vendredi 23 octobre 2020

Njinga - Histoire d'une reine guerrière

4 de couv' :
Puissante reine d'Afrique centrale, Njinga ne recula devant aucun moyen pour préserver son territoire des colonisateurs portugais esclavagistes. Au XVIIe siècle, cette figure guerrière transgressive, dont l'intelligence n'eut d'égal e que la ténacité, défia toutes les lois du genre : politiques, religieuses, sociales.
A la tête d'une armée de soldats femmes et hommes, la reine Njinga mena une guerre sans merci contre les envahisseurs qui ravageaient et dépeuplaient l'Afrique centrale, y capturant des esclaves pour les déporter au Brésil dans les plantations de canne à sucre. Njinga décida même de rejoindre la secte terrifiante des Imbangala cannibales afin de contrer un ennemi mieux armé. Elle sut aussi, en fin stratège, jouer les capucins contre les jésuites, véritables artisans de la colonisation et du trafic d'esclaves, pour conduire une campagne diplomatique d'ampleur. Elle finit par obtenir la reconnaissance de son royaume par le pape Alexandre VII et par conserver son indépendance.
Femme libre, reine courageuse et fière qui défendit ardemment son rang et son africanité, Njinga reste vivante dans la mémoire des descendants d'esclaves, en Amérique comme en Afrique centrale. Linda Heywood rend enfin justice à ce personnage hors norme, qui a toute sa place dans l'histoire mondiale.


Ce livre est plutôt une déception pour moi, dont j'ai commencé la lecture il y a un an et mis en pause jusqu'ici. Et là je me dis que je peux laisser tomber, j'ai largement perdu le fil.

Autant, vu la quatrième de couverture, je m'attendais à un portrait flamboyant d'une grande guerrière au sens politique et stratégique affuté, sans compter tout le contexte historique, autant la lecture a été pour moi franchement laborieuse d'énumérations d'alliances, désalliances, réalliances, redésalliances etc.
On peine à s'y retrouver entre les différents personnages historiques, les différents groupes et les liens entre les uns et les autres.

Alors certes, on connaît peu de choses sur Njinga finalement, mais de là à faire de son histoire une énumération presque clinique ou administrative de ses actions...

Une grosse déception.
.

mercredi 30 septembre 2020

La maison aux trois jasmins

4 de couv' :
Marie, Myriam, Meryem. Un même prénom pour la chrétienne, la juive et la musulmane, trois femmes aux destins étroitement mêlés. Dans la Tunisie des années 30 où tout, gens, lieux, saisons, semble immuable, la jeune institutrice et ses deux élèves vont se lier d'une indéfectible amitié. Quand la guerre et l'occupation allemande viendront frapper brutalement ce monde harmonieux et paisible, elle prouveront qu'au-delà des différences, l'amour est plus fort que tout...


Je ne sais trop que dire de ce roman. Il fut un agréable moment de lecture, avec des personnages attachants, une histoire joliment racontée, et une histoire dans l'histoire (conte raconté aux enfants) d'autant plus joliment racontée que je n'avais pas envie de revenir ni dans notre monde réel, ni dans celui des personnages.

Si certes la plus grande partie du roman se déroule dans une pension de famille, je trouve dommage qu'on n'en apprenne pas plus sur la Tunisie de l'époque et des époques suivantes. La décolonisation y est à peine évoquée.

La presque totalité du roman se déroule de l'adoption des petites filles jusqu'à leur majorité, où elles se marient et font leur vie, mais les derniers chapitres de l'évocation de leur vie adulte se fait en accéléré. Qui plus est, leur vie d'adultes est un rêve éveillé, et presque trop beau pour être crédible. Le conte de fée qu'on leur a raconté devient pur elle réalité et j'ai trouvé cela plus facile et naïf que merveilleux finalement.

