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samedi 18 juillet 2026

Trash - vilaines histoires et filles coriaces

4 de couv' :
Ce dernier recueil inédit en français de Dorothy Allison nous permet de replonger avec délectation dans son style incandescent et empli de douceur, et dans cette manière si singulière et touchante de nommer les choses et de raconter des histoires "trash". Ces récits, écrits pour la plupart dans les années 1980, ont été rassemblés par l'autrice elle-même. On y trouve en germe toutes les thématiques que la romancière lesbienne et issue du prolétariat white trash du Sud des États-Unis a traitées dans son oeuvre : la misère sociale, les relations avec les femmes de sa famille, la violence de son beau-père, la sexualité, le rapport à la nourriture, la maladie de sa mère... Des histoires tour à tour jubilatoires et bouleversantes qui nous touchent en plein coeur.


Décidément, j'adore cette autrice. Ne serait-ce que pour l'écriture, simple, mais belle et agréable à lire, avec laquelle elle réussi à faire passer les pires évènements sans jamais tomber dans le pathos. La vie telle qu'elle est les évènements tels qu'elle les a vécus, sans que ce soit juste que les faits - ce qui évite tout description "clinique" des moments évoqués - ni jamais larmoyant. Et souvent, malgré tout, lumineux, plein d'espoir ,et doté un certain humour, subtil. Délicatesse est aussi un adjectif qui me vient à l'esprit.
Sauf dans les scènes de cul, où là elle se lâche plus voire totalement. Son écriture s'adapte aux situations aussi, il faut dire...

Comme pour "Deux ou trois choses dont je suis sûre" j'ai beaucoup apprécié en début de livre la note de traduction qui nous explique certains choix orthographiques (et militants) de la traductrice.  Sans elle, je n'aurais pas autant apprécié cette lecture. L'avoir lu m'a permis de passer outre certains aspects (j'ai toujours beaucoup de mal avec "iels" par exemple) qui m'auraient davantage gênées sans elle.

J'ai encore davantage apprécié l'introduction de Dorothy Allison elle-même qui explique l'origine de ces nouvelles ou récits, et l'évolution de leur écriture.

Chaque chapitre est différent des autres dans ce qu'il raconte mais, autobiographie oblige, forme un tout cohérent et complémentaire. Malgré certains évènements à l'état brut (mais comme je le disais plus hauts, décrits avec intelligence et délicatesse), il en ressort beaucoup d'amour malgré tout. Porula jeune femme qu'elle était alors, et surtout pour les femmes de sa famille.

Et ça, pour moi, c'est le plus beau.
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dimanche 21 juin 2026

La disparue de la réserve de Blackfeet

4 de couv' :
Juin 2017, réserve des Blackfeet, Montaana. Ashley Loring Heavyrunner, vingt ans, se rend à une fête. Sa famille ne la reverra plus. Le police ne s'en inquiète pas. Sa soeur Kimberley se charge de naviguer dans le flot des rumeurs pour démêler les faits. Car, sur ces terres indigènes, au coeur des montagnes, les mères et les soeurs doivent résoudre seules les disparitions des femmes de leur communauté.
Sourde à toutes les demandes, la police ignore l'ampleur des histoires, où chaque famille connaît des disparitions. Avec acharnement, Kimberley persévère, organise des battues, interroge les témoins, luttant pour qu'Ashley ne soit pas oubliée comme tant d'autres avant elle.
Être une femme amérindienne dans une réserve, c'est avoir dix fois plus de risques de se faire tuer que la moyenne aux États-Unis. La journaliste Anaïs Renevier brise le silence qui entoure ces affaires et dessine les contours d'une crise nationale meurtrière.


C'est par une newsletter des éditions 10/18 que j'ai entendu parler de cette série de livres, qui retrace les histoires d'enquêtes criminelles célèbres aux États-Unis. Je dois reconnaître que sur le moment, j'ai trouvé cela un peu morbide de créer une collection dédiée à ce ty pe de sujet. Mais moins hypocrite aussi car au final un certain nombre de livres traitent des mêmes sujets.

C'est donc avec une certaine curiosité que j'ai choisi ce livre. Curiosité pour la façon dont le sujet serait traité. L'autrice est journaliste, et ce livre est vraiment construit comme une enquête journalistique. Elle est claire dans ses propos, méthodique, vulgarise parfaitement le moindre élément un peu complexe, et agréable à lire.

Sur le contenu du livre, je ne dirai pas grand chose de risque de tout divulgâcher à ceux qui comme moi ne connaissaient pas cette histoire, son évolution et ses répercussions. Disons qu'en dehors du cas d'Ashley Loring Heavyrunner, c'est la condition féminine, en particulier dans les réserves américaines - héritières d'un lourd passé génocidaire - dont il est aussi question.

Petit (tout petit) bémol technique : j'aurais préféré que les cartes se trouvent en début d'ouvrage plutôt qu'à la fin, ou au moins qu'il y ait dans le textes des notes de bas de page indiquant les pages où se trouvent ces cartes, le glossaire, etc.

Par contre, une bonne idée que ce QR code qui renvoie au dossier de l'affaire : vidéos, articles, avis de rechercher du FBI, etc. Dossier très, très complet.

Un très bon travail de journaliste, qui donne envie de continuer à suivre le sujet.
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dimanche 19 avril 2026

Avec les fées

4 de couv' :
Les promontoires de Galice, Bretagne, Cornouailles, du pays de Galles, de l'île de Man, de l'Irlande et de l'Écosse dessinaient un arc. Par voie de mer, à bord d'un voilier, j'allais relier les miettes de ce déchiquetage. Sur cette courbe, on était certain de capter le surgissement du merveilleux. Puisque la nuit était tombé sur ce mon de machines et de banquiers, je me donnais trois mois pour essayer d'y voir. Je partais. Avec les fées.

