mercredi 30 novembre 2022

Le voyant


4 de couv' :
Né en 1924, aveugle à huit ans, résistant à dix-sept, membre du mouvement Défense de la France, Jacques Lusseyrant est arrêté en 1943 par la Gestapo, puis déporté à Buchenwald. Libéré après un an et demi de captivité, il écrit Et la lumière fut et part enseigner la littérature aux États-Unis, où il devient "The Blind Hero of the French Resistance". Il meurt, en 1971, dans un accident de voiture. Il avait quarante-sept ans.

Et me voici à nouveau dans les lectures du challenge Booknode 2022, dont le thème cette fois est "un livre qui parle d'un sens" (pas facile à trouver, croyez-moi). A force de recherches sur ce thème, je suis tombée sur cette biographie.

Et je suis bien contente de ce thème de challenge, sans quoi je n'aurais sans doute jamais entendu parler de lui qui, vite tombé aux oubliettes en France, semble ultra-connu aux USA et en Allemagne, et dont les rares écrits (il faudra que je m'en procure un) sont étudiés dans ces deux pays.

La découverte pour moi n'est pas que sur ce personnage, intelligent, solaire, volontaire, elle est aussi sur l'auteur de ce livre dont le nom et le visage ne m'étaient pas inconnus, mais que je n'avais jamais lu jusqu'ici.
Son écriture est tout simplement magnifique, un pur bonheur de lecture et de l'intellect, je ne sais pas dire mieux.

Certes, ce livre est avant tout un hommage, et l'écriture le traduit bien -mais sans ostentation-, et il ne manque cependant pas d'objectivité.
L'édition que j'ai lue est la version poche, ce qui fait qu'elle est augmentée d'une postface centrée sur l'après de la première publication de ce livre retraçant les rencontres suscitées, corrigeant les erreurs ou imprécisions, ajoutant des données.
Pour un hommage en forme de biographie, on ne peut trouver plus complet.

Et puis cette écriture, vraiment, cette écriture...
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lundi 28 novembre 2022

Sa majesté des chats


4 de couv' :
"Rien ne me fait peur. Je suis une reine. Sa Majesté des chats qui prépare l'avènement d'une nouvelle civilisation".
Dans un futur proche, l'humanité est en perdition et les rats envahissent progressivement Paris. Seule résiste une communauté formée de quelques centaines de chats et d'individus dirigée par une chatte nommée Bastet. Perchée sur l'épaule de Nathalie, sa maîtresse, celle-ci pense qu'il faut à tout prix chercher des renforts. Mais la rencontre avec les autres animaux sera semée d'embûches. Bastet parviendra-t-elle à créer une alliance suffisamment puissante pour contrer l'invasion des rats ? Pour elle, c'est une évidence : les chats doivent prendre la relève des humains.


Petit rappel : j'ai lu en 2018 le premier tome de cette série, dont je n'avais pas raffolé et m'étais dit à l'époque que je n'irai pas plus loin (voir ici).
Puis à Noël 2020, mon homme, qui visiblement n'a pas lu ce blog, a trouvé moyen de m'offrir le tome trois (voir ici aussi).
J'ai donc bien dû me procurer le tome deux, que je me suis décidée à lire cette semaine seulement car, inscrite sur Booknode, je me suis lancée sur divers challenges dont celui de 2022, pour lequel l'un des livres à lire est un livre fantastique ou de science-fiction. Voilà donc ma motivation de départ, c'est dire mon enthousiasme...

La bonne surprise est que depuis le premier tome, j'ai "digéré" ce qui avait été pour moi une déception, et comme je n'en attendais rien de plus je n'en ai que davantage apprécié celui-ci ! A mon propre étonnement, notez bien.

Une fois surmontée mon aversion  pour l'anthropomorphisme et cette histoire de clef USB,  je me suis laissée portée par l'histoire et surtout l'humour de ce tome, au point de l'imaginer transposé en manga.
Le côté prétentieux de Bastet ne fait que davantage renforcer l'aspect humoristique de ce livre, d'autant qu'elle a le chic pour se mettre (et les autres avec) dans de mauvaises positions.

