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vendredi 3 novembre 2023

Salem

4 de couv' :
La paisible petite bourgade était devenue une ville fantôme et personne n'osait parler de ce rire aigu, maléfique, enfantin.
Jerusalem's lot n'avait rien de remarquable, sinon, sur la colline, la présence de cette grande demeure inhabitée depuis la mort tragique de ses propriétaires, vingt ans auparavant. Et lorsque Ben Mears revient à "Salem", c'est seulement pour retrouver ses souvenirs d'enfance.
Mais, très vite, il devra se rendre à l'évidence : il s'y passe des choses étranges, sinistres. Un chien est immolé, un enfant disparaît et l'horreur s'infiltre, s'étend, se répand, aussi inéluctable que la nuit qui descend sur Salem.

Quoi de mieux que de lire un Stephen King à "Halloween" ? A part le finir de nuit, à 2 heures du matin, en pleine tempête bien sûr...

Autant j'ai adoré le début du roman, du Stephen King pur jus dans la façon de tout mettre en place, l'histoire autant que l'ambiance, les premières phrases happant de suite le lecteur.

Mais hélas, la suite ne reste pas à la hauteur du début. Certes, il s'agit du second roman de Stephen King, publié en 1975, et d'après l'auteur lui-même, un pastiche de Dracula. Mais j'ai été franchement déçue, ayant même l'impression par roman qu'il s'agissait d'une commande, où que la maison d'édition a poussé le jeune auteur d'alors à "livrer" ce roman au plus vite, espérant qu'il se calquerait aux goûts de l'époque (je reconnais être très critique pour le coup).

Je n'ai donc pas été plus emballée que cela par ce roman, qui reste cependant une lecture divertissante.
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mardi 30 mai 2023

Crime prémédité, vampire recherché

4 de couv' :
"SAUVEZ-MOI !"
C'étaient les dernières paroles que l'agent Loan, un vampire ô combien séduisant, et accessoirement mon ancien tuteur à l'Agence, m'avait adressés.
À moi, Esther Parmentier, sorcière sans pouvoir et toujours stagiaire !
Puis il avait disparu.
Malgré la neige qui tombait dru et les Créatures déchaînées à ma poursuite, je me lançai sur sa piste.

Décidément, je suis devenue accro à cette série (et ce dès le premier tome), à mon grand désespoir car ce troisième tome est aussi le dernier.

On retrouve avec bonheur les différents protagonistes et leurs failles, maladresses, ou caractère de cochon (ce qui est disséminé entre chaque personnages est dangereusement -pour elle- concentrée dans notre héroïne), l'humour de l'autrice, son style inimitable. Elle s'est amusée à écrire chaque histoire, et nous de la lire.

Je comprends cependant que ce soit le dernier tome, avec une série, on tourne vite en rond et on prend le risque de ne pas se renouveler, donc de décevoir les lecteurs au bout d'un moment. Je pense que l'autrice a fait le bon choix, d'autant qu'en tant qu'autrice, elle a sûrement envie d'aller vers d'autres horizons.

Elle a écrit d'autres romans que cette série, je vais sûrement me laisser tenter !
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mercredi 3 mai 2023

Trafic sanglant, vampires sur les dents

4 de couv' :
Moi, Esther Parmentier, sorcière stagiaire au service de l'Agence, j'étais sur les dents... L'agent Loan, le plus séduisant vampire que la Terre ait jamais porté, daignait faire son retour.
Après s'être évaporé sans même un au revoir dès que notre précédente enquête avait été résolue !
Et il avait besoin de mes compétences pour dénoncer un sombre trafic au sein de la communauté vampirique ?
Eh bien, ça n'allait pas se passer comme ça ! D'autant qu'un nouvel agent très intrigant, Wolfang Strøm, venait de rejoindre notre équipe...


J'avais tellement aimé le premier tome qu'en commençant celui-ci je craignais d'être un peu déçue. Déjà, parce qu'il n'y a plus la découverte du monde, de l'agence et des personnages, ensuite parce qu'on peut parfois être déçu d'une série quand elle commence de façon aussi flamboyante que celle-ci.

Passé cet a priori, j'ai été vite rassurée : l'écriture et le ton du roman sont toujours aussi bons, on a de nouveaux personnages, et on continue d'en apprendre plus sur les mondes dont sont issues les créatures... En particulier l'agent Loan (révélations en fin de tome !).
Et fermé ce tome, on se rend compte qu'on en a encore beaucoup à apprendre, sans compter, à la toute dernière ligne, l'accroche vers le tome suivant (il y a un seul exemplaire dans le réseau des médiathèques de Brest et nous sommes deux à l'avoir réservé. Grmpff).

