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jeudi 15 février 2024

Panique en Armorique

4 de couv' :
Finistère sud. Une nuit épaisse de novembre, un incendie criminel détruit un élevage de poulets en batterie. Quand l'attentat est revendiqué par des militants déjantés de la cause animale, l'enquête revient au (charmant) capitaine Chauvigny.
Non loin, la commissaire retraitée Lola Jost et sa meilleure amie, la jeune strip-teaseuse américaine Ingrid Diesel, sont en vacances. Intrigué par les évènements, et histoire de s'occuper un peu, le duo décide de jouer les détectives sous le nez des gendarmes.
Mais très vite la tension monte : leP-DG de Poulets Dorés est retrouvé mort, pendu par les pieds et électrocuté comme ses volailles...

J'ai eu un peu de mal à démarrer sur ce nouveau tome des aventures de Lola Jost et Ingrid Diesel.
Déjà parce que ce que j'ai toujours aimé dans cette série est le Paris de carte postale et que cette fois, l'histoire se passe dans le Finistère sud. C'est sympa et devrait me flatter mais en ce qui me concerne, zéro dépaysement.
Ensuite parce que je n'aime ni le titre, ni la couverture, tellement différents de l'esprit des autres tomes...

J'ai donc eu du mal au démarrage, au point de laisser le livre de côté pendant une semaine. Puis je l'ai repris dimanche dernier. Et n'ai pu finalement le lâcher que vers 2h00 du matin.

Si ce n'est pas mon tome préféré, je dois avouer qu'il m'a bien divertie et qu'on ne comprend vraiment l'intrigue qu'à la toute fin.

Sentiments mitigés donc, mais finalement relativement positif.
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dimanche 19 janvier 2020

Nous arrivons

4 de couv' :
Elle arrive épuisée, angoissée, à bout de souffle. Elle arrive avec son compagnon et sa fille dans la maison de son enfance. elle ouvre les fenêtres, tente de respirer, de se calmer, de reprendre ses esprits.
La maison, désertée et abandonnée, doit être rangée. Elle a beau s'agiter pour essayer de remettre de l'ordre, sa mémoire, ses souvenirs, son imagination l'empêchent de reprendre pied dans ce que d'aucuns appellent la réalité.


J'ai pioché ce roman au hasard dans les rayons de  la bibliothèque d'à côté et ce fut une bonne surprise.

Difficile de dire ce qu'il en est sans trop en dévoiler  : il ne fait que 140 pages et chaque phrase dit l'essentiel.
L'écriture, simple, mais belle et efficace vous porte du début à la fin.

L'histoire de la narratrice est celle d'une quadragénaire, ses ressentis en tant que femme qui passe certains caps de sa vie, comment tout ce qui lui est extérieur (parents, mari, fille, lecture, accident d'une autre femme, etc.) l'affecte ou la porte d'une manière ou d'une autre.

La structure du roman pourrait sembler décousue : pas de chapitres, la narratrice passe d'une idée ou d'une situation à une autre et cela pourrait dérouter les lecteurs qui aime les formes de narration plus classiques, mais pour ma part, j'ai beaucoup aimé. Cela renforce en effet le fait qu'elle est à un cap de sa vie, qu'elle a besoin d'y mettre de l'ordre voire d'y échapper, car dès le premier paragraphe, direct, c'est ce qui y est dit.
Des passages de "Sanctuaire" de Faulkner, que se met à lire la narratrice, ponctuent ce roman : cela pourrait à nouveau être déroutant, mais finalement ils font écho à ce que vit la narratrice. Comme l'héroïne de Faulkner, mais dans un autre genre et dans une moindre mesure, elle aussi est prisonnière : de ses devoirs en tant que fille, mère, épouse et ressent le besoin de s'échapper le temps de courtes vacances en solitaire. Pour ensuite revenir remettre de l'ordre dans sa vie.

Je ne peux guère en dire plus mais je lirais bien d'autres romans de cette autrice.
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vendredi 28 septembre 2018

On a volé la Belle Etoile !

