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jeudi 3 janvier 2013

Oups...

J'ai complètement oublié de vous donner le résultat du prix des lecteurs Cezam 2012. Et en beauté encore.

A ma décharge et sans me chercher d'excuses, j'ai l'impression que la communication des résultats a été faite de façon moins visible qu'avant mais il est vrai aussi que j'avais à l'époque d'autres motifs de préoccupation. Ceci explique sans doute cela.

Alors le lauréat 2012, le voici : Code 1879, de Dan Waddel. Il n'était pas dans mes favoris (toute la difficulté d'un classement : bien qu'on aime ce qu'on lit, il y a bien un moment où il faut le placer dans la liste des dix), même si je l'avais globalement bien apprécié.



Du coup, j'en profite pour vous rappeler que le prix 2013 est déjà lancé, dont vous trouverez ici la sélection, aussi bien pour les romans que pour les BD.

Parmi les romans, beaucoup font moins de 250 pages (le plus épais seulement 300), donc même si vous ne participez pas à ce prix, que vous avez envie de découvrir de nouveaux auteurs et de sortir de votre train-train de lecture, sautez sur l'occasion !

J'ai l'impression que chaque sélection a un fil conducteur : les nomades il y a quelques années, la famille l'année dernière (du moins pour une grande partie de la sélection 2012).... Cette année, il semblerait que ce soit un évènement qui change la vie des personnages centraux.

Toujours est-il que j'en ai déjà réservé 4 auprès du réseau des bibliothèques de Brest, emprunté 3 cet après-midi. Ne reste plus que 3.
D'ici septembre, c'est largement jouable.
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vendredi 7 septembre 2012

CEZAM 2012 - Mon classement

Donc voilà, j'ai lu les dix romans du prix des lecteurs CEZAM, j'ai déposé mon classement lundi, jour de la date limite. Je n'ai pas eu de mal à élaborer ce classement, si ce n'est pour les deux premiers, je les ai intervertis au dernier moment. Et comme souvent, j'ai été surprise de voir la place de certains romans que j'avais pourtant bien aimés. Et à part le tout dernier, ce classement reflète une ordre de préférence (oui, forcément, allez-vous me dire) qu'un bête classement du meilleur au plus mauvais. Ou inversement. Ou pour mieux dire, qu'un livre se trouve en bas de liste ne signifie pas que je ne l'ai pas aimé, mais bien que ceux au-dessus, étaient encore mieux.

Le voici donc ce classement, et je rappelle que 10 correspond au livre préféré. 10/10 en somme.

10 - Des vies d'oiseaux, Véronique Ovaldé

9 - Rouge Argile, Virginie Ollagnier

8 - Le Héron de Guernica, Antoine Choplin

7 - Requins d'eau douce, Heinrich Steinfest

6 - Les trois lumières, Claire Keegan

5 - Code 1879, Dan Waddel

4 - Pour tout l'or du Brésil, Jean-Paul Delfino

3 - Une autre époque, Alain-Claude Sulzer

2 - Le cabaret des oubliés, Philippe Delpierre et Bruno Vouters

1 - En attendant Robert Capa, Susana Fortes


Reste à attendre les résultats officiels. Mon pronostic ? Un de mes deux chouchous.
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dimanche 2 septembre 2012

Rouge argile

La maison familiale au Maroc, lieu de l'enfance et des souvenirs, elle n'y passait plus que des vacances... Rosa l'a quittée il y a vingt ans, pour faire un beau mariage en métropole, au milieu des années cinquante, au moment où l'Histoire a changé la donne. Alors quand Egon, son second père, meurt, ce retour aux sources ne peut être que bouleversant. Chaque objet effleuré, chaque tiroir ouvert, chaque propos échangé avec sa vieille nourrice ou sa volubile marraine, réveille un nouveau fantôme. Face au passé, à ce deuil qui fait écho à d'autres deuils, à la transmission inattendue de secrets de famille, ce sont ses propres choix de vie qu'elle va comprendre peu à peu et remettre en question...