Bref, encore une fois, une belle réussite !
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samedi 29 avril 2023

Cadavre haché vampire fâché


4 de couv' :
J'étais à peine recrutée par l'agence comme sorcière stagiaire que je devais faire équipe avec l'agent Loan.
L'agent Loan... Un vampire séduisant et méprisant qui me prenait pour une quiche. Pourtant, son enquête sur les disparitions d'adolescents n'avançait pas d'un pouce. J'allais lui montrer, moi, Esther Parmentier, qu'une stagiaire valait autant qu'un agent recruté !


Je ne sais plus comment j'ai entendu parlé de ce roman jeunesse. Peut-être par VendrediLecture, probablement par Booknode, où je participe au challenge lecture 2023 ("lisez un livre avec une créature imaginaire (sorcière, loup-garou...)". Là, pour le coup, j'ai toute la panoplie complète dans ce roman, goules incluses).
Toujours est-il que j'ai adoré le lire, une vraie bouffée de fraîcheur hilarante pendant mes vacances ! Tout ce dont j'avais besoin ((et vous n'avez pas fini d'en bouffer, du Parmentier, j'ai déjà réservé le tome 2).

On retrouve ici tous les ingrédients d'une série pour ado : une anti-héroïne un peu seule (gauche, ronde, complexée et surtout incroyablement spontanée, laquelle spontanéité est lourdement aggravée d'un caractère de cochon façon pieds dans le plat, pour notre plus grande hilarité), une organisation secrète, que nous découvrons avec elle, une pincée de fantastique et un groupe de bras cassés auprès desquels elle fera ses preuves et en fera sa bande de potes, une aventure sans temps morts.

Recette maintes et maintes fois utilisée, certes, mais ici drôlement bien aboutie et bien écrite.
J'ai totalement et immédiatement adhéré à l'humour de l'autrice (comme je l'ai souvent dit ici, "l'humour à la c**, c'est mon rayon"), certaines scènes me faisant penser à un manga.
S'agissant d'un roman jeunesse, je ne savais pas trop à quoi m'attendre en dehors du résumé, dont j'y suis allée sans a priori et j'en ressors ravie !

Et en dehors de l'humour et du côté fantastique qui m'ont séduit (grande fan de Buffy je suis, ça aide), je dois reconnaître que l'intrigue se tient parfaitement, et qu'elle prend de l'étoffe tout au long du livre avec un dénouement parfaitement bien amené. Si le lecteur est un peu, comme la narratrice, en mode "découverte" au début, l'autrice réussit à lui faire découvrir et intégrer le monde qu'elle a créé.

Hâte de lire la suite (à propos, dès que j'ai fini le deuxième tome, je réserve le troisième) !
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lundi 27 mars 2023

Les miracles du bazar Namiya

4 de couv' :
En 2012, après avoir commis un méfait, trois jeunes délinquants se réfugient dans une vieille boutique à l'abandon pour s'y cacher jusqu'au lendemain. Dans le courant de la nuit, quelqu'un glisse une enveloppe par la fente du rideau métallique. Lorsqu'il l'ouvrent, les trois compères découvrent qu'elle contient une requête adressée à l'ancien propriétaire, célèbre dans le quartier pour avoir prodigué des conseils de toutes sortes à ceux qui lui écrivaient. Mais cette lettre a été écrite... trente-deux ans auparavant. Ils décident d'y répondre et déposent leur missive dans la boîte à lait à l'arrière de la boutique, comme l'ancien tenancier avait l'habitude de faire. Aussitôt, un nouveau message leur arrive, lui aussi venu du passé... L'espace d'une nuit, d'un voyage dans le temps, les trois garçons vont ainsi infléchir le cours de plusieurs destinées, et peut-être bien bouleverser la leur.


J'avais beaucoup entendu parler de ce livre, toujours en bien, avant de me décider à l'acheter.

Ce livre, une fois assimilé le côté fantastique de l'histoire, est un vrai petit bijou de lecture, de douceur, d'émotion et d'humour aussi par moment. Un vrai petit bijou d'intelligence aussi, tellement il est bien mené. Il s'agit d'une succession d'histoires et chacune est abordée de façon différente, ce qui évite un effet catalogue. Car finalement, le plus important n'est pas l'histoire de ces trois garçons (encore que...) mais bien les solutions apportées.
Et pour la fin, comme les chats, l'auteur retombe sur ses pattes, et avec grâce, qui plus est.

