4 de couv' :
Tony est une jeune boxeur ; garçon sans histoires, il consacre sa vie au sport, prépare son premier combat pro et se tient à l'écart des trafics qui rythment la vie de sa cité. Mais il doit composer avec une mère à problèmes, qui se laisse entretenir par des voyous. Tout dérape lorsque l'un d'entre eux la bat et l'envoie à l'hôpital. Tony décide de faire appel à Miguel, le caïd de la ville, pour étancher sa soif de vengeance. Mais dans ce milieu, rien n'est jamais gratuit. La faveur demandée a un prix, celui du sang. Tony, qui doit payer sa dette, entame alors une longue descente aux enfers...
Peu importe que le quatrième de couverture nous annonce la fin de ce roman. Car le plus important ici ce n'est pas seulement l'histoire, mais la façon de la raconter.
Une écriture sobre, une langue qui va à l'essentiel, mais suffisamment ciselée pour happer le lecteur dans l'histoire, tout en faisant ressortir une certaine poésie tellement les mots sont brillamment agencés pour en devenir mélodieux.
Au point qu'en faisant une petite sieste en début d'après-midi juste après l'avoir fini, mes rêves m'étaient racontés sur le style de l'auteur. Et j'ai aimé.
Je vous ai dit que ce roman m'a bien plus ?
.
Petites réflexions personnelles sur mes différentes lectures. Mais juste mon opinion, mes impressions, pas un jugement. Je ne suis pas critique littéraire ! Juste une simple lectrice, qui prend plaisir (ou pas) au fil des pages, et qui a envie de vous le faire partager. Et qui est très curieuse de connaître votre opinion aussi !
Affichage des articles dont le libellé est Prix littéraire Cezam 2013. Afficher tous les articles
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dimanche 24 mars 2013
samedi 23 février 2013
Le Mystère Sherlock
4 de couv' :
Meiringen, Suisse. Les pompiers dégagent l'accès à l'hôtel Baker Street. Cet établissement, charmant et isolé, a été coupé du monde pendant trois jours à cause d'une avalanche. Personne n'imagine que, derrière la porte close, se trouve un véritable tombeau. Alignés dans la chambre froide reposent les cadavres de dix universitaires.
Tous son venus là, invités par l'éminent professeur Bobo, pour un colloque de Sherlock Holmes. Un colloque un peu spécial puisque, à son issue, le professeur Bobo devait désigner le tiitulaire de la toute première chaire d'holmésologie de la Sorbonne. Le genre de poste pour lequel on serait prêt à tuer...
Hommage, plein de rebondissements, à Sherlock Holmes et à Agatha Christie ; regard amusé sur le petit monde de l'université ; humour et légèreté. Pour lutter contre la déprime ambiante, le Mystère Sherlock est idéal !
Message à caractère personnel : Didier, toi qui a le même humour, ça devrait te plaire.
Pour les autres, qui avez en horreur un certain humour à la con qui se permet à peu près tous les délires dans une même phrase, passez votre chemin !
Tout ce que j'aime dans ce roman est exactement la raison pour laquelle vous pourriez le détester : un humour à la con donc, des personnages qui sont leur propre caricature ou la caricature de stéréotypes mais sans que ça en devienne outrancier pour peu qu'on se donne la peine d'entrer dans le style d'écriture de ce livre, une histoire et des situations burlesques, bref, la fausse impression que tout ça n'est pas sérieux.
Et pourtant, si.
Tout en ne se prenant au sérieux (au contraire de tous ces universitaires dont le destin livresque est de succomber les uns après les autres), l'auteur a très bien écrit et élaboré ce roman, truffé de références "holmésiennes", que ce soit le Sherlock Holmes de Conan Doyle ou celui d'autres auteurs ayant repris à leur compte le filon (je vous conseille d'ailleurs la bibliographie en fin volume).
Et si vous trouvez la conclusion de l'enquête tirée par les cheveux, je vous conseille :
1) de lire ou relire un enquête du célèbre détective, car l'auteur sur ce coup là a à peine caricaturé voire pas du tout.
2) de ne pas louper l'épilogue, savoureux, qui donne un autre relief à l'histoire... Et aux écrits de Conan Doyle.
Bref, j'ai beaucoup aimé.
Et pour vous donner une idée, deux citations, situées au début du roman.
Le tout début de l'histoire. Le ton - humoristique - est donné :
"En ce joli mois de mai, la neige était tombée dru, juste pour énerver le réchauffement climatique. Dans la vallée suisse de Meiringen, dame Nature avait revêtu son blanc manteau. Sur le voile immaculé, saupoudré çà et là de fleurettes hardies, des marmottons pelucheux batifolaient gaiement. Des mésanges nonnettes enrobaient la scène de pépiement sucrés, de violons et de hautbois. Le temps était suspendu, bien sûr. Il ne manquait plus que le Père Noël accompagné de sa tripotée de lutins, et c'était l'extase cosmique. Tous les clichés étaient convoqués pour faire de cette scène un moment inoubliable de beauté, de pureté et de Walt Disney. Mais heureusement pour l'amateur de polar, friand de sang chaud et de frissons d'échine, tout ça ne dura pas..."
Un petit clin d'oeil au lecteur :
"Ils attendraient patiemment que le commissaire délivre la solution au mystère, sans velléité de le résoudre par eux-mêmes, adoptant cette attitude passive que l'on retrouve chez certains lecteurs de romans à énigme."
Ah oui, question à ceux qui l'auraient déjà lu : c'est moi ou en début de roman, on a un dialogue avec deux personnages qui deviennent trois comme par enchantement ? (il sort d'où, Flippo ? Dédoublement de personnalité d'un des deux ?) Sans compter que lorsqu'ils se disent qu'il faudrait appeler le commissaire ils entendent, je cite :
"Pas la peine" fit une troisième voix.
Euh.. la quatrième plutôt, non ?
Voilà. 'savez à quoi vous attendre maintenant.
.
Meiringen, Suisse. Les pompiers dégagent l'accès à l'hôtel Baker Street. Cet établissement, charmant et isolé, a été coupé du monde pendant trois jours à cause d'une avalanche. Personne n'imagine que, derrière la porte close, se trouve un véritable tombeau. Alignés dans la chambre froide reposent les cadavres de dix universitaires.
Tous son venus là, invités par l'éminent professeur Bobo, pour un colloque de Sherlock Holmes. Un colloque un peu spécial puisque, à son issue, le professeur Bobo devait désigner le tiitulaire de la toute première chaire d'holmésologie de la Sorbonne. Le genre de poste pour lequel on serait prêt à tuer...