Il y a dans ce roman un peu de Stéphanie Janicot pour l'ambiance, un peu de Maïssa Bey pour le lieu de l'histoire (oui, je sais, elle c'est sur l'Algérie qu'elle écrit) et pour le côté histoire de femmes, un peu de Marie NDiaye pour le côté fantastique, et un peu de Véronique Ovaldé pour le côté décisions importantes à prendre dans une vie.

Sachant à quel point j'aime ces quatre auteures, inutile de vous dire que j'ai particulièrement apprécié ce roman et que vous entendrez à nouveau parler de Virginie Ollagnier dans ce blog.
D'ailleurs, je la connaissais déjà sans le savoir : elle est également scénariste de BD, dont le très beau "Kia Ora", que j'ai adoré, et dont il faudra bien que je vous parle un jour.

J'ai beaucoup apprécié ce roman pour sa description du Maroc, des liens de famille, et de l'amour, sous différentes formes, qui est omniprésent dans ce roman.

C'est un beau roman, c'est une belle histoire ?

Oui, sans aucun doute !
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samedi 1 septembre 2012

Requins d'eau douce

Un corps flotte dans une piscine au vingt-huitième étage d'un immeuble viennois : déchiqueté et unijambiste. Une minuscule prothèse auditive gît au fond du bassin. Aucune piste sérieuse en vue. L'homme aurait été tué par un requin, ce qui ressemble plutôt à une mauvaise plaisanterie. Richard Lukastik, de la police de Vuenne, prend les choses en main. A 47 ans, l'inspecteur passe pour antipathique mais irréprochable, retors et fou. Il se déplace en Ford Mustang or mat, n'écrase jamais ses cigarettes, dîne chaque soir s'une soupe chez ses parents, n'utilise pas de gants au sens propre comme au figuré, admire le philosophe Ludwig Wittgenstein dont il a toujours un livre en poche qu'il ouvre un sens à sa journée. L'enquête est à l'image de celui qui la mène : mordante et dubitative.


La première réflexion qui me vient à l'esprit concernant ce livre est qu'il s'agit d'un polar atypique. Atypiques sont ses personnages, en particulier Lukastik, atypiques certaines aspects de l'écriture. Et du coup, jubilatoire.

Le personnage central est un pince-sans-rire misanthrope, dont l'arrogance se marie parfaitement à une assurance qui confine à une certaine naïveté. Bien que loin d'être passif dans son enquête (au grand dam de son supérieur qui se désespère des décisions prises par son enquêteur) il semble cependant parfois subir les évènements, qui peuvent le mener à des situations désespérées. Du moins pas à celles auxquelles il s'attendait. Ou pas, d'ailleurs.

Certains seront rebutés par le manque d'action du roman, ainsi que par le côté "fan de Wittgenstein" du personnage central. Car il est beaucoup question de philosophie ici, mais présentée de telle manière que cet aspect fait plutôt sourire car il renforce le côté comique du personnage. Personnage dont on apprend vite, et sans que j'en révèle davantage, qu'il est devenu policier un peu par hasard. Et dont on apprend  vers la 86ème page du livre qu'il est suffisamment misanthrope pour n'avoir réussi à trouver le plus grand amour de sa vie que dans sa propre famille (un peu pitoyable et pas moral du tout, je vous l'accorde).

Bref, un polar dont l'enquête tient la route, n'en déplaise certains esprits chagrins qui trouveront la chute tirée par les cheveux (sans mauvais jeux de mots), et là c'est qu'ils auront oublié qu'en ouvrant ce livre, ils en avaient pourtant accepté le présupposé du départ.

Un polar qui m'a fait sourire voire rire par ce personnage atypique et son entourage qui ne l'est pas toujours forcément moins, et les réactions qu'ils suscitent et surtout le fait qu'il n'en a cure. Polar qui m'a fait aussi sourire par les parenthèses et notes de bas de page de l'auteur qui n'est pas dénué d'auto-dérision.

Bref, un bon moment de lecture en ce qui me concerne. Et une assez bonne place dans le classement.

