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dimanche 2 août 2026

Au carrefour des étoiles

4 de couv' :
Au sommet d'une falaise escarpée du Wisconsin se dresse la ferme Wallace, inchangée depuis plus d'un siècle. D'aussi loin qu'on s'en souvienne, son propriétaire, Enoch Wallace, n'a lui non plus pas pris une ride. Et pour cause, la bâtisse, qui n'a de ferme que l'aspect, abrite un relais spatial où le temps s'écoule différemment. Des voyageurs galactiques y transitent quotidiennement, passant parfois quelques heures en compagnie du gardien des lieux et le régalant de leurs incroyables histoires. Mais depuis deux ans, l'agent fédéral Claude Lewis enquête sur cette anomalie. Le jour où il se décide à passer à l'action, il déclenche sans le sa voir une chaîne d'évènements aux conséquences dramatiques. Car dans ce petit coin d'Amérique oublié par la modernité, c'est rien de moins que le sort de l'humanité qui se joue...


Décidément, j'aime beaucoup cet auteur. Autant j'ai du mal avec les ouvrages de science-fiction car connaissant mal le genre, j'ai parfois du mal à faire le tri entre les bonnes oeuvres et les médiocres, et parmi les bonnes, ce qui peut le plus m'accrocher.
Simak est donc pour moi une valeur sûre du genre.

Et de tous ceux que j'ai lus jusqu'ici, celui-ci est mon préféré. Beaucoup de réflexions sur l'humanité, ou pour mieux dire, sur ce qu'est être humain.
Si vous vous attendez à beaucoup d'action et de rencontre avec des extra-terrestres, vous risquez d'être déçus. Mais le roman est prenant, ne manque pas de rythme, et l'écriture admirablement servie par une belle (nouvelle) traduction.

Sur le rythme de l'histoire, le roman a deux narrateurs au tout début du livre et les chapitres narratifs alternent parfois avec les extraits des journaux d'Enoch Wallace.
On en apprend tout au long du livre sur la vie dans cette station spatiale, la façon dont les extra-terrestres voyagent, les différentes langues et cultures que le personnage principal tente de s'approprier au fil du temps.
La fin m'a semblée peut-être un peu précipitée, mais logique.

Par contre, une question m'a taraudée tout le long du livre : les créateurs de Star Trek et leurs collaborateurs n'auraient-ils pas puisé dans ce livre certaines de leurs idées pour la série (téléportation, langue commune (dans la série, traducteur universel permettant de se comprendre mais le principe est le même), station spatiale carrefour de toutes les civilisations (Deep Space Nine)...) ?
Sachant que ce livre est sorti peu d'années avant la diffusion de la série...

Une belle lecture, dépaysante et imaginative.
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vendredi 10 juillet 2026

Motl fils du chantre

4 de couv' :
Avec le regard d'enfant du petit Motl, les tâches imposées par une vie de misère deviennent de véritables aventures. Des générations de juifs d'Europe orientale, immigrés en Europe occidentale ou en Amérique, se sont identifiés à Motl. Un grand classique de la littérature yiddish.

Comme souvent, c'est en me promenant dans les rayons de ma librairie préférée (qui soit dit en passant a récemment refait l'ensemble de ses rayonnages, je déambule encore plus qu'avant...) que j'ai trouvé ce livre.
J'ai un peu hésité à l'acheter, mais la curiosité l'a emporté.

Honnêtement, je suis un peu déçue de ce livre. Il faut dire que j'ai commencé à le lire comme un roman, or initialement il n'est pas sorti sous forme de roman mais de feuilleton et ce format s'en ressent fortement à la lecture. Cela a donc faussé ma lecture et ma première impression de ce livre.
Qui plus est, je n'ai pas compris tout de suite que Motl raconte sa petite vie au lecteur comme si chaque chapitre était une rencontre entre lui et un voisin ou ami. Je suis bêtement passée à côté pendant une partie du livre et si je n'avais pas mis autant de temps de temps à le comprendre, je l'aurais davantage apprécié.

Les personnages m'ont un peu agacée aussi, car presque caricaturaux ce qui n'est pas étonnant puisque finalement on est ici dans le burlesque.
J'ai plus apprécié la dernière partie du livre, où il est question de leur parcours d'immigrants et force est de constater que depuis l'époque où ce livre a été écrit, les choses n'ont guère changé...

L'écriture en revanche m'a plue, j'ai bien aimé le rythme, la vivacité, qui retraduit bien celle d'un enfant.

Sentiments mitigés, donc, dûs plus au fait que je me suis fourvoyée en début de lecture qu'à la qualité réelle de l'oeuvre.
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samedi 20 juin 2026

Roméo et Juliette

Pas 4 de couv ! 
(et en même temps, on la connaît l'histoire, y compris quand on fait tout pour qu'on la fasse pas divulgâchée...)


J'avais tellement adoré "Tout est bien qui finit bien" que j'avais acheté quelques Shakespeare d'avance (deux par volumes, donc quatre pièces).
Puis j'ai lu "Hamlet", qui m'a profondément déçue.

C'est donc à reculons que je me suis mise à lire Roméo et Juliette, en partie pour un challenge Booknode.

Au final, je ne regrette pas : j'ai autant aimé "Roméo et Juliette" que "Tout est bien qui finit bien". Lire cette pièce a été un pur délice tant on frôle la perfection que ce soit pour l'écriture ou l'intrigue.

