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dimanche 2 août 2026

Au carrefour des étoiles

4 de couv' :
Au sommet d'une falaise escarpée du Wisconsin se dresse la ferme Wallace, inchangée depuis plus d'un siècle. D'aussi loin qu'on s'en souvienne, son propriétaire, Enoch Wallace, n'a lui non plus pas pris une ride. Et pour cause, la bâtisse, qui n'a de ferme que l'aspect, abrite un relais spatial où le temps s'écoule différemment. Des voyageurs galactiques y transitent quotidiennement, passant parfois quelques heures en compagnie du gardien des lieux et le régalant de leurs incroyables histoires. Mais depuis deux ans, l'agent fédéral Claude Lewis enquête sur cette anomalie. Le jour où il se décide à passer à l'action, il déclenche sans le sa voir une chaîne d'évènements aux conséquences dramatiques. Car dans ce petit coin d'Amérique oublié par la modernité, c'est rien de moins que le sort de l'humanité qui se joue...


Décidément, j'aime beaucoup cet auteur. Autant j'ai du mal avec les ouvrages de science-fiction car connaissant mal le genre, j'ai parfois du mal à faire le tri entre les bonnes oeuvres et les médiocres, et parmi les bonnes, ce qui peut le plus m'accrocher.
Simak est donc pour moi une valeur sûre du genre.

Et de tous ceux que j'ai lus jusqu'ici, celui-ci est mon préféré. Beaucoup de réflexions sur l'humanité, ou pour mieux dire, sur ce qu'est être humain.
Si vous vous attendez à beaucoup d'action et de rencontre avec des extra-terrestres, vous risquez d'être déçus. Mais le roman est prenant, ne manque pas de rythme, et l'écriture admirablement servie par une belle (nouvelle) traduction.

Sur le rythme de l'histoire, le roman a deux narrateurs au tout début du livre et les chapitres narratifs alternent parfois avec les extraits des journaux d'Enoch Wallace.
On en apprend tout au long du livre sur la vie dans cette station spatiale, la façon dont les extra-terrestres voyagent, les différentes langues et cultures que le personnage principal tente de s'approprier au fil du temps.
La fin m'a semblée peut-être un peu précipitée, mais logique.

Par contre, une question m'a taraudée tout le long du livre : les créateurs de Star Trek et leurs collaborateurs n'auraient-ils pas puisé dans ce livre certaines de leurs idées pour la série (téléportation, langue commune (dans la série, traducteur universel permettant de se comprendre mais le principe est le même), station spatiale carrefour de toutes les civilisations (Deep Space Nine)...) ?
Sachant que ce livre est sorti peu d'années avant la diffusion de la série...

Une belle lecture, dépaysante et imaginative.
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lundi 27 juillet 2026

Un océan d'amour

Résumé de l'éditeur :
Chaque matin, Monsieur part pêcher au large des côtes bretonnes.Mais ce jour-là, c'est lui qui est pêché par un effrayent bateau-usine. Pendant ce temps, Madame attend. Sourde aux complaintes des bigoudènes, convaincues que son homme est en vie, elle part à sa recherche. C'est le début d'un périlleux chassé-croisé, sur un océan dans tous ses états. Une histoire muette avec moult mouettes.

4 de couv' :
Ce livre ne contient que des idées pêchées au grand large par Wilfrid Lupano, selon des techniques artisanales respectueuses de l'environnement culturel, et mises en boîte à la sardinerie graphique Panaccione, Milan, Italie (Union européenne).
Ingrédients : océan (eau, sel, détrtus), amour (eau de rose, baisers, mariage), sardines, mouettes, crêpes, homard, Bigoudènes endeuillées, sauce (aventure, suspense, second degré, drame sentimental, rebondissements absurdes, gags désopilants), Che Guevara (0,5 %), arôme artificiel de Vierge Marie.
Garanti sans dauphins, sans textes ni onomatopées.
Peut contenir des traces de pictogrammes.
À consommer de préférence avant que l'océan ne fasse plus rêver.
Valeurs énergétiques pour 100 grammes 
Valeur énergétique : plein.
Protéines (naufrages, tempêtes, action,  poésie, voyages).......... 65 g
Glucides (paysages sublimes, mélodrames sirupeux)................. 35 g
Lipides (humour gras, moralisme).........................................0 g


Une merveille de petit bijou que cette BD.

Aucun texte, mais une vraie aventure, des sentiments, de l'humour, avec une belle touche de poésie, que ce soit l'histoire ou les graphismes.
Les auteurs réussissent le tour de force, sans que ce soit indigeste, de mêler humour, émotion, suspens dans une histoire qui montre l'océan sous toutes ses facettes (petit patron pêcheur, bateau-usine, mer de détritus et déchets en tout genre, pirates, bateaux de croisières...). Mais chut, si vous voulez savoir ce qu'il en est et comment tout cela se mélange harmonieusement, lisez-le ! Et profitez de chaque page, cahqe dessin car le scénariste et le dessinateur ont été aussi inventifs l'un que l'autre.