Mais cette lecture fut, malgré certains passages, un agréable cocon de douceur. J'en relirai peut-être d'autres de la même autrice.
.

vendredi 25 septembre 2020

Le réveil des sorcières

4 de couv' :

Et si en commençant son nouveau roman sur la magie noire par un accident de voiture fatal, la narratrice avait provoqué la mort de son amieDiane, guérisseuse et médium ?
Dans la forêt de Brocéliande, où elles se retrouvaient l'été, les légendes celtes, la pratique de la sorcellerie sont toujours prégnantes. Le mystère grandit autour de Diane, sa tragique disparition et ses pouvoirs exceptionnels dont semble avoir hérité sa fille cadette, Soann, une adolescente sombre et troublante, hantée par le deuil et la certitude que sa mère a été assassinée.


Je suis toujours un peu méfiante quand des auteurs parisiens parle de la Bretagne. Bon Stéphanie Janicot est originaire de Rennes, et ayant lu tous ses livres, je sais qu'elle traite tout sujet avec finesse et subtilité.

Ne vous attendez pas ici à un roman ésotérique, plein de magie et de révélations mystiques. Contrairement à ce que pourrais faire penser le titre, ce n'est pas de ça qu'il est question.
S'il parle de "sorcières", pour moi le terme est impropre, mais peut-être plus typique de l'Ille-et-Vilaine où se déroule l'histoire. Et donc plus proche de la France où on préfère ce terme générique ?
Moi qui suis du Finistère-sud, je n'ai jamais entendu ce terme. Guérisseur, magnétiseur, rebouteux sourcier, coupeur de feu, etc., oui, mais jamais sorcier ou sorcière.
Et en vrai, les bretons face à tout ça ? Pour l'anecdote (ne'n faites donc pas une généralité) j'ai une tante qui passait d'bord par son magnétiseur plutôt que par son médecin (sauf cas graves bien entendu). Il ne se prenait jamais pour un médecin, la soulageait ainsi que sa famille dans la mesure de ses capacités, mais l'envoyait voir son médecin quand il ne pouvait rien faire de plus. Voir rien du tout, comme pour une de mes cousines dont le flux était plus fort que le sien paraît-il...
Ma mère, contrairement à sa soeur ne croyait pas du tout à ces choses là ("je suis une fille de la ville moi maintenant, plus de la campagne !"...), mon père, la seule fois où on l'a emmené voir un rebouteux (malgré lui soit dit en passant), ça a été une catastrophe. Par contre, mon grand-père paternel était sabotier et comme beaucoup de ceux qui habitent une partie de l'année dans les bois ou d'une manière plus générale dans la nature, il avait appris à trouver de quoi y vivre. Il était donc aussi sourcier...
Donc sur tout ça, je n'ai aucun sentiment de rejet, bien au contraire. Mais ce que je rejette, ce serait toute caricature qui pourrait en être fait et (ouf !) ce n'est pas le cas ici.
Par contre, dans le roman, il y a de la part des habitants du coin une part de rejet et de méfiance envers tous ces guérisseurs tout en employant leurs services. Je n'ai jamais vu cela là où j'ai grandi. Enfin, je ne crois pas.

Certaines références à la culture celte évoquées dans ce livre me sont moins familières que d'autres, mais évoquées je pense car le lieu où se déroule l'histoire est un lieu touristique basé plutôt sur Merlin et cet aspect des légendes arthuriennes. Dans d'autres parties de la Bretagne, ce sera un tourisme beaucoup moins voire pas du tout mystique, mais beaucoup plus culturel et historique. Et en littérature, plus Anatole Le Braz, Pierre Jakez Hélias, Théodore Hersart de la Villemarqué ou Ernest Renan (et tant d'autres !) que Chrétien de Troyes. C'est plutôt dans cette Bretagne-là que j'ai grandi.

Pour en revenir au livre en lui-même, tous ces sujets sont évoqués et font la trame de fond. Mais l'essentiel de l'histoire est celle du deuil vécu par deux jeunes filles, l'une jeune adulte devant prendre en charge la plus jeune, adolescente, et surtout... Trouver, avec l'aide de la narratrice, l'assassin de leur mère.

