisons que j'exposerai quand je parlerai de ce roman (et pas maintenant, je vais quand même pas saborder mes propres articles nanmého). Mais il me plaît bien je dois dire. Je suis à moins de 100 pages de la fin, à trois jours de la date limite de son emprunt à la bibliothèque (et oui, j'ai déjà demandé un prolongement) donc pour ce week-end, ça devrait être bon.

En plus, je "travaille" parfois par cycles de lecture. Et deux sortes de cycles, qui plus est :
1) soit je me mets à lire un genre de romans pendant plusieurs semaines d'affilée (des polars par exemple) que je coupe par une "pause" du genre (un roman comique par ci, un roman sentimental par là). C'est la meilleure formule, je bouquine sans discontinuer, à mon rythme, pur plaisir de lecture.
2) soit je deviens livrovore et là je lis de tout, en masse, sans discernement, jusqu'à satiété.
Et dans ce cas là, c'est inévitable, j'ai besoin d'une pause. Sauf que ma boulimie a subi une sorte de déviance dans le sens où on trouve de tout dans les bibliothèques (lieux de perdition !), donc j'ai surtout lu des bouquins empruntés. Et après celui que je lis actuellement (dans les 500 pages), il m'en reste un autre seulement de quelques 200 pages, ça devrait le faire (ce que je ne vous dis pas, c'est que j'en ai réservé trois autres).

Du coup, je cale. Pas sur la lecture, mais je rappelle que m'attend une superbe caisse remplie à ras bord de livres que j'ai achetés. Et que je cale sur les livres de la bibliothèque... parce que j'ai une furieuse envie d'embrayer sur MES livres, en particulier "Vendetta" de James Ellory qui me fait de l'oeil chaque fois que je passe devant (c'est grave docteur ?).

Valà, valà.

Notez que ça ne m'a pas empêché de revenir ici comme vous avez pu le remarquer. Y'a des jours comme ça, vous avez envie de tout changer :  de coiffure (samedi), de présentation de blog (dimanche), de garde-robe (quand j'aurai moins la flemme de faire les boutiques).

Enfin bref, du coup, j'en ai fait un, d'article !
(oui, oui, je sais, pendant ce temps, je n'avance pas dans ma lecture...)
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samedi 5 novembre 2011

La couleur des sentiments


4 de couv' :

Chez les Blancs de Jackson, Mississipi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre état, comme Constantine, qu'on n'a  plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée.
Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot.
Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la tolérerait.  Pourtant, poussée par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.
Passionnant, drôle émouvant, La Couleur des Sentiments a conquis l'Amérique avec ses personnages inoubliables. Vendu à plus de deux millions d'exemplaires, ce premier roman, véritable phénomène culturel outre-Atlantique, est un pur bonheur de lecture.


Environ six mois après l'avoir réservé et une erreur d'aiguillage dans la mauvaise bibliothèque, je l'ai enfin récupéré hier. Et lu aujourd'hui (clouée au fond de mon lit avec un rhume aussi foudroyant que carabiné, autant dire que je ne pouvais guère en faire plus aujourd'hui), oubliant d'écouter "Ça peut pas faire de mal", ce dont je ne me suis rendue compte qu'après l'avoir fini. A 21h00. Vive les podcast.

J'adore les romans du sud des Etats-Unis, ça ne vous étonnera donc pas si je vous dis que celui-ci mérite son excellente réputation. J'ai été conquise dès la première page et dès la première page, j'ai su que sa lecture allait couler toute seule. Bien écrit, bien ficelé, sans clichés ni caricature (sauf peut-être pour le personnage de Hilly ?), c'est vraiment un très bon premier roman.

C'est vraiment un premier roman ?

