vendredi 14 décembre 2018

Une tâche sur l'éternité

4 de couv' :
Dave Robichaux connaît la famille Sonnier depuis toujours. Il est allé à l'école avec Weldon, a servi au Viêt-Nam avec Lyle et a même été l'amant de Drew. Aujourd'hui Weldon est marié et vit de ses puits de pétrole, Lyle est devenu prédicateur. Quant à Drew, elle a fondé une section d'Amnesty International et trompe sa solitude avec des amants de passage.
Un jour, la maison de Weldon est mise à sac par deux tueurs de la mafia de la Nouvelle-Orléans et on retrouve Drew clouée par une main dans son arrière-cour. Dave a le sentiment que les Sonnier sont marqués par un passé maudit, mais il est déterminé à l'exorciser avant qu'il ne prenne l'avenir en otage.


Passons sur le fait que j'ai une adoration totale de l'écriture de cet auteur, de ses descriptions sublimes des paysages et des odeurs, que ses livres font pour moi partie des polars noirs par excellence, etc.

Celui-ci se laisse lire tranquillement, et s'il n'est pas mon préféré de la série, j'ai assez apprécié l'ambiance et l'intrigue qui, si on ne voit pas bien vers quoi elle tend pendant une bonne partie du roman, se recoupe très bien vers la fin (comme tout bon polar me direz-vous).

Les portraits de chaque membre de la famille Sonnier sont assez poussés dans leurs défauts et leurs faiblesses, mais pas trop, juste ce qu'il faut pour rester crédibles. Il me font par moment penser à certains personnages de la série télé "Justified", dont je suis fan (encore que les personnages de cette série soient souvent exacerbés).

Bref, une fois de plus, un très bon James Lee Burke.
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vendredi 28 septembre 2018

On a volé la Belle Etoile !

4 de couv' :
Camaret-sur-Mer.
Un petit port tranquille à l'entrée de la rade de Brest. Mary Lester, pour échapper à la pression des média, s'y réfugie pendant sa convalescence, suite à l'affaire de Saint-Malo. Elle y trouve une population choquée : par deux fois, on a tenté de voler la Belle Etoile, le langoustier emblématique de leur port, reconstruit à l'identique. Pour ces forfaits, un homme a été arrêté, jugé et condamné après avoir prétendu, contre toute vraisemblance, avoir agi seul. Puis, voilà qu'inexplicablement, le bateau est jeté à la côte au cours d'une tempête.
Convalescence ou pas, Mary ne peut rester insensible au désarroi des Camaretois. Découvrira-t-elle pourquoi on a volé la Belle Etoile ?

Polar sympathique, malgré quelques maladresses, dont l'enquête a l'originalité de démarrer "après la bataille" puisque la condamnation du supposé coupable a été prononcée depuis longtemps (et la peine de prison, déjà purgée). Elle ne redémarre donc qu'à la seule initiative de Mary Lester qui ne peut visiblement rester insensible au moindre petit mystère passant à portée de ses petites cellules grises.

Une enquête bien menée, juste ce qu'il faut de suspens, pas trop d'action et pas le moindre meurtre. Mary Lester est vacances, nous avons donc droit à une superbe carte postale de Camaret et ses environs, avec des habitants bien sympathiques quoique parfois un peu trop caricaturaux ce qui a dû ravir tout lecteur parisien de base.

Mais globalement, un bel hommage à cette partie du département.
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mercredi 26 septembre 2018

Demain les chats

4 de couv' :
Pour nous, une seule histoire existait :
celle de l'humanité.
Mais il y eut LA rencontre.
Et eux, les chats, ont changé à jamais notre destinée.


Gaga des chats comme je suis, je ne pouvais que m'arrêter sur ce roman. Comme tout roman concernant les chats (d'où la création d'une nouvelle rubrique ici : "ailurophilie").