4 de couv' :
Camaret-sur-Mer.
Un petit port tranquille à l'entrée de la rade de Brest. Mary Lester, pour échapper à la pression des média, s'y réfugie pendant sa convalescence, suite à l'affaire de Saint-Malo. Elle y trouve une population choquée : par deux fois, on a tenté de voler la Belle Etoile, le langoustier emblématique de leur port, reconstruit à l'identique. Pour ces forfaits, un homme a été arrêté, jugé et condamné après avoir prétendu, contre toute vraisemblance, avoir agi seul. Puis, voilà qu'inexplicablement, le bateau est jeté à la côte au cours d'une tempête.
Convalescence ou pas, Mary ne peut rester insensible au désarroi des Camaretois. Découvrira-t-elle pourquoi on a volé la Belle Etoile ?

Polar sympathique, malgré quelques maladresses, dont l'enquête a l'originalité de démarrer "après la bataille" puisque la condamnation du supposé coupable a été prononcée depuis longtemps (et la peine de prison, déjà purgée). Elle ne redémarre donc qu'à la seule initiative de Mary Lester qui ne peut visiblement rester insensible au moindre petit mystère passant à portée de ses petites cellules grises.

Une enquête bien menée, juste ce qu'il faut de suspens, pas trop d'action et pas le moindre meurtre. Mary Lester est vacances, nous avons donc droit à une superbe carte postale de Camaret et ses environs, avec des habitants bien sympathiques quoique parfois un peu trop caricaturaux ce qui a dû ravir tout lecteur parisien de base.

Mais globalement, un bel hommage à cette partie du département.
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samedi 28 avril 2018

Neverhome

4 de couv' :
Dansla ferme de l'Indiana qui l'a vue grandir, Constance jouit d'un bonheur tranquille auprès de son compagnon. Mais lorsque le guerre de Sécession éclate et que Bartholomew est appelé à rejoindre les rangs de l'Union, c'est elle qui, travestie en homme, prend sans hésitation la place de cet époux à lassant fragile.
Ayant perdu la trace de son régimentaires une bataille féroce où elle a été blessée, Constance quitte son uniforme et reprend le chemin de la ferme à travers des paysages dévastés, guidée par l'amour infini qu'elle porte à son bien-aimé mais hantée par la violence de son expérience.
Abondant en rencontres avec les monstres que la guerre fait des hommes et des lieux, ce roman magistral propose une impressionnante méditation informe d'épopée sur la fragilité des certitudes et l'inconstance de toute réalité.


Je suis toujours curieuse, lorsque je suis dans ma librairie préférée, de jeter un oeil sur les dernières parutions des éditions Babel. J'y trouve toujours des livres profondément humains, qui me font sortir de ma zone de confort dans mes lectures. Et une fois de plus, je n'ai pas été déçue.
Difficile de dire plus et mieux que le quatrième de couverture, mais il est vrai que tout comme pour "Wild" et évidemment pour des raisons différentes, j'ai adoré suivre les péripéties de Constance (même si le postulat de départ m'a paru aussi intéressant que tiré par les cheveux vu l'époque).

Du début à la fin l'histoire est prenante et riche en rebondissements, et la narration à la première personne du singulier nous rend d'autant plus proches de Constance et de son introspection.
Ce n'est pas juste l'histoire d'une femme partant en guerre, qui sera finalement la toile de fond, c'est avant tout une histoire humaine.

J'ai aimé ses dialogues avec sa mère décédée, ses interrogations sur la vie et sa vie en particulier, ses rencontres, les différents personnages avec chacun leur part d'ombre ou de bizarreries (la guerre, encore).

Une magnifique lecture, une de mes préférés de cette année 2017.
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mercredi 12 février 2014

Best sellers 2011 - article 3 - Du sang sur les docks


Du sang sur les docks

L'action se déroule dans un port de l'Ouest de la France. Le Héros, Bernard Balzac, est venu se reposer et peindre dans sa ville natale. Malgré lui, il est happé dans les méandres d'une enquête policière dont les indices ramènent sans cesse vers son petit monde... Il va devoir côtoyer le pire, la misère, la drogue ; il va plonger au fond de secrets qu'il aurait souhaité toujours ignorer. Il sera obligé de participer aux investigations, et grâce à ses connaissances artistiques dénouera une intrigue sordide. Les personnages sont sombres et l'humour du héros renverse parfois cette tendance, mais il reste seul. Du sang sur les docks est un roman noir social, car on y explore les bas-fonds, la société est dépeinte avec lucidité même si la fiction y conserve toute sa place.


