dimanche 26 février 2017

Alabama Song

4 de couv' :
Montgomery, Alabama, 1918. Quand Zelda, "Belle du Sud", rencontre le lieutenant Scott Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. Lui s'est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison. Le couple devient la coqueluche du Tout-New York. Mais Scott et Zelda ne sont encore que des enfants : propulsés dans le feu de la vie mondaine, ils ne tardent pas à se brûler les ailes...
Gilles Leroy s'est glissé dans la peau de Zelda, au plus près de ses joies et de ses peines. Pour peindre avec une sensibilité rare le destin de celle qui, cannibalisée par son mari écrivain, dut lutter corps et âme pour exister...


Bien que romancée, il est toujours intéressant de voir évoquée la vie d'un personnage célèbre par le biais de son entourage. D'autant plus quand il s'agit de sa femme qui est le plus souvent présentée comme étant "perturbée", hystérique, schizophrène, etc.
Il est toujours risqué aussi de se mettre dans la peau d'une personne ayant réellement existé, dont on connaît moins la vie si ce n'est via son mari.

C'est ici un juste retour des choses, l'auteur s'en sort plutôt pas mal, sans voyeurisme. Il fait de Zelda un beau portrait, affranchi de la vision machiste et paternaliste de l'époque et l'a d'une certaine manière réhabilitée. Et de la part d'un homme (bon d'accord de notre époque donc a priori moins bourrin que ceux de son époque à elle), c'est bienvenu.

Par contre, Francis Scott Fitzgerald n'en sort guère grandi, ce qui a le mérite de rééquilibrer les choses.

L'auteur n'est cependant pas de parti pris, il reste aussi objectif que possible avec les éléments biographiques dont il dispose et laisse à chacun la possibilité de se faire sa propre opinion.

Et j'aimerais souligner aussi une belle évocation d'une époque et du milieu dans lesquels le couple évoluait.

Un beau roman biographique.
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vendredi 24 février 2017

L'inconnu du Pont Notre-Dames

4 de couv' :
1786. Le procès de l'affaire du collier touche à sa fin et déconsidère la reine. Le déficit du royaume exacerbe les rivalités politiques. Niclas Le Floch est saisi par Le Noir, nouveau directeur de la Bibliothèque du roi, de la disparition d'un conservateur au cabinet des médailles.
Quelle est l'identité du cadavre décapité découvert dans une maison démolie du Pont Notre-Dame ? Qu'augurent les informations transmises par Lady Charwel, alias La Satin, concernant un complot anglais visant Louis XVI. Existe-t-il un lien entre les deux affaires ?
D'autres meurtres suivront au cours d'une minutieuse enquête qui conduira le policier breton dans la Paris des receleurs et des maisons de jeu et jusqu'à la rade de Cherbourg. Ses fonctions lui imposeront aussi de réduire des émotions populaires et de veiller au bon déroulement des exhumations du Cimetière des Innocents.
Nicolas Le Floch éprouvera aussi le bouleversement de l'effarante révélation de ses origines. Au milieu des intrigues de cour et des dangers de la ville et, face à des suspects équivoques, mus par le lucre et la trahison, il finira par résoudre une sombre énigme en usant d'une découverte étonnante des Lumières.


L'ayant lu il y a au moins 6 mois (non, je n'ai pas fini de rattraper mon retard sur ce blog, j'en suis loin d'ailleurs, vous verriez la pile de livres qui traîne à côté de mon ordi, sans compter ceux empruntés à la bibliothèque...), je ne me rappelle guère de toute l'histoire.

J'ai en tout cas pris plaisir à retrouver la même galerie de personnages, le même contexte historique. C'est un Nicolas Le Floc'h plus mature que l'on retrouve ici, avec une intrigue ma fois plutôt bien aboutie, l'un des meilleurs de la série !
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dimanche 19 février 2017

La pluie ébahie

4 de couv' :
À Senaller, un village dont on ne peut que partir, la pluie ne tombe plus, elle demeure en suspens. Le fleuve est à sec, la sécheresse menace. Le village est-il la proie d’un châtiment divin ou des rejets de l’usine installée à proximité ? Devant l’impuissance des commandeurs des nuages et des villageois, la mère du narrateur décide de se rendre à l’usine… Devenu le complice malgré lui d’un terrible secret, l’enfant n’a pas d’autre choix que de protéger sa mère de la fureur paternelle. La présence aimante du grand-père est l’unique refuge de l’enfant. Afin que la pluie tombe à nouveau, la famille devra dérouler les fils de son histoire et revivre la légende des Ntoweni. Dans ce récit hanté par le conte, Mia Couto déploie toute sa puissance poétique et créatrice pour toucher au plus près la destinée des êtres dans un Mozambique encore à naître.


