vendredi 30 décembre 2011

Question

Vous leur offrez quoi comme livres, à vos enfants ?

Nous n'avons pas d'enfants, mais un neveu, 6 ans, et une nièce, 8 ans. Respectivement 7 et 9 ans en avril. Mon homme devant aller voir sa famille hier (moi pas, j'avais un rendez-vous chez la kiné, indécalable). Nous sommes donc allés acheter des cadeaux mercredi, et mon homme n'ayant pas trop d'idées, je propose des livres. Dans la boutique pour enfants de ma librairie préférée.
Pour le petit, un livre sur les pirates, un autre sur les chevaliers. Pas parce que c'est un garçon, mais parce qu'il aime ça. Pas pour sa soeur, elle n'aime pas ça.

Reste la soeur justement.
Et problème pour tata Sabine : quand j'étais petite, j'aimais autant les trucs dits "pour filles" (soupir) que ce qui était estampillé "pour garçons" (re-soupir). Mes meilleurs souvenirs de lecture sont la comtesse de Ségur avec en tête les histoires d'aventures type "le général Dourakine" ("pour garçon" - re-re-soupir), "Croc-Blanc", "L'appel de la Forêt", et surtout "Michel Strogoff". Et les histoires de pirates (le jour où j'en ai trouvé un dans un carton au fond du grenier, je vous laisse imaginer le bonheur !).

Force est de constater que je ne connais pas les goûts de notre nièce, ni ce qu'elle lit en ce moment. On sait juste qu'elle s'est mise à lire des livres de la Bibliothèque rose, pillant ceux de sa mère et de son oncle, en a reçu d'autres, mais quoi...

Puisqu'il s'agit de cadeaux de Noël, je suis partie sur une idée de beaux livres (mon premier beau livre était "les petites filles modèles", offert par ma marraine). Puisque, paraît-il, elle est en pleine période "princesses", j'avais trouvé deux livres de contes : un avec trois histoires de princesses (et pas des nunuches, hein, des vraies dégourdies qui n'hésitent pas à prendre l'épée elle-même pour se défendre toutes seules, nan mais ho) et un deuxième, qui recueillait plusieurs contes du monde entier.
Mon homme avait une préférence pour le premier, moi pour le deuxième.

Dans le doute, on a quand même demandé à une vendeuse si on état bons sur les âges. Oui, mais pour le deuxième livres de contes, un peu moins : puisqu'elle va sur ses neuf ans, pourquoi ne pas essayer des romans. Je passe sur les détails, mais on se retrouve à finalement laisser tomber le deuxième livre (gros gros soupir de tata Sabine) pour le remplacer par deux petits romans des "Kinra Girls".

Paraît que ça fait fureur en ce moment.

Notez que le principe est sympa : un groupe de filles, issu des quatre coins du monde, que l'on découvre une par une. Chaque livre parle de l'une d'elles et fait découvrir sa culture ou passion, si j'ai bien compris. On reste donc sur mon idée de découverte du monde en quelque sorte.
Sauf qu'une fois rentrée et après recherche sur internet, je découvre que les Kinra grils sont à la base des poupées et que donc ces livres sont des produits dérivés.
Nous avons donc offert à notre nièce des livres "de filles" (énooooooooooorme soupir), qui suit une mode (interminable soupir) et très commercial (sombre désespoir).

Bon. Je me console en me disant que de toute façon un cadeau doit faire plaisir à celui/celle qui le reçoit, mais je l'aimais bien, moi, mon deuxième livre de contes... Snif...

Bon alors, vous leur offrez quoi, à vos enfants, comme livres ?
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dimanche 18 décembre 2011

Réel bonheur

4 de couv' :
"Le bonheur, même quand il vous est donné d'un coup, il faut se retenir d'en jouir trop vite, il faut en faire de petites provisions pour les jours d'après."
A 28 ans, Pierre a tout quitté du jour au lendemain pour aller vivre à la cmapagne. Tout, c'est-à-dire Paris, ses études, le milieu de la mode... Dans ce coin très vert, un peu paumé, il soigne ses chiens et son jardin, ramasse des vieilleries et les vend, tout en entamant la biographie d'une artiste animalière du XIXe siècle, Rosa Bonheur, la bien nommée.
Avec pudeur, ironie, parfois provocation et pas mal de drôlerie, Anne Percin dévoile les secrets de ce jeune homme à la beauté féroce. Des fantômes, vivants ou morts, le hantent. Ainsi qu'une très grande histoire d'amour dont il a cru se préserver...
Un premier roman débordant de vie et d'intelligence.

Que dire de ce roman qui ne soit déjà dit dans le quatrième de couverture, et sans en rien révéler, si ce n'est que c'est une belle histoire, une belle histoire d'amour. 
De deuil aussi, ou comment (ré)apprendre à aimer quand on a connu un deuil qui vous a marqué à vie. On est nombreux à avoir vécu cela. Je suis heureuse qu'Anne Percin l'ait si bien écrit.

Ce fut en tout cas un vrai bonheur de le lire, je viens de le finir, et c'est une belle façon de démarrer une journée.
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samedi 17 décembre 2011

Prix CEZAM 2012

La sélection du prix Cezam 2012 est enfin dévoilée.

Je ne sais pas encore si j'y participerai, mais je dois dire que la sélection me plaît assez cette année, en particulier "Le héron de Guernica", "Le cabaret des oubliés", "Pour tout l'or du Brésil" et "Une autre époque".

Par contre, "Les trois lumières" me fait penser au film "Le Grand Chemin" car vu ce qui en est dit, je suis à peu près sure que le fond du roman concerne la perte d'un enfant. On verra ce que ça donnera à la lecture. Si je participe au prix !


Je constate en tout cas que le seul livre que j'ai lu du prix Cezam 2011, "L'île des chasseurs d'oiseaux" de Peter May, est aussi le lauréat 2011 !
D'ailleurs, la suite (il s'agit d'une trilogie) est sortie cette année.
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vendredi 16 décembre 2011

Oui, bof, et alors ?

4 de couv' :
A-t-on découvert la tombe de Jésus ? Une enquête criminelle entre suspens policier et mystère archéologique.
Alors que l'anthropologue judiciaire Tempe Brennann est chargée d'examiner le corps d'un homme tué d'une balle dans la tête, un inconnu lui remet la photo d'un squelette. "Là est la clé du meurtre", dit-il. Ses premières recherches révèlent à Tempe que ce squelette est un vestige archéologique retrouvé lors d'un chantier mené à Massada, en Israël. Un squelette vieux de deux mille ans sur lequel courent d'étranges rumeurs. Un vestige volé aussitôt qu'exhumé...
Pourquoi toute trace de la découverte a-t-elle été effacée des rapports de fouilles ? Pourquoi assassine-t-on ceux qui y ont été mêlés ? Qui était cet homme dont les restes ont été enlevés à la crypte où ils dormaient depuis vingt siècles ? Certains prononcent le nom de Jésus de Nazareth... Tempe va suivre la piste jusqu'au bout, au risque de sa vie.

Honnêtement, celui-ci est loin d'être mon préféré de Kathy Reichs, c'est même le contraire. Il y a ce que je reprochais déjà à l'un de ceux que j'ai lu précédemment, à savoir trop de dialogues. Beaucoup trop, des chapitres entiers. Parfois entrecoupés de chapitres où il y en a moins, voire peu, mais trop rares.
Or j'affectionne particulièrement les polars où les choses sont mises en place progressivement, sont bien décrites, où l'on est plongés dans l'ambiance, où l'on apprend à connaître les personnages parce que les portraits psychologiques sont finement détaillés. Bref, ici ce n'est pas le cas.

C'en est à un point que j'ai l'impression que les personnages parlent entre eux, mais que le lecteur est exclu de la discussion. Le comble quand on sait que le roman est écrit à la première personne du singulier.
J'aime bien "Bones", mais si je voulais regarder la série, j'allumerais ma télé, je n'ouvrirais pas un livre (même si, je le redis, la série n'a rien à voir avec les romans, je mets ça juste à titre de comparaison).

Mon sentiment général est que j'ai assez bien accroché la première partie qui se passe au Canada - même si je commençais déjà à râler sur la quantité de dialogues - mais que ça devient vite fouillis à partir du moment où nos héros arrivent en Israël. On n'a que très peu de descriptions de ce pays finalement, bien qu'il y ait des passages intéressants, on ne sent pas de choc des cultures ou alors via quelques personnages et encore est-ce dû à leurs traits de caractère et pas réellement à leur culture, et une fois installés dans leur hôtel, nos personnages évoluent en Israël comme chez eux. Exit les difficultés à se repérer dans les rues faute de comprendre les panneaux indicateurs, exit le climat, exit les problèmes politiques du pays (ou presque), exit leur collègue israélien que l'on ne voit quasiment que lors de leur arrivée.
Et une fois en Israël, l'enquête de départ est un peu oubliée pour ne servir de prétexte qu'à des recherches archéologiques où je trouve que notre héroïne (multiplicité de dialogues avec les uns et les autres oblige) s'empêtre un peu dans ses différentes pistes et franchement, le lecteur aussi. Pourtant le postulat de départ me plaisait bien.

J'ai donc été déçue par celui-là, les autres me paraissaient meilleurs, même si le style de polars que je préfère est très différent de ceux de Kathy Reichs. Mais comme j'en ai lu de meilleurs de cette auteure, je ne vais pas me décourager pour autant.

