mardi 30 décembre 2014

La pyramide de glace


4 de couv' :
1784. L'un des plus rudes hivers du siècle accable Paris. Le peuple érige des monuments de glace en reconnaissance des actes de charité des souverains. Au dégel, l'une de ces pyramides révèle le corps dénudé d'une femme, parfait sosie de la reine.
Pour Nicolas Le Floch, c'est le début d'une enquête haletante qui, à partir de maigres indices, le conduira à soupçonner une machination ourdie contre la réputation de Marie-Antoinette par un prince du sang.
Entouré par ses amis, investi de la confiance de Louis XVI, aidé par les informations de Restif de la Bretonne, il remontera peu à peu la chaîne des présomptions, allant de surprise en surprise.
Au milieu des périls renouvelés, le commissaire des Lumières parcourt encore une fois le Paris de la débauche, des sorcières devineresses et des revendeuses à la toilette. Des carrières de Montmartre au boulevard du Midi, sous le regard de l'ambigu Sartine, il dénouera la trame de cette intrigue, alors que dans l'ombre une nouvelle menace pèse sur le trône.


Polar historique sympathique, où on retrouve avec bonheur nos personnages préférés.
Un peu trop de dialogues à mon goût, mais avec suffisamment de narration pour ne pas lasser le lecteur. Un bon polar et un bon épisode de cette série.
Cela étant, je ne peux jamais m'empêcher de me demander ce qu'il adviendra des personnages au moment de la Révolution... Un jour, peut-être ?
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dimanche 28 décembre 2014

Couleur fumée

4 de couv' :
Un enfant grandit, écartelé, entre sa communauté tzigane de naissance et la société hongroise dans laquelle il est scolarisé. Au fil d'une histoire haletante et dramatique, il apprendra qu'on ne peut accepter sa propre identité dans toute sa complexité que par la confrontation, douloureuse, avec l'autre.
Si couleur de fumée a obtenu en quelques années une consécration internationale, c'est parce que Menyhért Lakatos a su tirer de son expérience personnelle une épopée vibrante qui met magnifiquement en scène les trois actes de la tragédie du peuple tzigane : la nostalgie de la liberté, la violence tribale et m'abomination du génocide.


Ce que j'aime dans le peu que j'ai lu dans la littérature tzigane, ce sont ces évènements - une vie - qui se déroulent à la suite les uns des autres, comme hors du temps (bien que la période où ils se déroulent soit bien ciblée).

C'est ce que j'ai apprécié aussi dans ce roman sans chapitres.

Par contre, je regrette que l'un des passages s'étire un peu trop en longueur, il aurait mérité d'être un peu écourté. Il faut dire aussi que ce roman aussi aurait mérité d'être lu dans de meilleures périodes que la pause déjeuner, les trajets en bus ou environ une heure avant le coucher, en d'autres termes, que je réussisse à prendre un moment pour le lire et avoir juste ça en tête à faire.

Mais en tous les cas, un vrai dépaysement, et une fin des plus poignantes.
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vendredi 26 décembre 2014

Fille noire, fille blanche

4 de couv' :
Elles se rencontrent au coeur des années soixante-dis, camarades de chambre dans un collège prestigieux où elles entament leur cursus universitatire. Genna, descendante du fondateur du collège, est la fille d'un couple très "radical chic", riche, vaguement hippie, opposant à la guerre du Vietnam et résolument à la marge. Minette Swift, fille de pasteur, est une boursière afro-américaine venue d'une école communale de Washington.
Nourrie de platitudes libérales, refusant l'idée même du privilège et rongée de culpabilité, Genna essaye sans relâche de se faire pardonner son éducation élitiste et se donne pour devoir de protéger Minette du harassement sournois des autres étudiantes. En sa compagne elle voit moins la personne que la figure symbolique d'une fille noire issue d'un milieu modeste et affrontant l'oppression. Et ce, malgré l'attitude singulièrement déplaisante d'une Minette impérieuse, sarcastique et animée d'un certain fanatisme religieux. La seule religion de Genna, c'est la piété bien intentionnée et, au bout du compte inefficace, des radicaux de l'époque. Ce qui la rend aveugle à la réalité jusqu'à la tragédie finale. Une tragédie que quinze ans -  et des vies détruites - plus tard, elle tente de s'expliquer, offrant ainsi une peinture intime et douloureuse des tensions raciales de l'Amérique.


Je dois avouer que je suis assez partagée sur ce roman. Autant le quatrième de couverture en propose une très bonne analyse, autant je dois dire que je n'ai absolument pas accroché aux deux personnages centraux.

Entre une qui est pétrie d'orgueil et d'arrogance, tellement elle est persuadée que ce qu'on lui a inculqué depuis toujours est la vérité absolue, et l'autre qui ne comprend pas toutes les réactions de sa compagne de chambre mais n'ose rien lui demander en raison de ses complexes de fille blanche privilégiée débarquée elle aussi à la fac avec une éducation d'un autre genre d'extrémisme, j'ai constamment eu envie de les baffer toutes les deux. D'autant que Genna réussit à se persuader qu'elle est l'amie (la seule) de Minette. est-ce vraiment ce que ressent Minette ? Cela n'a rien d'évident.
Elles se murent, face aux autres et envers chacune, dans leurs paranoïas et leurs convictions respectives, n'arrangeant en rien la situation.
Et, ce qui est plus dérangeant, j'en suis arrivée à comprendre toute l'animosité que Minette pouvait susciter.

Ce sont leurs éducation respectives qui mène à la tragédie finale, qui aurait pu être évitée si seulement elles avaient réussi à s'en affranchir, en se mêlant davantage aux autres étudiantes, et si Genna avait plus communiqué avec Minette.

Une impression de malaise qui se prolonge après la lecture de ce livre.
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mercredi 24 décembre 2014

Central Park

4 de couv' :
Alice et Gabriel n'ont aucun souvenir de la nuit dernière... pourtant, ils ne sont pas près de l'oublier.
New York, huit heures du matin. Alice, jeune flic parisienne, et Gabriel, pianiste de jazz américain, se réveillent menottés l'un à l'autre sur un banc de Central Park. Ils ne se connaissent pas et n'ont aucun souvenir de leur rencontre.
La veille au soir, Alice faisait la fête avec ses copines sur les Champs-Elysées tandis que Gabriel jouait du piano dans un club de Dublin.
Impossible ? Et pourtant ...
Les questions succèdent à la stupéfaction. Comment se sont-ils retrouvés dans une situation aussi périlleuse ? D'où provient le sang qui tache le chemisier d'Alice ? Pourquoi manque-t-il une balle dans son arme ?
Pour comprendre ce qui leur arrive et renouer les fils de leurs vies, Alice et Gabriel n'ont pas d'autres choix que de faire équipe. La vérité qu'ils vont découvrir va bouleverser leur existence...


Ok pour l'originalité du début et pour le suspense, on a envie de savoir ce qu'il en est réellement, et comme les personnages, on veut comprendre pourquoi ils en sont là et à cause de qui.

Mais voilà : l'auteur reprend un peu les mêmes ficelles que dans ses précédents romans et surtout, je n'ai pas accroché du tout sur le dénouement, qui, bien qu'émouvant, n'est pour moi pas crédible.

Cela reste un assez bon roman suspens et un bon moment de lecture.
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lundi 22 décembre 2014

L'institut de beauté des rectifications mineures

4 de couv' :
Au Botswana, n'est pas Dame Détective en chef qui veut ! Lorsqu'il s'agit de s'assurer du bon déroulement d'un legs testamentaire, de démasquer un usurpateur et de préserver un nouvel institut de beauté victime de sabotage, on ne peut guère compter que sur la célèbre Mme Ramotswe. D'autant qu'il faut aussi maintenir l'agence à flot, et que sa précieuse assistante, Mme Makutsi, semble avoir ces derniers temps le ventre bien arrondi...


Que dire de plus, depuis le temps, sinon que j'ai toujours autant plaisir à retrouver les personnages de cette série année après année, comme on retrouve de vieux amis. Ça m'a fait plaisir, ça m'a fait du bien... Et si c'était juste ça, la lecture, après tout ?
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dimanche 21 décembre 2014

Impact

4 de couv' :
Tom Jefferson est un tueur à gage reconnu. Il est contacté par un proche de la CIA et de la mafia pour éliminer Fidel Castro. Cet assassinat arrangerait tout le monde : le gouvernement, mais aussi la mafia, sans qui Kennedy ne serait pas devenu président. On attend donc de lui qu'il laisse tomber l'enquête que son gouvernement a lancée contre le crime organisé. S'il refuse, la mafia détient un enregistrement dans lequel il est en train de faire l'amour avec Marilyn Monroe. Mais lorsque Tom écoute cette cassette, c'est la voix de sa femme qu'il reconnaît. Quelques jours plus tard, celle-ci est retrouvée morte. Tom disparaît à son tour. Parmi ses donneurs d'ordre, la panique gagne et la rumeur enfle : et s'il avait décidé de se venger et d'assassiner Kennedy ?


Oui, encore un Philip Kerr. Et non, pas de Bernie cette fois, comme on peut aisément le deviner rien qu'à la couverture.
Tiens, parlons-en de la couverture, en la voyant je me suis dit (et vous aussi j'en suis sûre) "oh non, encore une fiction basée sur l'assassinat de Kennedy, même Philip Kerr s'y est mis !".

Et ben non.

L'histoire se passe cette fois au moment de l'accession de Kennedy à la présidence, soit 1960.
Et bien que le premier tiers (et le quatrième de couverture) nous oriente dans une direction, le fait est que l'auteur a su tout au long du roman nous rediriger, comme toujours  avec brio, vers une conclusion aussi inattendue que brillante.