Si l'histoire n'est pas déplaisante à lire, elle ne m'a pas passionnée réellement. Elle se passe sur fond de guerre civile plus ou moins religieuse et repose sur l'idée que le salut de l'humanité va dépendre d'un chat dont l'intelligence repose sur une puce implantée dans son cerveau, qui le transforme en wikipédia et gps sur pattes, ce qui m'a semblé être une grosse facilité de l'auteur pour arriver au dénouement.
Qui plus est, à part au début, l'attitude des personnages de chat sont bien trop proches du comportement humain par moment, et dans les histoires dont les personnages principaux sont des animaux, je ne tolère l'anthropomorphisme qu'à une certaine dose.

Sinon, lecture d'été assez plaisante, on se laisse porter par l'histoire, mais petite déception quand même.
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dimanche 23 septembre 2018

Traité sur la tolérance

4 de couv' :
Convaincu de l'innocence de Calas exécuté en 1762, Voltaire met sa plume au service de la justice pour demander sa réhabilitation. Le négociant huguenot était accusé du meurtre de son fils qui voulait se convertir au catholicisme.
Avec une ironie mordante et un style inimitable, l'écrivain plaide pour le respect des croyances et l'esprit de tolérance.


Je n'ai jamais caché mon antipathie envers la philosophie, due au fait que cette une matière est enseignée bien trop tardivement dans le cursus scolaire, ce qui est le comble pour le pays des Lumières (selon moi il faudrait au moins une heure d'initiation par semaine au collège et deux heures en seconde et première avant d'aborder les choses vraiment sérieusement en terminale).

Cela étant, je ne désespère pas de trouver les ou les ouvrage(s) qui pourraient me réconcilier avec cette discipline et je m'obstine à tenter le coup parfois.

Et voici comment ce petit livre (écrit très très petit il est vrai) a atterri entre mes mains. Vu l'épaisseur du volume et vu que l'auteur est Voltaire et donc a priori plus abordable pour moi, je me suis laissée tentée.

Ben échec à nouveau.

Ce n'est pas dû à Voltaire ou son écriture, mais son argumentation repose sur une foultitude d'exemples et de références qui, si elles étaient bien connues des lecteurs de son époque, ne le sont pas forcément de ceux d'aujourd'hui, et de moi encore moins, mais qu'importe, jusqu'à un peu plus de la moitié du recueil, je les assimilai assez aisément sans que cela ne lèse ma progression de lecture et de suivi dans son raisonnement.
J'ai craqué en plein milieu d'un chapitre truffé de références bibliques totalement inconnues de moi, que je n'arrivais plus à assimiler et m'ont fait perdre le fil du discours. Avec cette grosse frustration d'avoir échoué une fois de plus dans la lecture d'un ouvrage philosophique en principe plutôt abordable et donc l'impression d'être quasi inculte.
J'exagère un peu, mais au moment de lâcher ce livre, ma frustration a nourri un superbe agacement aux confin de la colère. Contre moi-même. Et le fait que le cursus scolaire laisse si peu de place à cette matière.

C'est donc plus mes quelques lacunes de culture générale dans cette discipline qui sont la cause de ma défection que l'ouvrage en lui-même.
Avant d'écrire ce mot, j'ai feuilleté l'ouvrage à partir de l'endroit où j'ai laissé tomber, certains passages m'ont interpelée, j'y reviendrai donc certainement et referai un autre "petit mot de billet" un peu plus tard.

Mais en me basant sur la partie que j'ai lue, je le recommande cependant.
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samedi 18 août 2018

Voyage avec Charley

4 de couv' :
En 1960, deux ans avant de recevoir le prix Nobel de littérature, John Steinbeck entreprend, au volant de son mobile home, un voyage de onze semaines à travers l'Amérique, avec pour seul compagnon son chien Charley.
De la Pennsylvanie aux forêts du Maine, du Montana à la côte pacifique, le regard qu'il porte sur son pays est désenchanté, et c'est son désarroi, face à la montée de l'indifférence et au racisme endémique, qui s'exprime dans ces pages. Un récit de voyage qui sonne comme une cérémonie des adieux.

