lundi 30 mai 2011

A grignoter sans modération


4 de couv' :

Firmin raconte l'histoire d'un rongeur érudit qui a vu le jour dans les sous-sols d'une librairie de Scollay Square, vieux quartier en péril du Boston des années 1960. Plein d'appétit pour les mots, épris de nourritures spirituelles autant que terrestres, Firmin ne peut communiquer tous ses coups de coeur ni exprimer ses détresses, et voit avec révolte se déliter sa race comme son quartier, cernés par l'incompréhension des hommes et par les mécanismes du profit. Mais la rencontre avec un romancier marginal le sauve du pessimisme ambiant.
Superbe hommage aux valeurs de l'écrit et aux singularités de toutes espèces, l'aventure de Firmin est aussi un fabuleux trait d'union entre littérature, exclusion et résistance.


Après les livres sur les librairies, les libraires, les livres voici à présent un livre sur les lecteurs (et auteurs) auquel je n'ai en toute logique pas pu résister.

Petit bijou truffé de références littéraires (citations, références à des classiques et à des auteurs), ce roman est très agréable à lire. Le narrateur, né souris dans les sous-sols d'une bibliothèque, désespéré de sa condition de souris et de génie incompris qui ne trouve pas sa place (et comme tous les génies incompris, seul et en manque d'affection), garde cependant un regard lucide sur lui-même et le monde qui l'entoure. Bien qu'incroyablement érudit, il ne connaît pas bien ce monde et ne comprend les choses qu'après expériences, parfois catastrophiques.

C'est drôle, émouvant, original, bien écrit. Un bon moment de lecture.

PS - avis à Sam Savage : ça serait sympa si les deux livres de sciences-fiction écrits par Jerry et résumés par Firmin dans son autobiographie pouvaient se concrétiser.
(Voilà, ça c'est dit, ça c'est fait)

Ça déménage !

Ça m'a quand même pris toute la journée de hier pour faire ce fichu déménagement depuis mon ancien blog vers celui-ci (97 articles en 4 ans, même pas 25 par an : heureusement que je ne suis pas payée au rendement), mais ah-y-est, mes lectures et moi sommes dans notre nouveau chez nous ! Et bien contents d'y être.

...

Oui, je reconnais l'inutilité et le néant absolu de cet article, mais croyez-moi, un peu d'autosatisfaction, ça fait du bien.

(je suis contente, boudiou que je suis contente)

dimanche 29 mai 2011

Aaaaaarrrrrgggghhhh !!!! (26/05/2011)

Ben voilà, la bourde. Le réseau des bibliothèques de Brest a rénové son site Internet, ce qui est plutôt une bonne chose, sauf que en voulant consulter mes réservations, j'ai bêtement supprimé l'une d'elles.

Soit "l'étrange voyage de monsieur Daldry" de Marc Lévy.

J'ai donc essayé de le réserver à nouveau, et après moultes recherches et essais infructueux ("mais comment qu'on fait ?"), en utilisant la fonction aide du site. Qui me dit de simplement cliquer sur "réserver" pour enregistrer cette réservation.

Ah.

Ah ah ah.

L'est pas activée, cette fonction, comment je fais ?
Ben tout bêtement, toujours par informatique, ravalons notre orgueil, en envoyant par mail une supplique à la bibliothèque concernée.

Donc, vous l'avez compris, re à vos calendriers, les compteurs sont remis à zéro pour cette réservation.


Edit du lendemain :

Hier soir, il est enfin apparu, ce fichu bouton "réserver", ce que j'ai donc pu faire. Dans la foulée, j'ai renvoyé mon mail à la bibliothèque pour leur dire que le problème était réglé.
Reste plus qu'à attendre...





Chat alors ! (22/05/2011)


4 de couv' :

Paresseusement, Tiger fait sa sieste au soleil avant d'aller retrouver ses compères, Doudou la fripouille, le beau Félix, Rapapouègue le sans famille et la belle Calamity, seul élément féminin de cette confrérie. A l'heure de l'apéro, dans ce village du Sud, les cinq chats rejoignent les papés qui n'en finissent pas de refaire le monde, et surtout de commenter les derniers potins du cru. Justement, l'installation d'André, un Parisien vieux garçon qui vient d'acheter une maison vigneronne au pays, attise la curiosité des uns et des autres. Celle des anciens, qui se mettent en tête de lui trouver une femme, celle de Rapapouègue, qui rêve de se faire adopter et de goûter à la vie douce de ses compagnons.
Martine Pilate nous donne ici une chronique villageoise pleine d'humour et de finesse. Et c'est un bonheur de la suivre au fil de ce récit joliment troussé. Sait-on jamais, en effet, ce qui se passe dans la tête des hommes, et dans celle des chats ?


Une lecture détente vraiment agréable à lire (avé l'assent !) où l'on finit par se prendre d'affection pour ce village et ses papés. L'auteur aime ce coin de France, son parler, les chats et sait le partager comme jamais !
Un avant-goût de vacances d'été...

La controverse de Valladolid (21/05/2011)


4 de couv' :

En 1550, une question agite la chrétienté : qui sont les indiens ? Une catégorie d'êtres inférieurs qu'il faut soumettre et convertir ? Ou des hommes, libres et égaux ? Un légat envoyé par le pape doit en décider. Pour l'aider, deux religieux espagnols. Tout oppose Ginès de Sepulveda, fin lettré, rompu à l'art de la polémique, et Bartolomé de Las Casas, prêtre et homme de terrain ayant vécu de nombreuses années dans le Nouveau Monde. Le premier défend la guerre et son cortège d'atrocités au nom de Dieu. Le second lutte contre l'esclavage des Indiens. Un face-à-face dramatique dont l'écho retentit encore.



Cet être que je découvre est-il mon égal ? Bien que ne vivant pas comme moi et semblant si différent de moi, dois-je le considérer comme mon alter ego, et pourquoi le devrais-je ? A-t-il une âme, connaît-il l'art, connaît-il le rire et si oui, rit-il des mêmes choses que moi, est-il en capacité de comprendre les choses comme moi, souffre-t-il ? Et surtout qu'est-ce qui le distingue d'un animal ?

Deux orateurs, brillants, s'affrontent, raisonnent, donnent leurs arguments, livrent leurs conclusions, se répondent.

L'un défend son livre dont la publication aurait un impact déterminant sur le Nouveau Monde, l'autre défend un peuple. Qui aura gain de cause ?
Et, je vous le promets, je ne dévoile rien de ce qui va être finalement décidé en vous disant que cette décision va mener au drame de tout un peuple.
Il y a très largement de quoi s'interroger sur le "droit" à coloniser un pays ou un continent, de quelque façon que ce soit, sur la notion de "civilisé", sur la charité chrétienne.

Voilà pour le fond. Sur la forme, l'écriture est claire, limpide, se "boit comme du petit lait". Les explications sur le contexte historique, indispensable au début du livre et très facilement abordable même pour qui n'aime pas l'histoire.
A un moment donné, la façon qu'a l'auteur de décrire les gens, le cadre, les réactions, m'a un peu gênée parce que trop descriptif.

Sauf que nous ne sommes pas dans un roman ordinaire et nous ne sommes pas de simples lecteurs. Cette manière descriptive d'exposer les faits, les idées, facilite notre vision de la scène et du contexte. Et fait de nous des témoins, au même titre que les protagonistes.

Une lecture passionnante, effrayante car bien que ceci se passe en 155O, pouvons-nous dire aujourd'hui que nous valons mieux que les gens de cette époque...

La librairie des ombres (20/05/2011)


4 de couv' :

À Copenhague, Luca, propriétaire d'une librairie, décède brusquement. Son fils, Jon, avec qu'il a rompu tout contact depuis 20 ans, en hérite. Il découvre alors que son père était à la tête d'une société secrète de «lettore», des personnes dotés de pouvoirs exceptionnels permettant d'influencer la lecture des autres... mais aussi de les manipuler jusqu'au meurtre. Très vite, l'évidence s'impose : la mort de Luca n'a rien de naturel. Y a-t-il un traître parmi les membres de cette mystérieuse communauté ? Déterminé à venger son père, Jon se lance dans une quête à hauts risques, dans un monde où les livres ont le pouvoir de vie… et de mort.
Pour ce qui est de mon amour de la lecture, je crois que j'ai développé un vice : présentez-moi un livre dont la trame de l'histoire est basée sur un lecteur, une librairie, un livre, un écrivain ou tout contexte s'en rapprochant, et vous êtes quasiment sûrs que je ne vais pas y résister (c'est grave, docteur ?).