Donc si je ne me retrouve pas tout à fait (en tant que finistérienne) dans cette Bretagne là (Ille-et-Vilaine), j'ai bien aimé la lecture de ce roman, probablement - en effet comme cela est souvent dit dans la promo de ce livre - le plus personnel de Stéphanie Janicot et où elle renoue avec le thème de la famille, et surtout les femmes d'une même famille, même au sens large.
Et où elle évoque notre région avec une certaine tendresse et respect, sans sombrer dans la caricature.

Un vrai bon moment de lecture.
.

lundi 21 septembre 2020

Bludzee

Pas de 4 de couv' !

La première fois que j'ai lu cette BD, je n'avais guère été enthousiaste, je n'en ai même pas parlé ici.

La raison étant que :

1) Je ne connaissais rien de Lewis Trondeim et de son univers.

2) Je m'attendais à une innocente jolie BD sur une adorable chaton noir, vu que je n'en avais feuilleté que les premières pages.

Or s'il s'agit bien d'un adorable chaton, l'innocence est vite perdue au fil de ses rencontres (encore qu'il reste assez naïf et doté d'un bon sens moral ce qui, dans le monde où il évolue, lui vaut beaucoup d'ennuis et de contrariétés).

Donc cette fois, connaissant mieux l'univers de l'auteur, et n'ayant plus le côté découverte de cette BD puisque déjà lue, j'ai davantage apprécié cette lecture dont j'ai mieux appréhendé l'humour et qui malgré le côté trash (ça se massacre à tout va là-dedans) recèle malgré tout une certaine poésie.

Une pépite (sanguinolente, certes, mais une pépite quand même).


"- Pense que nous devons éliminer d'abominables monstres égoïstes et primaires.
- Mais ce sont des enfants pour la plupart...
- C'est bien ce que je disais..."

"- Un bon truc pour ne pas faire de cauchemar, c'est d'éviter d'avoir une conscience.
- Et on fait comment ?
- Beaucoup de télévision."
.

dimanche 20 septembre 2020

La commode aux tiroirs de couleurs

4 de couv' :
A la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l'intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d'une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.


J'avoue, c'est un peu par curiosité pour Olivia Ruiz (mais pas pour la chanteuse, je suis très peu tout ce qui est musique) que j'ai emprunté ce livre à la bibliothèque. Un peu aussi par ce que j'en avais entendu beaucoup de bien (tout en me méfiant du côté fan de la chanteuse de certains lecteurs).

Mais c'est surtout par curiosité pour le titre et le sujet du roman.

Et je n'ai vraiment pas été déçue. Au delà d'une histoire sur l'exil en raison de la guerre civile espagnole, il s'agit surtout de destins de femmes et d'histoire de famille qu'il s'agit. Et de beaux portraits de femmes.

Je ne sais la part de réel ou d'imaginaire dans ce roman,  mais si hommage il y a, il est magnifique.

Un très beau premier roman.

.

samedi 19 septembre 2020

Le restaurant de l'amour retrouvé

4 de couv' :
Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d'un chagrin d'amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l'art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière.
Rinco cueille des grenades juchée sur un arbre, visite un champs de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies.
Un livre lumineux sur le partage et le don, à savourer comme la cuisine de la jeune Rinco, dont l'épice secrète est l'amour.


Ce fut un peu par hasard que j'ai entendu parler de ce roman.
J'en ai beaucoup aimé la lecture, car le personnage principal, Rinco nous fait partager le moindre petit bonheur de sa vie dans le moindre détail, et il en est de même pour ses recettes de cuisine, de la cueillette au plaisir de la dégustation éprouvé par ses clients. Non pas qu'elle le ressente, mais ce qu'elle en imagine.

