dimanche 11 avril 2021

Les suprêmes chantent le blues


4 de couv' :
Tous deux octogénaires, Forrest Payne et Beatrice Jordan ont, à la surprise générale, décidé de convoler en justes noces, provoquant ainsi le retour à Plainview d'El Walker, ancien complice de Forrest et véritable légende du blues, qui avait pourtant juré de ne plus jamais y revenir.
Tandis que le célèbre guitariste voit se dresser devant lui les fantômes du passé, l'inséparable trio des "Suprêmes" fait, quant à lui, face à son avenir. Clarice réussira-t-elle à saisir la chance d'embrasser enfin une grande carrière de pianiste ? Barbara Jean parviendra-t-elle à se libérer de l'humiliation que sa mère lui a laissé pour tout héritage ? Et combien de temps Odette pourra-t-elle endurer les accès de colère d'un mari qu'elle ne comprend plus ?
Après le triomphe de son premier roman, Edward Kelsey Moore revient avec une bouleversante histoire de pères et de fils, de péchés de jadis et d'acceptations à venir, qu'incarnent, sous le signe d'une irrésistible drôlerie, des personnages aussi puissants qu'attachants.


A la lecture de cette suite, et comme je le craignais, je n'ai hélas pas été aussi enthousiaste que pour le premier roman. Cela est dû en partie au fait qu'ayant lu "Les Suprêmes" en 2015, je n'avais plus bien les personnages, leurs interactions et l'histoire précédente en tête, ce qui m'a un peu perturbée tout au long de la lecture ("C'est qui elle déjà ? Mariée à qui ?", etc.) et bien que l'auteur fasse régulièrement des rappels de l'histoire précédente. Et je n'avais plus le plaisir de la découverte de cette petite communauté.

Et pour être honnête, je n'ai pas retrouvé la verve du premier roman, qui me paraissait plus drôle, plus rythmé, plus enlevé. Celui-ci par comparaison me paraît plus commun, moins original. Ce qui est souvent le problème des suites de romans qu'on a adoré.

Cela étant, ne soyons pas injuste non plus : on retrouve la petite bande, leur amitié, leur soutien sans faille, leurs fantômes, avec plaisir et si cette suite m'a parue moins trépidante que la première partie, ce fut quand même un agréable moment de lecture.
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samedi 10 avril 2021

Demain les chiens


4 de couv' :
Qu'est-ce que l'homme ?
Qu'est-ce qu'une cité ?
Qu'est-ce que la guerre ?
Voilà les questions que les chiens se posent, le soir à la veillée après avoir écouté des contes fascinants mettant en scène ces mots magiques mais devenus incompréhensibles.
L'homme fut-il réellement le compagnon du chien avant que celui-ci accède à l'intelligence ? Disparut-il un jour pour une autre planète en lui abandonnant la Terre ?
"Non, répondent les chiens savants, l'homme ne fut qu'un mythe créé par des conteurs habiles pour expliquer le mystère de notre origine."


Grand classique de la science-fiction, je regrette que la traduction du titre se focalise davantage sur les chiens alors que l'original était "city" (et qui prend toute sa signification à la toute fin du livre). Cela m'a un peu agacée tout au long de la lecture et j'ai refermé ce livre franchement dubitative. Il m'a fallu le "décanter" un peu - une bonne nuit de sommeil et j'ai fini par entrapercevoir le vrai sujet de ce roman.
Car s'il est en effet question des chiens et que le roman est une succession chronologique de contes créés par eux, c'est plutôt des humains dont il est question ici.

Les humains et leur obsession à vouloir tout contrôler autour d'eux, quitte à faire des expérimentations que l'on pourrait qualifier de contre-nature  (agriculture, chiens qui parlent...) aux conséquences qui leur échappent.
Et même lorsqu'ils décident de ne plus rien faire et de se mettre en retrait afin de ne plus faire subir leur influence au reste de la planète, non seulement la prise de conscience est tardive mais leur passivité ne vaut guère mieux que leurs actions passées.

C'est donc bien de la place de l'être humain dans notre monde dont il est question ici, de ses aspirations personnelles et pour ses semblables, et sa fichue manie de se croire supérieur en toute chose en ce bas monde.

