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vendredi 21 novembre 2025

Droit dans les yeux

4 de couv' :
"On ne se regarde plus dans les yeux. Question d'habitude, de paresse, de pudeur ? On est rivé sur un écran, parfois même en marchant...", A.T.
À l'arrivée d'Augustin Trapenard, Le Grande Librairie inaugure en septembre 2022 sa nouvelle formule avec une séquence finale dans laquelle un auteur lit, face caméra, un texte qu'il a écrit spécialement pour l'émission.
"Droit dans les yeux" offre une tribune libre aux plus grands écrivains de notre époque. Fiévreuse, tendre, éloquente, profonde... Qu'elle s'attache à l'actualité ou questionne le rôle du livre et de la lecture, leur parole ouvre une parenthèse dans le temps médiatique.
Prix Nobel de littérature, romanciers, auteurs de polars et de science-fiction, poètes, écrivains pour la jeunesse, bédéistes, scénaristes, historiens, philosophes, anthropologues... Ensemble, ils livrent une admirable démonstration de leur talent et nous rappellent à quel point, dans une société en quête de sens, leur voix est essentielle.


Comme vous vous en doutez, je suis une grande fan de l'émission "La Grande Librairie" depuis... plusieurs années maintenant, je ne saurais même pas dire depuis quand.

La nouvelle séquence de l'émission m'avait au départ un peu déconcertée - la notion "droit dans les yeux" appliquée à la lettre m'était un peu dérangeante au début - mais je dois reconnaître que ces textes sont de véritables pépites littéraires, philosophiques ou poétiques... ou tout cela à la fois.

Je me suis délectée de chaque page, chaque ligne, chaque mot.

Ceux qui connaissent l'émission savent que chaque semaine apporte un nouveau thème... qui n'est même pas évoqué dans ce livre, seulement parfois dans certains textes.

Un peu déçue au début, j'ai vite compris que c'était le mieux à faire : plutôt que d'enfermer chaque texte dans le thème de l'émission pour laquelle il a été écrit, cette neutralité le rend d'autant plus intemporel.

Une bonne idée aussi est la mini biographie de chaque auteur à la fin des textes.
Une très bonne idée que d'y ajouter les textes originaux, - après la version française - pour ceux qui ont été diffusés (sous-titrés) dans la langue des écrivains quand ceux-ci ne parlent pas français.
Une excellente idée que de reverser une partie des ventes de ce livre à Bibliothèques sans Frontières, dont Augustin Trapenard est le parrain.
Et de le sortir maintenant : beau cadeau pour les fêtes de fin d'année, aussi bien pour soi-même et son entourage que pour cette association.

Décidément, tout me plaît dans  ce livre : le contenu, la présentation aussi sobre que belle, la mise en valeur de belles idées humanistes et de la littérature sous toutes ses formes.

Un vrai bohneur de lecture !
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jeudi 30 octobre 2025

Le grand méchant renard

Le mot de l'éditeur :
Face à un lapin idiot, un cochon jardinier, un chien paresseux et une poule caractérielle, un renard chétif tente de trouver sa place en tant que grand prédateur. Devant l'absence d'efficacité de ses méthodes, il développe une nouvelle stratégie. Sa solution ; voler des oeufs, élever les poussins, les effrayer et les croquer. Mais le plan tourne au vinaigre lorsque le renard se découvre un instinct maternel...

Un peu de légèreté, ça peut pas faire de mal. De légèreté, de grâce, d'humour, de douceur et de poésie aussi.

Une jolie fable réjouissante, avec un petit côté "Shaun le mouton" chez les animaux de la ferme.

Une vraie réussite et un petit bijou que cette bande dessinée. A mettre entre toutes les mains, des plus petites au plus ridées !

dimanche 26 octobre 2025

Lettres d'amour de Kamakura

4 de couv' :
Dans sa petite papeterie de Kamakura, Hatoko accueille toujours les clients avec une tasse de thé hôjicha choisie pour eux. Aujourd'hui, son âme d'écrivain public, restée plusieurs années en sommeil, se réveille. Avec enthousiasme, elle reprend le pinceau pour répondre aux demandes de ceux qui viennent la voir. Hatoko écoute chacun avec douceur, choisit avec attention l'encre, le papier, le pinceau et la calligraphie, car elle excelle dans l'art difficile d'écrire pour les autres. Elle rédige une lettre d'adieu d'une mère à sa fille, goûte aux daifuku d'un Yakuza Intello, calligraphie des lettres de désir ou d'espoir. Sa famille s'est agrandie et ses journées sont parfois tumultueuses, mais elle n'hésite pas à braver une tempête de neige pour remettre ne lettre et à prendre la mer sur les traces d'un amour ardent et et interdit.
C'est un bonheur de retrouver Kamakura, les promenades dans les temples ousous les caméliasen fleur, avec la bienveillance contagieuse de Hatoko et sa confiance dans le pouvoir des mots pour faire éclore en nous la grâce de vivre.