J'avais offert ce livre il y a deux ans à ma mère, pour son 90ème anniversaire. Je l'avais acheté lors d'un passage de l'auteur à Brest pour une séance de dédicace et obtenu cet exemplaire avec dédicace donc. 
Je crois que ça avait bien plus à ma mère, le fait que je me sois déplacée à ma librairie préférée pour aller à la rencontre de l'auteur et délivrer le message qu'elle m'avait confié "si jamais il passe à Brest, tu lui diras que..." - à quel point elle avait aimé "On a roulé sur la terre". Message donc délivré à Sylvain Tesson ce jour-là, ainsi qu'à Alexandre Poussin quelques mois auparavant, lors d'une autre séance de dédicaces, pour un autre livre, offert à Noël celui-là.
J'ai eu l'impression qu'aucun des deux ne s'intéressait à ce que je leur disait (ou peut-être blasés d'être sans cesse ramenés à cette époque de leur vie, après tout ils ont fait tant de choses depuis), mais le message a été délivré, mission accomplie !

Et me voilà deux ans plus tard, héritant de cet ouvrage sur les bras. Je trouvais approprié sur le moment (avec une certaine curiosité aussi) d'enfin lire ce livre que je n'avais jusque là pas oser lui emprunter, car elle le gardait précieusement dans sa chambre. Alors que d'habitude, elle me refilait systématiquement tout livre que je lui offrais. Mais pas les Sylvain Tesson, et surtout pas cet exemplaire dédicacé.
Et j'avais remarqué à quel point les récits de Sylvain Tesson m'avait fait du bien dans le passé quand j'ai eu à une époque des problèmes de boulot et de santé. Rien de grave ni même préoccupant, mais une période pénible à traverser. Sylvain Tesson, grand consolateur par le beau ?

Finalement, j'aurais peut-être dû attendre un peu plus avant de lire cet ouvrage, que j'ai eu un mal fou à lire tant j'avais du mal à me concentrer ces derniers temps. Ma journée de travail de mardi dernier n'a guère été rentable (si mes journées de travail sont censées être rentables), je n'ai pas été un foudre de guerre ce jour-là tant la fatigue - autant physique que mentale - s'est accumulée et a pris le pas sur cette journée-là. Impossible de me concentrer, j'ai travaillé à deux à l'heure et ce n'est pas faute d'essayer.

Tout ça pour dire que j'ai eu beaucoup de mal à apprécier ce récit, mas ce n'est pas dû à la qualité d'écriture de l'auteur. Je n'étais juste pas en capacité de lire ce type d'ouvrages, voire de lire tout court. Là en ce moment je me rabats sur les bandes dessinées et lectures plus légères, mieux acceptées par un cerveau en deuil, lui aussi.
Pourtant, au fil des pages, les choses se sont améliorées, en particulier le chapitre sur l'Irlande, où j'ai enfin pu commencer à me laisser porter par la beauté de l'écriture, des descriptions de paysages, des pensées de l'auteur.

Je le relirai donc, et peut-être même dans sa version illustrée - beau livre - qui me fait de l'oeil depuis les étagères de la librairie...
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dimanche 8 février 2026

Un voyage au Japon

4 de couv' :
Il a parcouru déjà de nombreux pays d'Europe, seul, sur son vélo. Mais, en ce mois de février 2007, Antoine Piazza part plus loin que jamais : à l'extrême bout du monde, dans un pays dont il ne connaît pas la langue. pour découvrir le Japon, il a choisi de sillonner Shikoku, la plus petite des grandes îles de l'archipel nippon, sauvage et montagneuse, à l'hiver plus clément que ses voisines.
Son récit de voyage est une ode à la lenteur et aux heureux hasards, à l'attention au monde et aux autres, composée dans une langue harmonieuse et ample, à l'image des sublimes paysages encadrant cette aventure intérieure.


Je suis très mitigée sur ce livre. Autant l'écriture m'a beaucoup plus, autant ce récit de voyage ne m'a guère enthousiasmée. 

Pour commencer, il n'explique pas pourquoi - ou alors je suis passée à côté -  il choisit de voyager au Japon, qui plus est en plein hiver. Il n'y a pas de carte de son périple non plus, ce qui est relativement frustrant (mais ça c'est peut-être un choix de l'éditeur, on ne sait pas).
J'ai apprécié cependant le lexique en fin d'ouvrage.

L'auteur s'est astreint à faire son voyage à vélo. Si cette idée et les aspects techniques m'ont plu, j'ai eu tout le long de la lecture l'impression que de ce simple fait, il n'a pas apprécié ce voyage. Ce que j'en ai retenu est la fatigue, la douleur, et tout le négatif du trajet : beaucoup de description de paysages urbain. S'il dit par moment qu'il a apprécié tel ou tel paysage, il le décrit à peine, voire pas du tout. J'ai eu l'impression, au risque de me répéter qu'il n'a retenu de son périple que les aspects négatifs.

Il digresse par moment - ce que j'apprécie particulièrement dans les récits - souvent pour partager par comparaison ce voyage avec ceux fait les mois voire les années précédentes. Etrangement, ce sont les passages que j'ai le plus appréciés. J'ai mieux aimé ses anecdotes sur l'Ecosse, les Pyrénées et la Finlande, que celles sur le Japon, pourtant le sujet de ce livre. Et je n'ai pas vraiment appris grand chose sur le Japon. Il a traversé (parfois péniblement) l'île de Shikoku à vélo, point.

Je suis donc un peu déçue de ce livre, car le Japon est un pays qui m'intéresse depuis longtemps pour des raisons personnelles (amicales et familiales) et j'avais hâte de le découvrir à travers les yeux d'un occidental le parcourant à vélo. Tant pis.
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mardi 27 janvier 2026

Little Rock 1957

4 de couv' :
4 septembre 1957, Little Rock, Arkansas :  rentrée des classes sous le signe de la fin de la ségrégation scolaire. Les neuf enfants noirs inscrits au lycée jusque-là réservé aux seuls Blancs sont encerclés par une foule hystérique. La photographie de l'une des Neuf, Elizabeth Eckford, 15 ans, huée et insultée, fait la une des journaux le lendemain. L'Amérique est bouleversée. Le combat pour l'intégration ne fait que commencer, déclenchant une guerre politique qui va ébranler les États-Unis. Les neuf de Little Rock entrent dans l'Histoire en payant le prix fort. Thomas Snégaroff signe un récit captivant et émouvant qui brosse un portrait de l'Amérique d'hier et d'aujourd'hui.

