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samedi 6 juin 2026

Marelle à Harlem

4 de couv' :
Publié en 1971 sous le titre Just Give Me a Cool Drink of Water 'fore I Diiie, le premier recueil de Maya Angelou se présente à nous comme une oeuvre de jeunesse : nombre des poèmes qui le composent ont été écrit avant la parution de Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, le livre qui l'a rendue célèbre.
Si Marelle à Harlem marque l'entrée de Maya Angelou en poésie, il porte déjà sa signature d'autrice. Elle y révèle une parole intime et militante, passant de son histoire d'amour avec celui qu'elle nomme le Zorro Man à la relation douloureuse que lesAfricains-Américains entretiennent avec une société raciste dominée par les Blancs. Avec force, humour et non sans rage, elle traduit son expérience de femme noire et libre en un puissant discours pour défendre les aspirations de sa communauté.


Dire que je suis une grande fan de Maya Angelou est assez inutile, redondant et surtout bien en-dessous de la réalité. Comme je l'ai déjà dit précédemment, cela faisait longtemps que je trépignais d'impatience à l'idée de voir ses recueils de poèmes (enfin !) publié en France donc cela ne surprendra personne que je me précipité à la librairie à chaque sortie de l'un d'entre eux (et dans le cas de celui-ci, j'ai loupé l'annoncé de sortie, je suis tombée dessus par avance et m'y suis précipitée tout pareil).

J'apprécie tout particulièrement que les éditions Seghers les publient en version bilingue, tant la traduction me paraît parfois frustrante. Attention, je ne critique pas le travail du traducteur, mais les poèmes prennent pleinement tout leur sens dans leur langue originale comparée à la version en français. Question de sensation, de contexte (ou de psycho-rigidité de ma part aussi peut-être).
L'ensemble est en tout cas magnifique, j'ai passé une partie de ma soirée d'hier à en lire la plupart à haute voix haute (ce que le traducteur encourage le lecteur à faire dans sa postface, mais que j'avais fait spontanément, c'est dire s'il a raison).

Un magnifique moment de lecture !
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dimanche 4 janvier 2026

Le Déversoir

4 de couv' :
"Que trouverez-vous dans ce livre ?
105 poèmes minute.
Qu'est-ce qu'un poème minute ?
C'est un poème instantané (comme une photographie ou une soupe), souvent en prose, écrit en un temps compté, entre cinq et sept minutes.
Ecrit à toute vitesse pour subjuguer la conscience de soi et l'étourdir, afin de laisser libre cours à ce qui traverse l'esprit. C'est une divagation, sans volonté, sans technique ni logique, hors de toute préoccupation esthétique et morale.
Si on ne se laisse pas intimider par cette langue de l'enfance et de l'inconnu, le réel s'offre dans une profondeur nouvelle. La vitalité du geste délivre une vérité.
Un poème minute est toujours vrai. D'une vérité, peut-être, qu'on ne voudrait pas connaître.
D'une vérité qui nous rend - comme toutes les vérités, au fond - vulnérables."
A.T.


Cette lecture m'a enchantée. Si vous êtes définitivement et tristement rationnel, passez votre chemin, ou plutôt non, justement parce que vous êtes définitivement et tristement rationnel, tentez le coup et laissez-vous porter.

Par la langue, fluide, précise, tellement agréable à lire. Par le ou les mondes dans lesquels l'auteur nous guide. Si vous aimez Raymond Quenaud et Boris Vian (en particulier L'écume des jours), l'univers vous semblera familier et enthousiasmant.

Chaque poème est une bulle de fraîcheur, de découvertes voire d'émerveillement, un moment de grâce.

Une chouette première lecture pour cette nouvelle année.
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vendredi 21 novembre 2025

Droit dans les yeux

4 de couv' :
"On ne se regarde plus dans les yeux. Question d'habitude, de paresse, de pudeur ? On est rivé sur un écran, parfois même en marchant...", A.T.
À l'arrivée d'Augustin Trapenard, Le Grande Librairie inaugure en septembre 2022 sa nouvelle formule avec une séquence finale dans laquelle un auteur lit, face caméra, un texte qu'il a écrit spécialement pour l'émission.
"Droit dans les yeux" offre une tribune libre aux plus grands écrivains de notre époque. Fiévreuse, tendre, éloquente, profonde... Qu'elle s'attache à l'actualité ou questionne le rôle du livre et de la lecture, leur parole ouvre une parenthèse dans le temps médiatique.
Prix Nobel de littérature, romanciers, auteurs de polars et de science-fiction, poètes, écrivains pour la jeunesse, bédéistes, scénaristes, historiens, philosophes, anthropologues... Ensemble, ils livrent une admirable démonstration de leur talent et nous rappellent à quel point, dans une société en quête de sens, leur voix est essentielle.


