lundi 31 août 2026

Le principe de réalité ouzbek


4 de couv' :
"Madame,
J'ai bien reçu votre lettre datée du 5 avril m'informant que ma candidature au poste de professeur de français et de philosophie au lycée de Tachkent (Ouzbékistan), en dépit de ses nombreuses qualités, n'avait pas été retenue. J'ai pris acte de vos regrets et de votre respect profond. Je suis cependant moi-même au regret le plus sincère de vous informer que je ne peux accepter votre refus. Ma décision est irrémédiable : je prendrai le poste, il faut que vous en soyez convaincue". Car il existe certaines circonstances qui imposent qu'une femme d'une trentaine d'années s'embarque avec son mari et ses deux enfants dans l'aventure de l'exil en terre ouzbèke.
Tiphaine le Gall, dans ce roman épistolaire à une seule voix, nous raconte un rêve d'ailleurs et de renouveau. Au fil de cette lettre inattendue et sensible se dessinent les hésitations et les espoirs d'une jeune femme partagée entre les élans de son coeur et ses doutes, résolue à faire de sa vie un roman.


Quelle écriture magnifique ! J'en étais arrivée à un point dans ma lecture que l'histoire racontée était moins importante que la façon de l'écrire.

Sur l'histoire, j'ai été induite en erreur par mon ressenti du quatrième de couverture. Je m'attendais à un échange épistolaire relativement comique entre la narratrice et sa correspondante (je m'agace, tu m'agace, nous nous agaçons).

En fait, de lettre, il n'y en a qu'une, qui fait tout le livre, donc pas de chapitres. Si le début paraît comique tellement semble saugrenue la fin de la première phrase (voir quatrième de couverture, donc), ce n'est pas l'ambiance générale du roman ni finalement le thème principal.
Je n'en dirai pas plus pour ne rien divulgâcher, mais ce roman est très introspectif, et l'autrice est tellement douée que ce n'est pas ennuyeux, et surtout, on s'y retrouve forcément tant elle sait décrire avec minutie et simplicité les sentiments humains les plus complexes.

La narratrice étant prof de français, nous avons droit à de nombreuses (mais pas trop) références littéraires et philosophiques, qui sont pour moi autant de petites cerises sur le gâteau.

L'autrice est brestoise, le premier salon littéraire de Brest se tient dans peu de temps, j'espère qu'elle sera présente pour la rencontrer, lui di re à quel point j'aime son écriture, et repartir avec une dédicace !

Une bonne surprise, une belle découverte !
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samedi 29 août 2026

Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l'ouest par des chemins, à l'est par un cours d'eau

4 de couv' :
Après avoir découvert son existence dans un célèbre livre illustré intitulé Cent beaux jardins, le petit-fils du prince Genji part à la recherche du "jardin caché". Le récit de sa visite est une déambulation poétique à travers un paysage à la faune et la flore sublimées, dont la délicatesse évoque l'art extrême-oriental ancestral.
Ce livre rare et inclassable mêle le mystère d'un labyrinthe textuel à l'émerveillement d'un livre d'images.


J'ai acheté ce livre pour différentes raisons : la couverture m'a attiré l'oeil dans mes déambulations dans la librairie, je connais peu voire pas du tout la littérature hongroise, l'auteur est prix Nobel de littérature, tout cela me donnait envie de le découvrir. Et il fait moins de 200 pages.

Ce livre est un ovni et me bouscule dans mon train-train de lectures habituelles, et c'est très bien ainsi.

Nous errons avec le personnage central dans sa recherche du fameux jardin, nous déambulons avec lui et dans la longueur des phrases de ce court roman (la première fait trois pages...).

L'écriture est très belle, et même si la plupart des phrases sont encore plus longue que le titre, on se laisse porter par sa qualité, sa musicalité.

Certaines séquences et le contexte restent pour moi un mystère, la phrase de conclusion aussi. J'ai eu du mal à situer l'époque où cela se passe (et m'interroge encore), mais ce n'est pas si important au final.