C'est autant avec curiosité que bonheur que j'ai emprunté ce livre à la bibliothèque. Curiosité car il s'agit du troisième tome de "La papeterie Tsubaki" dont j'avais les deux premiers tomes il y a déjà quatre ans. Bonheur car j'avais beaucoup aimé suivre la vie de la narratrice et avait hâte de la retrouver.

J'ai eu un peu de mal au démarrage : je ne me rappelais guère les deux tomes précédents, et j'ai eu du mal à me remettre dans le contexte. D'autant que quelques années ont passé et que Hatoko et son mari ont eu ensemble deux enfants. Quatre ans après ma dernière lecture de cette série, j'ai eu un peu de mal à m'y retrouver.
Autre point qui m'a un peu agacée pendant la lecture est le découpage du texte. Le côté une phrase = un paragraphe hache trop la lecture et je me suis rappelée que j'avais déjà eu ce sentiment précédemment.
Cela est d'autant plus perturbant quand un des personnages parle, je me suis fait avoir plusieurs fois avec cette présentation : avec un paragraphe pour sa première phrase, puis un autre pour la deuxième, puis la troisième, je ne savais parfois plus si tel paragraphe était la suite d'un monologue ou quand on repassait à la narration.

Malgré cela, j'ai réellement aimé ce roman et ai retrouvé Hatoko, sa vie, sa gourmandise, son empathie et sa vie quotidienne de japonaise avec bonheur.

Pour chaque lettre écrite, nous avons sa version calligraphiée en japonais, ce qui est agréable et appréciable car nous découvrons ainsi différentes écritures.
Je suppose que dans la version japonaise du roman, ces passages du livre ne font l'objet que de la version calligraphiée, ce qui doit en rehausser la lecture pour les lecteurs japonais. Je trouve le fait de laisser la version japonaise des lettres un vrai respect de l'ouvrage, de l'autrice et des lecteurs. Car l'objet de ce livre n'est pas que le contenu des lettres, mais leur écriture et l'outil choisi en fonction de son auteur présumé. De même que le choix du thé pour accueillir chaque client : tout en harmonie.

Un très agréable moment de lecture, espérons qu'il y ait une suite...
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vendredi 18 juillet 2025

Orgueil et Préjugés

4 de couv' :
Mrs Bennet, femme de pasteur, est déterminée à marier ses cinq filles afin d'assurer leur avenir. Lorsqu'un riche jeune homme loue le domaine voisin de Netherfield, elle espère qu'une de ses filles saura lui plaire et met tout en oeuvre pour arriver à ses fins.
Elizabeth observe avec ironie les manigances de sa mère. Si elle apprécie le charmant Mr Bingley, elle est tout d'abord irritée par l'attitude dédaigneuse du fier Mr Darcy.
Publié en 1813, Orgueil et Préjugés est considéré comme le chef d'oeuvre de Jane Austen. Les aventures sentimentales des cinq filles Bennet offrent une satire pleine d'esprit des conventions sociales de la bonne société anglaise à la fin du XVIIIe siècle.


Cela faisait longtemps que j'étais tentée de lire ce livre, et surtout son autrice qui semble faire l'unanimité parmi les lecteurs et plus largement, le monde littéraire.
En raison d'un challenge Booknode (lire un livre illustré), j'ai profité de l'occasion pour me procurer l'édition présente.

Je dois avouer que j'ai eu un peu de mal au démarrage et à la page 80 (sur 538), j'en étais à me dire "ça bavasse, boudiou que ça bavasse". Quand j'ai repris l'ouvrage un peu plus tard, miracle, la magie a pris. Mais vraiment un revirement.

Je me suis donc alors autant laissée porter par l'écriture que par l'histoire, le contexte historique et social, les portraits de personnages. Et la description des paysages.

Je lis peu de romances - et je pense que Jane Eyre et Les Hauts de Hurlevent resteront mes préférés - je ne ferai donc pas de critiques à ce sujet . C'est une romance avec le côté un peu superficiel que ça induit dans ce genre (mais tellement agréable !).