Comme vous vous en doutez, je suis une grande fan de l'émission "La Grande Librairie" depuis... plusieurs années maintenant, je ne saurais même pas dire depuis quand.

La nouvelle séquence de l'émission m'avait au départ un peu déconcertée - la notion "droit dans les yeux" appliquée à la lettre m'était un peu dérangeante au début - mais je dois reconnaître que ces textes sont de véritables pépites littéraires, philosophiques ou poétiques... ou tout cela à la fois.

Je me suis délectée de chaque page, chaque ligne, chaque mot.

Ceux qui connaissent l'émission savent que chaque semaine apporte un nouveau thème... qui n'est même pas évoqué dans ce livre, seulement parfois dans certains textes.

Un peu déçue au début, j'ai vite compris que c'était le mieux à faire : plutôt que d'enfermer chaque texte dans le thème de l'émission pour laquelle il a été écrit, cette neutralité le rend d'autant plus intemporel.

Une bonne idée aussi est la mini biographie de chaque auteur à la fin des textes.
Une très bonne idée que d'y ajouter les textes originaux, - après la version française - pour ceux qui ont été diffusés (sous-titrés) dans la langue des écrivains quand ceux-ci ne parlent pas français.
Une excellente idée que de reverser une partie des ventes de ce livre à Bibliothèques sans Frontières, dont Augustin Trapenard est le parrain.
Et de le sortir maintenant : beau cadeau pour les fêtes de fin d'année, aussi bien pour soi-même et son entourage que pour cette association.

Décidément, tout me plaît dans  ce livre : le contenu, la présentation aussi sobre que belle, la mise en valeur de belles idées humanistes et de la littérature sous toutes ses formes.

Un vrai bohneur de lecture !
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vendredi 3 octobre 2025

Une nuit au cap de la Chèvre

4 de couv' :
"Voici une des dernières habitations du cap, précise mon hôtesse. On est ici en un point extrême de la terre d'Occident. Au-delà, il n'y a plus rien, que l'océan."
Vers minuit, les échos sonores des vagues frappant la paroi rocheuse m'arrachent de mon sommeil. Je me lève et j'écarte les volets. Se précipite sur moi une nuit sans fond au scintillement aveuglant. La pleine lune, là-haut, de tout son pouvoir attractif, est en train de soulever les marées ; elle les lance sans répit à l'assaut de tout. Je reste là, seul, me laissant secouer par le grand ébranlement.
En cette nuit inattendue, je suis pris par l'urgence de dire ce qu'il y a de spécifique dans le fait d'être un humain. Je suis pris par cette urgence avant qu'il ne soit trop tard..."

Cadeau d'anniversaire de mon homme ! Il m'avait déjà offert "De l'âme" que j'avais grandement apprécié.

Nous avons tous les deux découvert François Cheng lors de ses différents passages à La Grande Librairie, et avons toujours grandement apprécié ses interventions dans cette émission. Pour ma part, j'apprécie non seulement ses idées mais aussi particulièrement sa manière de les exprimer autant pour la langue que le fait de parler de façon très posée.

L'écouter est toujours un ravissement pour moi. C'est donc avec sa voix que j'ai lu ce livre.

François Cheng nous livre ses réflexions sur la vie, la mort, la place de chacun en l'univers, mais revient aussi sur sa propre vie, en particulier sa jeunesse et nous livre différents passages de ses poèmes.
Je ne connais pas assez son oeuvre pour dire qu'il s'agit ici d'un livre testament, si je puis dire ainsi, mais j'en ai un peu eu l'impression.

Ce qui est surprenant - et agréable - est qu'il arrive à livrer autant d'idées en un très court ouvrage (75 pages), preuve s'il en est que lorsque les choses sont bien (et bellement) dites, nul besoin de broder autour.