D'où "L'ombre du vent", Le jeu de l'ange", "Mes amis, mes amours" (bon d'accord, mauvais exemple, je l'aurais lu de toute façon, c'est un Marc Lévy), "La fille de papier" (bon d'accord, même remarque, c'est un Musso).

En plus, j'aime les polars. Comment vouliez-vous que je n'achète pas celui-ci ?)

C'est un premier roman avec les quelques défauts qu'on peut reprocher à un premier roman : certaines choses sont tellement évidentes, qu'on les devine longtemps à l'avance, entre autres qui sont les méchants, mais pas leurs motivations.
Ceci, pour une trame de polar classique or ceci est un polar fantastique. Je pense que c'est cet aspect qui intéresse le plus l'auteur, faisant presque de ce roman un roman d'Heroic Fantasy.
Je passe sur les capacités détenues par certains protagonistes via la lecture,parce que sinon, autant tout raconter, mais je dirai juste que par certains côtés ces capacités m'ont fait penser à l'"Art" décrit dans la saga "L'Assassin Royal". Car mal utilisées, elles peuvent entraîner de funestes conséquences.

Je n'en dirai pas plus, si ce n'est que je n'ai pas vu les 500 et quelques pages défiler. Et que j'espère que l'auteur développera cette trame dans un autre roman. Le prochain doit bientôt sortir en anglais mais il ne semble pas que ce soit une suite, bien que le cadre de l'histoire soit encore dans le domaine des livres... Ou alors, qui sait, peut-être est-ce en rapport avec le premier ? Ce serait sympa...

Un automne en Suède (08/05/2011)


4 de couv' :

Septembre 1994, l'inspecteur Wallander rentre de vacances et espère un automne calme. Mais il lui faut bientôt éclaircir une série de meurtres à donner froid dans le dos aux policiers les plus endurcis.
Un vieil ornithologue a été retrouvé empalé dans un fossé, un autre, passionné d'orchidées, ligoté à un arbre et étranglé, le dernier, chercheur à l'Université, noyé au fond d'un lac. Pourquoi tant de férocité à l'égard de citoyens apparemment paisibles ? Et pourquoi ces mises en scène sadiques ? Parce que - selon la devise de Wallander - les êtres sont rarement ce que l'on croit qu'ils sont.
Et si le crime était la vengeance d'une autre victime contre ses bourreaux ? Dans ce cas, l'inspecteur Wallander n'a plus qu'à se hâter pour empêcher un nouveau meurtre tout aussi barbare.



J'ai découvert avec ce livre les polars scandinaves dans lesquels j'hésitais jusqu'ici à me plonger, me méfiant des effets de mode de toutes sortes, y compris en littérature. Ce qui m'a décidée, c'est que devant passer quelques jours de vacances chez mes parents, il me fallait emporter un stock de livres. Ne voulant pas me surcharger, j'ai opté pour le fameux format dont je ne me lasse pas de vanter les mérites (et je vais peut-être arrêter je vais être lourdingue à force).

Et je ne regrette absolument pas cet achat. Je suis ravie de connaître cet auteur, dont je vais maintenant dévorer les autres opus tellement il m'a plu. C'est bien simple, Henning Mankell est maintenant mon auteur de polars préféré, avec Deon Meyer. Quand on sait à quel point j'adore ce dernier, c'est tout dire.

C'est un bon vrai polar comme je les aime.

J'ai beaucoup aimé la progression et la description de l'enquête de police, la description du personnage central (Kurt Wallander), de ce qui se passe dans sa vie et de ceux qui l'entourent, la découverte de ce pays, les analyses sociologiques, doutes et interrogations de Kurt sur son pays (et ma foi sur certains points, j'y retrouve mes propres interrogations sur la France et de façon plus générale, sur le monde occidental).

Les meurtres commis sont atroces, mais l'auteur n'insiste pas dessus. Ils sont décrits de façon objective, avec un regard de policier et donc professionnel. Comme quoi (mais on le sait déjà) écrire un bon polar ne signifie pas s'appesantir sur les détails sordides (et excusez-moi de cet apparté, comme c'est parfois un peu trop le cas dans les séries télévisées les plus en vogue en ce moment).
Où comment rendre intéressante une enquête qui piétine. Avec les rebondissements (dans l'enquête, dans la vie des protagonistes) qui vont bien et au bon moment. En soi, un découpage et une structure du roman intelligemment pensés et donc bien amenés.
Qui plus est, le lecteur en sait à peine plus que les enquêteurs et c'est ça qui marche. On sait tout de suite que le meurtrier est une femme et on a une vague idée de ses motivations.

Mais vague, et voilà là tout le génie de l'auteur : on en sait un peu plus que les enquêteurs mais ce sont eux qui, grâce à leur enquête minutieuse, nous éclairent. Leur découvertes apportent une nouvelle lumière sur ce que nous savons déjà (et pas eux), mais nous avançons à la même allure qu'eux.
En gros, on a un ou deux pas d'avance sur eux, on voit bien par moment qu'ils font fausse route, mais on est bien obligés de les suivre vu que ni eux ni nous ne savons réellement où nous allons. Ou plutôt vers qui ni comment. Et là, chapeau !

Tout est tellement bien amené que, allant de rebondissements en fausses pistes, on aboutit tout à fait logiquement (et là encore je parle de la construction du roman) vers le dénouement.

Vraiment, bravo. j'ai adoré.

Marina (07/05/2011)


4 de couv' :

Solitaire, Oscar aime se promener après les cours dans les rues envoûtantes de Barcelone. Un jour, il rencontre la jolie et mystérieuse Marina. Liés par un amour de plus en plus fort, les adolescents n'ont peur de rien, pas même de suivre une femme au comportement bizarre... Qui est-elle et pourquoi se rend-elle sur une tombe gravée d'un papillon noir? Lancés sur la piste d'une énigme qui hante la ville depuis trente ans, Oscar et Marina risquent de se perdre...
Une histoire captivante, d'amour et de suspense!
"De tous les romans que j'ai écrits, Marina est mon texte préféré."
Carlos Ruiz Zafon



Décidément, j'adore cet auteur.
Découvert par hasard avec "L'ombre du vent", j'ai ensuite lu "Le Jeu de l'Ange" dont l'histoire est chronologiquement antérieure, et c'est donc tout naturellement que je me suis ruée sur "Marina" dès sa sortie.
Ouais, j'explose d'enthousiasme sur les formats ".2" (et oui, oui, il tient réellement dans une poche), et quand j'aime un auteur, je me précipite sur un grand format dès sa sortie. On a tous nos petites contradictions, etc.

Mis à part le fait que je me demande si l'auteur n'aurait pas dû développer davantage les différentes histoires qui constituent ce livre... Ah ben non finalement c'est justement ce travail d'enquête des deux principaux protagonistes et le fait que ces différentes histoires mises ensembles constituent un puzzle qui mène au dénouement final.
Mais c'est un des tous premiers romans de l'auteur. On sait que par la suite, il va mieux étoffer ses romans et affermir son écriture.

Dans le même ordre d'idées, j'aurais aimé un portrait plus poussé du narrateur, Oscar. Sauf que le point de départ du livre est sa rencontre avec Marina.
C'est même en fait la trame de ce roman : leur rencontre, les évènements qu'ils vont vivre, le dénouement. C'est cette rencontre qui est importante aux yeux du narrateur, cette tranche de sa vie qui va tant prendre d'importance pour lui.

Ce que j'aime avec Zafon est précisément son écriture qui d'emblée nous transporte dans son univers. Un univers un peu morbide, baroque, gothique pour tout dire. L'aspect fantastique de l'histoire pourrait paraître grotesque à certains, moi j'y ai retrouvé beaucoup de l'ambiance du "Jeu de l'Ange", bien que les deux histoires soient totalement différentes. Bien qu'elles aient un un point commun : comment un être peut se transformer en étant "possédé" par une obsession.

Par l'histoire "fantastique" qui y est développée, c'est aussi un roman sur l'acceptation de soi, de la maladie, de la mort.
Accepter la vie telle qu'elle nous est offerte, ce qui ne signifie pas la subir ou renoncer à mieux. Vivre sa vie de son mieux, tout simplement.