Hommage, plein de rebondissements, à Sherlock Holmes et à Agatha Christie ; regard amusé sur le petit monde de l'université ; humour et légèreté. Pour lutter contre la déprime ambiante, le Mystère Sherlock est idéal !
Message à caractère personnel : Didier, toi qui a le même humour, ça devrait te plaire.
Pour les autres, qui avez en horreur un certain humour à la con qui se permet à peu près tous les délires dans une même phrase, passez votre chemin !
Tout ce que j'aime dans ce roman est exactement la raison pour laquelle vous pourriez le détester : un humour à la con donc, des personnages qui sont leur propre caricature ou la caricature de stéréotypes mais sans que ça en devienne outrancier pour peu qu'on se donne la peine d'entrer dans le style d'écriture de ce livre, une histoire et des situations burlesques, bref, la fausse impression que tout ça n'est pas sérieux.
Et pourtant, si.
Tout en ne se prenant au sérieux (au contraire de tous ces universitaires dont le destin livresque est de succomber les uns après les autres), l'auteur a très bien écrit et élaboré ce roman, truffé de références "holmésiennes", que ce soit le Sherlock Holmes de Conan Doyle ou celui d'autres auteurs ayant repris à leur compte le filon (je vous conseille d'ailleurs la bibliographie en fin volume).
Et si vous trouvez la conclusion de l'enquête tirée par les cheveux, je vous conseille :
1) de lire ou relire un enquête du célèbre détective, car l'auteur sur ce coup là a à peine caricaturé voire pas du tout.
2) de ne pas louper l'épilogue, savoureux, qui donne un autre relief à l'histoire... Et aux écrits de Conan Doyle.
Bref, j'ai beaucoup aimé.
Et pour vous donner une idée, deux citations, situées au début du roman.
Le tout début de l'histoire. Le ton - humoristique - est donné :
"En ce joli mois de mai, la neige était tombée dru, juste pour énerver le réchauffement climatique. Dans la vallée suisse de Meiringen, dame Nature avait revêtu son blanc manteau. Sur le voile immaculé, saupoudré çà et là de fleurettes hardies, des marmottons pelucheux batifolaient gaiement. Des mésanges nonnettes enrobaient la scène de pépiement sucrés, de violons et de hautbois. Le temps était suspendu, bien sûr. Il ne manquait plus que le Père Noël accompagné de sa tripotée de lutins, et c'était l'extase cosmique. Tous les clichés étaient convoqués pour faire de cette scène un moment inoubliable de beauté, de pureté et de Walt Disney. Mais heureusement pour l'amateur de polar, friand de sang chaud et de frissons d'échine, tout ça ne dura pas..."
Un petit clin d'oeil au lecteur :
"Ils attendraient patiemment que le commissaire délivre la solution au mystère, sans velléité de le résoudre par eux-mêmes, adoptant cette attitude passive que l'on retrouve chez certains lecteurs de romans à énigme."
Ah oui, question à ceux qui l'auraient déjà lu : c'est moi ou en début de roman, on a un dialogue avec deux personnages qui deviennent trois comme par enchantement ? (il sort d'où, Flippo ? Dédoublement de personnalité d'un des deux ?) Sans compter que lorsqu'ils se disent qu'il faudrait appeler le commissaire ils entendent, je cite :
"Pas la peine" fit une troisième voix.
Euh.. la quatrième plutôt, non ?
Voilà. 'savez à quoi vous attendre maintenant.
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dimanche 17 février 2013
Prison avec piscine
4 de couv' :
Une piscine tranquille, au coeur d'une sage résidence romaine. Une piscine vers laquelle convergent tous les regards, parfois indiscrets. Une piscine où Filippo consent à descendre de temps à autre sur son fauteuil roulant, accompagné de "l'Indispensable", le fidèle Péruvien au service de sa famille depuis des lustres. Villa Magnolia est semblable à un petit bourg, tout le monde s'y connaît... Mais lors d'une chaude matinée d'été, survient un inconnu, un nouveau locataire. Au bord du bassin, l'homme exhibe son dos traversé par trois horribles cicatrices. Quelques jours plus tard il intervient manu militari pour défendre un résidente agressée par deux voyous que l'on retrouvera par la suite carbonisés dans leur voiture... Mais qui est cet énigmatique individu ? Et pourquoi devient-il peu à peu nécessaire à tous ? Avec ce roman brillant, Luigi Carletti nous entraîne dans une comédie à l'italienne qui flirte avec le polar.
A la lecture du quatrième de couverture, je m'attendais à une multitude de personnages haut en couleur, liés comme seuls peuvent être les habitants d'un village qui se connaissent depuis des génération, complices dans une enquête dont le sujet est ce fameux nouveau voisin.
Ben non.
Ce n'est pas une comédie (ou alors, je n'ai vraiment pas le sens de l'humour aujourd'hui) et c'est un polar. Pas le polar classique du il-y-a-un-meurtre-et-le(s)-héro(s)-cherche(nt)-le-meurtrier, mais un polar quand même.
Au final, ne nous seront présentés que quelques habitants de cette résidence, avec pour chacun un portrait assez succinct pour ne pas dire une simple présentation, ce qui ne donne donc pas une impression de "petit bourg". Le narrateur est assez indifférent à ce (ceux) qui l'entoure(nt), et très centré sur sa personne, ce qui est logique vu les circonstances et on comprendra à quel point par la suite, mais du coup ça lui donne assez peu de consistance.
Qui plus est, c'est un personnage extérieur à la résidence et le mystérieux voisin lui-même qui vont révéler qui il est au narrateur.
Même si j'en ai trouvé la lecture assez plaisante, je n'ai pas complètement accroché à ce roman, vu ce à quoi je m'attendais après lecture du quatrième de couverture, et c'est dommage. J'ai l'impression qu'on s'est un peu loupé, ce roman et moi. Ce que je regrette, car il est pourtant bien écrit.
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Une piscine tranquille, au coeur d'une sage résidence romaine. Une piscine vers laquelle convergent tous les regards, parfois indiscrets. Une piscine où Filippo consent à descendre de temps à autre sur son fauteuil roulant, accompagné de "l'Indispensable", le fidèle Péruvien au service de sa famille depuis des lustres. Villa Magnolia est semblable à un petit bourg, tout le monde s'y connaît... Mais lors d'une chaude matinée d'été, survient un inconnu, un nouveau locataire. Au bord du bassin, l'homme exhibe son dos traversé par trois horribles cicatrices. Quelques jours plus tard il intervient manu militari pour défendre un résidente agressée par deux voyous que l'on retrouvera par la suite carbonisés dans leur voiture... Mais qui est cet énigmatique individu ? Et pourquoi devient-il peu à peu nécessaire à tous ? Avec ce roman brillant, Luigi Carletti nous entraîne dans une comédie à l'italienne qui flirte avec le polar.