Mon ressenti sur toutes ces femmes est que les blanches, dont la seule perspective de vie est de se marier (et attention, en faisant un bon mariage) et d'avoir des enfants, sont profondément malheureuses. Soumises à ce que leur famille, leur mari, la société attendent d'elles, elles n'ont d'autres sentiments de pouvoir que celui qu'elles peuvent avoir sur les autres, surtout leurs bonnes (et ségrégation oblige, elles ont tous pouvoirs). Incapables de faire la moindre tâche basique, cuisiner, nettoyer et encore moins d'élever leurs enfants, ce sont leurs bonnes qui sont finalement les vraies maîtresses de leur maison.
Ce sentiment de frustration de vie est d'ailleurs évoqué vers la fin. C'est un schéma qu'elles répètent à l'infini, de génération en génération.
Steeker, pas forcément pressée de trouver un mari, dénote dans tout ça et a un pied dans chaque monde : la "bonne" société dont elle est issue où une femme doit absolument savoir tenir son rang et se montrer sous son meilleur jour (contrôle de soi, apparence avec coiffure et vêtements qui conviennent), et étant célibataire, elle habite toujours chez ses parents. Mais au contraire de ses amies, elle sort de l'université avec un diplôme, et non un mari. Travailler pour un journal et travailler à son livre va lui permettre de sortir de ce carcan prédestiné et s'émanciper.
Quant aux noires, malgré la ségrégation, elles sont en quelque sorte plus libres que ces femmes : elles travaillent (certes, parce que pas le choix) et arrivent un peu plus chaque jour, par leur courage et malgré les dangers, à faire tomber les barrières, même si on sent que tout est loin d'être gagné et que ce sont les générations futures qui en bénéficieront le plus. Et malgré les lois et les mentalités ségrégationnistes, les vexations et mesquineries de toutes sortes, elles conservent une force, une dignité, un calme et un stoïcisme inébranlables qui humainement les placent bien au-dessus de leurs patronnes.

C'est surtout un livre de femmes, il y a peu de personnages masculins, ce qui pourrait paraître paradoxal mais est en fait un reflet de cette époque : les hommes ne s'occupent guère de ce qui se passe dans leur foyer, si ce n'est d'un point de vue financier, autre frustration évoquée vers la fin du livre. Mais s'ils ne s'en occupent guère, ils ont cependant tout pouvoir sur leur entourage et la société, ce que l'on ressent constamment. Un monde d'hommes blancs, fait pour eux et par eux.

J'espère en tout cas que le film est à la hauteur de ce livre (je viens de regarder la bande annonce, les scénaristes ont pris quelques libertés en rajoutant ou modifiant certains dialogues et situations, mais l'esprit semble y être, c'est l'essentiel).
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vendredi 4 novembre 2011

Eveiller les consciences


4 de couv' :

451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif.
Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

Tout d'abord, merci une fois de plus à "Ça peut pas faire de mal" d'avoir diffusé deux émissions avec la science-fiction pour thème. Bon d'accord, c'était il y a quelques mois et il était temps que je me rende à la bibliothèque emprunter ceux qui m'avaient alors le plus intéressée. Parce que question science-fiction, en dehors des films ou feuilletons, c'est un style littéraire que je connais assez peu. Ces émissions ont été une découverte (ce qui est le comble quand on sait que mon homme affectionne particulièrement le genre, a déjà lu tous ceux que je projette d'emprunter et possède une véritable fortune en livres "Star Wars").
Je précise ici que la science-fiction en se limite pas aux histoires dans l'espace, ce sont souvent des romans d'anticipation, des fables philosophiques.

Partie emprunter "Chroniques martiennes" que je n'ai pas trouvé, je me suis rabattue sur "Fahrenheit 451". Il me semblait avoir vu le film quand j'étais gamine, mais il ne m'avait pas laissé un grand souvenir. J'ai hésité avant de prendre le livre mais finalement, puisqu'il ne fait que 213 pages, je me suis laissée tenter.

Et je suis convaincue que ce livre, si ce n'est pas déjà le cas, devrait absolument être mis au programme en français, collège ou lycée. Il y a tout dans ce roman : poésie et beauté de la langue, de l'écriture, philosophie, importance de l'histoire. Un vrai petit bijou. Court roman, mais dense en idées.
Je recommande également de ne pas sauter la préface signée Jacques Chambon. En guise de commentaires pour ce roman, j'ai pensé la recopier ici car tout y est dit (sans rien révéler - ou presque - de l'histoire).
Ce qui est effrayant, c'est que sur certains aspects, notre société actuelle se rapproche de cette époque futuriste imaginée par Ray Bradbury... en 1953. En une version exacerbée certes, et j'espère pas comme une caricature (car toute caricature se forme sur la réalité) mais faisons tout pour ne jamais arriver à cette extrémité.