Je l'ai déjà dit, je ne suis guère preneuse de romans locaux ou régionaux. J'aime bien m'évader par les livres, être loin de chez moi alors forcément, un polar qui se passe à Brest, où j'habite... Et bien il va falloir que j'apprenne à revoir mon jugement à ce sujet, car ce roman a été une bonne surprise pour moi.

Au niveau polar, ça reste assez classique, sa valeur tient surtout à l'écriture, la description des paysages, des sensations ressenties par le narrateur (tout ce que j'aime en fait !). Une certaine gouaille, renforcée par une pincée d'argot, juste ce qu'il faut. Cet amour des petites gens, des laissés pour compte, la description de la vie d'une partie de Brest (les ports de commerce et de plaisance), le côté misanthrope du narrateur.

Tout cela m'a séduite, je pense en relire d'autres de cet auteur.
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mardi 8 mai 2012

Tri Yann Tro Breizh

4 de couv' :
Pour assurer la promotion de leur dernier album, les célèbres Tri Yann décident d'organiser une tournée qui passera par les plus grandes villes de Bretagne. Par commodité, le groupe loue un immense chapiteau sous lequel chacun prend rapidement ses repères. Mais, dès les premiers spectacles, les tracas s'accumulent. L'envie de nuire est évidente et laisse planer une détestable suspicion. Peut-on parler d'une tournée maudite ? Doit-on mettre un terme à la série de concerts ?
Invité à suivre l'évènement depuis les coulisses du Festival Interceltique de Lorient, Maxime Moreau va entrer dans la danse.
Sur fond de musique traditionnelle, sans avoir l'air d'y toucher, il va orienter les investigations de ses collègues policiers.


Jusqu'ici, j'avais toujours remis à plus tard la lecture d'un roman dit "régional". En effet, j'aime m'évader dans la lecture et lire un roman se déroulant dans ma région ou si vous préférez, ancré dans mon quoti-dien, bof, bof.
Puis l'autre jour alors que je cherchais un livre à la bibliothèque, mon regard a été attiré par le titre de celui-ci. Y voyant "Tri Yann", groupe que, comme beaucoup de bretons, j'aime bien, j'ai donc jeté un oeil sur le quatrième de couverture qui m'a confirmé que ce roman tournait autour du groupe. Et d'un polar se déroulant lors d'une tournée en Bretagne ("Tro Breizh"). Aimant les polars et Tri Yann, je me suis dit que c'était là l'occasion rêvée de lire un roman régional et que si ce n'était pas celui-là, ça ne serait aucun.
En résumé : et hop ! dans mon sac à livres.

Pour être honnête, au début l'écriture du roman ne m'a pas enthousiasmée, j'avais un peu l'impression que l'auteur, emporté par son enthousiasme et son côté fan du groupe, a voulu y mettre un maximum d'anecdotes vécues avec le groupe pendant la préparation du roman et/ou rapportées par ses membres.
Cependant, toujours sur l'écriture, cela s'améliore dès qu'apparaît (au bout d'un bon tiers du roman) son personnage fétiche, le policier Maxime Moreau, le côté "polar" du roman prend le dessus (même si de mon côté j'aurais éliminé quelques maladresses, mais ça, ça m'est tout personnel).

Toujours est-il que l'enquête et le rythme sur lequel elle se déroule va crescendo et qu'il aurait fallu m'arracher le livre des mains pour m'empêcher d'aller jusqu'à la fin (et encore...).
C'est donc un bon polar, mais sachez quand même que ce n'est pas le premier de la série. Il y est fait référence à des histoires précédentes, mais cela ne gêne nullement l'histoire.