Et, oui, mon vocabulaire est bien pauvre en comparaison. Pour vous en remettre, lisez cette pièce !
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samedi 6 juin 2026

Marelle à Harlem

4 de couv' :
Publié en 1971 sous le titre Just Give Me a Cool Drink of Water 'fore I Diiie, le premier recueil de Maya Angelou se présente à nous comme une oeuvre de jeunesse : nombre des poèmes qui le composent ont été écrit avant la parution de Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, le livre qui l'a rendue célèbre.
Si Marelle à Harlem marque l'entrée de Maya Angelou en poésie, il porte déjà sa signature d'autrice. Elle y révèle une parole intime et militante, passant de son histoire d'amour avec celui qu'elle nomme le Zorro Man à la relation douloureuse que lesAfricains-Américains entretiennent avec une société raciste dominée par les Blancs. Avec force, humour et non sans rage, elle traduit son expérience de femme noire et libre en un puissant discours pour défendre les aspirations de sa communauté.


Dire que je suis une grande fan de Maya Angelou est assez inutile, redondant et surtout bien en-dessous de la réalité. Comme je l'ai déjà dit précédemment, cela faisait longtemps que je trépignais d'impatience à l'idée de voir ses recueils de poèmes (enfin !) publié en France donc cela ne surprendra personne que je me précipité à la librairie à chaque sortie de l'un d'entre eux (et dans le cas de celui-ci, j'ai loupé l'annoncé de sortie, je suis tombée dessus par avance et m'y suis précipitée tout pareil).

J'apprécie tout particulièrement que les éditions Seghers les publient en version bilingue, tant la traduction me paraît parfois frustrante. Attention, je ne critique pas le travail du traducteur, mais les poèmes prennent pleinement tout leur sens dans leur langue originale comparée à la version en français. Question de sensation, de contexte (ou de psycho-rigidité de ma part aussi peut-être).
L'ensemble est en tout cas magnifique, j'ai passé une partie de ma soirée d'hier à en lire la plupart à haute voix haute (ce que le traducteur encourage le lecteur à faire dans sa postface, mais que j'avais fait spontanément, c'est dire s'il a raison).

Un magnifique moment de lecture !
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vendredi 5 décembre 2025

Hamlet

4 de couv' :
Hamlet est le plus ancien représentant de l'âme moderne, du romantisme, de nos névroses contemporaines, autant de choses auxquelles Shakespeare ne songeait pas et qui n'avaient pas encore de nom. Voltaire voyait le prince du Danemark comme "un sauvage ivre". Mais qui est vraiment ce jeune homme faible et emporté, mélancolique et violent, rêveur et brutal, raisonnable et fou, poète exquis, féroce et tendre ? Un enfant heureux de vivre qui croyait à l'amitié et à la bonté des hommes, et qu'une terrible révélation va anéantir...

J'avais tant "Tout est bien qui finit bien" que je m'étais promis de lire d'autres oeuvres de Shakespeare.

J'entends toujours encenser Hamlet (entre autres), je me suis donc laissée tenter par celle-ci.

Et bien ce fut une déception. Je n'ai pas accroché aux personnages, pour moi l'histoire a parfois trainé en longueur et même si l'intrigue est évidemment bien menée, certaines situations m'ont parues invraisemblables pour ne pas dire grotesques (l'un des personnages en tue un autre par erreur et continue sa discussion avec un troisième comme si de rien n'était ? Sans compter la scène finale, même si je m'y attendais un peu).

Ce qui n'a pas arrangé les choses, - et là je suis la seule coupable - c'est que je me suis évertuée à lire chaque note de bas de page, dont la plupart m'étaient finalement inutiles. J'aurais mieux fait de laisser tomber ces notes, plutôt destinées à des élèves étudiant l'oeuvre.
Pour certaines, j'avais compris de moi-même ce qu'il en était, pour d'autres, j'aurais préféré un signe de reconnaissance faisant comprendre, sans l'expliquer systématiquement que telle indication scénique a été ajoutée à l'oeuvre originale (par un astérisque par exemple).
Je reconnais que je me suis moi-même haché et donc gâché la lecture. Je ne ferai pas la même erreur la prochaine fois.

Dommage.
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samedi 30 août 2025

Spartacus

4 de couv' :
71 avant J.-C. La République romaine, au faîte de sa puissance, se vautre dans la luxure. Les petits paysans, dépossédés de leur terre, encombrent des villes surpeuplées. Les élites ne pensent qu'aux plaisirs. Le sang des esclaves irrigue tous les étages de la société. C'est de cette fange qu'émerge Spartacus, gladiateur révolté et formidable meneur d'hommes. À la tête d'une armée d'esclaves, il défie la République. Rejoint par les opprimés, il se lance dans une fuite éperdue à travers l'Italie. Avec, au bout du chemin, un unique espoir : la liberté.

C'est ce livre qui est à l'origine du film de Stanley Kubrick, avec Kirk Douglas dans le rôle principal.
J'avais quelque souvenirs du film, mais que des bribes. De mémoire, le film tournait autour de Spartacus (il faut vraiment que je le revoie....).

La lecture de ce livre a été une (bonne, excellente) surprise.

Si effectivement le roman tourne autour du personnage de Spartacus, rien à voir avec mes souvenirs du film. Tous les personnages du roman parlent de Spartacus, quelque soit leur statut et c'est par ce biais qu'est évoqué le personnage.
Et, personnage après personnage, chapitre après chapitre, se profile un portrait de Spartacus.

