On passe lentement un col et au bout de la route, dans la forêt, c'est là. La maison de la grand-mère de Mai, une vieille dame d'origine anglaise menant une vie solide et calme au milieu des érables et des bambous. Mai qui ne veut plus retourner en classe, oppressée par l'angoisse, a été envoyée auprès d'elle pour se reposer. Cette grand-mère un peu sorcière va lui transmettre les secrets des plantes qui guérissent et les geste bien ordonnés qui permettent de conjurer les émotions qui nous étreignent. Cueillir des fraises des bois et en faire une confiture d'un rouge cramoisi, presque noir. Prendre soin des plantes du potager et aussi des fleurs sauvages simplement parce que leur existence resplendit. Ecouter sa voix intérieure.
Ce n'est pas le paradis, même si la lumière y est si limpide, car la mort habite la vie et, en nous, se débattent les ombres de la colère, du dégoût, de la tristesse. Mais auprès de sa grand-mère, Mai apprendra à faire confiance aux forces de la vie, et aussi aux petits miracles tout simple qui nous guident vers la lumière.
Ce livre qui prend sa source dans les souvenirs d'enfance de l'écrivaine coule en nous comme une eau claire.
Une fois encore, c'est la couverture de ce livre qui m'a attirée, il y a fort longtemps. Je pensais l'emprunter à la bibliothèque, mais je me suis finalement laissée tenter (bon cadeau de mon homme pour mon anniversaire, etc.).
Ce n'était évidemment pas le seul critère : le fait que l'autrice soit japonaise et le thème de l'histoire ne pouvaient que me donner envie de le lire.
Une fois de plus, je ne suis pas déçue. l'écriture est sobre mais pas ennuyeuse, l'histoire est simple et douce. A la lecture on est avec les personnage dans une bulle de douceur, de senteurs, de gourmandise.
La version que j'ai lue est une version augmentée de la première édition (1994). Après la fin de l'histoire, qui, dont les tous derniers mots m'ont élue aux larmes, s'ajoutent quelques textes supplémentaires. Un choix très personnel de l'autrice de les ajouter à la suite du roman, choix que je respecte, mais je trouve qu'ils auraient pu être intégrés au roman (l'histoire du chien pendant le trajet en voiture du début, par exemple).
C'est ma préférence mais cela reste de très beaux textes.
Une pause de fraîcheur dans mes lectures actuelles.
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