Du bon, du grand Philip Kerr !
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samedi 20 décembre 2014

La carte du temps

4 de couv' :
Londres, 1896. Il n'y a pas que dans l'imagination de l'écrivain H.G. Wells que l'on peut voyager dans le temps. Avec ses séjours en l'an 2000, l'agence Murray fait un tabac... Révolution ou canular ? Andrew Harrington y voit la possibilité de revenir huit ans en arrière et de sauver sa bien-aimée, assassinée par Jack l'Eventreur. D'autres, comme Wells lui-même, n'y croient guère. Le temps va toutefois lui jouer des tours, ainsi qu'à ses confrères Henry James et Bram Stocker... A quelques paradoxes près !


Vous constaterez que je n'arrivais pas, ces derniers temps, à sortir du XIXème siècle !
Et tant qu'à rester dans le passé, autant voyager dans le temps, et avec quelle maestria : l'auteur a autant pris plaisir à écrire cette histoire qu'à l'offrir aux lecteurs et là où on pense qu'il va se fourvoyer dans un un bête paradoxe temporel, on se rend compte qu'il l'a autant anticipé que nous pour admirablement retomber sur ses pieds. Avec classe, grâce et humour, qui plus est.

Vous l'aurez compris, j'ai été complètement conquise par cette histoire (ou plutôt ces trois histoires, qui se rejoignent admirablement mais comment pourrait-il en être autrement, ayant pour personnage central H.G. Wells himself ?), relevée par la complicité instituée par le narrateur avec le lecteur.

Il y a deux suites, que j'ai hâte de lire comme vous vous en doutez, mais je le crains aussi, les suites ne sont pas toujours bonnes, sauf pour les poches des éditeurs bien sûr.

Mais je craquerai, comme toujours, vous en entendrez donc parler...
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vendredi 19 décembre 2014

Donatien Lachance

L'énigme de la rue Saint-Nicaise - 4 de couv' :
Le jour de Noël 1800, une bombe manque de tuer Bonaparte, qui se rendait en carrosse à l'Opéra. Le Premier Consul mandate Donatien Lachance, jeune détective à l'intelligence acérée, précurseur de la police scientifique et séducteur invétéré. On accuse d'emblée les républicains, mais Lachance n'y croit pas. Il cherche à protéger Olympe, une jeune républicaine exaltée qu'il a follement aimée et qui apparaît en haut de la liste des coupables potentiels, tout en poursuivant la piste des monarchistes extrémistes. Parviendra-t-il à triompher des comploteurs sans tomber dans les intrigues du pouvoir et le  piège des grands sentiments, grâce à ses talents d'enquêteur et de galant ?


Le grand complot - 4 de couv' :
Hiver 1804. Bonaparte est convaincu que les chouans, financés par les Anglais, fomentant un complot contre lui. Il charge Donatien Lachance, qui s'est illustré dans une précédente enquête, de déjouer leurs plans. Dans cette période de trouble, les intrigues - politiques et amoureuses - se multiplient autour du futur empereur et Donatien n'aura pas trop de ses talents et de ses méthodes inédites pour faire tomber les masques, préserver la raison d'Etat et rester fidèle à lui-même.


Que dire de plus que rarement polar historique m'aura autant enthousiasmée ? Que ce soit les personnages, la période historique choisie admirablement décrite tant du point de vue politique que social, et les énigmes en elles-mêmes, le tout servi par une écriture autant agréable qu'efficace, cette série de polars historique frôle la perfection dans ce genre.

Sur cette période de notre histoire, l'auteur a parfaitement su décrire (en partie grâce à un subtil retour en arrière), j'insiste, cette époque transitoire de la France qui sortie finalement depuis peu de la royauté, peine à ce remettre de la Terreur et cherche à se reconstruire sur des bases plus solides, incarnées par le très controversé Bonaparte. J'en redemande !

Oui vraiment, je la recommande chaudement et j'ai hâte de lire le troisième volet !

mercredi 17 décembre 2014

La vengeance volée

4 de couv' :
L'entourage de Napoléon III est menacé ! Deux domestiques viennent d'être sauvagement égorgés, l'un au palais des Tuileries, l'autre chez la cousine de l'empereur. Le fringuant Hadrien Allonfleur, capitaine dans l'escadron des cent-gardes, est en charge de la sécurité impériale. Flanqué d'un inspecteur à la retraite, bougon mais perspicace, il lui faut débusquer le coupable au plus vite... tout en déjouant les pièges d'un redoutable rival.


En réponse à "La vengeance de Baudelaire" dont je n'avais pas apprécié l'ambiance mais beaucoup plus la reconstitution historique, j'ai eu envie d'embrayer sur un polar traitant de la même époque. Ou presque, car si nous sommes ici toujours sous Napoléon III, nous faisons un bond de 7 ans en arrière.
(par contre, la similitude des deux titres n'a rien à voir dans ce choix. Pur hasard que je viens seulement de remarquer)

Il s'agit ici d'un style totalement différent du roman que je venais d'achever, mais dans un contexte assez similaire à ceux de Jean-François Parot : deux policiers au service du pouvoir en place, l'un jeune et l'autre plus âgé et bougon, une belle reconstitution historique, une bonne intrigue de polar, de l'humour.

Mais la comparaison s'arrête là car à auteure différente, style différent.

Un polar qui m'a enthousiasmée et dont la seule déception est de ne pas avoir de suite pour le moment.

lundi 15 décembre 2014

La vengeance de Baudelaire

4 de couv' :
Paris, septembre 1870, la guerre fait rage. Les premiers obus tombent sur la ville assiégée. Le peuple meurt de faim tandis que l'aristocratie se réfugie dans l'orgie et le spiritisme. C'est dans cette atmosphère chaotique que Paul Lefèvre, énigmatique commissaire assidu des maisons closes parisiennes, et son ami, l'inspecteur Bernard Bouveroux, homme curieux et cultivé, auront à résoudre une série de crimes hors du commun. Toutes les victimes portent un message, sous forme de vers extraits du très controversé Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire, mort trois ans auparavant. A mesure que l'enquête progresse sur un chemin encombré de subterfuges et de mensonges, les masques se craquèlent puis tombent, jusqu'à révéler un terrible secret au sein même de la famille Baudelaire.


Commençons par ce qui a motivé l'achat de ce livre : la couverture (le graphisme, l'ambiance qui s'en dégage, et la texture, très douce au toucher), le quatrième de couverture qui augurait d'un bon polar, et d'une période historique intéressante, le fait que l'intrigue se base sur Baudelaire et son oeuvre. Et en dernier le fait que ce roman ait reçu le prix Hercule Poirot.

J'ai particulièrement aimé l'ambiance du Paris de 1870 et la reconstitution historique, mais c'est hélas à peu près tout ce que j'ai aimé de ce roman.

Qu'une partie des chapitres soient courts (parfois moins de deux pages) ne me dérange pas plus que ça, mais qu'ils soient de longueurs très inégales un peu plus. Même si ce n'est pas quelque chose qui me rebute réellement.
Par contre, m'a plus rebutée le fait qu'en début de roman il y ait un meurtre à chaque chapitre, et des plus glauques. Heureusement, cela s'arrête vite. Que les meurtres, pas le côté glauque. Car plus on avance dans ce polar, plus on en apprend sur les dessous de l'intrigue et plus on s'enlise dans le malsain. J'aime les polars noirs, mais pas ce genre.

Personnellement, ce n'est pas ainsi que je voyais Baudelaire et encore moins son oeuvre.

J'ai trouvé le personnage du meurtrier trop poussé dans ses extrêmes, jusqu'au ridicule, et donc difficilement crédible.

Alors oui, ce livre a reçu le prix Hercule Poirot du meilleur roman à suspense. Là je peux comprendre car effectivement, on a envie d'avancer dans l'enquête pour comprendre le pourquoi de ces meurtres. J'ai apprécié, comme souvent, l'alternance entre le journal du meurtrier et l'enquête.
Mais je regrette vraiment le côté glauque du meurtrier, de ses actions et de ses motivations, ce côté "anomalie humaine" sur lequel repose le roman.

Je regrette également cette impression que l'auteur ne semble avoir retenu de Beaudelaire que le côté bizarroïde des Fleurs du Mal, comme si cette oeuvre ne pouvait être lue qu'en surface. A moins qu'il ait voulu que son roman repose sur le ressenti des contemporains de Beaudelaire ?
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samedi 13 décembre 2014

Le Chant de Salomon

4 de couv' :
Héritier de la tradition orale et des légendes africaines, Le Chant de Salomon est un retour aux sources de l'odyssée du peuple noir. Entre rêve et réalité, cette fresque retrace la quête mythique de Macon Mort, un adolescent désabusé parti dans le Sud profond chercher d'hypothétiques lingots d'or. Mais le véritable trésor qu'il découvrira sera le secret de ses origines.


J'ai hésité à recopier ici le quatrième de couverture tant il m'a faussé la perception que je pouvais avoir de ce livre en entamant sa lecture. En plus, le départ de Macon vers le sud se fait non pas à son adolescence, mais à l'âge adulte, et dans le dernier quart du roman.
Tout ceci pour dire que si vous avez projeté de lire ce roman et que vous avez la même quatrième de couverture, oubliez-le et démarrez votre lecture sans idée préconçue, vous feriez fausse route comme moi.

Le quatrième de couverture n'est pas faux cependant sur l'idée de quête mythique. Et si Macon est le personnage central du roman, ce dernier ne se limite pas à lui seul, les autres personnages, gravitant autour de lui, ont chacun leur importance, en particulier les femmes car il est aussi question de la condition féminine.
Et comme souvent avec Toni Morrisson, beaucoup de symbolisme, de non-dits qui ne trouvent leur explication que plus tard dans le roman, beaucoup de retours en arrière aussi, la même technique que l'on trouvait dans "Beloved". Et on a l'explication du titre dans la dernière partie.