L'écriture du livre, initialement paru en 1951, m'a parue résolument moderne. A voir si c'est dû à la nouvelle traduction, mais elle m'a enthousiasmée !. Certaines situations (homosexualité explicite par exemple), sont très modernes pour l'époque.

Il est surtout question dans ce livre de condition humaine, ce qui en fait un roman intemporel.

Une belle réussite, je comprends qu'il ait eu autant de succès. La vraie bonne surprise de cet été.
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samedi 26 juillet 2025

La crevette et l'anémone

2 de couv' :
Au début du XXe siècle, dans une petite ville bourgeoise et puritaine du bord de mer, Eustache et Hilda s'abandonnent aux plaisirs des jeux de plage. Eustache, délicat et sensible, est totalement dominé par sa soeur aînée Hilda, maternelle et passionnée. Un jour, Hilda pousse Eustache à aborder l'étrange Miss Fothergill, vieille et défigurée, qui se promène le long de la falaise. Eustache, qui vit dans une sorte de cocon où rien de ce qui est laid n'a sa place, est terrifié à l'idée de cette rencontre. Pourtant, il y sera contraint, et sa vie ainsi que celle de sa famille en seront bouleversées.
Ce volume, complété de La Lettre d'Hilda, met en scène les principaux protagoniste d'une trilogie omanesque qui conduit Eustache et Hilda de l'enfance à la maturité. La sensibilité et la finesse si caractéristique de l'oeuvre de L.P. Hartley sont ici amenées à leur point culminant.


Il me semble que j'ai découvert ce livre il y a quelques années grâce à La Kube à travers un coffret sur la littérature anglaise. S'agissant d'une trilogie, j'ai préféré attendre la parution des deux autres tomes avant de commencer le premier. De ce que j'ai compris à l'époque, jusqu'ici jamais le troisième tome n'avait été traduit en français et de fait il a fallu attendre un certain temps pour ne pas dire un temps certain avant qu'enfin on réussisse à le voir en librairie. J'ai donc attendu tout ce temps avant commencer ce tome.

Mention spéciale à la maison d'édition qui apporte un soin tout particulier à la qualité de ses livres. En dehors d'une très jolie couverture, le papier utilisé autant pour la couverture que pour les pages (très douces, très agréables au toucher) ajoutent encore au plaisir de la lecture. C'est donc un ouvrage de qualité autant pour l'extérieur que l'intérieur.

J'ai suivi avec bonheur l'histoire de ces deux enfants, en particulier le point de vue d'Eustache, car je pense qu'on a tous été un peu comme lui, avec ses peurs, ses interrogations, ses incompréhensions,  son attachement à son petit monde.

L'écriture de l'auteur (merci et bravo à la traductrice), est toute en finesse, précision et délicatesse. Je me suis laissée portée par l'écriture et l'histoire, et j'ai hâte de poursuivre cette trilogie (pas tout de suite, je pars en vacances demain et une fois n'est pas coutume, je ne prends aucun livre dans mes bagages. Par contre, au retour, je risque d'être un peu plus chargée...).

Une belle découverte d'un auteur hélas peu traduit en France qui mériterait pourtant qu'on s'y intéresse davantage.
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vendredi 18 juillet 2025

Orgueil et Préjugés

4 de couv' :
Mrs Bennet, femme de pasteur, est déterminée à marier ses cinq filles afin d'assurer leur avenir. Lorsqu'un riche jeune homme loue le domaine voisin de Netherfield, elle espère qu'une de ses filles saura lui plaire et met tout en oeuvre pour arriver à ses fins.
Elizabeth observe avec ironie les manigances de sa mère. Si elle apprécie le charmant Mr Bingley, elle est tout d'abord irritée par l'attitude dédaigneuse du fier Mr Darcy.
Publié en 1813, Orgueil et Préjugés est considéré comme le chef d'oeuvre de Jane Austen. Les aventures sentimentales des cinq filles Bennet offrent une satire pleine d'esprit des conventions sociales de la bonne société anglaise à la fin du XVIIIe siècle.


Cela faisait longtemps que j'étais tentée de lire ce livre, et surtout son autrice qui semble faire l'unanimité parmi les lecteurs et plus largement, le monde littéraire.
En raison d'un challenge Booknode (lire un livre illustré), j'ai profité de l'occasion pour me procurer l'édition présente.

Je dois avouer que j'ai eu un peu de mal au démarrage et à la page 80 (sur 538), j'en étais à me dire "ça bavasse, boudiou que ça bavasse". Quand j'ai repris l'ouvrage un peu plus tard, miracle, la magie a pris. Mais vraiment un revirement.

Je me suis donc alors autant laissée porter par l'écriture que par l'histoire, le contexte historique et social, les portraits de personnages. Et la description des paysages.

Je lis peu de romances - et je pense que Jane Eyre et Les Hauts de Hurlevent resteront mes préférés - je ne ferai donc pas de critiques à ce sujet . C'est une romance avec le côté un peu superficiel que ça induit dans ce genre (mais tellement agréable !).

Bref, une de mes premières lectures d'été les plus réjouissantes !


"Qui songe à en douter ? Un célibataire nanti d'une belle fortune doit être nécessairement à la recherche d'une femme. C'est une conviction si répandue  que, dès qu'on voit paraître un jeune homme pour la première fois dans une région, il n'est pas de familles des environs qui ne le considèrent, d'ores et déjà, comme la propriété de l'une ou l'autre de leurs filles."