Je regrette juste une chose, et là ce n'est pas la faute de l'auteure - d'ailleurs elle n'est pas la seule concernée - mais bien des maisons d'éditions : faut-il vraiment qu'un auteur publie un livre chaque année ? Mais ceci, j'en parlerai une autre fois.
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mercredi 7 décembre 2011

L'art français de la guerre

4 de couv' :
J'allais mal ; tout va mal ; j'attendais la fin. Quand j'ai rencontré Victorien Salagnon, il ne pouvait être pire,  il l'avait faite la guerre de vingt ans qui nous obsède, qui n'arrive pas à finir, il avait parcouru le monde avec sa bande armée, il devait avoir du sang jusqu'aux coudes. Mais il m'a appris à peindre. Il devait être le seul peintre de toute l'armée coloniale, mais là-bas on ne faisait pas attention à ces détails.
Il m'apprit à peindre, et en échange je lui écrivis son histoire. Il dit, et je pus montrer, et je vis le fleuve de sang qui traverse ma ville si paisible, je vis l'art français de la guerre qui ne change pas, et je vis l'émeute qui vient toujours pour les mêmes raisons, des raisons françaises qui ne changent pas. Victorien Salagnon me rendit le temps tout entier, à travers la guerre qui hante notre langue.

A 23h00 et à la page 131 (fin du troisième chapitre), c'est à dire 501 pages avant la fin, je laisse tomber.

Même si je reconnais un talent certain de l'auteur pour l'écriture (encore que j'aurais corrigé certains défauts), je n'arrive pas à accrocher.

1) le livre alterne en "commentaires" et "romans". Les "commentaires" sont les chapitres du narrateur sur sa (petite) vie (de merdeux nombriliste dilettante désabusé). Les "romans" retracent la vie de Victor Salagnon. Le décalage entre les deux hommes et leurs vies est très grand, un vrai fossé de générations et donc de mentalités (sans compter la différence de contexte historique), je ne vois pas le rapport entre les deux histoires, s'il doit y en avoir un.

2) le premier chapitre est brouillon, comme la vie du narrateur. On passe du coq à l'âne puis au cochon pour revenir à l'âne. Casse-bonbon quand on essaye de s'imprégner du roman.
J'ai ensuite eu du mal à entrer dans le deuxième chapitre, j'ai du laisser passer quelques jours pour laisser décanter.

3) le narrateur est à baffer. Cf commentaire en 1.

4) J'aurais préféré plus de détails sur la rencontre de ces deux hommes et l'évolution de leur relation, évoquées dans le premier chapitre (commentaires I) : mais le narrateur s'appesantit sur sa paresse chronique et son manque d'intérêt à tout. On a presque l'impression que Salagnon confie son manuscrit à un inconnu.

5) Entrecouper les chapitres "romans" et "commentaires" m'ont démotivée. Habituellement, j'aime bien cette manière de faire, mais pas là. Ce sont les chapitres "romans" qui m'intéressent le plus, et me dire que je dois me farcir entre chaque les autres, alors que le narrateur m'est antipathique, me décourage. Je me suis alors dit "soit, puisque ces parties n'ont pas de liens entre elles et semblent même deux romans en un, pourquoi ne pas sauter ceux-là ?" Réponse immédiate : "ça va perdre en intérêt". Contradictoire ? Pas tant que cela : c'est le parallèle entre les deux histoires qui relève le tout. Enlevez l'une, et l'autre devient un roman somme toute banal.

C'est dommage, le principe de départ me plaisait bien. Mais le quatrième de couverture m'a induite en erreur : le narrateur y apparaît bien plus sympathique et on a l'impression qu'il va s'agir d'une histoire d'amitié entre deux hommes de générations différentes. Au point du roman où je suis arrivée, on n'y fait même pas allusion.

Pour un fois qu'un prix Goncourt m'intéressait...
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vendredi 2 décembre 2011

Monsieur Malaussène

4 de couv' :
- La suite ! réclamaient les enfants. La suite ! La suite !
Ma suite à moi c'est l'autre petit moi-même qui prépare ma relève dans le giron de Julie. Comme une femme est belle en ces premiers mois où elle vous fait l'honneur d'être deux ! Mais, Julie, crois-tu que ce soit raisonnable ? Julie, le crois-tu ? Franchement... hein ? Et toi, petit con, penses-tu que ce soit le monde, la famille, l'époque où te poser ? Pas encore là et de mauvaises fréquentations !
- La suite ! La suite !
Ils y tenaient tellement à leur suite que moi, Benjamin Malaussène, frère de famille hautement responsable, bouc ressuscité, père potentiel, j'ai fini par me retrouver en prison,, accusé de vingt et un meurtres.
Tout ça pour un sombre trafic d'images en ce siècle Lumière.
Alors, vous tenez vraiment à ce que je vous la raconte, la suite ?

Constatant que ma pile de livres empruntés à la bibliothèque tournait autour d'un thème plutôt pas très jouasse, je m'étais dit (et vous avais dit) "ouf, un Pennac, un peu de légèreté dans tout ceci !"
Ah ah ah.

Oui, ah ah ah (je me gausse de moi-même), car si, comme toujours chez Pennac, la légèreté se marie parfaitement au jubilatoire par la magie d'une écriture ciselée avec un amour et un plaisir de la langue évidents, ce Pennac-là est aussi un polar, avec son lot de drames et meurtres bien sanglants.

Il y a donc des passages plus sombres, plus tristes, mais on n'a pas le temps de s'en affliger que veille autour la tribu Malaussène et autour de la tribu, toute une cohorte de personnages tout aussi hauts en couleur. Et les multiples rebondissements qui en découle.
Et comme toujours chez Pennac, de la verve, de la truculence, de l'imagination et surtout un véritable amour des mots et un respect du lecteur transformant la situation la plus improbable en un vrai feu d'artifice, pour la plus grande joie de la lectrice que je suis.
Aurais-je omis de dire à quel point j'aime cet auteur ?

Par contre, ce roman n'est pas le premier opus de la "saga Malaussène" (me suis un peu plantée) donc ne faites pas comme moi, prenez-les dans l'ordre :
Au Bonheur des Ogres
La Fée Carabine
La Petite Marchande de Prose
Monsieur Malaussène
Des Chrétiens et des Maures
Aux Fruits de la Passion
(plus "Monsieur Malaussène au théâtre", au cas où ça vous intéresse)

Cela étant (décidément, Pennac chouchoute ses lecteurs) quelques explications par ci par là permettent de savoir ce qu'il s'est passé auparavant, de mieux faire connaissance avec l'ensemble des personnages et les relations entretenues entre eux. Mais sans trop en révéler cependant, histoire que le lecteur ait le plaisir de découvrir les aventures précédentes par lui-même (merci, Monsieur Pennac !).
Mais même sans cela, le plaisir y serait de toute façon, tellement c'est bien écrit.
En résumé : j'ai autant de plaisir à lire un roman de Daniel Pennac, que lui à les écrire.
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jeudi 1 décembre 2011

Cooooooooooooool !


Bonheur du jour.

Un mail reçu aujourd'hui de ma librairie préférée, dont j'ai la carte de fidélité :


" Bonjour Mlle XXXX,

Les fêtes de fin d’année approchent. Noël est un moment dédié aux échanges et aux cadeaux. C’est un plaisir pour nous de profiter de cette période festive pour témoigner à nos plus fidèles clients, dont vous êtes, notre gratitude, et de les remercier de la confiance dont ils nous honorent.
Choisissez, cette année, le livre que vous préférez parmi ceux du catalogue des ouvrages déjà parus au 31 octobre 2011 aux éditions dialogues**. Nous ferons de ce livre un paquet cadeau que vous pourrez ajouter au pied du sapin.
Vous souhaitant avec un peu d’avance une joyeuse fin d’année nous vous prions de croire, Mlle LE GALL, à nos sentiments très dévoués.

Clémence Grille, Danhong Shen, Caroline Kernen et toute l’équipe de dialogues.

** livre à retirer à l’accueil de la librairie sur présentation de ce courrier. A choisir dans la limite des stocks disponibles. "

Alors vraiment, ÇA c'est un geste commercial intelligent (digne de Dialogues !) : non seulement j'ai une carte de fidélité qui fonctionne dans ce magasin et quelques autres sur Brest parce que partenaires sur ce coup-là, mais en plus, on m'offre littéralement un livre à choisir parmi leur maison d'édition.
Je précise que j'aime beaucoup leurs couvertures, sobres et élégantes, mais que j'hésitais jusqu'ici à en acheter, n'étant pas sure d'apprécier.  C'est donc un cadeau pour ceux qui offrent (il fait découvrir ce qu'ils produisent) et pour ceux qui reçoivent : l'opportunité de découvrir -gratuitement - des romans de leur propre maison d'édition.

Ça valait bien un petit article ici. Et un petit coup de pub. Et j'ai déjà une idée de ce que je vais choisir !
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lundi 28 novembre 2011

Absolution


4 de couv' :
Place de la Contrescarpe, à Paris, un enfant borgne récite d'étranges prophéties que les passants écoutent troublés comme si elles répondaient à leurs pensées secrètes. Parmi eux, une ancienne journaliste de guerre, victime d'un attentat. Elle doit réapprendre à vivre, à accepter un monde fait de violence et d'injustice mais de confiance aussi. Chercher à percer le mystère qui auréole l'enfant-prophète en est sans doute une des voies.
Des Matriochkas à Dans la tête de Shéhérazade, Stéphanie Janicot décline de roman en roman l'incessante complexité des relations familiales, s'attachant au quotidien des personnages, à ce dur travail d'apprentissage qui au-delà des drames, leur permet de s'accomplir.

