mercredi 30 septembre 2026

La Malnata

4 de couv' :
Italie, Monza, 1936. Francesca, douze ans, est allongée sur la rive du Lambro un homme mort sur elle. Il essayait de la violer avant de s'effondrer. Son amie Maddalena l'aide à cacher le corps. Rien ne les destinait pourtant à se rencontrer : Francesca est issue de la bourgeoisie, Maddalena, des quartiers pauvres de la ville, et la rumeur prétend qu'elle porte malheur. Cependant, les deux adolescentes vont devenir inséparables.

J'ai eu un peu de mal à entrer dans le livre car bêtement, dans les premières pages, j'ai imaginé les personnages avec des costumes médiévaux. Allez savoir pourquoi. J'ai donc eu un peu de mal à sortir de cette erreur pur les ramener à la bonne époque. Puis, s'agissant de l'amitié entre deux jeunes filles si différentes, mais vivant dans la même ville... Ça ne vous rappelle rien ? Oui, j'ai en plus fait un bête parallèle avec "L'amie extraordinaire" d'Elena Ferrante.
Une fois débarrassée de tout ceci, j'ai enfin pu commencer ma "vraie" lecture de ce roman.

Roman qui m'a beaucoup plu. Si Maddalena et Francesca ne comprenne pas tout du monde des adultes, nous lecteurs n'avons aucun mal à comprendre ce qu'il faut lire entre les lignes.
Nous suivons donc ces deux gamines dans leurs défis et leur vie quotidienne, qui m'ont fait penser à des feuilletons de mon enfance : un peu de "La pierre blanche", quoique de façon différente, et un peu de "Zora la rousse" pour le personnage de Maddalena dans sa façon d'être, pas sa vie (voilà, avec ces références, j'ai bien trahi mon âge).

En dehors de ces références, ce roman, avec cette écriture simple mais travaillée, fait bien ressortir les conditions de vie dans l'Italie fasciste et la condition féminine de l'époque. Et les commérages et superstitions de village. Tout ce qu'il faut pour mener à la scène finale, dont les toutes dernières lignes m'ont serré le coeur.
Chaque personnage a sa personnalité bien marquée, aucun n'est inutile à aucun moment. S'il fallait décortiquer une analyse de chacun d'entre eux, on pourrait presque en faire une thèse.

Pour l'anecdote (amusée), ce livre est un peu frustrant : il commence par la fin, et on est un peu frustré au démarrage de ne pas savoir ce qu'il s'est passé juste avant et surtout, qui est donc cet homme. Tout le roman amène à ce moment-là. Donc frustration réglée, me direz-vous. Sauf qu'à la fin, on aimerait bien aussi savoir ce qu'il s'est passé après. Et c'est une excellente idée de l'autrice de n'être pas allée plus loin. J'aime beaucoup les romans avec une fin ouverte : ici, nos héroïnes ne se laissent plus guider leur conduite par quiconque. L'autrice n'impose pas une fin à ses lecteurs. Cela nous (héroïnes et lecteurs) laisse ouvert tout les champs du possible, un beau tour de force.

Une très belle lecture avant d'amorcer l'automne.
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lundi 28 septembre 2026

L'été de la sorcière

4 de couv' :
On passe lentement un col et au bout de la route, dans la forêt, c'est là. La maison de la grand-mère de Mai, une vieille dame d'origine anglaise menant une vie solide et calme au milieu des érables et des bambous. Mai qui ne veut plus retourner en classe, oppressée par l'angoisse, a été envoyée auprès d'elle pour se reposer. Cette grand-mère un peu sorcière va lui transmettre les secrets des plantes qui guérissent et les geste bien ordonnés qui permettent de conjurer les émotions qui nous étreignent. Cueillir des fraises des bois et en faire une confiture d'un rouge cramoisi, presque noir. Prendre soin des plantes du potager et aussi des fleurs sauvages simplement parce que leur existence resplendit. Ecouter sa voix intérieure.
Ce n'est pas le paradis, même si la lumière y est si limpide, car la mort habite la vie et, en nous, se débattent les ombres de la colère, du dégoût, de la tristesse. Mais auprès de sa grand-mère, Mai apprendra à faire confiance aux forces de la vie, et aussi aux petits miracles tout simple qui nous guident vers la lumière.
Ce livre qui prend sa source dans les souvenirs d'enfance de l'écrivaine coule en nous comme une eau claire.


Une fois encore, c'est la couverture de ce livre qui m'a attirée, il y a fort longtemps. Je pensais l'emprunter à la bibliothèque, mais je me suis finalement laissée tenter (bon cadeau de mon homme pour mon anniversaire, etc.).
Ce n'était évidemment pas le seul critère : le fait que l'autrice soit japonaise et le thème de l'histoire ne pouvaient que me donner envie de le lire.