"L'orgueil se rapporte plutôt à notre opinion sur nous-mêmes et la vanité à ce que les autres pensent de nous."

dimanche 29 juin 2025

Haikus

4 de couv' :
Si Sôseki le romancier est de longue date traduit et commenté chez nous, une part plus secrète et à la fois plus familière de son oeuvre nous est encore inconnue. Sôseki a écrit plus de 2500 haikus, de sa jeunesse aux dernières années de sa vie : moments de grâce, libérés de l'étouffante pression de la vie réelle, où l'esprit fait halte au seuil d'un poème, dans une intense plénitude.
"Affranchis de la question de leur qualité littéraire, ils ont à mes yeux une valeur inestimable, puisqu'ils sont pour moi le souvenir e la paix de mon coeur... Simplement, je serais heureux si les sentiments qui m'habitaient alors et me faisaient vivre résonnaient, avec le moins de décalage possible, dans le coeur du lecteur."

Ce livre est un vrai petit bijou. Non seulement par la qualité de le sélection des haikus rassemblés ici, mais aussi par les illustrations dont la plus grande partie est de Sôseki lui-même (et quand ce n'est pas le cas, ce sont les calligraphies qui les accompagnent qui sont de la main de l'auteur).

Une belle initiation aux haïkus - car la première partie est très pédagogique et très abordable pour les non-inités -, à cet auteur, et à cette partie de la culture japonaise.

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vendredi 21 juillet 2023

Un été avec Victor Hugo


4 de couv' :
Victor Hugo rêvait d'être "Chateaubriand ou rien". Sa vie et son oeuvre dépasseront cette ambition. Il sera un océan à lui tout seul : romancier, poète, dramaturge, pamphlétaire, académicien, pair de France, député. Tout en conservant le génie de l'enfance, Victor Hugo empoigna le XIXe siècle, combattit les injustices, la peine de mort, et toutes les formes d'aliénation. Il croyait au mouvement, au progrès. Son défi était de n'avoir jamais peur. Malgré les épreuves, les deuils familiaux, l'exil, Victor Hugo choisit de vivre : "Je suis celui que rien n'arrête / Celui qui va." Il mit sa force, son souffle dans l'amour des siens, la conquête des femmes, la création et la passion de l'humanité : "Ma vie est la vôtre,  votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis ; la destinée est une."
Passer un été avec Victor Hugo, ce n'est pas seulement se reposer à l'ombre d'un géant, mais aussi voyager en sa compagnie, aimer jusqu'à l'épuisement et partager son sens de l'humour loin de l'image scolaire.


Décidément, j'aime beaucoup cette collection de petits livres issus de l'émission de radio "Un été avec..." de France Inter.

Cette fois c'est le duo de complice de l'émission "ça peut pas faire de mal", Laura El Makki et Guillaume Gallienne, qui s'y sont collés. Et avec passion, on le voit, qu'ils aiment Victor Hugo, autant l'homme que l'écrivain, mais non dénués d'objectivité.

Chaque extrait ou allusion aux romans, pièces de théâtre ou poésies, suscite l'envie de se plonger dans ses oeuvres, même les moins connues. Il est cependant pour moi aussi décourageant que Zola ou Balzac, tant il a été prolifique, il va falloir choisir, mais peu importe.

Par contre, ce qui peut rebuter certains qui ne connaîtraient pas le programme de cette émission, le but n'est pas d'en faire un biographie chronologique, mais bien de mettre en valeur des aspects de sa vie, de sa personnalité et bien évidemment, de son oeuvre.

Pari gagné haut la main quand on considère le format d'une émission de radio, et celui de ce petit livre, en comparaison avec l'ensemble de l'oeuvre.

Une lecture enthousiasmante, qui en appelle d'autres !
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mardi 2 mai 2023

Phèdre


4 de couv' :
Phèdre, ce chef-d'oeuvre incontestable, pense-t-on encore, qu'il n'en fut pas de plus contesté que celui-là ?
"Faire un inceste en plein théâtre !" s'indigne Pradon, rival malheureux de Racine devant la postérité. Phèdre "n'est ni tout à fait coupable ni tout à fait innocente", proteste l'auteur. Car elle est tout entière habitée par cette passion - sourde, aveugle, déraisonnable, exacerbée par sa déraison même - qu'elle entretient pour Hippolyte, passion qui ne peut mourir et ne mourra qu'avec elle.
Fait étrange, c'est cette même année 1677 que Racine, ayant porté à son paroxysme de grandeur et de violence l'amour qu'un être humain peut nourrir pour son semblable, se tourne vers l'amour de Dieu.


Difficile pour moi de laisser ici un commentaire sur Phèdre sans répéter ce que j'ai déjà dit sur Brittanicus.

L'écriture est une pure merveille de la langue française, un vrai bijou de beauté, le scénario admirable d'intelligence.

Concernant l'inceste, pour ceux qui ne connaissent pas la pièce, cela concerne les sentiments d'une belle-mère pour son beau-fils adulte. Amour impossible (en-dehors du fait de leurs liens de parenté) vu que le beau-fils lui n'est pas intéressé (d'abord parce qu'elle s'est arrangée pour le faire exiler quelques années auparavant, ce dont il lui en veut, ensuite parce qu'il en aime une autre).