A méditer...
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vendredi 5 mars 2021

Le décalogue - Tome 1


4 de couv' :
Glasgow, de nos jours... Un mystérieux manuscrit aboutit sur le bureau de Simon Broemecke, jeune directeur éditorial rêvant lui-même de gloire littéraire. Venu tout droit du passé, ce document va faire basculer plusieurs destins, dont ceux de Simon et de Gwen, la femme qui l'a quitté et qu'il continue à aimer comme un fou. Le nom de ce manuscrit : Nahik.

Je n'ai guère été emballée par cette bande dessinée. Autant je reconnais l'intérêt de l'histoire, autant je m'attendais au moins à ce que le personnage central se pose un peu plus de questions sur ce manuscrit qui lui est apporté comme sur un plateau.
Qui plus est, il n'est guère sympathique ce garçon : un peu dilettante un peu imbu de lui-même et un peu malhonnête, et prenant de mauvaises décisions pour de mauvaises raisons.

J'ai donc eu du mal à accrocher à l'histoire à cause de cela, bien que je doive reconnaître que c'est assez bien trouvé. C'est tout simplement le genre de contexte que je n'aime pas quand on me raconte une histoire.

Quand aux dessins, ce n'est pas tout à fait ce que j'aime non plus. Je ne sais pas si c'est une mode, car je l'ai retrouvé un peu trop souvent dans les bandes dessinées, mais je trouve les personnages, dans leurs mouvements, leurs expressions, un peu trop figés, froids.
Même si les graphismes dans l'ensemble sont plutôt agréables.

Cela étant, la série, puisque c'en est une, est aussi originale que bien trouvée. Et si vous voulez en savoir plus sur les dix autres tomes, c'est par ici.
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dimanche 21 février 2021

Le chat qui venait du ciel


4 de couv' :
Voici un roman touché par la grâce, celle d'un chat "si petit et si frêle qu'on remarquait tout de suite ses oreilles pointues et mobile à l'extrême".
Quand un jeune couple emménage un jour dans le pavillon d'une ancienne demeure japonaise, il ne sait pas encore que sa vie va s'en trouver transformée. Car cette demeure est entourée d'un immense et splendide jardin, et au coeur de ce jardin, il y a un chat. Sa beauté et son mystère semblent l'incarnation même de l'âme du jardin, gagné peu à peu par l'abandon, foisonnant d'oiseaux et d'insectes. Tout le charme infini de ce livre tient dans la relation que le couple va tisser avec ce chat qui se fond dans la végétation exubérante pour surgir inopinément, grimpe avec une rapidité fulgurante au sommet des pins gigantesque, frappe à la vitre pour se réconcilier après une brouille. Un charme menacé, car ce qui éveille en nous la beauté et appelle le bonheur est toujours en sursis...


Je suis un peu déçue par ce livre. Je m'attendais à ce que l'histoire soit basée sur la relation entre le jeune couple et le chat, et comment elle s'installe de façon progressive, mais pas tellement.

L'auteur revient sur cette période de sa vie, la ponctuant d'anecdotes "félinesques", mais de façon assez inégale. Il s'étend un peu trop souvent sur le reste de sa vie à lui, sans y mettre le moindre lien avec le petit félin. Il y a bien quelques passages touchants dans cette relation mais j'aurais préféré - je pensais que ce serait le cas - que ce soit la trame de fond de ce livre.

Je n'ai hélas pas trouvé la poésie évoquée dans le quatrième de couverture et n'ai guère apprécié l'écriture, que j'ai trouvée assez froide, et quant à l'ensemble de l'histoire, j'ai refermé le livre en me disant "déprimant".
Et je dois avouer que je n'ai rien compris aux descriptions du lieu (sur lesquelles commence le livre), que j'ai peiné du coup à trouver si idyllique, à quelques moments de grâce près.

Dommage, car je sens que ça aurait pu être bien mieux si l'auteur s'était un peu plus mis en retrait pour être davantage au service de l'histoire et du petit chat.