Dire que j'adore cette auteure est aussi bien un euphémisme qu'une redondance, donc je ne m'étendrai pas là-dessus.
J'aime toujours autant cette simplicité et cette douceur de l'écriture, où chaque mot est à sa place, sans circonvolutions, car si les sentiments humains sont le plus souvent complexes, Stéphanie Janicot sait toujours autant nous les décrire avec simplicité.

Je pensais au début de la lecture de ce roman qu'il s'agirait de deuil et de renaissance, mais non. Les éléments qui ont bouleversés la vie de Saar se sont passés trois ans auparavant et même si elle est en période de deuil, que sa vie recommence à prendre un sens, le roman est plus autour de la perception que l'on a des autres et de l'attention qu'on peut leur porter. Ce qui nous en détourne (ou pas) et ce qui en découle. La vie, en somme, comme dans tous les romans de cette auteure.

J'ai lu dans d'autres blogs ou sites que certains ont trouvé la fin brutale, que le roman se déroule tranquillement puis pouf, conclusion. Que ce serait une mode chez les auteurs français actuellement (ah bon ?) et que Stéphanie Janicot n'y aurait pas échappé.
Je ne suis pas d'accord. Autant on pourrait dire cela, à la limite, de "L'oeil du cyclone" (et encore, cela se justifie-t-il pleinement car les évènements du roman épousent le déroulement du cyclone lui-même y compris sa fin, abrupte puis apaisante car le dénouement apporte un certain apaisement aux personnages avec un épilogue où l'on comprend que comme la ville, les personnages seront en reconstruction).
Moi je trouve que l'évènement le plus marquant sur la fin, était au contraire prévisible, tout l'annonçait. Mais comme souvent dans ce genre de cas, on ne le comprend qu'une fois arrivé.
Je trouve au contraire que c'est bien amené et que la réaction de Samuel, qui ne masque pas vraiment sa peine ni sa douleur, est salutaire et que c'est parfois la seule façon de continuer à avancer dans ce cas de figure.
Les gens, tels qu'ils peuvent être. La vie, telle qu'elle est.

PS : alors, vous aviez trouvé ? L'indice, c'était le marque page qui dépassait du livre...
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dimanche 27 novembre 2011

Contradiction

Je suis parfois contradictoire. Je vous fais tout un laïus sur le fait que j'ai hâte de me remettre à lire les livres que j'ai achetés et donc d'en avoir fini avec ceux empruntés à la bibliothèque et il suffit que l'on m'annonce que deux des trois que j'ai réservés sont disponibles pour que je m'y précipite aussitôt.
Je suis donc retournée à la bibliothèque hier matin emprunter ces deux romans... Pour en ressortir avec cinq.

Tout à fait moi, ça : je me trouve dans un endroit (souvenez-vous : bibliothèque, lieu de perdition !) où se trouve une multitude de livres (quasi) gratuits, donc je fais le plein.

Voyez vous-même dans la photo ci-dessous, vous savez donc ce qui vous attend dans les prochaines semaines (excepté le Kathy Reichs - j'ai déjà parlé de cette série de polars - à moins de trouver quelque chose de plus à dire sur ce roman en particulier).
Partie récupérer un Stéphanie Janicot et le dernier prix Goncourt (à propos, je n'ai pas pour habitude de faire cela : je m'intéresse aux prix littéraires avec une nette préférence pour les prix des lecteurs, mais il se trouve que pour une fois, cette année, le lauréat du Goncourt m'a intéressée. On en reparlera. Je constate en tout cas que j'aime de plus en plus les romans de chez Gallimard), partie récupérer ces deux romans, j'en profite donc pour regarder s'ils n'ont pas un Kathy Reichs de disponible et bien si ! Encore sous le charme du "Premier été", je vérifie s'il n'y a pas un autre Anne Percin et le voilà ! Et comme Percin et Pennac sont distants d'une étagère seulement, je tombe sur "Monsieur Malaussène" et ne peux y résister.

Croyez-moi ou pas, j'en ai déjà terminé un. Dont je venais d'entamer la lecture (ainsi que mon thé Darjeeling) au moment de prendre la photo. Devinez lequel (y'a un indice) !



PS : regardant la photo à nouveau, je viens de me rendre compte d'un lien un peu inquiétant entre les titres de ces livres, excepté "Monsieur Malaussène" et s'agissant d'un Pennac, ça allège le tout, heureusement ! Parce qu'entre la guerre, le tombeau, le fantôme et l'absolution, on ne peut pas dire que vue ainsi, ma sélection soit des plus jouasses. Je sais qu'on est en novembre mais quand même...
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vendredi 25 novembre 2011

Premier été


4 de couv' :

Deux soeurs se retrouvent une fin d'été en Haute-Saône, afin de vider la maison de leurs grands-parents décédés. Depuis longtemps, Catherine, la benjamine, se tient loin de ce village... Pourtant, chaque coin de rue ou visage croisé font surgir en elle des souvenirs précis et douloureux. Sa soeur aînée a fondé une famille, elle, non. Devenue libraire, c'est une femme solitaire.
A l'adolescence déjà, elle passait ses heures dans les livres. Mais pour ce qu'elle a vécu ici, l'été de ses seize ans, l'été de sa lecture du Grand Meaulnes, "il n'y a pas eu de mots. Il n'y en a jamais eu, ni avant, ni après. C'est quelque chose qui ne ressemble à rien d'écrit." Quinze années ont passé, et personne n'a jamais su quel secret la tenaillait depuis tout ce temps, le drame dont elle a peut-être été coupable.
C'est une histoire d'innocence et de cruauté que nous raconte Anne Percin. Sensuelle et implacable à la fois, douce-amère comme tous les crève-coeurs de l'enfance.


J'ai entendu parler de ce livre par le blog "Je suis venue te lire", dont vous trouverez le lien sur votre droite (et dont j'adore le concept d'interviewer et photographier les gens qui lisent dans les transports en communs ou dans un parc ou dans tout autre lieu public).

Ce court roman (163 pages) est un vrai petit bijou. Une écriture, douce, fine, simple, mais ciselée où on a l'impression de vivre avec elle les souvenirs de la narratrice (sans doute aussi parce que je suis de la même génération qu'elle, à 2-3 ans près) : on sent la chaleur de l'été sur la peau, cette sensation étouffante des jours d'orage en été, le moindre parfum respiré dans la nature, l'odeur du chlore de la piscine, le goût des carambars, on entend le chant des grillons, les cloches de l'église, on ressent à nouveau nos impressions d'adolescentes...

On sait dès le départ qu'il s'est passé quelque chose, cet été là, de suffisamment fort pour qu'il marque la narratrice pour le reste de sa vie. Ce qui ajoute un suspens et une certaine tension pour ce qui pourrait n'être qu'une banale évocation d'un été de premières amours. Mais sans cela, pas si banale finalement tant l'auteur sait faire partager les sensations, interrogations et sentiments de cette adolescente.

Et si vous voulez un autre avis sur ce roman, allez donc zyeuter par là !
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jeudi 24 novembre 2011

La conjuration des imbéciles


4 de couv' :

Ecrit au début des années soixante par un jeune inconnu qui devait se suicider en 1969, à l'âge de trente-deux ans parce qu'il se croyait un écrivain raté, la Conjuration des imbéciles n'a été éditée qu'en 1980. Le plus drôle dans cette histoire, pour peu qu'on goûte l'humour noir, c'est qu'aussitôt publié, le roman a connu un immense succès outre-Atlantique et s'est vu couronné en 1981 par le prestigieux prix Pulitzer. Une façon pour les Américains de démentir à retardement le pied de nez posthume que leur adressait l'écrivain, plaçant en exergue à son livre cette citation de Swift : "Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui".


J'ai entendu parler de ce roman grâce à l'émission "Ça peut pas faire de mal" dont le programme du 6 novembre 2010 (ah ouais, 1 an quand même) était consacré à cet ouvrage. Ça m'avait beaucoup plu et je m'étais dit qu'il fallait absolument que je le lise (absolument, pas rapidement, hein...).

Toute l'histoire tourne autour d'un personnage, Ignatius Reilly : égocentrique, orgueilleux, paresseux chronique, révolutionnaire dans l'âme, misanthrope forcené, mythomane compulsif, d'une mauvaise foi absolue entraînant un sens de la manipulation relativement bancal (quoique...), il est parfaitement antipathique pour tout son entourage exceptée une personne ... complètement sénile.

De tout cela, ce personnage cumule les catastrophes autour de lui, malgré lui le plus souvent. Volontairement élément déclencheur de problèmes en tout genre, son manque d'empathie fait que rien ne se déroule selon ses plans, il ne contrôle rien et surtout pas les conséquences de ses actes dont il ignore la plupart.
On le voit évoluer, ainsi que la galerie de personnages hauts en couleur qui l'entourent, jusqu'à ce que vers la fin, tout finisse par se recouper et se rejoindre et que tout et (presque) tous retombent sur leurs pattes.

Alors pourquoi ai-je eu du mal à le lire ? (à part le fait d'être arrivée à saturation à force lectures comme expliqué précédemment).

Ben déjà, c'est écrit petit (478 pages). Et quand Ignatius se met lui-même à écrire (car il a quelques prétentions littéraro-philosophico-sociologiques), les passages de sa prose sont dans une police encore plus petite. On a du coup l'impression d'avancer lentement.