Il ne m'en reste plus qu'un à lire et il est temps, les notes sont à rendre lundi. Soit après-demain.
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dimanche 26 août 2012

Généalogie

4 de couv' :
La journée de l'inspecteur Grant Foster commence mal : le cadavre d'un homme, qui son assassin a amputé des deux mains avant de le poignarder, vient d'être découvert, abandonné dans un cimetière de l'ouest londonien. Le corps semble être tombé du ciel.
Lors de l'autopsie, Grant Foster relève, taillée au couteau dans la peau de la victime, une inscription énigmatique.
Le seul talent d'enquêteur de Foster ne suffira pas à venir à bout de ce mystère. L'indice laissé par le tueur va l'obliger à faire appel à Nigel Barnes, un généalogiste professionnel.
Alors que, peu de temps après, un deuxième corps est identifié, ils vont se retrouver plongés dans les bas-fonds du Londres victorien de la fin du XIXe siècle et parcourir les méandres obscurs d'une affaire criminelle survenue en 1879 et qui semble liée aux meurtres.
Une course contre la montre s'engage : le psychopathe semble suivre un schéma qui, selon Nigel Barnes, va conduire à d'autres exécutions. Foster sait qu'il n'a que peu de temps avant que le tueur n'arrive au bout de son parcours sanglant et ne disparaisse à jamais.


Difficile de passer d'un classique de la littérature à un polar contemporain, me suis-je dis en entamant "Code 1879".
La transition d'un style de roman à un autre fait du coup paraître l'écriture beaucoup plus simple, voire simpliste, mais l'originalité de l'histoire m'a vite accrochée, malgré quelques longueurs au début. J'ai un peu eu l'impression au départ que dans les descriptions des recherches généalogiques, ça tournait un peu en rond, bien que j'ai trouvé très intéressant de découvrir la méthode de travail d'un généalogiste.

On est petit à petit happé par cette double enquête, du XIXe et du XXIe siècles, et j'ai beaucoup apprécié les notes de bas de pages du traducteur qui permettent de comprendre des détails du "London way of life" qui semblent anecdotiques pour le londonien moyen, mais cruciaux dans la compréhension de la lectrice française tout aussi moyenne que je suis.

Même si le quatrième de couverture donne l'impression d'en dévoiler beaucoup, il n'en est rien. Tout au long du roman, j'ai échafaudé des hypothèses qui se sont révélées fausses, y compris - cerise sur le gâteau-  sur l'identité de la dernière victime. Dès le début, l'auteur réussit à nous orienter sur une fausse piste, parmi les nombreuses pistes qui nous viennent à l'esprit. Jusqu'aux dernières 30-40 pages (incluses) on continue de découvrir ce qu'il en est réellement. Cela dit, l'auteur nous a laissé suffisamment d'indices pour qu'on comprenne avant les révélations.

Donc même si l'écriture n'a rien de particulier qui démarque cet auteur d'autres auteurs de polars et que j'ai à un moment regretté des portraits psychologiques des personnages assez peu fouillés, j'ai grandement apprécié ce polar dans son ensemble.
L'auteur en a écrit un a écrit un autre, je vais sûrement l'emprunter à la bibliothèque.

Bien placé dans mon classement, en somme.
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lundi 23 juillet 2012

Ben moi, en attendant...

4 de couv' :
En 1935, gravitant dans les cerces intellectuels de la rive gauche à Paris, la jeune émigrée Gerta Pohorylle rencontre un autre réfugié juif, venu de Budapest, André Friedmann. Photographe passionné, il l'initie à son art. Bientôt les deux amants obtiennent leurs lettres de noblesse sur les sentiers du front espagnol, en gravant les atrocités du franquisme sur la pellicule.
Habités par le goûts du risque, investis par le devoir d'informer, ils deviennent deux des plus grands photographes de guerre de tous les temps. Sous le nom de Robert Capa et Gerda Taro, ils bâtissent leur propre légende, jusqu'à sacrifier leur vie pour défendre leurs idéaux.