Pour l'ambiance, j'ai parlé de l'aspect gothique du roman. J'ai même parfois pensé au Dracula de Bram Stocker (qu'il faudra d'ailleurs qu eje relise, puisque dans la foulée j'ai aussi acheté la suite version arrière-arrière-etc.-petit-fils). Mais pour l'ambiance, pas pour l'histoire !

Je n'ai pas pu m'empêcher au début du livre puis plus tard dans le roman, à l'imaginer comme un manga. C'est bien la première fois que ça m'arrive. Puis j'ai fini par comprendre pourquoi. En dehors de la rencontre d'Oscar et Marina qui m'a inévitablement fait penser à deux personnages de mangas, l'aspect mystérieux de l'histoire conviendrait effectivement à un manga.
Et l'aspect gotique à un manga en particulier : Monster.
(Dont je n'ai jamais réussi à voir ni les premiers ni les derniers épisodes, c'est dire si je suis objective...)

Vous voilà prévenus, bonne lecture !


Le problème avec Lévy... (06/05/2011)

... Est, comme je l'ai déjà dit, un peu le même problème qu'avec Musso.

Je viens donc de réserver son dernier roman à la bibliothèque, donc même "punition" : à vos calendriers !

J'espère les avoir assez vite mine de rien, j'ai hâte de les lire !




J'adore ! (02/05/2011)

Je circule beaucoup en bus et surtout, je lis énormément en bus. Déjà parce que ça fait passer le temps pendant l'attente du bus puis le trajet et que ça donne une contenance. Et qu'on te fout la paix. Et croyez-moi, on est nombreux à lire dans les transports en commun.
Pareil en vacances : je lis beaucoup ou en tout cas, j'emporte toujours un stock de livres avec moi. J'ai même un petit sac à dos qui ne me sert qu'à ça.

Seulement voilà : le problème des livres, même de poche, c'est qu'ils prennent de la place dans les sacs à main/bagages/coffres de voiture. Sans compter le poids.
J'ai commencé l'année dernière à m'intéresser aux e-books, mais je n'y trouve pas le confort de lecture annoncé. On verra plus tard quand la qualité se sera améliorée, mais pour le moment je ne suis guère convaincue.

Donc depuis longtemps, je rêvais d'un format de livre un poil plus petit, plus léger, facile à transporter. Ben maintenant c'est fait et c'est encore mieux que ce que j'avais imaginé.

Vous voyez la photo sur votre gauche ? Ce n'est pas un montage.
Ces nouveaux livres de poche, sortis le 14 avril, tiennent vraiment dans la poche, ils sont beaux, ils sont solides, facilement maniables, légers, agréable au toucher et à lire, bref, j'en ai rêvé, ils l'ont fait !

Autre avantage lorsque, comme moi, on achète pas mal de livres chaque année (me lâcher seule dans une librairie est une véritable folie pour mon compte en banque), c'est que là, ils prendront beaucoup moins de place dans ma bibliothèque. Je vais pouvoir en acheter encore plus !!!!!!!! (euh non, là, attendez, je me calme).
Petit plus qui m'est tout personnel : leur poids (plume) et leur maniabilité font que cela soulage grandement la tendinite que je traîne depuis maintenant trois ans à l'épaule.

Le seul défaut que je leur ai trouvé est le prix. Ils sont un peu plus chers qu'un livre de poche classique, mais n'oublions pas que c'est un tout nouveau produit, le catalogue (varié et d'excellente qualité) n'est pour le moment pas très étoffé, donc si je (j'ai dit "je" ?)... si on veut que ça marche, il faudra bien en passer par là dans un premier temps. Espérons que ce nouveau format rencontre un succès mérité, pour que le prix se démocratise un peu.

Pour ma part, je suis enthousiaste !

PS : j'aime beaucoup leur campagne de pub, pied de nez impertinent à la marque à la pomme croquée et je le dis d'autant plus volontiers que je vous tape ceci depuis un macbook (on a tous nos petites contradictions...).


Bien le bonjour, Monsieur Cyclopède (01/05/2011)


4 de couv' :

Émission régulière sur France Inter de février à juin 1986, ces chroniques nous parlent de la vie de tous les jours, des événements, des gens qui ont fait l'actualité de cette année. Et pourtant ils restent intemporels, de par l'habileté de Pierre Desproges à partir d'un personnage ou d'un fait divers pour finalement parler d'un thème universel. Il en résulte un livre férocement drôle, une attaque en règle de la stupidité sous toutes ses formes, un manuel de provocation salvatrice écrit avec le style virtuose qui contribua à sa renommée, un rire généré par la réflexion douce-amère de cet observateur hors normes.

Soyons honnête, de son vivant, Pierre Desproges m'agaçait fortement, doux euphémisme pour "je détestais". Il faut dire aussi que dans ma famille, les gens sont simples, en ce sens qu'ils aiment l'humour immédiat. Que le 1er degré. Alors forcément, appliquer la formule du 1er degré à Desproges ne peut que le rendre détestable.
Maintenant que j'ai pris en âge, muri et surtout vu et rit d'autres choses, j'ai révisé mon jugement. Je n'aime pas plus la minute de Monsieur Cyclopède, mais après la lecture de ce livre, j'ai visionné sur Internet différentes vidéos de lui, en particulier de ses spectacles ou émissions comme le Tribunal des Flagrants Délires. Et beaucoup aimé. J'ai aussi trouvé, à ma grande surprise (plus de 20 ans qu'il est mort quand même) son site Internet officiel.

Pour en revenir à ce livre, qui en fait regroupe ses chroniques de l'émission de radio du même nom, j'y ai découvert un homme intelligent, subtil, sensible, truculent et d'une belle érudition. C'est un vrai plaisir de le lire si on ne considère que l'aspect littéraire. Lecture salutaire et sur les thèmes généralistes, toujours d'actualité.

Enfin, pour l'anecdote, je l'ai lu dans un tout nouveau format de livres dont je parlerai ultérieurement...


"Les" affaires Nicolas Le Floch (25/04/2011)

J'aime beaucoup les polars historiques. Parmi les différentes séries de polars historiques existantes j'avais repéré celle-ci depuis longtemps. La seule chose me faisant hésiter jusque là étant l'époque choisie. Autant j'ai toujours été intéressée par le Moyen-Âge (me demandez pas pourquoi), autant je suis généralement peu intéressée par l'histoire moderne (1492 à la Révolution).
Donc, à chaque passage en librairie ou en bibliothèque, j'hésitais. Puis ça a été "tiens, ils vont en faire une série télé, ça serait bien que je m'y mette avant qu'elle ne commence à être diffusée". Puis "Ah ben oui, c'est vrai, la série est sortie, il faudra vraiment que je me décide". Et quand dernièrement j'ai réalisé que la série en est à sa 5ème saison (série que je n'ai pas suivie car ne voulant pas qu'elle influence ma lecture), j'ai réalisé qu'il était grand temps de m'y mettre.

Me voilà achetant - et lisant - enfin le 1er tome. Puis les 7 suivants (pas le dernier en date, il n'est pas encore sorti en poche. Mais réservé à la bibliothèque !).

Mon impression sur le premier tome était que l'auteur connaît son sujet mais y a calqué la recette classique du polar. Dont un gros défaut, qui a pourtant fait ses preuves et les beaux jours de ce type de littérature, à savoir le côté "5 dernières minutes" (ou Miss Marple", Hercule Poirot", "Sherlock Holmes" et autres "Maigret"). C'est à dire réunir dans les dernières pages les protagonistes pour confondre le ou les coupables.

Qu'importe. Ne soyons pas obtus, c'est un premier roman. L'auteur est à la base un spécialiste du XVIIIème siècle, pas auteur de polar (je dis bien "à la base", c'est à dire au moment de l'écriture de ce premier tome).
Il n'empêche que malgré une écriture assez classique, il y a dans ce premier tome un "petit rien" qui m'attire. Enfin, des "petits riens".

Le "petit rien" est que l'auteur réussit d'emblée, dès les première pages, à nous immerger dans la seconde moitié du XVIIIème siècle, par sa façon d'écrire que d'aucuns décriront comme surannée. Et ben non. L'auteur est un passionné de cette période, et non seulement ses personnages parlent un français se rapprochant de celui de l'époque (tournure de phrase et vocabulaire), mais cela est aussi utilisé pour la narration. Avec des notes en fin de volume (à propos, remarque toute personnelle : j'eusse préféré des notes en bas de page. Bon d'accord, ma paresse naturelle aurait préféré). En résumé, il s'agit donc d'une immersion par la langue.