Les personnages, leurs histoires, le fait d'aller et venir entre passé et présent, m'a beaucoup fait penser à la série "tant que le café est encore chaud". Différent, cependant, mais très similaire dans l'esprit. Et de façon différente, la même conclusion pour ces deux romans : on ne peut changer le passé, mais influer sur son avenir (conseils ou pas...).

Une lecture enthousiasmante, agréable, qui nous emporte loin des tracas du quotidien, qui, comme on le comprend dans ce livre, ne sont au final pas si importants que cela.
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samedi 20 août 2022

La petite fille qui aimait Tom Gordon


4 de couv' :
C'est exprès que Trisha s'est laissée distancer par sa mère et son frère, ce jour-là, au cours d'une excursion sur la piste des Appalaches. Lassée de leurs sempiternelles disputes depuis que Papa n'est plus là.
Ce qu'elle n'imaginait pas, c'est que quelques minutes plus tard elle serait réellement perdue dans ces forêts marécageuses. Qu'elle affronterait le froid, la faim, la nuit, les bruits et les rumeurs de la nature. Et deux personnages terrifiants acharnés à sa perte : la Teigne et la Chose. Il lui reste son baladeur, sur lequel elle peut suivre les exploits de son idole, Tom Gordon, le joueur de base-ball. Le seul qui peut l'aider, la sauver.


Le sujet est simple : une petite fille se perd dans la forêt. Sauf que l'écrivain étant Stephen King, le déroulement de cette histoire ne le sera pas autant.

Très vite, nous perdons notre regard d'adulte raisonnable sur Trisha, pour finalement nous retrouver comme elle, dans l'expectative. Quelle est la part de réel, et quelle est la part de visions dues à la fatigue, la peur ou la fièvre ? Car étant adulte et se disant "ok, ça, c'est à cause de ça", par moment, on finit par se demander "et si ?".

Et c'est ainsi tout le long du livre, on ne distingue plus ce qui est réel de ce qui ne l'est pas car nous suivons Trisha sur le parcours tracé par l'auteur.

Jusqu'à la fin, ambigüe à souhait...
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vendredi 4 juin 2021

L'affaire Jane Eyre


4 de couv' :
Dans le monde de Thursday Next, la littérature fait quasiment office de religion. A tel  point qu'une brigade spéciale a dû être créée pour s'occuper d'affaires aussi essentielles que traquer les plagiats, découvrir la paternité des pièces de Shakespeare ou arrêter les revendeurs de faux manuscrits. Mais quand on a un père capable de traverser le temps et un oncle à l'origine des plus folles inventions, on a parfois envie d'un peu plus d'aventure.
Alors, quand Jane Eyre, l'héroïne du livre fétiche de Thrsday, est kidnappée par Achéron Hadès, incarnation du mal en personne, la jeune détective décide de prendre les choses en main et de tout tenter pour sauver le roman de Charlotte Brontë d'une fin certaine...


Autant le dire tout de suite, ce roman est une uchronie dont l'auteur, à l'imagination débridée, s'est totalement lâché. C'est aussi jubilatoire que déroutant et l'histoire dont le cadre est le monde dans les années 1980, mais n'a rien à voir avec notre monde à la même époque, est un polar qui mélange allègrement inventions burlesques, voyages dans le temps, incursion du réel dans l'imaginaire et inversement. Avec une pincée d'humour anglais.

J'avoue avoir été aussi déroutée qu'amusée tout au long de la lecture. L'auteur joue avec la plupart des codes de chaque genre (polar, science-fiction, humour) et contre toute attente, réussit un ensemble assez équilibré. Pour qui aime la fantaisie et aime se laisser porter par ce genre de délire. Pour les autres, ce sera assez déroutant et pesant.

Pour ma part, j'ai beaucoup aimé cette lecture, on peut le dire, franchement ébouriffante !
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vendredi 12 juin 2020

Dracula l'Immortel

4 de couv' :
Seule fiction littéraire soutenue par la famille du créateur de Dracula, cette oeuvre a été écrite par Dacre Stoker, l'arrière-petit-neveu de celui-ci, et Ian Holt, spécialiste reconnu du célèbre prince vampire.
En 1888, six intrépides ont réussi à détruire Dracula aux portes de son château de Transylvanie. Vingt-cinq ans plus tard, ils se sont dispersés mais le souvenir de cette périlleuse aventure où l'un d'eux a laissé la vie les poursuit. Une mort inexpliquée devant un théâtre parisien et un assassinat d'une effroyable cruauté au coeur de Londres vont réveiller la peur. Du Quartier latin à Piccadilly, l'ombre de Dracula semble à nouveau planer... Les héros d'autrefois doivent affronter un ennemi insaisissable aux attaques sournoises, violentes, mais aussi leurs propres démons.
Une intrigue menée avec maestria, qui ressuscite le fantasme et la malédiction de l'immortalité.