Il va m'être difficile de faire un commentaire sur ce livre. Du moins un commentaire objectif.
Tout d'abord, dès la lecture du résumé quand j'ai examiné la sélection de ce prix des lecteurs, le thème m'a moyennement intéressée. Lorsque je l'ai emprunté pour le lire, je l'ai pris car il était l'un des rares disponibles que je n'avais pas encore lus, c'est dire ma motivation.
Ajoutez à cela que je suis en ce moment hyper fatiguée, que j'attends avec impatience les vacances (jeudi soir !) et que je n'ai qu'une envie en ce moment, c'est de lire quelque chose de léger, alors autant vous dire que je n'ai pas commencé ce roman dans les meilleures dispositions.
Ah, d'ailleurs, je l'ai entamé lundi soir en attendant le tram sur un quai bondé à cause des Tonnerres de Brest, que j'ai dû laisser passer deux trams avant de pouvoir y monter, je vous laisse imaginer le degré d'agacement peu propice à un démarrage de lecture. Au point que j'ai préféré la remettre à plus tard et l'ai remplacée par "Et puis, Paulette..."
Quand je vous dis que j'ai besoin de légèreté en ce moment (oui, je sais, il y a plus grave en ce monde, c'est d'ailleurs pleinement le sujet de ce roman).

Cependant, voici un avis aussi objectif que possible.

Je comprends pourquoi ce livre a plus au point de devenir un best-seller et de gagner un prix en 2009 (aparté : il a été publié en Espagne en 2009. Le temps que les droits et la traduction arrive en France, nous voilà en 2011, année de démarrage du prix).
Il est bien écrit, on sent bien l'intérêt voire la passion de l'auteur et pour ce couple, et pour cette partie de l'histoire espagnole, il y a quelques petits quelques choses qui avec moi n'ont pas marché.

Déjà, le fait de passer du coq à l'âne : il arrive qu'elle commence à introduire dans un chapitre un personnage ou une situation, donnant l'impression qu'elle va développer cela davantage, mais non. Soit elle repasse au propos précédent, soit elle développe autre chose.
Toujours sur le côté "coq à l'âne" : est-il vraiment besoin de passer de 1935-36 aux années quarante ou cinquante, période qu'ils ne connaîtront pas ensemble ? Ou sans aller si loin, à ce qui va se passer dans les semaines ou mois suivants, qui sera décrit parfois dans le chapitre suivant ?
Honnêtement, en temps normal, j'aurais pu apprécier cette façon de faire, mais ici moyennement.

Je n'ai pas trop aimé une certaine idéalisation des gentils communistes, les seuls à faire de la résistance (là je parle de la partie parisienne du roman, cette vision étant plus logique dans la partie traitant de la guerre civile espagnole). Même si ça correspond assez bien, historiquement, aux milieux et aux gens qu'ils fréquentaient, je trouve ça lourdingue à force. Les seuls à lutter, les seuls à agir, à avoir une vision claire des choses, limite les seuls à avoir une morale.
Et je ne parle pas de cette glorification des anarchistes espagnoles, très fugace certes dans le roman, mais dérangeante. Ou alors les anarchistes espagnols ont joué un rôle très différent dans l'histoire espagnole que leurs homologues français.
Bref, de tout cela, un genre d'angélisme mal venu quand on parle de lutte contre l'extrémisme. Même si elle fait bien allusion cependant aux exactions de Staline.

Enfin, j'ai parfois eu la désagréable impression que l'auteure n'arrivait pas à situer ses écrits, oscillant entre roman, biographie, essai. Je me suis même demandée si elle était journaliste elle-même.

Par contre, je reconnais avoir bien apprécié la partie décrivant "de l'intérieur" ce qu'être un réfugié et la partie relatant leur travail journalistique en plein coeur de la guerre civile espagnole, particulièrement bien traitée et bien écrite, un très bel hommage à ces (vrais) journalistes de terrain.
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samedi 14 juillet 2012

Beau

4 de couv' :
Quand sa fille Paloma déserte sans prévenir la somptueuse villa familiale, Vida Izzara croit en deviner la raison : elle serait partie avec son amant vivre une vie moins conventionnelle. Jusqu'au jour où Vida comprend que c'est elle aussi que Paloma fuit. Aidée par Taïbo, qui enquête sur un couple de jeunes gens habitant clandestinement les demeures inoccupées de la région, elle part à la recherche de sa fille. Ce périple la conduira de l'Irigoy de son enfance aux recoins secrets de son coeur.
Les vies d'oiseaux, ce sont celles que mènent ces quatre personnages dont les trajets se croisent sans cesse. Chacun à sa manière, par la grâce d'un nouvel amour, est amené à se défaire de ses liens - conjugaux, familiaux, sociaux - pour éprouver sa liberté d'exister.
Véronique Ovaldé nous emporte dans l'exploration d'un monde passé au filtre de son imaginiare. Avec Des vies d'oiseaux, elle sonde les relations qui unissent les hommes et es femmes mais en déposant, au coeur même de l'amour, la question de la liberté, laquelle ne se conquiert qu'en partant, sans se soucier d'où l'on vient ni de là où la vie nous mène.