Dans le genre, j'ai bien davantage aimé "Le chat et moi" de Nils Uddenberg.
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lundi 15 février 2021

Facéties de chats


4 de couv' :
Le chat... Quel animal mystérieux que celui-là ! Vous êtes-vous déjà demandé quelles pensées secrètes fleurissent derrière leurs yeux envoûtants ? Quelles idées farfelues leur passe par la tête ? Ou bien s'ils vivent des aventures extraordinaires dès que vous avez le dos tourné ? Eux seuls le savent mais voici imaginées ici pour vous vous quinze facétieuses histoires de chats.

Amoureux des chats, de la poésie et de belles images, vous ne pourrez qu'aimer ce roman graphique. Je l'ai mis dans la catégorie BD mais ce n'en est pas une.

C'est tout simplement une série de portraits de chats, et pour chacun une anecdote sous forme de poème.

Un beau livre, aussi agréable à lire qu'à regarder.

Et petit plus en fin de livre : les auteurs se sont attachés à nous décrire la race dont chaque chat du livre est issu. Sans compter les adorables dédicaces dédiées à leurs compagnons félins (ou non).
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dimanche 14 février 2021

La fuite dans l'immortalité


4 de couv' :
Cupides ou assoiffés de reconnaissance, rois de l'improvisation ou adeptes du risque zéro, soutenus pas toute une nation ou pourchassés - peu importe, les deux curieux aventuriers qu'on va suivre, héros "malgré soi", explorateurs  aussi flamboyants que pathétiques des derniers espaces vierges de la planète, reflètent la fragilité de l'être humain et requièrent toute notre bienveillance. Héros, ils le sont devenus, l'un par volonté, pour sauver sa peau, et l'autre par accident, en mourant ; mis l'un comme l'autre VascoNunez de Balboa qui, au WVIe siècle, découvrit l'océan Pacifique, comme le capitaine Robert Scott qui, quatre cents ans plus tard, rejoignit le pôle Sud, ont dû choisir, à un moment, leur destin. C'est tout le génie de Stefan Zweig que de nous faire vivre cet instant précis où une existence bascule et de nous persuader que ce héros-là, ce pourrait être nous.


Cadeau de mon homme parce qu'il a bien noté à quel point j'aime cet auteur, ce fut pour moi une lecture découverte. Je sais que Stefan Zweig n'a pas écrit que des romans et nouvelles, mais je ne connaissais pas ces deux textes.

Je trouve intéressant de (re-)découvrir la (grande) Histoire par les détails. Et ces deux récits, sans complaisance ni jugement pour ces deux histoires ont le mérite en effet de nous permettre de suivre ces deux explorateurs au plus près de leurs pensées et ressentis, sans toutefois que l'auteur se soit mis à leur place.
Les faits sont suffisamment bien écrits et décrits pour qu'on se sente presque avec eux durant toute la lecture.

Et en supplément, je vous offre pour chaque récit, la bande-son :
Balboa (bon d'accord, le film parle de Colomb, mais c'est ce que j'ai pu trouver de plus proche dans le contexte)

samedi 13 février 2021

Thérapie de groupe : ce qui se conçoit bien


4 de couv' :
"De vous à moi, ce n'est pas pour critiquer, mais on ne fait pas une équipe de foot potables avec des sociopathes". 

C'est avec plaisir que j'ai appris la sortie du deuxième tome de Thérapie de groupe de Manu Larcenet.

Cette fois, nous retrouvons le personnage là où nous l'avions laissé : à l'hôpital psychiatrique.
Et là, se trouve et se développe un florilège de toutes les angoisses et délires de l'auteur (celui dans le livre, pas celui qui l'a créé), exacerbés par la prise de médicaments.

Et là, c'est magistral : l'auteur (le vrai) se surpasse dans l'imagination.
D'abord celle de son personnage qui, de psychoses en délires via les "drogues" fournies par l'établissement, va d'idées en idées (avec une constante désespérante sur l'Albatros de Baudelaire) toutes aussi mauvaises que les autres.
Et c'est là que Manu Larcenet nous expose tout son talent car via ces (mauvaises) idées de livres, il nous sert tout un florilège de styles de bandes dessinées tellement bien réalisées (et pour l'écriture, et pour les dessins) qu'on se dit qu'un talent pareil, ce serait effectivement dommage de le gâcher par un bête syndrome de page blanche. il mériterait d'être exposé au musée de la bande dessinée d'Angoulême, tiens.