Ensuite, c'est un livre qui se savoure, donc à lire en prenant son temps. Impossible de le dévorer ni de le lire dans le bus (soupir). Ça foisonne de personnages, de situations et je préfère me plonger dans ce genre de romans par paliers de plusieurs heures d'affilée, or là je n'ai pas pu, ce qui a beaucoup coupé le déroulé de ma lecture et l'a rendue laborieuse.

Qui plus est, la plupart des personnages sont issus des milieux populaires.
Ce qui inclut qu' leurs dialogues sont écrits com' y causent, c'qui donnent des textes de c'te genre alors mêm'si c'est vach'ment sympa passe qu'ça fait couleur locale, c'parfois pas toujours facile à lire. Mais ce n'est pas ainsi tout le roman, cela dit. Ah oui j'oubliais, c'est écrit com' y causent, fautes d'orthographe incluses ("canaris" qui deviennent "cannes à riz" par exemple).

Mais j'ai beaucoup aimé car c'est drôle, burlesque, imaginatif.

Et pour vous donner une idée, c'est par ici !
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mardi 22 novembre 2011

Au ralenti

Non, pas de livre cette fois, un petit mot juste pour dire que je n'ai toujours pas fini celui entamé il y quinze jours. Mais il n'est pas facile à lire, pour les raisons que j'exposerai quand je parlerai de ce roman (et pas maintenant, je vais quand même pas saborder mes propres articles nanmého). Mais il me plaît bien je dois dire. Je suis à moins de 100 pages de la fin, à trois jours de la date limite de son emprunt à la bibliothèque (et oui, j'ai déjà demandé un prolongement) donc pour ce week-end, ça devrait être bon.

En plus, je "travaille" parfois par cycles de lecture. Et deux sortes de cycles, qui plus est :
1) soit je me mets à lire un genre de romans pendant plusieurs semaines d'affilée (des polars par exemple) que je coupe par une "pause" du genre (un roman comique par ci, un roman sentimental par là). C'est la meilleure formule, je bouquine sans discontinuer, à mon rythme, pur plaisir de lecture.
2) soit je deviens livrovore et là je lis de tout, en masse, sans discernement, jusqu'à satiété.
Et dans ce cas là, c'est inévitable, j'ai besoin d'une pause. Sauf que ma boulimie a subi une sorte de déviance dans le sens où on trouve de tout dans les bibliothèques (lieux de perdition !), donc j'ai surtout lu des bouquins empruntés. Et après celui que je lis actuellement (dans les 500 pages), il m'en reste un autre seulement de quelques 200 pages, ça devrait le faire (ce que je ne vous dis pas, c'est que j'en ai réservé trois autres).

Du coup, je cale. Pas sur la lecture, mais je rappelle que m'attend une superbe caisse remplie à ras bord de livres que j'ai achetés. Et que je cale sur les livres de la bibliothèque... parce que j'ai une furieuse envie d'embrayer sur MES livres, en particulier "Vendetta" de James Ellory qui me fait de l'oeil chaque fois que je passe devant (c'est grave docteur ?).

Valà, valà.

Notez que ça ne m'a pas empêché de revenir ici comme vous avez pu le remarquer. Y'a des jours comme ça, vous avez envie de tout changer :  de coiffure (samedi), de présentation de blog (dimanche), de garde-robe (quand j'aurai moins la flemme de faire les boutiques).

Enfin bref, du coup, j'en ai fait un, d'article !
(oui, oui, je sais, pendant ce temps, je n'avance pas dans ma lecture...)
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samedi 5 novembre 2011

La couleur des sentiments


4 de couv' :

Chez les Blancs de Jackson, Mississipi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre état, comme Constantine, qu'on n'a  plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée.
Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot.
Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la tolérerait.  Pourtant, poussée par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.
Passionnant, drôle émouvant, La Couleur des Sentiments a conquis l'Amérique avec ses personnages inoubliables. Vendu à plus de deux millions d'exemplaires, ce premier roman, véritable phénomène culturel outre-Atlantique, est un pur bonheur de lecture.


Environ six mois après l'avoir réservé et une erreur d'aiguillage dans la mauvaise bibliothèque, je l'ai enfin récupéré hier. Et lu aujourd'hui (clouée au fond de mon lit avec un rhume aussi foudroyant que carabiné, autant dire que je ne pouvais guère en faire plus aujourd'hui), oubliant d'écouter "Ça peut pas faire de mal", ce dont je ne me suis rendue compte qu'après l'avoir fini. A 21h00. Vive les podcast.

J'adore les romans du sud des Etats-Unis, ça ne vous étonnera donc pas si je vous dis que celui-ci mérite son excellente réputation. J'ai été conquise dès la première page et dès la première page, j'ai su que sa lecture allait couler toute seule. Bien écrit, bien ficelé, sans clichés ni caricature (sauf peut-être pour le personnage de Hilly ?), c'est vraiment un très bon premier roman.

C'est vraiment un premier roman ?

Mon ressenti sur toutes ces femmes est que les blanches, dont la seule perspective de vie est de se marier (et attention, en faisant un bon mariage) et d'avoir des enfants, sont profondément malheureuses. Soumises à ce que leur famille, leur mari, la société attendent d'elles, elles n'ont d'autres sentiments de pouvoir que celui qu'elles peuvent avoir sur les autres, surtout leurs bonnes (et ségrégation oblige, elles ont tous pouvoirs). Incapables de faire la moindre tâche basique, cuisiner, nettoyer et encore moins d'élever leurs enfants, ce sont leurs bonnes qui sont finalement les vraies maîtresses de leur maison.
Ce sentiment de frustration de vie est d'ailleurs évoqué vers la fin. C'est un schéma qu'elles répètent à l'infini, de génération en génération.
Steeker, pas forcément pressée de trouver un mari, dénote dans tout ça et a un pied dans chaque monde : la "bonne" société dont elle est issue où une femme doit absolument savoir tenir son rang et se montrer sous son meilleur jour (contrôle de soi, apparence avec coiffure et vêtements qui conviennent), et étant célibataire, elle habite toujours chez ses parents. Mais au contraire de ses amies, elle sort de l'université avec un diplôme, et non un mari. Travailler pour un journal et travailler à son livre va lui permettre de sortir de ce carcan prédestiné et s'émanciper.
Quant aux noires, malgré la ségrégation, elles sont en quelque sorte plus libres que ces femmes : elles travaillent (certes, parce que pas le choix) et arrivent un peu plus chaque jour, par leur courage et malgré les dangers, à faire tomber les barrières, même si on sent que tout est loin d'être gagné et que ce sont les générations futures qui en bénéficieront le plus. Et malgré les lois et les mentalités ségrégationnistes, les vexations et mesquineries de toutes sortes, elles conservent une force, une dignité, un calme et un stoïcisme inébranlables qui humainement les placent bien au-dessus de leurs patronnes.

C'est surtout un livre de femmes, il y a peu de personnages masculins, ce qui pourrait paraître paradoxal mais est en fait un reflet de cette époque : les hommes ne s'occupent guère de ce qui se passe dans leur foyer, si ce n'est d'un point de vue financier, autre frustration évoquée vers la fin du livre. Mais s'ils ne s'en occupent guère, ils ont cependant tout pouvoir sur leur entourage et la société, ce que l'on ressent constamment. Un monde d'hommes blancs, fait pour eux et par eux.

J'espère en tout cas que le film est à la hauteur de ce livre (je viens de regarder la bande annonce, les scénaristes ont pris quelques libertés en rajoutant ou modifiant certains dialogues et situations, mais l'esprit semble y être, c'est l'essentiel).
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vendredi 4 novembre 2011

Eveiller les consciences


4 de couv' :

451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif.
Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

Tout d'abord, merci une fois de plus à "Ça peut pas faire de mal" d'avoir diffusé deux émissions avec la science-fiction pour thème. Bon d'accord, c'était il y a quelques mois et il était temps que je me rende à la bibliothèque emprunter ceux qui m'avaient alors le plus intéressée. Parce que question science-fiction, en dehors des films ou feuilletons, c'est un style littéraire que je connais assez peu. Ces émissions ont été une découverte (ce qui est le comble quand on sait que mon homme affectionne particulièrement le genre, a déjà lu tous ceux que je projette d'emprunter et possède une véritable fortune en livres "Star Wars").
Je précise ici que la science-fiction en se limite pas aux histoires dans l'espace, ce sont souvent des romans d'anticipation, des fables philosophiques.

Partie emprunter "Chroniques martiennes" que je n'ai pas trouvé, je me suis rabattue sur "Fahrenheit 451". Il me semblait avoir vu le film quand j'étais gamine, mais il ne m'avait pas laissé un grand souvenir. J'ai hésité avant de prendre le livre mais finalement, puisqu'il ne fait que 213 pages, je me suis laissée tenter.

Et je suis convaincue que ce livre, si ce n'est pas déjà le cas, devrait absolument être mis au programme en français, collège ou lycée. Il y a tout dans ce roman : poésie et beauté de la langue, de l'écriture, philosophie, importance de l'histoire. Un vrai petit bijou. Court roman, mais dense en idées.
Je recommande également de ne pas sauter la préface signée Jacques Chambon. En guise de commentaires pour ce roman, j'ai pensé la recopier ici car tout y est dit (sans rien révéler - ou presque - de l'histoire).
Ce qui est effrayant, c'est que sur certains aspects, notre société actuelle se rapproche de cette époque futuriste imaginée par Ray Bradbury... en 1953. En une version exacerbée certes, et j'espère pas comme une caricature (car toute caricature se forme sur la réalité) mais faisons tout pour ne jamais arriver à cette extrémité.