Pour ceux qui n'ont rien lu de Toni Morrisson, je déconseillerais de commencer par ce roman, car il risque d'en rebuter plus d'un.
Pour ma part, je le relirai sûrement pour en apprécier davantage la qualité littéraire.
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mercredi 19 novembre 2014

Pétronille

4 de couv' :
Au premier regard, je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans.


Pour résumer mes impressions sur ce roman : truculence, humour, auto-dérision, richesse de la langue, personnage atypique, fin inattendue.
Et une question qui me taraude : cette Pétronille serait-elle une Amélie Nothomb bis, version qui oserait tout ce qu'elle ne peut pas se permettre dans la vraie vie ? (le final vous apparaît sous un autre jour, non ? Et même si j'ai tort, avouez que ça donne une autre perspective à ce roman...).

Un Amélie Nothomb qui renoue avec ceux des débuts.

dimanche 16 novembre 2014

Une autre idée du bonheur

4 de couv' :
Quand une vie ordinaire devient extraordinaire.
Philadelphie. Au premier jour du printemps 2010, Agatha sort de prison, mais pas par la grande porte. Après trente ans derrière les barreaux, il ne lui restait que quelques années à faire. Alors pourquoi cette évasion ?
Dans une station-service proche du campus, elle s'invite à bord de la voiture de Milly et l'entraîne dans sa cavale sans rien lui révéler de sa situation.
Dotée d'un irrésistible appétit de vivre, Agatha fait voler en éclats la routine confortable de Milly. Vingt ans les séparent, mais au fil du voyage les deux femmes partagent ces rêves qu'il n'est jamais trop tard pour réaliser et évoquent ces amours qui ne s'éteignent pas.
Cinq jours en voiture à travers les Etats-Unis... A chaque étape, une rencontre avec un personnage surgi du passé les rapprochera du secret d'Agatha.
Jusqu'où devons-nous aller dans notre quête insatiable du bonheur ? A quoi ne faut-il jamais renoncer ? Dans ce roman, Marc Levy réaffirme notre besoin inconditionnel de liberté et nous fait aussi découvrir un pan méconnu de l'histoire américaine.


Malgré une histoire prometteuse, je ferai ici la même critique que pour les romans précédents : trop de dialogues, donc pas assez de narration alors que le roman gagnerait ainsi en profondeur et en consistance. Résultat : une histoire un peu trop convenue, des rebondissements qui arrivent trop tôt ou trop tard car on les a devinés depuis longtemps, des personnages un peu fades ou ressemblant trop à ceux des romans précédents.
J'aurais donc aimé plus de narration, une psychologie des personnages plus travaillée, qui aurait sans doute mieux mis en valeur cette partie de l'Histoire américaine qui l'a inspirée.
Attention, je ne dis pas que c'est mauvais, juste que ça aurait pu être un peu mieux.

Je dois dire que j'ai depuis quelques temps la désagréable impression (et ce n'est qu'une impression, pas une affirmation) qu'il est imposé à l'auteur le rythme d'un livre par an, parfois un peu au détriment de son écriture et de la construction de ses romans.
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jeudi 13 novembre 2014

Ermites dans la Taïga - Des nouvelles d'Agafia

Ermites dans la Taïga - 4 de couv' :
Une famille de vieux-croyants démunis à l'extrême, subsistant dans une cabane misérable, en pleine taïga, coupés de la civilisation depuis... 1938 : telle est l'incroyable réalité décrite par Vassili Peskov, qui raconte ici avec passion et minutie l'aventure des ermites de notre temps, puis les vains efforts de la plus jeune d'entre eux, Agafia, pour se réadapter au monde. Nouvelle version du mythe de Robinson, manuel de survie dans la taïga, histoire de femme aussi, ce livre riche et multiple a rencontré lors de sa parution chez Actes Sud en 1992 un succès qui ne s'est jamais démenti. Et Agafia, sa magnifique héroïne, vit toujours, loin du "siècle", dans la sauvage solitude de la taïga.


Des nouvelles d'Agafia - 4 de couv' :
Née en 1945 dans la forêt sibérienne, Agafia est la dernière
survivante de la famille Lykov, retirée depuis 1928 dans la taïga pour une incroyable robinsonnade d'un demi-siècle, puis "découverte" en 1978 par un groupe de géologues. Vassili Peskov révéla cette aventure dans le livre Ermites dna sla taïga, qui s'achevait sur le désir d'Agafia de continuer à vivre solitaire et en autarcie. Par la suite, de nombreux lecteurs se sont interrogés sur le destin de cette femme courageuse qui avait choisi de ne pas revenir à la civilisation.
Dans ce récit, basé sur des voyages effectués de 1992 à 2008, on voit l'héroïne évoluer au fil des ans malgré elle, en raison notamment de l'involontaire notoriété que lui a apportée le livre de Peskov. Tandis que son amitié perdure avec Erofeï, de nouveaux candidats à la vie érémitique dans des conditions primitives et difficiles rejoignent Agafia, dont Sergeï, artiste peintre, et l'étonnante Nadia, venue elle aussi se perdre au fin fond de la Sibérie.
A la fois récit de vie d'une femme hors du commun et documentaire, cet ouvrage évoque dans leur absolue nécessité des notions comme la puissance de la foi et la relativité de la civilisation.


C'est vagabondant dans ma librairie préférée avec ma sempiternelle bonne résolution du "je jette juste un coup d'oeil mais n'achèterai rien cette fois" (hum...) que je suis tombée sur "des nouvelles d'Agafia, ermite dans la taïga". J'ai hésité, temporisé, d'autant que je ne trouvais pas "Ermites dans la taïga" dans le magasin, mais ai finalement cédé à l'envie. Non sans avoir commandé dans la foulée le premier opus.

J'ai toujours été curieuse, comme vous aussi je pense, de connaître des modes de vie différents du mien. Là, double  plaisir : autre pays et... radicalement autre mode de vie même pour la majorité des habitants de ce pays.

Nous faisons donc connaissance avec cette famille atypique, leur foi et leur mode de vie... Autant qu'eux, prenant contact avec le siècle, font connaissance avec ces envoyés des temps modernes. Bien qu'accueillants, leur foi, leurs habitudes, leurs rites leur feront d'abord rejeter en bloc tout ce qui est proposé par leurs visiteurs. Ils se laisseront peu à peu apprivoiser par leurs visiteurs, sans pour autant renier ce qu'ils sont.
Petit à petit, des changements se font cependant, influence extérieure oblige. Certaines réticences tombent, au fil des cadeaux apportés par les géologues ou offerts via Vassili Peskov par ses lecteurs. Cadeaux parfois un peu empoisonnés d'ailleurs : le mode de vie des vieux-croyants impose une vie austère de dur labeur, alors oui, des chèvres c'est bien pour le lait et le fromage, mais ça veut dire veiller à leur alimentation (travail en plus) et... à les protéger des ours et des loups.

C'est un peu ce que j'ai regretté, bien qu'intéressant finalement : je pensais lire un récit plutôt ethnologique (on observe mais on n'interfère pas, ou le moins possible), ce qui n'est pas tellement le cas ici. Cela est d'autant plus flagrant dans le deuxième livre. Agafia est seule à présent, et se permet plus de libertés qu'avant, conséquence découlant de nécessités due à sa survie et découvertes diverses au fil des expériences vécues.

Autre reproche, mais cela est dû surtout au fait que bien que l'auteur avait des nouvelles d'Agafia par un biais ou un autre (courriers, appel des géologues ou autres), il ne pouvait accéder à son domaine qu'une fois par an (au mieux) et pour un court, voire très courts laps de temps. Courtes étapes dont il s'inspirait pour ses articles.
Cela paraît donc assez répétitif au bout d'un moment : il se rend chez Agafia, apporte des cadeaux, récolte les dernières nouvelles, rapporte des cadeaux d'Agafia (et une liste de ce dont elle peut avoir besoin) et repart.

Mais je garde surtout de tout cela le portrait d'une femme attachante, intelligente, courageuse, avec un grand sens de l'humour. Qui méritait bien, en effet, d'être connue.
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dimanche 9 novembre 2014

Les mots du passé

4 de couv' :
Eté 2003, une terrible canicule assèche la France. Louis et son fils s'apprêtent à prendre la mer au large de La Charente afin de trouver un peu de fraîcheur. Soudain, un coup de téléphone les oblige à faire demi-tour. C'est Pierre, le père de Louis. Cet homme discret, voire effacé habituellement, éprouve soudain un besoin capital de parler à son fils... 
Pierre et Louis vont alors remonter le temps jusqu'aux années sombres de l'occupation à Paris, ce qui aura des conséquences totalement inattendues et bouleversantes...


Malgré mes réticences (prix "Femme actuelle", mouais bof m'étais-je dit, dans la mesure où je ne corresponds pas vraiment au profil des lectrices de ce magazine) et quelques maladresses, des personnages et situations convenus, je dois admettre qu'on finit par se prendre à l'histoire, qu'on a du mal à lâcher tant on a envie de connaître la suite.

Avouons-le, j'ai été franchement rebutée par le style d'écriture de ce livre : trop de maladresses telles que mettre deux fois "tout de même" dans la même phrase, ne pas bien doser les sujets (exemple : dans un paragraphe de quatre courtes phrases, les trois premières commencent par "Pierre", sauf la quatrième où l'auteur se rappelle enfin que "il" existe ! Et parfois des séries de phrases se terminant toutes par des "!" ou des "?" Oui, les personnages sont choqués, surpris ou ont de grosses interrogations, mais le lecteur le sait déjà grâce aux paragraphes précédents, pas la peine d'en faire des tonnes.
Je suis sévère pour le coup et d'autant plus que je sens que l'auteur a un réel potentiel de bonne écriture s'il voulait bien élaguer un peu.