Une fois de plus, je ne suis pas déçue. l'écriture est sobre mais pas ennuyeuse, l'histoire est simple et douce. A la lecture on est avec les personnage dans une bulle de douceur, de senteurs, de gourmandise.

La version que j'ai lue est une version augmentée de la première édition (1994). Après la fin de l'histoire, qui, dont les tous derniers mots m'ont élue aux larmes, s'ajoutent quelques textes supplémentaires. Un choix très personnel de l'autrice de les ajouter à la suite du roman, choix que je respecte, mais je trouve qu'ils auraient pu être intégrés au roman (l'histoire du chien pendant le trajet en voiture du début, par exemple).
C'est ma préférence mais cela reste de très beaux textes.

Une pause de fraîcheur dans mes lectures actuelles.
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vendredi 25 septembre 2026

Les Vilaines

4 de couv' :
La nuit, dans le parc Sarmiento à Cordoba en Argentine, la Tante Encarne arpente les allées sur ses talons aiguilles en plastique et veille sur ses ouailles. Car, le soir, le parc devient le lieu d'un étrange balai et le territoire des prostituées trans. La Tante, figure divine et matriarcale, partage sa vie avec ces femmes aux parcours chaotiques et souvent fulgurants.
Les Vilaines est l'histoire sans misérabilisme du quotidien de ces femmes flamboyantes, de leurs rêves, leurs souvenirs, leur tendresse et leur solidarité de soeurs dans un monde qui les condamne.


Je déambulais une fois de plus dans ma librairie préférée (oui, je déambule beaucoup par là en ce moment et sur ce coup là, la faute à mon homme qui m'a offert un bon d'achat de 50 euros pour mon anniversaire. Je n'achète que des livres de poche, inutile de dire que j'ai fait une vraie razzia quand je me suis décidée à aller le dépenser, point bonus et cagnotte de carte fidélité incluses).

Bref, je déambulais un jour dans les rayons de la librairie quand je suis tombée sur cette couverture que j'ai littéralement adorée. J'étais ce jour-là en mode raisonnable et je ne me suis pas précipitée pour l'acheter, me disant que s'il était à la bibliothèque je l'emprunterais. Certes oui, mais pas immédiatement. Me titillais l'idée de l'acheter et de l'avoir pour moi. 
(là, on est d'accord que je ne parle que de la couverture : si elle existait en poster, je la mettrai sous cadre et bien en vue dans le salon tellement elle est belle et dégage un je ne sais quoi qui me ravit).

La lecture du quatrième de couverture m'avait convaincue de lire ce livre. En lire les premières lignes m'a convaincue de sa qualité.

Mon anniversaire étant passé par là (voir plus haut), je me suis  précipitée à la librairie le week-end suivant (à propos, je suis revenue avec six livres. Ou sept ?).

J'ai évidemment commencé par celui-là (avec un enthousiasme qui frôlait l'idôlatrie). Et je n'ai pas été déçue. L'écriture m'a tout de suite plue : sans fioriture, directe mais subtile, délicate et travaillée. L'histoire est en partie une suite de portraits avec un lien conducteur car toutes les protagonistes habitent ensemble et forment, cahin-caha, une famille de substitution à leur vraie famille, qui les a rejetées.
L'histoire est belle, un peu mystique sur certains aspects comme dans beaucoup de romans d'Amérique Latine, tragique bien souvent, mais belle.

Vraiment, j'ai adoré. Il va me rester longtemps en tête, celui-là.
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dimanche 13 septembre 2026

Le cercle des amateurs de puzzles

4 de couv' :
Clayton Stumper est une énigme à lui seul. Abandonné à la naissance devant le Cercle des amateurs de puzzle, il a été recueilli par sa fondatrice, Pippa Allsbrook, et élevé par ses membres, une joyeuse bande de sexagénaires férus d'énigmes en tout genre. Quelques vingt ans plus tard, le décès de Pippa offre à Clayton une chasse au trésor aux quatre coins de Londres pour découvrir le mystère de ses origines et, ce faisant, l'existence de son étrange famille.
TROUVER SA PLACE DANS LE MONDE EST SOUVENT LE PLUS GRAND DES CASSE-TÊTES.


Je ne sais plus par quel biais j'ai entendu parler de ce livre (Booknode, une newsletter, au hasard de mes déambulations en libraire ou bibliothèque ?). Toujours est-il que j'en ai gardé l'idée et ai fini par l'emprunter à la bibliothèque.

Ce fut en tout cas un bon moment de lecture. L'écriture, sans être exceptionnelle, est agréable à lire. Et l'auteur a eu la bonne idée d'alterner les chapitres consacrés à Clayton dans le présent et ceux consacrés à Pippa dans le passé, de façon à ce que tout se complète (comme un puzzle) au fil de la lecture et amène à l'aboutissement de sa quête avec logique.
Les personnages sont attachants et crédibles, l'humour subtil.

Sympathique lecture de cette fin d'été.
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