Un roman intrigant, qui laisse au lecteur sa libre interprétation  de l'ensemble et une très belle plume.
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dimanche 23 août 2026

Au nord de la frontière

4 de couv' :
Victor Landis est shérif dans une petite ville de Géorgie. Solitaire, il voue son existence au travail. Pour tout famille, il ne lui reste que son frère, Franck, qu'il  n'a pas vu depuis douze ans à cause d'une brouille. Lorsque Franck est retrouvé mort dans des circonstances étranges,  Victor découvre que ce dernier avait une femme et une fille dont il ignorait l'existence. C'est pour sa nièce qu'il doit en savoir plus. Il s'immerge alors au coeur des communautés isolées des Appalaches, où la drogue, les trafics en tout genre et la corruption sont omniprésents et où de jeunes adolescentes sont assassinées...

Si ce polar n'est pas mon préféré de cet auteur, j'en ai cependant apprécié la lecture. Malgré quelques longueurs et une fin qui m'a un peu dérangée sur le côté revanchard, j'ai retrouvé avec plaisir l'écriture et le développement d'un polar typique de cet auteur.

L'histoire est assez convenue, mais je me suis demandé une bonne partie du livre qui pouvait être derrière les meurtres de Franck et des adolescentes.

Un polar distrayant pour cet été.
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dimanche 2 août 2026

Au carrefour des étoiles

4 de couv' :
Au sommet d'une falaise escarpée du Wisconsin se dresse la ferme Wallace, inchangée depuis plus d'un siècle. D'aussi loin qu'on s'en souvienne, son propriétaire, Enoch Wallace, n'a lui non plus pas pris une ride. Et pour cause, la bâtisse, qui n'a de ferme que l'aspect, abrite un relais spatial où le temps s'écoule différemment. Des voyageurs galactiques y transitent quotidiennement, passant parfois quelques heures en compagnie du gardien des lieux et le régalant de leurs incroyables histoires. Mais depuis deux ans, l'agent fédéral Claude Lewis enquête sur cette anomalie. Le jour où il se décide à passer à l'action, il déclenche sans le sa voir une chaîne d'évènements aux conséquences dramatiques. Car dans ce petit coin d'Amérique oublié par la modernité, c'est rien de moins que le sort de l'humanité qui se joue...


Décidément, j'aime beaucoup cet auteur. Autant j'ai du mal avec les ouvrages de science-fiction car connaissant mal le genre, j'ai parfois du mal à faire le tri entre les bonnes oeuvres et les médiocres, et parmi les bonnes, ce qui peut le plus m'accrocher.
Simak est donc pour moi une valeur sûre du genre.

Et de tous ceux que j'ai lus jusqu'ici, celui-ci est mon préféré. Beaucoup de réflexions sur l'humanité, ou pour mieux dire, sur ce qu'est être humain.
Si vous vous attendez à beaucoup d'action et de rencontre avec des extra-terrestres, vous risquez d'être déçus. Mais le roman est prenant, ne manque pas de rythme, et l'écriture admirablement servie par une belle (nouvelle) traduction.

Sur le rythme de l'histoire, le roman a deux narrateurs au tout début du livre et les chapitres narratifs alternent parfois avec les extraits des journaux d'Enoch Wallace.
On en apprend tout au long du livre sur la vie dans cette station spatiale, la façon dont les extra-terrestres voyagent, les différentes langues et cultures que le personnage principal tente de s'approprier au fil du temps.
La fin m'a semblée peut-être un peu précipitée, mais logique.

Par contre, une question m'a taraudée tout le long du livre : les créateurs de Star Trek et leurs collaborateurs n'auraient-ils pas puisé dans ce livre certaines de leurs idées pour la série (téléportation, langue commune (dans la série, traducteur universel permettant de se comprendre mais le principe est le même), station spatiale carrefour de toutes les civilisations (Deep Space Nine)...) ?
Sachant que ce livre est sorti peu d'années avant la diffusion de la série...

Une belle lecture, dépaysante et imaginative.
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