Parce que le livre est bon. Plus que ça même, j'ai adoré ! Moi qui avait du mal ces derniers temps à retrouver l'envie de lire, ce roman m'a réconciliée avec la lecture, tellement l'histoire est prenante et l'Histoire surtout, admirablement reconstituée.

Ce n'est pas qu'une histoire d'amour et de résistance qui se déroule sous nos yeux, mais toute une époque qui reprend vie. On s'y croirait presque (presque, parce que quand même, les années noires de la seconde guerre mondiale, confortablement installé dans son fauteuil au XXIe siècle, après un bon repas, hein...). J'ai vraiment eu du mal à décrocher (doit-on vraiment dormir, se nourrir, aller au travail ? Oui ? Crotte de zut !).
Car malgré toutes les défauts relatés plus haut, le roman est très bien construit, très bien dosé, équilibré.

Et à une époque où on nous en a tellement dit, redit, re-redit sur cette période qu'on n'écoute plus parfois que d'une oreille distraite car on a l'impression d'avoir tant et tout entendu, vu, lu sur le sujet ; et en cette période de commémoration : je le recommande vivement

Une belle histoire d'amour, un bel hommage aux héros de la résistance, une très bonne reconstitution historique, bref toute la recette pour un bon moment de lecture.
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jeudi 6 novembre 2014

Hypothermie

4 de couv' :
Au bout de la corde bleutée, le cadavre de Maria. Un suicide ? Erlendur n'y croit pas.
Il rouvre le dossier. La vie de la jeune femme est un théâtre d'ombre : médiums, insomnies glacées, terreurs nocturnes, les morts vivaient à ses côtés. Quand elle était enfant, son père s'est noyé sous ses yeux. En Islande, on murmure que les secrets les mieux gardés demeurent au fond des lacs...


Un bon polar noir comme je les aime, bien construit, dont la progression de l'enquête se fait à pas mesurés, des donnés qui se recoupent et composent un tableau d'ensemble cohérent. Des personnages au profil psychologique bien campé.
J'ai apprécié aussi dans le texte, l'alternance entre l'enquête menée par Erlendur et les commentaires de la défunte, qui viennent compléter l'enquête, donnant ainsi au lecteur une autre version de l'histoire et un temps d'avance sur Erlendur, qui finit par retrouver ces éléments, par la logique.

Un sans faute !
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dimanche 2 novembre 2014

Le premier appelé

4 de couv' :
Septembre 1941 : l'Ukraine est un immense champ de bataille sur lequel s'engouffrent à marche forcée les troupes du Reich. Pourtant, une section ne donne subitement plus de nouvelles. Qu'ont fait ces douze hommes pendant une journée entière avant de regagner les lignes ?
Juin 2003 : un double meurtre dans la forêt de Fontainebleau, un mystérieux tueur d'origine russe ; subitement le temps semble s'effacer en semant le feu et la mort.
Pour comprendre ce qui lui arrive et pour empêcher un déchainement de sang, la commissaire Delmas devra vite remonter le fil de l'histoire.


Un très bon polar, bien construit, bien mené, bien écrit auquel on accroche dès le début.

Un bon équilibre entre données historiques et monde actuel, mais aussi un très bon équilibre entre les différents protagonistes qui se lancent dans une course contre la montre pour atteindre leurs buts et surtout, surtout, ne pas se faire rattraper par les autres.
Et par protagonistes, entendez trois groupes soit, grossièrement : les policiers, les voleurs et les meurtriers.

Un bon suspense, une bonne intrigue, les rebondissements qu'il faut au moment où il le faut, un bon dénouement. Oui, on peut dire que j'ai aimé.
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jeudi 30 octobre 2014

Dans l'ombre du danger

4 de couv' :
Traumatisée pendant l'adolescence par son père, un homme odieux et violent, Dawn Jones a quitté Shadows Falls cinq ans plus tôt pour se consacrer à sa passion - la restauration de voitures de collection -, espérant oublier les souvenirs douloureux liés à sa villenatale. Pourtant, lorsqu'elle apprend que le policier Bryan Kendall, son seul et unique amour de jeunesse, est accusé du meurtre de sa petite amie, elle décide immédiatement de retourner dans le Vermont pour lui venir en aide. Bryan, qui n'a jamais cessé de hanter ses nuits, est incapable de commettre un crime, elle en est persuadée. Mais à peine est-elle arrivée qu'un nouveau meurtre vient frapper la tranquille petite communauté. Et tandis que la peur gagne les habitants, Dawn, déjà fragilisée par un secret personnel que ce retour rend difficile à dissimuler, sent monter en elle une impression étrange et angoissante : celle d'être observée dans chacun de ses gestes par le tueur.


Je sèche un peu, là... Au moment de faire ce commentaire, deux mois après avoir lu ce livre : je me suis dit "mais ça parle de quoi déjà ?"

Finalement, je me rappelle à peu près l'histoire et mon ressenti, que voici de façon global : polar bien construit et efficace dans le suspense  et pour en faire un best-seller (bien que l'histoire d'amour soit somme toute assez convenue).
Polar à suspense de facture assez classique dans ce genre, un bon moment de lecture.

(désolée, peux pas faire mieux)
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dimanche 26 octobre 2014

Mais je fais quoi du corps ?

4 de couv' :
Alors que Fitz s'apprête, enfin, à présenter une petite amie crédible à ses parents, il reçoit l'appel d'un de ses clients VIP, le politicien en vue Georges Venard. Ce dernier a besoin de "soleil", et vite, et exige d'être livré à domicile.
Devant l'appât du gain, Fitz plaque sa famille et ses bonnes résolutions et fonce chez Venard... pour trouver porte close et son portable sur répondeur. Le lendemain matin, Venard fait la une de toute la presse : il a été retrouvé mort chez lui et l'enquête conclut au suicide. Pourquoi alors le doute s'instille-t-il dans l'esprit de Fitz ? Pourquoi son appartement est-il visité en son absence et se retrouve-t-il bientôt avec des tueurs à ses trousses ? Et cet homme énigmatique que Fitz a croisé dans l'escalier en se rendant chez le politicien, pourrait-il avoir un rapport avec la mort de Venard ? Fitz aura besoin su secours de ses amis de toujours, Deborah et Moussa, pour se sortir de cette sombre affaire.



Bien que je ne sois pas fan des "héros" de roman qui sont des criminels, je dois avouer que dans le cas de ce polar, c'est aussi ce qui en fait tout l'intérêt : de par ses activités de dealer et d'oiseau de nuit, Fitz se trouve dans une situation délicate, obligé de mener lui-même l'enquête pour s'en sortir sans pouvoir évidemment faire appel aux forces de l'ordre.
Sans compter que le tout le plonge dans des situations cocasses rajoutant ainsi à ce polar bien mené et bien construit une touche d'humour qui relève le tout. Humour que j'ai d'autant plus apprécié qu'il m'a rappelé celui de la série de polars de Tim Cockey dont le personnage central est un croque-mort.

Mon seul regret est de n'avoir pas vu au moment de l'achat qu'il s'agissait d'une série, dont ce roman n'est pas le premier opus (j'aime bien prendre les choses dans l'ordre). Ce sera vite réparé, croyez-moi !
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jeudi 23 octobre 2014

La princesse effacée


4 de couv' :
Au sortir de la Révolution française, toute la famille royale a été décimée. Seule rescapée de la Terreur, Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, est détenue à la prison du Temple. Barras, député de la Convention, exige que Renée Chantereine, une simple femme du peuple, prenne soin de la descendante des Bourbons. En découvrant cette jeune fille totalement abandonnée et terrorisée, Chantereine prend pitié d'elle et, avec le temps, parvient à gagner sa confiance. Pour témoigner de son sort, grâce à l'aide de Chantereine, Marie-Thérèse compose ses Mémoires. Une complicité puis authentique amitié naît entre les deux femmes qui seront contraintes de se séparer quand Marie-Thérèse, une fois libérée, devra choisir de s'exiler. Il leur faudra attendre vingt ans pour qu'enfin elles se retrouvent.


Cette biographie romancée d'un personnage historique finalement peu connu a non seulement le mérite d'exister, mais le fait qui plus est sous un angle original. Ce sont ici deux mondes qui se rencontrent, l'une, adulte et issue du peuple devant réellement apprivoiser l'autre, enfant puis adolescente, de la défunte famille royale, devenue littéralement sauvage au fil des années d'incarcération.

Ce ne serait qu'une biographie platement romancée si l'auteure n'avait eu l'intelligence de bien exposer le contexte historique et l'enjeu et symbole politique que représentera pour tous Marie-Thérèse toute sa vie. Une vie qui de fait ne lui appartiendra finalement pas beaucoup.
De même a-t-elle eu l'intelligence de ne pas occulter, sans trop insister dessus, l'aspect psychologique de ce personnage.

Et bien que les retrouvailles entre les deux protagonistes ne sont que pure invention de l'auteure vu qu'elles n'ont en réalité pas eu lieu (appelons cela "licence poétique"), elles permettent tout au moins de savoir ce qu'il est advenu de cette pauvre princesse à l'âge adulte.

Un bon moment de lecture, qui ravira les fans de la petite et grande histoire.
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dimanche 19 octobre 2014

Angelopolis

4 de couv' :
Ils sont les gardiens du mal et depuis, manoeuvrent dans l'ombre pour dominer le monde. Evangéline est la seule qui pourrait les en empêcher... si elle n'était pas l'une des leurs. Son choix scellera la destinée de tous. De Paris aux montagnes bulgares en passant par les mystères occultes des palais des tsars, une course-poursuite effrénée s'engage entre anges et humains. Parmi eux, Verlaine, un des meilleurs chasseurs d'anges, finit par découvrir le moyen de neutraliser ces créatures. Un dilemme s'impose à lui : sauver Evangéline, dont il est éperdument amoureux, ou préserver le monde des hommes. Alors que le combat ultime contre les anges déchus approche, quel camp choisira Evangéline ? Qui gagnera la bataille millénaire entre le Bien et le Mal ?