Mention spéciale aux notes intercalées entre chaque chapitre (et chapitres eux-mêmes), interludes autant  didactique que distrayants.

Bref, une bonne surprise au final, vu l'état d'esprit avec lequel je l'ai abordé.
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dimanche 27 novembre 2022

Arelate - Tomes 1 et 2



4 de couv' :
À la fin du premier siècle de notre ère, dans la cité d'Arelate (Arles), suivez le quotidien de nos héros : Vitalis, tailleur de pierre que ses vices vont rattraper et Neiko, adolescent qui ne rêve que de prendre la mer.
Deux destins qui se croisent et s'influencent loin de la vie des grands personnages de l'Empire.

Je suis mitigée sur cette bande dessinée. Autant j'ai aimé les images sépia, autant j'ai moins aimé les dessins des personnages : soit ils ne se ressemblent pas d'une case à l'autre, soit ils ressemblent trop à d'autres personnages, sans compter parfois problème de proportions. Et dans certaines scènes d'actions, ils semblent trop figés (critique que j'ai déjà faite pour d'autres dessinateurs d'autres bandes dessinées).

L'histoire sur ces deux tomes est assez classique pour une bande dessinée traitant de cette période, encore que le scénariste ait plutôt innové. Elle est surtout au service de l'Histoire qui est ici particulièrement bien reconstituée. Mention spéciale au dossier en fin de chaque volume, qui reprend certains passages de l'histoire pour détailler davantage certains points spécifiques de l'époque (condition féminine, jeux, gladiateurs, classes sociales...).
Cela fait mouche car en cours de lecture on se dit qu'on voudrait en connaître plus sur tel ou tel sujet.
A noter que cette série est recommandée par l'Education Nationale.

Donc juste pour la bande dessinée, sympathique mais sans plus, mais pour l'aspect historique, un sacrément beau travail.

samedi 26 novembre 2022

Les tendres plaintes


4 de couv' :
Blessée par l'infidélité de son mari, Ruriko décide de disparaître. Elle quitte Tokyo et, dans un chalet en forêt, tente de retrouver sa sérénité. Ruriko est calligraphe.
Au-delà des arbres, un peu plus haut dans la colline, elle rencontre un étrange équipage : Nitta, ancien pianiste devenu facteur de clavecins, sa jeune apprentie prénommée Kaoru et un chien aveugle et sourd. Invitée en ces lieux, la calligraphe les observe et apprend que Nitta, jadis concertiste de renom, ne peut plus jouer en présence d'autrui, que seules persistent en lui des partitions devenues muettes. Pourtant, un matin, Ruriko les surprend : habité d'un calme dense, presque palpable, Nitta est installé au clavecin. Pour Kaoru, il joue Les Tendres Plaintes.

A force de chercher de nouveaux auteurs japonais, je suis tombée dernièrement sur cette autrice dont la plupart des livres abordent des thèmes qui m'ont donné envie de la lire. J'en ai acheté quelques uns et j'ai donc commencé par celui-ci. J'aimais assez l'idée que l'héroïne se retrouve dans un chalet dans les bois pour se ressourcer.
Se poser dans un lieu retranché pour se retrouver est ce dont on a tous besoin à un moment de notre vie (et  pour ma part, je pense que j'ai aimé ce principe similaire à celui de "Dans les forêts de Sibérie" qui demeure un de mes livres préférés. 

Tout est douceur et poésie dans son écriture, mêmes sur des passages un peu plus "durs". La re lation entre ces trois êtres (quatre, en comptant le chien) est surprenante, attachante, troublante. Difficile de résumer cette histoire dont le plus important est le sentiment amoureux, l'amitié, une introspection pour continuer à aller de l'avant.
Et l'amour du travail bien fait, les personnages étant pour l'une calligraphe, pour l'autre facteur de clavecins.