Une lecture salutaire !
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jeudi 3 novembre 2011

"Bones"... ou presque


4 de couv' :

2001, Chupan Ya, petit village isolé du Guatemala. Tempe Brennan exhume les squelettes de femmes et d'enfants massacrés par l'armée vingt ans plus tôt. Quand une anthropologue de son équipe est l'objet d'une tentative de meurtre.
Tempe n'a pas le temps de réagir : le corps d'une jeune fille a été retrouvé dans une fosse sceptique de la capitale et on l'appelle à la rescousse. Et trois autres jeunes filles sont portées disparues...
Y a-t-il un lien entre ces meurtres ? Que veut ce médecin légiste qui tente de l'écarter de l'enquête ? Pourquoi ce journaliste si bien informé sur le massacre de Chupan Ya se retrouve-t-il toujours sur son chemin ?
Les pistes se multiplient. Tempe Brennan est sur tous les fronts...





4 de couv' :

Le squelette d'une jeune fille est découvert en Acadie - une région du Canada profondément marquée par son passé français et une histoire douloureuse... Lorsque les ossements arrivent à Montréal, dans le laboratoire de la très professionnelle et néanmoins très séduisante anthropologue judiciaire Tempe Brennan, celle-ci ne peut s'empêcher de laisser affluer les souvenirs : sa meilleure amie d'enfance, Evangéline, était acadienne. Et elle avait disparu mystérieusement un jour d'été, trente ans plus tôt , à l'âge de quatorze ans...
Plus l'enquête avance et plus la correspondance est troublante... La jeune morte et Evangéline sont-elles une seule et même personne ? Tempe décide d'en avoir le coeur net. Elle quitte Montréal et part sur les traces de l'amie disparue.



Une fois n'est pas coutume, voici deux livres de la même auteure pour le prix d'un (pas élevé, le prix, je les ai empruntés à la bibliothèque).

Soyons honnêtes, je n'avais pas vraiment entendu parler de cette auteure avant de voir le feuilleton "Bones" qui m'a poussée, par curiosité, à emprunter ces livres.
Je rappelle que Kathy Reichs, dans ses romans, a créé le personnage de Temperance Brennan. Dans la série, Temperance écrit des policiers dont l'héroïne se nomme... Kathy Reichs.

En tous cas, je ne regrette pas ma curiosité car cela s'est traduit par une bonne surprise.

Comparaison avec le feuilleton : c'est le jeu des 7 erreurs. Vous savez, ce jeu où on a deux images ou dessins similaires mais dont on doit retrouver les différences. Et bien ici, c'est pareil : même postulat de départ (une anthropologue judiciaire mène l'enquête), mais de considérable différences.
Dans le feuilleton, Tempe est américaine, dans les romans elle est canadienne. L'équipe du feuilleton n'existe pas dans le roman, dans le feuilleton, elle peut paraître assez froide et insensible, dans les romans elle est profondément humaine (on le voit dès les premières pages de chaque roman décrits ci-dessus, c'est en grande partie ce qui m'a plu). Célibataire, trentenaire, sans enfant et un frère à la télé, elle est quadragénaire, séparée de son mari, a une soeur et une fille étudiante dans sa vie de papier.
Etc., etc.
Cela dit, dans la version télé comme dans la version papier, elle et Ryan (Booth) n'arrêtent pas de se tourner autour et je n'en dirai pas plus.

Ce sont donc bien deux "séries" différentes, ce qui m'a bien plu.

Sur ces polars en eux-mêmes, ils sont bien construits, on évite les poncifs et les clichés, ils tiennent la route dans le développement et dans le dénouement. Le seul reproche à la rigueur est qu'il y a un peu plus de dialogues que dans la plupart des polars que j'affectionne, mais ce n'est guère gênant.
Cela étant, ça a été pour moi ce week-end de bons moments de lecture, j'ai hâte d'en lire d'autres.
Qui plus est, j'ai découvert le Canada, que j'admets connaître fort peu.

Par contre, j'ai eu le même problème que lorsque je regarde le feuilleton : la manie de tomber sur les pires scènes au moment de manger. Souvent, on dîne en regardant "Bones". Et de tomber sur une scène de cadavres en gros plan, grouillant de vers. Beurk. Mais un "beurk" qui dure le temps de voir l'image sur l'écran, c'est peu et vous vous remettez vite.
Mais quand vous prenez votre petit déjeuner (au hasard, moi, dimanche matin) en tombant sur dix pages de description de recherche d'un cadavre, morceau par morceau, étape par étape, dans une fosse septique...
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dimanche 30 octobre 2011

Murmures




4 de couv' :

En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire "oui" : elle veut faire respecter son voeu de s'offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe...
Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l'entraînera jusqu'en Terre sainte.
Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d'une sensualité prenante.

Décidément, j'aime beaucoup cette auteure.

Il s'agit cette fois d'un court roman (201 pages), mais riche en évènements, en beauté littéraire. Poétique en effet, il s'agit ici d'un conte cruel, certes, mais d'une grande beauté.
Esclarmonde, envers et contre tout - et tous -  s'affranchit du destin qui lui est tout tracé de par sa condition féminine et réussit bien que recluse à prendre peu à peu un grand pouvoir sur tous.

Il y a dans ce roman-ci de la féérie, comme dans le précédent.

D'ailleurs, je ne résiste pas à mettre ici cette citation, où Esclarmonde s'adresse aux lecteurs :
"Le monde en mon temps était poreux, pénétrable au merveilleux. Vous avez coupé les voies, réduit les fables à rien, niant ce qui vous échappait, oubliant la force des vieux récits. Vous avez étouffé la magie, le spirituel et la contemplation dans le vacarme de vos villes, et rares sont ceux qui, prenant le temps de tendre l'oreille, peuvent encore entendre le murmure des temps anciens ou le bruit du vent dans les branches. Mais n'imaginez pas que ce massacre des contes a chassé la peur ! Non, vous tremblez toujours sans même savoir pourquoi."
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samedi 29 octobre 2011

Avé, César, morituri te salutant...

(et sur le titre de cet article, merci Astérix. Hum. On a les références latines qu'on peut)

J'avais remarqué cette série dans ma librairie de BD préférée (que je ne sais pas si je peux en faire la pub, mais disant que son nom ressemble fort à celui de la fameuse épée du roi Arthur. Elle se trouve place de la Liberté à Brest, celle qui tient la boutique est une passionnée, donc hyper compétente, donc sait toujours bien conseiller. Entamer une discussion BD avec elle est un vrai bonheur, une fenêtre ouverte sur ce monde fabuleux, une véritable encyclopédie).

Mais reprenons.

Depuis quelques temps donc, j'avais repéré cette série dans le magasin. J'aime bien tout ce qui est historique, avec une prédilection pour l'antiquité et le Moyen-Âge.
Je feuilletais donc régulièrement les premiers tomes, hésitant, tergiversant.
Jusqu'à ce que le feuilletant une fois de plus lundi dernier (alors que j'étais venue acheter une autre BD dans un genre radicalement différent, que je n'ai toujours pas lu d'ailleurs, et dont je parlerai sous peu), je me suis dit que ça devenait ridicule, alors, hop ! Je me suis enfin décidée à acheter le premier tome.

Je l'ai lu seulement le lendemain matin au petit déjeuner et j'ai tellement aimé que je suis allée acheter les 7 autres tomes le soir même après le boulot. Ce qui a donné la scène suivante dans le magasin : moi, me ruant sur le rayon, vérifiant qu'ils sont tous là avant de les prendre. Oui ils sont tous là. Sauf le tome 2.
Grmblbl.
Puis moi, posant tous ces tomes sur le comptoir. Surprise de notre vendeuse préférée (mon homme a eu la même expression de surprise quand il m'a vue rentrer chez nous avec tout ça, avant d'éclater de rire quand je lui ai donné la même explication qu'en magasin :) "J'ai acheté le tome 1 hier, j'ai adoré, alors que ça fait un certain déjà que je rôdais autour, en train de tergiverser..." "Et là du coup, vous n'avez plus tergiversé" "Non, mais j'ai dû trop traîner quand même car là, je les ai tous retrouvé, sauf le tome 2, évidemment !"
Qu'elle a retrouvé en réserve illico (quand je vous dit qu'elle est super !).

La raison de mon hésitation première est que je craignais de tomber sur le classique "temps des romains = lubricité, orgies, complots, meurtres, orgies, etc." Ben non.
Partant d'un personnage, ami d'enfance de Néron (Murena donc), les auteurs ont réussi une superbe reconstitution historique qui fait fi des clichés qu'on peut avoir sur cet empereur, avec à la fin de chaque volume des notes explicatives et une bibliographie.
Qui plus est, les rares fois où ils ont pris quelques libertés avec la réalité historique, cela ne l'entrave pas grandement (sauf si on a un côté puriste) et surtout, ils le précisent immédiatement dans une note explicative. Sur les huit volumes, ils ne l'ont fait que deux fois.
Les dessins sont superbes, les scénarios bien foutus, et cette partie de l'histoire romaine est tellement bien vulgarisée qu'on a envie d'en apprendre plus. Ou de se mettre aux auteurs classiques.
Cerise sur le gâteau (pour les auteurs) mon homme, prof d'histoire, apprécie beaucoup cette série lui aussi. Ainsi qu'un de nos copains, prof d'histoire également.