J'ai été plutôt déçue par cette suite de "La Malédiction des anges". D'accord, dix ans ont passé et les personnages ont évolué, mais le charmant Verlaine du tome précédent est passablement fatigué et désabusé par son métier de chasseur d'anges sans que soit bien détaillée cette transition. L'organisation à laquelle il appartient m'a parue, adversaires obligent, aussi impitoyable que ceux qu'elle pourchasse. Quant à Evangéline, ce qu'elle a fait durant ces dix années, est plutôt rapidement évoqué par comparaison. Comme si l'auteure était pressée de démarrer sur ces dix années après, ne voulant pas s'encombrer de détails.

Mais ce n'est pas cela qui m'a en fait déçue : l'auteure reprend les mêmes recettes que précédemment, soit des révélations distillées au fur et à mesure qui se veulent des rebondissements plus ou moins bien amenés. Plus ou moins bien soit parce que ça en fait trop, soit parce qu'on voyait venir.
Les mélanges historiques m'ont laissée dubitative : d'accord, pourquoi pas broder sur la famille impériale de Russie et la révolution de 1917, mais j'ai trouvé là aussi par moment que ça en faisait un peu trop. Même si l'intrigue autour des (allez, encore eux !) des oeufs de Fabergé m'a assez séduite.

Quant au dénouement, je l'ai trouvé un peu précipité, j'aurais aimé plus de détail sur cet aspect des anges et de la possibilité d'un tel revirement. Et le revirement des sentiments finaux de Verlaine, trop brutaux.

Cela étant, ce livre reste un bon divertissement surtout pour l'été, mais est décidément livre ciblé pour ados. Les adultes qui veulent un bon roman fantastique ou de fantasy devraient plutôt se tourner vers Tolkien et Robin Hobb ou autres valeurs sûres.

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dimanche 21 septembre 2014

Mon Amérique

4 de couv' :
Après Espaces Sauvages, Jim Fergus nous raconte ici six années de "pérégrinations par monts et par vaux" à travers les Etats-Unis. De la beauté grandiose et désolée des paysages de l'Utah aux terres sauvages du Nebraska, en passant par quelques savoureux récits de pêche à la mouche dans les rivières de l'Ouest, il évoque une Amérique à la fois mythiques et terriblement concrète. Célébrant ainsi la nature, la pêche, la chasse, les animaux sauvages ou domestiques, l'amitié, la culture indienne, ou encore la cuisine, il nous livre les secrets d'un véritable art de vivre, qu'il partage volontiers avec des écrivains comme Jim Harrison ou Thomas McGuane. On retrouve dans ces histoires itinérantes, classées par saisons, tout le talent de conteur et toute l'humanité de l'auteur de Mille Femmes Blanches et de Marie Blanche.


Autant je ne suis pas fana de chasse et pêche, autant j'ai j'ai adoré ce livre ! Je dois avouer que j'avais lu (encore) un peu (trop) rapidement le résumé de ce livre, pour n'en retenir que le côté balades dans les espaces sauvages américains, et je n'ai pas été déçue du tout.
Car non seulement ce livre m'a permis de m'ouvrir l'esprit sur la réalité de la chasse, qui lorsqu'elle est pratiquée par des gens responsables recèle un fort potentiel écologique, bien plus en accord avec le milieu naturel que ce dont je préjugeais, mais il a répondu et dépassé mes attentes sur ce livre.

Car elle est finalement bien secondaire, cette chasse. J'en retiens surtout la nature, grandiose, admirablement décrite par Jim Fergus et si bien partagée avec ses lecteurs qu'on en respire les mêmes odeurs, ressent le froid ou la chaleur selon les saisons évoquées (avec en plus le confort de notre fauteuil ou canapé), admirant les mêmes paysages et animaux.
Un auteur sans concessions sur les sujets ou personnes abordées, avec une grande tendresse pour ses compagnons de chasse humains comme canins, une passion pour cette activité sans compter une belle touche d'humour.

Donc, oui, je vous confirme que vous n'échapperez pas à mes commentaires sur "Espaces Sauvages", car je compte bien prolonger un jour le plaisir ressenti à la lecture de "Mon Amérique".
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dimanche 14 septembre 2014

Chrysis

4 de couv' :
Paris, 1925. Gabrielle "Chrysis" Jungbluth, âgée de 18 ans, entre à l'atelier de peinture des élèves femmes de l'Ecole des beaux-arts pou travailler sous la direction de Jacques Ferdinand Humbert, qui fut le professeur de Georges Braque. Exigeant, colérique, cet octogénaire, qui règne depuis un quart de siècle sur la seule école de peinture ouverte aux femmes, va vite réaliser que Chrysis n'est pas une élève ordinaire. Précoce, ardente et véritablement talentueuse, cet esprit libre et rebelle bouscule son milieu social et un monde de l'art où les hommes ont tous les privilèges. Elle va bientôt se perdre dans desplaisirs désinvoltes et devenir l'une des figures de la vie nocturne et émancipée du Montparnasse des Années folles. C'est là qu'elle va rencontrer Bogey Lambert, cow-boy américain sorti de la Légion étrangère, et vivre un amour fou.
Lié à l'oeuvre de Chrysis Jungbluth par une histoire personnelle qu'il nous conte en préambule, Jim Fergus a romancé ici plusieurs années de la vie de cette héroïne passionnée et passionnante, à une époque unique de l'histoire du XXe siècle, où tout semblait permis.


Roman sympathique et un bon moment de détente, mais sans plus, pas mon préféré de Jim Fergus. Les plus : l'évocation du Montparnasse des années folles, la genèse d'un tableau.
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dimanche 7 septembre 2014

Plein gaz

4 de couv' :
Sur une route désolée du Nevada, un gang de motards est pris en chasse par un camion fou, apparemment bien décidé à les éliminer un à un. Il n'existe qu'une seule issue pour sauver sa peau : ne jamais ralentir...
Inspiré par le désormais classique Duel, de Richard Matheson, adapté au cinéma par Steven Spielberg dans son premier film, Plein Gaz marque la première collaboration entre Stephen King et Joe Hill.


Le choix de ce livre est une erreur de casting.

Je m'explique : encore sous le charme de 22/11/63, je voulais lire le dernier Stephen King en date. Recherche rapide (trop) sur le site de la bibliothèque, réservation, réception du mail tant attendu m'annonçant sa disponibilité et me voici devant la bibliothécaire, ouvrant des yeux tout ronds devant un "pavé"... d'à peine plus d'une centaine de pages. Oh, tiens, il ne l'a pas écrit tout seul en plus, c'est qui l'autre ? Ah... le fiston...

Passé la surprise un peu déçue, je m'attaque à cette nouvelle. Après tout, pourquoi pas.

Au final, cela m'a bien plu, bien que :
- trop court pour le sujet, j'aurais bien aimé que le suspens monte en intensité au fil d'une bien plus longue lecture (comme "marche ou crève",  mon premier Stephen King, que j'avais adoré !)
- ce n'est pas du Stephen King, sans être totalement d'un autre auteur : logique me direz-vous, mais je veux tout simplement dire que l'écriture n'est pas suffisamment marquée pour qu'on en redemande.
- la nouvelle commence sur une présentation des membres du gang et de leur hiérarchie, façon "sons of Anarchy". Ça y fait un peu trop penser justement (oui, même - surtout ? - pour moi qui n'en ai vu que deux ou trois épisodes de la troisième ou quatrième saison, horaires de programmation aberrants obligent).

En résumé : trop bref, pas assez original, aurait mérité d'être plus étayé. Une désagréable impression que papa aide le fiston à se lancer (et si ce dernier a du talent, en a-t-il vraiment besoin ?) ou qu'ils se sont fait plaisir, tout simplement.
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dimanche 31 août 2014

Rosa Candida

4 de couv' :
Le jeune Arnljotur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire, et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens. Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s'en rendre compte les dernières paroles d'une mère adorée. Un lien les unissait : le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa Candida à huit pétales. C'est là qu'Arnljotur aura aimé Anna, une amie d'un ami, un petit bout de nuit, et l'aura mise innocemment enceinte.
En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa Candida, Arnljotur part sans le savoir à la rencontre d'Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.


J'ai refermé ce livre avec l'impression de n'y avoir rien compris. On passe d'une situation à une autre sans lien réel entre elles si ce n'est la volonté du personnage central de se rendre à cette roseraie. Seule chose d'ailleurs où il fait preuve d'une rare détermination tant il a l'air de subir sa vie, ou plutôt les autres. J'ai d'ailleurs eu envie de le secouer une bonne partie du roman.
Il est plus incapable de communiquer proprement : en dehors du fait qu'il se retrouve dans des endroits où il ne parle pas la langue, ou à peine, il n'est pas plus doué avec ceux de sa propre langue, venant presque parfois à dire le contraire de ce qu'il pense !

Sur l'écriture, je l'ai trouvée assez plate, juste descriptive. Et je ne parle pas de description emphatique, mais juste "je fais ceci, elle réagit comme cela", etc.

Je suis tellement passée à côté de ce roman que je me suis demandée si le texte se voulait au départ humoristique, poétique ou empathique vis-à-vis du narrateur.