Bref, une de mes premières lectures d'été les plus réjouissantes !


"Qui songe à en douter ? Un célibataire nanti d'une belle fortune doit être nécessairement à la recherche d'une femme. C'est une conviction si répandue  que, dès qu'on voit paraître un jeune homme pour la première fois dans une région, il n'est pas de familles des environs qui ne le considèrent, d'ores et déjà, comme la propriété de l'une ou l'autre de leurs filles."

"L'orgueil se rapporte plutôt à notre opinion sur nous-mêmes et la vanité à ce que les autres pensent de nous."

samedi 7 juin 2025

Les films de Clint Eastwood

4 de couv' :
Lancé dans les années soixante par Sergio Leone comme protagoniste de la célèbre "trilogie du dollar", Clint Eastwood s'est transformé d'abord en une icône du policier d'action, puis en un réalisateur sensible, au talent éclectique, jusqu'à devenir l'un des hommes de cinéma les plus populaire et les plus aimés de la critique et du public.
Cet ouvrage trace de lui un portrait complet, en parcourant entièrement sa vie et sa carrière.


Vous vous doutez bien que ce livre n'a pas été choisi par hasard et que c'est en digne fan de Clint Eastwood que je me suis procurée ce livre.

Des films d'Eastwood, je connaissais mieux ceux des vingt dernières années (avec une prédilection pour "Sur la route de Madison", "Lettres d'Iwo Jima", "Gran Torino"...). Plus jeune, j'adorais la série des Inspecteur Harry - paraît-il d'après mon homme que j'ai "un caractère de mec" - un peu moins maintenant car je trouve que certains ont mal vieilli... ou c'est moi qui ai changé...

La maison d'édition de ce livre est spécialisée dans les livres sur l'art dont le cinéma. L'édition que je possède est la première de ce livre, publié en 2010, ce livre s'arrête donc au dernier film en date pas encore sorti ni traduit en français à l'époque (Hereafter, soit "Au-delà").
Une réédition de ce livre est sortie le mois dernier, j'en déduis qu'il s'agit d'une version réactualisée et avec un peu de chance, les multiples fautes de frappe et les quelques paragraphes en double auront été corrigées...

Ce livre est très bien fait. Et si les premières pages sont plutôt destinées un public relativement cinéphile, il reste plaisant et intéressant à lire. S'ensuit une biographie de l'acteur-réalisateur-producteur, puis les films par ordre chronologique : titre (avec date, titre original, nom du réalisateur), résumé technique, distribution et personnages, résumé, descriptif ou anecdotes sur le tournage et différentes critiques sorties à l'époque. Le tout agrémenté de photos de chaque film, ou prises sur le plateau lors du tournage (direction d'acteur, oeil rivé à la caméra, etc.).

Cinéphiles ou non, les fans d'Eastwood s'y retrouveront. Pour ma part, j'ai appris beaucoup de choses sur le réalisateur t suis assez épatée de tout le travail accompli depuis tant d'années.

Un vrai beau livre, très pédagogique, et à la portée de tous.
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dimanche 29 décembre 2024

La panthère des neiges (beau livre)

4 de couv' :
"Il y a une bête au Tibet que je poursuis depuis six ans, dit Munier.
Elle vit sur les plateaux. Il faut de mongues approches pour l'apercevoir.
J'y retourne cet hiver, viens avec moi.
- Qui est-ce ?
- La panthère des neiges, dit-il.
- Je pensais qu'elle avait disparu, dis-je.
- C'est ce qu'elle fait croire."


Certes, j'avais déjà lu ce livre en 2020, dont je me suis fait offrir cette version par la suite, ne résistant pas à ce bel ouvrage et surtout ses photos.

L'ensemble se complète admirablement bien, et je dois reconnaître que les magnifiques photos de Vincent Munier m'ont d'autant mieux fait apprécier le texte de Sylvain Tesson.

Si le talent de ce dernier pour décrire - les paysages ou la moindre partielle de choses, personnes ou animaux observés - n'est plus à louer, je dois avouer qu'il est parfois frustrant de se contenter de descriptions. Au cours des lectures de ses récits de voyage, on a envie de "voir" ce qu'il a vu et si évidemment on ne va pas se précipiter sur place le livre en main, le fait de ressortir ses livres en version illustrée avec les photos du voyage, quand ce n'est pas en film, est une excellente initiative (et très lucrative pour l'éditeur, oui je sais, je ne suis pas naïve).