A la lecture du quatrième de couverture, je m'attendais à une multitude de personnages haut en couleur, liés comme seuls peuvent être les habitants d'un village qui se connaissent depuis des génération, complices dans une enquête dont le sujet est ce fameux nouveau voisin.
Ben non.
Ce n'est pas une comédie (ou alors, je n'ai vraiment pas le sens de l'humour aujourd'hui) et c'est un polar. Pas le polar classique du il-y-a-un-meurtre-et-le(s)-héro(s)-cherche(nt)-le-meurtrier, mais un polar quand même.
Au final, ne nous seront présentés que quelques habitants de cette résidence, avec pour chacun un portrait assez succinct pour ne pas dire une simple présentation, ce qui ne donne donc pas une impression de "petit bourg". Le narrateur est assez indifférent à ce (ceux) qui l'entoure(nt), et très centré sur sa personne, ce qui est logique vu les circonstances et on comprendra à quel point par la suite, mais du coup ça lui donne assez peu de consistance.
Qui plus est, c'est un personnage extérieur à la résidence et le mystérieux voisin lui-même qui vont révéler qui il est au narrateur.
Même si j'en ai trouvé la lecture assez plaisante, je n'ai pas complètement accroché à ce roman, vu ce à quoi je m'attendais après lecture du quatrième de couverture, et c'est dommage. J'ai l'impression qu'on s'est un peu loupé, ce roman et moi. Ce que je regrette, car il est pourtant bien écrit.
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Eux sur la photo
4 de couv' :
Une petite annonce dans le journal comme une bouteille à la mer : Hélène cherche la vérité sur sa mère, morte lorsqu'elle avait trois ans : son seul indice : deux noms sur une photographie retrouvée dans des papiers de famille. Une réponse arrive : Stéphane a reconnu son père.
Commence alors une longue correspondance, parsemée de détails, d'abord ténus puis troublants. Patiemment, Hélène et Stéphane remontent le temps, dépouillant des archives et cherchant dans leur mémoire. Peu à peu, les histoires se recoupent, se répondent, formant un récit différent de ce qu'on leur avait dit.
Dès les premières lignes, je n'ai pas pu lâcher ce roman. Je l'ai lu en une après-midi sans interruption.
Il faut dire aussi que le thème de ce livre trouve un certain écho en moi et dans ma vie : contrairement à Hélène, pas de secret de famille sur mes parents mais, comme pour elle, ils me parlent peu de leur famille, au point (et pour d'autres raisons d'ailleurs) qu'à 41 ans je cherche encore à trouver ma place dans cette famille. D'où mes recherches généalogiques dont j'ai parlé ici il y a quelques temps, qui m'ont permis de retrouver la trace de mon cousin anglais, avec qui, tout comme les personnages du roman, j'entretiens une correspondance régulière. Et, de même, nous partageons nos informations et photographies. Evidemment, notre situation est très différente (ne serait-ce que la différence d'âge, il pourrait être mon père).
C'est vous dire si ce roman a eu un (p***** de sacré) écho en moi.
Cela étant, et malgré tout en toute objectivité : j'ai beaucoup aimé l'alternance entre la correspondance d'Hélène et Stéphane et la description des photos retrouvées au fil de leurs recherches respectives. Sans compter les lettre et journal des autres protagonistes de l'histoire qui répondent à leurs questions.
J'ai beaucoup aimé aussi l'évolution de leur relation, comment, de simples étrangers qu'ils sont l'un pour l'autres, ils finissent par devenir proches.
Sur ce principe, j'ai beaucoup pensé au "Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates".
J'ai apprécié particulièrement que l'auteure ne tombe pas dans la facilité car on ne peut s'empêcher, au fil de la lecture et tout comme les personnages d'ailleurs, d'ébaucher des hypothèses. Et ce qui peut sembler comme une évidence et donc, trop facile, s'avère erroné. Au soulagement des lecteurs, ou le mien en tout cas.
Toujours est-il que ce n'est qu'en ayant lu le livre jusqu'au bout qu'on connaît l'intégralité de l'histoire, chaque réponse en appelant d'autres. Qui est, au delà de ces histoires personnelles, le témoignage d'une époque.
Un roman qui mériterait d'être mieux connu du grand public.
Un vrai coup de coeur pour moi.
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vendredi 8 février 2013
Nuage de cendre
4 de couv' :
En 1783 des éruptions volcaniques apocalyptiques recouvrent l'Islande de cendre, détruisent les récoltes et provoquent une famine. C'est dans ce pays dévasté que deux représentants de l'autorité coloniale danoise vont s'affronter dans un conflit qui sera jugé par l'assemblée populaire traditionnelle.
La rivalité des deux hommes se cristallise autour de deux orphelins, Sunnefa, considérée, à dix-huit ans, comme la plus belle femme de l'île, et son frère cadet Jon, coupables d'inceste et victimes de la société traditionnelle luthérienne. Les paysans qui observent les faits forment le choeur pluriel qui commente la tragédie et permet une grande diversité de points de vue, voix, lettres et journaux des protagonistes qui font lentement progresser le mystère autour du crime central.
La nature est un personnage à part entière, les glaciers, les déserts et les torrents intensifient les sentiments et les haines qui se développent. La présence du mal devient palpable dans cet impitoyable duel à mort.
Ce livre est un puzzle. Un puzzle drôlement bien organisé, l'auteur ayant fait tout le travail de recherche et l'ayant donc reconstitué, mais reste un puzzle. Notez que ce n'est pas négatif de le décrire ainsi, juste un constat amusé, l'impression ressentie durant la lecture.
Ce livre est donc un roman basé sur une histoire vraie, l'affaire Sunnefa. Toute la difficulté de l'auteur étant donc de reconstituer cette histoire à partir de tout ce qu'il a pu lire à ce sujet et sur ses protagonistes. Il n'est cependant pas précisé s'il y a de la part de l'auteur une part d'invention (en dehors des dialogues) ni sur quels points, bien qu'on en devine certains.
Finalement, il se construit comme une enquête, voire comme un polar, où chaque détail a son importance et a son explication ou sa confirmation à un moment ou un autre du récit, la plupart dans le second épilogue ou dans la postface.
Parce que oui, ce livre a deux épilogue, le premier étant situé... au début. Vous commencez à le visualiser, le côté "puzzle", hein ?
Le découpage de ce roman de 236 pages est irrégulier avec des chapitres de 3, 4, 10, 5, 2, 17, 10, 100, 39, 11 et 10 pages. Chaque chapitre est qui plus est une partie de l'histoire, mais pas forcément dans l'ordre chronologique (les parties du début se situant des années après cette affaire, qui fait alors encore parler d'elle).