J'ai beaucoup aimé ce roman dont je me suis laissée porter par la musicalité poétique de la narration. Un genre de conte pour adultes dont chaque phrase, admirablement bien écrite, ne se trouve là par hasard. A lire et relire autant pour l'histoire que pour le style.

Auteure à suivre avec délectation.
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samedi 18 février 2017

La terre qui penche

4 de couv' :
Blanche est morte en 1361 à l'âge de douze ans, mais elle a tant vieilli par-delà la mort ! La vieille âme qu'elle est devenue aurait tout oublié de sa courte existence si la petite fille qu'elle a été ne la hantait pas. Vieille âme et petite fille partagent la même tombe et leurs récits alternent.
L'enfance se raconte au présent et la vieillesse s'émerveille, s'étonne, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l'y attend.
Veut-on l'offrir au diable filou pour que les temps de misère cessent, que les récoltes ne pourrissent plus et que le mal noir qui a emporté sa mère en même temps que la moitié du monde ne revienne jamais ?
Par la force d'une écriture cruelle, sensuelle et poétique à la fois, Carole Martinez laisse Blanche tisser les orties de son enfance et recoudre son destin. Nous retrouvons son univers si singulier, où la magie et le songe côtoient la violence et la truculence charnelles, toujours à l'orée du rêve mais deux siècles plus tard, dans ce domaine des murmures qui était le cadre de son précédent roman.

Je crois bien que tout est dit dans le quatrième de couverture. Pas sur l'histoire racontée, mais bien sur ce qu'il faut en retirer de ce roman (oui, je suis depuis quelques temps assez critique sur ces fichus quatrièmes de couverture, mais je suis capable aussi de dire quand c'est particulièrement bien fait).

On retrouve le style et la force narrative des romans précédents, qui loin de s'appauvrir et de tourner en rond comme cela peut arriver à certains auteurs à succès, se sont ici encore améliorés. Une grande écrivaine s'il en est, j'ai hâte de la suivre au fil des années qui viennent.

Chaque personnage est bien pensé, l'histoire bien construite et aussi cruelle que l'époque évoquée. Une tension tout au long du roman qui fait qu'on ne peut le lâcher et qu'après la dernière page on se dit "encore !".

Un très beau livre, si vous avez aimé "Le coeur cousu" et "Le domaine des murmures", vous n'en aimerez que davantage celui-ci.
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vendredi 17 février 2017

La fille de Brooklyn

4 de couv' :
Je me souviens très bien de cet instant. Nous étions face à la mer. L'horizon scintillait. C'est là qu'Anna m'a demandé : "si j'avais commis le pire, m'aimerais-tu malgré tout ?"
Vous auriez répondu quoi, vous ?
Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l'aimerais quoi qu'elle ait pu faire. Du moins, c'est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d'une main fébrile, et m'a tendu une photo.
- C'est moi qui ai fait ça.
Abasourdi, j'ai contemplé son secret et j'ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours.
Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot.
Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu.
Et depuis, je la cherche.

Depuis que l'auteur s'est remis dans le genre polar, je dois bien reconnaître qu'il a donné un nouveau souffle à ses romans. Ce que l'on pourrait lui reprocher, c'est qu'il est un peu entre deux styles celui d'avant et le polar, avec cependant une nette avancée dans ce dernier genre, qui semble s'étoffer d'un roman à l'autre, et avec un certain succès je dois reconnaître.

L'intrigue est pas mal pensée, je n'ai deviné le dénouement que sur la fin et si on est loin du genre de polar que je préfère (polar noir), on voit bien l'évolution de l'auteur dans ce genre. A suivre.
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jeudi 16 février 2017

L'Horizon à l'envers

4 de couv' :
Où se situe notre conscience ? Est-ce qu'on peu la transférer et la sauvegarder ?
Hope, Josh et Luke, étudiants en neurosciences, forment un trio inséparable, lié par une amitié inconditionnelle et une idée de génie. Lorsque l'un des trois est confronté à une mort imminente, ils décident d'explorer l'impossible et de mettre en oeuvre leur incroyable projet.