Donc grosse frustration pour moi de n'avoir pas réussi à apprécier un roman qui semble pourtant faire l'unanimité !
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dimanche 24 août 2014

Les enquêtes de Louis Fronsac

La conjuration des importants - 4 de couv' :
Paris, décembre 1642, le commissaire de police du quartier de Saint-Avoye a été assassiné  dans une pièce entièrement close. Louis Fronsac, jeune notaire audacieux, mène l'enquête avec son ami de toujours, Gaston de Tilly, que l'on vient de nommer commissaire à Saint-Germain-l'Auxerrois.
Au même moment, autour de la duchesse de Rambouillet, de Marie de Robutin-Chantal et du prince de Marcillac, s'agitent les Importants. Cherchent-ils simplement à influencer la régente Anne d'Autriche, et sont-ils responsables de la mort du roi ?
Alors que Louis Fronsac recherche autant la vérité que l'aide du jeune duc d'Enghien qui tente d'arrêter les troupes espagnoles, le dus de Beaufort et sa maîtresse, Mme de Montbazon, trament leur criminelle conspiration.
Et si la cabale des Importants n'était qu'une intrigue de façade pour tenter d'assassiner le Sicilien Mazarin ?
Récits d'aventures et énigmes criminelles au coeur du Paris du XVIIe siècle. Un jeune notaire audacieux se retrouve emporté dans le vent de l'histoire.

La conjecture de Fermat - 4 de couv' :
En ce mois d'octobre 1643, alors que la régence est affaiblie et que se négocie la fin de la guerre de Trente Ans, le pouvoir est en émoi. Quelqu'un intercepte les dépêches codées expédiées aux ambassadeurs français. Y a-t-il un traître au bureau du chiffre ? Pire les répertoires confidentiels servant à la codification sont-ils entre les mains de l'Espagne ? le cardinal Mazarin va de mander à l'ancien notaire, Louis Fronsac, d'enquêter. Au coeur des réseaux secrets de Paris, il aura bien du mal à distinguer amis et adversaires. Pour qui travaille l'ancienne espionne de Richelieu surnommée la Belle Gueuse ? Quels mystères abritent les sous-sols de l'hôtel de Guise ? Quant à Pierre de Fermat, sera-t-il capable de fournir un code inviolable à Antoine Rossignol, chef du bureau du Chiffre ?
Dans cette nouvelle aventure menée tambour battant, où il paraît n'y avoir que des traîtres et des faux-semblants, Louis Fronsac parviendra-t-il à sauver le congrès de Münster ?



Autant le dire tout de suite, j'ai pris cette série non pas dans le désordre, mais certes pas dès le début. Si l'envie vous prend de la démarrer, ne faites pas comme moi et vérifiez !

Je retrouve donc ici avec bonheur tout ce qui me plaît dans les polars historiques : l'Histoire, la grande, agréablement vulgarisée via ce type de romans, sur fond d'intrigue policière plutôt assez bien maîtrisée ici, le tout agrémenté des intrigues de cour qui ne sont pas aussi anecdotiques que de prime abord tant elles attisent des relations diplomatiques ou de politique intérieure déjà fort tendues.

Bref, je recommande cette série à tous les amateurs de polars historiques !
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dimanche 17 août 2014

Brest secret et insolite

4 de couv' :
Un hôpital caché dans le rempart du port de commerce, un sous-marin de poche allemand, un fantôme dans un manoir, les latrines des bagnards à l'arsenal la plus vieille église de Brest, la maison natale de l'écrivain Victor Ségalen, des chefs-d'oeuvres funéraires, une porte d'une caserne remontée, une rue enfouie sous une autre...
Brest réserve bien des surprises et n'a pas fini de livrer ses secrets !


Une fois n'est pas coutume, je voudrais remercier l'auteur de ce livre.
En effet j'ai grâce à lui découvert des petites perles en effet bien secrètes car pour certaines, je n'en soupçonnais même pas l'existence avant de feuilleter ce livre. Et pourtant, elles se trouvaient bien là, insoupçonnée... sur le chemin que j'emprunte parfois à pied pour rentrer du boulot !
Qu'à cela ne tienne, j'ai donc refait ce trajet, livre en main cette fois, pour :
1) trouver les sites en question et ce ne fut pas facile vu que visiblement la mairie de Brest répugne à les mettre en valeur (franchement, au moins une plaque explicative auprès de ces sites, ce n'est pas demander la lune !)
2) savoir de quoi il s'agit exactement (plaque explicative, etc., etc.)

En dehors de son intérêt touristique certain (oui, l'office de tourisme de Brest a l'intelligence de le vendre et de le mettre en vitrine), ce livre s'adresse tout aussi bien aux brestois de souche qu'aux nouveaux arrivants, pour peu que ces derniers se dotent d'un plan de la ville et ne dédaignent pas marcher un peu.

Comme je le disais plus haut, je regrette que la ville de Brest ne mette pas mieux son patrimoine en valeur. En effet, tout ce qui peut être dit et fait sur la seconde guerre mondiale aura droit à sa plaque (et honnêtement, ce qui fait un peu gauche voire franchement à gauche aussi).
Et quand vous discutez avec certains brestois, toujours la même rengaine : Brest, ville détruite pendant la seconde guerre mondiale, pas de patrimoine historique et gnagnagni et gnagnagna (et le château, la Tour Tanguy, c'est du XXIème siècle, peut-être ? Ah oui, pardon, ce sont parmi les rares sites historique (re?)connus dans cette ville).

Ce à quoi je réponds : raison de plus ! Le peu qui est resté debout, il FAUT le mettre en valeur, l'indiquer, l'expliquer. Avant ce livre, je passais tous les jours, à bus et à pied, devant deux adorables fontaines, située un peu en retrait de la route. Une fois sur place, point de plaque.
Les ruines situées un peu plus loin ? Idem. Ce qui les entoure ? Itou. Sans compter la porte/Arc de triomphe situé au-dessus de la Porte de la Brasserie et dont je m'étais toujours demandée par quel hasard il se trouvait là.... J'avais constamment sous les yeux le patrimoine historique brestois, me demandant ce que c'était, ne trouvant l'information nulle part, et surtout pas sur place (des plaques, je vous dis !).

Ce livre corrige donc admirablement cette négligence ou omission, et nulle doute que les services municipaux chargés du patrimoine historique brestois sauront s'en servir comme référence  pour valoriser leur ville.

N'est-ce pas ?
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dimanche 10 août 2014

Viol une histoire d'amour

4 de couv' :
Ils étaient cinq. Ivres, camés. L'ordinaire de leurs samedis soir, quoi... Peut-être encore plus excités ce samedi-là, au soir du 4 juillet, la fête nationale. Vers minuit, la belle Tina Maguire a eu le tort de couper court à travers le parc pour rentrer plus vite chez elle avec sa gamine Berthie, 12 ans. Ils l'ont laissée pour morte dans le hangar à bateaux. Une tournante comme on n'ose pas en imaginer. Une abomination à laquelle a assisté, réfugiée derrière un tas de vieux canoës, la petite fille. Qui a pu finalement se traîner jusqu'à la route pou rappeler au secours, et a sauvé ainsi sa mère.
Sauvé ? PAs des griffes des avocats de haut vol, ni de l'incompétence des procureurs, ni des propos de certaines : elle l'a bien cherché... en fait elle l'a cherché tout court. Ça lui pendait au nez...
Elle risque désormais de mourir vraiment, Tina. Et Berthie ne peut que prier pour l'intervention miraculeuse d'un ange vengeur. Justement il est là, dans l'ombre. Un flic épris de justice. Epris tout court. Le héros silencieux d'une histoire d'amour peu banale, racontée avec une éblouissante violence par une Joyce Carol Oates à son meilleur.


Au moment de choisir ce livre à la bibliothèque, ce titre me mettait mal à l'aise : rien de plus antinomiques qu'un viol et une histoire d'amour. Je pense alors à une erreur de traduction, d'autant que l'auteur est une femme : du tout, traduction littérale ou presque, la seule différence étant un point rajouté après le premier mot. A la lecture du quatrième de couverture, je comprends mieux.

Après la lecture du roman, le titre continue de me gêner car une l'idée générale d'une histoire d'amour est qu'elle soit partagée entre deux êtres, de romance, etc. et ce n'est pas le cas ici.
Beaucoup penseront, et moi la première au début, que c'est de l'amour porté par un policier à Tina dont il est ici question. En fait pas du tout, ou plutôt, pas essentiellement.


Certes, ce policier aime Tina. Certes, Berthie ressent des sentiments pour lui, car il est la première personne à laquelle elle a pu se raccrocher juste après l'agression.
Mais ces sentiments-là sont secondaires.


Car la vraie histoire d'amour de ce roman est celui de Berthie envers sa mère. C'est cet amour (et la peur bien sûr) qui la pousse et l'aide à s'enfuir, à appeler les secours et la sauver. C'est cet amour qui l'aide à sortir du coma, de l'hôpital. C'est son amour qui la protège, autant que possible, du monde extérieur et hostile. Et qui par l'intensité de son regard et sa confiance en lui qui pousse ce policier à les aider.

En dehors du sujet de cette histoire, toujours délicat à traiter (et ici, admirablement traité, tant rien n'est oublié mais évoqué avec un mélange de franchise et de subtilité parfaitement accordées), tout semble malsain, y compris l'amour de ce policier (pas seulement envers Tina, mais sa conception implacable de la justice). Seul pureté, et espoir de ce roman, l'amour d'une petite fille pour sa maman, envers et contre tout.
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dimanche 3 août 2014

Deux secondes de trop

4 de couv' :
Angleterre, 1972. Byron Hemmings, 11 ans, apprend de la bouche de son meilleur ami que deux secondes vont être ajoutées au temps, afin de faire coïncider l'heure officielle avec la rotation réelle de la Terre. Cela le terrifie. Toucher au temps n'est-il pas extrêmement dangereux ?
En petit gaarçon responsable, il écrit à la BBC, à la Nasa, à son député... Mais personne ne semble prendre la mesure du danger.
Lorsqu'il voi tl'aiguille des secondes de sa montre reculer, il se jette sur sa mère, Diana, pour qu'elle en soit témoin. Celle-ci, au volant, a un moment d'inattention.
Et l'irréparable se produit...
La vie parfaite construite par Diana s'effondre peu à peu. Qui en est le véritable responsable ? La fatalité ? Le hasard ? Ou ces deux secondes qui n'auraient jamais dû être ?


