dimanche 8 février 2026

Un voyage au Japon

4 de couv' :
Il a parcouru déjà de nombreux pays d'Europe, seul, sur son vélo. Mais, en ce mois de février 2007, Antoine Piazza part plus loin que jamais : à l'extrême bout du monde, dans un pays dont il ne connaît pas la langue. pour découvrir le Japon, il a choisi de sillonner Shikoku, la plus petite des grandes îles de l'archipel nippon, sauvage et montagneuse, à l'hiver plus clément que ses voisines.
Son récit de voyage est une ode à la lenteur et aux heureux hasards, à l'attention au monde et aux autres, composée dans une langue harmonieuse et ample, à l'image des sublimes paysages encadrant cette aventure intérieure.


Je suis très mitigée sur ce livre. Autant l'écriture m'a beaucoup plus, autant ce récit de voyage ne m'a guère enthousiasmée. 

Pour commencer, il n'explique pas pourquoi - ou alors je suis passée à côté -  il choisit de voyager au Japon, qui plus est en plein hiver. Il n'y a pas de carte de son périple non plus, ce qui est relativement frustrant (mais ça c'est peut-être un choix de l'éditeur, on ne sait pas).
J'ai apprécié cependant le lexique en fin d'ouvrage.

L'auteur s'est astreint à faire son voyage à vélo. Si cette idée et les aspects techniques m'ont plu, j'ai eu tout le long de la lecture l'impression que de ce simple fait, il n'a pas apprécié ce voyage. Ce que j'en ai retenu est la fatigue, la douleur, et tout le négatif du trajet : beaucoup de description de paysages urbain. S'il dit par moment qu'il a apprécié tel ou tel paysage, il le décrit à peine, voire pas du tout. J'ai eu l'impression, au risque de me répéter qu'il n'a retenu de son périple que les aspects négatifs.

Il digresse par moment - ce que j'apprécie particulièrement dans les récits - souvent pour partager par comparaison ce voyage avec ceux fait les mois voire les années précédentes. Etrangement, ce sont les passages que j'ai le plus appréciés. J'ai mieux aimé ses anecdotes sur l'Ecosse, les Pyrénées et la Finlande, que celles sur le Japon, pourtant le sujet de ce livre. Et je n'ai pas vraiment appris grand chose sur le Japon. Il a traversé (parfois péniblement) l'île de Shikoku à vélo, point.

Je suis donc un peu déçue de ce livre, car le Japon est un pays qui m'intéresse depuis longtemps pour des raisons personnelles (amicales et familiales) et j'avais hâte de le découvrir à travers les yeux d'un occidental le parcourant à vélo. Tant pis.
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samedi 31 janvier 2026

3 jours et 2 nuits avec un chat

4 de couv' :
A ceux qui s'interrogent sur le secret qui dort dans leurs yeux, certains poètes prétendent que les chats ont la clé de nos soucis et de nos peines. Ceux-là le savent qui choisissent de louer les faveurs d'un chat pour seulement trois jours et deux nuits dans cette animalerie de Tokyo.
Les chats ne se séparent jamais de leur couverture à laquelle ils sont habitués dès l'enfance et qui leur permet de se sentir partout chez eux. De toutes races et tous poils, on les appelle les Blanket Cats et ce sont des félins exceptionnels.
Le chat de location est un être de passage et n'a pas de maître. Invité imprévisible dans les foyers qui l'accueillent, il devient le médiateur silencieux des émotions humaines, ange gardien ou chat réconciliateur avec les autres ainsi qu'avec soi-même. Car les chats prennent leurs missions très à coeur et savent lire en nous comme dans un livre ouvert.


Inutile de lire que la couverture de ce livre m'a tout de suite tapée dans l'oeil, l'image correspond exactement à ce que je suis et mon quotidien. Ajoutez à cela que nous sommes dans ma famille des mamies à chats (oui, des deux côtés, c'est dire si mon cas est désespéré : on ne peux rien contre la génétique). Et que je suis autant irrémédiablement attirée par les livres avec des chats que sur les livres/librairies/bibliothèques/marque-page, etc.
Enfin, je râlais récemment parce que beaucoup de livres montrent un chat en couverture, alors qu'on n'en voie pas l'ombre d'un se faufiler dans l'histoire. Là au moins j'étais sûre d'en trouver...