Donc si toi aussi tu aimes la BD historique et l'antiquité, c'est fait pour toi. Sauf si tu es un enfant. Je rappelle que que la BD n'est plus un genre réservé aux petits, c'est un art à part entière qui s'adresse à tous !


Petite précision : cette série est en fait deux cycles de quatre tomes chacun (premier cycle sur votre gauche, deuxième à votre droite), dont le premier est sorti en intégrale. Pour le deuxième, ça ne devrait pas tarder.
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jeudi 27 octobre 2011

Equation

Ceci est un article pour rien. Enfin, pas vraiment pour rien, c'est juste pour faire partager mon enthousiasme et si ça se trouve, ce sera contagieux. Alors hein, un peu de bonheur à distribuer, ça peut pas faire de mal.

Donc, en résumé :
Ma collection préférée + mon poète préféré = le livre que vous voyez sur votre gauche et moi en mode "oh mon Dieu, oh mon Dieu, oh mon Dieu"

Manquerait plus qu'il fasse la même chose avec Prévert et Rimbaud et là, on (j'ai dit "on" ?) atteint l'extase.

En résumé du résumé : YES !

dimanche 23 octobre 2011

Apprentissage


4 de couv' :

Etienne Davodeau est auteur de bande dessinée, il ne sait pas grand-chose du monde du vin.
Richard Leroy est vigneron, il n'a quasiment jamais lu de bande dessinée.
Mais ces deux-là sont pleins de bonne volonté et de curiosité. Pourquoi choisit-on de consacrer sa vie à écrire et dessiner des livres ou à produire du vin ? Comment et pour qui les fait-on ?
Pendant plus d'une année, pour répondre à ces questions, Etienne est allé travailler dans les vignes et dans la cave de Richard, lequel, en retour, s'est plongé dans le monde de la bande dessinée.
Ils ont ouvert de nombreuses bouteilles et pas mal de livres. Ils se sont baladés, à la rencontre d'auteurs et de vignerons passionnés par leurs métiers.
Etienne Davodeau fait le pari qu'il existe autant de façons de réaliser un livre qu'il en existe de produire du vin. Il fait le constat que l'un et l'autre ont ce pouvoir, nécessaire et précieux, de rapprocher les êtres humains.
C'est le joyeux récit de cette initiation croisée que vous propose Les Ignorants.

(un quatrième de couverture, qui plus est aussi long, pour une BD, c'est pas banal)

Acheté par hasard (je suis allée chez ma libraire de BD préférée à Brest acheter le dernier "Tuniques Bleues" pour mon homme et suis tombée par hasard sur celui-ci), et intriguée et amusée par ce parallèle entre le vin et la BD (ou plutôt, entre deux passions), je n'ai pu résister à l'envie de l'acheter.

Je ne regrette pas, d'autant qu'en le lisant hier, je me suis rendue compte que le vin dont il est question ici est un vin de Loire, issu de notre lieu de vacances de l'année dernière et de cette année. Peut-être en avons-nous bu (honte sur nous), sans y prendre plus attention que cela ? (re-honte sur nous)
On se rattrapera l'année prochaine !

Bref, ce fut un itinéraire livresque et gustatif intéressant, bien que je regrette que ce livre laisse la plus grande part à la culture viticole. J'aurais bien aimé en savoir plus sur la "fabrication" d'une BD. Oui, je sais, tout ce qui est évoqué dans celle-ci sur la fabrication du vin est justement la base et la fabrication de la BD, mais j'aurais aimé en voir plus que l'auteur dessiné en train de prendre des notes.
Le premier contact avec le monde de la BD est justement lors du tirage, donc lorsque le produit est finalisé alors que pour l'élaboration du vin tout est repris étape par étape. Et avec moultes explications sur les différents savoir-faire.

Ce qui est intéressant est que c'est vraiment tout un monde de passionnés que Davodeau nous a rendu accessible et là, je dis bravo ! J'accompagnerai mes repas de vins d'une façon un peu moins consommatrice, un peu moins ingrate aussi. Le plaisir n'en sera que décuplé !

De cette BD, j'en retirerai une citation, parlant du métier d'éditeur et des livres en général :
"C'est une entreprise qui produit des livres. C'est un truc étrange, un livre... C'est des idées, des sentiments... C'est fragile et compliqué. Ça ne se fait pas comme des frigos ou des bagnoles."

J'en retire aussi, toujours sur la BD, tout un univers que Davodeau a su nous faire partager : ce ne sont pas que des albums à faire dédicacer au premier festival venu (mais je vous encourage vivement à vous rendre au premier qui pointera sa plume près de chez vous, c'est géant !), mais bien un art à part entière.

Sur ce, ce livre est une totale réussite (de 268 pages, la réussite, attention, hein, on est dans la cour des grands). Inutile de dire que la prochaine fois que je le lirai, ce sera un verre de (bon) vin à la main...
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samedi 22 octobre 2011

Zapping

Merci, grand merci à Arte de diffuser cette émission, "Sur les traces de Tintin" (visiblement une rediffusion, comment ai-je pu la louper en 2010 ???!!!), dont chaque émission est constituée de reportages basées sur les aventures de Tintin, page par page.
Une merveilleuse idée, j'y souscris volontiers.

Maintenant, excusez-moi, je dois suivre l'émission consacrée au Lotus Bleu, un de mes albums préférés !

(fan moi ? Ah bon ?)

vendredi 21 octobre 2011

Histoire de coeur


4 de couv' :

Bruce, un quadragénaire divorcé, un peu ours, un rien misogyne, est sauvé in extremis par une greffe cardiaque. Après l'opération, sa personnalité, son comportement, ses goûts changent de façon surprenante. Il ignore encore que son nouveau coeur est celui d'une femme. Mais quand ce coeur s'emballe avec frénésie devant les tableaux d'un maître de la Renaissance italienne, Bruce veut comprendre. Qui était son donneur ? Quelle avait été sa vie ? Des palais austères de Toscane aux sommets laiteux des Grisons, Bruce mène l'enquête. Lorsqu'il découvrira la vérité, il ne sera plus jamais le même...


J'ai acheté ce roman il y a quelques mois, avant de savoir que Charlotte Valandrey devait sortir le sien, avec le même titre, le même thème. La différence ici, même si l'histoire est similaire, est que celui de Tatiana de Rosnay est un roman, une fiction. Et qu'il a été écrit en 1996.
Mon choix ne suivait donc pas une mode, mais (ah ah ah, j'allais dire un "coup de coeur", oups !) me venait plutôt de mon histoire personnelle puisqu'ancienne opérée du coeur, tout comme ma mère, sans compter sa soeur ainée décédée d'un infarctus quand j'étais petite. On peut dire que chez nous, les affaires de coeur sont une histoire de famille ;-)
(en ce qui me concerne, rien de grave par comparaison aux autres enfants ou malades du service où j'étais, mais une opération nécessaire cependant).
Disons que je suis prédisposée donc à lire ce genre de roman (sans doute la raison aussi qui m'a poussé à lire "le coeur cousu", en dehors de l'enthousiasme débordant suscité par ce roman depuis sa sortie, enthousiasme et prix bien mérités, j'insiste, persiste et signe !).

Bref, parlons plutôt lecture : si je n'ai pas trouvé le style d'écriture exceptionnel, il est cependant très agréable et petit à petit, on est pris dans les mailles de cette histoire touchante, poétique et belle. Grâce à cette greffe, le personnage central se révèle à lui-même, aux autres, en exprimant le meilleur de lui-même. Pas parce qu'il a frôlé la mort, mais bien parce que l'opération et ses conséquences, le "fantôme" de sa donneuse (parce que non, ce n'est pas une histoire de fantôme au sens classique et morbide habituel) vont lui faire vivre une autre vie que celle "d'avant" et découvrir une autre vie. Et une autre vie que la sienne.

Cette greffe, sans entrer dans les détails, va lui être salutaire à lui, mais aussi à sa donneuse.
Cette envie de savoir qui elle était, l'enquête qu'il va amorcer et suivre pour mieux la connaître, la comprendre, va être pour lui un vrai bouleversement. Et l'occasion pour elle, et malgré elle puisqu'elle est décédée, d'accomplir ce qui était au moment de sa mort les buts de sa vie.

Au fond, il n'est question dans ce livre que de générosité...

J'avais entendu parler de Tatiana de Rosnay, j'étais curieuse de découvrir cette auteure, je ne suis pas déçue. Je crois que je lirai d'autres de ses romans, j'ai jeté un oeil sur leurs résumés et ils me tentent bien.

Et petit plagiat : tout comme l'auteur qui le précise à la fin du roman, j'ai moi aussi ma carte de donneur (si, si, une très bonne candidate pour le don d'organes sauf le coeur évidemment m'a-t-on expliqué quand on m'a refusée pour le don du sang, de plasma et de moelle car sûrement transfusée pendant l'opération). Donc voilà, je fais campagne à mon tour, au cas où ça pourrait intéresser quelqu'un :
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vendredi 14 octobre 2011

Hergé

Ma toute première bande dessinée, la première qui m'ait été offerte, pour mes 6 ans, et qui m'appartenait en propre (je connaissais déjà les "Sylvains et Sylvette", mais eux je ne les ai acheté que plus tard avec mon argent de poche) était "Tintin et les Picaros".
J'ai tout de suite adoré. Je l'ai lu, relu, re-relu. Qu'il ne soit pas tombé en miette déjà à cette époque est étonnant. Mais j'aime les livres et encore maintenant il est en parfait état.
C'est ainsi que j'ai commencé la collection. Je les ai tous, même "L'Alph Art", qui est inachevé.