Ne soyons pas naïfs, quand j'ai acheté ce roman, je me doutais bien de l'aspect commercial par le fait qu'il est annoncé comme ayant été écrit par un descendant de Bram Stoker, et avalisé par la famille. Je me doutais que ce serait très différent de "Dracula", aussi bien dans l'histoire que l'écriture et étais ouverte à toute originalité. Mais là quand même...

Je crois bien n'avoir rien lu d'aussi mauvais. Il m'est déjà arrivé de ne pas aimer  un livre, mais j'arrivais quand même à y trouver des qualités, y compris dans ceux que je n'ai pas achevés (écriture, histoire, originalité...), mais ici le médiocre le dispute au grotesque. Peux pas mieux dire.

Même en faisant abstraction de l'oeuvre originale, il m'est absolument impossible d'apprécier quoi que ce soit dans ce roman dont je me suis acharnée à poursuivre la lecture jusqu'à la moitié. Je me suis couchée en me disant que je ferais mieux peut-être finalement de ne pas continuer (jamais jusqu'ici je n'avais autant levé les yeux au ciel d'exaspération en lisant un livre, même les moins aimés et/ou abandonnés). Résultat : je me suis réveillée deux ou trois fois dans la nuit avec à chaque fois pour première pensée "je ferais mieux d'arrêter de le lire". Ce fut donc ma bonne résolution de la matinée.

Alors voilà :

L'écriture : mauvaise, tout simplement. Ça se veut littéraire par moment et ça se rappelle que c'est destiné à être lu, donc ça fait de pitoyables efforts qui se veulent au niveau de l'aïeul, mais c'est juste agaçant de pâle imitation de style d'auteurs plus aboutis, toutes époques confondues.

La construction du roman : aucune. Ça part dans tous les sens, et arrivée à la moitié du roman, je ne sais toujours pas dans quelle direction les auteurs (oui, parce qu'ils s'y sont mis à deux pour commettre cela) veulent aller. Ils posent des jalons sans cohérence pour le lecteur et l'intrigue peine à démarrer.

Les personnages : oh mon Dieu il y a tant à dire et à oublier à la fois.
Les personnages de l'oeuvre de Bram Stoker sont repris ici et sont absolument pathétiques. L'un est alcoolique (et accro aux prostituées), un autre accro à la morphine, un autre la caricature du lord arrogant, et le plus âgé de la troupe n'est guère vaillant mais bizarrement, semble mieux tenir la route que les autres. Je trouve dommage que les auteurs aient eu la mauvaise idée de s'aliéner les lecteurs de "Dracula", qui s'étaient attachés aux personnages. Je veux bien qu'on se démarque, mais autant le faire intelligemment en posant correctement les choses (l'évolution de leur vie, comment ils en sont arrivés là. Ici, on nous l'assène d'emblée, on n'a plus qu'à faire avec, et ce n'est que plus tard qu'on nous donne des ersatz d'explication).
Une femme vampire et ses deux acolytes : un prétexte pour les auteurs de faire passer leurs fantasmes sexuels à la moindre occasion. Autant dans le Dracula de Bram Stocker, les choses (époque oblige) étaient suggérées subtilement et faisaient ressortir une certaine sensualité, autant ici c'est juste graveleux, mal amené et franchement ennuyeux au point d'être inutile pour l'histoire.
Bram Stoker : si l'idée est de rendre hommage à l'auteur de l'oeuvre originale, c'est raté. Il apparaît comme antipathique au point que je me suis demandée si la famille Stoker avait des comptes à régler avec lui.