Un vrai ravissement, une fois de plus.
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dimanche 29 juin 2025

Haikus

4 de couv' :
Si Sôseki le romancier est de longue date traduit et commenté chez nous, une part plus secrète et à la fois plus familière de son oeuvre nous est encore inconnue. Sôseki a écrit plus de 2500 haikus, de sa jeunesse aux dernières années de sa vie : moments de grâce, libérés de l'étouffante pression de la vie réelle, où l'esprit fait halte au seuil d'un poème, dans une intense plénitude.
"Affranchis de la question de leur qualité littéraire, ils ont à mes yeux une valeur inestimable, puisqu'ils sont pour moi le souvenir e la paix de mon coeur... Simplement, je serais heureux si les sentiments qui m'habitaient alors et me faisaient vivre résonnaient, avec le moins de décalage possible, dans le coeur du lecteur."

Ce livre est un vrai petit bijou. Non seulement par la qualité de le sélection des haikus rassemblés ici, mais aussi par les illustrations dont la plus grande partie est de Sôseki lui-même (et quand ce n'est pas le cas, ce sont les calligraphies qui les accompagnent qui sont de la main de l'auteur).

Une belle initiation aux haïkus - car la première partie est très pédagogique et très abordable pour les non-inités -, à cet auteur, et à cette partie de la culture japonaise.

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samedi 13 janvier 2024

Oreiller d'herbe ou le voyage poétique

4 de couv' :
Il faut lire ce texte d'une originalité et d'une poésie absolues, que Sôseki appelait son roman-haïku.
Au printemps, un jeune artiste décide de se retirer dans la montagne, loin des passions et de l'agitation de la cité, rencontre une jeune femme malicieuse et fantasque, rêve de peindre le tableau qui exprimerait enfin son idéal et ne réussit qu'à aligner poème sur poème !
Dans ce manifeste poétique et esthétique, profond, piquant, passionné, indigné, éblouissant, Sôseki approfondit sa méditation sur la création et  et la place de l'artiste dans la société moderne.
"Je ne crois pas qu'un tel roman ait déjà existé en Occident. Il ouvrira de nouveaux horizons à la littérature", prédisait Sôseki en l'écrivant.
Les délicates peintures qui l'accompagnent sont issues d'une édition de 1926 en trois rouleaux, où figurait aussi le texte entièrement calligraphié.


Je voulais par ce livre terminer 2023 et commencer 2024 en beauté. Ce, roman, qui ne peut être classé dans ce seul genre, est aussi un petit bijou de poésie et un ravissement des yeux de par les peintures qui y sont ajoutées.

S'il peut rebuter certains car le narrateur, tout artiste qu'il est, analyse assez souvent ses impressions et sentiments - toujours avec justesse, intelligence et élégance -, il n'en reste pas moins une histoire agréable, ponctuée de rencontres qui se transforment en nouvelles amitiés.

Un petit bijou.
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mardi 16 août 2022

Un été avec Rimbaud


4 de couv' :
Lire Arthur Rimbaud vous condamne à partir un jour sur les chemins.
Chez le poète des Illuminations et d'Une saison en enfer, la vie s'organise dans le mouvement.
Il s'échappe hors de l'Ardenne, cavale dans la nuit parisienne, court après l'amour en Belgique, se promène à Londres puis s'aventure à mort sur les pistes d'Afrique.
La poésie est le mouvement des choses. Rimbaud se déplace sans répit, changeant de point de vue. Son projet : transformer le monde par les mots.
Ses poèmes sont des projectiles, des bouquets de feu : cent cinquante ans plus tard, ils nous atteignent encore.

Au temps où le monde était paralysé par un virus chinois, Sylvain Tesson s'est échappé une saison avec Arthur Rimbaud.
La littérature, meilleur antidote à l'ennui.
Un été avec Rimbaud est à l'origine une série d'émissions diffusées pendant l'été 2020 sur France Inter.


Bizarrement, et bien que le ton et l'écriture soient les mêmes, je n'ai pas autant apprécié "Un été avec Rimbaud" que "Un été avec Homère".

Pourtant, ce sont tout deux des auteurs que j'ai très peu lus. Même si dans le cas d'Homère, je connais relativement bien l'histoire de l'Iliade et l'Odyssée et que dans le cas de Rimbaud, je ne connais que "le dormeur du val" grand poème classique étudié pendant la scolarité.
Autant dire que je connais beaucoup moins l'oeuvrer de Rimbaud, pour le coup.

