Italie, Monza, 1936. Francesca, douze ans, est allongée sur la rive du Lambro un homme mort sur elle. Il essayait de la violer avant de s'effondrer. Son amie Maddalena l'aide à cacher le corps. Rien ne les destinait pourtant à se rencontrer : Francesca est issue de la bourgeoisie, Maddalena, des quartiers pauvres de la ville, et la rumeur prétend qu'elle porte malheur. Cependant, les deux adolescentes vont devenir inséparables.
J'ai eu un peu de mal à entrer dans le livre car bêtement, dans les premières pages, j'ai imaginé les personnages avec des costumes médiévaux. Allez savoir pourquoi. J'ai donc eu un peu de mal à sortir de cette erreur pur les ramener à la bonne époque. Puis, s'agissant de l'amitié entre deux jeunes filles si différentes, mais vivant dans la même ville... Ça ne vous rappelle rien ? Oui, j'ai en plus fait un bête parallèle avec "L'amie extraordinaire" d'Elena Ferrante.
Une fois débarrassée de tout ceci, j'ai enfin pu commencer ma "vraie" lecture de ce roman.
Roman qui m'a beaucoup plu. Si Maddalena et Francesca ne comprenne pas tout du monde des adultes, nous lecteurs n'avons aucun mal à comprendre ce qu'il faut lire entre les lignes.
Nous suivons donc ces deux gamines dans leurs défis et leur vie quotidienne, qui m'ont fait penser à des feuilletons de mon enfance : un peu de "La pierre blanche", quoique de façon différente, et un peu de "Zora la rousse" pour le personnage de Maddalena dans sa façon d'être, pas sa vie (voilà, avec ces références, j'ai bien trahi mon âge).
En dehors de ces références, ce roman, avec cette écriture simple mais travaillée, fait bien ressortir les conditions de vie dans l'Italie fasciste et la condition féminine de l'époque. Et les commérages et superstitions de village. Tout ce qu'il faut pour mener à la scène finale, dont les toutes dernières lignes m'ont serré le coeur.
Chaque personnage a sa personnalité bien marquée, aucun n'est inutile à aucun moment. S'il fallait décortiquer une analyse de chacun d'entre eux, on pourrait presque en faire une thèse.
Pour l'anecdote (amusée), ce livre est un peu frustrant : il commence par la fin, et on est un peu frustré au démarrage de ne pas savoir ce qu'il s'est passé juste avant et surtout, qui est donc cet homme. Tout le roman amène à ce moment-là. Donc frustration réglée, me direz-vous. Sauf qu'à la fin, on aimerait bien aussi savoir ce qu'il s'est passé après. Et c'est une excellente idée de l'autrice de n'être pas allée plus loin. J'aime beaucoup les romans avec une fin ouverte : ici, nos héroïnes ne se laissent plus guider leur conduite par quiconque. L'autrice n'impose pas une fin à ses lecteurs. Cela nous (héroïnes et lecteurs) laisse ouvert tout les champs du possible, un beau tour de force.
Une très belle lecture avant d'amorcer l'automne.
.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire