Les promontoires de Galice, Bretagne, Cornouailles, du pays de Galles, de l'île de Man, de l'Irlande et de l'Écosse dessinaient un arc. Par voie de mer, à bord d'un voilier, j'allais relier les miettes de ce déchiquetage. Sur cette courbe, on était certain de capter le surgissement du merveilleux. Puisque la nuit était tombé sur ce mon de machines et de banquiers, je me donnais trois mois pour essayer d'y voir. Je partais. Avec les fées.
J'avais offert ce livre il y a deux ans à ma mère, pour son 90ème anniversaire. Je l'avais acheté lors d'un passage de l'auteur à Brest pour une séance de dédicace et obtenu cet exemplaire avec dédicace donc.
Je crois que ça avait bien plus à ma mère, le fait que je me sois déplacée à ma librairie préférée pour aller à la rencontre de l'auteur et délivrer le message qu'elle m'avait confié "si jamais il passe à Brest, tu lui diras que..." - à quel point elle avait aimé "On a roulé sur la terre". Message donc délivré à Sylvain Tesson ce jour-là, ainsi qu'à Alexandre Poussin quelques mois auparavant, lors d'une autre séance de dédicaces, pour un autre livre, offert à Noël celui-là.
J'ai eu l'impression qu'aucun des deux ne s'intéressait à ce que je leur disait (ou peut-être blasés d'être sans cesse ramenés à cette époque de leur vie, après tout ils ont fait tant de choses depuis), mais le message a été délivré, mission accomplie !
Et me voilà deux ans plus tard, héritant de cet ouvrage sur les bras. Je trouvais approprié sur le moment (avec une certaine curiosité aussi) d'enfin lire ce livre que je n'avais jusque là pas oser lui emprunter, car elle le gardait précieusement dans sa chambre. Alors que d'habitude, elle me refilait systématiquement tout livre que je lui offrais. Mais pas les Sylvain Tesson, et surtout pas cet exemplaire dédicacé.
Et j'avais remarqué à quel point les récits de Sylvain Tesson m'avait fait du bien dans le passé quand j'ai eu à une époque des problèmes de boulot et de santé. Rien de grave ni même préoccupant, mais une période pénible à traverser. Sylvain Tesson, grand consolateur par le beau ?
Finalement, j'aurais peut-être dû attendre un peu plus avant de lire cet ouvrage, que j'ai eu un mal fou à lire tant j'avais du mal à me concentrer ces derniers temps. Ma journée de travail de mardi dernier n'a guère été rentable (si mas journées de travail sont censées être rentables), je n'ai pas été un foudre de guerre ce jour-là tant la fatigue - autant physique que mentale - s'est accumulée et a pris le pas sur cette journée-là. Impossible de me concentrer, j'ai travaillé à deux à l'heure et ce n'est pas faute d'essayer.
Tout ça pour dire que j'ai eu beaucoup de mal à apprécier ce récit, mas ce n'est pas dû à la qualité d'écriture de l'auteur. Je n'étais juste pas en capacité de lire ce type d'ouvrages, voire de lire tout court. Là en ce moment je me rabats sur les bandes dessinées et lectures plus légères, mieux acceptées par un cerveau en deuil, lui aussi.
Pourtant, au fil des pages, les choses se sont améliorées, en particulier le chapitre sur l'Irlande, où j'ai enfin pu commencer à me laisser porter par la beauté de l'écriture, des descriptions de paysages, des pensées de l'auteur.
Je le relirai donc, et peut-être même dans sa version illustrée - beau livre - qui me fait de l'oeil depuis les étagères de la librairie...
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