J'ai choisi ce livre car le sujet m'intéressait, et en voyant la couverture, cela m'a rappelé la fin de "Voyage avec Charley", où John Steinbeck, à la toute fin de son périple, et donc de son livre, décrit une scène similaire, 3 ans plus tard, dans une autre ville.
Le fait que l'auteur soit Thomas Snégaroff, dont j'apprécie les interventions dans différentes émissions, et celle qu'il anime, m'a aussi donnée envie de me plonger dans ce livre.

On entend souvent parler de cette partie de l'histoire des États-Unis. Pour ma part je considérais cet évènement comme un moment emblématique de ce pays, celui où la ségrégation commençait enfin à disparaître.
J'avais autant tort que raison.
Emblématique, oui, ça l'est. Mais j'avais largement sous-estimé son impact au niveau local, national, et dans une moindre mesure, international.

Et surtout largement sous-estimé la suite de cette rentrée scolaire pour les Neuf. Je croyais naïvement qu'ils avaient fait leur scolarité certes pas accueillis à bras ouverts, mais tout au plus dans une ambiance hostile, de défiance, de mépris, et dans le meilleurs des cas ignorés.

Mépris, hostilité, mais hélas pas ignorés. Influencés par leurs parents, les autres élèves (pas la majorité mais quand même...) n'ont eu de cesse de les harceler tout au long de l'année scolaire : insultes, crachats, agressions (comment des gamins de 14 ans peuvent-ils avoir l'idée de jeter de l'acide aux yeux d'un autre gamin ?). La photo de couverture est elle-même emblématique de ce jour de rentrée, l'auteur y reviendra régulièrement tout au long du livre.
Les adultes, y compris et à commencer par les politiques ne sont guère mieux, ils attisent leurs propres craintes et haines.
Ils n'en sortent pas grandis et sont jusqu'au boutistes au point d'être pour eux-mêmes et leurs enfants totalement nuisibles et contre-productifs. Médiocres jusqu'à la fin.

Ce livre, parfaitement construit, a également le mérite de nous éclairer d'autant plus que l'auteur le poncture, en les vulgarisant, de connaissances historiques et juridiques. Ceci, sans jamais alourdir le texte.
Mais il n'est guère optimiste et bien que les faits remontent à 1957, il éclaire les États-Unis d'aujourd'hui. Hélas.
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dimanche 2 novembre 2025

Nââândé !?

4 de couv' :
Eriko Nakamura vit à Paris depuis deix ans mais chaque jour ou presque, au restaurant, dans le métro, chez le médecini, lors d'un réveillon d'un mariage, à l'hôtel, chez le boucher, en boîte de nuit ou dans un dîner en ville, elle pousse le même cri : Nââândé !?
Le médecin ? Le "déshabillez-vous !" de nos généralistes est un terrible offense pour les Japonais : extrêmement pudiques, ils se font toujours examiner... en blouse.
Le métro ? Mais où sont-ils, les jours de grève ? À Tokyo, quand les conducteurs débrayent, le trafic est... normal.
Les toilettes publiques ? En découvrant le soin qu'ils apportent à ces lieux, on comprend que les nôtres leur paraissent... Nââândé !?
Avec humour, cette Japonaise fait le tour de nos façons d'être en nous expliquant comment cela se passerait chez elle. Pudeur, raffinement et volonté de en pas se fait remarquer d'un côté. Individualisme, hédonisme et sans-gêne de l'autre. Le choc est nécessairement brutal et les hallucinations permanentes.
Portrait décapant et inédit de la vie parisienne, ces tribulations sont également l'occasion de découvrir, de façon ludique, le Japon au quotidien.


Je suis allée, ou plutôt j'ai découvert Paris il y a une trentaine d'années, lors des fêtes de fin d'année, en même temps que ma copine japonaise, mon homme nous servant de guide.
Inutile de dire que j'ai beaucoup pensé à elle en lisant ce livre.
J'ai moi-même eu un choc culturel là-bas. Le manque total d'amabilité des parisiens (par exemple : ici, à un arrêt de bus, on se dit poliment bonjour en souriant ce qui permet d'entamer la conversation, là-bas, ils manifestent alors de la méfiance voire de l'hostilité et vous font bien comprendre que vous les importunez. Bande de sauvages), l'arrogance et le dédain voire le mépris de certains serveurs, la puanteur du métro (qui s'amplifiait à chaque trajet), et j'en passe... J'ai détesté cette ville et n'y suis jamais retournée...

Avec ce livre, j'en ai appris autant sur la vie parisienne - j'ai donc été rassurée sur le fait que je ne m'étais pas fait de mauvaise idées sur Paris - que sur la vie à Tokyo. Donc double bénéfice en ce qui me concerne.
Dommage cependant  que les comparaisons se limitent à ces deux capitales, je serais curieuse de lire son équivalent d'un étranger découvrant la vie en France ailleurs qu'à Paris et sa région.
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vendredi 21 mars 2025

Loin de chez moi

4 de couv' :
"Sur une route du Donbass, nous venons d'essuyer un tir d'obus. C'est un miracle que nous soyons en vie. Nous roulons, pied au plancher, pour échapper à une nouvelle attaque. Mon téléphone sonne. Il est dans la poche de mon gilet pare-balles. Impossible de ne pas répondre. C'est l'un de mes fils.
Je décroche. Il s'agit d'un problème de cuisson de riz. J'explique ma méthode. Je ne parle pas trop fort, j'ai peur que les membres de mon équipe me prennent pour une folle. Mais ce soir, le riz sera bon à la maison."
Rien ne prédisposait Maryse Burgot, fille d'agriculteurs bretons, à sillonner le monde au péril de sa vie. Les directs et les reportages de cette évadée de son milieu d'origine sont, depuis les années 1990, des rendez-vous incontournables des téléspectateurs de France 2. Avec sa voix singulière et son approche de l'information, elle s'est définitivement installée dans nos salons le soir à 20 heures.
Des Balkans à l'Ukraine en passant par l'Afghanistan, l'Irak, la Syrie et le conflit israélo-palestinien, Maryse Burgot a couvert les plus grands conflits de notre époque. Correspondante de France Télévisions à Londres, puis à Washington, pour concilier ses aspirations familiales et professionnelles, Maryse Burgot montre aussi l'espoir qui résiste au coeur des catastrophes et nous fait vivrele grand reportage dans son versant le plus noble.