Si le fil conducteur de ce livre est une animalerie où on peut louer un chat pour trois jours et deux nuits, il s'agit de nouvelles : on suit à chaque fois un chat et surtout la famille ou la personne chez qui il arrive.

Chaque histoire est radicalement différente des autres, ce que j'ai apprécié particulièrement, et renvoie à l'être humain et ses tourments ou travers. Dans chaque histoire, le chat sert de catalyseur à ceux qui l'ont loué pour leur révéler ce qu'ils ne s'avouaient pas, ne voyaient pas, n'admettaient pas qui allait de travers dans leur vie. Et les replace sur les bons rails.
Une histoire se démarque des autres, qui est aussi ma préférée, où on est dans la tête d'un des chats : "Le chat qui voyageait".
Une autre fait un peu écho à la mini-série "Adolescence" (que j'ai regardée hier, c'est après coup seulement que je me suis rendue compte de la similitude des deux histoires, même si elles partent dans des directions très différentes) : "Le chat qui n'avait pas de queue".

Je ne résiste pas à l'envie de vous donner les titres des chapitres :
Le chat qui ne supportait pas le pollen
Le chat qui était assis sur le siège passager
Le chat qui n'avait pas de queue
Le chat qui en remplaçait un autre
Le chat de celui que personne n'aimait
Le chat qui voyageait
Le chat qui réalisait un rêve

Un bon moment de lecture, qui remue un peu par moments.
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vendredi 30 janvier 2026

Le ciel de Tokyo

4 de couv' :
Au coeur de Tokyo, la Gaijin House : une pension bohème réservée aux étrangers. Voyageurs, expatriés et paumés s'y rencontrent au hasard de leurs  pérégrinations, paarfois d'un accident de parcours. Il y a là Camille, jeune épouse en fuite qui ignore tout d'elle-même, Flavio, l'érudit solitaire, Lénine qui s'invente des vies. Ensemble, ils tissent les fils d'une existence commune, oscillant entre le désir de s'ancrer et la peur de l'avenir.
Portée par une écriture magnétique, Émilie Desvaux explore un Japon hors des sentiers battus.

C'est par hasard, et parce que la couverture du livre m'a tapée dans l'oeil, que j'ai acheté ce livre - après avoir lu le résumé bien sûr. 

Pour être honnête, je ne savais pas à quoi m'attendre. Ne connaissant pas l'autrice, j'ai fait une petite recherche Internet : ce livre est son troisième roman. En regardant les résumé des deux précédents, j'ai eu l'impression qu'elle décrit plutôt des univers assez sombres, pesants.

De fait, l'ambiance générale de ce roman est un peu triste, légèrement pesante. Les personnages principaux se retrouvent dans cette pension car ils n'ont guère évolué dans leurs vies et sont en décalage avec leur entourage, le reste du monde. Ils n'entrent dans aucune case, et cette pension, aussi vétuste soit-elle, est le dernier refuge qu'il pouvait trouver comme une suite logique de leur errance.

J'ai bien conscience que décrit ainsi, ce livre ne paraît guère glamour, mais il est formidablement servi par une écriture magnifique, ciselé au mot prêt, pas un qui n'est été bien pensé, qui ne soit à sa place.
Si les personnages se laissent plus ou moins porter par les évènements ou leurs errances, le lecteur lui se laisse avec bonheur porter par cette belle écriture.
Rien que par elle on ressent l'aspect poisseux de la pension, de l'ambiance, des sentiments des personnages, sans que cela soit lourd ni désagréable pour le lecteur.
Chaque détail de l'histoire est à sa place, bien pensé.

Lieu de passage, la pension est elle-même un personnage central du roman et à sa manière sert de catalyseur aux personnages humains de l'histoire. Un point de chute, d'où remonter la pente d'une manière ou d'une autre. Une bulle (poisseuse, j'insiste) où décider de refaire - ou pas - sa vie. 