Celui dont je vais parler ici n'est évidemment pas l'oeuvre d'Hergé, à moins de considérer sa vie comme une oeuvre. Cette BD retrace donc sa vie : objectivement, sans concessions mais sans parti pris non plus. A chacun de se faire une opinion.
On retrouve dans ce livre quelques anecdotes dans lesquelles on retrouve certains passages ou personnages des aventures de Tintin : c'est donc bien son vécu qui l'a parfois influencé ou suggéré certains moments clefs. Ça commence d'ailleurs dès la première page, avec celle qui lui inspira la Castafiore...
J'ai apprécié cette objectivité, mais aussi que les auteurs aient situé dans le temps chaque passage du livre. On s'y retrouve mieux et le contexte historique aussi a son importance.
Par contre, je m'y retrouvais mieux encore parce que je connaissais déjà la vie d'Hergé, en particulier grâce à ce livre (à droite) que j'avais acheté quand j'étais au collège : je l'ai lu, relu, re-relu lui aussi (fan, moi ? Bôôôf... Si peu...)

Dans les aventures d'Hergé, ce qui est agréable est qu'ils ont repris le "style" Hergé, un peu son humour aussi, ce qui n'est pas forcément évident, s'agissant d'une vie réelle. Mais les fans de Tintin et Hergé s'y retrouvent, et c'est l'essentiel.


Et Tintin, dans tout ça ? Et bien, cliquez sur l'image de la couverture "Les aventures d'Hergé", vous devriez le retrouver...
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samedi 8 octobre 2011

Marie-Blanche


4 de couv' :

1995, région des Grands Lacs. Jim Fergus rend visite à sa grand-mère, Renée, 96 ans. Fille d'aristocrates français désargentés, mariée trois fois, celle-ci a connu un destin hors du commun, qui l'a menée de son petit village natal de la région de Senlis jusqu'au Etats-Unis, en passant par les sables d'Egypte. D'un caractère entier, froide et tyrannique, elle a brisé la vie de sa famille, en particulier celle de sa propre fille, Marie-Blanche, la mère de Jim. Pour essayer de la comprendre, et peut-être de lui pardonner, celui-ci va tenter de retracer son parcours.
En parallèle, à travers le journal intime de sa mère, l'écrivain nous fait entrer dans l'intimité de celle-ci. Internée en 1966 dans un asile de Lausanne, Marie-Blanche se souvient de sa vie, commencée comme un conte de fées mais qui prit peu à peu des allures de tragédie.
Jim Fergus s'inspire ici de son histoire personnelle pour nous offrir une saga familiale bouleversante. A la façon de Dalva, de Jim Harrison, il inscrit l'intime dans l'Histoire et nous présente d'inoubliables portraits de femmes dans la tourmente. On retrouve surtout dans cette fresque qui s'étend sur un siècle et trois continents toute la puissance romanesque de l'auteur de Mille femmes blanches associée à une force d'émotion rare.

Cette fois, ce n'est pas une histoire d'indiens que nous offre Jim Fergus, mais un roman plus intime puisqu'il concerne sa famille.
Alternant la vie de sa mère et de sa grand-mère aux mêmes âges (nous offrant ainsi des décalages de 20 ans d'une série de chapitres à l'autre), ce parallèle nous permet de voir ce qui, dès leur naissance (voire même avant leur arrivée dans cette famille) fait que rien n'était joué d'avance. Ou trop bien joué d'avance, peut-être.
Je pense que Jim Fergus a fait là aussi un gros travail de recherche sur sa propre famille et que les albums élaborés par chacun au fil des ans, les lettres, tout ce qu'il a pu récupérer de son histoire familiale l'y a aidé.

Difficile pour la mère de Jim Fergus d'avoir une vie "normale" et heureuse avec une mère telle que la sienne, elle-même ayant grandit dans une famille telle que celle-là, où rien n'est franc et sincère (si ce n'est les plus mauvais sentiments) et où sauver les apparences  et avoir un certain train de vie est plus le important. Avoir des principes et s'asseoir dessus quand ça vous arrange.
Les relations entre Renée et Gabriel, en dehors de leur immoralité, laissent un certain malaise. Non seulement pour les faits eux-mêmes déjà suffisamment graves et malsains, mais aussi car on ne sait plus qui manipule l'autre. Et l'entourage hypocrite qui, bien que s'en offusquant, ne fait guère d'efforts pour tout stopper.
Il est beaucoup question d'innocence perdue dans cette histoire familiale (avec la même cause : Gabriel), mais on ressent aussi une certaine tendresse de l'auteur pour sa mère. Qui, je le crois, y compris par ce roman, aurait aimé la sauver. Peut-être une façon de digérer tout ce lourd passé familial et continuer sa vie. Et malgré tout, même pour Renée, deux beaux portraits de femmes.

Une sacrée saga familiale, tragique, mais un bon moment de lecture, l'écriture est assez fluide pour qu'on en dévore les 600 pages en peu de temps.

Et pour ceux qui voudrait en savoir plus, j'ai trouvé par hasard cette émission de radio, que je n'ai pas encore écoutée :
http://www.franceinter.fr/em/grand-entretien/104591
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mercredi 5 octobre 2011

L'empreinte du nain


4 de couv' :

L'agent du FBI, Beau Smithsonian, aurait savouré le plaisir de vacances bien méritées si, dès son arrivée chez ses vieux amis, Cathy et Ken, il n'avait été alerté par d'imperceptibles changements dans leur manière de vivre... Au même moment, un rapport du bureau des statistiques du FBI révèle que dans le petit bourg de Pueblo, proche de la frontière mexicaine, le taux de criminalité a brutalement augmenté de 200 % en un mois. En Russie, dans la région de Vladimir, se produisent d'inexplicables flambées de violence qui, toutes, se terminent dans le sang...
Y a-t-il un lien entre ces évènements ? C'est ce que Beau Smithsonian va devoir établir. Commence alors l'une des plus difficiles enquêtes que l'as du FBI ait jamais eu à effectuer. A ses côtés, Shar, une Noire superbe, et Bernie, un ancien mafieux, polyglotte et surdoué.
Après Les Cercles de l'Enfer, Maud Tabachnik nous offre un nouveau thriller au rythme haletant, à l'atmosphère trouble et inquiétante. Un homme peut-il, à lui seul, dérégler le cerveau humain, circonvenir les puissants et asservir le monde ? Dollars, images subliminales, drogues hypnotiques, musiques infernales... sont les armes dont il dispose. Face à lui, Beau Smithsonian et ses amis, mais aussi Ferrari, le rescapé des Cercles de l'Enfer. Qui sortira vainqueur de l'affrontement sans merci ?

Honnêtement, je ne trouve pas que ce soit le meilleur polar de Maud Tabachnik, même s'il est agréable à lire (et pratique dans à lire dans le bus, avec ses (parfois très) courts chapitres) et que le sujet de départ est plutôt intéressant.

Sauf qu'on comprend dès les première pages qu'il s'agit d'images subliminales, on suppute que la fameuse boisson ne fait que renforcer le tout, donc pas vraiment de surprise pour ce qui est de l'intrigue. Le méchant est très méchant et même odieux, on n'a pas envie de lui accorder la moindre circonstance atténuante.
Je trouvais intéressant le parallèle entre les Etats-Unis et la Russie, me demandant parfois cependant si la vision de ce pays qu'avait l'auteur à l'époque (le roman date de 1999) n'était pas un peu caricaturale.
Cela dit, j'ai bien apprécié certaines allusions au contexte géopolitique de l'époque et on comprend vite à quels hommes politiques il y est fait allusion. Et s'il n'y avait ne serait-ce qu'une infime part de vérité dans ce que l'auteure a imaginé... C'est quand même effrayant. Combien de fois ne dit-on pas, quand se procurent des évènements dramatiques sur notre planète, "le monde est devenu fou" ?
Une fin en suspens, et assez pessimiste (comme "Le festin de l'araignée", dont j'ai déjà parlé ici).

Je regrette aussi que les personnages côté "héros" n'aient pas été plus développés. Visiblement, il ne s'agit pas de leurs vrais noms (comme pour les hommes politiques évoqués plus haut), mais on ne sait pas pourquoi, et ils travaillent dans une obscure branche du FBI genre X-Files si j'ai bien compris. L'une d'entre eux est dotée de pouvoirs extra-sensoriels, ce qui m'a chiffonné un peu au départ ("est-ce vraiment utile ?") et encore plus quand on se rencontre que cet aspect là est à peine exploité dans le roman.
L'inspecteur de la CIA est un personnage déjà vu dans un autre roman, peut-être était-ce une tentative pour le faire renaître, vu son passé ou pour lancer de nouveaux personnages récurrents dans l'optique d'autres romans. Je ne sais pas, ça m'apprendra à les lire dans l'ordre, aussi.