L'immersion se fait aussi par le fait que l'on accompagne Nicolas au fil des pages, comme un guide dans l'histoire du roman et dans cette période historique.
Nous le découvrons lui, et avec lui débarquons de sa Bretagne natale à Paris. Il a un choc culturel, nous aussi. D'accord, ce procédé n'est pas nouveau, mais je l'ai toujours apprécié dans les séries télé et a fortiori dans les romans. Cela permet au spectateur/ici, spectateur-lecteur, d'être immédiatement proche du personnage central car aussi néophyte que lui au début et d'évoluer avec lui au fil des saisons/romans.
Et de nous amener en douceur à nous imprégner de la scène, du contexte dans lequel évoluent les personnages. Et de faire justement connaissance avec eux en même temps que le personnage central.

La foisonnance de moults détails sur le Paris (et la France) de l'époque ne surcharge en rien la narration, bien au contraire, elle l'éclaire. Et nous permet d'avoir une bonne image (au sens premier du terme) de l'endroit et l'époque où évoluent les personnages. Et je ne parle même pas (ou presque) des multiples recette de cuisine qui m'ont maintes fois mis l'eau à la bouche... Autant qu'intriguée, il faut bien le dire.

Voilà pour le plantage de décor.



Pour la série de romans en elle-même, les choses évoluent avec le temps. Il faut dire aussi qu'entre le premier et le second tome, on saute 8 ans. Je crois que c'est le plus grand saut dans le temps de cette série. Par la suite, il ne se passera, entre chaque tome, que quelques mois, un an, voire quatre. Je ne serait pas étonnée que cela vienne d'une volonté "historique" de l'auteur. Cela pourrait paraître perturbant, mais ça marche.

Au fl des tomes, Nicolas prend en âge et en maturité. Les épreuves, les désillusions, la mort de Louis XV et l'avènement de Louis XVI, l'époque elle-même qui évolue, bref, la vie quoi, le font évoluer, murir, devenir un autre homme sans que jamais il ne se perde. On le voit passer à différents âge de la vie, comme nous tous. C'est une des forces de ces romans, qui nous rapprochent un peu plus du personnage central.

A cela, il faut ajouter que Nicolas est bien entouré. Son caractère lui vaut des amitiés indéfectibles... et variées. Amitiés où chacun lui apporte sa confiance, son soutien et surtout ses propres compétences, bien utiles dans ses conquêtes. Et finissent par constituer une véritable famille.

Concernant les enquêtes là aussi il y a évolution : des simples enquêtes sur des meurtres du début, on approche de plus en plus les intrigues de cour, d'espionnage, de diplomatie ô combien importantes en temps de guerre. Tout ceci se recoupant parfois dans certains tomes.
Ces intrigues se recoupent aussi au fil des tomes, car on retrouve, de près ou de loin certains adversaires rencontrés par Nicolas dans les tomes précédents. De près car directement impliqués, de loin car tirant les ficelles des intrigues et n'étant que mentionnés ou aperçus, mais pas directement confrontés.

Je tiens à préciser qu'il y a au fil des tomes une nette et rapide amélioration dans l'écriture, la narration et le déroulé de l'histoire. L'auteur aussi a muri, dans son art, j'ai bien fait de lui faire confiance dès le premier tome. Les petits riens ont amené un grand tout...

Voilà tout ce qui m'a enthousiasmée dans cette série et qui à mon sens en fait la force et l'intérêt.

Je voudrais aussi donner une mention spéciale au site Internet officiel de ces romans, un des plus complets qui soient en la matière. Vous y trouverez non seulement une présentation de l'auteur et des romans (dans le bon ordre), mais aussi les fameuses recettes de cuisine, de quoi vous exprimer, des mots croisés, vous promener dans le Paris décrit dans chaque tome et j'en passe et des pas plus mal (oui, je suis horriblement exhaustive, je n'ai pas fini de l'explorer).

Bonne lectures ! (et des livres, et du site)


PS : de ce que j'ai pu lire sur le site, la série télévisée se distingue de plus en plus du roman, faisant des déçus parmi les lecteurs. De ce que j'ai pu voir des bandes annonces, je n'en suis guère étonnée...


Le problème avec Musso... (08/04/2011)

... Et je vais avoir le même problème avec le prochain Marc Lévy qui doit sortir le 21 avril, c'est qu'étant un auteur très aimé, pardon, populaire (ouh, le vilain mot tant haï par les puristes), c'est que dès que son dernier roman sorti en librairie arrive dans les bibliothèques, tout le monde se l'arrache.

Donc, pour mémoire : ah-y-est, après avoir pesté hier soir en voyant ma réservation par Internet refusée car je me suis UNE FOIS DE PLUS trompée dans la date limite de validité de ma carte, je viens de le réserver auprès de la bibliothèque de Brest. On verra bien combien de temps ça prendra pour que je puisse l'emprunter cette fois (les deux années précédentes, je crois bien que ça avait pris dans les 5-6 mois).

A vos chronomètres ! Enfin... Calendriers... 2011 j'espère ?

Puissant (26/02/2011)


4 de couv' :

"Beloved est une inscription gravée sur une tombe : le nom d'un fantôme. Celui d'une petite fille égorgée par sa mère, une esclave noire évadée d'une plantation en 1870. Un crime commis au nom de l'amour et de la détresse pour que l'enfant ne retombe pas aux mains du maître. A travers la malédiction d'un bébé qui revient hanter sa mère, le roman de Toni Morrison (Prix Pulitzer 1988) conte la folie de l'esclavage bien plus puissamment que les racines les plus noires." (Christophe Tison, Glamour, 1990)

J'avais acheté ce roman il y a une dizaine d'années après avoir lu un autre roman de Toni Morrison, "L'oeil le plus bleu", qui m'avait enthousiasmée.
Seulement voilà ce dernier si on ne regarde que la facilité de la lecture, est nettement plus abordable que "Beloved", plus difficile d'accès. De plus, j'étais très imprégnée encore de "L'oeil le plus bleu", qui ne se passe pas à la même époque et croyais sans doute bêtement qu'il s'agissait du même sujet (pas du tout).
J'avais donc vite laissé tombé ce roman à l'époque, car je n'arrivais pas à entrer dedans, me disant que peut-être, un jour, j'aurais le courage de le reprendre et de m'y remettre. Et c'est ce que j'ai fait, 12 ans plus tard, il y a deux semaines.

Effectivement, ce livre, pour l'apprécier pleinement, se mérite.
Si vous ne concevez pas la lecture autrement que par des livres d'une facilité de lecture telle qu'ils se lisent d'un traite, parce que la narration est linéaire et fait uniquement référence à ce que vous concevez et connaissez déjà, bref, que la lecture est juste un moyen de passer le temps et non une découverte de différents auteurs et styles littéraires, ben... Ça sera un peu compliqué de lire celui-là.

Déjà, le fond de l'histoire sort des sentiers battus (mais ceux qui ont lu "La Maison aux esprits" d'Isabel Allende vont se sentir en terrain connu. Tiens, faudra que je le relise celui-là aussi) : un fantôme de bébé qui revient hanter sa maman, il faut en accepter le concept.
Ensuite, il y a de nombreux retours en arrière, mais à différentes époques. Et de nombreuses allusions entre les personnages, qui se comprennent très bien entre eux, mais pas forcément le lecteur car on n'a les explications que quelques pages plus loin. Mais plus on avance dans le livre, mieux on devine à quoi ces allusions font référence.
Et c'est ÇA qui en fait la force de ce roman : le lecteur reconstitue petit à petit un puzzle dont la vision d'ensemble ne peut que nous saisir. D'effroi (l'esclavage), d'émotion (l'âme de chacune des personnes de ce roman), d'admiration (comment vivre avec un tel passé culturel en héritage ?quelle force narrative se dégage de ce roman ! Quelle beauté littéraire !), de gratitude (l'auteur ne prend pas "ses" lecteurs pour des idiots, elle sait que ça narration n'est pas facile d'accès mais elle ne nous y noie pas et nous fait confiance pour réussir à la suivre).

Bon, dit comme cela, vous vous dites "ouh là là, que ce doit être laborieux à lire !" Non, pas tant que cela je vous rassure.

