4 septembre 1957, Little Rock, Arkansas : rentrée des classes sous le signe de la fin de la ségrégation scolaire. Les neuf enfants noirs inscrits au lycée jusque-là réservé aux seuls Blancs sont encerclés par une foule hystérique. La photographie de l'une des Neuf, Elizabeth Eckford, 15 ans, huée et insultée, fait la une des journaux le lendemain. L'Amérique est bouleversée. Le combat pour l'intégration ne fait que commencer, déclenchant une guerre politique qui va ébranler les États-Unis. Les neuf de Little Rock entrent dans l'Histoire en payant le prix fort. Thomas Snégaroff signe un récit captivant et émouvant qui brosse un portrait de l'Amérique d'hier et d'aujourd'hui.
J'ai choisi ce livre car le sujet m'intéressait, et en voyant la couverture, cela m'a rappelé la fin de "Voyage avec Charley", où John Steinbeck, à la toute fin de son périple, et donc de son livre, décrit une scène similaire, 3 ans plus tard, dans une autre ville.
Le fait que l'auteur soit Thomas Snégaroff, dont j'apprécie les interventions dans différentes émissions, et celle qu'il anime, m'a aussi donnée envie de me plonger dans ce livre.
On entend souvent parler de cette partie de l'histoire des États-Unis. Pour ma part je considérais cet évènement comme un moment emblématique de ce pays, celui où la ségrégation commençait enfin à disparaître.
J'avais autant tort que raison.
Emblématique, oui, ça l'est. Mais j'avais largement sous-estimé son impact au niveau local, national, et dans une moindre mesure, international.
Et surtout largement sous-estimé la suite de cette rentrée scolaire pour les Neuf. Je croyais naïvement qu'ils avaient fait leur scolarité certes pas accueillis à bras ouverts, mais tout au plus dans une ambiance hostile, de défiance, de mépris, et dans le meilleurs des cas ignorés.
Mépris, hostilité, mais hélas pas ignorés. Influencés par leurs parents, les autres élèves (pas la majorité mais quand même...) n'ont eu de cesse de les harceler tout au long de l'année scolaire : insultes, crachats, agressions (comment des gamins de 14 ans peuvent-ils avoir l'idée de jeter de l'acide aux yeux d'un autre gamin ?). La photo de couverture est elle-même emblématique de ce jour de rentrée, l'auteur y reviendra régulièrement tout au long du livre.
Les adultes, y compris et à commencer par les politiques ne sont guère mieux, ils attisent leurs propres craintes et haines.
Ils n'en sortent pas grandis et sont jusqu'au boutistes au point d'être pour eux-mêmes et leurs enfants totalement nuisibles et contre-productifs. Médiocres jusqu'à la fin.
Ce livre, parfaitement construit, a également le mérite de nous éclairer d'autant plus que l'auteur le poncture, en les vulgarisant, de connaissances historiques et juridiques. Ceci, sans jamais alourdir le texte.
Mais il n'est guère optimiste et bien que les faits remontent à 1957, il éclaire les États-Unis d'aujourd'hui. Hélas.
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