Je suis un peu désolée de ce que je vais écrire ici, car je vais être très critique avec un auteur que j'ai toujours bien aimé.

Déjà, le sujet n'est guère nouveau, ce qui ne me dérange pas outre mesure mais il n'est pas forcément abordé de façon originale, ou si vous préférez, nouvelle.
Ce qui n'arrange pas les choses, c'est le nombre de dialogues, toujours trop important chez Marc Lévy, ce qui fait - pour moi - que cela manque de profondeur.
Enfin, autre reproche, une trame de roman usée jusqu'à la corde avec et auteur : un trio d'amis, deux hommes et une femme, elle et un d'entre se tournant autour sans vraiment s'avouer leurs sentiments, l'autre homme étant le faire-valoir comique et un peu déjanté du premier, etc.

Un bon moment de lecture, surtout en vacances.
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mercredi 15 février 2017

Un goût de cannelle et d'espoir

4 de couv' :
Allemagne, 1944. Elsie Schmidt, seize ans, traverse la guerre à l'abri dans la boulangerie de ses parents et sous la protection d'un officier nazi qui la courtise. Mais lors de la soirée de Noël du Parti, elle échappe de peu à un drame grâce à un petit garçon juif. Seul et sans défense, il demande à Elsie de le cacher. Prendra-t-elle ce risque ?
Soixante ans plus tard, au Texas, près de la frontière mexicaine, la journaliste Reba Adams réalise un reportage sur la boulangerie allemande tenue par Elsie. Peu à peu, les deux femmes apprennent à se connaître et Reba comprend que la vieille dame a beaucoup plus à révéler qu'elle ne veut bien le dire. Une rencontre qui va bouleverser leurs existences...

J'ai ic un peu la même impression que pour le roman précédent.

Autant j'ai bien aimé la reconstitution historique de l'Allemagne nazie et de l'après-guerre, autant la partie se déroulant à notre époque m'a moins emballée, cela surtout en raison du personnage de la journaliste auquel je n'ai pas réussi à accrocher. Un peu fadasse à mon goût, j'avais envie de la secouer par moment.

Mais pour la partie historique en effet, c'est plutôt réussi, et si là aussi la partie se déroulant à notre époque (pas assez fouillée à mon goût) sert de prétexte pour revenir à la seconde guerre mondiale, elle y a toute sa place pour un parallèle salutaire entre les deux époques puisqu'il y question, dans chacune, d'intolérance.
Et quand on voit ce que le nouveau locataire de la Maison Blanche veut faire en terme d'émigration (je ne sais pas pour vous mais je trouve qu'il multiplie les bourdes diplomatiques en beaucoup trop peu de temps), on se dit que l'auteure a fait mouche de façon tristement prophétique.
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mardi 14 février 2017

Un parfum d'encre et de liberté

4 de couv' :
1859. Deux ans avant le début de la guerre de Sécession. Sarah Brown, fille d'un célèbre abolitionniste, se résigne à ne pas avoir d'enfant. "Qui voudrait l'épouser ?" se désole sa mère... Sarah retrouve pourtant goût à la vie en s'engageant avec sa famille dans un groupe de résistants, qui aide les esclaves à fuir leur terrible sort vers le nord de l'Amérique. Grâce à ses talents artistiques, elle retrace et dissimule dans ses dessins les cartes secrètes qui mènent à la liberté.
2014. Eden et son mari, un cuple en manque d'enfant, emménagent dans une ancienne demeure de la petite ville de Charleston en Virginie. Alors qu'Eden vagabonde dans sa maison en compagnie de sa voisine, une fillette énigmatique, elle découvre une tête de poupée soigneusement cachée dans le cellier. Malgré les ravages du temps, elle entrevoit de mystérieuses lignes sur le visage de porcelaine, dans lequel se trouve une mystérieuse clé...
Plus d'un siècle sépare Eden et Sarah mais leurs routes vont s'entrecroiser. Car sur la grande carte du monde et de l'Histoire, le passé et le présent se rejoignent dans le destin de ces deux femmes qui dépassent la douleur de ne pas être mères et se révèlent à elles-mêmes.

Un bon moment de lecture. J'ai trouvé très intéressante cette reconstitution du chemin de fer souterrain (je crois qu'on l'appelle ainsi), a priori très bien reconstituée, ainsi que les allers-retours entre le présent et le XIXe siècle.
Si la partie se déroulant à notre époque sert de prétexte original à revenir en arrière, je trouve qu'on aurait pu s'en passer, cette partie n'apportant finalement pas grand chose au roman et encore moins à la partie historique.