Et pour le reste ? Toujours le même humour dont je resterai fan à vie je crois et le sens du détail qui fait que je sais que j'en découvrirai de nouveaux à chaque relecture.

Vivement le prochain tome !

vendredi 12 février 2021

Le chant d'Achille


4 de couv' :
Ce ne sont encore que des enfants : Patrocle est aussi chétif et maladroit qu'Achille est solaire, puissant, promis à la gloire des immortels. Mais, grandissant côte à côte, un lien se tisse entre ces deux être si dissemblables. Quand, à l'appel du roi Agamemnon, les jeunes princes se joignent au siège de Troie, la sagesse de l'un et la colère de l'autre pourraient bien faire dévier le cours de la guerre... Au risque de faire mentir l'Olympe et ses oracles.

Après Damalis, que j'ai vraiment aimé, j'avais envie de lire à nouveau un roman se passant dans l'Antiquité.
Donc là, on va oublier le côté historique et se pencher sur la mythologie de l'époque, une version d'une partie de l'Iliade dont l'autrice nous donne une version toute personnelle.

Si l'écriture ne m'a guère enthousiasmée au début, on finit cependant par se laisser porter par l'histoire. Et bizarrement, je pense que les lecteurs qui ont des notions de mythologie grecque et sur l'histoire de la guerre de Troie peuvent autant apprécier ce roman que ceux qui n'en ont pas. Elle a su trouver le bon équilibre pour que les uns ne soient pas frustrés, ni les autres rebutés par ce manque de connaissances et même leur donner envie d'en savoir plus.

Aparté :
A ce sujet, je vous recommande la série de livre "contes et légendes" des Editions Nathan. Pour ma part, j'avais lu (et collectionné !) au début de l'adolescence une grande partie de cette série de livres (collection avec la couverture cartonnée et blanche).
Je vous recommande également, à sa prochaine rediffusion ou replay ou youtube ou je ne sais où encore, l'excellente série sur l'Illiade, Les grands Mythes, créée et commentée par François Busnel.
Fin d'aparté.

Bref, une Illiade revisitée donc, que j'ai lue avec un certain intérêt.
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dimanche 7 février 2021

Les mémés


 4 de couv' (qui est en fait le 2 de couv') :
Ce qui est bien avec l'âge, c'est qu'on n'hésite plus à donner son opinion sur tout. Et c'est ce qui fait tout le charme de ces mémés vives d'esprit, parfois acerbes mais toujours lucides sur le monde qui les entoure.
Un album vif et truculent où l'absurde et la poésie font bon ménage.

Difficile de dire plus que le 4 de couv' qui donne exactement le ton. J'i adoré ces super-mémés hyper branchées (Internet, jeux en ligne Facebook et soirées télé entre copines mais mesures anti-Covid obligent... en visio !).

Mais cependant des mémés, hein, avec des valeurs d'un autre temps et parfois impitoyables entre elles (sanction de bannissement pire que Facebook !).

Bref, pour tous ceux qui aiment l'humour Fluide Glacial (et les Mam'Goudig !), un bon moment de rires et de tendresse. Vivement le prochain (j'espère qu'il y en aura d'autres !)
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dimanche 31 janvier 2021

Mort et vie d'Edith Stein


4 de couv' :
Ce livre raconte l'histoire d'une femme (1891-1942) qu'on a tour à tour nommée Edith dans sa famille, Fräulein Edith Stein au lycée, Doktor Edith Stein à l'université, soeur Thérèse au Carmel, matricule 44 074 à Auschwitz, et Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix au ciel.

J'ai décidément du mal avec le style de l'auteur, qui donne la désagréable impression de développer un style pour avoir "son" style mais en oublie un peu le lecteur. Et la personne à laquelle il veut rendre hommage. Du moins, c'est l'impression donnée.

Au-delà d'une biographie (bien succincte dans ce livre finalement), il s'agit bien plus ici de vie spirituelle dont il est question. Et comment une jeune femme née juive arrive à s'intéresser au catholicisme pour s'y investir pleinement, comment ces deux religions sont compatibles et non antagonistes et pourquoi, et quelle est la place spirituelle d'Israël dans le monde (et c'est finalement plus ici que se place l'hommage attendu dans ce livre).

Surprenant, mais intellectuellement stimulant.
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