Mais ce roman fait partie de ceux qui se savourent, que l'on prend le temps de lire pour l'apprécier pleinement.

(Pour ma part, mon côté littéraire est vite ressorti et j'ai dû me retenir à maintes reprises de ne pas me précipiter sur un crayon pour sélectionner certains passages et mettre des annotations en marge. Pour un étudiant en littérature, ce doit être le pied de travailler sur ce roman !)

Un Dexter néo-zélandais ? (10/02/2011)


4 de couv' :

Christchurch, Nouvelle-Zélande. Joe Middleton contrôle les moindres aspects de son existence. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, il travaille comme homme de ménage au commissariat central de la ville. Ce qui lui permet d'être au fait des enquêtes criminelles en cours. En particulier celle relative au Boucher de Christchurch, un serial killer sanguinaire accusé d'avoir tué sept femmes dans des conditions atroces. Même si les modes opératoires sont semblables, Joe sait qu'une de ces femmes n'a pas été tuée par le Boucher de Christchurch. Il en est même certain, pour la simple raison qu'il est le Boucher de Christchurch. Contrarié par ce coup du sort, Joe décide de mener sa propre enquête afin de démasquer lui-même le plagiaire. Et, pourquoi pas, de lui faire endosser la responsabilité des autres meurtres. Variation sublime sur le thème du tueur en série, ce roman d'une originalité confondante transfigure tous les clichés du genre et révèle un nouvel auteur, dont on n'a pas fini d'entendre parler.

Au début, le roman m'a fait penser à Dexter (les romans, pas le feuilleton) puisque similaire dans le principe.
Sauf que la comparaison s'arrête là. On est dans sa tête, dans celle d'un autre personnage (une charmante jeune femme tout à fait normale), on voit les choses évoluer lentement, jusqu'à irruption d'un troisième personnage tout aussi inquiétant que lui, sans compter l'auteur de l'autre meurtre. Tout cela finit par s'imbriquer parfaitement jusqu'au dénouement final.

Pour un premier roman, c'est un très bon polar !

Polar chez des iliens (06/02/2011)


4 de couv' :

Marqué par la perte récente de son fils unique, l'inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d'une enquête sur un assassinat commis à Edimburg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n'est pas revenu depuis dix-huit ans. Un cadavre exécuté selon le même modus operandi vient d'y être découvert. Cependant, dès l'autopsie effectuée par le médecin légiste, Fin ne croit plus à un lien entre les deux affaires. Sur cette île tempêtueuse du nord de l'Écosse, couverte de landes, où l'on se chauffe à la tourbe, pratique encore le sabbat chrétien et parle la langue gaélique, Fin retrouve les acteurs de son enfance, à commencer par Ange, chef tyrannique de la bande dont il faisait partie. Marsaili, son premier amour, vit aujourd'hui avec Artair. Ce même Artair dont le père a perdu la vie en sauvant celle de Fin lors de l'expédition qui, chaque année, depuis des siècles, conduit une douzaine d'hommes sur An Sgeir, rocher inhospitalier à plusieurs heures de navigation, pour y tuer des oiseaux nicheurs. Que s'est-il passé il y a dix-huit ans entre ces hommes, quel est le secret qui pèse sur eux et ressurgit aujourd'hui ? Sur fond de traditions ancestrales d'une cruauté absolue, Peter May nous plonge au coeur de l'histoire personnelle de son enquêteur Fin Macleod. Fausses pistes, dialogues à double sens, scènes glaçantes l'auteur tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page.

Il se trouve que ce livre fait partie de la sélection du prix littéraire Cezam 2011. Oui, je sais, j'avais dit que j'attendrais la sélection de celui du Télégramme pour savoir auquel participer. D'ailleurs, je le maintiens, j'ai eu du mal finalement à avancer dans ce livre, et ce uniquement parce que j'ai eu du mal à entrer dans l'optique "faire mes devoirs pour un prix littéraire".

Et uniquement à cause de cela, car pour le reste, j'ai beaucoup aimé ce roman !
La construction : l'auteur alterne enquête policière et souvenirs d'enfance et d'adolescence du policier en charge de l'enquête. La narration n'est d'ailleurs pas la même suivant qu'il s'agit du temps présent (l'enquête) et des souvenirs. Les souvenirs sont décrits à la première personne, c'est Fin qui nous raconte ses souvenirs... Quand on revient à l'enquête, le sujet revient à la troisième personne.
Au départ, je trouvais que l'enquête n'avançait pas et qu'elle servait tout simplement de prétexte pour le retour aux sources de Fin. Que nenni. Si l'on veut comprendre l'enquête et sa progression, c'est par ces souvenirs qu'il faut passer, ce sont eux qui expliquent tout, jusqu'au dénouement final que je n'avais vraiment pas vu venir.
Un bon polar.


Edit du 27 novembre 2011 :
C'est le seul que j'ai lu de la sélection 2011... Et c'est lui qui a remporté le prix Cezam du Nord Finistère cette année !

Ça peut pas faire de mal (29/12/2010)

Lorsqu'on est amoureux des belles lettres, des belles phrases, de la littérature, d'une belle diction, on ne peut qu'aimer la lecture d'un beau texte, la découverte à voix haute d'un ouvrage et de son auteur.

Il faut dire qu'il m'est parfois impossible de continuer la lecture d'un roman, d'une poésie, d'une pièce de théâtre sans avoir tout d'abord lu et relu à haute voix un passage qui m'a plu par sa musicalité, jusqu'à ce que je le "lise juste", comme l'on apprend une chanson.

C'est cela tout à la fois que nous offre Guillaume Gallienne dans son émission hebdomadaire, sur France Inter, le samedi à partir de 18h00.

Il y en a pour tout les goûts et il est vraiment plaisant de l'entendre interpréter (sociétaire de la Comédie Française, quand même !) toutes sortes de textes, tout en (re-)découvrant différents auteurs.

Donc merci, monsieur Gallienne, de m'avoir fait découvrir il y a deux semaines, Stefan Zweig, votre auteur préféré, qui va finir par devenir le mien.



(et pour vous prouver que Guillaume Gallienne ne se prend pas trop au sérieux et a donc une émission parfaitement abordable à tous, vous remarquerez la charmante faute grammaticale du titre de l'émission)


La fille de papier (27/11/2010)


4 de couv' :

« Trempée jusqu’aux os et totalement nue, elle est apparue sur ma terrasse au beau milieu d’une nuit d’orage.D’où sortez-vous ?- Je suis tombée.- Tombée d’où ?- Tombée de votre livre. Tombée de votre histoire, quoi ! »
Tom Boyd, un écrivain célèbre en panne d¹inspiration, voit surgir dans sa vie l’héroïne de ses romans.
Elle est jolie, elle est désespérée, elle va mourir s’il s’arrête d’écrire.
Impossible ? Et pourtant…
Ensemble, Tom et Billie vont vivre une aventure extraordinaire où la réalité et la fiction s’entremêlent et se bousculent dans un jeu séduisant et mortel...


Je l'ai commencé cet après-midi, je viens de le finir, impossible de le lâcher (avons dû commander à manger, impossible de prendre le temps de préparer à manger, ce temps est trop précieux !). Par la même occasion j'ai découvert le principe du "book crossing" ou "livres voyageurs" que je ne connaissais pas.


Bref, comme d'hab', un Musso, que j'ai dévoré, comme d'hab', un Musso que j'ai terminé en pleurant, le sourire au lèvres. Pfffff.... Je suis d'un prévisible...

Ah ben ça, si je m'y attendais... (26/11/2010)

Je m'amuse souvent, sur facebook, à chercher des gens que je connais ou ai connu, juste par curiosité, mais aussi tout ce qui me plaît, dont mes auteurs préférés et par ricochet, mes livres préférés.
Et là, bingo !
En cherchant le nom de l'ancien correspondant anglais de mon homme (et en me trompant de nom de famille), je tombe sur Alexander McCall Smith. Du coup, je m'amuse à chercher l'une de mes séries de livre préférées, du même auteur dont j'ai déjà parlé ici et je tombe sur ceci.
Puis toujours par ricochet, sur cela.

"Ils" en ont fait une série. Ben mince alors, pourquoi on me l'avait pas dit ! Oui je sais, ça n'a jamais été diffusé ici et il y a peu de chance que ce le soit (ou alors sur France O ? Avis à France Télévision, ça serait sympa que ça passe si ce n'est pas déjà le cas et euh... à une heure de grande écoute quand même, qu'on puisse suivre...)