La construction des chapitres en eux-mêmes est elle aussi irrégulière en ce sens qu'au lieu de se contenter de raconter l'histoire par lui-même, l'auteur l'entrecoupe de courriers, extraits de journaux intimes, narration de multiples personnages.
Et là, accrochez-vous car lorsqu'un passage est narré à la première personne du singulier, le "je" n'est pas forcément la même personne d'un passage à l'autre. Ceci dans le même chapitre peut être plutôt perturbant. Moi qui adore l'originalité, j'ai adoré et m'en suis même amusée, (puisque, après tout, c'est un travail d'enquête dont on suit la progression avec l'auteur, bien que ce dernier sait forcément mieux que nous où cela va nous amener), mais je suis sure que cette façon de faire va en rebuter plus d'un.
Autre chose qui pourrait rebuter le lecteur : les noms islandais des lieux et des gens.
C'est en cela que j'ai grandement apprécié l'avant-propos qui, en à peine deux pages nous en explique suffisamment sur ce pays et en particulier le contexte historique et sociologique de l'époque pour bien suivre l'histoire. Par contre, ne faites pas comme moi, n'oubliez pas qu'il y a dans cet avant-propos une carte de l'Islande...
J'ai adoré découvrir l'Islande par ce livre. Pays froid, abrupt, venteux. Idéal à lire vu la météo de la semaine par ici. Du vent, on a eu mais en Bretagne, en bord de mer, en hiver, rien d'anormal. Disons juste que quand l'auteur parlait du vent, je n'avais qu'à tendre l'oreille, pas à l'imaginer.
Cela étant, la civilisation irlandaise m'a intriguée, interpelée, intéressée. Si vous avez de bons titres et auteurs de ce pays à me conseiller, je suis preneuse.
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En 1783 des éruptions volcaniques apocalyptiques recouvrent l'Islande de cendre, détruisent les récoltes et provoquent une famine. C'est dans ce pays dévasté que deux représentants de l'autorité coloniale danoise vont s'affronter dans un conflit qui sera jugé par l'assemblée populaire traditionnelle.
La rivalité des deux hommes se cristallise autour de deux orphelins, Sunnefa, considérée, à dix-huit ans, comme la plus belle femme de l'île, et son frère cadet Jon, coupables d'inceste et victimes de la société traditionnelle luthérienne. Les paysans qui observent les faits forment le choeur pluriel qui commente la tragédie et permet une grande diversité de points de vue, voix, lettres et journaux des protagonistes qui font lentement progresser le mystère autour du crime central.
La nature est un personnage à part entière, les glaciers, les déserts et les torrents intensifient les sentiments et les haines qui se développent. La présence du mal devient palpable dans cet impitoyable duel à mort.
Ce livre est un puzzle. Un puzzle drôlement bien organisé, l'auteur ayant fait tout le travail de recherche et l'ayant donc reconstitué, mais reste un puzzle. Notez que ce n'est pas négatif de le décrire ainsi, juste un constat amusé, l'impression ressentie durant la lecture.
Ce livre est donc un roman basé sur une histoire vraie, l'affaire Sunnefa. Toute la difficulté de l'auteur étant donc de reconstituer cette histoire à partir de tout ce qu'il a pu lire à ce sujet et sur ses protagonistes. Il n'est cependant pas précisé s'il y a de la part de l'auteur une part d'invention (en dehors des dialogues) ni sur quels points, bien qu'on en devine certains.
Finalement, il se construit comme une enquête, voire comme un polar, où chaque détail a son importance et a son explication ou sa confirmation à un moment ou un autre du récit, la plupart dans le second épilogue ou dans la postface.
Parce que oui, ce livre a deux épilogue, le premier étant situé... au début. Vous commencez à le visualiser, le côté "puzzle", hein ?
Le découpage de ce roman de 236 pages est irrégulier avec des chapitres de 3, 4, 10, 5, 2, 17, 10, 100, 39, 11 et 10 pages. Chaque chapitre est qui plus est une partie de l'histoire, mais pas forcément dans l'ordre chronologique (les parties du début se situant des années après cette affaire, qui fait alors encore parler d'elle).
La construction des chapitres en eux-mêmes est elle aussi irrégulière en ce sens qu'au lieu de se contenter de raconter l'histoire par lui-même, l'auteur l'entrecoupe de courriers, extraits de journaux intimes, narration de multiples personnages.
Et là, accrochez-vous car lorsqu'un passage est narré à la première personne du singulier, le "je" n'est pas forcément la même personne d'un passage à l'autre. Ceci dans le même chapitre peut être plutôt perturbant. Moi qui adore l'originalité, j'ai adoré et m'en suis même amusée, (puisque, après tout, c'est un travail d'enquête dont on suit la progression avec l'auteur, bien que ce dernier sait forcément mieux que nous où cela va nous amener), mais je suis sure que cette façon de faire va en rebuter plus d'un.
Autre chose qui pourrait rebuter le lecteur : les noms islandais des lieux et des gens.
C'est en cela que j'ai grandement apprécié l'avant-propos qui, en à peine deux pages nous en explique suffisamment sur ce pays et en particulier le contexte historique et sociologique de l'époque pour bien suivre l'histoire. Par contre, ne faites pas comme moi, n'oubliez pas qu'il y a dans cet avant-propos une carte de l'Islande...
J'ai adoré découvrir l'Islande par ce livre. Pays froid, abrupt, venteux. Idéal à lire vu la météo de la semaine par ici. Du vent, on a eu mais en Bretagne, en bord de mer, en hiver, rien d'anormal. Disons juste que quand l'auteur parlait du vent, je n'avais qu'à tendre l'oreille, pas à l'imaginer.
Cela étant, la civilisation irlandaise m'a intriguée, interpelée, intéressée. Si vous avez de bons titres et auteurs de ce pays à me conseiller, je suis preneuse.
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lundi 4 février 2013
Le meilleur des jours
4 de couv' :
Après la mort de son père, Yassaman Montazami se réfugie dans l'écriture pour tenter de garder vive la mémoire de ce personnage hors norme. La drôlerie et la cocasserie des souvenirs atténuent peu à peu l'immense chagrin causé par sa perte.
(...)
Evocation d'un monde aujourd'hui disparu, ce premier roman frappe par sa maîtrise et par l'acuité de son trait.
J'ai volontairement tronqué le quatrième de couverture car il est un résumé de ce livre, ce qui est plutôt gênant pour un livre aussi court (138 pages). Quatrième de couverture que je n'avais pas lu en entier, ou en tout cas, pas juste avant de le lire, je ne l'avais donc plus en tête. Et ne m'a donc pas gâché la lecture de ce livre.