Et bien que lire du théâtre n'est le plus souvent pas ce que je préfère, sauf ici, il faudrait que j'en lise plus souvent de cet auteur, de Shakespeare, et tiens, pourquoi pas Corneille ?
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dimanche 11 décembre 2022

Légendes d'automne


4 de couv' :
Cochran cherche sa vengeance au Mexique, Nordstrom la trouve dans un hôtel de luxe à New York et Tristan y consacre la meilleure partie de son existence. Trois hommes, trois vengeances, trois histoires d'une intensité et d'une violence à couper le souffle. Le premier chef d'oeuvre de Jim Harrison.

Difficile de lire Jim Harrison sans passer  par "Légendes d'automne" qui en plus d'être un classique de la littérature américaine, est devenu par la suite un classique au cinéma.

Du film, je n'ai vu que quelques photos, même pas un bout d'extrait, c'est donc sans images imposées par un autre que j'ai abordé le livre.

J'ai d'abord été surprise de constater que ce livre regroupe trois histoires différentes, se passant à trois époques différentes et bien distinctes les unes des autres, et non trois histoires s'imbriquant les unes dans les autres. Je suis assez d'accord avec la postface de cette édition précisant qu'il ne s'agit pas ici de trois nouvelles, mais bien de trois courts romans.
Leurs titres : "Une vengeance", "L'homme qui abandonna son nom", "Légendes d'automne".

J'ai pour ma part particulièrement apprécié l'écriture de Jim Harrison, merveilleux conteur ont on a l'impression en le lisant qu'il est près de vous en train de vous raconter ces histoires comme dans une soirée entre amis. L'impression agréable qu'il vous offre ses histoires, en prêtant attention au moindre mot pour votre plus grande satisfaction.

Chaque histoire est en effet une histoire de vengeance et si pour la première elle en est le thème principal (un des personnages se venge de sa femme et et de son amant et ce dernier cherche à son tour à se venger du mari trompé), pour les deux autres, la vengeance et son motif ne viennent que tardivement.

Ce sont avant tout les vies d'hommes, et comment la vie, leur caractère, les a fait évoluer au cours des années. Sans qu'ils se perdent cependant.

Et au delà de la vengeance, trois belles histoires d'amour d'hommes pour des femmes, et pour leur famille.

Et, j'insiste, l'écriture, tellement délectable...
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vendredi 31 décembre 2021

Et à la fin, ils meurent

4 de couv' :

Quels terribles secrets cachent les contes de fées ?
Derrière leur réputation d'histoires un peu naïves, les contes ont des racines sombres et anciennes !
Aujourd'hui édulcorées, les versions originelles osaient le meilleur comme le pire : des princes pas si charmants, Raiponce vendue contre une botte de persil et Cendrillon qui décapite sec sa belle-mère !
En décapant avec humour ces récits d'autrefois, Lou Lubie pose une question d'éthique : violence, sexisme, racisme... les contes sont-ils encore adaptés à notre époque ?

Hilarant ! Mais pas que : l'ouvrage est le résultat d'une bonne recherche du sujet, avec de belles comparaisons des contes suivant leurs auteurs (pour info, je connaissais Perrault et les frères Grimm, mais pas Basile qui lui écrivait des contes pour adulte, il faut que je comble mes lacunes...).

Et en dehors de revisiter les contes en leur rendant leur forme primaire, ce livre est une belle analyse des contes dans leur forme littéraire (et films et feuilleton, j'étais ravie de voir que l'autrice n'a pas oublié la série "Grimm" que mon homme et moi visionnons à nouveau actuellement), l'évolution de leur histoire (suivant l'époque et les auteurs), les analyses qui peuvent ou ont pu en être fait et l'idée qu'on peut s'en faire après lecture de ce livre.
Elle n'a pas oublié de mentionner d'autres auteurs et autrices que ceux mentionnés ci-dessous, et la grande fan d'Andersen que j'ai toujours été a été ravie qu'elle ait souligné qu'il a créé ses propres contes et n'a pas repris d'anciens remis à sa sauce, lui.
Les graphismes sont un régal pour les yeux et tout en servant admirablement le texte, donnent un bel équilibre à l'ensemble. Sans compter les transitions qui sont excellentes et bien amenées, bref une vraie réussite.

J'ai décidé il y a un an ou deux de lire un livre ou conte de Noël, j'ai bien fait de le mettre sur ma liste de cadeaux, celui-là.
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dimanche 6 décembre 2020

La conversion


4 de couv' :
Au soir de ses quatorze ans, dans une boutique désaffectée de Harlem, au milieu des prières et des trépignements cadencés de ses frères, au rythme hallucinant des tambourins, John Grimes traverse sa "nuit noire de l'âme". Tourmenté par l'idée de péché, après être allé jusqu'aux racines de sa culpabilité, il lui semble à l'aube du dimanche avoir connu son moment de vérité.

Difficile pour une française d'appréhender la forme que prend cette ferveur religieuse, mais en dehors de cela, pour un premier roman, l'écriture est magistrale, tant que les prêches vous portent et vous transportent et vous donneraient presque envie de dire "amen".

Mais il n'est évidemment pas fait que de cela. Chaque partie est consacrée à un personnage. Et si le début est consacré à John, adolescent qui se cherche comme tous les jeunes de son âge, les autres parties concernent les adultes de sa famille. On les découvre, l'un après l'autre, leur vie, leurs rêves, leurs opinions, et petit à petit, comme un puzzle, tout se met en place. Et c'est bien de la conditions des Noirs des Etats-Unis jusqu'au  années cinquante dont il est ici question (le livre a été écrit en 1952).