Bon, je reconnais que la Mme Ramotswe que l'on voit sur les photos est assez différente de celle que j'avais imaginée, mais je crois que je l'aimerai bien quand même...

And ze winner is (15/11/2010)

Ça y est, on a les résultats. Deux résultats en fait !


Pour le Nord Finistère, le gagnant est Hervé Commère pour "J'attraperai ta mort"


Et au niveau national, Sébastian Barry, pour "Le testament caché".


Aucun n'était mon chouchou, mais je les aimais beaucoup et les avais bien placé.

A voir maintenant la prochaine sélection...

La voleuse de livres (02/11/2010)


4 de couv' :

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenue. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s'est arrêtée. Est-ce son destin d'orpheline dans l'Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret... Celui qui l'a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres...

J'ai adoré ce roman autant que l'ombre du vent, c'est peu dire...
La mort est la narratrice, une narratrice qui a la fâcheuse manie de nous raconter la fin, mais cela n'enlève rien à la qualité de l'histoire ou de l'écriture, bien au contraire. Une narratrice qui a aussi la manie de faire des bons dans le temps, et pas de façon chronologique, mais là aussi cela renforce la profondeur de l'histoire.
Le titre m'avait attirée car il augurait d'une passionnée de lecture, et tellement passionnée qu'elle vole les ivres qu'elle lit. Du moins c'est ce que je me suis dit en le lisant. Puis j'ai lu le quatrième de couverture et ai trouvé le thème original.

En dehors de l'histoire d'une petite fille qui "vole" des livres pour assouvir sa passion de la lecture, il y a surtout le contexte historique du roman : la (sur)vie des allemands pendant la seconde guerre mondiale. Ceux qui partent à la guerre, leurs familles qui restent, la difficulté à travailler, ou à vivre de leur travail, les bombardements, la dictature toujours présente dans les esprits, une tentative de résistance, la peur, l'espoir.
Une autre façon de voir cette partie de l'Histoire.
Un très beau roman.

En conclusion... (19/09/2010)

Ce que j'aime dans les prix littéraires c'est le fait de découvrir de nouveaux auteurs, de nouveaux styles de romans et ainsi sortir de ma routine de lecture.

Mais alors, deux prix littéraires dans l'année, c'est un marathon ! Je ne lis pas que cela dans l'année et force est de constater que ça commence à faire beaucoup surtout quand à côté, non seulement j'emprunte des livres régulièrement à la bibliothèque, mais en plus je dévalise ma librairie préférée (plus coup d'oeil sur les boutiques de marché et autres bouquineries).

Donc voilà, l'année prochaine, ce sera un prix des lecteurs et puis c'est tout. Plus, c'est trop et la lecture pour moi est un plaisir avant tout.

Non pas que je n'ai pas pris plaisir à lire les livres de ces deux sélections, au contraire, mais j'étais quand même contente de les finir et de repartir dans ma "routine". Routine qui, il faut bien le dire, s'étoffe chaque année de nouveaux auteurs ou intérêts de lecture...

Mon classement et résultat du prix



Il ne m'a pas été facile de choisir entre les deux premiers. Autant je savais lesquels je mettais en tête, autant j'ai eu du mal à les départager.

Mais puisqu'il fallait une raison pour les départager, j'ai privilégié (comme je fais toujours en cas d'indécision) les nouveaux auteurs. C'est à dire que ceux qui sont déjà dans le métier depuis un certain temps (et par "certain temps", entendez-là un certain nombre de livres), seront mis en position secondaire. Il faut bien avoir des critères parfois.
Je rappelle au passage que pour ce prix des lecteurs, on ne vote que pour nos trois préférés. Je rappelle aussi que je n'ai pu en lire que 8 sur les 10.


Donc voici mon choix :
1 - Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates
2 - La délicatesse
3 - Terre des affranchis


And the winner is : 
La Délicatesse, de David Foenkinos. Et c'est bien fait pour lui !

Paris-Brest (19/09/2010)


4 de couv' :

Il est évident que la fortune pour le moins tardive de ma grand-mère a joué un rôle important dans cette histoire. Sans tout cet argent, mes parents ne seraient jamais revenus s'installer dans le Finistère. Et moi-même sans doute, je n'aurais jamais quitté Brest pour habiter Paris. Mais le vrai problème est encore ailleurs, quand il a fallu revenir des années plus tard et faire le trajet dans l'autre sens, de Paris vers Brest.

J'ai eu un peu de mal à accrocher ce roman. D'une manière générale, les histoires de familles qui sont ou se veulent issues d'une sorte de petite bourgeoisie et dont le seul intérêt est de préserver les apparences et un semblant de dignité quelles que soient les circonstances, ça m'ennuie un peu. Dans le même ordre d'idée, je n'aime pas les caricatures qui peuvent en être faites (livres ou films), mais là je m'éloigne.

Je n'ai pas accroché aux personnages, tous aussi antipathiques les uns que les autres (famille, je vous hais ?) mais je pense que c'est voulu ainsi, même si je ne suis pas sure que c'était l'intention de l'auteur concernant son narrateur (mais là, c'est perso, je n'aime pas ce genre d'homme et puis c'est tout).

Je n'ai pas retrouvé dans ce roman ma propre perception de Brest ni même du cercle des officiers où j'ai déjà eu l'occasion de me rendre pourtant.

Voilà, petite déception donc pour ce livre.

L'est long, le titre (19/09/2010)


4 de couv' :

Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet de roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil des lettres qu'elle échange avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis : un étrange club de lecture inventé pour tromper l'occupant allemand, le « Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates »… Aussi fantasque que son titre, drôle, tendre et incroyablement attachant : un premier roman comme on en a pas vu depuis longtemps et qu'on a hâte de passer de main en main.

J'ai adoré ce livre. Là aussi, tout est délicatesse : dans l'écriture, les rapports des personnages les uns avec les autres, les sentiments.
Les choses sont (d)écrites avec finesse, humour (english, of course !), simplicité et tout ceci dans un contexte historique bien particulier.

J'avais hâte de le lire depuis longtemps, j'étais ravie de le voir dans la sélection, je n'ai pas été déçue. Et comme pour "La délicatesse" : je 'lavais emprunté à la bibliothèque, j'ai fini par l'acheter.

Une vraie ruine pour mon portefeuille, ces prix littéraires...


PS : pour ceux qui râleraient sur la longueur du titre en fait il n'est pas complet : littéralement, il pourrait être traduit pas "Le cercle littéraire des amateurs des tourtes aux épluchures de patates". Et pour en connaître la "recette" (ou plutôt la raison de sa création)... chut ! Lisez-le vous-même !


Taxi (18/09/2010)


4 de couv' :

Portant chacune sur un aspect particulier de la vie sociale, économique ou politique en Egypte, ces cinquante-huit conversations avec des chauffeurs de taxi du Caire composent un tableau fascinant de ce pays à un moment clé (avril 2005-mars 2006) du règne du président Hosni Moubarak – qui sollicitait alors un cinquième mandat. Tout y est, en effet : les difficultés quotidiennes de la grande majorité de la population, la corruption qui sévit à tous les échelons de l'administration, l'omniprésence et la brutalité des services de sécurité, le blocage du système politique, les humiliations sans fin que la population subit en silence, les ravages du capitalisme sauvage... Consignés en dialecte égyptien avec un humour décapant et un admirable sens de la mise en scène, ces échanges librement reconstitués par l'auteur, sinon entièrement inventés par lui, relèvent à la fois de la création littéraire et de l'enquête de terrain. S'ils font connaître les griefs des « gens d'en bas », ils laissent aussi entrevoir les raisons pour lesquelles le pouvoir en place tient bon mal-gré sa décrépitude et son impopularité. C'est sans doute cette combinaison inédite de lucidité politique, de tendresse pour les plus faibles et d'humour qui explique la diffusion de Taxi, dans sa version originale, à plus de cent mille exemplaires.

Je n'ai pas accroché. Je n'ai pas trouvé d'humour particulier, décapant encore moins. Pour moi, c'est une retranscription de dialogues dans un taxi, je n'y ai rien trouvé de particulier donc déception car je trouvais l'idée de départ drôlement sympa. Surtout pour découvrir ce pays de l'intérieur.
Il n'est pas non plus dans mes favoris, dommage...