Une merveille, je vous dis !
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samedi 18 juillet 2026

Trash - vilaines histoires et filles coriaces

4 de couv' :
Ce dernier recueil inédit en français de Dorothy Allison nous permet de replonger avec délectation dans son style incandescent et empli de douceur, et dans cette manière si singulière et touchante de nommer les choses et de raconter des histoires "trash". Ces récits, écrits pour la plupart dans les années 1980, ont été rassemblés par l'autrice elle-même. On y trouve en germe toutes les thématiques que la romancière lesbienne et issue du prolétariat white trash du Sud des États-Unis a traitées dans son oeuvre : la misère sociale, les relations avec les femmes de sa famille, la violence de son beau-père, la sexualité, le rapport à la nourriture, la maladie de sa mère... Des histoires tour à tour jubilatoires et bouleversantes qui nous touchent en plein coeur.


Décidément, j'adore cette autrice. Ne serait-ce que pour l'écriture, simple, mais belle et agréable à lire, avec laquelle elle réussi à faire passer les pires évènements sans jamais tomber dans le pathos. La vie telle qu'elle est les évènements tels qu'elle les a vécus, sans que ce soit juste que les faits - ce qui évite tout description "clinique" des moments évoqués - ni jamais larmoyant. Et souvent, malgré tout, lumineux, plein d'espoir ,et doté un certain humour, subtil. Délicatesse est aussi un adjectif qui me vient à l'esprit.
Sauf dans les scènes de cul, où là elle se lâche plus voire totalement. Son écriture s'adapte aux situations aussi, il faut dire...

Comme pour "Deux ou trois choses dont je suis sûre" j'ai beaucoup apprécié en début de livre la note de traduction qui nous explique certains choix orthographiques (et militants) de la traductrice.  Sans elle, je n'aurais pas autant apprécié cette lecture. L'avoir lu m'a permis de passer outre certains aspects (j'ai toujours beaucoup de mal avec "iels" par exemple) qui m'auraient davantage gênées sans elle.

J'ai encore davantage apprécié l'introduction de Dorothy Allison elle-même qui explique l'origine de ces nouvelles ou récits, et l'évolution de leur écriture.

Chaque chapitre est différent des autres dans ce qu'il raconte mais, autobiographie oblige, forme un tout cohérent et complémentaire. Malgré certains évènements à l'état brut (mais comme je le disais plus hauts, décrits avec intelligence et délicatesse), il en ressort beaucoup d'amour malgré tout. Porula jeune femme qu'elle était alors, et surtout pour les femmes de sa famille.

Et ça, pour moi, c'est le plus beau.
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samedi 20 juin 2026

Roméo et Juliette

Pas 4 de couv ! 
(et en même temps, on la connaît l'histoire, y compris quand on fait tout pour qu'on la fasse pas divulgâchée...)


J'avais tellement adoré "Tout est bien qui finit bien" que j'avais acheté quelques Shakespeare d'avance (deux par volumes, donc quatre pièces).
Puis j'ai lu "Hamlet", qui m'a profondément déçue.

C'est donc à reculons que je me suis mise à lire Roméo et Juliette, en partie pour un challenge Booknode.

Au final, je ne regrette pas : j'ai autant aimé "Roméo et Juliette" que "Tout est bien qui finit bien". Lire cette pièce a été un pur délice tant on frôle la perfection que ce soit pour l'écriture ou l'intrigue.

Et, oui, mon vocabulaire est bien pauvre en comparaison. Pour vous en remettre, lisez cette pièce !
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samedi 6 juin 2026

Marelle à Harlem

4 de couv' :
Publié en 1971 sous le titre Just Give Me a Cool Drink of Water 'fore I Diiie, le premier recueil de Maya Angelou se présente à nous comme une oeuvre de jeunesse : nombre des poèmes qui le composent ont été écrit avant la parution de Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, le livre qui l'a rendue célèbre.
Si Marelle à Harlem marque l'entrée de Maya Angelou en poésie, il porte déjà sa signature d'autrice. Elle y révèle une parole intime et militante, passant de son histoire d'amour avec celui qu'elle nomme le Zorro Man à la relation douloureuse que lesAfricains-Américains entretiennent avec une société raciste dominée par les Blancs. Avec force, humour et non sans rage, elle traduit son expérience de femme noire et libre en un puissant discours pour défendre les aspirations de sa communauté.


Dire que je suis une grande fan de Maya Angelou est assez inutile, redondant et surtout bien en-dessous de la réalité. Comme je l'ai déjà dit précédemment, cela faisait longtemps que je trépignais d'impatience à l'idée de voir ses recueils de poèmes (enfin !) publié en France donc cela ne surprendra personne que je me précipité à la librairie à chaque sortie de l'un d'entre eux (et dans le cas de celui-ci, j'ai loupé l'annoncé de sortie, je suis tombée dessus par avance et m'y suis précipitée tout pareil).

J'apprécie tout particulièrement que les éditions Seghers les publient en version bilingue, tant la traduction me paraît parfois frustrante. Attention, je ne critique pas le travail du traducteur, mais les poèmes prennent pleinement tout leur sens dans leur langue originale comparée à la version en français. Question de sensation, de contexte (ou de psycho-rigidité de ma part aussi peut-être).
L'ensemble est en tout cas magnifique, j'ai passé une partie de ma soirée d'hier à en lire la plupart à haute voix haute (ce que le traducteur encourage le lecteur à faire dans sa postface, mais que j'avais fait spontanément, c'est dire s'il a raison).