Si j'ai apprécié cette lecture, j'ai été un peu frustrée car je m'attendais à ce que soit davantage décrit le parcours de l'autrice : ce qui 'a amenée à suivre cette voie, un peu de ses études, et surtout ses tout premiers postes. Cela n'est hélas que tout juste évoqué.

Qui plus est, le récit n'est pas tout à fait chronologique, du moins au départ, ce qui au final n'est pas si dérangeant et est finalement assez cohérent.
Est particulièrement intéressant le parallèle entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle, montrant à quel point ce métier rend difficile la possibilité de concilier les deux... De son point de vue visiblement, car ses enfants n'ont pas l'air de lui reprocher ses absences, et semblent au contraire étonnés de son inquiétude à ce sujet.

Chaque chapitre retrace un évènement marquant dans le monde, certains plus dramatiques que d'autres. Ce livre m'a permis de (re)découvrir un certain nombre de contextes géopolitiques qui trouvent leur aboutissement actuellement. Et donc mieux comprendre le contexte actuel.

Agréable à lire, ce témoignage est aussi intéressant qu'instructif.
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dimanche 29 décembre 2024

La panthère des neiges (beau livre)

4 de couv' :
"Il y a une bête au Tibet que je poursuis depuis six ans, dit Munier.
Elle vit sur les plateaux. Il faut de mongues approches pour l'apercevoir.
J'y retourne cet hiver, viens avec moi.
- Qui est-ce ?
- La panthère des neiges, dit-il.
- Je pensais qu'elle avait disparu, dis-je.
- C'est ce qu'elle fait croire."


Certes, j'avais déjà lu ce livre en 2020, dont je me suis fait offrir cette version par la suite, ne résistant pas à ce bel ouvrage et surtout ses photos.

L'ensemble se complète admirablement bien, et je dois reconnaître que les magnifiques photos de Vincent Munier m'ont d'autant mieux fait apprécier le texte de Sylvain Tesson.

Si le talent de ce dernier pour décrire - les paysages ou la moindre partielle de choses, personnes ou animaux observés - n'est plus à louer, je dois avouer qu'il est parfois frustrant de se contenter de descriptions. Au cours des lectures de ses récits de voyage, on a envie de "voir" ce qu'il a vu et si évidemment on ne va pas se précipiter sur place le livre en main, le fait de ressortir ses livres en version illustrée avec les photos du voyage, quand ce n'est pas en film, est une excellente initiative (et très lucrative pour l'éditeur, oui je sais, je ne suis pas naïve).

Et en ces temps d'hiver, rien de plus approprié qu'un livre se déroulant dans un pays de neige, le meilleur livre qu'on puisse trouver en ces fêtes de fin d'année. Bulle de douceur, beau texte, superbes photos, ma meilleure idée de lecture de décembre.
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dimanche 20 octobre 2024

Sanaaq

4 de couv' :
L'auteur, Mitiarjuk Napaaluk, est une femme inuit née en 1931 dans la région Kangirsujuaq, au Nunavik. C'est une des personnalité les plus extraordinaires de l'arctique canadien. Sans jamais avoir fréquenté l'école, elle a appris l'écriture syllabique inventée par des missionnaires et a écrit, dans les années 1950, le premeir roman inuit  Sanaaq. Publiée en 1983 dans une édition en syllabique, cette oeuvre est restée, jusqu'à aujourd'hui, inconnue du grand public. Artiste renommée, Mitiarjuk a reçu en 1999 le Prix National d'excellence de la Fondation nationales des réalisations autochtones, et, en 2000, un doctorat honoris causa de la Faculté d'Éducation de l'Université McGill, pour sa contribution à la Commission scolaire Kativik, dans le domaine de l'éducation et de la culture.
(...)
Sanaaq est le nom de l'héroïne, dont on suit, tout au long du récit, les heurs et malheurs avant et après l'arrivée des premiers Blancs en pays inuit. À l'image de Mitiarjuk, c'est une femme forte et équilibrée, sensible et déterminée qui nous fait découvrir de l'intérieur, comme aucun Occidental, fût-il anthropologue, n'a encore pu le faire, la vie et la psychologie des Inuit confrontés à une nature extrême, à la nécessité de partage et à l'envahissement de leur territoire par les Blancs et leur civilisation.


Nouvelle petite trouvaille de la dernière braderie des médiathèques de Brest. J'ai me découvrir de nouvelle civilisations, de nouveaux auteurs, issus de nouveaux horizons. Là pour le coup, je suis servie et n'ai pas hésité longtemps avant d'ajouter ce livre à ma pile.

La lecture de ce livre fut pour moi assez ardue pour les deux tiers en raison de l'écriture que je n'ai pas trouvé agréable à lire. Les chapitres semblent être une succession d'anecdotes, il y a beaucoup de dialogues - encore que pour une fois, cela m'ait moins dérangée que pour d'autres romans -, ce qui donne une certaine dynamique, mais cela manque du coup de narration et surtout de descriptions ou explications pour mieux comprendre. Comme la vie des Inuit de cette époque, l'écriture est âpre, directe, sans fioriture. Un peu trop pour le coup, ou pour moi en tout cas. Cela est très différent dans le dernier tiers du livre, dont l'écriture est un revirement complet : plus travaillé, plus de narration, plus fluide. Surprenant.

Cela étant, bien qu'il s'agisse d'un roman, la grande qualité de ce livre est de permettre au lecteur de s'immerger dans la vie quotidienne des Inuit de cette époque : leurs coutumes, leur façon de vivre en famille, leur société, leurs valeurs. Rien que pour ça, ce livre est inestimable. La transition entre leur vie entre eux et l'arrivée des occidentaux, ce qui en découle est un moment charnière de leur histoire.
J'ai vite compris que ce roman (confirmé dans la postface) contient beaucoup du vécu de l'autrice.