Cela faisait longtemps que je n'avais pas découvert un tel talent. Merci le hasard (et ma librairie de l'avoir mis en valeur sur ses rayons).
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mardi 27 janvier 2026

Little Rock 1957

4 de couv' :
4 septembre 1957, Little Rock, Arkansas :  rentrée des classes sous le signe de la fin de la ségrégation scolaire. Les neuf enfants noirs inscrits au lycée jusque-là réservé aux seuls Blancs sont encerclés par une foule hystérique. La photographie de l'une des Neuf, Elizabeth Eckford, 15 ans, huée et insultée, fait la une des journaux le lendemain. L'Amérique est bouleversée. Le combat pour l'intégration ne fait que commencer, déclenchant une guerre politique qui va ébranler les États-Unis. Les neuf de Little Rock entrent dans l'Histoire en payant le prix fort. Thomas Snégaroff signe un récit captivant et émouvant qui brosse un portrait de l'Amérique d'hier et d'aujourd'hui.

J'ai choisi ce livre car le sujet m'intéressait, et en voyant la couverture, cela m'a rappelé la fin de "Voyage avec Charley", où John Steinbeck, à la toute fin de son périple, et donc de son livre, décrit une scène similaire, 3 ans plus tard, dans une autre ville.
Le fait que l'auteur soit Thomas Snégaroff, dont j'apprécie les interventions dans différentes émissions, et celle qu'il anime, m'a aussi donnée envie de me plonger dans ce livre.

On entend souvent parler de cette partie de l'histoire des États-Unis. Pour ma part je considérais cet évènement comme un moment emblématique de ce pays, celui où la ségrégation commençait enfin à disparaître.
J'avais autant tort que raison.
Emblématique, oui, ça l'est. Mais j'avais largement sous-estimé son impact au niveau local, national, et dans une moindre mesure, international.

Et surtout largement sous-estimé la suite de cette rentrée scolaire pour les Neuf. Je croyais naïvement qu'ils avaient fait leur scolarité certes pas accueillis à bras ouverts, mais tout au plus dans une ambiance hostile, de défiance, de mépris, et dans le meilleurs des cas ignorés.

Mépris, hostilité, mais hélas pas ignorés. Influencés par leurs parents, les autres élèves (pas la majorité mais quand même...) n'ont eu de cesse de les harceler tout au long de l'année scolaire : insultes, crachats, agressions (comment des gamins de 14 ans peuvent-ils avoir l'idée de jeter de l'acide aux yeux d'un autre gamin ?). La photo de couverture est elle-même emblématique de ce jour de rentrée, l'auteur y reviendra régulièrement tout au long du livre.
Les adultes, y compris et à commencer par les politiques ne sont guère mieux, ils attisent leurs propres craintes et haines.
Ils n'en sortent pas grandis et sont jusqu'au boutistes au point d'être pour eux-mêmes et leurs enfants totalement nuisibles et contre-productifs. Médiocres jusqu'à la fin.

Ce livre, parfaitement construit, a également le mérite de nous éclairer d'autant plus que l'auteur le poncture, en les vulgarisant, de connaissances historiques et juridiques. Ceci, sans jamais alourdir le texte.
Mais il n'est guère optimiste et bien que les faits remontent à 1957, il éclaire les États-Unis d'aujourd'hui. Hélas.
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dimanche 18 janvier 2026

L'ami retrouvé

4 de couv' :
Agé de seize ans, Hans Schwartz, fils unique d'un médecin juif, fréquente le lycée le plus renommé de Stuttgart. Il est encore seul et sans ami véritable lorsque l'arrivée dans sa classe d'un garçon d'une famille protestante d'illustre ascendance lui permet de réaliser son exigeant idéal de l'amitié, tel que le lui fait concevoir l'exaltation romantique qui est souvent le propre de l'adolescence.
C'est en 1932 qu'a lieu cette rencontre, qui sera de courte durée,  les troubles déclenchés par la venue de Hitler ayant fini par gagner la paisible ville de Stuttgart. Les parents de Hans, qui soupçonnent les vexations que subit le jeune homme au lycée, décident de l'envoyer en Amérique, où il fera sa carrière et s'efforcera de rayer de sa vie et d'oublier l'enfer de son passé. Ce passé qui se rappellera un jour à lui de façon tragique.


J'ai adoré ce livre dont la délicatesse et la justesse d'écriture n'est pas sans rappeler celle de Stefan Zweig, d'autant que les personnages évoluent dans le même milieu social.

Cette forte amitié, rempart contre les vents mauvais, ébranlée par la montée du nazisme, n'est cependant par abattue. Et si les circonstances font que les deux amis se trouvent séparés, il n'y a pas vraiment de rupture amicale au moment du départ de Hans.