Ce que j'ai aimé, puisqu'il s'agit des Tri Yann, c'est de les découvrir côté coulisses, ainsi que le FIL. C'est aussi d'y retrouver un certain esprit et humour breton, quelques spécialités locales.

Mais surtout, la question de l'identité bretonne, reprenant les paroles de "La découverte ou l'ignorance", rappelant qu'elles ne sont pas d'eux, mais qui parlent à bon nombre de bretons puisqu'elles font écho à leur aspiration à une identité culturelle. Et j'insiste sur "culturelle" car pour ma part et comme beaucoup d'autres, je n'y mets rien de politique.

Et pour en savoir plus sur les Tri Yann :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tri_Yann

Leur site officiel :
http://edoll.free.fr/

Celui du FIL :
http://www.festival-interceltique.com/

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dimanche 29 mai 2011

A Brest même ! (07/05/2009)

4 de couv' :
Quarante ans de la vie de deux femmes : tel pourrait-être le titre de ce roman, publié à compte d’auteur, qui se déroule pour l’essentiel à Brest et dans ses environs. Nous suivons les héroïnes, Marguerite Le Menn, dite Margot, et sa fille Monique, que tout le monde appelle Mona, entre 1924 et 1968 : Margot qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, vivra avec un entrepreneur qui est à la fois un petit voyou et un collaborateur, et entretiendra des relations (sexuelles et autres) avec des hommes de tous bords ; Mona, qui se rend compte qu’un mystère entoure sa naissance et l’identité de son père. Un long roman local, historique, érotique et sentimental. 

Au départ peu convaincue par le style d'écriture, je suis quand même très vite entrée dans l'histoire.
Cette histoire (ou Histoire) débute, ou est tout simplement mise en place en 1924 puis passe directement à 1943. On passe des parents de Mona à sa vie. Que s'est-il passé dans l'intervalle ? A découvrir, par bribes et recoupements, au fil des pages.
A travers l'histoire de Mona, c'est tout un pan de l'histoire de France et de l'Europe qui est retracé : la guerre, l'après-guerre, jusqu'à mai 1968. On traverse toutes ces années avec elle et là où l'auteur est efficace, c'est qu'on se retrouve un peu en elle. Ou du moins on a l'impression de la connaître. ça n'en rend la lecture que plus fluide d'autant plus que l'auteur ne s'appesantit pas sur les détails, va à l'essentiel (très brestois, ça) et peut sauter quelques années de la vie de son personnage. Celles où elle ne vit pas à Brest en fait.
Brest est le centre de ce roman et je ne suis donc pas objective sur ce point. J'ai beau connaître l'histoire de cette ville, je n'en suis pas originaire, je n'ai donc eu personne de ma famille pour me parler du Brest de cette époque. Je sais à quel point cette ville a souffert de la guerre, qu'elle a été presque totalement détruite, que la reconstruction l'a profondément modifiée, j'ai comme tout le monde ici entendu parler des baraques...
Mais voilà : même si j'ai toujours aimé cette ville, dès le premier jour de mon arrivée ici, m'identifier à ce personnage m'a fait me sentir davantage brestoise et rien que pour cela, je peux en remercier l'auteur.
Parce que l'affection qu'il a pour Brest (et la nostalgie pour le Brest de cette époque ?) transpire de chaque page et que même moi, brestoise d'adoption, je peux partager. Il faudra qu'un jour, sur mon autre blog, je vous parle de cette ville et de ce qui m'y marque le plus.
En tout cas, moi qui n'étais jusqu'ici pas trop tentée par les romans dits "régionaux", je commence à les voir d'un autre oeil.
Enfin, pour vous dire à quel point ce roman m'a plu : j'ai commencé peu de temps après un autre roman (que j'ai beaucoup aimé aussi) mais dès que je le refermais, j'étais à nouveau dans "Cours Dajot". Bon en même temps, si mes arrêts de bus du boulot ne se trouvaient pas au niveau de l'arsenal, avec vue sur le quartier et le pont de Recouvrance, aussi...