Un magnifique moment de lecture !
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vendredi 5 décembre 2025

Hamlet

4 de couv' :
Hamlet est le plus ancien représentant de l'âme moderne, du romantisme, de nos névroses contemporaines, autant de choses auxquelles Shakespeare ne songeait pas et qui n'avaient pas encore de nom. Voltaire voyait le prince du Danemark comme "un sauvage ivre". Mais qui est vraiment ce jeune homme faible et emporté, mélancolique et violent, rêveur et brutal, raisonnable et fou, poète exquis, féroce et tendre ? Un enfant heureux de vivre qui croyait à l'amitié et à la bonté des hommes, et qu'une terrible révélation va anéantir...

J'avais tant "Tout est bien qui finit bien" que je m'étais promis de lire d'autres oeuvres de Shakespeare.

J'entends toujours encenser Hamlet (entre autres), je me suis donc laissée tenter par celle-ci.

Et bien ce fut une déception. Je n'ai pas accroché aux personnages, pour moi l'histoire a parfois trainé en longueur et même si l'intrigue est évidemment bien menée, certaines situations m'ont parues invraisemblables pour ne pas dire grotesques (l'un des personnages en tue un autre par erreur et continue sa discussion avec un troisième comme si de rien n'était ? Sans compter la scène finale, même si je m'y attendais un peu).

Ce qui n'a pas arrangé les choses, - et là je suis la seule coupable - c'est que je me suis évertuée à lire chaque note de bas de page, dont la plupart m'étaient finalement inutiles. J'aurais mieux fait de laisser tomber ces notes, plutôt destinées à des élèves étudiant l'oeuvre.
Pour certaines, j'avais compris de moi-même ce qu'il en était, pour d'autres, j'aurais préféré un signe de reconnaissance faisant comprendre, sans l'expliquer systématiquement que telle indication scénique a été ajoutée à l'oeuvre originale (par un astérisque par exemple).
Je reconnais que je me suis moi-même haché et donc gâché la lecture. Je ne ferai pas la même erreur la prochaine fois.

Dommage.
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dimanche 30 novembre 2025

Échec au destin

4 de couv' :
Quand la seconde épouse du souverain de Magens est retrouvée morte au pied de son balcon, la couronne vacille. Le drame fragilise une succession à haut risque dans ce royaume occitan qui doit sa survie à la protection de Rome.
Établir les circonstances du décès est une priorité car l'hérésie d'un suicide viendrait délégitimer le pouvoir du monarque. D'autant que les deux successeurs potentiels doivent à présent compter sur les ambitions de leur demi-frère, un temps éloigné de la cour pour devenir cardinal et à qui le roi confie l'enquête. Armé du plus puissanr des allés - le confessionnal -, le jeune prélat est rapidement plongé au coeur d'intrigues de palais, de luttes fratricides, d'insidieux antagonismes entre les pouvoirs spirituel et terrestre. Et le diabolique échec au roi de se transformer en un surprenant échec au destin.

Décidément, les romans de luis Llach se suivent et ne se ressemblent pas... pour le plus grand plaisir de la lectrice que je suis !

Nous voici donc dans un polar moyenâgeux se déroulant dans un royaume imaginaire. Polar très bien ficelé et très bien pensé, soit dit en passant.

Un polar avec la patte de Lluis Llach, et toujours son humour, subtil.

Personnellement, j'ai lu la plus grande partie du début du livre comme une fable ou un conte pour adultes. Je ne sais si c'était voulu par l'auteur ou si j'étais juste en avance sous l'influence de l'esprit de Noël, mais cela était drôlement plaisant.

Tout dans ce roman m'a plu, que ce soit les intrigues de cour, les descriptions, la variété de personnage;

Une fois de plus, une belle réussite !
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vendredi 21 novembre 2025

Droit dans les yeux

4 de couv' :
"On ne se regarde plus dans les yeux. Question d'habitude, de paresse, de pudeur ? On est rivé sur un écran, parfois même en marchant...", A.T.
À l'arrivée d'Augustin Trapenard, Le Grande Librairie inaugure en septembre 2022 sa nouvelle formule avec une séquence finale dans laquelle un auteur lit, face caméra, un texte qu'il a écrit spécialement pour l'émission.
"Droit dans les yeux" offre une tribune libre aux plus grands écrivains de notre époque. Fiévreuse, tendre, éloquente, profonde... Qu'elle s'attache à l'actualité ou questionne le rôle du livre et de la lecture, leur parole ouvre une parenthèse dans le temps médiatique.
Prix Nobel de littérature, romanciers, auteurs de polars et de science-fiction, poètes, écrivains pour la jeunesse, bédéistes, scénaristes, historiens, philosophes, anthropologues... Ensemble, ils livrent une admirable démonstration de leur talent et nous rappellent à quel point, dans une société en quête de sens, leur voix est essentielle.


Comme vous vous en doutez, je suis une grande fan de l'émission "La Grande Librairie" depuis... plusieurs années maintenant, je ne saurais même pas dire depuis quand.