Comme souvent dans les courts romans, beaucoup est dit en peu de mots. Nous avons ici une oeuvre littéraire qui m'a donné envie de la reprendre intégralement pour en faire une analyse complète.

Et ce n'est qu'à la toute fin que le titre, et cette amitié, prennent tout leur sens et leur ampleur. Deux lignes qui vous touchent au coeur.

Magistral.
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vendredi 16 janvier 2026

Clamser à Tataouine

4 de couv' :
"La discutable dextérité dont j'ai fait montre pour me dépatouiller de mon existence laisse à penser que je suis tout sauf un exemple à suivre".
C'est le moins qu'on puisse dire. Le narrateur est un jeune marginal qui n'a jamais cherché à s'intégrer. Ce qui ne l'empêche pas de trouver plus commode de rejeter l'entière responsabilité de son ratage sur la société. Et il comte bien, "en joyeux sociopathe", lui faire salement payer l'addition de sa défaite. Son plan ? S'immiscer dans toutes les classes sociales pour dénicher chaque fois une figure représentative de cette société détestée. Et la tuer. En écrivant le roman de ce psychopathe diaboliquement pervers, provocateur et goauilleur, l'auteur entraîne le lecteur dans une épopée macabre mâtinée d'un humour noir très grinçant.
Avec un style aussi électrique qu'inventif, Rapahaël Quenard dissèque le cerveau malade d'un monstre moderne et met en scène toute la galerie de personnages qui l'entourent.


Je dois avouer que j'ai emprunté ce livre à la bibliothèque après avoir vu l'auteur à La Grande Librairie il y a quelques mois (et cette semaine aussi, mais pour la lecture d'un passage d'un des romans présentés). Je ne suis guère (pour en pas dire de moins en moins) cinéphile, je ne connais donc pas du tout (ou à peine) sa carrière de comédien.
Sa gouaille, sa bonne humeur, son énergie, sa solarité m'a tout de suite donné envie de découvrir son livre.
Je l'ai donc très vite réservée après l'émission et comme on peut s'en douter, je n'étais pas la seule? Ce n'est donc qu'en janvier que j'ai pu récupérer ce roman.

Je l'ai entamé en évitant de trop en attendre, ou pour mieux dire, en prenant en compte l'effet médiatique à sa sortie, l'excellente impression qua m'avait fait l'auteur, et surtout qu'il s'agit d'un premier roman.

Je craignais même d'être déçue, mais non. L'écriture est parfaite et bien que le sujet soit une série de meurtre, l'auteur ne tombe pas dans le glauque, le pervers, ni le malsain.

Le personnage est comme il est, ne cherche pas à se dédouaner. Il poursuit un but et s'y tient, et y parvient. De ce simple point de vue et s'il ne s'agissait pas d'assassiner des femmes selon un ordre bien défini (parce qu'il y a une logique et une méthode), ce pourrait presque être admirable.

Malgré le sujet, il y a beaucoup d'humour et de légèreté dans ce roman. D'autant plus une fois qu'on a assimilé que le personnage central est un assassin. Il assassine, certes, parce qu'il est dans sa propre logique, mais sans perversité : il ne torture pas, il poursuit un but et un point c''est tout.

Tout le long du roman je me suis demandé comment cela peut-il finir.
Et bien de façon totalement logique pour peu que (contrairement à moi) on ait été un peu attentif au début et au thème central du livre. Pour ma part, et parce que cela est particulièrement bien amené par l'auteur (ou par étourderie de ma part, allez savoir), j'étais passée complètement à côté et la fin m'a surprise.

Jubilatoire.
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vendredi 9 janvier 2026