Oui, définitivement magistral.
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lundi 2 novembre 2020

Tout est bien qui finit bien


4 de couv' :
Tout est bien qui finit bien ? Tout commence bien  une orpheline, Hélène, guérit le roi de France qu'on donnait pour perdu. En récompense, elle reçoit un mari, Bertrand, fils de sa noble famille d'accueil, qu'elle convoitait en secret. Mais tout menace de mal finir : marié malgré lui, Bertrand refuse le lit du mariage  et s'enfuit à Florence où i découvre le plaisir d'un lit adultère. Comment, en effet, si loin du domicile conjugal, Bertrand donnera-t-il à Diana, sa maîtresse d'un soir, l'anneau de la fidélité qui se retrouve à l'acte V au doigt d'Hélène, l'épouse qu'il fuyait ? Comment, dans l'épaisseur de la nuit, fait-il de la chaste Diane une Vénus ardente pour se découvrir au dénouement père légitime de l'enfant que porte Hélène avec laquelle il s'était juré de ne jamais coucher ? Et comment finira-t-il par l'accepter pour épouse et même par l'aimer ? Au terme d'une comédie inclassable, l'énigme perdure : comment la cruauté shakespearienne fait-elle naître finalement une imprévisible tendresse des noces paradoxales de la fidélité et de l'adultère ?


Mon premier Shakespeare. A dire vrai, mon premier contact avec cet auteur a été une pièce de théâtre qu'on nous a emmené voir quand j'étais au collège (songe d'une nuit d'été), et à laquelle je n'avais pas compris grand'chose ni franchement apprécié pour le coup. Et que je lirai sans doute un jour histoire d'exorciser cet échec.

Cette comédie-ci fait mouche : les répliques cinglantes et jubilatoires, la scène de l'interrogatoire, l'intrigue même et évidemment l'écriture sont tout simplement délectables.

Un bon début pour découvrir cet auteur.
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dimanche 7 juin 2020

Dracula

4 de couv':
Répondant à l'invitation du comte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre à son arrivée dans les Carpates un pays mystérieux. Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula. Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu'éprouver une angoisse grandissante. Ce comte, qui contrôle son courrier et verrouille les portes de son château, ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l'apesanteur... Jonathan Harker doit se rendre à la terrifiante évidence : il est prisonnier d'un homme qui n'est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres...


J'avais déjà lu ce livre à l'adolescence, qui faisait partie de la liste de lectures (non imposées) au bac de français, et je me rappelais l'avoir assez apprécié.

Grand classique de la littérature fantastique, dont le succès depuis sa parution jusqu'à nos jours a largement dépassé l'oeuvre originale, je dois reconnaître que j'ai assez aimé cette relecture même si, connaissant déjà l'histoire et me la rappelant dans les grandes lignes, je n'avais plus le plaisir de la découverte.

Commençons par les points négatifs : Bram Stocker est un homme de son temps. Il a donc une vision du monde et des gens horriblement caricaturale pour notre époque.
Les femmes sont des faibles femmes : l'héroïne principale parle ainsi d'elle-même bien que sur les cinq héros, c'est quand même elle la plus intelligente et la plus courageuse. Intelligence mise en valeur par l'un des autres personnages qui dit d'elle en gros qu'elle a une intelligence d'homme. L'auteur trouvait-il que ce personnage féminin était trop moderne pour les lecteurs bien pensants de son époque ? Mais je dois reconnaître que malgré ces passages on ne peut plus horripilants, on prend plaisir en tant que femme à s'identifier à un personnage qui devient vite le pilier de ce petit groupe.
Dans tout le roman, un seul personnage juif. Et "évidemment" pour l'époque, un peu douteux. On n'en parle que sur une page et il est franchement très secondaire et on aurait pu s'en passer ou en tout cas se passer du fait qu'il soit juif mais il y est présenté ainsi (soupir).
Les tziganes : définitivement douteux, alliés de Dracula, puisque de tout temps considérés comme alliées du diable, de la sorcellerie, de la magie noir et autres petites choses mystiques bien antipathiques. Ils sont présentés comme ses alliés voire ses serviteurs, mais aussi comme étant de peu d'importance : aucun d'entre eux ne se démarque réellement, ils forment un groupe comme un seul personnage.
Les habitants des Carpates : essentiellement des gens un peu exotiques pour le londonien qu'est Jonathan Harker, et surtout superstitieux. Et finalement secondaires. Dans leur poursuite de Dracula, nos héros anglais se débrouillent sans eux, sans même chercher à se les rallier. Cela m'a donné une impression de supériorité des personnages anglais (et américain pour l'un d'entre eux).
Les petites gens : alors là, on est en plein dans la grosse caricature des gens peu cultivés, vénaux (le moindre renseignement coûte de l'argent à nos héros), voire un brin alcoolique (le moindre renseignement coûte à nos héros une pinte de bière). Et leur parler ! Pas un mot dont une syllabe ne soit tronquée (ou pour mieux dire : "pas' mot dont un' syllab' n' soit tronquée mon pov' m'sieur !"). Je ne sais comment s'exprimait le "bas peuple" londonien à l'époque mais j'ai trouvé l'auteur horripilant de condescendance sur ce coup là.
Tout ceci était on ne peut plus habituel à l'époque, je ne vais donc pas blâmer l'auteur d'être de son temps, je voulais juste mettre en lumière ce qui pourrait agacer le lecteur actuel.

