mercredi 12 février 2014

Best sellers 2011 - article 3 - Du sang sur les docks


Du sang sur les docks

L'action se déroule dans un port de l'Ouest de la France. Le Héros, Bernard Balzac, est venu se reposer et peindre dans sa ville natale. Malgré lui, il est happé dans les méandres d'une enquête policière dont les indices ramènent sans cesse vers son petit monde... Il va devoir côtoyer le pire, la misère, la drogue ; il va plonger au fond de secrets qu'il aurait souhaité toujours ignorer. Il sera obligé de participer aux investigations, et grâce à ses connaissances artistiques dénouera une intrigue sordide. Les personnages sont sombres et l'humour du héros renverse parfois cette tendance, mais il reste seul. Du sang sur les docks est un roman noir social, car on y explore les bas-fonds, la société est dépeinte avec lucidité même si la fiction y conserve toute sa place.


Je l'ai déjà dit, je ne suis guère preneuse de romans locaux ou régionaux. J'aime bien m'évader par les livres, être loin de chez moi alors forcément, un polar qui se passe à Brest, où j'habite... Et bien il va falloir que j'apprenne à revoir mon jugement à ce sujet, car ce roman a été une bonne surprise pour moi.

Au niveau polar, ça reste assez classique, sa valeur tient surtout à l'écriture, la description des paysages, des sensations ressenties par le narrateur (tout ce que j'aime en fait !). Une certaine gouaille, renforcée par une pincée d'argot, juste ce qu'il faut. Cet amour des petites gens, des laissés pour compte, la description de la vie d'une partie de Brest (les ports de commerce et de plaisance), le côté misanthrope du narrateur.

Tout cela m'a séduite, je pense en relire d'autres de cet auteur.
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lundi 10 février 2014

Best sellers 2011, article 2


Résurrection (Cyrille Richard)

Paris, été 2008. Une patrouille de police découvre un cadavre mutilé dans un immeuble désaffecté du XVIII ème arrondissement. Le Capitaine Liener et sa Brigade des Affaires Étranges prennent en charge l’investigation et mènent une enquête aux frontières occultes et criminelles. Un ennemi puissant, invisible, presque intouchable, manœuvre dans l’obscurité et les secrets. Les talents guerriers, scientifiques et mystiques des trois lieutenants de la Brigade suffiront-ils à résoudre tous les mystères, à vaincre tous les périls ? À moins que les démons de Liam Liener ne les précipitent dans une ombre plus grande encore ?
Dans un combat acharné, nul n’en sort indemne.


Pas trop mal écrit, mais pas le genre de polar que j'aime les polars fantastiques. Je m'y étais déjà essayée avec un autre roman dont le titre m'échappe actuellement, je n'avais pas aimé à l'époque.

Et dans le genre glauque, c'est assez lourd par moment (la découverte du cadavre, les frasques sexuelles d'un des personnages). Et dans le côté « on attaque le Vatican et ses barbouzes », on y va un peu trop à fond aussi, en pleine caricature de ce genre de portraits évoqués dans d'autres romans.

Je reconnais cependant que c'est pas mal écrit et construit, il y une bonne logique dans le déroulé dans l'histoire, des rebondissements juste ce qu'il faut et bien amenés.
Les amateurs de ce genre de polars devraient s'y retrouver.
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samedi 8 février 2014

Allez, on reprend là où on s'était arrêté...


Je poursuis donc sur mes lectures estivales et numériques (heureusement que j'avais fait quelques articles en avance à l'époque !).


Best sellers 2011

A à peine 10 euros les cinq volumes, je n'allais pas me priver ! J'ai évidemment regardé les résumés de chaque ouvrage, qui m'ont bien tentée. En aurais-je fait autant avec la version papier ? Pas sûr, mais pourquoi pas ?

Du coup, après une lecture si légère, et grande amatrice de polars, j'avais envie de changer de genre. 

Pari gagné en passant de roman à l'eau de rose à polars, mais aussi d'un polar à l'autre tant les styles sont différents.