Visa pour l'éternité

4 de couv' :
En 1939, Ewa fuit la Pologne envahie pour trouver asile en Lituanie. Leib, médecin, a assisté impuissant à l'anéantissement de Varsovie. Dans ce petit état balte, les réfugiés juifs tentent de reconstruire leur vie. Mais la menace d'une invasion plane et il faut repartir.
Toutes les ambassades ont fermé leurs portes. Sauf une : celle du Japon, où le consul Sugihara, agent de renseignement et diplomate, délivre des visas. Ewa, Leib et leurs amis du groupe des écrivains yiddishs doivent affronter les officiers de sécurité russes et la menace du goulag avant de pouvoir traverser le continent et la mer jusqu'au pays du Soleil-Levant. De là, destination Shanghai, alors sous contrôle japonais, où, dans un ghetto sordide, ils survivent en espérant la libération et une nouvelle terre d'accueil...
À travers cette incroyable odyssée fondée sur des faits réels, le roman de Laurence Couquiaud, (...) dévoile un pan ignoré de l'exil d'une partie de la communauté juive en Asie, évoquant la violence du déracinement mais aussi l'entraide aux confins du monde, ainsi qu'une poignante histoire d'amour, de résilience et d'émancipation. En toile de fond, le portrait du "Schindler japonais", Chiune Sugihara, qui paya cher son geste généreux.

Ce livre n'est pas seulement un livre sur la guerre, il parle aussi de courage autant individuel que collectif, d'entraide, de persévérance et d'espoir, petite étincelle dans un moment très sombre de l'Histoire mondiale.

Un roman servi par une belle écriture, fluide, qui nous emporte dès les premières lignes.

Un bel hommage aux survivants, et à celui qui les a aidés.



PS : j'ai acheté ce livre d'occasion (https://www.recyclivre.com/) et l'exemplaire reçu comporte une dédicace de l'autrice à un certain Albert. Se trouvaient également dans le livre un carte postale d'une peinture, ainsi qu'un petit mot d'un ou une proche pour le Albert en question.
Inutile de dire que cela a titillé ma curiosité...

dimanche 4 janvier 2026

Le Déversoir

4 de couv' :
"Que trouverez-vous dans ce livre ?
105 poèmes minute.
Qu'est-ce qu'un poème minute ?
C'est un poème instantané (comme une photographie ou une soupe), souvent en prose, écrit en un temps compté, entre cinq et sept minutes.
Ecrit à toute vitesse pour subjuguer la conscience de soi et l'étourdir, afin de laisser libre cours à ce qui traverse l'esprit. C'est une divagation, sans volonté, sans technique ni logique, hors de toute préoccupation esthétique et morale.
Si on ne se laisse pas intimider par cette langue de l'enfance et de l'inconnu, le réel s'offre dans une profondeur nouvelle. La vitalité du geste délivre une vérité.
Un poème minute est toujours vrai. D'une vérité, peut-être, qu'on ne voudrait pas connaître.
D'une vérité qui nous rend - comme toutes les vérités, au fond - vulnérables."
A.T.


Cette lecture m'a enchantée. Si vous êtes définitivement et tristement rationnel, passez votre chemin, ou plutôt non, justement parce que vous êtes définitivement et tristement rationnel, tentez le coup et laissez-vous porter.

Par la langue, fluide, précise, tellement agréable à lire. Par le ou les mondes dans lesquels l'auteur nous guide. Si vous aimez Raymond Quenaud et Boris Vian (en particulier L'écume des jours), l'univers vous semblera familier et enthousiasmant.

Chaque poème est une bulle de fraîcheur, de découvertes voire d'émerveillement, un moment de grâce.

Une chouette première lecture pour cette nouvelle année.
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mercredi 31 décembre 2025

Le restaurant des recettes oubliées - tomes 1 et 2

4 de couv' :
Caché dans les ruelles de Kyoto se trouve le petit restaurant des Kamogawa, d'où s'échappent d'exquises odeurs de cuisine traditionnelle japonaise.
En plus de délicats repas faits maison, Nagare et sa fille Koishi proposent une expérience qui sort de l'ordinaire : cuisiner un plat que leurs clients ont en mémoire, mais dont la recette est depuis longtemps oubliée. Pour chaque nouveau plat, la famille Kamogawa enquête et propose à ses convives de déguster une nouvelle fois les mets savoureux qui ont marqué leur vie. Par la magie des émotions et de la nostalgie, ces délices perdus enfin retrouvés permettent de rêver à de nouveaux départs.








"Nous retrouvons vos plats."
Une mystérieuse publicité tenant sur une ligne dans une revue culinaire, pas de numéro de téléphone ni d'adresse claire : ceux qui souhaitent se rendre au restaurant Kamogawa doivent compter sur un soupçon de magie pour arriver à bon port !
Seuls les habitués et les clients guidés par le destin trouveront leur chemin jusqu'à la petite bâtisse cachée dans les ruelles de Kyoto, qui propose à ses convives  de recréer les délicieux mets qui ont marqué leur vie. Pour chaque nouveau plat, Nagare Kamogawa et sa fille Koichi offrent à leurs clients une plongée dans le goût inimitable du souvenir.