Et c'est peut-être de là que cela m'a posé problème : difficile de se plonger dans une oeuvre que l'on ne connaît pas. Ajoutez à cela que j'ai de grosses lacunes pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à la poésie, et malgré la volonté de Sylvain Tesson de vulgariser au maximum l'analyse de texte, l'étude de l'oeuvre et la vie de Rimbaud, je dois reconnaître que ma lecture a été un peu plus laborieuse que d'habitude.
Et pourtant, j'adore l'écriture de Sylvain Tesson mais cette fois, ça a été plus compliqué pour moi d'assimiler et ses idées, et les textes du poète. Sans compter que j'ai commencé par entrecouper ma lecture de ce livre par les poèmes cités en référence dans chaque chapitre. J'ai vite arrêté d'ailleurs, car je ne savais plus où j'en étais de ma lecture par moment.

Je regrette aussi certaines comparaisons avec notre époque, qui cassent un peu la fluidité du texte sur le sujet principal de cette série d'émissions radiophoniques, à savoir Rimbaud. Et sont parfois en trop. Heureusement ces passages ne sont pas si nombreux, mais si ils s'expliquent par le contexte de l'époque, ils sont maintenant, seulement deux ans après, un peu en trop.

Quoi qu'il en soit, ce qu'il faut retenir de ce livre, en dehors de la biographie du poète, c'est la beauté. Peu importe le sens de ses poèmes, seule la beauté de la langue telle que maniée par Rimbaud est la seule vérité valable dans son oeuvre.

Et ça, Sylvain Tesson l'a admirablement bien exposé.
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mardi 26 juillet 2022

Lettre à ma fille


4 de couv' :
Dédié à celle qu'elle n'a jamais eue, Lettre à ma fille est une succession de courts textes décrivant les souvenirs qui ont façonné la vie exceptionnelle de Maya Angelou.
Féministe avant l'heure, et après une enfance et une adolescence marquée par la violence, elle écrit avec le coeur de millions de femmes qu'elle considère comme ses soeurs de combat. La littérature la sauvera et l'amènera à être la première étudiante noire d'une école privée. Puis elle fréquentera le milieu intellectuel noir-américain et deviendra une grande militante de la condition des femmes noires.
C'est grâce à l'écrivain James Baldwin qu'elle se mettra à écrire après la mort de Martin Luther King et deviendra l'auteure que l'on connaît aujourd'hui.
Dans ce captivant récit, l'auteure nous fait partager ses combats et les épreuves qui ont forgé son caractère dans la compassion et le courage.

Ce livre est un magnifique héritage transmis par Maya Angelou à toute fille ou femme qui la lira. Elle ne s'adresse pas vraiment à la fille qu'elle n'a pas eue, mais à toutes celles qu'elle a pu ou pourrait inspirer. Ce qui n'empêche pas tout homme ou garçon de le lire...

Chaque court texte a un thème précis et de chaque souvenir relaté, elle en tire une leçon autant pour elle-même que pour nous tous, empreinte de générosité d'empathie et de bienveillance... Et non dénuée d'autodérision et de sévérité envers elle-même quand elle évoque certains souvenirs où elle a fait preuve disons... de trop de spontanéité un peu vive (et c'est rassurant de voir qu'une telle grande dame peut elle aussi se mettre dans des situations embarrassantes).

Elle rend aussi hommage aux personnalités et artistes qui l'ont marquée, probablement très célèbres aux États-Unis et/ou à leur époque, et que j'ai donc découverts par ce biais. Inutile de dire que ce livre va me servir de référence pour les découvrir.

Et en bonus, nous régale de quelques poèmes.

Mention spécial au prologue de Dinaw Mengestu : un très bel hommage, qui m'a donné envie de découvrir cet auteur.