Au préalable, sur la photo de couverture : drôlement sympa, dynamique, mais correspond pas du tout au John Steinbeck de ce récit (alors âgé de 58 ans) ni à son chien (un caniche bleu).

Ce sera ici le seul défaut de ce livre, c'est dire s'il m'a plu.

En plus d'être un agréable compagnon de voyage/lecture, John Steinbeck ne manque ni de lucidité, ni d'humour et d'auto-dérision. L'Amérique de 1960 décrite ici amorce celle de maintenant, avec tout son plastique, ses distributeurs qui remplace le vrai, l'authentique, l'humain.
J'ai beaucoup aimé certaines de ses réflexions, très actuelles (hélas, surtout son interrogation sur la multiplicité d'emballage et les déchets induits) et que l'on peut transposer sur nos sociétés occidentales contemporaines. Oui, même à presque 60 ans d'écart.

Les différentes rencontres lors de son trajet sont chacune de vrais petits bijoux dans les descriptions et  dans les liens (éphémères, certes) tissés.

Sur le racisme du sud, point besoin de commentaires de sa part, les quelques anecdotes et les faits en eux-mêmes étant suffisamment violents (dans les mots) pour pouvoir s'en passer. La scène des "Cheerleaders" insultant une petite fille noire allant à une école de blancs (puis d'un père emmenant son fils, tous deux blancs, à cette même école) est incroyablement éloquente dans sa violence, sa médiocrité, sa grossièreté et sa laideur.
Mais je soupçonne Steinbeck, choqué par cette scène, d'avoir pris plaisir dans la description de "Nellie", la Cheerleader vedette dont on ne sait plus si chez elle prime la laideur physique ou la laideur morale. A peu près équivalent, je suppose. Sans compter la foule, à peine une imitation d'une meute de chiens enragés.

Au global, j'ai beaucoup apprécié cette lecture et la recommande chaudement !
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vendredi 17 août 2018

La peste écarlate

4 de couv' :
Un ancien professeur d'université erre en compagnie de ses petits-enfants, revêtus de peaux de bêtes, dans un paysage désolé. Celui de la baie de San Francisco, ravagée soixante ans auparavant par un terrible fléau. Nous sommes en 2013. Quelques hordes subsistent, et de rares survivants tentent de raconter le onde d'avant à des enfants qui ne savent même pas compter. La seule issue est de reprendre depuis les commencements la marche vers la civilisation perdue.

Je dois avouer que je suis un peu embêtée de donner un avis sur cette nouvelle, que je n'ai ni aimée ni détestée.
Elle a cependant ceci de particulier d'être une histoire post-apocalyptique écrite en 1912 et donc à une époque où ce genre d'histoires en était à ses premiers balbutiements (et encore...) autant dire donc que Jack London était un précurseur en la matière.

Pourtant, en réfléchissant bien, il y aurait beaucoup à dire sur cette nouvelle, dont l'histoire est en fait le récit, par un vieillard, de la façon dont la peste écarlate s'est propagée à travers le monde et a éradiquée la quasi-totalité de l'espèce humaine. Il est ici aussi beaucoup question de la nature humaine, de ce que pourrait être notre réaction face à un tel fléau. Car ne nous leurrons pas, selon Jack London, notre premier réflexe ne serait pas la solidarité, elle arriverait après la peur et les pillages (et quand on voit, encore de nos jours,  certaines scènes de pillage, parfois, après des ouragans ou des tremblements de terre, a-t-il vraiment tort ?).
La nature humaine, toujours, après ce désastre, et ce qu'il en est parmi les survivants quand des sociétés entières et leurs systèmes de valeur ont été éradiquées, laissant place à de nouveaux rapports de force.
Et la nature humaine, encore, à travers ces jeunes sauvageons que sont devenus les petits-enfants du narrateur.

C'est donc une intéressante interrogation sur ce sujet que l'on retrouve ici, via l'imagination de l'auteur.