Mais ce souci du détail va aussi dans les moments les moins faciles de la vie et je dois avouer que plusieurs pages d'une même longue scène déchirante (pour moi en tout cas) m'a bien gâché la lecture de la fin du roman, même s'il faut bien regarder en face la réalité de la vie à moins de vouloir être hypocrite. Mais oui, ça m'a bien gâché le côté "doux cocon" dans lequel je m'étais pelotonnée depuis le début du livre.
En résumé, attention spoiler ou désolée de divulgâcher : vous attachez pas trop à Hermès.

Sinon, un superbe roman, vraiment.
.

vendredi 18 septembre 2020

La vie mensongère des adultes

4 de couv' :
"Deux ans avant qu'il ne quitte la maison, mon père dit à ma mère que j'étais très laide."
Giovanna, fille unique d'un couple de professeurs, vit une enfance heureuse dans les hauteurs de Naples. L'année de ses douze ans, elle surprend une conversation dans laquelle son père la compare à Vittoria, une tante à la réputation maléfique. Bouleversée par ce rapprochement aussi dévalorisant qu'inattendu, Giovanna va chercher à en savoir plus sur cette femme. En fouillant l'appartement, elle déniche de rares photos de jeunesse sur lesquelles son père se tient aux côtés d'une personne mystérieusement recouverte de feutre noir. Elle décide alors d'aller à la rencontre de cette Zia Vittoria habitant les quartiers pauvres de Naples. Dans cette partie de la ville qui lui était inconnue, l'adolescente découvre un autre univers social, une façon d'être plus spontanée. Incitée par sa tante à ouvrir les yeux sur les mensonges et les hypocrisies qui régissent la vie de ses parents, elle voit bientôt tout le vernis du monde des adultes se craqueler. Entre grandes espérances et cuisantes désillusions, Giovanna cherche sa voie en explorant les deux visages de la ville, comme deux aspects de son identité qu'elle tente de concilier.


C'est avec plaisir que j'ai retrouvé la plume d'Elena Ferrante. Plus qu'un roman sur les mensonges que peuvent (se) raconter les adultes, il s'agit surtout d'un roman sur le passage de l'enfance à l'adolescence juste avant l'entrée dans le monde adulte.
Comment la perception des évènements du quotidien et de l'entourage change, comment y faire fasse, essayer de ne pas en être trop blessé, comment se construire une défense. Comment appréhender son corps aussi et le regard qui est porté dessus, comment, enfin trouver et forger sa propre personnalité.

Par moment, j'avais l'impression que d'une certaine manière, et bien que ça ne se passe pas du tout à la même époque, de retrouver dans le personnage de Giovanna les filles d'Elena de "L'amie prodigieuse" et que l'autrice profitait de ce roman pour développer ici ce qu'elle n'avait pu y développer davantage, à savoir la perception des filles d'Elena sur la vie de ses parents.
J'ai eu l'impression aussi de retrouver un peu de Lila dans le personnage de Zia Vittoria. Pas seulement dansa manière d'être, mais aussi dans sa façon d'influer sur la vie des autres et, surtout, la perception qu'ils en ont.
Sans compter la peinture au vitriol de certains quartiers de Naples.

Mais la comparaison s'arrête là, tant les deux romans sont différents. Et pour en revenir au sujet principal de celui-ci, mensonge après mensonge, découverte après découverte, la vérité, par la subtilité et la délicatesse coutumières d'Elena Ferrante, finit par transparaître.