Nous commençons donc par :


Le trésor des abbesses (Charlène Mauwis)

Quel est le trésor dont parle un manuscrit du IXème siècle que Virgile, jeune antiquaire parisien, rapporte de Trêves ?
Pourquoi, la mafia russe, dirigée par Constantin Basilivitch, l'a-t-elle missionné pour lui procurer ce Livre des miracles, rédigé par les plus grands ecclésiastiques de tous les temps, depuis Macaire, premier évêque de Jérusalem, jusqu'au pape Pie XII ?
Quel est le secret contenu dans ces pages qui relatent la vie de Saint Hydulphe, chorévêque de Trèves, la ville où naquit l'empereur Constantin qui christianisa le monde romain ?
Quel est le lien entre le médaillon que porte toujours Tontine, la mère adoptive de Virgile, et le trésor des abbayes qui composèrent la croix monastiques des Vosges dont parlent les archives de la bibliothèque d'Épinal ?


Effet secondaire de mon apprentissage et surtout adaptation de la lecture sur liseuse électronique ? Le fait est que je n'ai pas particulièrement aimé ce roman.

L'histoire commençait bien pourtant, puisque se déroulant dans une atmosphère du Paris que j'apprécie dans la série de romans de Dominique Sylvain dont j'ai déjà parlé ici : le Paris de carte postale, avec sa gouaille, sa solidarité entre copains, de tous milieux, celui des petits quartiers pas encore touchés par la mondialisation.
Un Paris de carte postale donc, mais justement, là l'auteur en fait des tonnes. Le personnage central demande de l'aide à un ami et c'est, malgré la nécessité de garder tout ceci secret, tout un réseau voir un bataillon de gens qui se mettent à l'aider spontanément, bénévolement, pour le seul amour de la recherche et de l'histoire et ce en un temps record. Et vont s'y greffer tout un autre bataillon d'autres, du clergé cette fois. Sans compter que notre « héro » arrive à avoir ses entrées un peu partout et obtenir tout ce qu'il veut avec un naturel désarmant, assez peu réaliste tout ça.

Et pas que là. Même si les recherches historiques m'ont intéressée, le déroulé de l'histoire m'a vite lassée, même si je suis allée au bout d'un roman qui aurait peut-être mérité d'être un peu étoffé et mieux travaillé : trop de coïncidences et hasards qui en font des tonnes et ne sont même plus des rebondissements tellement on n'y croit plus. C'est dommage, mieux amenés et plus tôt surtout (c'est dire avant le rebondissement en question pour le préparer, et non pas en l'expliquant), aurait été plus judicieux.
Plus la petite amie qui se révèle être... (ah ben non, peux pas le dire, zut),  un méchant très méchant et totalement fou, sans compter la famille de la petite amie (et crévindiou, dans la première version de cet article, je vous disais tout, ce qui aurait été dommage pour vous mais pas pour vous dire à quel point les ficelles sont décidément trop grosses). Le tout qui sera évidemment utile par la suite (je ne révèle rien, c'est gros comme un building en plein désert).
Plus la clé de l'énigme qui aura été recueillie grâce à un – encore lui - total hasard pendant la seconde guerre mondiale par l'un des personnages, c'est formidable comme dans la vie romanesque tout se recoupe aussi facilement.

Bref, pas désagréable à lire, sauf pour qui est habitué à des polars plus consistants, et mieux structurés.

J'ai préféré les tribulations amoureuses de mes québécoises, tiens.
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vendredi 15 novembre 2013

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Il y a deux semaines, chez mes parents...

Besoin de me changer les idées en bouquinant. Honnêtement, les circonstances ne s'y prêtent pas du tout, mais je fouille, un peu désespérément il est vrai, dans la bibliothèque de mon adolescence dans l'espoir que, peut-être, se trouvera LE roman qui me permettra de me déconnecter, m'évader, ne serait-ce que quelques minutes... un quart d'heure... une heure... ?

Bon, qu'avons-nous là ?

Anna Karénine, les frères Karamazov. Mouais, gros pavés, ça. Je n'ai pas fini le premier, toujours pas trouvé le courage d'entamer le deuxième et pis les auteurs russes, bien que flamboyants dans l'histoire et l'écriture, c'est pas mal de drames quand même.

Bon, et les classiques français, alors ? Zola. Ah...
Lautréamont, les chants de Maldoror.
Hugo, Les Misérables, version écourtée pour les élèves de 6ème que nous étions à l'époque.
Et quelques autres du même genre, tous semblant faire un concours du "je serai le moins jouasse possible, veux-tu déprimer encore plus ?"
C'est vrai que j'ai fait une filière littéraire au bac, donc romantisme et gothique obligent dans le programme. Pas étonnant que je déprimais autant à l'époque.