L'histoire : comme je le disais précédemment, ça part un peu dans tous les sens.
Déjà, ça commence en France, sans réelle explication, et beaucoup de scènes se déroulent à Paris. Il faudra aussi qu'on m'explique pourquoi un couple d'anglais envoie leur fils étudier le droit à Paris alors qu'il devrait reprendre l'étude notariale de papa en Angleterre à l'issue de ses études, mais passons sur ce manque de cohérence. Qui plus est au fil du roman, l'action semble se recentrer en Angleterre. Il aurait été plus simple de la situer là dès le début. Les auteurs ont trop d'imagination ou pas assez.
Jack l'éventreur : je ne sais si ses meurtres (commis en 1888, année où se situe l'action de "Dracula") est un prétexte pour en faire un polar ou si les auteurs avaient décidé de faire un polar et de prendre ce prétexte pour y ajouter Jack l'éventreur et par ricochet y faire un lien avec les vampires et ceux qui les pourchassent. Là encore, les auteurs ont trop d'imagination ou pas assez. Mais de mon point de vue, c'est surtout le prétexte pour tomber dans le bien sanguinolent inutile et juste racoleur. Et pour ça, ils n'avaient pas besoin de rajouter Jack l'Eventreur (trop d'imagination ou pas assez).
Les scènes d'actions : bof. Faut bien casser le rythme de temps en temps.
Le sexe : où on apprend que Mina aurait perdu sa virginité avec Dracula. Certes une scène en particulier était très suggestive dans le roman de Bram Stoker, mais chronologiquement, ça ne tient pas : elle était déjà mariée plusieurs mois avant de tomber sous l'emprise du "comte" (et non le prince, hein...) et je ne me rappelle aucune allusion  ou circonstance selon laquelle le mariage n'aurait été consommé avant cela. Je l'aurais mieux admis pour le personnage de Lucy, mais pas Mina. Quand j'ai abandonné ce livre ci, j'en étais arrivée à me demander si ce point précis était une façon de mener à ce que le fiston du couple soit le fils caché de Dracula (tant qu'à être mauvais et grotesque...). Pour en revenir aux scènes de sexe proprement dites, disons que les auteurs sont de leur époque. Mais elles sont mal faites, donc inutiles, et du coup juste graveleuses.
Pour retomber sur leurs pieds (bien chancelants pour le coup), les auteurs ont parfois repris des passages de "Dracula" pour les mettre à leur sauce et amener les lecteurs à accepter les défaillances de leur scénario. Là encore, trop d'imagination ou pas assez.

En résumé, ce que j'ai détesté dans ce livre, c'est que les auteurs n'en ont fait qu'à leur tête, ont malmené l'oeuvre originale qui plus est en laissant libre cours à leur imagination sans faire le tri entre leurs multiples idées (les bonnes comme les mauvaises) laissant ainsi une désagréable impression de n'importe quoi ouvert à tous les vents, alliée à une mauvaise écriture et un gros parfum de dilettantes.

Une grosse déception.
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dimanche 7 juin 2020

Dracula

4 de couv':
Répondant à l'invitation du comte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre à son arrivée dans les Carpates un pays mystérieux. Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula. Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu'éprouver une angoisse grandissante. Ce comte, qui contrôle son courrier et verrouille les portes de son château, ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l'apesanteur... Jonathan Harker doit se rendre à la terrifiante évidence : il est prisonnier d'un homme qui n'est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres...


J'avais déjà lu ce livre à l'adolescence, qui faisait partie de la liste de lectures (non imposées) au bac de français, et je me rappelais l'avoir assez apprécié.

Grand classique de la littérature fantastique, dont le succès depuis sa parution jusqu'à nos jours a largement dépassé l'oeuvre originale, je dois reconnaître que j'ai assez aimé cette relecture même si, connaissant déjà l'histoire et me la rappelant dans les grandes lignes, je n'avais plus le plaisir de la découverte.