La nouvelle séquence de l'émission m'avait au départ un peu déconcertée - la notion "droit dans les yeux" appliquée à la lettre m'était un peu dérangeante au début - mais je dois reconnaître que ces textes sont de véritables pépites littéraires, philosophiques ou poétiques... ou tout cela à la fois.

Je me suis délectée de chaque page, chaque ligne, chaque mot.

Ceux qui connaissent l'émission savent que chaque semaine apporte un nouveau thème... qui n'est même pas évoqué dans ce livre, seulement parfois dans certains textes.

Un peu déçue au début, j'ai vite compris que c'était le mieux à faire : plutôt que d'enfermer chaque texte dans le thème de l'émission pour laquelle il a été écrit, cette neutralité le rend d'autant plus intemporel.

Une bonne idée aussi est la mini biographie de chaque auteur à la fin des textes.
Une très bonne idée que d'y ajouter les textes originaux, - après la version française - pour ceux qui ont été diffusés (sous-titrés) dans la langue des écrivains quand ceux-ci ne parlent pas français.
Une excellente idée que de reverser une partie des ventes de ce livre à Bibliothèques sans Frontières, dont Augustin Trapenard est le parrain.
Et de le sortir maintenant : beau cadeau pour les fêtes de fin d'année, aussi bien pour soi-même et son entourage que pour cette association.

Décidément, tout me plaît dans  ce livre : le contenu, la présentation aussi sobre que belle, la mise en valeur de belles idées humanistes et de la littérature sous toutes ses formes.

Un vrai bohneur de lecture !
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samedi 26 juillet 2025

La crevette et l'anémone

2 de couv' :
Au début du XXe siècle, dans une petite ville bourgeoise et puritaine du bord de mer, Eustache et Hilda s'abandonnent aux plaisirs des jeux de plage. Eustache, délicat et sensible, est totalement dominé par sa soeur aînée Hilda, maternelle et passionnée. Un jour, Hilda pousse Eustache à aborder l'étrange Miss Fothergill, vieille et défigurée, qui se promène le long de la falaise. Eustache, qui vit dans une sorte de cocon où rien de ce qui est laid n'a sa place, est terrifié à l'idée de cette rencontre. Pourtant, il y sera contraint, et sa vie ainsi que celle de sa famille en seront bouleversées.
Ce volume, complété de La Lettre d'Hilda, met en scène les principaux protagoniste d'une trilogie omanesque qui conduit Eustache et Hilda de l'enfance à la maturité. La sensibilité et la finesse si caractéristique de l'oeuvre de L.P. Hartley sont ici amenées à leur point culminant.


Il me semble que j'ai découvert ce livre il y a quelques années grâce à La Kube à travers un coffret sur la littérature anglaise. S'agissant d'une trilogie, j'ai préféré attendre la parution des deux autres tomes avant de commencer le premier. De ce que j'ai compris à l'époque, jusqu'ici jamais le troisième tome n'avait été traduit en français et de fait il a fallu attendre un certain temps pour ne pas dire un temps certain avant qu'enfin on réussisse à le voir en librairie. J'ai donc attendu tout ce temps avant commencer ce tome.

Mention spéciale à la maison d'édition qui apporte un soin tout particulier à la qualité de ses livres. En dehors d'une très jolie couverture, le papier utilisé autant pour la couverture que pour les pages (très douces, très agréables au toucher) ajoutent encore au plaisir de la lecture. C'est donc un ouvrage de qualité autant pour l'extérieur que l'intérieur.

J'ai suivi avec bonheur l'histoire de ces deux enfants, en particulier le point de vue d'Eustache, car je pense qu'on a tous été un peu comme lui, avec ses peurs, ses interrogations, ses incompréhensions,  son attachement à son petit monde.

L'écriture de l'auteur (merci et bravo à la traductrice), est toute en finesse, précision et délicatesse. Je me suis laissée portée par l'écriture et l'histoire, et j'ai hâte de poursuivre cette trilogie (pas tout de suite, je pars en vacances demain et une fois n'est pas coutume, je ne prends aucun livre dans mes bagages. Par contre, au retour, je risque d'être un peu plus chargée...).

Une belle découverte d'un auteur hélas peu traduit en France qui mériterait pourtant qu'on s'y intéresse davantage.
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vendredi 18 juillet 2025

Orgueil et Préjugés

4 de couv' :
Mrs Bennet, femme de pasteur, est déterminée à marier ses cinq filles afin d'assurer leur avenir. Lorsqu'un riche jeune homme loue le domaine voisin de Netherfield, elle espère qu'une de ses filles saura lui plaire et met tout en oeuvre pour arriver à ses fins.
Elizabeth observe avec ironie les manigances de sa mère. Si elle apprécie le charmant Mr Bingley, elle est tout d'abord irritée par l'attitude dédaigneuse du fier Mr Darcy.
Publié en 1813, Orgueil et Préjugés est considéré comme le chef d'oeuvre de Jane Austen. Les aventures sentimentales des cinq filles Bennet offrent une satire pleine d'esprit des conventions sociales de la bonne société anglaise à la fin du XVIIIe siècle.


Cela faisait longtemps que j'étais tentée de lire ce livre, et surtout son autrice qui semble faire l'unanimité parmi les lecteurs et plus largement, le monde littéraire.
En raison d'un challenge Booknode (lire un livre illustré), j'ai profité de l'occasion pour me procurer l'édition présente.