Pour bien comprendre et apprécier ce livre, il est clair que la préface et la postface sont assez intéressantes (cette dernière contenant des éléments que j'aurais souhaité avoir lu dans la préface, même si je comprends le choix de la maison d'édition).
Une bonne idée également que le lexique inuit en fin de livre.

Si ce livre ne correspond pas à mes goûts littéraires, il reste intéressant d'un point de vue ethnologique pour la curieuse que je suis.
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jeudi 15 août 2024

Fille de samouraï

4 de couv' :
À travers Fille de samouraï, Etsu Sugimoto raconte son enfance au sein d'un Japon traditionnel dans lequel elle doit s'affranchir des pesanteurs sociales et culturelles imposées aux femmes de son époque. De Nagaoka dans la province d'Echigo (qui signifie "derrière les montagnes") à Cincinnati aux États-Unis où elle épouse un marchand japonais expatrié, elle revient sur son parcours singulier où elle a dû conquérir sa liberté.
Experte en culture japonaise, Amélie Nothomb a saisi dans la préface toute l'importance de ce témoignage. Selon elle, la fille du samouraï "subit toutes les contraintes du samouraï lui-même sans bénéficier d'aucun de ses privilèges". L'auteur de Stupeur et tremblements ajoute : "Un autre temps y est contenu. J'ai pris un plaisir immense à me plonger dans la prose délicate et minutieuse d'Etsu. Elle est irrésistible". Autant dire toute l'importance de cette autobiographie pionnière.


Dans ce livre, ce n'est pas tant la biographie d'une japonaise de la fin du XIXème siècle que l'on découvre, mais bien une partie de la société japonaise de cette époque, avec ses us et coutumes. L'autrice, tout en se racontant, arrive à se mettre suffisamment en retrait pour parler de son pays et d'une partie de sa société, de son milieu, de son siècle.

Elle réussit le tour de force de suivre une chronologie... et pas du tout. Tout en déroulant le cours de sa vie chronologiquement, le moindre détail est prétexte à relater une anecdote plus ancienne.

J'ai adoré sa comparaison entre les différences culturelles américaines et japonaise, faite non sans malice parfois effectivement.

Et si son récit s'arrête bien avant que ses enfants deviennent adultes et qu'elle-même soit une vieille dame, et qu'il est surtout basé sur nombre d'anecdotes, cela reste plaisant à lire et construit intelligemment.

Une de mes meilleures lectures de cet été, pour ne pas dire de cette année.
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lundi 5 août 2024

Chanter, swinguer, faire la bringue comme à Noël

4 de couv' :
Le coup de téléphone est arrivé, et mon coeur a cogné contre mon sternum. J'avais le rôle. J'avais fait mon entrée dans le show-business ? (...) Ma seule hésitation, c'était Clyde. Maman et Lottie m'ont alors proposé de s'occuper de lui. (...) J'ai accepté cette solution en me disant que lorsque j'aurais "percé", et j'y comptais bien, je louerais un grand appartement àManhattan et engagerais une gouvernante pour mon fils. Et pendant mes tournées à l'étranger, je l'emmènerais, avec la gouvernante et pourquoi pas un professeur particulier. Ma vie s'ordonnait ainsi aussi résolument que les marches d'un escalier de marbre, et ke m'apprêtais à grimper jusqu'aux étoiles.
Dans ce troisième roman autobiographique, Marguerite Johnson, mère célibataire de vingt ans, devient Maya Angelou - et fait son entrée dans le monde du spectacle.
Porté par une voix inimitable, ce récit à la fois drôle et léger, politique et profond, nou spermet d'assister à la naissance d'une icône. Et Maya Angelou nous livre avec tendresse, mais aussi beaucoup d'humour et de clairvoyance, un portrait émouvant de la jeune femme qu'elle était.


Trouvé par hasard lors de mes déambulations dans ma librairie préférée, je dois avouer que je n'ai hésiter à acheter ce tome que quelques jours. Déjà, parce qu'il me semblait que j'avais déjà tout lu de Maya Angelou, ensuite parce que je voulais vérifier d'abord qu'il s'agit bien d'un inédit, enfin parce que concernant son autobiographie, les autres volumes en ma possession sont en poche.
Donc oui, c'est bien un inédit (du moins en France), et pour la version poche, eh bien, euh... je n'avais pas l patience d'attendre sa sortie.

Je trouvais que dans ses écrits il manquait de détails de sa rencontre et sa vie avec son mari d'origine grec, qui va lui donner son nom, et au final après une légère modification, son nom de scène. De sa vie d'artiste, en particulier dans les cabarets et la troupe de "Porgy and Bess", même chose.

Ce volume comble donc ces manques.

Passons sur l'écriture, comme toujours impeccable et magnifique (de même évidemment pour la traduction) et concentrons-nous sur le récit en lui-même. Comme toujours, Maya Angelou nous livre ses souvenirs avec autant d'objectivité que possible et surtout une bonne dose d'autodérision. J'ai beaucoup rit à certains passages, me suis émerveillée comme elle lors de sa tournée européenne, et ai partagé ses réflexions et observations.

Un vrai dépaysement, avec intelligence et brio.
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mardi 30 avril 2024

Warda

4 de couv':
Venu rendre visite à des parents dans le sultanat d'Oman, le narrateur cherche vainement la trace de Warda et de son frère Yaarob, deux Omanais qu'il a connus à l'université du Caire les les années 1950 et qui, militants de gauche, se sont engagés dans les années 1960 dans ce qui allait devenir la guérilla de Dhofar. Quand il désespère de jamais les retrouver, il est abordé par un jeune homme qui lui remet des pages du journal intime de Warda. Sa propre quête se double dès lors du récit de la jeune femme qui raconte l'épopée des guérilleros du Dhofar, des premières victoires à la reprise en main par le nouveau sultan.
Courageuse, lucide, belle, Warda veut changer le monde. A travers  ce personnage vibrant, l'auteur rend un magnifique hommage à l'idéal révolutionnaire des années 1960 et à ceux qui y ont sacrifié leur jeunesse et parfois leur vie.