Décidément, un livre à mettre entre toutes les mains.
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dimanche 24 juillet 2022

Et pourtant je m'élève


4 de couv' :
Maya Angelou est aujourd'hui unanimement célébrée pour ses romans autobiographiques, dont le célèbre Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage. Activiste et écrivaine, militante des droits civiques, elle fut aussi une poète de talent, publiant avec succès des recueils tout au long de sa vie.
Et pourtant je m'élève, son troisième volume, paru en 1978 aux États-Unis, la révèle dans sa pleine maturité poétique, mêlant, dans une langue puissante, nourrie de blues et de negro spirituals, des motifs intimes et des thèmes politiques. Car MayaAngelou ne s'exprime jamais en son seul nom, même lorsqu'elle raconter l'amour, l'espoir ou la douleur.
À travers sa voix, c'est toute la force, la fierté et l'esprit indomptable de la communauté africaine-américaine qui s'expriment, mais aussi la détermination des femmes à s'élever malgré l'adversité.


Enfin ! Une maison d'édition s'est enfin décidée à publier les poèmes (tous, je ne suis pas sûre) de Maya Angelou. L'avantage, c'est qu'il s'agit ici d'une édition bilingue, ce qui permet d'en savourer tout la splendeur original avec la traduction en français qui m'a bien servie de béquille là où mon anglais me faisait défaut.

Ses poèmes sont comme des chants (certes, c'est un peu la caractéristique de la poésie, mais là particulièrement) qui nous transportent.

J'ai un peu plus de mal avec la traduction. Le traducteur explique (hélas, en fin de livre) ses choix de traducteur, que je comprend parfaitement d'autant que j'ai fait des études de langues (non littéraires cependant), mais il manque un petit je ne sais quoi.
Ou tout simplement la comparaison entre texte original et sa traduction fait que je n'étais pas autant transportée par la version en français.

Toujours est-il que j'ai adoré (enfin !, j'insiste) trouver ce petit recueil de poèmes que j'attendais depuis si longtemps et le déguster avec gourmandise.
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vendredi 27 mai 2022

Noir


4 de couv' :
Depuis trente ans, je dessine à la plume des croquis de pendus et de suicidés. Sur les routes, dans les cabanes, à bord des bateaux, j'ai découvert des milliers de feuilles. La mort m'a épargné. Ma méthode est donc bonne. Ces dessins n'ont rien de macabre. Ils ont pour mission de me rappeler que je suis mortel. Dans le désordre de la vie, on aurait tendance à l'oublier. Je conjure le sort en écrivant, en dessinant.
Arrière la mort !


En préambule : si vous avez eu dans votre entourage une personne qui s'est suicidée récemment et/ou dont la douleur est toujours aussi vivace, je ne pense pas qu'il faille mettre ce livre entre vos mains (encore que je pense que vous allez tout naturellement l'éviter dans ce cas).
Non seulement pour éviter de vous faire du mal, mais surtout parce qu'il vous sera impossible d'avoir le recul nécessaire pour être en capacité d'apprécier ce livre.
Et pour être totalement transparente : oui, j'ai eu dans ma famille et/ou entourage des personnes qui se sont suicidées.

D'une manière plus générale, il vaut mieux être adepte de l'humour noir, car ici il en est beaucoup question aussi, mais vu le thème, je pense que chacun aura compris.

Ceci posé, j'ai pour ma part beaucoup apprécié ce livre. Sylvain Tesson a décidément un joli coup de crayon, chaque dessin fait mouche et je me suis surprise à me dire qu'il aurait pu faire une carrière plus qu'honorable en tant que dessinateur de presse. Certains de ses dessins m'ont fait penser à Plantu et Quino, c'est dire le niveau !

Et tout comme Plantu et Quino, l'humour (certes, noir) de la quasi totalité des dessins est aussi subtil que poétique, et m'a beaucoup fait pensé à ses aphorismes.
Il y a donc ici de l'humour, de la dérision mais aussi de la compassion pour ses personnages. On sent que, sujet mis à part, il les aime et a même une certaine tendresse pour eux. On sent aussi que la volonté de "ses" suicidés est seulement d'échapper à un monde qui les blessent ou leur est rendu insupportable.

Je me suis demandée à un moment donné s'il y avait une part de l'auteur dans certains dessins. Je laisse cette interrogation à d'autres, et à l'auteur surtout de s'exprimer lui-même sur le sujet si lui le souhaite et s'il y a matière à le faire.

Décidément, Sylvain Tesson me procurera toujours de belles découvertes.
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lundi 15 février 2021

Facéties de chats


4 de couv' :
Le chat... Quel animal mystérieux que celui-là ! Vous êtes-vous déjà demandé quelles pensées secrètes fleurissent derrière leurs yeux envoûtants ? Quelles idées farfelues leur passe par la tête ? Ou bien s'ils vivent des aventures extraordinaires dès que vous avez le dos tourné ? Eux seuls le savent mais voici imaginées ici pour vous vous quinze facétieuses histoires de chats.