Une lecture salutaire !
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jeudi 3 novembre 2011

"Bones"... ou presque


4 de couv' :

2001, Chupan Ya, petit village isolé du Guatemala. Tempe Brennan exhume les squelettes de femmes et d'enfants massacrés par l'armée vingt ans plus tôt. Quand une anthropologue de son équipe est l'objet d'une tentative de meurtre.
Tempe n'a pas le temps de réagir : le corps d'une jeune fille a été retrouvé dans une fosse sceptique de la capitale et on l'appelle à la rescousse. Et trois autres jeunes filles sont portées disparues...
Y a-t-il un lien entre ces meurtres ? Que veut ce médecin légiste qui tente de l'écarter de l'enquête ? Pourquoi ce journaliste si bien informé sur le massacre de Chupan Ya se retrouve-t-il toujours sur son chemin ?
Les pistes se multiplient. Tempe Brennan est sur tous les fronts...





4 de couv' :

Le squelette d'une jeune fille est découvert en Acadie - une région du Canada profondément marquée par son passé français et une histoire douloureuse... Lorsque les ossements arrivent à Montréal, dans le laboratoire de la très professionnelle et néanmoins très séduisante anthropologue judiciaire Tempe Brennan, celle-ci ne peut s'empêcher de laisser affluer les souvenirs : sa meilleure amie d'enfance, Evangéline, était acadienne. Et elle avait disparu mystérieusement un jour d'été, trente ans plus tôt , à l'âge de quatorze ans...
Plus l'enquête avance et plus la correspondance est troublante... La jeune morte et Evangéline sont-elles une seule et même personne ? Tempe décide d'en avoir le coeur net. Elle quitte Montréal et part sur les traces de l'amie disparue.



Une fois n'est pas coutume, voici deux livres de la même auteure pour le prix d'un (pas élevé, le prix, je les ai empruntés à la bibliothèque).

Soyons honnêtes, je n'avais pas vraiment entendu parler de cette auteure avant de voir le feuilleton "Bones" qui m'a poussée, par curiosité, à emprunter ces livres.
Je rappelle que Kathy Reichs, dans ses romans, a créé le personnage de Temperance Brennan. Dans la série, Temperance écrit des policiers dont l'héroïne se nomme... Kathy Reichs.

En tous cas, je ne regrette pas ma curiosité car cela s'est traduit par une bonne surprise.

Comparaison avec le feuilleton : c'est le jeu des 7 erreurs. Vous savez, ce jeu où on a deux images ou dessins similaires mais dont on doit retrouver les différences. Et bien ici, c'est pareil : même postulat de départ (une anthropologue judiciaire mène l'enquête), mais de considérable différences.
Dans le feuilleton, Tempe est américaine, dans les romans elle est canadienne. L'équipe du feuilleton n'existe pas dans le roman, dans le feuilleton, elle peut paraître assez froide et insensible, dans les romans elle est profondément humaine (on le voit dès les premières pages de chaque roman décrits ci-dessus, c'est en grande partie ce qui m'a plu). Célibataire, trentenaire, sans enfant et un frère à la télé, elle est quadragénaire, séparée de son mari, a une soeur et une fille étudiante dans sa vie de papier.
Etc., etc.
Cela dit, dans la version télé comme dans la version papier, elle et Ryan (Booth) n'arrêtent pas de se tourner autour et je n'en dirai pas plus.

Ce sont donc bien deux "séries" différentes, ce qui m'a bien plu.

Sur ces polars en eux-mêmes, ils sont bien construits, on évite les poncifs et les clichés, ils tiennent la route dans le développement et dans le dénouement. Le seul reproche à la rigueur est qu'il y a un peu plus de dialogues que dans la plupart des polars que j'affectionne, mais ce n'est guère gênant.
Cela étant, ça a été pour moi ce week-end de bons moments de lecture, j'ai hâte d'en lire d'autres.
Qui plus est, j'ai découvert le Canada, que j'admets connaître fort peu.

Par contre, j'ai eu le même problème que lorsque je regarde le feuilleton : la manie de tomber sur les pires scènes au moment de manger. Souvent, on dîne en regardant "Bones". Et de tomber sur une scène de cadavres en gros plan, grouillant de vers. Beurk. Mais un "beurk" qui dure le temps de voir l'image sur l'écran, c'est peu et vous vous remettez vite.
Mais quand vous prenez votre petit déjeuner (au hasard, moi, dimanche matin) en tombant sur dix pages de description de recherche d'un cadavre, morceau par morceau, étape par étape, dans une fosse septique...
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