La peine du menuisier (17/09/2010)


4 de couv' :

Son père est une ombre solitaire. sa maison bruisse de silences et les murs de pierre suintent le mystère... La narratrice grandit clans une atmosphère lourde de non-dits. Pourquoi celui qu'elle appelle le Menuisier est-il si lointain ? Pourquoi sa famille semble-t-elle perpétuellement en deuil ? Elle aimerait poser des questions. ruais on est taiseux dans le Finistère. Livrée à ses doutes et à ses intuitions., elle écoute les murmures, rassemble les bribes. Tisse patiemment une histoire. Des années lui seront nécessaires pour percer le secret de son ascendance. mesurer l'invisible fardeau dont elle a hérité. D'une plume à la fois vibrante et pudique. Marie Le Gall décrypte l'échec d'une relation père-fille et touche au coeur.


Malheureusement pour l'auteur, je fais partie, tout comme la narratrice, d'une famille de taiseux. Ces gens qui ne disent pas les choses, ce qui fait qu'elles pèsent sur vous pire qu'une chape de plomb. C'est d'ailleurs ce que j'ai ressenti en lisant ce livre. Car comme souvent chez les taiseux, c'est la douleur, la peine, la tristesse qui prédomine et les musèle.
Je reconnais donc manquer d'objectivité pour en parler. L'écriture est agréable, je le reconnais, mais l'histoire est triste, lourde et me touche de trop près pour aimer ce genre de roman.


Ce n'est donc pas un de mes favoris dans la sélection mais je le répète, je ne peux pas être objective.
A vous de juger... D'ailleurs, si vous l'avez lu et aimé, n'hésitez pas à me le dire, et pourquoi, ça m'intéresse !

La délicatesse (14/09/2010)


4 de couv' :

Il passait par là, elle l'avait embrassé sans réfléchir. Maintenant, elle se demande si elle a bien fait. C'est l'histoire d'une femme qui va être surprise par un homme. Réellement surprise. La délicatesse est le huitième roman de David Foenkinos. Il a publié notamment Le potentiel érotique de ma femme et les séparations. Ses livres sont traduits en plus de quinze langues.



"La délicatesse", que voilà un titre bien trouvé ! Ce roman est en effet tout en délicatesse. Une vraie poésie, une jolie histoire d'amour, de l'humour et une pirouette en guise de fin.

J'ai adoré, il fait partie de mes chouchous. Je l'avais emprunté à la bibliothèque, j'ai fini par l'acheter, c'est dire !

Démon (13/09/2010)


4 de couv' :

Quelles furent les dernières pensées de Franz et Elena? C'est la question qui obsède Pierre, après que son père, Lev Rotko, lui a raconté un soir de novembre 2001 ce qu'il lui avait obstinément caché durant des années : le destin de ses parents, Franz et Elena, des Juifs russes assassinés par les nazis, son exil en 1953, et tous les malheurs communs aux êtres pris dans la tourmente de la guerre. Pour Pierre, cette révélation est comme une déflagration : la guerre, qu'il connaît bien pour avoir sillonné, en tant que grand reporter, l'Afrique de l'Ouest, fait cette fois effraction dans son histoire intime. II veut vraiment connaître Franz et Elena? Alors il lui faut éprouver la vie avec la peur, la vie avec la mort. Du jour au lendemain, Pierre part pour Grozny, qui se révèle tragiquement parfaite pour faire l'expérience de l'abandon. Et Démon est le roman de cette expérience. Dans ce livre au souffle épique défilent tour à tour le massacre des Juifs d'Ukraine, la mort de Staline, l'attaque des Twin Towers vue par Poutine, un attentat meurtrier dans un théâtre de Moscou. Thierry Hesse transforme notre actualité en histoires. En mettant en scène des dizaines de personnages, de lieux, d'époques, il nous prouve qu'il sait aussi transformer notre Histoire en roman, comme avant lui Tolstoï ou Vassili Grossman.

Pour être honnête, je me rappelle assez peu de ce roman. Je sais l'avoir assez aimé dans l'ensemble, mais ma période de lecture de ce prix littéraire (à laquelle a succédé celle du prix Cezam) remonte à quelques mois et j'ai un peu de mal à me le remémorer.

En tout cas, une fois entrée dans le roman, j'ai aimé. Pas toujours facile à suivre car il y a des allers-retours entre les différentes parties historiques, mais justement le fond historique des... histoires (celle du narrateur et celle de sa famille) m'a bien plu.
Et nous ramène à l'histoire de nos propres familles dans l'Histoire.

Une certaine part d'humanité finalement...

A noter aussi que le fait de passer d'une période historique à l'autre attise la curiosité du lecteur, on a hâte de connaître la suite pour chaque.

Le Télégramme - Prix littéraire 2010 (12/09/2010)





Oui, je sais, je suis hyper en retard, surtout que ça fait quelques mois à présent que l'on connaît les résultats.

Mais ça ne va pas m'empêcher d'en parler !

Voici
 dont la sélection de cette année. Vous noterez au passage que deux des livres sélectionnés font aussi partie de la sélection du prix Cezam, donc vous savez déjà ce que j'en pense, donc je ne vais pas en reparler.
Qui plus est, je n'ai pas réussi à lire deux des livres de la sélection, mon vote s'est donc fait sur 8 livres au lieu de 10... Et c'est un de mes chouchous qui a gagné...

Donc voilà :
Démon, de Thierry Hesse

Terre des Affranchis, de Liliana Lazar
La délicatesse, de David Foenkinos

Le passé est une terre étrangère, de Gianrico Carofiglio (non lu)
Courbatures, de Paul Fournel (non lu)
La peine du Menuisier, de Marie Le Gall
Taxi, de Khaled Al Khamassi

Le cirque chaviré, de Milena Magnani
Le cercle littéraires des amateurs d'épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows
Paris-Brest, de Tanguy Viel

Mon classement (03/09/2010)

Ah-y-est, je me suis décidée, ça ne devrait pas bouger. Je rappelle que 10 correspond au livre préféré puisqu'il s'agit de notes sur 10.

1 - La Partita, Alberto Ongaro
2 - Avec tes mains, Ahmed Kalouaz
3 - L'annonce, Marie-Hélène Lafon
4 - L'origine de la violence, Fabrice Humbert
5 - Des myrtilles dans la yourte, Sarah Dars
6 - Terre des affranchis, Liliana Lazar
7 - Le cirque chaviré, Milena Magnani
8 - J'attraperai ta mort, Hervé Commère
9 - Le testament caché, Sebastian Barry
10 - Petite, allume un feu..., Martin Smaus



Voilà, il ne reste plus qu'à attendre les résultats officiels !

Un grand roman (03/09/2010)


4 de couv' :

Au dire de l'auteur, cette histoire puise sa source dans son émerveillement face au monde des Tziganes et sa fascination pour des gens qui n'ont pas encore oublié qu'eux aussi ont jadis été enfants, et qui arrivent encore à chercher et à rêver. Mais elle devient universelle face aux êtres marginaux qu'elle dépeint, tant elle saisit la profondeur de leur âme. L'histoire tragique d'Andrejko, arraché à son hameau et plongé dans le monde des voleurs à Prague, se double, en filigrane, de celle de son peuple. Les Dunka vivent au gré des changements politiques - ils fuient les nazis puis les Russes, sont déplacés de force et paient un lourd tribut à l'Histoire dans leur propre chair. Devenu voleur hors pair, Andrejko connaît l'injustice et la haine des gadjé, parfois aussi celle des siens, passe de Prague à Plzen, de la maison de correction à la prison, lorsqu'il ne se réfugie pas dans sa campagne natale avec sa jolie cousine. Il tente de s'adapter à la société, sinon de retrouver ses racines, de placer certaines valeurs morales au-dessus de l'argent, mais il finit seul et le lecteur est aussi libre que lui d'imaginer la suite... Petite, allume un feu... est un éloge du sentiment de liberté, une célébration de la quête, à travers l'expérience de la découverte tout comme de la perte. C'est aussi un hymne d'amour au romani éhib, langue chargée d'émotion et de violence, émaillée de tout l'imaginaire des croyances populaires. Le destin d'Andrejko porte en lui le sublime et le tragique, dans une prose qui ne saurait laisser indifférent, tant par son réalisme que par sa poésie profonde.


Superbe, riche, profond, foisonnant.