Amoureux des chats, de la poésie et de belles images, vous ne pourrez qu'aimer ce roman graphique. Je l'ai mis dans la catégorie BD mais ce n'en est pas une.

C'est tout simplement une série de portraits de chats, et pour chacun une anecdote sous forme de poème.

Un beau livre, aussi agréable à lire qu'à regarder.

Et petit plus en fin de livre : les auteurs se sont attachés à nous décrire la race dont chaque chat du livre est issu. Sans compter les adorables dédicaces dédiées à leurs compagnons félins (ou non).
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mardi 27 octobre 2020

Aphorismes dans les herbes et autres propos de la nuit


4 de couv' :

L'aphorisme, comme le voyage, est une ascèse. On se débarrasse du superflu, on se rapproche du coeur de la nature et de la vérité. Il faut alors se laisser envahir par la beauté, le silence et  aussi la désillusion. Ecrire, c'est nommer les ombres des flammes qui accompagnent le vagabond. Voici l'évangile du voyageur : "Aime le lointain comme toi-même".

Tout comme pour "Aphorismes sous la lune et autres pensées", ce petit livre fut un vrai bonheur de lecture, un petit joyaux littéraire qu'on quitte avec regret pour le reprendre aussitôt afin d'en prolonger le plaisir.

Encore merci, Monsieur Tesson !
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mercredi 20 novembre 2019

Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages

4 de couv' :
Chaque soir, en voyage, devant un paysage, après une rencontre, Sylvain Tesson piège sa pensée et l'épingle dans son carnet. Quelques mots forment un aphorisme et suffisent à décrire la cascade, les fleurs d'un alpage, l'odeur de l'aube dans les sous-bois, le plaisir de la marche. L'amoureux d'aphorismes est un peintre sans pinceau, un photographe sans appareil. Il saisit l'instant entomologiste. L'aphorisme, lui, est comme le papillon : il éclôt de la pensée et s'envole léger.


Définition : https://fr.wikipedia.org/wiki/Aphorisme


Superbe.

Un peu d'esprit et d'humour dans ce monde de brute, ça peut pas faire de mal. Ça fait même vraiment du bien.

Et hop, deux de plus dans ma liste de Noël (parce qu'il y en a un autre évidemment).


"En automne, la vigne vierge rougit face aux arbres qui se dénudent"

"Le coup de fusil part. L'oiseau tombe, moins bas que le chasseur"

"La fille de joie est l'enfant du malheur"

"Un aphorisme est réussi lorsqu'il n'y a plus rien à ajouter à quelque chose dont il y avait beaucoup à dire"
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mercredi 13 septembre 2017

Sur l'épaule de l'ange

Pas de 4 de couv' !


Charmant recueil de courts poèmes beaucoup centré sur la famille (mais pas que), une bouffée d'air frais et une chouette interlude dans mes lectures du moment.
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dimanche 22 avril 2012

Joyeux joyaux

4 de couv' :
Dans "Un peuple de promeneurs", préfacé par Lydie Dattas, Alexandre Romanès revient sur une vie faite de rencontres et d'histoires gitanes. Celles-là même qu'il a soigneusement notées et dont son livre est nourri. Un recueil de pensées et maximes, "beau, rôle et tragique" comme le peuple tsigane qu'il chante. 


Ce livre est un écrin dont s'envolent de vrais petits bijoux. C'est souvent drôle (car très juste), tendre, émouvant.
J'y retrouvé un peu de "Paroles" de Prévert (que j'adore) et que je relirais bien volontiers.


En voici deux extraits, mes préférés :

"Lénutsa, treize ans,
enceinte de Marius, quatorze ans.
Quand il n'est pas en prison, ils ne se quittent pas.
Leur vie, quand ils sont ensemble,
n'est qu'un éclat de rire."

"Moi qui était si misogyne, j'ai fait cinq filles.
Dieu m'a donné une bonne leçon que je méritais
et il m'a fait un grand cadeau
que je ne méritais pas."

Alexandre Romanès a écrit d'autres livres, je pense que je me laisserai tenter...
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