Quand j'ai su que ce roman de Véronique Ovaldé était sélectionné pour le prix des lecteurs Cezam 2012, j'ai jubilé tout en me disant que je me devais de garder une certaine objectivité par rapport au reste de la sélection.

Un peu plus tard, après avoir lu plusieurs de ses romans d'affilée, j'ai eu besoin d'une pause, de peur d'arriver à saturation. Du coup, quand je l'ai entamé hier, je craignais de ne pas avoir attendu assez longtemps et de manquer d'objectivité, mais pour la raison inverse cette fois.

Et bien non.

En toute objectivité donc, ce roman est beau. L'histoire est belle, l'écriture est belle, les personnages aussi sont beaux, chacun à sa manière.
Comme souvent avec Véronique Ovaldé, il s'agit pour les personnages principaux de sortir de leur condition et de gagner leur liberté, et comme souvent dans ses romans, en partant, en fuyant l'endroit où ils ont toujours vécus. Mais est-ce vraiment une bonne solution, LA solution, et n'est-ce pas se perdre en route ?
Question de caractère, question de rencontres et des décisions prises pour mener sa vie.

Toujours aussi objectivement, ce roman est mon préféré de tous ceux écrits par Véronique Ovaldé (excepté "le sommeil des poissons" que je n'ai pas encore au la possibilité de lire), il est à mon sens le plus abouti. Un vrai bonheur de lecture, un ravissement sans faille, un vrai petit bijou.

A la première occasion, je me l'achète.

Inutile de dire qu'il est largement en tête de mon classement.
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mardi 3 juillet 2012

Le cabaret des oubliés

4 de couv' :
Blessé par un tir d'obus, le deuxième classe Alfred Berthier décide de perdre la mémoire. De la catastrophe de la mine de Courrières aux tranchées du Chemin des Dames, il en a déjà trop vu. Rebaptisé Adam, il tente de se recréer une vie dans le tourbillonnant Paris des années folles. Mais comment retrouver le sourire quand une marraine de guerre vous trahit, que l'affriolante Adèle se joue de vous et que votre patron rédacteur en chef du Journal des Réfugiés, atterrit chez les fous ? Encouragé par son extravagant ami Gustave, Adam-Alfred quitte la capitale. Et c'est sur la terre de son enfance, au pays noir du labeur et du carnaval, au milieu des chantiers de reconstruction et d'une bande de joyeux drilles, que la soif d'aimer la vie et l'envie de se rebeller le feront renaître. Mais auparavant, il aura fallu laver l'affront d'un maudit bluff né sous terre. Loufoque retournement ? Fable burlesque ? Mieux ! Le Cabaret des oubliés est un sacré pied de nez aux postures officielles de l'après-Grande Guerre.


Si j'avais une critique à faire sur ce roman, c'est sur le quatrième de couverture : il évoque les moments clés de l'histoire, sans réellement tout dévoiler cependant.
Si j'en avais une deuxième à ajouter, c'est sur l'épilogue : on s'attend à un final grandiose, j'ai plutôt trouvé qu'il retombait à plat.

Cependant : j'ai beaucoup aimé l'histoire, la reconstitution historique, les auteurs ont pour autant que je sache réussit à retranscrire une certaine ambiance d'époque. Ils ont fait des recherches et ça se voit, sans que cela pèse sur la narration. Ils se sont imprégnés de cette période pour d'autant mieux la reproduire.
On suit les pérégrinations d'Adam/Alfred avec compassion, affection et un réel bonheur.