Bien que le thème de ce roman est similaire à "Avec tes mains" de Ahmed Kalouaz (hommage d'un enfant à son père décédé), et que j'avais moyennement apprécié, j'ai beaucoup aimé celui-ci.
C'est une belle et véritable déclaration d'amour d'une fille à son père et un hommage à cet homme qu'est ce roman. Le tout sous fond d'Histoire iranienne.
C'est drôle, c'est émouvant, c'est empli d'amour. C'est beau, tout simplement.
Et le plus beau dans tout ça, c'est qu'elle a voulu et su nous faire partager ce qu'elle ressentait pour son père, que, une fois le livre fermé, on souhaiterait avoir connu.
C'est une multitude d'anecdotes, mais tellement bien assemblées que l'ensemble en devient harmonieux.
Court roman, mais l'essentiel est dit, et bien dit.
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Après la mort de son père, Yassaman Montazami se réfugie dans l'écriture pour tenter de garder vive la mémoire de ce personnage hors norme. La drôlerie et la cocasserie des souvenirs atténuent peu à peu l'immense chagrin causé par sa perte.
(...)
Evocation d'un monde aujourd'hui disparu, ce premier roman frappe par sa maîtrise et par l'acuité de son trait.
J'ai volontairement tronqué le quatrième de couverture car il est un résumé de ce livre, ce qui est plutôt gênant pour un livre aussi court (138 pages). Quatrième de couverture que je n'avais pas lu en entier, ou en tout cas, pas juste avant de le lire, je ne l'avais donc plus en tête. Et ne m'a donc pas gâché la lecture de ce livre.
Bien que le thème de ce roman est similaire à "Avec tes mains" de Ahmed Kalouaz (hommage d'un enfant à son père décédé), et que j'avais moyennement apprécié, j'ai beaucoup aimé celui-ci.
C'est une belle et véritable déclaration d'amour d'une fille à son père et un hommage à cet homme qu'est ce roman. Le tout sous fond d'Histoire iranienne.
C'est drôle, c'est émouvant, c'est empli d'amour. C'est beau, tout simplement.
Et le plus beau dans tout ça, c'est qu'elle a voulu et su nous faire partager ce qu'elle ressentait pour son père, que, une fois le livre fermé, on souhaiterait avoir connu.
C'est une multitude d'anecdotes, mais tellement bien assemblées que l'ensemble en devient harmonieux.
Court roman, mais l'essentiel est dit, et bien dit.
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dimanche 3 février 2013
Une seconde vie
4 de couv' :
Sean Blake échappe de justesse à un accident de voiture à la suite duquel il a été, pendant quelques secondes, déclaré cliniquement mort. A son réveil, bouleversé, Sean perçoit le monde tout à fait différemment, comme s'il débutait une nouvelle existence. Mais ce n'est pas la première fois que Sean voit sa vie modifiée. A six semaines, il a été retiré à sa mère, une jeune fille forcée par la société et l'Eglise de le laisser à l'adoption. Avec le sentiment d'être devenu étranger à sa femme et ses deux enfants, et très certainement en premier lieu à lui-même, Sean décide de partir à la recherche de cette mère dont il ne sait rien. Avec beaucoup d'émotion et de sensibilité, Dermot Bolger nous entraîne dans une histoire particulière (déjà évoquée au cinéma dans le très émouvant Magdalene Sisters), celle de ces adolescentes irlandaises rompues et humiliées, dont le malheur se répercuta sur les générations futures.
S'agissant d'un roman sélectionné pour un prix littéraire 2013, j'ai été surprise de découvrir en lisant la préface de l'auteur qu'il s'agit en fait d'un roman écrit en 1993 (boudiou, vingt ans !). Que l'auteur, pour diverses raisons, a ressenti le besoin de réécrire ce livre.
On peut dire d'une certaine manière que non seulement ce livre n'est pas récent, mais qu'en plus, il est une version améliorée de l'original, ce qui m'a un peu chiffonnée sur sa présence à ce prix littéraire.
En gros : c'est pas un peu de la triche, ça ? (involontaire de la part de l'auteur évidemment, après tout, ce n'est pas lui qui fait la sélection du prix) Oui, j'ai un côté puriste parfois.
Mais une fois entamée la lecture de ce roman, j'ai vite oublié mes scrupules car vite happée par l'histoire et la façon de la raconter.
Elle m'a beaucoup fait pensé à "Le testament caché" de Sebastian Barry le thème étant similaire, mais abordé de façon radicalement différente.
Tout simplement, j'ai adoré ce roman. J'ai l'impression que, sur un thème comme celui-là, il n'a rien oublié de mentionner : le détresse de ces jeunes filles, la cruauté de l'époque, la honte, la colère, l'envie de vengeance, le pardon, la capacité à se reconstruire malgré tout.
Un très beau roman, un sujet traité de façon intelligente, et ma foi ce qui ne gâche rien, une écriture très agréable à lire.
Mon favori de la sélection à présent.
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Sean Blake échappe de justesse à un accident de voiture à la suite duquel il a été, pendant quelques secondes, déclaré cliniquement mort. A son réveil, bouleversé, Sean perçoit le monde tout à fait différemment, comme s'il débutait une nouvelle existence. Mais ce n'est pas la première fois que Sean voit sa vie modifiée. A six semaines, il a été retiré à sa mère, une jeune fille forcée par la société et l'Eglise de le laisser à l'adoption. Avec le sentiment d'être devenu étranger à sa femme et ses deux enfants, et très certainement en premier lieu à lui-même, Sean décide de partir à la recherche de cette mère dont il ne sait rien. Avec beaucoup d'émotion et de sensibilité, Dermot Bolger nous entraîne dans une histoire particulière (déjà évoquée au cinéma dans le très émouvant Magdalene Sisters), celle de ces adolescentes irlandaises rompues et humiliées, dont le malheur se répercuta sur les générations futures.
S'agissant d'un roman sélectionné pour un prix littéraire 2013, j'ai été surprise de découvrir en lisant la préface de l'auteur qu'il s'agit en fait d'un roman écrit en 1993 (boudiou, vingt ans !). Que l'auteur, pour diverses raisons, a ressenti le besoin de réécrire ce livre.
On peut dire d'une certaine manière que non seulement ce livre n'est pas récent, mais qu'en plus, il est une version améliorée de l'original, ce qui m'a un peu chiffonnée sur sa présence à ce prix littéraire.
En gros : c'est pas un peu de la triche, ça ? (involontaire de la part de l'auteur évidemment, après tout, ce n'est pas lui qui fait la sélection du prix) Oui, j'ai un côté puriste parfois.
Mais une fois entamée la lecture de ce roman, j'ai vite oublié mes scrupules car vite happée par l'histoire et la façon de la raconter.