Bon, laissons tomber les classiques, qu'y a-t-il d'autre, et qui soit contemporain ?

Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée...
La mort n'attends personne, Didier Daenincks.
Mort en été, Mishima.
L'ingratitude. C'est bien un roman chinois (court et superbe au demeurant) à deux voix, une mère et sa fille, dont l'une des deux s'adresse à l'autre après sa propre mort ? Oui, on va éviter aussi.
Stephen King : Minuit 2, Minuit 4, et quelques autres. Manquerait plus que Simetierre, et ce serait complet.

Finalement, je me suis rabattue sur la bibliothèque de ma mère et ai opté pour un polar. D'accord, un polar c'est toujours une histoire de meurtre donc de mort à la base, mais dans le cas de ce genre d'auteur, il y a l'espoir au bout puisque le but est de retrouver et stopper l'assassin, non ? Et de toute façon, c'est le seul qui m'inspire, là tout de suite...

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Vraiment, qu'il est difficile, quand on est en deuil, de réussir à se changer les idées...

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Adieu, papa...
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mardi 15 octobre 2013

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J'ai eu besoin de me mettre un peu en pause ces derniers mois (l'aviez remarqué tous seuls en même temps).

Besoin de me tourner vers autre chose pour passer le temps, genre paradis artificiels, enfin, plutôt virtuels (c'est fou comme des jeux à la c** sur Internet peuvent vous prendre tout votre temps). Je n'ai pas lu autant que d'habitude, j'avais peut-être besoin aussi de faire une pause, d'avoir un autre moyen de m'évader.

Je bouquine, à mon (nouveau) rythme, mais j'ai pris un bon retard ici. Que je compte bien rattraper, mais là pareil. A mon (nouveau) rythme.

En résumé : à bientôt !
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dimanche 18 août 2013

Les Héros, ça s'trompe jamais







Pour être franche et honnête, j'ai acheté cette série d'e-book un peu par élimination.

But un : me familiariser avec ma liseuse électronique (oui, ça y est, enfin, j'ai sauté le pas ! Mon homme commençait – à juste titre il faut bien le dire – à désespérer de me voir l'utiliser un jour. Et pour être honnête tout à fait, il s'agit de livres achetés pour l'été 2012. Il y a des sautages de pas qui prennent plus de temps que d'autres...).

But deux : lecture de vacances, donc pas prise de tête., donc ne soyons pas trop regardant sur le style. Soyons fun, soyons fous !

But trois : tant qu'à acheter du virtuel (oui, j'ai du mal à me dire que c'est un VRAI livre que j'ai entre les mains. Physiquement, je veux dire), autant pas se ruiner. Un petit clic, et tout est si vite supprimé !

J'ai donc opté sur une série de livres humoristiques. Du moins le croyais-je. Genre « chick lit », vous voyez. Pas MON genre de lecture habituelle, mais ne soyons pas hypocrite, en vacances, on aime bien ce qui est léger. Non messieurs, je ne parle pas des vêtements (et non, pas de photos non plus).

Du moins le croyais-je, car ça tient plus du roman à l'eau de rose que du roman comique (bien que le ton soit léger et l'histoire mène souvent à des situations relativement drôles).

Du moins le croyais-je, car ce n'est pas une série de livres au sens où je l'entendais au moment de l'achat. Mais si ces 6 « volumes » ne sont pas épais, à 0,99 euros chacun c'est franchement pas l'arnaque quand même.

Cela étant, lecture distrayante idéale pour la plage, mission accomplie. Ah oui, et comme l'auteure est canadienne, mon côté amoureuse des langues a bien aimé découvrir de nouvelles expressions ou celles se rapprochant beaucoup des nôtres.
Le début m'avait moyennement convaincue, mais l'histoire prend peu à peu de la consistance avec sa galerie de personnages attachants (quoique parfois un peu trop « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » mais après tout soit, venant d'un pays où les gens ne ferment pas leurs portes à clé, même pour sortir...) et une fin comme on les aime dans ce style de romans.