Mais c'est aussi ce que j'appelle un roman "de nanas" et le côté à l'eau de rose du roman m'a moins emballée, les atermoiements sentimentaux et existentiels du personnage central m'ayant peu emballée.
Ça ne tient qu'à moi, je le reconnais, je n'ai jamais vraiment aimé ce genre de roman/film/feuilleton. Je n'ai rien contre une bluette sentimentale de temps en temps, comme tout le monde, mais ce n'est vraiment pas mon genre de prédilection.

Cela étant, comme je le disais au début, un bon moment de lecture.
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lundi 13 février 2017

Le livre dont vous êtes le héros

4 de couv' :
Ce petit livre numérique, dont vous êtes le héros, met en scène votre naufrage sur une île. Il se compose de plusieurs paragraphes numérotés. À la fin de chacun, vous devez choisir entre plusieurs possibilités et selon votre choix, vous êtes redirigé vers un nouveau paragraphe. Attention, chaque décision déterminera la tournure de votre histoire : si vous réussissez, ou non, à survivre à votre naufrage. L'histoire est relativement courte, surtout si vous ne parvenez pas à survivre sur l'île, mais vous pouvez la reprendre et tenter une nouvelle fois d'atteindre la fin de l'histoire. Elle offre une multitude de possibilités.

Ceci est un ovni dans mes lectures habituelles, mais un peu de ludique pur dans la lecture, ça peut pas faire de mal !

Cela étant, comme tous les livres dont on est le héros, il a ce défaut essentiellement dû au lecteur, qu'on veut tester toutes les possibilités et qu'on revient souvent sur les passages déjà lus dans les choix précédents.
Et pour la version numérique, le gros défaut est que l'on ne peut pas tricher comme avec la version papier où on marque la page du choix pour revenir facilement en arrière si le résultat ne nous plait pas.
Et que du coup, on est réellement obligé de tout recommencer depuis le début.

Mais voilà, c'est gratuit, alors n'hésitez pas à tenter l'expérience !

Ah oui, et pour l'histoire : elle est assez variée, même si j'ai eu une petite déception en constatant que l'histoire se passait de nos jours. Mon côté borné a fait que je m'attendais à une histoire de naufrage aux temps des galions, des pirates, des corsaires et autres flibustiers (grande fan j'étais de ces histoires quand j'étais petite !). Mais ça, c'est tout moi.
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dimanche 12 février 2017

Papillon de nuit

4 de couv' :
Après l'assassinat de Kennedy, tout a changé aux États-Unis. La société est devenue plus violente, la musique plus forte, les drogues plus puissantes. C'est dans cette Amérique en crise, celle du Vietnam, des luttes pour les droits civiques, celle de Jimi Hendrix, du Ku Klux Klan et du film de Zapruder que Daniel Ford a grandi. Et c'est là, en Caroline du Sud, qu'il a été accusé d'avoir tué Nathan Verney, son meilleur ami.
Nous sommes maintenant en 1982 et Daniel est dans le couloir de la mort. Peu de temps avant son exécution, un prêtre vient recueillir ses dernières confessions. Bien vite, il apparaît que les choses sont loin d'être aussi simple qu'elles en ont l'air. Et que la politique et l'histoire des sixties ne sont pas qu'une toile de fond dans la vie de Daniel, peut-être lui aussi victime de la folie de son temps.


Du grand, du beau, du flamboyant Ellory. Ce roman m'a tout bonnement autant enthousiasmé que "Seul le silence", et ce n'est pas peu dire.

Ce polar est juste somptueux, bien amené, bien écrit, la fin, bien que cruelle sous certains aspects, est tout simplement si magnifique que j'en pleurerais encore maintenant et si je suis encore en mode fan club, cet avis est réellement purement objectif.