Un beau moment de la vie des personnages, une belle écriture, une belle découverte.
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vendredi 25 novembre 2022

Un ciel radieux


2 de couv' :
Une nuit, Kazuhiro Kubota, père de famille et employé surmené, percute un jeune motard, Takuya Onodéra. L'un meurt rapidement, l'autre survit miraculeusement. Lorsque Takuya sort du coma, sa famille découvre, déconcertée, que non seulement il souffre d'amnésie, mais qu'il semble aussi avoir changé de personnalité...
La conscience de Kazuhiro Kubota vient de se réveiller dans le corps du jeune homme, comme si une ultime occasion de comprendre ce qui comptait réellement dans sa vie lui était offerte.
Mais le temps presse : Takuya retrouve sa mémoire petit à petit, tandis que l'esprit de Kazuhiro tente de reprendre contact avec sa famille. Et la cohabitation des deux âmes dans un seul corps s'annonce difficile.


Histoire originale, pleine d'empathie, dont j'ai particulièrement apprécié les graphismes. Si l'idée de départ est originale, le déroulé de l'histoire est finalement assez convenu.

Sympathique et bien abouti, j'ai bien aimé mais sans plus.

samedi 19 novembre 2022

Cadillac Juke-Box


4 de couv' :
Les marais de Louisiane dégagent parfois des relents de haine dont on voudrait bien se débarrasser définitivement, quitte à trouver un bouc émissaire sur lequel faire porter la responsabilité de toute la communauté. C'est ce rôle peu enviable que l'on assigne à Aaron Crown en l'accusant du meurte d'un militant des droits civiques dans les années soixante. Du fond de la prison d'Angola où il purge sa peine, Crown demande à Dave Robicheaux de l'aider à retrouver la liberté.
Mais dans le climat électrique qui entoure l'élection du prochain gouverneur, la résurgence de sombres affaires peut coûter à Buford Larose sa candidature et Robicheaux va jouer les trouble-fête en prenant la défense d'un homme que tout accable. Dave veut découvrir ce qui s'est passé il y a trente ans. Il va devoir aussi affronter les souvenirs d'une époque où les vapeurs de l'alcool brouillaient sa mémoire.


C'est toujours un vrai plaisir de lire la superbe écriture de James Lee Burke. Et si je lis ses polars plus pour cela que pour l'intrigue policière (excellente au demeurant), on peut dire qu'il arrive toujours à se renouveler. Oui, les personnages principaux sont toujours les mêmes, avec leurs défauts, failles et qualités évidemment, l'ambiance reste la même, les intrigues se ressemblant (toujours les bas-fonds de Louisiane, ses grands et petits mafieux, ses politiques naviguant en eaux troubles, le passé et des autres et ses méchants très cruels, etc.) mais ce n'est pourtant jamais une redite des tomes précédents.

Et surtout, les magnifiques descriptions de paysages, ses odeurs, la pluie, la chaleur, la moiteur, le vent sur la peau, les orages électriques et j'en passe, si parfaitement décrits qu'on a l'impression d'y être.

Décidément, je ne suis jamais lassée de lire cette série.
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vendredi 18 novembre 2022

L'enfant et l'oiseau


4 de couv':
Johnson, tombé du nid, est le seul survivant de sa fratrie. A bout de forces, le jeune corbeau est recueilli par Ritsuko, femme de ménage et mère célibataire, qui décide de le ramener chez elle au mépris de l'interdiction d'héberger des animaux dans son immeuble. Bien lui en prend, car son fils adolescent, Yôichi, se passionne pour l'oiseau qu'il entoure de mille soins. Un jour, le gardien fait irruption chez eux et Johnson, que Yôichi avait caché sur le balcon, s'envole. C'est le début pour lui d'une longue errance. Il sait qu'il ne peut retourner auprès de son ami et cherche à survivre dans une ville hostile. Une rencontre va lui sauver la vie...

Ici, rien à voir avec la chanson de Marie Myriam.

Si l'écriture, douce et poétique est très agréable, au point de faire penser à un conte pour adulte, il n'en reste pas moins que la dernière partie est d'une noirceur absolue et il faut s'accrocher pour finir le roman.

Cette noirceur est présente dans tout le livre. La couleur de l'oiseau bien sûr, mais aussi ses doutes, ses premières semaines d'existence.
Les moments de plein bonheur, fugaces et fragiles, n'en sont que plus forts... et douloureux.