Bref, plaisante lecture pour la vacancière que je suis, on verra si pour les prochaines, je trouve une suite (à voir au niveau des tarifs).

samedi 17 août 2013

Les aventures du cuisinier Savoisy


Souper mortel aux étuves
Paris, 1393. Messire Jehan est retrouvé gorge tranchée dans une étuve mal famée de la rue Tirechappe. Constance, décide de le venger et se fait embaucher comme cuisinière chez Isabelle la Maquerelle. Elle fréquente bouchers, poissonniers, maraîchers, rôtisseurs, colporteur et autres marchands d'oublies et elle confectionne tourte d'épinoches, navets aux châtaignes ou flan siennois...

Meurtres à la pomme d'or
Montpellier, 1556. François Savoisy, étudiant en médecine rêve de devenir cuisinier. Aux dissections, il préfère l'étude du safran, cardamome, gingembre, macis et autre maniguette. Mêlé à des morts suspectes, il mène l'enquête, jusqu'à Bologne. Avec Nostradamus – célèbre médecin et astrologue -, Olivier de Serres – agronome – ou Ulisse Aldroventi – humaniste et fameux naturaliste -, il célèbre la découverte de la tomate.


Natures mortes au Vatican
Rome, 1570. Devenu secrétaire de Bartolomeo Scappi, cuisinier du Pape, François rédige l'Opera, fameux ouvrage de plus de mille recettes : tourtes aux asperges, pizza à la napolitaine, gâteau d'aubergines, crème à la hongroise, papardelle au bouillon de lièvre... Mais l'enlèvement du peintre Arcimboldo le conduira, sur fond d'inquisition, de Naples à Genève.



Concernant l'écriture, ce fut une lecture plaisante mais sans plus, avec quelques maladresses. L'intrigue de base est de facture assez classique même s'il faut bien reconnaître qu'il y a eu beaucoup de recherche.

Cette série d'histoires vaut surtout pour la formidable reconstitution historique et culinaire (normal, l'auteure est historienne de la gastronomie) des époques et des lieux évoqués.
Les personnages sont vite attachants, on suit leurs pérégrinations avec plaisir et intérêt.
A recommander pour les gourmands de l'Histoire et les gourmets tout court, ce recueil reprenant en fin d'ouvrage quelques unes des recettes évoquées dans chaque histoire. Je ne les ai pas encore essayées, je vous en dirai des nouvelles si je me laisse tenter !
Merci à  l'auteure pour toutes les précisions historiques, j'ai terminé ce livre juste avant de partir en vacances, visiter les châteaux de la Loire et lors de l'animation dans les cuisines de l'un d'eux, j'ai ainsi pu répondre à certaines "colles" posées par l'animatrice ! (commentaire purement égocentrique)

Mention spéciale au mini-exposé sur la tomate, qui m'a ravie autant que surprise !

Bref, je pense lire la suite...
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dimanche 30 juin 2013

Justice dans un paysage de rêves

4 de couv' :
Un capitaine de police blanc ayant été abattu dans une ville de la province sud-africaine au cours des années cinquante, l'inspecteur Cooper arrive de Johannesburg pour mener l'enquête. Il doit se frayer un chemin dans le labyrinthe des clivages raciaux et sociaux qui divisent la communauté. L'éminente et très respectable famille de la victime l'observe d'un oeil soupçonneux, et l'enquête est rapidement récupérée par la Security Branch. Cooper poursuit néanmoins ses recherches et, en découvrant la double vie du capitaine défunt, est entraîné dans une affaire qui révèlera que la couleur de peau compte bien plus que la justice...


Je n'avais jamais entendu parler de cet auteure avant que la suite de ce polar ne soit abordée par ce blog, que je suis régulièrement. Aimant déjà les romans se déroulant en Afique du Sud, grande fan de Deon Meyer (mais est-il encore besoin de le rappeler ?), ce roman avait tous les atouts pour me plaire. Et je ne suis pas déçue.

Ce polar regroupe tout ce que j'aime dans le genre : une écriture simple mais efficace, de bons portraits de chaque personnage, une rigueur historique, une bonne reconstitution sociologique, une belle description des lieux, une bonne intrigue, une fin douce-amère et crédible.