Les personnages (une vraie galerie !) aussi sont attachants, dont Adam/Alfred bien sûr et comme lui on apprend à apprécier ses nouveaux amis au fil de ses rencontres. Cette période si particulière, où la population a connu le pire leur a appris pour la plupart à apprécier et profiter de la vie, tant bien que mal. Et tant bien que mal, Adam/Alfred le réapprend aussi. Mais le chemin sera long...

Un bon moment de lecture !
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mercredi 20 juin 2012

Une autre époque

4 de couv' :
Il a toujours vu la photo de son père sans jamais se poser de question. Et brusquement, l'adolescent de seize ans s'interroge sur ce père mort à sa naissance. C'était un suicide, il le sait, mais sa mère n'aime pas en parler. Sans avertir ses parents, ce garçon sage, qui n'a jamais fugué, décide d'aller à Paris interroger André, le meilleur ami de son père. Et en reconstituant l'histoire de cette vie brisée, il découvre une autre époque. Une époque où être "différente" pouvait conduire à l'internement. Une époque où l'on se mariait pour cacher des désirs coupables. Une époque où l'on pouvait vous faire chanter, détruire votre vie et vous faire préférer la mort au scandale.
Le souffle de la tragédie traverse ce roman car le destin du père était inéluctable, mais sa mémoire sera sauvée grâce à l'amour de ce fils qu'il n'a jamais connu.


Je suis surprise de constater que ce roman m'a bien plus. Je ne raffole pas précisément des romans introspectifs, où l'on décrit longuement des sentiments ou des impressions, mais ici c'est tellement bien écrit et décrit, avec une telle musicalité des phrases, que j'ai fini par bien aimer.

Bizarrement, j'ai moins accroché au personnage du narrateur adolescent qu'aux personnages adultes du roman ou au narrateur une fois adulte lui-même. Je l'ai trouvé un peu passif, donnant l'impression d'agir sans grande passion finalement, malgré sa décision de partir  à Paris, partie de l'histoire d'ailleurs que j'ai moyennement accrochée, car tout bêtement je ne vois pas un garçon de cet âge partir si loin et se débrouiller si bien, dans un autre pays que le sien et ce sans que sa famille s'inquiète outre mesure. Mais vu son âge et le fait que son entourage évite depuis toujours consciencieusement d'évoquer les circonstances du décès de son père, cela s'explique parfaitement.

Il y a dans ce roman, deux niveaux de narration, qui se complètent bien : la description de la quête du narrateur, à la première personne, et la narration de l'histoire de son père, à la troisième personne, à partir de ce qu'il en imagine, comprend, recoupe, entend, comme si son père lui-même lui avait soufflé les mots.

Toujours est-il que la quête de vérité du narrateur, seul personnage du roman dont on ne connaisse pas le prénom, se déroule au tout début des années 70, à peine plus clémente que celle où a vécu son père, les années 40-50, mais déjà assez différente.

Une autre époque que ces années 50 en effet, et bien triste puisque chacun s'efforçait de correspondre à ce que les autres attendaient d'eux, imposé par le poids des convenances, par la société. Le manque de courage ?

Vous savez quoi ? Je crois que la seule chose "contre-nature" comme disent les biens(mal)-pensants, c'est justement d'aller contre sa nature. Pour qui que ce soit.
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samedi 16 juin 2012

Guernica

4 de couv' :
Guernica, avril 1937. Jeune peintre autodidacte, Basilio passe son temps dans les marais à observer des hérons cendrés. Ce n'est pas qu'il se sente extérieur au conflit, il a même cherché à s'enrôler dans l'armée républicaine. Mais tandis que les bombardiers allemands sillonnent déjà le ciel, il s'acharne à rendre par le pinceau le frémissement invisible de la vie, dans les plumes d'un de ces oiseaux hiératiques. Dans quelques heures, Guernica sera une ville en cendres, mais c'est un peintre autrement célèbre qui va en rendre compte, magistralement.
L'un comme l'autre, pourtant, le petit peintre de hérons tout autant que le Picasso mondialement connu nous interrogent sur  les tragédies de la guerre et la nécessité de l'art pour en témoigner.


Ce court roman de 159 pages m'a beaucoup plu. Le prologue et l'épilogue se déroulent après Guernica et plus précisément en grande partie, lors de l'exposition universelle de Paris de la même année. Entre les deux, Guernica la veille et le jour du bombardement.