Elle m'a beaucoup fait pensé à "Le testament caché" de Sebastian Barry le thème étant similaire, mais abordé de façon radicalement différente.
Tout simplement, j'ai adoré ce roman. J'ai l'impression que, sur un thème comme celui-là, il n'a rien oublié de mentionner : le détresse de ces jeunes filles, la cruauté de l'époque, la honte, la colère, l'envie de vengeance, le pardon, la capacité à se reconstruire malgré tout.
Un très beau roman, un sujet traité de façon intelligente, et ma foi ce qui ne gâche rien, une écriture très agréable à lire.
Mon favori de la sélection à présent.
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lundi 14 janvier 2013
Prix Cezam 2013 - bilan provisoire
Je constate sur ces trois romans que le point commun de la sélection n'est pas seulement, comme je le croyais au départ, un évènement bouleversant la vie d'un ou des personnages, mais surtout tourne autour d'un lieu.
Lieu qui en devient le personnage de chaque histoire.
Dans "Enola Game", la maison des protagonistes est un lieu de sécurité tout d'abord imposé puis nécessaire, double refuge du présent et du passé, où se voir imposer de la quitter entraînera la conclusion de l'histoire.
Dans "Le roi n'a pas sommeil", c'est la ville entière mais aussi la maison de ses parents, lieux où il naît et grandit puis meurt, et aura pesé sur sa vie comme celle de ses habitants.
Dans "Rêves oubliés"ce sont deux lieux qui sont au centre du récit, histoire de réfugiés oblige : l'Espagne qu'ils ont quittée, avec leurs maison de famille, leurs racines, leurs souvenirs, leur vie passée. Et la France, leur nouvelle vie, leurs regrets, leurs espoirs, leur avenir. D'où le carnet d'Ama, qui permet de faire le lien entre ces lieux et ces vies. Jusqu'à ce que l'évènement final la poussera à se tourner définitivement vers l'avenir.
A confirmer par la suite s'il y a bien un lien entre tous les romans de la sélection et si c'est bien celui-là.
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dimanche 13 janvier 2013
Rêves oubliés
4 de couv' :
Quand il arrive à Irun où il espère rejoindre sa famille, Aïta trouve la maison vide. Le gâteau de riz abandonné révèle un départ précipité. En ce mois d'août 1936, le Pays basque espagnol risque de tomber entre les mains des franquistes. Aïta sait que ses beaux-frères sont des activistes.
Informé par une voisine, il parvient à retrouver les siens à Hendaye. Ama, leurs trois fils, les grands-parents et les oncles ont trouvé refuge dans une maison amie. Aucun d'eux ne sait encore qu'ils ne reviendront pas en Espagne.
Être ensemble, c'est tout ce qui compte : au fil des années, cette simple phrase sera leur raison de vivre. Malgré le danger, la nostalgie et les conditions difficiles - pour nourrir sa famille, Aïta travaille comme ouvrier à l'usine d'armement, lui qui dirigeait une fabrique de céramique.
En 1939, quand les oncles sont arrêtés et internés au camp de Gurs, il faut fuir plus loin encore. Tous se retrouvent alors au coeur de la nature, dans une ferme des Landes. La rumeur du monde plane sur leur vie frugale, rythmée par le labeur quotidien : les Allemands, non loin, surveillent la centrale électrique voisine, et les oncles, libérés, poursuivent leurs activités clandestines.
Ecrit comme pour lutter contre la fuite des jours, le carnet où Ama consigne souvenirs, émotions et secrets donne à ce très beau roman une intensité et une profondeur particulières.
Léonor de Récondo, en peu de mots, fait surgir des images fortes pour rendre à cette famille d'exilés un hommage où une pudique retenue exclut le pathos.
Un très beau roman en effet, dont je retiendrai une belle écriture mais aussi l'optimisme, le courage et les espoirs de cette famille en un avenir meilleur.
M'a particulièrement plue également la narration de l'auteure et celle d'Ama qui lui fait écho, incluant ainsi davantage le lecteur dans l'histoire.
L'humour aussi, en particulier la description des crises de somnambulisme de l'un des garçons, dont la conclusion m'a bien fait rire.
La conclusion m'a surprise, non par le bond dans le temps, mais plutôt par les évènements. Et par ce que Ama fait alors de ce carnet, bien que logique.
Mais je garderai un bon souvenir de cette lecture, dont je me suis délectée. D'une traite.
Pour le moment, mon préféré de la sélection. Mais en restent encore sept à lire.
Quand il arrive à Irun où il espère rejoindre sa famille, Aïta trouve la maison vide. Le gâteau de riz abandonné révèle un départ précipité. En ce mois d'août 1936, le Pays basque espagnol risque de tomber entre les mains des franquistes. Aïta sait que ses beaux-frères sont des activistes.
Informé par une voisine, il parvient à retrouver les siens à Hendaye. Ama, leurs trois fils, les grands-parents et les oncles ont trouvé refuge dans une maison amie. Aucun d'eux ne sait encore qu'ils ne reviendront pas en Espagne.
Être ensemble, c'est tout ce qui compte : au fil des années, cette simple phrase sera leur raison de vivre. Malgré le danger, la nostalgie et les conditions difficiles - pour nourrir sa famille, Aïta travaille comme ouvrier à l'usine d'armement, lui qui dirigeait une fabrique de céramique.
En 1939, quand les oncles sont arrêtés et internés au camp de Gurs, il faut fuir plus loin encore. Tous se retrouvent alors au coeur de la nature, dans une ferme des Landes. La rumeur du monde plane sur leur vie frugale, rythmée par le labeur quotidien : les Allemands, non loin, surveillent la centrale électrique voisine, et les oncles, libérés, poursuivent leurs activités clandestines.
Ecrit comme pour lutter contre la fuite des jours, le carnet où Ama consigne souvenirs, émotions et secrets donne à ce très beau roman une intensité et une profondeur particulières.
Léonor de Récondo, en peu de mots, fait surgir des images fortes pour rendre à cette famille d'exilés un hommage où une pudique retenue exclut le pathos.
Un très beau roman en effet, dont je retiendrai une belle écriture mais aussi l'optimisme, le courage et les espoirs de cette famille en un avenir meilleur.
M'a particulièrement plue également la narration de l'auteure et celle d'Ama qui lui fait écho, incluant ainsi davantage le lecteur dans l'histoire.
L'humour aussi, en particulier la description des crises de somnambulisme de l'un des garçons, dont la conclusion m'a bien fait rire.
La conclusion m'a surprise, non par le bond dans le temps, mais plutôt par les évènements. Et par ce que Ama fait alors de ce carnet, bien que logique.