Commençons par les points négatifs : Bram Stocker est un homme de son temps. Il a donc une vision du monde et des gens horriblement caricaturale pour notre époque.
Les femmes sont des faibles femmes : l'héroïne principale parle ainsi d'elle-même bien que sur les cinq héros, c'est quand même elle la plus intelligente et la plus courageuse. Intelligence mise en valeur par l'un des autres personnages qui dit d'elle en gros qu'elle a une intelligence d'homme. L'auteur trouvait-il que ce personnage féminin était trop moderne pour les lecteurs bien pensants de son époque ? Mais je dois reconnaître que malgré ces passages on ne peut plus horripilants, on prend plaisir en tant que femme à s'identifier à un personnage qui devient vite le pilier de ce petit groupe.
Dans tout le roman, un seul personnage juif. Et "évidemment" pour l'époque, un peu douteux. On n'en parle que sur une page et il est franchement très secondaire et on aurait pu s'en passer ou en tout cas se passer du fait qu'il soit juif mais il y est présenté ainsi (soupir).
Les tziganes : définitivement douteux, alliés de Dracula, puisque de tout temps considérés comme alliées du diable, de la sorcellerie, de la magie noir et autres petites choses mystiques bien antipathiques. Ils sont présentés comme ses alliés voire ses serviteurs, mais aussi comme étant de peu d'importance : aucun d'entre eux ne se démarque réellement, ils forment un groupe comme un seul personnage.
Les habitants des Carpates : essentiellement des gens un peu exotiques pour le londonien qu'est Jonathan Harker, et surtout superstitieux. Et finalement secondaires. Dans leur poursuite de Dracula, nos héros anglais se débrouillent sans eux, sans même chercher à se les rallier. Cela m'a donné une impression de supériorité des personnages anglais (et américain pour l'un d'entre eux).
Les petites gens : alors là, on est en plein dans la grosse caricature des gens peu cultivés, vénaux (le moindre renseignement coûte de l'argent à nos héros), voire un brin alcoolique (le moindre renseignement coûte à nos héros une pinte de bière). Et leur parler ! Pas un mot dont une syllabe ne soit tronquée (ou pour mieux dire : "pas' mot dont un' syllab' n' soit tronquée mon pov' m'sieur !"). Je ne sais comment s'exprimait le "bas peuple" londonien à l'époque mais j'ai trouvé l'auteur horripilant de condescendance sur ce coup là.
Tout ceci était on ne peut plus habituel à l'époque, je ne vais donc pas blâmer l'auteur d'être de son temps, je voulais juste mettre en lumière ce qui pourrait agacer le lecteur actuel.

Par contre, j'ai apprécié que ce soit un roman choral : la plupart des personnages tient un journal et présente ainsi sa propre approche de l'histoire. Mais je n'ai pas trouvé qu'ils se démarquent beaucoup les uns des autres. Plus en début qu'en fin de roman en fait. Pour casser le rythme, et ajouter au mystère, l'auteur a eu la bonne idée à un certain moment d'introduire dans ces différentes narrations des articles de journaux relatant des faits étranges non explicables par leurs auteurs mais dont nous lecteurs avons une idée plus claire, flattant ainsi notre ego.
Tout ceci mis bout à bout forme un ensemble cohérent et bien construit.

Pour ce qui est de l'écriture, elle est assez typique de l'époque mais assez plaisante à lire bien que un peu pompeuse à mon goût sur certains passages (en particulier ceux consacrés au personnage de Van Helsing du moins au début, car il est détenteur de connaissances qu'il se refuse à divulguer aux autres personnages. Certes, c'est pour accentuer le suspens, mais j'avais parfois envie de le secouer pour qu'il en dise plus).

Dans l'édition que j'avais entre les mains, se trouvent également des annexes traitant non seulement de ce roman (avec une tentative d'analyse littéraire intéressante quoique je trouve que son auteur aille un peu loin), mais aussi des légendes sur les vampires sous toutes leurs formes : écrits, cinéma, radio, histoire.
Ce qui en est à l'origine, les monstres de légende équivalents dans différentes civilisations. J'ai donc ainsi découvert que la représentation que différentes civilisations se sont fait de plus approchant des vampires est féminine (Bram Stocker innove donc avec son personnage masculin) et assez peu récente finalement.
Se trouvent aussi des extraits de romans, un de Théophile Gautier (la morte amoureuse) et un d'Alexis Tolstoï (la famille du Vourdalak). J'ai donc ainsi découvert deux auteurs que je n'ai jamais lus, mais dont j'ai pu apprécier ici l'écriture et dont j'aimerais poursuivre la lecture.

Donc une lecture intéressante en tant que classique et un classique ayant laissé un telle d'empreinte dans le milieu artistique, et pour le roman lui-même.
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dimanche 17 septembre 2017

Fin de ronde

4 de couv' :
Dans la chambre 217 de l'hôpital Kiner Mémorial, Brady Hartsfield, alias Mr Mercedes, gît dans un état végétatif depuis sept ans, soumis aux expérimentations du docteur Babineau.
Mais derrière son rictus douloureux et son regard fixe, Brady est bien vivant. Et capable de commettre un nouveau carnage sans même quitter son lit. Sa première pensée est pour Bill Hodges, son plus vieil ennemi...

Ce dernier volet de la trilogie m'a franchement déçue. J'aimais l'idée que Stephen King se lance dans le (bon) polar, et voici que contrairement aux deux autres tomes, il replonge définitivement dans le fantastique. Avec cette surdose insupportable dans les romans d'aujourd'hui dans les technologies modernes qui me donnent la détestable impression que ce sont elles qui prennent le pas sur l'humain. A moins que ce ne soit justement voulu par l'auteur.