Ce roman m'a été offert (merci chers voisins !) et du coup m'avait décidé à entamer "la lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva un mardi" (l'est décidément long, ce titre), de la même auteure, acheté quelques semaines auparavant. Vu que j'ai un côté pathétiquement "Monk" et qu'il était pour moi hors de question de ne pas lire ces romans dans l'ordre de parution.

Celui-ci, et j'en suis bien contente car cela prouve que l'auteur sait de renouveler, est très différent du précédent.

Il est noir, beaucoup plus noir. Le suspens est présent de bout en bout, où chacun se trouve en équilibre précaire, sur un fil tranchant et où on sent à tout moment que tout peut déraper.
Il y a des moments de pause cependant, des moments de grâce même, où tout semble s'arranger pour le mieux. Jusqu'à ce qu'un nouvel évènement vienne tout chambouler à nouveau.
Une fragilité des êtres, de leur vie, de leur situation qui peut être brisée en un rien. Même les personnages les plus odieux nous apparaissent comme les plus fragiles finalement. Et c'est bien là le problème : ce sont eux aussi qui portent ce fragile équilibre sur leurs épaules. Jusqu'au jour où...

Le parallèle entre 1972 et maintenant est particulièrement réussi, et fait toute la force de ce roman, sans compter l'écriture et la construction de l'histoire, admirables.

Et surtout, durant toute la lecture du roman, une question me taraudait : qui est Jim ?
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dimanche 27 juillet 2014

Guerre sale

4 de couv' :
Un pneu enflammé autour du cou : c'est l'atroce mise à mort réservée à un avocat spécialiste des relations franclo-africaines. Cinq ans plus tôt, l'assistant de Lola Jost a subi le même sort, précipitant son départ à la retraite. La voilà qui reprend du service. Et tant pis si ses ex-confrères n'apprécient pas qu'elle mette son nez dans les magouilles de la Françafrique, sujet pour le moins... brûlant.


De tous les romans de la série, celui-ci est le plus noir, avec une fin qui en marque le tournant. Je n'en dirait pas plus pour ne pas spoiler. Mais j'ai hâte de savoir ce qu'il va en découler...

Cette fois, et paradoxalement - à moins de vouloir vraiment embrayer sur autre chose - la trame est beaucoup moins axé sur le tandem Lola-Ingrid, ce qui enlève donc de la légèreté propre à cette série, d'où cette orientation plus polar noir. Jusqu'au bout.
Il y a plus de place à l'enquête officielle, particulièrement axée sur Sacha, enquêteur déjà croisé dans un tome précédent, grand amour d'Ingrid bien que ce soit assez compliqué entre les deux. J'ai bien apprécié le parallèle entre les deux enquêtes.

Des dénouements inattendus, des conclusions en forme de suspens qui appellent une suite, une intrigue bien construite sur fond diplomatico-financier. Bien construite, bien que j'ai trouvé un peu facile le dénouement sur un des personnages à moins que ce soit juste mon côté "suis bien vexée de ne pas l'avoir vu venir, celui-là".

C'est donc là un des meilleurs de la série, voire le meilleur même si par moment on a l'impression que le duo Lola-Ingrid est un prétexte pour une autre enquête. Ou une autre série en parallèle, qui sait ?
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dimanche 20 juillet 2014

La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi...

L'est long, le titre. M'en rappelle un autre ;-)

4 de couv' :
Harold est bouleversé par la lettre qu'il reçoit de Queenie, une ancienne amie. Parti poster sa réponse, il passe devant la boîte aux lettres sans s'arrêter, continue jusqu'au bureau de poste, sort de la ville et part  durant 87 jours, parcourant plus de mille kilomètres à pied, du sud de l'Angleterre à la frontière écossaise. Car tout ce qu'Harold sait, c'est qu'il doit continuer à marcher.
Pour Queenie.
Pour son épouse Maureen.
Pour son fils David.
Pour nous tous.


Comme j'adore les road-movies (bizarrement, je ne suis pas plus cinéphile que ça, mais cette catégorie de film, je suis sure d'aimer, pas besoin de bande annonce !), en toute logique j'aime aussi les "road books" (au fait, ça se dit ça?).
Le principe de base de ce roman est un peu comme "Le vieil homme qui ne voulait pas fêter son anniversaire", à ceci près qu'ici, Harold sait où il va mais pas pourquoi il se décide à le faire.

Il y aura bien sûr des rencontre, des conséquences inattendues. L'auteure arrive cependant à éviter tous les pièges dans lesquels elle aurait pu tomber. C'est drôle, émouvant, mais si subtil que ça n'en devient pas larmoyant. Il aurait pourtant pu être facile de tomber dans ce piège là.
Une partie de l'histoire - et sur le moment je dois bien avouer que ça m'a un peu agacée - à une scène d'un film bien connu. Mais ce n'est finalement pas un plagiat car cela évolue bien différemment et seul le lecteur (de peu de foi envers l'auteure (oui, ceci est bien un mea culpa)) s'y laisse tromper. Mais l'auteure retombe admirablement sur ses pattes... ou sa plume.

Une fin émouvante, une révélation qui l'est tout autant, vous touche au coeur et vous arrache des larmes (j'ai un caractère de mec paraît-il, mais je suis aussi une grosse sentimentale), bref, un excellent moment de lecture.

"Désormais, Harold ne pouvait plus croiser un inconnu sans reconnaître que tous étaient pareils et que chacun était unique, et que c'était cela le dilemme de la condition humaine"

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dimanche 13 juillet 2014

Le diable danse à Bleeding Heart Square


4 de couv' :
1934. Lydia Langstone fuit son mari, tyrannique et violant. Elle quitte la haute société londonienne, et tous ses privilèges, pour Bleeding Heart Square. Un nom funeste à l'image d'un sombre quartier.
Là, elle trouve refuge dans une pension de famille. Un asile finalement bien inquiétant : Miss Penhow, l'ancienne propriétaire, est portée disparue ; Joseph Serridge, son successeur, est introuvable ; un homme surveille jour et nuit la maisonnée...
Et régulièrement parviennent à cette adresse des morceaux de coeur en décomposition, enveloppés dans du papier kraft...


Sans que ce soit franchement un polar noir, atmosphère sombre dès qu'on entre dans ce quartier. On est depuis longtemps sorti de l'ère victorienne, mais il en reste de forts relents, d'autant que la crise des années trente renforcent les images à la Dickens, prémisses des années sombres qui suivront. Intéressant de voir les tentatives du fascismes pour s'implanter en Angleterre, et n'est pas sans rappeler l'histoire des soeurs Mitford (toute ressemblance n'étant peut-être pas fortuite ni involontaire sur ce coup là).

L'évolution et l'action du roman est un peu lente au début, même pour moi qui aime qu'un polar se mette tranquillement en place.

Une intrigue somme toute classique, une écriture agréable bien que rien d'exceptionnel. Une originalité avec des débuts de chapitres qui reprennent des passages du journal de la disparue, suivis des commentaires du personnage qui le lit. Personnage dont on se demande qui il pourrait être et je dois reconnaître que j'ai fait - au fil de la lecture du roman - défilé dans mon imagination à peu près tous les personnages... sauf le bon.

Un dénouement aussi surprenant que classique (l'avais pas vu venir celui-là, mais je dois me ramollir un peu), mais qui clôt ce polar plus que correctement.

Un bon moment de lecture.

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Un gros bémol cependant qui n'a rien à voir avec l'histoire ou l'écriture, et que je remarque de plus en plus, toutes maisons d'édition confondues : ras-le-bol des fautes d'orthographe, de grammaire, de conjugaison et maintenant de ponctuation !
Je ne dis pas qu'il y en a à chaque page, mais là vraiment...
Soit ils n'ont personne pour relire avant impression, soit ils n'en ont pas assez.
Psst.... Au fait, si vous cherchez à embaucher...
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dimanche 6 juillet 2014

Autobiographie de Miss Jane Pittman

4 de couv' :
C'est à plus de cent dix ans que Jane entreprend de raconter l'histoire de sa vie. L'esclavage pendant la guerre de sécession, l'errance pour tenter de rejoindre l'Ohio, la terre des Yankees libérateurs, le labeur dans les plantations blanches de Louisiane, le combat pour l'égalité. Jane Pittman, héroïne et narratrice, mène dans son langage imagé cette émouvante chronique. Inspiré par le récit d'une ancienne esclave, ce roman pourrait s'intituler "Cent ans de servitude".


De tous les romans de Ernest J. Gaines que j'ai lu jusqu'ici, je dois dire que c'est celui qui m'a le moins enthousiasmée.
Ou alors c'est que vu l'âge et donc les périodes traversées par la narratrice, j'en attendais plus et ne pouvait qu'être déçue.

L'écriture de Gaines est simple, ses romans tiennent leur qualité et leur force dans cette simplicité des scènes décrites où pourtant le moindre détail, même le plus banal, compte. C'est ce que j'ai toujours dit et pourtant cette fois, pas de déclic. Et dans le même temps, je  le vois bien, le potentiel du roman.

Mais là, rien, et ça vient de moi. Ou alors ai-je fait le tour du sujet ? De cette manière d'écrire ? Je ne crois pas.

Mon ressenti est quelque chose d'inachevé et/ ou d'être passée à côté de quelque chose qui devrait être évident. Genre "mais qu'ai-je donc fait de mes lunettes ?" alors qu'elles sont sur mon nez. Très frustrant.

D'où mon ressenti d'un personnage énumérant certaines périodes marquantes de sa vie, mais sans passion, trop détachée de ses propres sentiments. D'autres appelleraient ça de la pudeur, je ne sais pas.

Globalement, j'ai assez bien aimé, certains passages m'ont particulièrement plu pour leur côté historique ou social.

Mais cette fichue sensation d'être passée à côté...
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dimanche 29 juin 2014

Precious (Push)

4 de couv' :
Precious, seize ans, claque la porte. Elle ne se laissera plus cogner par sa mère, ni violer et engrosser encore une fois par son père. Jamais. Virée de l'école, elle envisage une nouvelle vie, loin e Harlem et du ghetto afro-américain de son enfance. Elle veut apprendre à lire et à écrire, raconter son histoire à travers des poèmes et élever dignement son fils.


Roman fort, puissant.

Je vous épargnerai les poncifs tels que "le savoir mène à la lumière", bien qu'il en soit largement question ici.

Que savoir lire et écrire est la base d'une chance d'une bonne intégration dans nos sociétés, qui excluent impitoyablement et irrémédiablement ceux qui n'y arrivent pas. Ou en tout cas, leur complique implacablement la tâche.

Que le savoir, la connaissance atténue voir annihile le repli sur soi, vous ouvre aux autres et à vous-même, vous rend (plus) libre, permet de vous affranchir ne serait-ce qu'en partie de votre passé.

Il est question de tout cela ici. Car à mesure que Precious progresse dans son apprentissage de la lecture et de l'écriture, sa perception de la vie, de son (ô combien lourd) vécu et du monde évolue. Sans compter sa façon de s'exprimer car le texte du roman évolue au fil de son apprentissage.

Dire qu'elle se révèle à elle-même serait un juste poncif.

Dire qu'elle devient ce qu'elle aurait pu, aurait dû être dès le départ - ne serait-ce qu'elle-même -, est plus juste encore.

En refermant ce livre, on se dit qu'elle en a fait, du chemin, même si ça a pris du temps, mais finalement peut-être pas tant que ça, vu le nombre d'années à rattraper.
Mais on se dit aussi que malgré tout son courage et sa détermination, le chemin à parcourir est encore bien plus long et pas de tout repos avant d'atteindre les buts qu'elle s'est fixé.

Mais enfin, enfin ! un avenir plein d'espoir.
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dimanche 22 juin 2014

Un été sans les hommes

4 de couv' :
Incapable de supporte plus longtemps la liaison que son mari, Boris, neuroscientifique de renom, entretient avec une femme plus jeune qu'elle, Mia, poétesse de son état, décide de quitter New York pour se réfugier auprès de sa mère qui, depuis la mort de son mari, a pris ses quartiers dans une maison de retraite du Minnesota. En même temps que la jubilatoire résilience dont fait preuve le petit groupe de pétillantes veuves octogénaires qui entoure sa mère, Mia va découvrir la confusion des sentiments et les rivalités à l'oeuvre chez les sept adolescentes qu'elle a accepté d'initier à la poésie le temps d'un été, tout en nouant une amitié sincère avec Lola, jeune mère délaissée par un mari colérique et instable...
Parcours en forme de "lecture de soi" d'une femme à un tournant de son existence et confrontée aux âges successifs de la vie à travers quelques personnages féminins inoubliables, ce roman aussi solaire que plaisamment subversif dresse le portrait attachant d'une humanité fragile mais se réinventant sans cesse.


Difficile pour moi de donner un avis sur ce roman tant le quatrième de couverture m'a devancée (si ce n'est pour le côté solaire et subversif, que je n'ai pas franchement trouvé).

Si ce n'est que j'ai apprécié la lecture de ce roman où finalement, et comme je m'y attendais, les femmes de l'entourage de Mia sont un peu elle à différentes étapes de sa vie, passées et futures.

Ce qui me dérange un peu toutefois, c'est la place des hommes dans ce roman. Qu'ils soient quasi-inexistants tombe sous le sens vu le titre, mais le peu qu'on en voit, sont soit inconsistants pour ne pas dire fantomatique (même si, j'insiste, cela me paraît cohérent vu le sujet), soit ils ne sont pas présentés sous leur meilleur jour.
Là, vous me direz, vu le début du roman (la liaison de son mari entraîne pour Mia un séjour en hôpital psy) est cohérent également.
Cela étant, je en sais pas trop quoi penser de ces figures masculines insipides ou désagréables. Et tellement éloignés de leurs femmes.

Ces dernières seraient-elles mieux sans les hommes ? Je ne crois pas que ce soit le propos.
Seraient-elles mieux si ils étaient un peu plus actifs et réceptifs dans leur vie commune ? Ah là, par contre, cela semble déjà plus juste.

Car finalement, su Mia a pris en pleine face la liaison de son mari et ses conséquences, c'est bien parce qu'elle tenait pour acquis leur quotidien et leur petite vie bien (trop) rangée.

Et c'est peut-être bien le problème de certains autres personnages féminins du roman : les mères de ses élèves, sa voisine.

Les apparences, hélas, les apparences...

Dont se joue l'une des sémillantes pensionnaires de la maison de retraites, pour notre plus grande jubilation !
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dimanche 15 juin 2014

La Chambre écarlate

4 de couv' :
Regent's Canal, faubourg de Londres... Lianne une adolescente fugueuse de 17 ans, est retrouvée morte, face contre terre et le corps lardé de coups de couteau. La police porte immédiatement ses soupçons sur Michael Doll, vagabond à moitié fou et bien connu pour ses penchants pervers. Toutefois, malgré la triste histoire qui les lie, la psychiatre Kit Quinn à de sérieux doutes quant à sa culpabilité. Première observation le meurtre s'est déroulé de manière bien trop précise pour une brute comme lui. Encore plus troublant, ce même assassinat fait étrangement écho à celui de Philippa Burton, riche bourgeoise, dont le cadavre a récemment été découvert de l'autre côté de la ville dans une posture identique...


Guère convaincue par la lecture de "Feu de glace" des mêmes auteurs, j'ai entamé ce polar avec un enthousiasme relativement modéré.
Du coup, vous vous dites : pourquoi le lire, alors ? Ben, je les avais achetés en même temps il y a quelques années, alors bon, tant qu'à l'avoir sous la main...

Ce livre m'a mieux plu, bien que :

1) il corresponde à certains type de polars écrits dans ces années-là. Traduisez : copié-collé d'une recette qui marche, rien de plus (on verra ce que je dirai dans quelques années des polars/romans de maintenant, hein...).

2) l'histoire d'amour entre le personnage central et un autre était courue d'avance et pas forcément utile. Et donc, inintéressante. Sauf peut-être pour le suspens, mais là aussi couru d'avance donc bof.

3) il ressemble un peu trop, sur certaines ficelles, à du Mary Higgins Clark dont vous savez maintenant que je ne raffole pas. Ah ben tiens en fait, cf. mon 2).

Pour résumé, polar agréable et assez bien mené et bien construit, mais définitivement pas le genre de polar que j'affectionne.
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lundi 9 juin 2014

Vert-de-gris

4 de couv' :
1954. Alors que Bernie Gunther tente de fuir Cuba en bateau accompagné d’une sulfureuse chica, il est arrêté par la CIA et enfermé à New York puis au Landsberg à Berlin. C’est que nous sommes en pleine Guerre froide. L’Oncle Sam place et bouge ses pions en Europe, cherche des informations sur l’Allemagne de l’Est et sur les Russes. Quel rapport avec Gunther ? Sa liberté dépendra des informations qu’il veut bien donner sur ses anciens « camarades » de la SS, notamment Erich Mielke, personnage trouble auquel Bernie Gunther a eu maintes fois affaire pendant et après la guerre, devenu chef de la toute nouvelle Stasi. Par ailleurs, les Français cherchent eux à mettre la main sur Edgar de Boudel, un collaborateur qui se cache sous l’uniforme d’un prisonnier de guerre allemand de retour de camp en URSS. Au fil des interrogatoires, Gunther raconte : son entrée dans la SS, la traque des communistes allemands dans les camps français, ses mois passés dans les terribles camps de prisonniers russes et ses faits et gestes, guidés seulement par une farouche volonté de sauver sa peau.
Vert-de-gris, le septième volet des aventures de Bernie Gunther, possède toute l’adrénaline et la vivacité d’esprit auxquelles Philip Kerr nous a habitués.



De tous les Philip Kerr faisant suite à la trilogie berlinoise, "Vert-de-gris" est celui que j'ai le moins aimé.

Si on en apprend un peu plus sur la vie de Berne Gunther pendant la guerre et qui n'était qu'évoquée dans les romans précédents, cela n'a pas suffi à me convaincre.
Non que la trame ne soit usée jusqu'à la corde, ce qui pourrait se comprendre comme pour toute série. Mais c'est plutôt que l'idée de départ, qui me paraissait intéressante à développer m'a vite lassée : je n'ai jamais raffolé des histoires d'espionnage, contre-espionnage et autres agents doubles.
Alors un Bernie qui change subtilement de versions d'histoire suivant les interlocuteurs qu'il a en face, pour mieux les perdre... Et bien, j'ai fini aussi par être moi-même perdue, d'autant que pour une fois, j'avais du mal à voir où l'auteur voulait en venir (et ait eu pour une fois, il faut bien dire, une grosse flemme de commencer à chercher). Et surtout je peinais à me rappeler ce qu'il avait dit à qui et les variations d'un interlocuteur à l'autre.
D'autant que les différents retours en arrière (et alors que d'habitude j'en raffole), ne facilitent guère la cohérence du récit.

C'est pourtant bien là tout l'intérêt et la clef de voute du roman. A condition d'aimer les histoires d'espionnage. Et pourtant Dieu sait à quel point on a l'habitude de voir Bernie surnager en eaux (de plus en plus) troubles à chaque roman.

Bref, à relire pour apprécier pleinement.
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