Je dois avouer que j'ai eu un peu de mal au démarrage et à la page 80 (sur 538), j'en étais à me dire "ça bavasse, boudiou que ça bavasse". Quand j'ai repris l'ouvrage un peu plus tard, miracle, la magie a pris. Mais vraiment un revirement.

Je me suis donc alors autant laissée porter par l'écriture que par l'histoire, le contexte historique et social, les portraits de personnages. Et la description des paysages.

Je lis peu de romances - et je pense que Jane Eyre et Les Hauts de Hurlevent resteront mes préférés - je ne ferai donc pas de critiques à ce sujet . C'est une romance avec le côté un peu superficiel que ça induit dans ce genre (mais tellement agréable !).

Bref, une de mes premières lectures d'été les plus réjouissantes !


"Qui songe à en douter ? Un célibataire nanti d'une belle fortune doit être nécessairement à la recherche d'une femme. C'est une conviction si répandue  que, dès qu'on voit paraître un jeune homme pour la première fois dans une région, il n'est pas de familles des environs qui ne le considèrent, d'ores et déjà, comme la propriété de l'une ou l'autre de leurs filles."

"L'orgueil se rapporte plutôt à notre opinion sur nous-mêmes et la vanité à ce que les autres pensent de nous."

vendredi 11 juillet 2025

L'emblème du croisé

4 de couv' :
La confession d'un ancien copain à l'agonie ravive chez Dave Robicheaux le souvenir d'une jeune femme, Ida Galveston, qui avait marqué sa jeunesse et celle de son demi-frère Jimmie. Pris de passion pour elle, Jimmie avait tenté, au péril de sa vie mais sans succès, de la soustraire à une clique de maquereaux. Ida avait alors disparu, probablement assassinée.
Décidés à rouvrir l'enquête, Dave et Jimmie se heurtent à des truands qui leur font comprendre qu'ils feraient mieux de se mêler de leurs affaires. Et derrière les hommes des basses oeuvres, il y a souvent des gens beaucoup plus respectables...


L'un des meilleurs Robicheaux de la série que j'ai lu jusqu'à présent. La qualité d'écriture est un vrai festin intellectuel et littéraire, je ne peux pas mieux dire. Moi qui ai du mal à lire ces derniers temps, je l'ai dévoré en moins d'une semaine, sachant que je ne suis pas encore en vacances...

Dave Robicheaux reste égal à lui-même, tourmenté par ses vieux démons, dont sa lutte perpétuelle contre l'alcoolisme (et pour aller mieux, il n'a pas choisi le métier le plus facile !) mais : il aperçoit une lueur au bout du tunnel... Et je n'en dirai pas plus.

Et au risque de me répéter, cette écriture, magnifique...
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samedi 5 juillet 2025

La saison rouge

4 de couv' :
Qatan, un pays arabe fictif. Dans l'univeers carcéral de sa maison promise à la démolition, Elisa, une jeune Européenne d&&laissée par son mari isolée avec son fils, devient folle de solitude. Huis clos oppressant avec, pour seul interlocuteur, Pascual, le serviteur philippin, tandis qu'une étrange jardinier yéménite épie du haut des palmiers. Des jours, des semaines à attendre, à se consumer de jalousie, sans nouvelles de Hatem, l'époux insaisissable parti en voyage d'affaires en Europe. Mais peut-être n'a-t-il pas quitté la ville... car le riche royaume du Qatan est un piège, un tyrannique pays de la nuit, où les hommes peuvent du jour au lendemain disparaître.
Au milieu du champ de ruines de son attente interminable, les réminiscences de l'année nubile, de l'ivresse du départ vers l'Orient, de l'amour fou, reviennent hanter Elisa.
Dans une écriture où la sensualité lyrique cède progressivement le pas à un ton sobre, parfois cruel, Carine Fernandez nous donne un roman implacable, comme une tragédie. La Saison rouge est certes une fiction - mais le désespoir, la solitude, l'effroi qui gonflent les pages ont la puissance que seul a pu insuffler le réel. Et si ces "démons et captifs" ont toutes les chances de s'inscrire sur les rétines de la mémoire, on aura surtout du mal à oublier cette femme traquée, l'étrangère sans voile, isolée dans sa maison des sables, jusqu'à la folie.


Décidément, je ne me lasserai jamais de la merveilleuse écriture de Carine Fernandez.
Dès les premières lignes, les premiers mots, on se laisse happer, envelopper par la beauté de la langue qui nous emporte dans une nouvelle histoire et le mental du personnage principal, toujours au bord de perdre pied, qui arrive à reprendre le cap mais qu'on craint de voir sombrer. La cruauté du monde qui l'entoure ne fait rien pour l'aider, au contraire...

Une belle prouesse littéraire, qui ne fait que confirmer le talent de l'autrice.