Je vous avouerai cependant que pour bien comprendre et me remémorer le contexte historique de l'histoire, je suis allée zyeuter du côté de wikipédia.
Donc, sur l'Afrique du Sud en général : https://fr.wikipedia.org/wiki/Afrique_du_Sud
Sur son histoire : https://fr.wikipedia.org/wiki/Afrique_du_Sud#Histoire
Sur l'Apartheid : https://fr.wikipedia.org/wiki/Apartheid

Je pense donc emprunter sa suite (ou plutôt l'enquête suivante), dès que possible.
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dimanche 9 juin 2013

L'ultime secret de Frida K.

4 de couv' :
L'ange de la mort plane sur Mexico. La Santa Muerte, patronne des bas-fonds, est partout - même tatouée sur le sein gauche de stripteaseuses assassinées. En plongeant dans les arcanes de ce culte morbide, le policier Machuca ignore encore quel lien unit ces crimes au mystérieux tableau récemment volé : un autoportrait inconnu de Frida Kahlo dédié à son amant Léon Trotski.
Une toile qui pourrait bien avoir tué ce dernier et qui poursuit aujourd'hui son sanglant parcours...


Je dois reconnaître que j'ai acheté ce livre pour deux raisons : sa couverture et Frida Kahlo - on a tou(te)s nos raisons pleinement subjectives de choisir un livre - ce qui ne m'a empêché de me dire aussi " tout est fait pour donner envie de l'acheter". Lectrice influençable, certes, mais en toute conscience.

Autant le dire tout de suite, il est l'idéal pour la plage : c'est ce que j'aurais fait, le lire sur la plage je veux dire, si je n'avais pas eu la flemme de me bouger hier (par contre, l'incomparable bonheur de m'installer confortablement au soleil sur mon balcon ! J'ai bien fait, ce ne sera visiblement pas le cas aujourd'hui).

L'écriture étant assez simple, rien de transcendant. Mais pas désagréable non plus, il est facile et plaisant à lire.

Par contre, je ne le mettrai certainement pas dans la catégorie "thriller" qui est plutôt un genre ou tu restes les doigts agrippés au livre (sauf si tu te ronges les ongles en le lisant), les yeux rivés sur chaque mot de chaque ligne de chaque page de chaque chapitre de ce fichu bouquin dont tu n'arrives pas à t'extirper tellement les tribulations des personnages te sont devenues propres que c'en est presque physique et d'en oublier le monde qui t'entoure (et que quand ton entourage fait le moindre mouvement ou micro-bruit, tu bondis en hurlant, le livre rebondissant au plafond. Rigolez pas : que celui ou celle à qui ça n'est jamais arrivé me balance le premier pavé littéraire).

Et ce n'est donc pas du tout ce que j'ai ressenti en lisant ce livre. Donc, exit le côté thriller.

Côté polar, c'est sympa mais sans plus, voire un peu décousu. J'ai trouvé qui était coupable dès la 117ème page (sur 345), ou du moins je m'en doutais mais je n'en ai eu confirmation qu'à la toute fin, ce qui était une bonne raison de continuer.
J'ai regretté qu'il y ait autant de dialogues (mais vous savez maintenant que c'est un style d'écriture que j'aime le moins en polar), et c'est aussi cela qui rend la lecture de ce polar si fluide mais un peu au détriment du reste : la psychologie des personnages et la complexité de leurs relations ne restent finalement que survolées, comme si l'auteur amorçait un morceau de l'histoire pour finalement ne le reléguer qu'au second plan.
Je regrette aussi que la description de Mexico, de son ambiance, de sa culture, de sa population, soit aussi peu exposée. L'auteur en fait une toile de fond intéressante mais sans s'attarder davantage, dommage.

Cependant, j'ai assez apprécié que le roman alterne les passages actuels (il se déroule en 2006) et les passages se déroulant en 1940, avec Frida Kahlo au centre de l'intrigue. Ce sont ces passages qui m'ont d'autant plus intéressée que, bien que romancés pour les besoins du polar, il n'y a pas trop d'inventions par rapport à ce que je sais d'elle.

Donc j'insiste, un bon moment de lecture, mais pour qui aime les bons polars et connaît un peu la culture latino-américaine, on reste un peu sur sa faim.

Enfin, pour ceux que ça intéresse et voudraient se faire une idée du contexte du roman :
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vendredi 7 juin 2013

Algérie

4 de couv' :
Un ouvrage qui rassemble toutes les mémoires
Anciens combattants d'Afrique du Nord, d'active ou appelés, militants nationalistes du FLN-ALN, harkis, pieds-noirs, opposants à la guerre... Tous ont ouvert leurs archives, à la recherche des traces du passé.
Plus de 300 témoignages et documents inédits sur la guerre d'Algérie
Des récits qui donnent toute la "chair" de cette histoire. Ces témoignages sont complétés par des documents officiels permettant de comprendre les enjeux de ce conflit qui déchirera la France et l'Algérie.
Un regard juste et honnête sur le passé
Cinquante ans après la fin de la guerre d'Algérie, l'heure est maintenant venue de passer de la douleur à l'Histoire, de la blessure à l'apaisement. Ce conflit a concerné d'innombrables familles françaises et algériennes.


Pour ceux qui auraient suivi (et les autres aussi), je rappelle que j'avais évoqué ce livre ici. C'est probablement le beau temps de ces derniers jours qui m'a rappelé nos vacances d'été, nos visites et en particulier cette exposition sur l'Algérie.

De mes cours d'Histoire sur la guerre d'Algérie, je dois bien reconnaître que déjà à l'époque le tout me paraissait horriblement complexe, difficilement ingurgitable et régurgitable (je ne pense pas avoir eu une bonne note sur ce chapitre. J'aimais bien l'Histoire, mais j'étais assez moyenne dans cette matière).

Autant dire qu'au moment d'entamer ce recueil de témoignages, lettres, extraits de discours, de versions officielles, de livres et récits, mes souvenirs de ce chapitre de l'Histoire était assez flous. Je me rappelais la complexité de cette période, de la violence, des passions exacerbées (qui n'a pas dans sa famille des gens qui, ayant connu cette époque - en métropole - ont une vision de cette époque encore influencée par les versions officielles du moment ? Cette même génération influencée par la propagande du "le colonialisme était une bonne chose, on leur a apporté la civilisation " et qui ne veulent pas entendre parler du contraire, outré même qu'on puisse évoquer le sujet sous un autre angle, brisant ainsi toute tentative de débat.

Ce livre, à l'origine un livre-objet dont je n'ai que la partie livre et pas la version "de luxe", en plus de recueillir des témoignages de toutes sortes et de tous bords, est richement documenté de dessins, reproduction de lettres, d'affiches, de tracts, photos et je suis sure que j'en oublie.

J'en retire effectivement de tout cela une grande complexité, mais ce livre a le mérite de m'avoir éclairée sur l'ensemble. Et de me remettre en tête la chronologie des faits, qui a fait quoi et surtout pourquoi.
Autre mérite : il n'est pas partisan. Les faits, assortis de témoignages de protagonistes de l'époque, nous permet de comprendre l'état d'esprit et les prises de position de tous. Comprendre n'est pas forcément accepter, mais si on veut rester objectif sur un tel sujet et le voir dans son ensemble, on est bien obligé de se pencher sur chacun de ses aspect.
Je comprends d'autant mieux à présent, en dehors des drames individuels et collectifs, pourquoi 50 ans après, ce chapitre historique fait encore autant débat.
J'en retire aussi, mais je le savais déjà, que comme toute guerre et toute guerre civile, celle-là a été plus que toute autre un véritable déchirement. Pour tous, sans exception.

Bref, une lecture salutaire, objective et pédagogique, à recommander à quiconque voudrait en savoir plus sur le sujet.

Et je voudrais rappeler ici l'excellent "Bleu, blanc, vert" de Maïssa Bey. Une autre façon d'aborder les choses puisque romancée et dont le point de départ est justement la déclaration d'indépendance de l'Algérie, mais pour ceux qui voudraient poursuivre en core un peu sur le sujet...

Edit :
Vous n'allez pas me croire, mais c'est seulement 10 minutes après avoir clos cet article que je tombe sur une bande annonce de France 2 sur le programme de dimanche soir, consacré à la guerre d'Algérie. Avec en première partie de soirée, un téléfilm, puis un documentaire. Je trouve le choix du jour pas génial (qui aura le courage de regarder le documentaire, à une heure pareille, une veille de reprise du boulot ?). Au moins, cette soirée a le mérite d'exister.
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