Et en plus, ça fait plus de six mois que je l'ai lu, c'est vous dire s'il m'a fait grande impression. A recommander absolument et sans modération !
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samedi 11 février 2017

Un billet d'avion pour l'Afrique

4 de couv' :
En 1962, Maya Angelou, de passage à Accra avec son fils, tente l'expérience du "retour" en Afrique. À l'époque le Ghana, dirigé par Kwame Nkrumah, lutte pour l'émancipation du continent noir et fait figure de "terre promise" aux yeux des Noirs américains en quête de leurs racines.
L'expérience se révèle difficile pour bien des membres de la diaspora, incapables de communiquer avec les Ghanéens et blessés par l'indifférence ou la méfiance que ceux-ci leur témoignent. Maya, qui trouve un emploi et apprend le fanti, rencontre notamment Malcolm X, Muhammad Ali et W.E.B. Du Bois pendant son séjour.
En 1964, plus combative que jamais, elle prendra un billet d'avion pour l'Amérique.


Décidément, cette grande dame n'en finit plus de me fasciner tant sa vie a été passionnante, combative, et assez exceptionnelle il faut bien le dire.

Ce séjour en Afrique sera finalement une expérience en demi-teinte bien que passionnante et enrichissante à bien des points de vue. Ce retour aux sources, bien que nécessaire pour les noirs américains de l'époque sera une belle expérience mais pas forcément celle qu'ils espéraient. Mais pas de regrets, un passage nécessaire dans une vie de militants des droits civiques.
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vendredi 10 février 2017

Arab Jazz

4 de couv' :
Ahmed Taroudant, jeune marginal, ne lit que des polars. Quand il trouve sa voisine pendue à son balcon, un rôti de porc à ses côtés, il sort de sa léthargie. Est-ce le meurtre symbolique d'un fou de Dieu ? Avec Rachel Kupferstein et Jean Hamelot, flics cinéphiles et torturés, Ahmed enquête au coeur d'un 19e arrondissement cosmopolite où ripoux, caïds et fondamentalistes se livrent une guerre sans pitié.

Bon, autant le dire, j'ai détesté. Le livre peine à démarrer tant les atermoiements du personnage central, définitivement détestable tant il est malsain, en alourdit le contenu. Les personnages des deux policiers n'arrangent rien, ils ne valent guère mieux dans le genre torturé et/ou obsédés.
L'auteur fait à un moment allusion à Ellroy mais s'il veut devenir le nouvel Ellroy français, il a intérêt à tous les relire pour arriver à ce niveau.

Bref, vous l'aurez compris, prix littéraire ou pas, je n'ai pas du tout accroché et ai laissé tomber bien avant la moitié.

PS : par contre, si vous l'avez lu et aimé, n'hésitez pas à me dire ce qui vous a plu.
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jeudi 9 février 2017

Le bureau de mariage de M. Ali

4 de couv' :
Comment s'occuper à la retraite, surtout si l'on a du bon sens à revendre ? Ouvrir une agence matrimoniale bien sûr ! Aussi M. Ali, originaire de la ravissante ville de Vizag, dans le sud de l'Inde, voit-il son affaire prospérer sous les regards attentifs de son indomptable épouse et d'Aruna, son assistante hors pair. Si la plupart de leurs clients s'en retournent satisfaits, des problèmes ne s'en profilent pas moins à l'horizon... Une comédie tendre et joyeuse sur le mariage et l'amour dans l'Inde d'aujourd'hui, entre tradition et modernité. Une version à l'orientale d'Orgueil et Préjugés, d'où il ressortira que l'amour sincère ne s'avoue jamais vaincu.

Si je reconnais qu'il s'agit ici d'une lecture fort divertissante, j'ai été un peu déçue tant je m'attendais à une histoire plus enlevée, plus rythmée, plus drôle enfin.
Cela reste un bon moment de lecture, mais plus plat que ce j'espérais.

Par contre, dépaysement garanti : on en apprend beaucoup sur l'Inde, la façon de vivre et surtout les castes (où j'ai (re-?) découvert qu'il y a à l'intérieur des castes des subdivisions qui empêche tout mélange jugé inopportun par ledit système), mais aussi pour les paysages décrits, les coutumes (description du déroulement d'un mariage), la nourriture.
Evidemment, en tant qu'occidentale, j'ai trouvé la place laissée à la femme assez consternante mais on ne peut guère transposer une culture à une autre quand elles sont aussi différentes, mieux vaut donc passer outre ce genre de considérations (et les femmes indiennes sont assez grandes pour défendre leurs droits elles-mêmes !).
Et évidemment, "Bollybook" * sur le mariage oblige, une fin à l'eau de rose...