Aussi dur à lire qu'instructif !
Dur à lire pour moi qui n'ai pas toutes les références historiques et culturelles des pays du Moyen-Orient, même si ce livre reste quand même abordable. Il faut juste prendre son temps pour le lire car il y a un certain nombre de données à assimiler, et j'ai d'autant plus ralenti ma lecture durant les 100 premières pages, que j'ai beaucoup fait de recherches de cartes et biographies pour bien comprendre l'ensemble.

En dehors de ce petit - et pas insurmontable - souci, ce livre est très intéressant pour tous ceux qui aime l'histoire et s'intéressent à la culture d'autres pays.

Si on garde à l'esprit que l'auteur et les narrateurs ont tous été des militants communistes, ce roman-récit a été pour moi une vraie découverte historique et m'a beaucoup appris. Je n'ai pas tout retenu, loin s'en faut, mais il m'a permis de mieux comprendre les pays du Moyen-Orient. Cela m'a replongé aussi à la période de la Guerre Froide, et remémoré (on oublie vite !) ce que cela impliquait.
L'action des Etats-Unis, celle de l'URSS, et sont aussi écornées au passage les compagnies pétrolières (françaises incluses).

Le journal de Warda nous fait découvrir le quotidien de guérilleros, ainsi que celle des populations rencontrées. Par petites touches, ou allusions, on apprend beaucoup sur les conditions de vie des habitants. Comme quoi de longues descriptions sont moins parlantes que de simples petites phrases.

Vraiment, une belle trouvaille que ce livre, acheté un peu par hasard lors de la dernière braderie des médiathèques de Brest.
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vendredi 12 avril 2024

Lebensborn

4 de couv' :
Il y avait deux programmes nazis secrets :
le premier avait pour but d'exterminer les juifs dans des camps,
le second de faire naître des aryens dans des maternités.

C'est quand même un tour de force que de réussir à mettre de l'amour et de la poésie sur un sujet qui au départ en est tellement dénué.

Les dessins, les couleurs, le scénario, les textes et dialogues en font une histoire très douce, très forte aussi, d'où ressort un profond amour familial (du moins pour un côté de la famille).

Contrairement au diction, toute vérité est bonne à dire. Surtout aussi joliment.
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mardi 26 décembre 2023

Sibérie, ma chérie

Pas de 4 de couv' !


C'est un peu par hasard que j'ai acheté ce livre. J'en cherchais un autre du même auteur sur un site de bouquinerie en ligne et je suis tombée sur 2-3- autres disponible au même moment. L'occasion fait le larron dit-on.

Ayant lu beaucoup des Sylvain Tesson sur ses voyages en Russie, c'est d'abord la curiosité qui m'a attirée, plus que la couverture, il faut bien dire.

A la réception, j''ai eu la surprise de constater qu'il se présente sous la même format que des carnets type "Moleskine" qui sont, sauf erreur de ma part, ceux utilisés par l'auteur pour ses notes ou journal de voyage.
Je l'ai lu cette semaine : le beau cadeau de Noël que je me suis fait là !

Ils s'y sont mis à quatre pour ce volume : Sylvain Tesson pour les textes, Thomas Goisque pour les photos et Bertrand de Miollis et Olivier Desvaux pour les peintures.

Les textes viennent essentiellement de différents ouvrages de Sylvain Tesson dont "Dans les forêts de Sibérie", "L'axe du loup", "Vérification de la porte opposée", "Eloge de l'énergie vagabonde", "Une vie à coucher dehors", quelques articles de journaux ou magazines... Et quelques inédits aussi.

Les photos et peintures sont magnifiques et on ne sait vite plus lesquels met en valeur les autres : les illustrations ou les textes ?
La bonne idée de ce livre est de reprendre en fin de volume chaque photo ou volume sous forme de vignette en y ajoutant une citation supplémentaire, et surtout le lieu ou les personnes représentées, et l'ouvrage ou article dont le texte est issu.

Ce livre est en tout cas pour les amateurs des textes de Sylvain Tesson, un formidable complément des ouvrages cités, un vrai petit bijou pour tous ceux qui ont déjà lu ses ouvrages.
Et pour les autres, une très belle mise en bouche qui ne peut que donner envie de les lire.

A renouveler.
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dimanche 27 août 2023

Blanc

4 de couv' :
Avec mon ami le guide de haute montagne Daniel Du Lac, je suis parti de Menton au bord de la Méditerranée pour traverser les Alpes à ski, jusqu'à Trieste, en passant par l'Italie, la Suisse, l'Autriche et la Slovénie. De 2018 à 2021, à la fin de l'hiver, nous nous élevions dans la neige. le ciel était vierge, le monde sans contour, seul l'effort décomptait les jours. Je croyais m'aventurer dans la beauté, je me diluais dans une substance. Dans le Blanc tout s'annule -  espoirs et regrets. Pourquoi ai-je tant aimé errer dans la pureté ?


Pas mon préféré de Sylvain Tesson, dont j'ai cependant comme toujours apprécié l'écriture, ainsi que le partage de ses pensées au fil de la marche.
Intéressantes aussi ses descriptions de l'effort fourni, les rencontres au fil des étapes.

Un bon moment de lecture.
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lundi 24 juillet 2023

Avant d'aller dormir chez vous

4 de couv' :
"Quand rien n'est prévu, tout est possible". De cette devise, Antoine de Maximy a fait une vie d'aventures et d'évasion. Ancien reporter de guerre, il a plongé en sous-marin au fond du Pacifique, dormi à la cime des arbres enAmazonie, ou dans les fumées d'un volcan africain ; exploré la calotte glaciaire du Groenland, les tépuis du Vénézuéla ou ou les coulisses du métro parisien ; filmé les bipèdes que nous sommes mais aussi nos cousins les singes.
Sans frontières, sans limites, il ne se lasse pas de rencontrer et de raconter l'autre, toujours dans le respect. Plus encore qu'un carnet de route, il nous livre aujourd'hui son carnet de vie !