Un vrai beau roman.
.

dimanche 13 septembre 2020

Justicière 2 (Les Archives de Roshar - Livre III)

4 de couv' :
Dalinar pris une profonde inspiration, s'efforçant de se calmer.
La colère ne changerait rien à ce que le Père-des-Tempêtes lui disait. Mais qu'est-ce qui le ferait alors ?
- Etiez-vous au courant de mes pouvoirs ? le questionna Dalinar. Saviez-vous que je pouvais guérir la pierre ?
Je l'ai su une fois que vous l'avez fait, répondit le Père-des-Tempêtes. Oui, une fois que vous l'avez fait, je l'ai toujours su.
- Savez-vous ce que je peux faire d'autre?
Bien entendu. Une fois que vous le découvrirez, je le saurai.
- Mais...
Vos pouvoirs viendront quand vous serez prêt, pas avant, expliqua le Père-des-Tempêtes. On ne peut ni les hâter, ni les forcer. Vous possédez le pouvoir qu'Ishar détenait autrefois. Avant qu'il soit le Héraut de la Chance, on l'appelait Celui-qui-lie-les-dieux. Il fut le fondateur du pacte sacré. Aucun Radieux n'est capable d'accomplir davantage que vous. Votre pouvoir est celui du Lien, qui unit les hommes et les mondes, les esprits et les âmes. Vos Flux sont les plus grands de tous, mais ils seront impuissants si vous cherchez à les manier uniquement pour le combat.


848 pages de pur bonheur. La saga continue, mais je conseille à tous ceux qui en démarrent la lecture de faire des fiches pour chaque personnage principal (et pour chaque, son évolution avec plus de fiches pour Shallan, mais je n'en dirai pas plus), une pour l'ensemble des personnages secondaires, et une pour les différents états et/ethnies qui constituent le monde de Roshar.
Car c'est quand même le sixième tome de la saga et si l'ensemble tient la route (et le lecteur en haleine), quand on ne lit pas tous les tomes d'affilée, il est parfois difficile de se rappeler qui est qui (ou quoi) et les interactions des uns avec les autres sans compter tout l'aspect diplomatique ou tactique de l'ensemble.

Mais le moins qu'on puisse dire, c'est que l'auteur ne manque pas d'imagination, qu'il sait où il va et c'est vrai plaisir de le suivre et que chaque rebondissement est la suite logique de l'histoire.

Le seul bémol que j'aurais est que certains rebondissements sont quand même parfois du grand spectacle, en particulier les environs 200 dernières pages (genre grosse bataille à la fin des films des X-men ou des Avengers, pour ceux qui connaissent). Je m'attends à ce que ce soit un jour porté à l'écran bien que l'auteur pense avant tout au plaisir de ses lecteurs et ne donne pas l'impression d'avoir la moindre ambition cinématographique (contrairement à certains auteurs qui ont tendance à oublier qu'ils écrivent des livres et non des pré-scénarios, mais passons).

En résumé : vivement la suite !
.

vendredi 11 septembre 2020

Entretiens avec Lewis Trondheim


4 de couv' :

Quel est le prénom de Lapinot ?
Dans quelle ville habite-t-il ?
Pourquoi a-t-il été tué et ressuscité ?
Comment est né le fauve d'Angoulême ?
Lewis Trondheim et Frantico ne font-ils qu'un ?
Qu'aurait raconté la suite de Capharnaüm ?
Le vrai Lewis est-il conforme à sa réputation ?
Sur ces questions et bien d'autres, voici le livre qui apporte enfin les éclaircissements attendus.


En vacances dans le Périgord vert cet été, nous étions tellement au nord de ce département que nous avons décidé de passer une journée à Angoulême, située à une soixantaine de kilomètres de la maison d'hôtes où nous logions. C'est donc un peu par hasard que nous nous y sommes intéressés, avons vu que s'y trouvait le musée de la BD, et avons décidé de le visiter. Et une fois sur place, je n'ai pas manqué de remarquer la librairie, où j'ai trouvé cette pépite.

Autant le dire tout de suite, je ne connaissais pas (du moins le croyais-je) l'oeuvre de Lewis Trondheim. Ce qui m'a donné envie d'acheter ce livre est justement (et évidemment) l'exposition éphémère qui lui était consacré dans ce musée.
Je me suis surprise à aimé ce que j'y voyais (n'étant pas une grande fan de l'antropomorphisme, et encore moins dans la bande dessinée), à découvrir que Lewis Trondheim, ce n'est pas que ça et, devant un des panneaux consacrés à "Bludzee" : "oh, mais je l'ai à la maison, celui-là !"

