"La discutable dextérité dont j'ai fait montre pour me dépatouiller de mon existence laisse à penser que je suis tout sauf un exemple à suivre".
C'est le moins qu'on puisse dire. Le narrateur est un jeune marginal qui n'a jamais cherché à s'intégrer. Ce qui ne l'empêche pas de trouver plus commode de rejeter l'entière responsabilité de son ratage sur la société. Et il comte bien, "en joyeux sociopathe", lui faire salement payer l'addition de sa défaite. Son plan ? S'immiscer dans toutes les classes sociales pour dénicher chaque fois une figure représentative de cette société détestée. Et la tuer. En écrivant le roman de ce psychopathe diaboliquement pervers, provocateur et goauilleur, l'auteur entraîne le lecteur dans une épopée macabre mâtinée d'un humour noir très grinçant.
Avec un style aussi électrique qu'inventif, Rapahaël Quenard dissèque le cerveau malade d'un monstre moderne et met en scène toute la galerie de personnages qui l'entourent.
Je dois avouer que j'ai emprunté ce livre à la bibliothèque après avoir vu l'auteur à La Grande Librairie il y a quelques mois (et cette semaine aussi, mais pour la lecture d'un passage d'un des romans présentés). Je ne suis guère (pour en pas dire de moins en moins) cinéphile, je ne connais donc pas du tout (ou à peine) sa carrière de comédien.
Sa gouaille, sa bonne humeur, son énergie, sa solarité m'a tout de suite donné envie de découvrir son livre.
Je l'ai donc très vite réservée après l'émission et comme on peut s'en douter, je n'étais pas la seule? Ce n'est donc qu'en janvier que j'ai pu récupérer ce roman.
Je l'ai entamé en évitant de trop en attendre, ou pour mieux dire, en prenant en compte l'effet médiatique à sa sortie, l'excellente impression qua m'avait fait l'auteur, et surtout qu'il s'agit d'un premier roman.
Je craignais même d'être déçue, mais non. L'écriture est parfaite et bien que le sujet soit une série de meurtre, l'auteur ne tombe pas dans le glauque, le pervers, ni le malsain.
Le personnage est comme il est, ne cherche pas à se dédouaner. Il poursuit un but et s'y tient, et y parvient. De ce simple point de vue et s'il ne s'agissait pas d'assassiner des femmes selon un ordre bien défini (parce qu'il y a une logique et une méthode), ce pourrait presque être admirable.
Malgré le sujet, il y a beaucoup d'humour et de légèreté dans ce roman. D'autant plus une fois qu'on a assimilé que le personnage central est un assassin. Il assassine, certes, parce qu'il est dans sa propre logique, mais sans perversité : il ne torture pas, il poursuit un but et un point c''est tout.
Tout le long du roman je me suis demandé comment cela peut-il finir.
Et bien de façon totalement logique pour peu que (contrairement à moi) on ait été un peu attentif au début et au thème central du livre. Pour ma part, et parce que cela est particulièrement bien amené par l'auteur (ou par étourderie de ma part, allez savoir), j'étais passée complètement à côté et la fin m'a surprise.
Jubilatoire.
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