J'ai tout d'abord été un peu surprise, voire destabilisée par l'écriture de ce roman (note perso : ne plus jamais démarrer la lecture d'un roman à la pause déjeuner et dans le bus. Ce ne sont pas les meilleurs endroits/moments pour m'en imprégner), en particulier dans les premières pages où chaque paragraphe fait le plus souvent une phrase, donnant une impression un peu hachée à la lecture.
Surprise aussi par le fait qu'il n' a aucune indication pour signaler que l'on part du style narratif à un dialogue (ni tiret et guillemets) et inversement. Mais une fois pigé le truc, on s'immerge très vite dans l'histoire.

Cette écriture a donc une simplicité à l'état brut, qui va à l'essentiel. Elle peut donner une impression de destructuré (c'était du moins mon impression au début), comme la peinture de Picasso car l'une comme l'autre traduisent ce chaos qu'a été la destruction de Guernica.
Cette simplicité de l'écriture, cette aussi celle des habitants de Guernica, de leur vie, de leur quotidien et de leur bonheur d'alors, malgré la guerre civile qui se rapproche. Un portrait des habitants, des instantanés de leur vie.
Cette simplicité renforce une impression de témoignage de ces journées vécues par Basilio (ce n'est pourtant pas lui le narrateur), les détails qui restent ancrés dans la mémoire.

L'art aussi est au centre de ce roman, non seulement par la peinture de Picasso et de Basilio, mais sous toutes ses formes : poésie, photographie, et même musique lors de l'évocation d'un autre massacre, celui de Badajoz.
L'art, qui a travers les siècles a toujours été le mode de témoignage privilégié d'une époque. Et qui met en relief la réalité : dans les meilleurs moments en l'embellissant et ici, en en renforçant l'horreur vécue. Et il est question aussi de la difficulté pour l'artiste de mettre en valeur sans s'éloigner du réel.
La peinture de Guernica par Picasso reprend toutes l'horreur vécue par les habitants. On retrouve dans ce roman les éléments de cette peinture. Mais autant le tableau semble destructuré (on en parle souvent comme d'un "puzzle"), autant le roman reprend chaque pièce pour un faire un témoignage cohérent du drame.
L'un comme l'autre parvient, chacun à sa façon, à traduire ce qu'a pu être cette longue journée.

Un roman tout en finesse, un bel hommage aux victimes de cette petite ville sacrifiée aux allemands par les nationalistes.

Et vous vous en doutez, en bonne place pour le moment dans mon classement.
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lundi 28 mai 2012

Brasil, Brasil...

4 de couv' :
Novembre 1755, Lisbonne. Un tremblement de terre historique ravage la capitale du Portugal. Pour la reconstruire, le marquis de Pombal fait appel à Dom Cristiano da Fonseca, jeune fils d'un commerçant lisboète. Au même moment, Zumbi, fils d'esclaves, quitte Rio de Janeiro pour faire fortune dans la quête de l'or et des diamants à Ouro Preto, au Brésil.
Au fil de leurs aventures, les deux hommes verront leurs destinées se croise et de déchirer, sur fond de soif  de l'or, d'essor du Brésil, du bannissement du marquis de Pombal, d'aspiration à l'indépendance du Minas Gerais, de confréries de Nègres libres, de conspirations indépendantistes.
Dans cette fresque romanesque historique, Zumbi et Dom Cristiano da Fonseca tutoieront les anges et plongeront tour à tour dans les affres de la déchéance, aux côtés des personnages emblématiques du Brésil et du Portugal que sont Tiradentes, le sculpteur estropié Aleijadinho, les Tavora, le musicien Domingos Caldas Barbosa ou encore Chico da Silva et Chico Rei.


Roman historique sur le Brésil et le Portugal, où la vie des deux personnages principaux sert de prétexte pour mieux découvrir cette période et ces deux pays (bien qu'au XVIIIe, le Brésil n'était pas encore indépendant), j'ai bien aimé cette lecture. Bien qu'à mon sens les sujets abordés auraient donner lieu à une fresque romanesque bien plus dense, descriptive et rythmée.
Qui plus est, j'ai parfois été perdue dans le déroulé chronologique de l'histoire, les vies des personnages étant en parallèle, mais parfois avec quelques années de décalage. Et sur la seconde moitié du roman, peu de dates, juste des indices, ce qui oblige le lecteur à faire des calculs, par exemple entre la date de début du roman et l'âge des personnages, etc.

