Mestra est fille de roi, mais elle n'a rien d'une princesse. Roi, d'ailleurs, son père l'est à peine. S'il règne sur la Thessalie, c'est en mendiant, victime d'une malédiction qui l'afflige d'une faim insatiable. Mais fille, Mestra l'est, hélas. Assez pour être vendue, moyennant sept poulets, à un marchand de passage...
Un don des dieux, seul, pourrait dévier le cours des choses. Parce qu'il suffit parfois de changer de peau pour changer de destin...
J'ai découvert en juillet dernier qu'un nouveau Madeline Miller allait sortir en octobre. Inutile d'insister sur mon enthousiasme de fan de "Circé" ! Je ne me suis guère posé de question et l'ait aussitôt commandé. Je ne sais plus si je l'ai vu au moment de la commande ou juste avant de le récupérer il y a deux semaines : ce livre ne fait que 117 pages et est donc un nouvelle.
Ce que j'ai découvert en allant le récupérer : il s'agit d'un petit livre de poche (environ 10 centimètres sur 12), à la couverture cartonné. Et même principe que pour "Le Chant d'Achille" et "Circé" : fonds noir, dessin brillant. Décidément, un joli petit livre.
C'est en l'ouvrant que j'ai découvert qu'il s'agit d'une édition bilingue. Donc, oui, c'est bien une nouvelle et non un court roman.
La qualité de l'objet et le fait que ce soit une édition bilingue en fait un beau livre. Mais je ne peux m'empêcher de penser qu'il s'agit d'une commande de la maison d'édition de l'autrice qui fait qu'elle a écrit cette nouvelle.
Si c'est son choix personnel d'écrire des nouvelles sur les histoires de la mythologie grecque les moins connues du grand public, ça me va. J'aurais préféré un recueil de nouvelles (qui va sûrement sortir un jour si elle continue d'en faire).
Sur l'histoire en elle-même, je ne peux qu'y trouver des similitudes avec "Galathée" : une jeune femme (ici une jeune fille) sous emprise d'un homme qui a toute autorité sur elle. Dans "Galathée" il s'agit du sculpteur qui l'a créée et devient son mari, dans "Mestra", il s'agit du père. Les deux sont tyranniques. Le premier, en raison de son orgueil et son besoin de contrôler sa créature, le deuxième en raison d'une malédiction qui exacerbe sa propension à la tyrannie.
En résumé, "Mestra" à sa façon résume bien la condition féminine de l'époque antique : à peine considérées comme des êtres à part entière, les femmes sont des objets dont disposent à leur guise dieux comme humains.
Cependant, s'il y a des similitudes, l'histoire est très différente et plaisante à lire.
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