J'aime beaucoup l'émission "J'irai dormir chez vous", c'est donc tout naturellement que je me suis intéressée à ce livre.

Au delà de la simple biographie, qui nous permet de mieux connaître le personnage et donc ce qui l'a amené à créer cette émission, c'est aussi une découverte de différents métiers, et des différentes facettes de reportages et documentaires que j'ai découverts ici. Difficile de regarder maintenant les uns et les autres comme avant maintenant, et c'est tant mieux !
Je me suis toujours intéressée à comment se faisait les choses (quel que soit le métier d'ailleurs), ici je suis servie...

Les aspects techniques sont tellement bien vulgarisés qu'ils ne sont absolument pas ennuyeux et immédiatement compréhensibles.

Antoine de Maximy se livre sans fard, avec l'humour qu'on lui connaît.
J'ai souri quand il dit que la dernière émission tournée en 2009 serait sans doute la dernière tout court...
J'admire aussi sa capacité à surmonter ses craintes, peurs, voire phobies !

Un bon complément de l'émission, un nouvel angle pour l'aborder.


Et toujours pour compléter l'émission, ces deux livres (carnets de route de chaque émission tournée et diffusée), offerts à mon homme que j'ai réussi à contaminer, et que je lui pique de temps en temps :


Il faudra que je vous parle du film aussi...
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samedi 15 juillet 2023

La boîte noire


4 de couv' :
Au Japon, porter plainte pour viol est synonyme pour les femmes de véritable suicide social. Une femme a pourtant pris le risque de parler à visage découvert.
En 2015, Ito Shiori a 26 ans, elle est journaliste. Un soir, elle rejoint N. Yamaguchi - directeur dans une grand chaîne de télévision et proche du Prmier ministre - au restaurant pour parler affaires. Quelques heures plus tard, elle reprend conscience dans une chambre d'hôtel, en train de se faire violer.
Confrontée à la mauvaise volonté des pouvoirs publics et au silence des médias, Shiori mènera seule l'enquête sur sa propre affaire.
Le livre que vous avez entre les mains est son histoire, sa voix, et surtout son combat pour faire changer le regard que porte la société japonaise sur les victimes d'agressions sexuelles.
Ito Shiori est aujourd'hui le symbole du mouvement #MeToo au Japon et a été élue par le Times l'une des 100 personnalités les plus influentes de l'année 2020.

Au delà d'un témoignage sur le viol subie par l'autrice et sur les conséquences de cette agression sur la victime et son entourage, ce livre est surtout une réflexion sur la prise en charge policière, judiciaire, médicale, associative de ce type de crime. Et sur la façon dont il est perçu dans la société.

Certes, il s'agit ici du Japon, mais l'autrice pousse plus loin sa réflexion, de façon plus globale en comparant aussi à ce qui est fait dans d'autres pays (sans cependant trop s'appesantir dessus, ce qui aurait brouillé la lecture).

Ce texte est très factuel, dénué de pathos, mais sans empêcher le lecteur de ressentir de l'empathie. De ce sujet, elle n'oublie aucun aspect.
Elle décrit les choses sans fard, avec une grande objectivité, et donc une très grande crédibilité. 

Même si ce livre s'adresse d'abord aux lecteurs japonais, le thème est hélas suffisamment universel mais aussi ici bien traité pour être accessible à toutes et tous sur cette planète.

Sur la notion de victime : elle rejette, comme beaucoup d'autres, ce terme de victime car il ne correspond pas à sa personnalité.
Je me suis souvent fait la réflexion que ce terme n'est pas en fait la perception que l'on se fait de la personne (pauvre petite chose fragile que l'on doit secourir ou protéger ou je ne sais quelle autre perception), mais bien plutôt le terme juridique qui permet de déterminer à laquelle des deux parties la procédure doit déterminer la personne : si on me vole mon sac à main, oui je serais la victime d'un vol, le voleur étant le coupable.
C'est la façon judiciaire de distinguer chaque partie l'une de l'autre, et pour moi n'a rien à voir avec leurs personnalités.

Et victime-petite-chose-fragile, elle ne l'est certes pas ! Je retiens d'elle son intelligence, sa pugnacité et son courage, car malgré les moments de faiblesse, inévitables, elle continue d'avancer et d'en faire un combat, devenant moteur du mouvement MeToo dans son pays.
Celui qui l'a agressé ne s'est décidément pas attaqué à la bonne personne s'il voulait s'en sortir facilement...

Bravo.
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vendredi 16 juin 2023

Funérailles célestes


4 de couv' :
Funérailles célestes est une histoire d'amour et de perte, de loyauté et de fidélité au-delà de la mort. Xinran dresse le portrait exceptionnel d'une femme et d'une terre, le Tibet, toutes les deux à la merci du destin et de la politique.
En 1956, Wen et Kejun sont de jeunes étudiants en médecine, remplis de l'espoir des premières années du communisme en Chine. Par idéal, Kejun s'enrôle dans l'armée comme médecin. Peu après, Wen apprend la mort de son mari au combat sur les plateaux tibétains. Refusant de croire à cette nouvelle, elle part à sa recherche et découvre un paysage auquel rien ne l'a préparée - le silence, l'altitude, le vide sont terrifiants. Perdue dans les montagnes du nord, recueillie par une famille tibétaine, elle apprend à respecter leurs coutumes et leur culture. Après trente années d'errance, son opiniâtreté lui permet de découvrir ce qui est arrivé à son mari...
Quand Wen retourne finalement en Chine, elle retrouve un pays profondément changé par la Révolution culturelle et Deng Xiaoping. Mais elle aussi a changé : en Chine, elle avait toujours été poussée par le matérialisme ; au Tibet, elle a découvert la spiritualité.


L'autrice, journaliste, est beaucoup connue pour ses livres recueillant des témoignages, en particulier ceux de femmes, notamment dans son ouvrage "Chinoises". Comme elle l'explique en préambule, celui-ci méritait un livre entier.