Mais je reconnais qu'il s'agit d'une période historique elle-même bien  remplie, et il est probablement difficile de réussir à parfaitement bien équilibrer Histoire et aventures des personnages.

Cela étant, vous connaissez maintenant mon engouement et donc mon objectivité pour les romans historique, et ici les évènements vécus par les personnages qui se succèdent sont suffisamment prenants pour qu'on soit de suite happé par l'histoire de ce roman que j'ai eu parfois du mal à lâcher jusqu'à la fin.
Qui plus est, j'ai fait des études d'espagnol et si j'ai étudié l'histoire de l'Espagne et de l'Amérique Latine, nous n'avions guère abordé le Brésil, ce roman m'a permis d'en connaître un peu plus.
J'ai apprécié de découvrir le principe et le fonctionnement des confréries, les télévangélistes en seraient-ils les héritiers ?

Même si le style d'écriture est sans recherche littéraire particulière, il reste cependant assez agréable à lire et offre un bon moment de lecture, pour les raisons décrites plus haut.

Il s'agit ici du premier roman du Prix littéraire Cézam que je lis, attendons de voir ce que donneront les autres. Mais je pense que celui-ci, à moins que les autres soient d'une qualité bien supérieure, ne sera pas dans les derniers de mon classement.

Et je pense lire d'autres romans de cet auteur, au moins par curiosité historique. Merci d'ailleurs à tous ces auteurs de romans historiques de vulgariser l'Histoire. J'ai bien essayé parfois de me plonger dans les bouquins d'Histoire de mon homme, mais c'est désespérément réservé à une élite (à bon entendeur...).
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samedi 14 avril 2012

Lumineux


4 de couv' :
Dans la chaleur de l'été, un père conduit sa fille dans une ferme du Wexford, au fond de l'Irlande rurale. Bien qu'elle ait pour tout bagage les vêtements qu'elle porte, son séjour chez les Kinsella, des amis de ses parents, semble devoir durer. Sa mère est à nouveau enceinte, et il s'agit de la soulager jusqu'à l'arrivée du nouvel enfant. Pour elle qui n'a connu que l'indifférence dans une fratrie nombreuse, la vie prend une nouvelle dimension. Claire Keegan brosse ici le portrait magnifique d'une enfant qui apprend à grandir entourée d'adultes mystérieux et d'une nature dont la beauté coupe le souffle.


Joli petit roman d'un été en quelque sorte initiatique où une petite fille apprend le bonheur et ouvre les yeux sur la réalité de ceux qui l'entourent.
Un court roman, car comme ses personnages principaux, seul l'essentiel est dit. Et dans le même temps, beaucoup est dit et décrit : l'époque, les descriptions du temps, des paysages, des gens, des atmosphères. En peu de mots d'une écriture simple, l'auteure fait passer beaucoup.
Un court roman, plein d'émotion(s), je l'ai fini les larmes aux yeux. Une belle découverte, une bonne surprise, un petit bijou.
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samedi 17 décembre 2011

Prix CEZAM 2012

La sélection du prix Cezam 2012 est enfin dévoilée.

Je ne sais pas encore si j'y participerai, mais je dois dire que la sélection me plaît assez cette année, en particulier "Le héron de Guernica", "Le cabaret des oubliés", "Pour tout l'or du Brésil" et "Une autre époque".

Par contre, "Les trois lumières" me fait penser au film "Le Grand Chemin" car vu ce qui en est dit, je suis à peu près sure que le fond du roman concerne la perte d'un enfant. On verra ce que ça donnera à la lecture. Si je participe au prix !


Je constate en tout cas que le seul livre que j'ai lu du prix Cezam 2011, "L'île des chasseurs d'oiseaux" de Peter May, est aussi le lauréat 2011 !
D'ailleurs, la suite (il s'agit d'une trilogie) est sortie cette année.
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