Mais je garderai un bon souvenir de cette lecture, dont je me suis délectée. D'une traite.
Pour le moment, mon préféré de la sélection. Mais en restent encore sept à lire.
"Aïta m'a dit que ce n'était pas un bol pour boire, mais un récipient à rêves, où ce ne sont pas les lèvres qui se posent mais les yeux qui se perdent"
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samedi 12 janvier 2013
Le roi n'a pas sommeil
"Ce que personne n'a jamais su, ce mystère dont on ne parlait pas le dimanche après le match, cette sensation que les vieilles tentaient de décortiquer le soir, enfouies sous les draps, cette horreur planquée derrière chaque phrase, caque geste, couverte par les capsules de soda, tachée par la moutarde des hot-dogss vendus avant les concerts ; cette peur insupportables, étouffée par les familles, les chauffeurs de bus et les prostituées, ce que personne n'a pu savoir, c'est ce que Thomas avait ressenti quand les flics aux cheveux gras lui avait passé les bracelets, en serrant si fort son poignet que le sang avait giclé sur la manche de sa chemise."
Tout est là : le mutisme, le poids des regards, l'irrémédiable du destin d'un enfant sage, devenu trop taciturne et ombrageux. Thomas Hogan aura pourtant tout fait pour exorciser ses démons - les mêmes qui torturaient déjà son père.
Quand a-t-il basculé ? Lorsque Paul l'a trahi pour rejoindre la bande de Calvin ? Lorsqu'il a découvert le Blue Budd, le poker et l'alcool de poire ? Lorsque Donna l'a entraîné naïvement derrière la scierie maudite ?
La sobriété du style de Cécile Coulon - où explosent soudain les métaphores - magnifie l'âpreté des jours, communique une sensation de paix, de beauté indomptable, d'indicible mélancolie.
Deux romans de la sélection du prix Cezam de cette année, deux romans aussi déprimants l'un que l'autre. Espérons que les suivants soient sinon un peu plus jouasses, au moins plus optimistes.
J'ai apprécié : le style d'écriture, un humour subtil, le début qui raconte la fin et annonce un déroulé, une progression dont le point culminant - la fin donc - ferait boucle avec le premier chapitre.
Oui mais. J'ai trouvé l'histoire de la vie de Thomas tombant un peu à plat.
L'histoire banale et tragique d'un gars ordinaire, trouvant logiquement sa conclusion dans le drame (je ne dévoile rien, on sait dès le premier chapitre que cela se terminera mal. On ne sait juste pas de quelle façon, ce qui était une assez bonne accroche). Cela aurait pu être plus prenant à mon avis, on ne voit pas réellement de transition, de progression vers l'inéluctable.
On a une impression d'indifférence de son entourage, de l'auteure. A moins que ce ne soit de ma part... Ou du personnage lui-même...
Il y a une sorte de parallèle entre Thomas et Paul que j'ai presque trouvé de trop et trop facile, mais je ne peux en dire plus sans raconter tout un pan de l'histoire.
Et en même temps, je lui trouve un certain nombre de qualités, à ce roman. Mais je n'ai pas réussi à accrocher. Dommage.
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vendredi 4 janvier 2013
Enola Game
4 de couv' :
Une jeune femme et sa petite fille vivent enfermées dans leur maison. A l'origine de cette claustration, il y a Enola Game, une catastrophe dont on ne connaît pas la nature exacte : accident nucléaire ? Conflit mondial ? Guerre civile ?
Au fil des semaines, malgré sa peut et son chagrin, la mère puise dans sa mémoire et ses lectures mille raisons de célébrer la vie. Les mots de Mallarmé qu'elle recopie dans son journal intime trouvent une résonance particulière dans le vide de son huit-clos :
"Ma faim qui d'aucun fruit ici ne se régale, trouve en leur docte manque une saveur égale."
Cependant, tandis que le mère louvoie entre sa douleur, ses souvenirs magnifiés et sa volonté farouche de donner un sens à la vie de son enfant, les quelques nouvelles du monde qui lui parviennent encore sont chaque jour un peu plus alarmantes.
In fine, la question de ce roman pourrait être : que reste-t-il quand il ne reste rien ?
Pour être franche, l'idée de cette lecture ne me disait rien.
J'en avais entendu parler depuis quelques mois maintenant car il se trouve que la maison d'édition de ce roman est aussi ma librairie préférée, pour ne pas dire ZE librairie de Brest. Je ne pouvais donc pas passer à côté.
J'étais parfois tentée par cette lecture, un peu influencée par la publicité qui en était faite je dois le reconnaître, mais je le reposais finalement sur le rayon à chaque fois que je l'avais en main, me disant que si la librairie m'offrait encore un livre en fin d'année (ça, c'est une chouette carte de fidélité), je choisirais celui-là. Ben non, j'ai finalement jeté mon dévolu sur un autre.
La raison de cette hésitation : le thème. Habituellement, ce genre de thème ne me rebute pas (j'adore Mad Max), mais j'avais besoin à l'époque de lectures un peu plus jouasses (en dehors des polars bien sûr).
Mon impression est à la hauteur de cette hésitation : mitigée.
Il n'y a pas réellement d'histoire du moins était-ce mon impression au début. Le fil conducteur fait qu'il y a une évolution de la situation, mais il y a surtout beaucoup d'anecdotes en courts paragraphes la plupart du temps, qui tiennent entre elle par :
1) la volonté de la mère de se donner un but et une raison de vivre, et surtout à sa petite.
2) les demandes de la petite à sa mère de lui raconter son enfance, ses souvenirs. Ce sont ces souvenirs qui illuminent leur quotidien, au sens propre comme au sens figuré, et nous permettent à nous lecteurs que prendre conscience (si besoin est) de ce qui est essentiel dans une vie.
3) la volonté de l'auteure elle-même de nous distiller les informations sur les personnages et le contexte, le tout finissant par faire un ensemble cohérent.
C'est donc là une façon originale de construire un roman.
Tout au long du livre, je me suis demandée ce que j'aurais fait à la place de la mère car autant je comprends son besoin de rester dans la maison familiale (plus rassurant, d'où d'ailleurs sûrement ses souvenirs d'enfance), autant rester dans un endroit relativement isolé vu les circonstances me paraît de la folie pure. Bien que les autorités interdisent aux habitants dans un premier temps de quitter leurs habitations.
Sur l'écriture, la façon qu'a l'auteure de jouer avec les mots m'a un peu agacée, bien qu'on y décèle un potentiel qui s'affirme au fil du roman.
Quand au dénouement, que je ne donnerai pas ici, je le trouve cohérent avec le déroulement du roman.