Et les humains surtout, sorte de fous monstrueux qui ne semblent voués qu'à détruire, s'entredétruire, voire s'autodétruire.

La seule lueur d'espoir : quand humains et animaux se rejoignent pour s'entraider. Comme la rencontre entre Johnson et Yôichi. Fugace et fragile.
J'ai été bouleversée par certains passages, d'autant plus qu'ils étaient précédés de moments lumineux.
Je suis dérangée par la fin du roman. Qui semble appeler une suite, parce que si l'histoire se termine ainsi, c'est à vous arracher le coeur pour ne plus le sentir souffrir.

J'ai l'impression que l'auteur a dû être témoin dans le monde réel de certaines scènes et en a été choqué, au point d'écrire ce roman pour dénoncer l'aveuglement de la logique humaine. Je me sens assez proche de lui sur ce coup-là.
Et si ce livre, de par son empathie, sa qualité d'écriture, amène certains décideurs à penser autrement et surtout, mieux, alors c'est gagné.

Mais j'ai mis du temps à m'en remettre, j'ai eu du mal à choisir un autre livre en sortant de celui-là, et me mettre taper ici cet article  dont j'ai écrit le brouillon à chaud... il y a deux semaines.

Je ne voudrais pas cependant qu'on ne retienne de ce livre que la noirceur, car vraiment, il est magnifique. Mais je suis assez sensible aux histoires sur les animaux, alors...

vendredi 11 novembre 2022

Le goût des pépins de pomme


4 de couv' :
À la mort de Bertha, ses trois filles,Inga, Harriet etChrista, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l'Allemagne, pour la lecture du testament. À sa grande surprise, Iris hérite de la maison et doit décider en quelques jours de ce qu'elle va en faire. Bibliothécaire à Fribourg, elle n'envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu'elle découvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin qui l'entoure, ses souvenirs se réveillent, reconstituant l'histoire émouvante, parfois rocambolesque, mais essentiellement tragique, de trois générations de femmes.
Katharina Hagena nous livre ici un grand roman sur le thème du souvenir et de l'oubli.


Si j'ai bien aimé ce roman, qui malgré quelques passages tristes a su mettre en valeur tout ce qu'il recèle d'affection et d'humour, je dois dire que j'ai eu un peu de mal au démarrage.

Je me suis parfois un peu perdue dans la généalogie... et surtout dans la maison ! A force de détails pour trop la décrire, je ne m'y retrouvais absolument pas, comme dans un labyrinthe. J'ai fini par renoncer à la représenter telle que l'autrice la créée, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, laissant mon imagination faire le reste.

En dehors de ce détail, j'ai beaucoup aimé la reconstitution de l'histoire familiale (allez savoir pourquoi, je ne pouvais m'empêcher de revenir sans cesse au film "Beignets de tomates vertes" - il faudra vraiment que je lise le livre un jour- dont je n'ai finalement que peu de souvenirs, mais je pense que l'impression ressentie en visionnant ce film était similaire à celle ressentie en lisant ce livre).
L'histoire familiale se reconstruit pièce par pièce, chacune étant reliée à un souvenir lui-même lié à un membre de la famille. Dit comme ça, cela semble un artifice grossier mais en fait non, la façon de l'amener est assez subtil au contraire.

L'écriture, sobre et délicate, est vraiment au service de l'histoire qui est elle-même riche en évènements, tristes ou non, et évite d'en faire des tonnes.

Une belle découverte.
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samedi 29 octobre 2022

Le goûter du lion


4 de couv' :
Ce qui fait de ce livre grave et pudique un roman solaire, c'est d'abord le lieu : l'île aux citrons dans la mer intérieure du Japon, qu'il faut gagner en bateau ; et encore, l'image magnifique de l'union de la mer, du ciel et de la lumière : la mer scintillante, illuminée par un incroyable sourire, surplombée par la Maison du Lion, ce leu de paix où Shizuko a choisi de venir pour vivre pleinement ses derniers jours en attendant la mort.
Avec elle, nous faisons la connaissances des pensionnaires - ses camarades, ses alliés et pour tout dire, sa nouvelle famille - ainsi que de la chienne Rokka qui s'attache à elle pour son plus grand bonheur. En leur compagnie, il y aura aussi les goûters du dimanche où grandit peu à peu son amour de la vie qu'on savoure en même temps qu'un dessert d'enfance, une vie qui aurait le goût de la fleur de tofu, d'une tarte aux pommes ou des mochis-pivoines.
Avec la délicatesse d'écriture que nous lui connaissons dans ses précédents romans, Ogawa Ito entraîne peu à peu Shizuko sur un chemin de poésie dont la mélodie possède la voix grave et conciliante d'un violoncelle ; un chemin apaisé comme pour dire la gratitude d'exister.