* désolée, pas pu m'en empêcher...
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mercredi 8 février 2017

Vieux, râleur et suicidaire - la vie selon Ove

4 de couv' :
Dans le lotissement où il vit depuis quarante ans, Ove est connu pour être un râleur de la pire espèce. Au chômage, il fait des rondes pour relever les infractions des habitants du quartier, jusqu'au jour où, las de cette routine, il décide d'en finir. Mais l'arrivée de nouveaux voisins et d'un chat abandonné va contrecarrer ses plans. Interrompant sans le savoir ses différentes tentatives de suicide, ceux-ci vont peu à peu pousser Ove dans ses derniers retranchements et le ramener à la vie !

J'ai adoré, tout simplement.
Tout en ayant finalement une certaine tendresse pour ce vieux bougon (qui, dans certaines de ses postures et réactions, m'a fait penser à un collègue), j'ai très souvent sourit voir rit en lisant cette histoire.

Un excellent moment de lecture, un très bon divertissement que je recommande aussi bien en lecture d'été que dans les moments de grisaille !
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mardi 7 février 2017

Tant que je serai noire

4 de couv' :
Figure emblématique de l'histoire des États-Unis, Maya Angelou s'est engagée corps et âme dans le XXe siècle américain. Tant que je serai noire débute en 1957 lorsque, décidée à devenir écrivain, elle part avec son fils, Guy, pour rejoindre Harlem, épicentre de l'activité intellectuelle des Noirs américains. Elle participe aux bouleversements de l'époque et rencontre des artistes comme Billie Holiday et James Baldwin, et les leaders du mouvement des droits civiques, Malcolm X et Martin Luther King. Enfin, conquise par Vusumzi Make, qui se bat pour la liberté des Noirs d'Afrique du Sud, elle part vivre en Afrique, théâtre des luttes anticolonialistes, où elle devient journaliste.
Ce récit autobiographique dessine le portrait d'une femme exceptionnelle qui a intégré, jusqu'au coeur de sa vie intime, une véritable révolution mondiale, culturelle et politique.

Je ne sais si c'est la force de caractère de Maya Angelou ou l'époque où elle a vécue qui font de ce récit un témoignage aussi exceptionnel. Sans doute un peu des deux, vous vous en doutez.

Et aussi le fait qu'elle a côtoyé tous les grands de son époque (non mais regardez la liste de noms du quatrième de couverture, c'est impressionnant). Impressionnante aussi est sa capacité à s'adapter, à aller de l'avant et à relever tous les défis. Elle n'est évidemment pas exempte de défauts, qu'elle reconnaît bien volontiers dans cet ouvrage (et le suivant) car si elle est une fonceuse, quels que soient les obstacles et ses propres doutes, son impulsivité va parfois la mettre dans des situations inconfortables.

Une vie à lire, et à vivre encore plus !
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lundi 6 février 2017

Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage

4 de couv' :
Dans ce récit, considéré aujourd'hui comme un classique de la littérature américaine, Maya Angelou relate son parcours hors du commun, ses débuts d'écrivain et de militante dans l'Amérique des années 1960 marquée par le racisme anti-Noir, ses combats, ses amours. Son témoignage, dénué de la moindre complaisance, révèle une personnalité exemplaire. À la lire, on mesure - mieux encore - le chemin parcouru par la société américaine en moins d'un demi-siècle...

Ignare que je suis, je ne connaissais rien de Maya Angelou. Je savais tout juste que ce titre était l'une des références de la littérature afro-américaine mais son nom ne me disait rien. C'est en lisant ses livres que je me suis rendue compte de la grande dame qu'elle était.

Ce livre retrace sa prime jeunesse, depuis toute petite jusqu'à ses dix-sept ans, et se termine avec la naissance de son fils.

Mais là déjà on voit sa force de caractère (elle a de qui tenir !), on devine la vie exceptionnelle qui sera la sienne, quelles que soient les épreuves traversées.
Un beau portrait, dans une belle écriture.
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dimanche 5 février 2017

Arizona Tom

4 de couv' :
L'affaire la plus marquante de la carrière d'Ocean Miller, shérif d'une bourgade paumée d'Arizona, est celle de Tom, douze ans, traînant en plein désert un cadavre démembré.
Persuadé de l'innocence du gamin, alors que les notables l'ont déjà condamné, Ocean va tout mettre en oeuvre pour retrouver la piste des coupables. Mais parviendra-t-il à sauver le petit bonhomme de la potence et à redorer son étoile ternie par son amour du bourbon ?
Embuscades, coyotes, saloons où se cotoient culs-terreux, affairistes et putains au grand coeur, Arizona Tom nous plonge, non sans un brin d'ironie, dans le Grand Ouest en pleine conquête. Un roman qui revisite le genre en se jouant des codes du Far West avec malice.