Sans concessions ni misérabilisme envers le monde rom, à lire sans idées toutes faites ni clichés sur les Roms.

Ce roman est très bien écrit et autant j'ai pu râler sur les longues énumérations de "L'annonce" quand j'avais commencé sa lecture, autant dans ce roman-ci je me suis tout de suite, tout naturellement même, laissée emporter.
Un seul bémol : j'ai eu un peu de mal à me repérer chronologiquement (pourtant ce n'est pas faute - de la part de l'auteur - d'avoir laissé des indices).

Un vrai beau roman, je comprends qu'il ait déjà reçu des prix. Mon coup de coeur de la sélection ?

L'annonce (30/08/2010)


4 de couv' :

Eric savait par coeur certaines annonces choisies, Célibataire quarante-quatre ans un mètre soixante-sept soixante-neuf kilos sans enfants chauffeur agriculteur cherche jeune femme aimant campagne voulant fonder un foyer heureux désirant enfants ; ou encore, Cherche compagne cinquante soixante-deux ans féminine (bien bustée) sans attaches pour vie alternée Paris campagne. Paul, quarante-six ans, paysan à Fridières, Cantal, ne veut pas finir seul. Annette, trente-sept ans, vit à Bailleul dans le Nord avec son fils. Elle n'a jamais eu de vrai métier. Elle a aimé Didier, le père d'Eric, mais ça n'a servi à rien. Elle doit s'en aller. Recommencer ailleurs. Elle répond à l'annonce que Paul a passée. Ce nouveau roman de Marie-Hélène Lafon raconte leur rencontre et leur histoire. C'est une histoire d'amour.

Pour être honnête, j'ai eu du mal à accrocher et j'ai même failli laisser tomber avant la 50ème page.
Des phrases de 10 à 15 lignes, qui sont souvent de longues énumérations descriptives, dont on a oublié le début, des paragraphes de 10 à 15 pages, pas de chapitres, tout en bloc, pesant. Des retours en arrière, mélangés avec un passé pas si loin voire le présent, par moment c'est franchement déroutant. Pas de point d'ancrage pour un monde immuable.
Le début de la lecture a été laborieux, jamais mon homme ne m'avait entendu autant pester sur l'écriture d'un livre.

MAIS.

Une fois apprivoisé le style d'écriture (très agréable à lire à haute voix, je vous conseille d'essayer) et le découpage dans la narration, il faut reconnaître que la magie opère et qu'on se prend d'affection pour les personnages, leur vie, passée et présente.
N'attendez pas un roman au sens classique (prologue, déroulement avec une dose plus ou moins importante de rebondissements, épilogue), tout est en vrac, destructuré et il n'y a pas d'action. Et même si le quatrième de couverture le présente comme une histoire d'amour, il n'y a pas de déballage de sentiment. Les personnages sont pudiques, se sont des taiseux, tout est ressenti, pas exprimé.
Un beau livre sur le monde agricole, l'auteur doit vraiment aimer ce milieu.
En résumé : une fausse mauvaise surprise, un chouette vraie bonne surprise.

La partita (29/08/2010)


4 de couv' :

Lorsqu'il revient d'exil à Venise, Francesco Sacredo, jeune patricien de bonne famille, découvre que son père a perdu au jeu la totalité de leur immense fortune. La comtesse Mathilde von Wallenstein, une allemande borgne, sournoise et carnassière, lui a enlevé jusqu'à son dernier sequin. Ulcéré par l'inconséquence paternelle, Francesco accepte, sur un coup de dé, de miser sa propre personne pour tenter de récupérer son bien. Il perd. Mais plutôt que de livrer son corps à la maléfique comtesse comme convenu, il s'enfuit, aussitôt pris en chasse par les impitoyables spadassins de l'Allemande. Aussi cette partita se poursuit-elle grandeur nature, au rythme de la course effrénée de Francesco à travers une Italie du XVIIP' siècle plongée dans un hiver glacial. La mort aux trousses, le jeune homme, réduit à la dernière extrémité, proscrit et condamné à fuir éternellement, tâche pourtant de rendre coup pour coup à sa redoutable adversaire lointaine et invisible. Roman d'aventures oppressant, orchestré par Alberto Ongaro en maestro de l'art de la fiction, La Partita fait penser à un Dumas qui aurait été atteint de paranoïa, et où les élégances vénéneuses de Casanova se doubleraient de l'exubérance rieuse de Federico Fellini.

Autant le thème du livre me plaisait bien, ainsi que l'écriture qui est vraiment agréable, autant je reste un peu sur ma faim avec ce roman. Pas spécialement à cause de la façon dont il se termine, mais plutôt sur ce qui arrive au personnage.

En ce qui le concerne, j'ai eu du mal à accrocher au départ, toujours à faire les mauvais choix car incapable de réfléchir aux conséquences de ses actes, mais au fil de ses péripéties, on le voit quand même évoluer.

Quant aux péripéties, ben... Je trouve que certaines auraient pu être un peu plus développées, même si je reconnais que beaucoup vont trouver ce roman drôle, enlevé car si je ne l'ai que moyennement apprécié, c'est bien parce que par moment, en le lisant, me revenait en mémoire "le mal aussi se fait bien" de Michel Folco. Et là, forcément, comparer un roman à un autre en pleine lecture, ce n'est jamais bon.

(et le pire, c'est que si je passe outre mes propres impressions, je pourrais valoriser ce roman)

Le testament caché (23/08/2010)


4 de couv' :

Roseanne McNulty a cent ans ou, du moins, c'est ce qu'elle croit, elle ne sait plus très bien. Elle a passé plus de la moitié de sa vie dans l'institution psychiatrique de Roscommon, où elle écrit en cachette l'histoire de sa jeunesse, lorsqu'elle était encore belle et aimée. L'hôpital est sur le point d'être détruit, et le docteur Grene, son psychiatre, doit évaluer si Roseanne est apte ou non à réintégrer la société. Pour cela, il devra apprendre à la connaître, et revenir sur les raisons obscures de son internement. Au fil de leurs entretiens, et à travers la lecture de leurs journaux respectifs, le lecteur est plongé au coeur de l'histoire secrète de Roseanne, dont il découvrira les terribles intrications avec celle de l'Irlande. A travers le sort tragique de Roseanne et la figure odieuse d'un prêtre zélé, le père Gaunt, Sebastian Barry livre ici dans un style unique et lumineux un roman mystérieux et entêtant.


J'ai adoré au point de ne plus pouvoir le lâcher avant la fin (c'est à dire hier soir, pardon, cette nuit, euh non en fait ce matin à 2h. Suis un peu fatiguée là).

J'ai eu un peu de mal à accrocher au début (j'avais envie de secouer ce Dr Grene tellement il me paraissait mou) mais très vite on est pris dans l'histoire (et l'Histoire) et on n'a plus qu'une envie, savoir ce qu'il se passe ensuite.
Bon, on comprend vite le dénouement, du moins je l'ai vu venir dès la première moitié du livre, mais même dans ce cas on veut connaître la progression de l'histoire, de l'enquête de Grene et comment cela va se terminer.

Très bien écrit, très bien amené, personnages attachant qu'on regrette quitter en fermant le livre.
En tête de mes favoris !

Avec tes mains (22/08/2010)


4 de couv' :

Il s'appelait Abd el-Kader, né autour de 1917 dans un douar algérien. De ce père aujourd'hui disparu, Ahmed Kalouaz a voulu reconstruire le destin. Ces lambeaux de vie, sauvés du silence, tissent le portrait d'un homme dur à la tâche comme en affection, dont le parcours singulier a été commun à des centaines de milliers d'immigrés maghrébins. Sans enjoliver ni noircir, Avec tes mains dit l'absence de mots communs entre les deux générations, les regrets et les rendez-vous manqués. C'est un chant d'amour bouleversant, adressé à un père dont la dernière volonté fut d'être enterré au pays, loin des siens.


Portrait touchant d'un homme sur son père et à travers lui, l'histoire des maghrébins ayant émigré en France, bien plus efficace que tout discours militant.
A recommander donc !

Mais d'un strict point de vue littéraire, ce n'est pas mon préféré dans la sélection. L'auteur s'adresse à son père, ce qui rend ce roman touchant, mais ce qui en fait aussi un roman intime, un dialogue (à une voix) dont le lecteur se sent un peu exclu.

Cela dit, il reste agréable à lire.