Jamais le thème de la fin de vie n'aura été si brillamment et délicatement écrit qu'avec ce livre.
Ito Ogawa est maintenant bien connue pour sa facilité à aborder les sujets les plus délicats dans ses romans empreints de délicatesse et de douceur. Celui-ci est le meilleur qu'elle ait écrit et nous renvoie à nos propres interrogations et perceptions de notre mort.

J'ai eu la surprise de trouver dans ce roman tous es thèmes abordés dans les précédents, de façon plus ou moins poussée selon le thème : la saveur de chaque plat préparé et ce qu'il peut remuer en nous (le restaurant de l'amour retrouvé) ; l'affection pour un animal ("Le ruban", que je n'ai pas encore lu) ; l'adoption, la notion de famille, recomposée ou pas (Le jardin arc-en-ciel) ; et dans une certaine mesure, la calligraphie (La papeterie Tsubaki et La république du bonheur).

J'ai été très (agréablement) surprise de retrouver tous ces thèmes en un seul livre, à croire que ce roman est un lien entre eux tous.

L'apogée de son oeuvre en tout cas.

Une caresse apaisante sur une angoisse existentielle commune à tous.

Bravo.
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jeudi 27 octobre 2022

Le commerce des Allongés


4 de couv' :
Liwa Ekimakingaï a passé son enfance et continue d'habiter chez sa grand-mère, Mâ Lembé, car sa mère, Albertine, est morte en lui donnant la vie. Il est employé comme cuisinier à l'hôtel Victory Palace de Pointe-Noire. Et il attend de rencontrer l'amour. Un soir de 15 août où l'on fête l'indépendance du pays, il réunit ses plus beaux atours à peine achetés l'après-midi, et assez extravagants, pour aller en boîte. (...)
Le roman est une remontée dans la vie et les dernières heures du jeune homme, qui assiste à sa propre veillée funèbre de quatre jours et à son enterrement. Aussitôt enseveli, il ressort de sa tombe. (...)
En toile de fond, la ville de Pointe-Noire et ses cimetières - en particulier le Cimetière des Riches, où chacun rêverait d'avoir une sépulture mais où les places sont très chères, et celui dit Frère-Lachaise, pour le tout-venant dont Liwa fait partie.
Dans ce grand roman social, politique et visionnaire, la lutte des classes se poursuit jusque dans le royaume des morts, où ceux-ci sont d'ailleurs étrangement vivants.

En préambule : j'ai tronqué une partie de la quatrième de couverture qui donnait des éléments de la fin du livre.

Avec tout le battage médiatique autour de la sortie de ce livre, j'avoue être un peu déçue. Mais pas tant que ça.

J'ai adoré la qualité de l'écriture et sa musicalité, car il faut dire qu'Alain Mabanckou a un vrai talent de conteur et pour cette histoire (ou plutôt plusieurs en une seule) et pour nous happer, nous faisant nous demander à chaque fin de chapitre "mais ensuite ?". Et bien la suite, au prochain chapitre, qu'on ne peut s'empêcher d'entamer alors qu'il est tard et que dormir serait quand même une bonne idée.

Et si le costume du personnage principal est on ne peut plus bariolé (voir la couverture), le moins qu'on puisse dire est qu'il est en accord avec la galerie de personnages, leur ville, leur pays, tous hauts en couleur.

La mort ? Un passage obligé, certes. Mais qui n'empêche pas de continuer à cotoyer le monde des vivants.

Une joyeuse façon d'aborder des thèmes qui ne le sont pas.
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