Et si vous voulez lieux la connaître, et son travail, c'est par ici : site officiel de Carine Fernandez.
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dimanche 29 juin 2025

Haikus

4 de couv' :
Si Sôseki le romancier est de longue date traduit et commenté chez nous, une part plus secrète et à la fois plus familière de son oeuvre nous est encore inconnue. Sôseki a écrit plus de 2500 haikus, de sa jeunesse aux dernières années de sa vie : moments de grâce, libérés de l'étouffante pression de la vie réelle, où l'esprit fait halte au seuil d'un poème, dans une intense plénitude.
"Affranchis de la question de leur qualité littéraire, ils ont à mes yeux une valeur inestimable, puisqu'ils sont pour moi le souvenir e la paix de mon coeur... Simplement, je serais heureux si les sentiments qui m'habitaient alors et me faisaient vivre résonnaient, avec le moins de décalage possible, dans le coeur du lecteur."

Ce livre est un vrai petit bijou. Non seulement par la qualité de le sélection des haikus rassemblés ici, mais aussi par les illustrations dont la plus grande partie est de Sôseki lui-même (et quand ce n'est pas le cas, ce sont les calligraphies qui les accompagnent qui sont de la main de l'auteur).

Une belle initiation aux haïkus - car la première partie est très pédagogique et très abordable pour les non-inités -, à cet auteur, et à cette partie de la culture japonaise.

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vendredi 27 juin 2025

L'homme qui fouettait les enfants

4 de couv' :
Il a crié "Fils" et il lui a tiré dessus en plein tribunal. Puis le vieux Brady a demandé que le shérif lui laisse deux heures, et il est parti. Si tout le monde connaît les faits ici, à Bayonne, en Louisiane, ils sont peu nombreux à pouvoir les expliquer. Sauf peut-être les vieux du salon de coiffure qui passent leur journée à discuter... Eux connaissent Brady, l'homme qui fouettait les enfants, et savent bien pourquoi il agissait ainsi autrefois. Pour eux tout est clair, mais il faudra que le narrateur, jeune reporter au journal local, passe la journée à les écouter pour comprendre. Et pour que se dessine leportrait d'un homme au passé et à la personnalité complexes, et d'une communauté noire, confrontée depuis toujours aux mêmes difficultés... Un récit plein de verve et d'humanité.


Si j'ai moins accroché à ce livre - car commencé un soir où j'étais fatiguée et l'ai reposé au bout de trois pages pour dormir, puis lu de façon hachée pour les mêmes raisons - ce n'est dû qu'à moi et non à la qualité d'écriture de l'auteur.

Chronique d'un épisode marquant d'une petite ville du sud des États-Unis, ce court roman recèle toute une galerie de personnages hauts en couleurs, en particulier dans le salon de coiffure. Deux personnages - jeunes ceux-là - se substituent au lecteur : le journaliste, et un autre homme, de passage dans la ville. Le journaliste se contente d'observer, tandis que l'autre homme, lui, trépigne d'impatience en se demandant où veulent en venir les anciens qui parlent de Brady et retracent, à travers lui et sa vie, celle de la ville et implicitement, de toute une société.

Comme toujours avec Ernest J. Gaines, un texte court mais fort, autant par ce qui est écrit que par ce qui est mis entre les lignes.
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dimanche 6 avril 2025

Le châtiment des goyaves

4 de couv' :
Voici sept histoires orientales, sept histoires de rêveurs, d'idéalistes, d'hommes et de femmes singuliers qui tracent leur destinée à contre-courant du modèle culturel dominant.
Sur les rives du Nil, un vieux saoudien souhaite reconstruire la villa mythique de son enfance alors qu'une jeune pasionaria s'insurge sur la place Tahir. En Arabie, Khaled l'ingénu rêve de pureté sous le goyavier tandis que les femmes rêvent de liberté. Aux contreforts du Yémen, une villageoise découvre un étrange visage dans les ruines du palais de la reine de Saba. Dans un Irak en feu, Hakem, un historien éguptien, part sur les traces d'une ancienne secte adoratrice du diable, les Yézidis.
Ces "fils de la lune" prennent vie et nous transportent dans un Orient effervescent, porté par des élans contradictoires, déchiré entre tradition et modernité. D'un réalisme teinté d'étrangeté, les nouvelles de Carine Fernandez nous invitent à sa rencontre.


Même si je lis très peu de nouvelles, je dois reconnaître que je me suis délectée de chaque histoire de ce livre.

En dehors de son écriture, somptueuse, Carine Fernandez a un réel talent de conteuse qui nous transporte dans chaque histoire. Nous nous laissons guider, appréciant chaque phrase, chaque mot.

Une belle réussite, vraiment.
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vendredi 4 avril 2025

Deux ou trois choses dont je suis sûre

4 de couv' :
Autrice de Peau, recueil d'essai devenu culte, Dorothy Allison a grandi dans le sud des États-Unis, dans un contexte de misère sociale et de violences familiales et sexuelles. Dans Deux ou trois choses dont je suis sûre, elle raconte les femmes de sa famille - mères, soeurs, cousines, filles et tantes -, rendant hommage à leur force, leur humour, leur beauté et surtout leur détermination obstinée face au quotidien qui les accable. Illustré de photographies de sa collection personnelle, ce livre montre à quel point les petites histoires d'une génération peuvent acquérir le statut de légende pour les générations suivantes.
Un ouvrage om la vision singulière de Dorothy Allison s'exprime avec beaucoup d'humour et d'émotion.