Enfin, j'ai noté un développement, dans l'un des chapitres, sur les meurtres et atrocités perpétrés à Ciudad Juarez. Sujet qui tient à coeur l'auteure, car elle en a fait un autre polar, "J'ai regardé le diable en face", inspiré de faits réels dont on a beaucoup entendu parler à une époque, dans des reportages.
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dimanche 2 octobre 2011

Particulier


4 de couv' :

Michel, chercheur en biologie rigoureusement déterministe, incapable d'aimer, gère le déclin de sa sexualité en se consacrant au travail, à son Monoprix et aux tranquilisant. Une année sabbatique donne à ses découvertes un tour qui bouleversera la face du monde.
Bruno, de son côté, s'acharne en une quête désespérée du plaisir sexuel. Un séjour au Lieu du Changement, camping post-soixante-huitard tendance new age, changera-t-il sa vie ? Un soir, dans un jacuzzi, une inconnue à la bouche hardie lui fait entrevoir la possibilité pratique du bonheur.
Par leur parcours familial et sentimental chaotique, les deux demi-frères illustrent de manière exemplaire le suicide occidental _ à moins qu'ils n'annoncent l'imminence d'une mutation.

Sentiments mitigés pour ce roman, que je viens de laisser tomber à la page 154 (sur 394). Sentiments mitigés et contradictoires car la lecture avait plutôt bien commencé quand je l'ai entamé hier. J'aimais assez il faut dire mais ce matin, rien à faire, rien ne passe. Il faut dire que tout ce que j'y ai lu hier retraçait essentiellement l'enfance et l'adolescence des deux frangins, mais depuis ce matin, il s'agit d'eux à l'âge adulte.
Et surtout j'ai commencé, pas tout à fait réveillée encore, par les vacances de Bruno, dans un genre de camping-séminaire plus ou moins bouddhiste-tantrique créé dans les années 70-80 par des ex-soixante-huitards (d'esprit). Bruno, qui passe ses vacances à trouver une nana à baiser sans y parvenir (et vu sa conception des femmes, désolée mon gars, mais ça risque pas d'arriver). C'est rigolo un temps, mais franchement, l'est pas net, le gars.
Quant à Michel, il s'est tellement bien détaché du monde que c'est lors de son année sabbatique qu'il le découvre, ainsi que le quotidien de ses concitoyens.
Chacun, à sa façon, est totalement décalé dans notre monde.
Et si tout ceci dans le fonds, pourrait assez bien me plaire, les obsessions sexuelles du Bruno ont achevé de me lasser.
Ceci, pour l'histoire.

Pour ce qui est de l'écriture, ce qui me plaisait hier a fini de me lasser ce matin : l'auteur s'efforce de disséquer la vie de ses personnages en partie par un style d'écriture plus ou moins scientifique et par endroit, philosophique, ce qui ne me dérange pas dans l'absolu et que j'apprécie assez, sauf qu'au bout d'un moment, j'ai fini par trouver cela un peu lourd.
Mais je reconnais que j'aime assez l'écriture de l'auteur.

Par ailleurs, là, je retrouve assez les mêmes sentiments pour ces deux personnages que pour ceux du "Blé en herbe" de Colette : insipides et à baffer. Il n'y a pas à dire, j'ai un vrai problème avec les personnages de petits bourgeois. Surtout ceux qui s'ennuient dans leur propre vie, attendant qu'elle (et ceux qui les entourent) leur apporte quelque chose plutôt que de la vivre pleinement.

Il faut dire que ce roman est empli de cynisme du début jusqu'au moment où j'ai arrêté ma lecture et même si dans l'absolu, c'est assez drôle par ce biais, il n'en reste pas moins qu'au bout d'un moment, je sature. A force, j'ai fini par m'agacer de ces personnages.

C'est dommage, c'était bien parti pourtant.
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vendredi 30 septembre 2011

A gauche, toute !


4 de couv' :

Dans un archipel du Pacifique Sud ignoré des géographes, l'île des Gauchers abrite une population où les droitiers ne sont plus que l'exception. Mais là n'est pas le plus important. Cette minuscule société, foondée par des utopistes français en 1885, s'est donnée pour but de répondre à une colossale question : comment fait-on pour aimer ? Sur cette terre australe, le couple a cessé d'être un enfer. C'est l'endroit du monde l'on trouve, entre les hommes et les femmes, les rapports les plus tendres.
Voilà ce que vient chercher, dans l'île des gauchers, lord Jeremy Cigogne. A trente-huit ans, cet aristocrate anglais enrage de n'avoir jamais su convertir sa passion pour sa femme Emily en un amour véritable. A vouloir trop demeurer son amant, il n'a pas su devenir son époux.
Dans cette réalité à l'envers où tout est à l'endroit, Cigogne et Emily se délivrent non sans mal de leurs habitudes et tentent l'aventure de se combler en suivant les coutumes et les rites étonnants du petit peuple des Gauchers.


Il y a des auteurs dont j'ai beaucoup entendu parler car très célèbres et que je n'ai jamais lus jusqu'ici par peur d'être déçue. Et bien là, ce ne fut pas le cas, j'ai vraiment beaucoup aimé entrer dans l'univers (jusqu'ici inexploré par ma pomme) d'Alexandre Jardin.

Plus qu'un roman d'amour ou un traité sur l'art du mieux-aimer, ce livre est une étude subtile de notre société (car bien que se déroulant de 1932 à la fin de la seconde guerre mondiale, on se doute bien que l'auteur fait ici une critique du monde tel qu'il pouvait être au moment de la parution du livre - 1995 - qui s'applique encore plus à ce début de siècle). Une vision de notre monde via un prisme où tout serait naturellement inversé, mais plus compréhensible comme si on venait de mettre de nouvelles lunettes.
Une autre vision de la vie en société, de la société de consommation, mais aussi et surtout des relations hommes-femmes, de la vie de couple, et vive le libertinage ! (mais là, je caricature)

C'est drôle (à en éclater de rire, ce qui m'a valu ce matin quelques regards circonspects de la part des personnes se trouvant avec moi dans la salle d'attente du médecin), finement observé, imaginatif, très bien écrit. J'ai beaucoup pensé à "Candide" et il y a bien un peu de Voltaire dans tout ça.
A noter qu'a été créée pour l'occasion une nouvelle race animale, le zubial (des zubiaux), titre d'un autre roman d'Alexandre Jardin consacré à son père et dont c'était le surnom donné par sa famille. S'il y a un lien de cause à effet et que je ne fais que deviner pour l'instant, je le comprendrai sans doute mieux après l'avoir lu aussi.

Un très bon moment de lecture. A moins d'être véritablement Droitier, un Mal-Aimé donc, et de trouver tout ceci absurde. Moi pas, je me suis régalée !

Et puisque c'est d'amour qu'il s'agit ici, je n'ai pu m'empêcher de constater, avec un certain amusement, que le livre que je tenais entre les mains a été publié un... 14 février, à Saint-Amand (oui, avec un "d" et non un "t", on fait ce que l'on peut), qui se trouve... dans le Cher.
Comme clin d'oeil au roman lui-même, on ne fait pas mieux.
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jeudi 29 septembre 2011

Les treize roses


4 de couv' :

Jesus Ferrero développe ici, de façon romanesque, un épisode oublié de l'immédiat après-guerre civile espagnole.Treize jeunes femmes, certaines encore mineures, de l'organisation communiste de Madrid, sont arrêtées, jugées et exécutées. Après leur mort, on commence à les appeler "Les treize roses", en souvenir du poème de ce nom écrit par l'une d'elles.
Ferrero imagine leurs derniers jours, depuis leur arrestation jusqu'à leur exécution, et compose une sorte de tragédie antique, un choeur ou chacune des condamnées vient tour à tour sur le devant de la scène et joue le rôle du coryphée. Cela donne à ce livre une grande intensité dramatique et une grande beauté poétique, qui lui ont valu d'être unanimement salué en Espagne comme un roman qui fera date.

Après "Le coeur cousu" qui m'a tant plu,  difficile de lire autre chose sans avoir l'impression que tout retombe plat. Habituellement, quand je finis un roman, j'attends le lendemain pour en entamer un autre, mais là, j'aurais sans doute dû attendre au moins 24 heures, car "Le coeur cousu" et les impressions qu'il m'avait données ne m'étaient pas encore sorti de la tête.
Donc j'ai trouvé l'écriture plate, comme si l'auteur s'était détaché de cette histoire. Le livre suit la progression suivante : arrestations de chaque jeune femme, transfert à la prison, la vie là-bas, la nuit avant l'exécution, le jour de l'exécution, les suites pour les proches.

Je reconnais volontiers la démarche poétique, mais je regrette cependant que l'auteur parte du principe qu'on connaît tous cette histoire et cette partie de l'Histoire espagnole. Sauf que j'aurais bien aimé un peu plus d'explications sur le fait que prison et hôpital psychiatrique étaient deux bâtiments collés l'un à l'autre (ou deux en un, je n'ai pas bien compris), sur le fonctionnement de la prison, les raisons de leur arrestation (j'en ai appris plus là-dessus en lisant le synopsis du film du même nom, c'est un comble), et surtout, j'aurais grandement apprécié qu'il reprenne le poème évoqué en quatrième de couverture. Par exemple, qu'il fasse l'objet d'un seul chapitre.
J'ai eu un peu de mal à me les représenter physiquement, les confondant les unes avec les autres, et d'une manière générale, sur tout type de description : un élément par ci, un autre par là, ce qui fait que ce qu'on s'est représenté au début est chamboulé, difficile pour le lecteur de rester dans la continuité.
Ou alors c'est volontaire, pour dénoncer l'absurdité de la situation. Flagrante quand on connaît les raisons de leur incarcération, qui hélas je le répète, ne sont pas évoquées dans ce livre.

J'apprécie cependant la démarche littéraire, mais il me manquait un petit quelque chose pour l'apprécier pleinement.

Donc, sentiments mitigés pour ce roman.
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