Par contre, j'ai apprécié que ce soit un roman choral : la plupart des personnages tient un journal et présente ainsi sa propre approche de l'histoire. Mais je n'ai pas trouvé qu'ils se démarquent beaucoup les uns des autres. Plus en début qu'en fin de roman en fait. Pour casser le rythme, et ajouter au mystère, l'auteur a eu la bonne idée à un certain moment d'introduire dans ces différentes narrations des articles de journaux relatant des faits étranges non explicables par leurs auteurs mais dont nous lecteurs avons une idée plus claire, flattant ainsi notre ego.
Tout ceci mis bout à bout forme un ensemble cohérent et bien construit.

Pour ce qui est de l'écriture, elle est assez typique de l'époque mais assez plaisante à lire bien que un peu pompeuse à mon goût sur certains passages (en particulier ceux consacrés au personnage de Van Helsing du moins au début, car il est détenteur de connaissances qu'il se refuse à divulguer aux autres personnages. Certes, c'est pour accentuer le suspens, mais j'avais parfois envie de le secouer pour qu'il en dise plus).

Dans l'édition que j'avais entre les mains, se trouvent également des annexes traitant non seulement de ce roman (avec une tentative d'analyse littéraire intéressante quoique je trouve que son auteur aille un peu loin), mais aussi des légendes sur les vampires sous toutes leurs formes : écrits, cinéma, radio, histoire.
Ce qui en est à l'origine, les monstres de légende équivalents dans différentes civilisations. J'ai donc ainsi découvert que la représentation que différentes civilisations se sont fait de plus approchant des vampires est féminine (Bram Stocker innove donc avec son personnage masculin) et assez peu récente finalement.
Se trouvent aussi des extraits de romans, un de Théophile Gautier (la morte amoureuse) et un d'Alexis Tolstoï (la famille du Vourdalak). J'ai donc ainsi découvert deux auteurs que je n'ai jamais lus, mais dont j'ai pu apprécier ici l'écriture et dont j'aimerais poursuivre la lecture.

Donc une lecture intéressante en tant que classique et un classique ayant laissé un telle d'empreinte dans le milieu artistique, et pour le roman lui-même.
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samedi 30 mai 2020

Le rouge et le noir

4 de couv' :
C'est dans un fait divers que Stendhal a puisé  son inspiration pour Le rouge et le noir qui reste l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature romantique. L'histoire de Julien Sorel reproduit à peu près exactement celle d'Anthoine Berthet, condamné à mort et exécuté en 1828 pour tentative de meurtre sur la personne de Mme Michoud, chez qui il avait été précepteur.
Véritable tableau de la société française dans les dernières années de la Restauration, le rouge et le noir est aussi un grand roman d'amour : orgueilleux par timidité, sensible et révolté, Julien poursuit avec téncité le combat de son ambition, faisant fi des préjugés sociaux comme des règles de la morale.
Symbole du refus de l'ordre établi, mélange de froideur lucide et de passion exaltée, le personnage a des résonances bien actuelles.


J'ai décidément du mal avec les classiques. Sur celui-ci, je suis assez mitigée.

Les personnages m'ont tous parut sinon détestables, au moins inintéressants ou peu sympathiques (Julien Sorel, arrogant, ambitieux et hypocrite mais agissant, comme en photographie, comme un révélateur auprès de tous les personnages qu'il côtoie ; Madame de Rênal, miss sainte-nitouche ; Mathilde de la Mole, une gosse de riche capricieuse et manipulatrice (mais oui, d'accord, sensible, plus fragile qu'elle ne paraît de prime abord et dont la principale qualité, hélas un défaut à l'époque, est d'être intelligente et de caractère, et d'ambitionner vivre avec quelqu'un de son niveau qui ne l'engoncerait pas seulement dans le rôle de mère et d'épouse), et la plupart assez hautains voire brutaux.

Ayant du mal à m'intéresser à l'un des personnages, bien que tous intéressants à décortiquer individuellement et dans leurs interactions avec les autres, j'ai donc eu du mal à accrocher au roman et surtout à l'histoire.

Mais j'avais cependant sans cesse envie d'y revenir. Roman du XIXème et à l'écriture certes de qualité mais désuète par moments, j'ai beaucoup aimé la description des paysages et de la psychologie des personnages (quoique parfois un peu trop insistante parfois). Certaines situations un peu trop alambiquées (l'histoire de l'échelle par exemple) ou sur lesquelles je ne trouvais guère intéressant qu'on s'y attarde autant.
J'aurais aussi aimé des notes de bas de page car certaines anecdotes ou détails, bien qu'évidents à l'époque de l'écriture m'ont laissé en mode "de quoi s'agit-il précisément ?". Bref, beaucoup moins évidents pour les lecteurs de notre époque.

Cela étant, j'ai particulièrement apprécié les descriptions de l'époque, et surtout le contexte social. Et Stendhal est excellent dans la description des travers humains dans toute leur complexité.

Le comble, c'est que j'étais persuadée ne l'avoir jamais lu. Ce qu'ont démenti les nombreux passages relevés au crayon gris du début à la fin du livre. Et comble du comble, ce ne sont pas ceux-là que j'aurais relevés à présent.