C'est un peu par hasard que je suis tombée sur ce livre de Dorothy Allison, dont j'avais déjà lu, il y a plusieurs années (bien avant ce blog) "L'histoire de Bone", "Retour à Cayro" et "Peau". Ce fut donc une bonne surprise, et surtout un extrême plaisir de retrouver l'excellentissime écriture de cette autrice.

Je saurai gré à la traductrice d'avoir expliqué ses choix de traduction : un parti pris féministe un peu en décalage avec les règles habituellement établies. Je dois avouer avoir un peu fait la grimace en lisant la note de traduction, mais au final, la lecture en est restée d'autant plus fluide. Et finalement logique, vu l'autrice, et vu le contexte. J'ai eu un petit peu de mal seulement avec "quelque chose" accordé (pardon, accordée) au féminin et non au masculin mais uniquement par manque d'habitude ou pour mieux dire, par habitude tenace du masculin. C'est pourtant tellement plus logique ainsi, "chose" étant un mot féminin...

Apparté : notez que j'avais du mal avec le mot "autrice" au départ, qui n'est pourtant pas pire que "actrice". Maintenant que je sais que ce mot existait avant (qu'on ne laisse plus les femmes écrire...), je trouve logique de l'employer à nouveau. Du coup, "auteure", que j'ai longtemps utilisé faute de mieux, me paraît un non-sens... Fin d'apparté.

Ce n'est qu'en fin de livre, mais cela ne m'a pas surprise, que l'on apprend que le texte original avait été écrit à l'origine pour une représentation théâtrale. Il a ensuite été remanié, mais au cours de la lecture j'avais l'impression qu'il avait été écrit pour être dit, pas seulement lu. J'imagine très bien un monologue sur scène, ponctué ou pour mieux dire illustré avec la projection des photos intégrées dans le livre.

Car l'autrice ne se contente pas de parler de sa vie, de sa famille. Dans ce court ouvrage (114 pages), beaucoup de thèmes sont abordés : la condition sociale des plus pauvres des États-Unis, la condition féminine, ces schémas perpétuellement reproduit par certaines familles, l'homosexualité, le viol, la violence intra-familiale, la pauvreté... Et le courage de fuir sa condition (quel que soit le moyen employé) ou de rester pour l'affronter.
Mais, toujours, la tête haute. Car c'est en effet un bel hommage rendu aux femmes de sa famille.

Très beau texte, et tellement fort, écrit avec intelligence.
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lundi 31 mars 2025

48 indices sur la disparition de ma soeur

4 de couv' :
Qu'est-il arrivé à Marguerite Fulmer ? Le 11 avril 1991, la jeune artiste à qui tout réussit a quitté la demeure familiale, pour ne jamais revenir. Sans laisser la moindre explication, juste une chambre en désordre. Vingt-deux ans plus tard, sa soeur Georgene, mouton noir de la famille, entreprend de traquer en quarante-huit chapitres les maigres indices susceptibles d'élucider cette disparition : à commencer par une "robe-nuisette" Dior en soir blanche abandonnée sur le sol...
Peu à peu, Georgene résout une partie de l'énigme mais reste confrontée aux questions lancinantes : Marguerite s'est-elle enfuie pour échapper à l'un de ses soupirants ? A-t-elle été la victime d'un tueur en série local ? Ou assassinée par son mentor et collègue, le peintre Elke, qui a exploité sa mort dans une collection de tableaux macabres ? Mais les ruminations de la cadette révèlent aussi son caractère jaloux et instable. Serait-elle à l'origine de l'irréparable ?
Récit fragmenté où Joyce Carol Oates démontre une fois encore un art du suspense inégalé, 48 indices sur la disparition de ma soeur dresse les portraits kaléidoscopiques d'une femme, dont la mémoire est honorée de tous, et de sa soeur élevée à l'ombre d'une idole trop vite façonnée. Un jeu de piste délicieusement féroce.


Une fois de plus, la plume ô combien exquise et incisive de l'autrice nous transporte dans les méandres de l'esprit humain.
Comme la narratrice, le lecteur se pose d'innombrables questions sur ce qui a pu arriver à sa soeur, et, je crois bien, encore plus qu'elle. Chaque avancée, chaque nouveau détail apporté suscite d'autres interrogations... et perplexité.

Au-delà ce cela, face à cette disparition c'est aussi la réaction de toute une société qui est ici passée subtilement à la loupe, sous le regard de la narratrice. La police, les média, la famille et les proches eux-mêmes n'y échappent pas.
Certains faits de société tels les agressions, les disparitions, les meurtres de femmes sont subtilement évoqués, sans apporter aucune lourdeur.
Certaines considérations sur l'art et différentes conceptions du féminisme aussi.

Comme souvent avec Joyce Carol Oates, la narratrice est pour le moins... troublante. Sa façon de voir les choses, d'y réagir, mus par non seulement son caractère et l'amour porté à sa soeur - largement mâtiné de jalousie - vont provoquer chez elle des actions et réactions qu'elle-même ne semble avoir anticipés.
Et l'écriture habile de l'autrice ne nous permet pas toujours de savoir la part de réel et d'imaginaire de certaines scènes. La narratrice elle-même s'interroge.