Soit, l'aspect fantastique était présent dans le tome précédent, dont la fin annonçait la place qu'il prendrait dans celui-ci. Mais non j'insiste, j'aurais souhaité moins de fantastique, plus de vrai polar.
Mais c'est du King, hein, donc haletant jusqu'au bout.
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samedi 20 décembre 2014

La carte du temps

4 de couv' :
Londres, 1896. Il n'y a pas que dans l'imagination de l'écrivain H.G. Wells que l'on peut voyager dans le temps. Avec ses séjours en l'an 2000, l'agence Murray fait un tabac... Révolution ou canular ? Andrew Harrington y voit la possibilité de revenir huit ans en arrière et de sauver sa bien-aimée, assassinée par Jack l'Eventreur. D'autres, comme Wells lui-même, n'y croient guère. Le temps va toutefois lui jouer des tours, ainsi qu'à ses confrères Henry James et Bram Stocker... A quelques paradoxes près !


Vous constaterez que je n'arrivais pas, ces derniers temps, à sortir du XIXème siècle !
Et tant qu'à rester dans le passé, autant voyager dans le temps, et avec quelle maestria : l'auteur a autant pris plaisir à écrire cette histoire qu'à l'offrir aux lecteurs et là où on pense qu'il va se fourvoyer dans un un bête paradoxe temporel, on se rend compte qu'il l'a autant anticipé que nous pour admirablement retomber sur ses pieds. Avec classe, grâce et humour, qui plus est.

Vous l'aurez compris, j'ai été complètement conquise par cette histoire (ou plutôt ces trois histoires, qui se rejoignent admirablement mais comment pourrait-il en être autrement, ayant pour personnage central H.G. Wells himself ?), relevée par la complicité instituée par le narrateur avec le lecteur.

Il y a deux suites, que j'ai hâte de lire comme vous vous en doutez, mais je le crains aussi, les suites ne sont pas toujours bonnes, sauf pour les poches des éditeurs bien sûr.

Mais je craquerai, comme toujours, vous en entendrez donc parler...
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dimanche 19 octobre 2014

Angelopolis

4 de couv' :
Ils sont les gardiens du mal et depuis, manoeuvrent dans l'ombre pour dominer le monde. Evangéline est la seule qui pourrait les en empêcher... si elle n'était pas l'une des leurs. Son choix scellera la destinée de tous. De Paris aux montagnes bulgares en passant par les mystères occultes des palais des tsars, une course-poursuite effrénée s'engage entre anges et humains. Parmi eux, Verlaine, un des meilleurs chasseurs d'anges, finit par découvrir le moyen de neutraliser ces créatures. Un dilemme s'impose à lui : sauver Evangéline, dont il est éperdument amoureux, ou préserver le monde des hommes. Alors que le combat ultime contre les anges déchus approche, quel camp choisira Evangéline ? Qui gagnera la bataille millénaire entre le Bien et le Mal ?


J'ai été plutôt déçue par cette suite de "La Malédiction des anges". D'accord, dix ans ont passé et les personnages ont évolué, mais le charmant Verlaine du tome précédent est passablement fatigué et désabusé par son métier de chasseur d'anges sans que soit bien détaillée cette transition. L'organisation à laquelle il appartient m'a parue, adversaires obligent, aussi impitoyable que ceux qu'elle pourchasse. Quant à Evangéline, ce qu'elle a fait durant ces dix années, est plutôt rapidement évoqué par comparaison. Comme si l'auteure était pressée de démarrer sur ces dix années après, ne voulant pas s'encombrer de détails.

Mais ce n'est pas cela qui m'a en fait déçue : l'auteure reprend les mêmes recettes que précédemment, soit des révélations distillées au fur et à mesure qui se veulent des rebondissements plus ou moins bien amenés. Plus ou moins bien soit parce que ça en fait trop, soit parce qu'on voyait venir.
Les mélanges historiques m'ont laissée dubitative : d'accord, pourquoi pas broder sur la famille impériale de Russie et la révolution de 1917, mais j'ai trouvé là aussi par moment que ça en faisait un peu trop. Même si l'intrigue autour des (allez, encore eux !) des oeufs de Fabergé m'a assez séduite.

Quant au dénouement, je l'ai trouvé un peu précipité, j'aurais aimé plus de détail sur cet aspect des anges et de la possibilité d'un tel revirement. Et le revirement des sentiments finaux de Verlaine, trop brutaux.

Cela étant, ce livre reste un bon divertissement surtout pour l'été, mais est décidément livre ciblé pour ados. Les adultes qui veulent un bon roman fantastique ou de fantasy devraient plutôt se tourner vers Tolkien et Robin Hobb ou autres valeurs sûres.