Mon homme m'a dit avoir préféré La Chartreuse de parme. A essayer !
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dimanche 23 septembre 2018

Traité sur la tolérance

4 de couv' :
Convaincu de l'innocence de Calas exécuté en 1762, Voltaire met sa plume au service de la justice pour demander sa réhabilitation. Le négociant huguenot était accusé du meurtre de son fils qui voulait se convertir au catholicisme.
Avec une ironie mordante et un style inimitable, l'écrivain plaide pour le respect des croyances et l'esprit de tolérance.


Je n'ai jamais caché mon antipathie envers la philosophie, due au fait que cette une matière est enseignée bien trop tardivement dans le cursus scolaire, ce qui est le comble pour le pays des Lumières (selon moi il faudrait au moins une heure d'initiation par semaine au collège et deux heures en seconde et première avant d'aborder les choses vraiment sérieusement en terminale).

Cela étant, je ne désespère pas de trouver les ou les ouvrage(s) qui pourraient me réconcilier avec cette discipline et je m'obstine à tenter le coup parfois.

Et voici comment ce petit livre (écrit très très petit il est vrai) a atterri entre mes mains. Vu l'épaisseur du volume et vu que l'auteur est Voltaire et donc a priori plus abordable pour moi, je me suis laissée tentée.

Ben échec à nouveau.

Ce n'est pas dû à Voltaire ou son écriture, mais son argumentation repose sur une foultitude d'exemples et de références qui, si elles étaient bien connues des lecteurs de son époque, ne le sont pas forcément de ceux d'aujourd'hui, et de moi encore moins, mais qu'importe, jusqu'à un peu plus de la moitié du recueil, je les assimilai assez aisément sans que cela ne lèse ma progression de lecture et de suivi dans son raisonnement.
J'ai craqué en plein milieu d'un chapitre truffé de références bibliques totalement inconnues de moi, que je n'arrivais plus à assimiler et m'ont fait perdre le fil du discours. Avec cette grosse frustration d'avoir échoué une fois de plus dans la lecture d'un ouvrage philosophique en principe plutôt abordable et donc l'impression d'être quasi inculte.
J'exagère un peu, mais au moment de lâcher ce livre, ma frustration a nourri un superbe agacement aux confin de la colère. Contre moi-même. Et le fait que le cursus scolaire laisse si peu de place à cette matière.

C'est donc plus mes quelques lacunes de culture générale dans cette discipline qui sont la cause de ma défection que l'ouvrage en lui-même.
Avant d'écrire ce mot, j'ai feuilleté l'ouvrage à partir de l'endroit où j'ai laissé tomber, certains passages m'ont interpelée, j'y reviendrai donc certainement et referai un autre "petit mot de billet" un peu plus tard.

Mais en me basant sur la partie que j'ai lue, je le recommande cependant.
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dimanche 18 février 2018

Les pauvres gens

Je viens seulement de réaliser que, bien qu'ayant lu "Les pauvres gens" de Dostoïevski il y a au moins un an, j'ai complètement "zappé" d'en parler ici (ou alors si je l'ai fait, merci de me le rappeler).

Comme cela fait un temps plus que certain maintenant que je l'ai lu, je ne pourrai parler ici que de mon ressenti.

Des personnages touchants, bien travaillés mais tourmentés pour ne pas dire exaltés. Touchants cependant dans la sincérité de leur sentiments.

Ce qui a rendu ardue pour moi la lecture de ce classique est que je dois me réconcilier avec les classiques justement, et d'autant plus ardu que je connais mal la culture et littérature russes. Et bien qu'il ait eu un grand succès à sa sortie, n'oublions pas non plus qu'il s'agit d'un premier roman. Plus que prometteur il est vrai.

Il me faudra le relire pour l'apprécier pleinement, et il ne me manque pas grand chose...
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samedi 17 février 2018

Britannicus

4 de couv' :
Plutôt que «Britannicus», victime assez falote de Néron et d'Agrippine, Racine aurait dû donner à sa tragédie le nom de l'un ou l'autre des deux monstres qui s'affrontent à travers lui. Leur «ambition», aujourd'hui nous l'appellerions plus volontiers «goût du pouvoir». Un goût de mort et de sang dont les Romains, hélas ! n'ont pas emporté le secret avec eux. Chacun, ici, reconnaîtra les siens... 

Je n'aime pas les dialogues trop fréquents et/ou trop long dans les romans (à quelques exceptions près) et je n'aime pas lire de théâtre, préférant assister à une représentation. La lecture d'une pièce tombe systématiquement à plat pour moi. Un peu comme regarder une statue en photo : sympathique, mais manque de relief.
A l'époque du lycée, et donc du bac de français, j'en avais vite laissé tomber la lecture, peu inspirée par ce style à l'époque,  et d'une manière générale, à cause de la préparation au bac, en saturation de toute lecture et celle des classiques encore plus.

En vacances chez ma mère, j'ai farfouillé dans les livres de ma chambre dont ceux du bac justement, et retrouvé cette pièce. Pourquoi ne pas tenter le coup, me suis-je dit, me lançant dans ce texte avec une pointe de défi "cap ou pas cap d'aller jusqu'au bout ?".

Plus que cap, et sans me forcer.

Une lecture sans contrainte (pas de bac cette fois), juste ce texte et moi, et surtout sa beauté et son intelligence, a été un pur délice de le savourer. Se laisser porter par l'écriture et l'intrigue, un ravissement.
Le sujet, indémodable, est rehaussé ici par une fine psychologie des personnages et une construction de la pièce dont la mise en scène a été brillamment anticipée par l'auteur.

Un classique, dans le sens noble du terme.

Exquis.
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