Donc rien d'étonnant que je me sois précipitée à la librairie du musée et comme je m'y attendais, trouvé ce livre-ci.

Pour quelqu'un qui ne connaissait pas beaucoup (bon d'accord, quasiment rien) de Lewis Trondheim, je dois bien dire que j'avais du mal à décrocher de ce livre d'entretiens. Car il m'a permis de découvrir l'ensemble de ses oeuvres, et boudiou est-il prolifique ce garçon, mais aussi de découvrir et suivre avec intérêt et amusement son parcours.
Mais ce livre ne s'arrête pas seulement à des entretiens (ce serait un peu laborieux à force), qui sont entrecoupés de témoignages des auteurs avec qui il a travaillé, ce qui permet d'apporter une autre lumière sur son travail et sa personnalité.

Pour tous ceux qui aiment ou juste s'intéressent à la création littéraire, je recommande ce livre. Même s'ils ne sont pas plus fan que cela de BD, même si tout comme moi ils n'ont rien (ou presque) lu de lui mais sont un peu sensibles à son style et son humour, il est impossible qu'ils ne se prennent pas au jeu et d'intérêt à ses oeuvres.
Pour ma part, dès mes vacances dans le Périgord, j'avais déjà repéré dans quelles bibliothèques je pouvais les réserver sur Brest. Mais pas tout de suite hein, j'ai beaucoup de romans à lire et rendre d'ici début octobre. Et je crois bien que les livres de Lewis Trondheim seront désormais mes lectures de vacances, histoire de prolonger celles de l'été...
.


vendredi 14 août 2020

Americanah - Chimamanda Ngozi Adichie

4 de couv' :
"En descendant de l'avion à Lagos, j'ai eu l'impression d'avoir cessé d'être noire."
Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l'Amérique, qui compte bien la rejoindre.
Mais comment rester soi lorsqu'on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous  ne lui aviez jamais donnés ?
Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux Etats-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria.


J'ai beaucoup aimé ce roman pour son écriture, mais aussi pour ce récit de la narratrice sur son émigration et son intégration aux Etats-Unis, et surtout sur le problème de l'identité noire aux dans ce pays.
Car si elle se sent noire, c'est en arrivant aux États-Unis, et aux yeux des autres, ou plus précisément des blancs, débute alors un questionnement sur l'identité en tant que noire et en tant que personne qui ne devrait tout bonnement pas exister.
Malheureusement dans ce pays (et ne nous leurrons pas, dans d'autres pays occidentaux aussi, mais au vu de son passé, particulièrement dans celui-là) cela prend certaines proportions, en particulier quand la narratrice cherche un petit boulot pour financer ses études. Puis après ses études, pour trouver un travail.
En parallèle, le parcours de son premier grand amour qui lui tente de réussir en Angleterre, et pour qui ce ne sera guère mieux.

Ce roman  ne tombe cependant pas dans le pathos et c'est avec un grand intérêt que j'ai suivi l'évolution d'Ifemelu et les extraits de son blog. J'ai adoré tout ce qui a trait à la coiffure des cheveux crépus (parce que visiblement l'identité et/ou l'intégration dans une société majoritairement blanche passe par là aussi).
Dans ce blog, destiné aux noirs (non-américains ou pas) Ifemelu se pose et analyse les questions à partir de son expérience personnelle et malgré une apparente légèreté, réussit à analyser les choses en profondeur. J'ai adoré aussi les débats que certains de ses articles peuvent parfois susciter autour d'elle.

Et à travers les parcours d'Ifemelu et d'Obinze, sont retracés aussi ceux de toute une génération de nigérians.

De grands sujets, dans une belle écriture.
.