Lecture sympathique malgré une écriture assez plate, à laquelle je trouve autant de qualités que de défauts.

Chaque partie de ces deux livres correspond à un client et pourrait presque être une nouvelle. Idée sympathique si ce n'est que chaque histoire, donc indépendante l'une de l'autre,  se déroule exactement de la même manière (l'arrivée du client, l'accueil qui lui est fait, les questions posées, retour du client après enquête, découverte du plat, conclusion de l'histoire, chat inclus).
la construction est donc redondante, ce qui pourrait en lasser plus d'un, mais c'est aussi d'une certaine manière ce qui fait son charme.
Un troisième tome doit sortir le 6 janvier, je ne suis pas sûre de l'acheter, à voir si je peux l'emprunter à la bibliothèque...

L'originalité de chaque histoire tient surtout à la personnalité de chaque client, ce qui le ou la motive à retrouver telle ou telle recette, élaborée ou non. Le résultat les surprend souvent (le lecteur un peu moins sauf d'un point de vue culinaire), et leur fait envisager ou découvrir un pan de leur vie - passé, présent ou futur - sous un autre angle. Ce qu'il en découlera n'appartient qu'à eux, car le seul endroit où se déroule l'action du roman est le restaurant et ses environs proches.

Si vous êtes comme moi fan de gastronomie et de culture japonaise, vous adorerez lire les descriptions de plats (de saison !) proposés aux clients, les traditions liées aux saisons, ainsi que le lexique en fin de volume.
En dehors du principe de retrouver une recette d'antan, ces livres sont l'occasion pour l'auteur de rendre hommage à toute une tradition culinaire et au terroir japonais, riches et variés.

Un livre qui, s'il ne brille pas par l'écriture et l'originalité, vous met assurément l'eau à la bouche !
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vendredi 26 décembre 2025

Une seconde avant Noël

4 de couv' :
1851. À Cokecuttle, cité industrielle anglaise hérissée des cheminées des hauts fourneaux couverts de suie, Harold Gui, neuf ans, orphelin de père et de mère, survit péniblement sous les ponts en pratiquant divers petits métiers. Et pourtant...
Harold ne le sait pas encore, mais il est promit à un avenir merveilleux. Guidé par un génie invisible, il va découvrir un monde peuplé de lutins, d'arbres magiques et de rennes volants. D'extraordinaires aventures l'attendent avant de pouvoir enfin rencontrer sa destinée et devenir ce personnage à la longue barbe blanche, au costume rouge éclatant que nous connaissons très bien : le Père Noël...

Dès les premières lignes, un ravissement sans fin. Cette lecture m'a tellement enthousiasmée que je l'ai lu en une journée.

Romain Sardou a réussi à faire de ce livre un vrai conte à la Dickens, et surtout un vrai conte, qui peut enthousiasmer autant les adultes que les enfants.
Non seulement ce roman reprend tous les codes des contes pour enfants (et avec brio !), mais il est aussi parfaitement équilibré : l'histoire, l'humour, les moments difficiles, les moments d'allégresse, et surtout, ô surprise, alors qu'on croit que le personnage a touché le fond et qu'on se demande comment arrivé là, il pourrait s'en sortir, c'est justement grâce à cela que... Mais chut !

L'écriture est elle-même un enchantement et nous happe dans l'histoire dès les premiers mots. J'ai adoré les apartés où l'auteur s'adresse aux lecteurs, nous rendant complices, presque partie prenante de l'histoire.
Un sans faute !

Curieuse de nature quand quelque chose m'enthousiasme à ce point, après quelques recherches sur Internet, j'ai trouvé deux informations :
1) la version que j'ai lue est la première, sortie en 2006. L'auteur a remanié son texte et sorti une nouvelle version en 2020. Pour ma part, j'aime autant avoir lu la première version, mon côté puriste assumé !
2) est en préparation une comédie musicale qui doit paraître en décembre 2026. Quand j'ai découvert cela, les étoiles dans les yeux que j'avais récupérées à la lecture se sont mis à briller encore plus intensément...

Ma plus belle lecture de l'année et de Noël, une vrais réussite !
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