Et en ces temps d'hiver, rien de plus approprié qu'un livre se déroulant dans un pays de neige, le meilleur livre qu'on puisse trouver en ces fêtes de fin d'année. Bulle de douceur, beau texte, superbes photos, ma meilleure idée de lecture de décembre.
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vendredi 12 avril 2024

Lebensborn

4 de couv' :
Il y avait deux programmes nazis secrets :
le premier avait pour but d'exterminer les juifs dans des camps,
le second de faire naître des aryens dans des maternités.

C'est quand même un tour de force que de réussir à mettre de l'amour et de la poésie sur un sujet qui au départ en est tellement dénué.

Les dessins, les couleurs, le scénario, les textes et dialogues en font une histoire très douce, très forte aussi, d'où ressort un profond amour familial (du moins pour un côté de la famille).

Contrairement au diction, toute vérité est bonne à dire. Surtout aussi joliment.
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samedi 13 janvier 2024

Oreiller d'herbe ou le voyage poétique

4 de couv' :
Il faut lire ce texte d'une originalité et d'une poésie absolues, que Sôseki appelait son roman-haïku.
Au printemps, un jeune artiste décide de se retirer dans la montagne, loin des passions et de l'agitation de la cité, rencontre une jeune femme malicieuse et fantasque, rêve de peindre le tableau qui exprimerait enfin son idéal et ne réussit qu'à aligner poème sur poème !
Dans ce manifeste poétique et esthétique, profond, piquant, passionné, indigné, éblouissant, Sôseki approfondit sa méditation sur la création et  et la place de l'artiste dans la société moderne.
"Je ne crois pas qu'un tel roman ait déjà existé en Occident. Il ouvrira de nouveaux horizons à la littérature", prédisait Sôseki en l'écrivant.
Les délicates peintures qui l'accompagnent sont issues d'une édition de 1926 en trois rouleaux, où figurait aussi le texte entièrement calligraphié.


Je voulais par ce livre terminer 2023 et commencer 2024 en beauté. Ce, roman, qui ne peut être classé dans ce seul genre, est aussi un petit bijou de poésie et un ravissement des yeux de par les peintures qui y sont ajoutées.

S'il peut rebuter certains car le narrateur, tout artiste qu'il est, analyse assez souvent ses impressions et sentiments - toujours avec justesse, intelligence et élégance -, il n'en reste pas moins une histoire agréable, ponctuée de rencontres qui se transforment en nouvelles amitiés.

Un petit bijou.
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mardi 26 décembre 2023

Sibérie, ma chérie

Pas de 4 de couv' !


C'est un peu par hasard que j'ai acheté ce livre. J'en cherchais un autre du même auteur sur un site de bouquinerie en ligne et je suis tombée sur 2-3- autres disponible au même moment. L'occasion fait le larron dit-on.

Ayant lu beaucoup des Sylvain Tesson sur ses voyages en Russie, c'est d'abord la curiosité qui m'a attirée, plus que la couverture, il faut bien dire.

A la réception, j''ai eu la surprise de constater qu'il se présente sous la même format que des carnets type "Moleskine" qui sont, sauf erreur de ma part, ceux utilisés par l'auteur pour ses notes ou journal de voyage.
Je l'ai lu cette semaine : le beau cadeau de Noël que je me suis fait là !

Ils s'y sont mis à quatre pour ce volume : Sylvain Tesson pour les textes, Thomas Goisque pour les photos et Bertrand de Miollis et Olivier Desvaux pour les peintures.

Les textes viennent essentiellement de différents ouvrages de Sylvain Tesson dont "Dans les forêts de Sibérie", "L'axe du loup", "Vérification de la porte opposée", "Eloge de l'énergie vagabonde", "Une vie à coucher dehors", quelques articles de journaux ou magazines... Et quelques inédits aussi.

Les photos et peintures sont magnifiques et on ne sait vite plus lesquels met en valeur les autres : les illustrations ou les textes ?
La bonne idée de ce livre est de reprendre en fin de volume chaque photo ou volume sous forme de vignette en y ajoutant une citation supplémentaire, et surtout le lieu ou les personnes représentées, et l'ouvrage ou article dont le texte est issu.

Ce livre est en tout cas pour les amateurs des textes de Sylvain Tesson, un formidable complément des ouvrages cités, un vrai petit bijou pour tous ceux qui ont déjà lu ses ouvrages.
Et pour les autres, une très belle mise en bouche qui ne peut que donner envie de les lire.

A renouveler.
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