Globalement, un roman assez sombre, mais une originalité intéressante dans la façon de le traiter et une belle qualité d'écriture qui demande à être confirmée.
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Une jeune femme et sa petite fille vivent enfermées dans leur maison. A l'origine de cette claustration, il y a Enola Game, une catastrophe dont on ne connaît pas la nature exacte : accident nucléaire ? Conflit mondial ? Guerre civile ?
Au fil des semaines, malgré sa peut et son chagrin, la mère puise dans sa mémoire et ses lectures mille raisons de célébrer la vie. Les mots de Mallarmé qu'elle recopie dans son journal intime trouvent une résonance particulière dans le vide de son huit-clos :
"Ma faim qui d'aucun fruit ici ne se régale, trouve en leur docte manque une saveur égale."
Cependant, tandis que le mère louvoie entre sa douleur, ses souvenirs magnifiés et sa volonté farouche de donner un sens à la vie de son enfant, les quelques nouvelles du monde qui lui parviennent encore sont chaque jour un peu plus alarmantes.
In fine, la question de ce roman pourrait être : que reste-t-il quand il ne reste rien ?
Pour être franche, l'idée de cette lecture ne me disait rien.
J'en avais entendu parler depuis quelques mois maintenant car il se trouve que la maison d'édition de ce roman est aussi ma librairie préférée, pour ne pas dire ZE librairie de Brest. Je ne pouvais donc pas passer à côté.
J'étais parfois tentée par cette lecture, un peu influencée par la publicité qui en était faite je dois le reconnaître, mais je le reposais finalement sur le rayon à chaque fois que je l'avais en main, me disant que si la librairie m'offrait encore un livre en fin d'année (ça, c'est une chouette carte de fidélité), je choisirais celui-là. Ben non, j'ai finalement jeté mon dévolu sur un autre.
La raison de cette hésitation : le thème. Habituellement, ce genre de thème ne me rebute pas (j'adore Mad Max), mais j'avais besoin à l'époque de lectures un peu plus jouasses (en dehors des polars bien sûr).
Mon impression est à la hauteur de cette hésitation : mitigée.
Il n'y a pas réellement d'histoire du moins était-ce mon impression au début. Le fil conducteur fait qu'il y a une évolution de la situation, mais il y a surtout beaucoup d'anecdotes en courts paragraphes la plupart du temps, qui tiennent entre elle par :
1) la volonté de la mère de se donner un but et une raison de vivre, et surtout à sa petite.
2) les demandes de la petite à sa mère de lui raconter son enfance, ses souvenirs. Ce sont ces souvenirs qui illuminent leur quotidien, au sens propre comme au sens figuré, et nous permettent à nous lecteurs que prendre conscience (si besoin est) de ce qui est essentiel dans une vie.
3) la volonté de l'auteure elle-même de nous distiller les informations sur les personnages et le contexte, le tout finissant par faire un ensemble cohérent.
C'est donc là une façon originale de construire un roman.
Tout au long du livre, je me suis demandée ce que j'aurais fait à la place de la mère car autant je comprends son besoin de rester dans la maison familiale (plus rassurant, d'où d'ailleurs sûrement ses souvenirs d'enfance), autant rester dans un endroit relativement isolé vu les circonstances me paraît de la folie pure. Bien que les autorités interdisent aux habitants dans un premier temps de quitter leurs habitations.
Sur l'écriture, la façon qu'a l'auteure de jouer avec les mots m'a un peu agacée, bien qu'on y décèle un potentiel qui s'affirme au fil du roman.
Quand au dénouement, que je ne donnerai pas ici, je le trouve cohérent avec le déroulement du roman.
Globalement, un roman assez sombre, mais une originalité intéressante dans la façon de le traiter et une belle qualité d'écriture qui demande à être confirmée.
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jeudi 3 janvier 2013
Oups...
J'ai complètement oublié de vous donner le résultat du prix des lecteurs Cezam 2012. Et en beauté encore.
A ma décharge et sans me chercher d'excuses, j'ai l'impression que la communication des résultats a été faite de façon moins visible qu'avant mais il est vrai aussi que j'avais à l'époque d'autres motifs de préoccupation. Ceci explique sans doute cela.
Alors le lauréat 2012, le voici : Code 1879, de Dan Waddel. Il n'était pas dans mes favoris (toute la difficulté d'un classement : bien qu'on aime ce qu'on lit, il y a bien un moment où il faut le placer dans la liste des dix), même si je l'avais globalement bien apprécié.
Du coup, j'en profite pour vous rappeler que le prix 2013 est déjà lancé, dont vous trouverez ici la sélection, aussi bien pour les romans que pour les BD.
Parmi les romans, beaucoup font moins de 250 pages (le plus épais seulement 300), donc même si vous ne participez pas à ce prix, que vous avez envie de découvrir de nouveaux auteurs et de sortir de votre train-train de lecture, sautez sur l'occasion !
J'ai l'impression que chaque sélection a un fil conducteur : les nomades il y a quelques années, la famille l'année dernière (du moins pour une grande partie de la sélection 2012).... Cette année, il semblerait que ce soit un évènement qui change la vie des personnages centraux.
Toujours est-il que j'en ai déjà réservé 4 auprès du réseau des bibliothèques de Brest, emprunté 3 cet après-midi. Ne reste plus que 3.
D'ici septembre, c'est largement jouable.
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A ma décharge et sans me chercher d'excuses, j'ai l'impression que la communication des résultats a été faite de façon moins visible qu'avant mais il est vrai aussi que j'avais à l'époque d'autres motifs de préoccupation. Ceci explique sans doute cela.
Alors le lauréat 2012, le voici : Code 1879, de Dan Waddel. Il n'était pas dans mes favoris (toute la difficulté d'un classement : bien qu'on aime ce qu'on lit, il y a bien un moment où il faut le placer dans la liste des dix), même si je l'avais globalement bien apprécié.
Du coup, j'en profite pour vous rappeler que le prix 2013 est déjà lancé, dont vous trouverez ici la sélection, aussi bien pour les romans que pour les BD.
Parmi les romans, beaucoup font moins de 250 pages (le plus épais seulement 300), donc même si vous ne participez pas à ce prix, que vous avez envie de découvrir de nouveaux auteurs et de sortir de votre train-train de lecture, sautez sur l'occasion !
J'ai l'impression que chaque sélection a un fil conducteur : les nomades il y a quelques années, la famille l'année dernière (du moins pour une grande partie de la sélection 2012).... Cette année, il semblerait que ce soit un évènement qui change la vie des personnages centraux.
Toujours est-il que j'en ai déjà réservé 4 auprès du réseau des bibliothèques de Brest, emprunté 3 cet après-midi. Ne reste plus que 3.
D'ici septembre, c'est largement jouable.
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