Autant j'ai aimé lire ce récit, car on n'a qu'une en vie, c'est savoir ce qu'il vase passer dans le chapitre suivant, autant j'ai été parfois un peu perplexe.

Certes, il arrive parfois dans la vie que la vie justement ressemble à un roman, et ici par moment j'ai trouvé que le hasard a vraiment bien fait les choses, tellement il place sur sa route au bon moment les bonnes personnes.
Je crains que ce livre ne rebute les sceptiques. Pour ma part, expériences familiales diverses et variées obligent, je ne suis presque pas étonnée de sa bonne étoile. Ça et le fait que vivre une vie nomade pendant 30 ans (à propos, l'autrice aurait pu être plus clair sur le temps passé : j'avais compris quelques années, pas quelques dizaines !) lui a certainement permis de raconter son histoire à nombre de personnes, permettant de créer ainsi au fil du temps, à la nomade, le réseau indispensable pour aller au bout de sa quête. Cela n'est pas explicitement dit dans le livre et on a plutôt l'impression que oui, en effet, elle doit tout à la chance.

Cela étant, une histoire prenante, qui serait digne d'un grand roman.
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lundi 30 janvier 2023

Vladivostok


4 de couv' :
Lorsque Cédric Gras descend du Transsibérien, il découvre Vladivostok, déçu de ne pas trouver le bout du monde auquel il s'attendait. Cette désillusion va initier une exploration patiente des lieux, le temps que se dévoile l'âme russe. Saison après saison, ni les déboires liés à son installation, ni la laideur première des rues n'empêcheront le jeune expatrié d'être envouté par cette ville de rêve.
Hymne à l'extrême-Orient russe et à ses habitants, Vladovostok est le récit d'une fascination grandissante pour une terre méconnue.

 J'ai reçu ce livre parmi les (nombreux) cadeaux de Noël de mon homme (pourrie gâtée, etc.). Il sait que j'aime les récits de voyage, et quand il a vu ce livre et que la préface était rédigée par Sylvain Tesson, il n'a pas hésité à me l'offrir.
L'auteur est d'ailleurs Cédric Gras, qui a participé au périple retracé dans "Bérézina" justement par Sylvain Tesson.

En dehors de ces bons augures et d'une très belle écriture, je dois dire que je n'ai pas complètement accroché à ce récit. Qui d'ailleurs ne parle pas de voyage, mais bien de Vladivostok et autres considérations géographiques sociales, saisonnières, culturelles etc. de ce bout de la planète et ses habitants. Pour l'anecdote, m'a bien agacée la comparaison entre les femmes françaises (pas à leur avantage) et les femmes russes.
Si ce récit se fait plus ou moins en suivant les saisons, les différents chapitres donc thèmes abordés n'ont pas de liaison entre eux. A part la ville elle-même bien sûr.

Ajoutez à cela ma difficulté à retenir et identifier les différents noms et une désespérante absence de cartes, et vous comprendrez que l'auteur a vite perdu la lectrice que je suis. Sur les cartes, je préfère que l'auteur présente aux lecteurs ses propres cartes avec des points de référence généraux et ceux évoqués dans le livre plutôt que de laisser les lecteurs se dépatouiller avec Internet, dictionnaires et autres mappemondes.
L'auteur sait de quoi il parle, mais perd parfois le lecteur (bon d'accord, surtout moi) en cours de route.

Si je parais dure, c'est surtout que je suis déçue car je sens qu'il ne manquait pas grand'chose pour que j'aime vraiment ce livre, servi, j'insiste, par une très belle écriture.
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dimanche 25 décembre 2022

Espaces sauvages


4 de couv' :
C'était le rêve d'un petit garçon du Midwest. Ce rêve, trente ans plus tard, Jim Fergus l'a réalisé : 5 mois de chasse itinérante sur le continent nord-américain. 30 000 kilomètres, 24 états - du Maine au Montana, en passant par New York et la Floride - avec son truck, son fusil et son chien Sweetzer, ainsi que tous les anonymes, écrivains et passionnés croisés au fil de la route.
Entre forêts, marais, diners et bivouacs, Jim Fergus nous entraîne dans une balade sauvage qui révèle "le vrai monde derrière l'Amérique"...


Ce fut un voyage très agréable, en  bonne compagnie, que la lecture de ce livre, que j'avais acheté après avoir fini "Mon Amérique", qui m'avait tout autant enthousiasmée.

Si j'appréhendais un peu le côté chasse du périple, il a été largement tempéré par le respect du chasseur envers le gibier, et surtout par ses piètres qualités de tireur (quand il ne laisse pas les oiseaux s'échapper volontairement).

Ce fut aussi très instructif. S'il donne parfois son opinion, il laisse largement la place à tous les acteurs de la chasse, et par là j'inclus largement (comme lui-même) les anti-chasse. Les différents types de chasseurs, les biologistes, les écolos, les agriculteurs de toutes sortes, etc.
Pas d'opinion tranchée ici, le lecteur peut se faire sa propre idée. Sauf peut-être sur la façon de dresser un chien, dénigrant certaines méthodes, parfois s'interrogeant sur l'efficacité de certaines pratiques.

Le seul avis véritablement donné est celui-ci : respecter la faune locale et surtout sa flore, mise à mal par certains agriculteurs, ou écolos urbains qui ne connaissent pas la faune qu'ils prétendent défendre... Ces derniers détruisant par ignorance, car faute d'étude du terrain, leur habitat naturel.

La nature, les paysages, les spécificités naturelles de chaque état traversés, l'esprit de la chasse (la vraie, pas celle instituée sous forme d'industrie touristique pour nantis), sont ici mis en valeur.

Beaucoup de réflexion aussi sur la préservation de l'environnement, ce qui lui porte atteinte et pourquoi.

Ce livre a été écrit en 1992. Dans un des numéros de son excellent magazine "America", François Busnel avait abordé ce sujet également et j'y ai (hélas) retrouvé beaucoup de ce qui est exposé dans ce livre.

Une réflexion à poursuivre, un livre de référence.
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