Par contre, dans l'édition que j'ai achetée se trouve une lecture (ou postface) de Michel Tournier écrite en 1993 (donc 20 ans avant les évènements décrits par Jack London) que j'ai trouvée absolument inutile et imbuvable. Il part de l'idée décrite dans cette nouvelle qui est de l'Histoire, éternel recommencement, en s'appuyant un peu trop lourdement sur la bible (Ancien et Nouveau Testament). Je dois avouer que même si on prend en considération le fait que j'ai fini par sauter certains passages (je ne sais même plus si je l'ai lue jusqu'au bout), cette lecture n'apporte rien à cette nouvelle.
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lundi 13 août 2018

La servante écarlate

4 de couv' :
Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d'esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, "servante écarlate" parmi d'autres, à qui l'on a ôté jusqu'à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l'austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler... En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

Je n'ai pas été complètement emballée par ce roman pendant la lecture, mais je dois reconnaître que depuis deux semaines que je l'ai lu, il m'est arrivé régulièrement d'y repenser et d'y réfléchir, preuve s'il en est qu'il m'a beaucoup plus marquée que je ne le pensais (en plus, mon homme a lu dans le même temps "Newland" de Stéphanie Janicot, autant dire que sur le chemin du retour dimanche dernier nous avons eu une conversation des plus intéressantes !).

Il s'agit donc d'une dictature, pire, d'une dictature religieuse comme on ne souhaite pas en avoir. La religion n'étant comme tout toujours (et ici, entre autres sujets), que le prétexte pour établir cette dictature, poussant son paroxysme jusqu'au grotesque tant les rites créés sont absurdes (ceci étant bien une critique de ce pouvoir en place, pas du roman).

Le personnage de Defred est intéressant dans la mesure où elle a connu l'avant-dictature et nous le fait partager petit à petit, nous narre sa vie quotidienne à un moment où ce nouvel Etat vient de poser ses bases, déjà bien implantées, et où elle s'interroge sur l'avenir.
Il n'y a rien d'incomplet dans ce roman. Bien que la guerre contre les rebelles ne soit finalement qu'évoquée (qui sont-ils, comment sont-ils organisés, que veulent-ils réellement au final, etc.,) il est vrai que cela n'est pas le plus important ici. Et ce qui pourrait sembler un manque d'information se justifie admirablement par la vie cloisonnée et étriquée de Defred.

Je dois avouer que je n'ai pas fini de "décanter" ce roman, qui me revient par bribes, ce qui est une bonne surprise étant donné le peu d'enthousiasme ressenti lors de sa lecture.
A relire.
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dimanche 12 août 2018

La route étroite vers le Nord lointain

4 de couv' :
En 1941, Dorrigo Evans, jeune officier médecin, vient à peine de tomber amoureux lorsque la guerre s'embrase et le précipite en Orient puis dans l'enfer d'un camp de travail japonais où les captifs sont affectés à la construction d'une ligne de chemin de fer en pleine jungle, entre le Siam et la Birmanie. Maltraités par les gardes, affamés, exténués, malades, les prisonniers se raccrochent à ce qu'ils peuvent pour survivre - la camaraderie, l'humour, les souvenirs du pays. Au coeur de ces ténèbres, c'est l'espoir de retrouver Amy, l'épouse de son oncle avec laquelle il vivait une bouleversante passion avant de partir au front, qui permet à Dorrigo de subsister.
Cinquante ans plus tard, sollicité pour écrire la préface d'un ouvrage commémoratif, le vieil homme devenu après guerre un héros national convoque les spectres du passé.
Roman d'une rare intensité poétique sur l'absurdité de la condition humaine, La Route étroite vers le Nord lointain est aussi un cri contre la précarité de la mémoire et l'inacceptable victoire de l'oubli.

Ce roman va longtemps me rester en tête, c'est en tout cas pour le moment mon préféré de l'année.

Pourtant, le démarrage fut difficile en raison des nombreux retours en arrière entre les passés et le présent, les souvenirs du narrateur allant d'un personnage à l'autre, qui complique la mise en place de l'histoire pour le lecteur. Du moins pour moi. Mais ce n'est que le début et si on veut bien se donner la peine de passer outre la confusion et la perplexité induites, l'histoire devient vite plus fluide et chronologique et on se laisse porter par l'histoire. Ou plutôt les histoires. Et l'Histoire.