Et la fin, forme d'apaisement de cette âme tourmentée est aussi logique que surprenante.
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samedi 18 janvier 2025

La reine de l'Idaho

4 de couv' :
Thomas Burton est romancier. Il s'est installé sur la côte du Maine, moin des montagnes Rocheuses où il a grandi. Un beau matin, une lettre vient bouleverser sa vie : une inconnue affirme être sa soeur, confiée dès la naissance à une famille adoptive. Intrigué, Thomas retrace l'histoire des générations passées. Sa mère, la belle Elizabeth, aurait abandonné un bébé ? Mais comment un tel secret aurai-il pu être caché à Emma, la matriarche, la célèbre et redoutable "reine" de l'Idaho, celle qui a consolidé la fortune du clan ?


J'étais en train du musarder dans ma librairie préférée quand au détour d'une travée mon oeil aperçoit, fugacement mais distinctement, la belle couverture de ce livre. Rapide coup d'oeil sur la quatrième de couverture, et le voici embarqué jusqu'à la caisse !

Je ne regrette absolument pas cet achat autant impulsif que raisonné tellement j'ai aimé ce roman, qui bouscule un peu mes habitudes de lecture.

L'écriture est tout bonnement exquise. Fourmillant de détails, elle sert autant l'histoire que l'humour de l'auteur tout en étant merveilleusement travaillée, pas un mot n'est inutile ni inapproprié. Un vrai talent d'auteur qui m'a enthousiasmée.

Qui plus est, l'auteur, ne se contente pas de dérouler la trame de l'histoire : il prend quelques libertés avec l'ordre chronologique sans perdre le lecteur : chaque personnage (les plus décisif du roman) a droit à son chapite ou sa partie de livre et si on commence par le narrateur (tiens, un auteur dont le prénom est Thomas lui aussi ?), on passe ensuite à la fameuse soeur cachée, pour ensuite repartir sur la vie des grands-parents du narrateur, etc.

Car c'est une fresque familiale qui nous est racontée-là. Une sorte d'énigme et de secret de famille dont la réalité ne nous est révélée qu'à la toute fin. Une fin émouvante.

Inutile de dire que j'en lirai d'autres, de cet auteur...
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dimanche 29 décembre 2024

La panthère des neiges (beau livre)

4 de couv' :
"Il y a une bête au Tibet que je poursuis depuis six ans, dit Munier.
Elle vit sur les plateaux. Il faut de mongues approches pour l'apercevoir.
J'y retourne cet hiver, viens avec moi.
- Qui est-ce ?
- La panthère des neiges, dit-il.
- Je pensais qu'elle avait disparu, dis-je.
- C'est ce qu'elle fait croire."


Certes, j'avais déjà lu ce livre en 2020, dont je me suis fait offrir cette version par la suite, ne résistant pas à ce bel ouvrage et surtout ses photos.

L'ensemble se complète admirablement bien, et je dois reconnaître que les magnifiques photos de Vincent Munier m'ont d'autant mieux fait apprécier le texte de Sylvain Tesson.

Si le talent de ce dernier pour décrire - les paysages ou la moindre partielle de choses, personnes ou animaux observés - n'est plus à louer, je dois avouer qu'il est parfois frustrant de se contenter de descriptions. Au cours des lectures de ses récits de voyage, on a envie de "voir" ce qu'il a vu et si évidemment on ne va pas se précipiter sur place le livre en main, le fait de ressortir ses livres en version illustrée avec les photos du voyage, quand ce n'est pas en film, est une excellente initiative (et très lucrative pour l'éditeur, oui je sais, je ne suis pas naïve).

Et en ces temps d'hiver, rien de plus approprié qu'un livre se déroulant dans un pays de neige, le meilleur livre qu'on puisse trouver en ces fêtes de fin d'année. Bulle de douceur, beau texte, superbes photos, ma meilleure idée de lecture de décembre.
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samedi 26 octobre 2024

Dernier tramway pour les Champs-Elysées

4 de couv' :
Qui a ordonné de tabasser le père Jimmie Dolan, un prêtre à la réputation sulfureuse ? Cette agression entraîne Robicheaux sur les traces de Junior Crudup un bluesman jamais ressorti de la prison d'Angola. Qu'est-il devenu ? Énigme d'autant plus troublante que la petite-fille du chanteur est sur le point d'être dépossédée de sa ferme par une société douteuse dont le patron, Merchie Flannigan, n'est autre que le mari de... L'ancien amour de Dave Robicheaux.

Comme toujours, j'ai retrouvé avec plaisir la sublime écriture de James Lee Burke, encore une fois admirablement bien servie par l'excellente traduction de Freddy Michalski.

Ce tome est l'un de mes préférés de la série. S'il est, dans les ruminations de Dave Robicheaux, assez sombre, la lumière est pourtant là, ne serait-ce que par l'amour et l'amitié que lui porte son entourage et son propre courage, qui l'empêche de retomber dans ses vieux travers.

Une bonne dose d'humour aussi, surtout dans une scène impliquant le personnage du tueur à gage, magnifique loser et être aussi torturé que notre héros. Sans oublier Clete et sa façon de très personnelle de régler (ou pas d'ailleurs) les problèmes...

Vraiment, je me suis régalée !
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