Après les "Frères Sister" j'ai voulu renouveler avec le genre western, dont je commence à devenir assez fan (et que je continue à ne pas aimer au cinéma, allez comprendre...).

Donc là aussi j'ai assez aimé, surtout pour l'humour, encore que le côté polar soit pas mal non plus (surtout sur la conclusion, assez... troublante).

Une galerie de personnages truculente, un anti-héros aussi désabusé, flemmard, lâche que pathétique (que ses défauts, en fait une tactique, servent infailliblement), une intrigue pas trop mal foutue et dont on se demande s'il en viendra à bout tellement il cumule les emm...dements annexes, voilà une lecture on ne peut plus distrayante dont je n'ai pu décroché.

A renouveler !
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samedi 4 février 2017

Un don

4 de couv' :
Au XVIIe siècle, l'oppression et la fièvre s'abattent sur les terres vierges d'Amérique. Florens, enfant noire, est prise comme esclave chez un négociant où elle formera, avec Lina l'indienne et Sorrow l'adolescente blanche, un surprenant trio de domestiques. A l'aube du Nouveau Monde, les voix du passé et de l'enfance nouent le récit magistral des origines.


Encore un magnifique Toni Morrison, que j'ai tendance à comparer à Beloved pour la construction du récit et sa force narrative. Il m'a un peu déroutée au début, le temps de prendre mes marques avec les personnages et leur passé (qui ne nous est jamais livré, comme toujours avec Toni Morrison, de façon chronologique).
A titre personnel, je trouve que placer le roman à cette époque avec ces trois personnages indienne, noire et blanche, dont la vie tourne et dépend du personnage masculin principal est d'autant plus intéressant.

Quel "don" ? Voir le tout dernier paragraphe... qui ne prend tout son sens et sa force qu'après avoir lu l'intégralité du roman, bande de tricheurs !
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vendredi 3 février 2017

La triade du bourreau

4 de couv' :
1989. À la demande d'un officier de police, un jeune archiviste effectue des recherches dans les journaux parus dans les années soixante. Il doit retrouver des articles de presse sur la disparition d'une jeune femme morte et abandonnée dans les égouts de la ville.
L'année suivante, le policier instigateur de cette recherche disparaît sans laisser de traces. Il réapparaît quatorze ans plus tard, hagard, déambulant dans le centre-ville.
Durant tout ce temps, des dizaines de personnes d'ethnie, de taille et de sexe différents meurent de façon violente. Un seul point commun : il leur manque la dernière phalange à l'auriculaire droit.
La triade du bourreau :
- une victime, un persécuteur, et un sauveur.
- Un archiviste, Eddy ; un flic, Oissel et un nettoyeur...
- Des fourmis rouges et noires qui se livrent une bataille féroce et un échiquier qui se remplit de petites fioles.
- Une mère, un père et un fils.
Un huit clos dont personne ne sortira indemne.

Cadeau de Noël 2015 de ma voisine (merci Pascale !) qui est fan de cet auteur, ce roman fut pour moi une découverte et une bonne surprise.
C'est un excellent polar noir, bien structuré, dont on ne peut décrocher une fois commencé ! Les personnages sont crédibles, bien travaillés et l'enquête, un des meilleurs puzzles jamais lus. A renouveler, absolument !

Pour les brestois : l'auteur tenait un stand au marché de Noël, je n'ai hélas pas pu m'y attarder le jour où j'y suis passée, je prendrai ce temps cette année.

Pour tous ceux qui veulent mieux connaître ce qu'il fait : http://www.christianblanchard.fr/
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jeudi 2 février 2017