Si j'ai particulièrement bien aimé l'histoire d'amour, je dois reconnaître que c'est la reconstitution de la vie quotidienne des prisonniers de guerre australiens dans le camp de travail japonais - qui prend d'ailleurs la plus grande part du roman - qui m'a davantage plue. D'autant plus que l'auteur ne s'est pas contenté de décrire ce quotidien, il a aussi évoqués de superbes portraits de certains prisonniers et ceux de leurs bourreaux. Tous englués, à des degrés divers, dans l'absurdité d'une idéologie et d'un respect de la hiérarchie jusqu'à l'extrême.
L'après-guerre de chacun aussi est évoquée et comment ils ont y sont survécu, ou pas, avec une perle d'humour et d'humanité qu'est la scène du restaurant.

Un beau roman, vraiment. Et un bel hommage à tous les soldats.
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samedi 11 août 2018

Retour de vacances

Je reviens de vacances cet après-midi (ne me souhaitez pas bon courage pour la reprise, non seulement je vais déprimer, mais en plus ce serait par anticipation car j'ai encore deux semaines de vacances devant moi) et après consultation des statistiques de ce blog, quelle ne fut pas ma surprise de voir que pour cette seule journée, il a été consulté 149 fois... Du Brésil.

Donc cher(s) lecteur(s) ou chère(s) lectrice(s) de ce pays qui est pour moi une destination de rêve depuis que j'ai vu il y a un an une émission de télévision à ce sujet, n'hésite(z) à te (vous) manifester.

Voilà, voilà. Et avec un peu de chance, j'arriverai peut-être à me faire inviter.
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lundi 30 juillet 2018

Sur les chemins noirs

4 de couv' :
Il m'aura fallu courir le monde et tomber d'un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j'ignorais les replis, d'un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides.
La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pied sur mes chemins noirs.
Là, personne ne vous indique ni comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre.


Je ne connaissais de Sylvain Tesson que ses interventions dans la Grande Librairie (émission dont je suis fan, ça ne vous étonnera pas). Mon intérêt pour les récits est assez récent, je ne connaissais donc absolument rien de lui jusque là. Son parcours assez atypique m'a donné envie de découvrir ses livres. J'ai donc aussi acheté dernièrement "Bérézina" et "Dans les forêts de Sibérie". J'ai aussi lancé sur Recyclivre une alerte pour "l'axe du loup". Ce sont ceux qui m'intéressent le plus pour le moment, c'est déjà un bon début.

Après son très grave accident et sa relativement longue convalescence, Sylvain Tesson s'était imaginé durant celle-ci cette marche à travers la France (merci pour les cartes en début de livre !) en guise de thérapie. Physique et morale.

Nous le suivons donc à travers les paysages ruraux, transformés, pas en bien au fil des décennies et des décisions ministérielles qui ont provoqué, entre autres, désertification et chamboulement des pratiques. On n'est pas dans le "c'était mieux avant", mais plutôt dans l'idée que le résultat actuel n'est pas toujours bon, et qu'il serait temps d'arrêter l'escalade (et là je me rend compte de la pauvreté de cette phrase, mais si vous voulez mieux, lisez-le). Je partage largement son opinion sur la société actuelle.

Mais ce n'est pas ici un constat pessimiste. Son sens de l'humour, une bonne dose d'auto-dérision (car s'il peut être critique sur les autres, il sait l'être aussi sur lui-même), sa pugnacité, sa capacité à se réjouir de ce qui l'entoure et de ceux qui l'accompagnent sur certaines portions du trajet, et surtout la langue utilisée, allègent grandement ce qui aurait pu n'être qu'un triste état des lieux.

Une intéressante lecture, qui donne à réfléchir.

Et pour en savoir plus, voici un petit bonus (de 47 minutes, quand même).
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