vendredi 30 janvier 2026

Le ciel de Tokyo

4 de couv' :
Au coeur de Tokyo, la Gaijin House : une pension bohème réservée aux étrangers. Voyageurs, expatriés et paumés s'y rencontrent au hasard de leurs  pérégrinations, paarfois d'un accident de parcours. Il y a là Camille, jeune épouse en fuite qui ignore tout d'elle-même, Flavio, l'érudit solitaire, Lénine qui s'invente des vies. Ensemble, ils tissent les fils d'une existence commune, oscillant entre le désir de s'ancrer et la peur de l'avenir.
Portée par une écriture magnétique, Émilie Desvaux explore un Japon hors des sentiers battus.

C'est par hasard, et parce que la couverture du livre m'a tapée dans l'oeil, que j'ai acheté ce livre - après avoir lu le résumé bien sûr. 

Pour être honnête, je ne savais pas à quoi m'attendre. Ne connaissant pas l'autrice, j'ai fait une petite recherche Internet : ce livre est son troisième roman. En regardant les résumé des deux précédents, j'ai eu l'impression qu'elle décrit plutôt des univers assez sombres, pesants.

De fait, l'ambiance générale de ce roman est un peu triste, légèrement pesante. Les personnages principaux se retrouvent dans cette pension car ils n'ont guère évolué dans leurs vies et sont en décalage avec leur entourage, le reste du monde. Ils n'entrent dans aucune case, et cette pension, aussi vétuste soit-elle, est le dernier refuge qu'il pouvait trouver comme une suite logique de leur errance.

J'ai bien conscience que décrit ainsi, ce livre ne paraît guère glamour, mais il est formidablement servi par une écriture magnifique, ciselé au mot prêt, pas un qui n'est été bien pensé, qui ne soit à sa place.
Si les personnages se laissent plus ou moins porter par les évènements ou leurs errances, le lecteur lui se laisse avec bonheur porter par cette belle écriture.
Rien que par elle on ressent l'aspect poisseux de la pension, de l'ambiance, des sentiments des personnages, sans que cela soit lourd ni désagréable pour le lecteur.
Chaque détail de l'histoire est à sa place, bien pensé.

Lieu de passage, la pension est elle-même un personnage central du roman et à sa manière sert de catalyseur aux personnages humains de l'histoire. Un point de chute, d'où remonter la pente d'une manière ou d'une autre. Une bulle (poisseuse, j'insiste) où décider de refaire - ou pas - sa vie. 

Cela faisait longtemps que je n'avais pas découvert un tel talent. Merci le hasard (et ma librairie de l'avoir mis en valeur sur ses rayons).
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