Mémoire d'un eunuque dans la cité interdite

4 de couv' :
Yu Chunhe, eunuque au palais de l'impératrice Xiaoding, nous livre ce témoignage exceptionnel sur la vie quotidienne des castrats et sur celle de leurs maîtres. Entré dans la Cité Interdite en 1898, à l'âge de Dix-sept ans, il y passera dix-huit années terrible, marquées par la guerre contre les étrangers, l'exil de la cour à Xian, la révolution et la chute de l'empire. Ses mémoires, riches en intrigues et portraits acerbes des familiers de la cour, nous ne apprennent bien plus qu'un livre d'histoire officielle. Description édifiante des moeurs d'une époque, de sa décadence et de sa corruption, les Mémoires d'un eunuque dans la Cité Interdite constituent un document historique unique, mais sont avant tout le récit émouvant du destin tragique d'un adolescent vendu aux trafiquants d'enfants de Pékin qui fournissaient le palais impérial en eunuques.
Yu Chunhe révèle ce qui a souvent été occulté sur la vie privée de ces innocents, châtrés de force pour être ensuite emprisonnés entre les murs de la Cité Interdite où ils étaient traités en esclaves selon le caprice de leur maîtres.

La constante dans les quatrièmes de couverture, c'est qu'ils sont faits pour vendre. Celui-ci, s'il est exact dans le descriptif, je le trouve vraiment optimiste sur la qualité du livre.

Alors, certes, je le reconnais, c'est un bon témoignage sur le sujet des eunuques en Chine. Mais seulement une fois écarté le côté un peu trop guimauve du livre (sans compter la fin à l'eau de rose du moins si je ne me trompe pas sur celui-ci, vu que ça fait plus de six mois que je l'ai lu).
Donc, impression mitigée. Si vous voulez un lire sur ce sujet, oui, c'en est un très bon récit, mais avec trop de broderies dans la narration (mais on est prévenu dans la préface, au moins ne sommes-nous pas piégés).
(et en plus, je m'en suis rendue compte en cours de route, je l'avais déjà lu il y a plusieurs années. Pfff).

Ah oui, et sinon messieurs et autres âmes sensibles, on a un long et douloureux descriptif de l'émasculation du narrateur et de tout ce qu'il a pu ressentir physiquement, je vous conseille donc d'éviter ce passage.

Ce qui chez moi a donné ceci :
"- Yeurk !
- Oui, ma chérie ?
- Tu ne veux pas savoir.
- Oh, tu peux bien me dire...
- Je suis en train de lire un livre sur les eunuques et je suis en plein sur le passage (j'ai failli dire partie...) où on les lui coupe, tu veux vraiment que je te le lise à voix haute ?
- ... ... ... Non merci, ça ira comme ça..."
(le sexe fort, tu parles !)
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mercredi 1 février 2017

Toute la mémoire du monde

4 de couv' :
Née en Egypte en 1360 avant J.-C., Mérit est devenue éternelle grâce à un philtre d'immortalité. En quête de sagesse et de bonheur, forte de sa foi dans le sens de l'Histoire, elle va traverser les siècles, désireuse de comprendre la marche du monde, d'en être le témoin, la mémoire. Veillant au destin de ses filles et des illustres personnages que la vie lui fait rencontrer, elle s'engage auprès de ceux et celles qui se battent pour la liberté et l'égalité. Parfois mélancolique, souvent passionnée, elle nous entraîne dans un vertigineux et inoubliable voyage dans le temps.

Le mot de l'auteure : https://www.youtube.com/watch?v=Dix38UFmHJw

J'ai une affection particulière pour ce roman ou plutôt cette fresque parce que oui, 3500 ans d'histoire, ça fait une looooongue et belle h/Histoire.

Cela ne doit pas être évident de baser une histoire sur une si longue période, il y a forcément des choix à faire, et une fois ce principe posé, il est d'autant plus agréable de la lire.
J'ai adoré chaque partie historique décrite, les allées et venues de Mérit d'un pays ou d'un continent à l'autre, un peu moins la partie de la Grèce et ses philosophes que j'ai trouvée un peu longue, mais ceci uniquement parce que la philosophie et moi, ça n'a jamais été le grand amour. L'auteur a quand même réussi le tour de force à m'y intéresser malgré tout car on voit qu'elle aime le sujet et elle sait le partager.

Mérit change au fil du temps, de son expérience, de ses rencontres, de ses amours. Mais au fond reste la même ou au moins fait tout pour ne pas se perdre ni perdre de vue ses descendantes.

Je ne peux guère raconter davantage sans raconter toute l'histoire et honnêtement, ce serait dommage (et trop long).

C'est un roman ambitieux, dense, beau par les sentiments qui en ressortent. L'humanité, ses travers, sa cruauté, sa folie, sa force et dans ce qu'elle a finalement de meilleur.

Un roman qui m'a marquée et pour lequel je garderai longtemps une affection particulière.
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