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dimanche 12 mai 2013

22/11/1963

Pas de quatrième de couverture cette fois, si ce n'est l'image sur votre droite ou le résumé du roman qui apparaît en deuxième de couverture et que je n'ai vu qu'au moment de rendre le livre à la bibliothèque. Et que j'ai décidé de ne pas mettre ici, vu qu'il raconte la quasi-intégralité de l'histoire et que je trouve bien plus intéressant de lire ce roman sans le connaître.

Ce qui ne me facilite pas la tâche pour en faire un commentaire intéressant, difficile en effet de me livrer à cet exercice sans mettre en valeur ce qui me paraît le plus important.
Cela étant, en voyant le premier et le quatrième de couverture, vous devinez vite le sujet du roman, qui n'est d'ailleurs un secret pour personne depuis sa sortie.

Cela faisait longtemps que j'avais envie de relire un Stephen King, d'où mon récent emprunt de "Jessie" en attendant que le tout dernier roman de cet auteur, réservé à la bibliothèque, ne soit enfin disponible.
C'est donc un jeudi après-midi (bon, j'y suis allée le matin en fait mais c'était fermé. Avais juste un peu oublié les horaires. Grmblbl. Mais pas déplacée pour rien, vu que je devais en rendre d'autres - vive les boîtes à livres), que je suis rentrée avec le volumineux ouvrage sous le bras.
Une fois rentrée, j'ai constaté qu'il était d'ailleurs plus volumineux que je le pensais : il ne fait pas 500 pages, mais 936. Les pages du livre étant entre le papier normal et le papier bible, et très agréable au toucher. Je salue donc l'effort de l'éditeur, qui a bien voulu imprimer en un seul volume ce qui aurait pu paraître en deux, répondant donc paraît-il à une demande des lecteurs français.
J'insite sur ce point car il est hautement désagréable pour les lecteurs que nous sommes de payer double pour un roman qui, dans son pays d'origine, est sorti en un seul tome (les lecteurs de Robin Hobb me comprendront).

Ici, les premier et quatrième de couverture se font donc écho. Et c'est bien de cela qu'il s'agit : que ce serait-il passé si l'histoire avait été différente ?
Et surtout : si vous aviez la possibilité de modifier non seulement le cours de l'Histoire mais aussi la vie des gens en réparant le mal qui leur a été fait, le feriez-vous ? Et question qui m'a taraudée tout le long du roman : serait-ce même souhaitable ou vaudrait-il mieux laisser les évènements suivre leur cours ?

Questions classiques d'un tel sujet, mais revisitées par King, ça prend tout de suite une autre ampleur.

En effet, le narrateur a la possibilité de remonter dans le temps, mais les jalons posés dès le début ne laissent guère de marge de manoeuvre. Crédibilité d'auteur oblige, King impose à son personnage des contraintes qui sont à la fois les fondations et le ciment de ce roman. Et toujours crédibilité d'auteur oblige,  il nous dirige vers les failles de ce système - que tout bon esprit critique se doit de relever - pour les balayer ensuite avec brio. Et nous voici, tout comme l'auteur et son roman, solides sur nos bases. Il ne nous reste plus qu'à suivre le narrateur dans ses pérégrinations temporelles et personnelles.

Mention spéciale donc à cet aspect du roman.

Mais mention spéciale aussi à une certaine reconstitution historique dans les moindres détails de la vie fin des années cinquante-début soixante, et si elle peut vous paraître idéalisée dans le début, je vous rassure, cela ne dure que le temps pour le narrateur de s'adapter à cette nouvelle vie. Par comparaison à aujourd'hui, il en voit tout d'abord surtout les bons côtés.
Bien vite, comme on s'y attend, il se rendra compte que cette vie est idéale surtout pour quiconque est un homme, blanc, avec un bon salaire, et se fondant dans le moule des bien-pensants.

Jusqu'au bout, à la dernière seconde, on se demande s'il va réussir, et comment. Car comme toujours (et c'est bien pour ça aussi qu'on aime cet auteur) King ne ménage ni le suspens, ni nos nerfs.
Je n'en dirait pas plus sur le dénouement, si ce n'est qu'il est en adéquation avec ce que j'espérais  (et vu que vous n'êtes pas dans ma tête, ça ne vous arrange pas et vous trouvez ce commentaire le plus inutile de ce blog, non ?).

Vous voulez savoir ? Vraiment ?

Lisez-le !
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