lundi 27 mars 2017

Ancien malade des hôpitaux de Paris

4 de couv' :
"Quand je pense ! Quand je pense au sang d'encre que je me sui fait pour lui ! Quand je pense ! Quand je pense qu'à cause de ce clan j'ai failli larguer la médecine ! Quand je pense ! Quand je pense que mon coeur a cessé de battre dix fois dans la nuit !"
Cette nuit-là, le docteur Galvan trouva la foi, la perdit, la retrouva, la perdit à nouveau. Il fallait qu'il le raconte à quelqu'un. Désolé que ce soit vous.

Très court roman, mais dense dans le jubilatoire et l'absurde. Ou comment une histoire commence très mal et se finit de façon plus désastreuse encore. Pour les personnages évidemment, pas pour le lecteur !
Comment ? Lisez, vous rirez !
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vendredi 24 mars 2017

Par la petite porte

4 de couv' :
Copper, le fil métis et illégitime du maître blanc, revient dans la plantation où il est né. Appelé à rendre visite à son oncle, il refuse de passer par la petite porte à l'arrière de la maison, comme l'impose pourtant la tradition ségrégationniste de Louisiane. Son refus est le point de départ d'un bras de fer lourd de sens.

Comme souvent avec Ernest J. Gaines, "Par la petite prote" est un court roman, mais dense par sa portée. Et comme toujours avec cet auteur, chaque mot, chaque phrase tombe juste.

Et une fois n'est coutume, ce roman n'est pas dénué d'humour : si l'entêtement des deux protagonistes est source de tensions et, pour les autres personnages, de stress, il est parfois jubilatoire tant il confine à l'absurde. On ne sait plus lequel est finalement le plus entêté et si on est forcément du côté de Copper, on doit bien admettre qu'il a de qui tenir.

Je le relirai avec plaisir, d'autant qu'une fois de plus avec cet auteur, nous avons ici un roman à plusieurs niveaux de lecture.
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lundi 20 mars 2017

La fille au revolver

4 de couv' :
Constance Kopp n'entre dans aucun moule. Elle surpasse en taille la plupart des hommes, ne trouve aucun intérêt dans le mariage ou les affaires domestiques, et a été isolée du monde depuis qu'un secret de famille l'a reléguée, elle et ses deux soeurs, dans le fin fond du New Jersey. Un jour, le propriétaire d'une fabrique de soie renverse leur carriole au volant de son automobile... Et ce qui n'aurait dû être qu'un banal litige se transforme en une bataille rangée avec une bande de voyous habitués au chantage et à l'intimidation. Mais elle pourra compter sur l'aide d'un shérif progressiste qui, dans l'Amérique puritaine de ce début de siècle, n'hésitera pas à lui confier un revolver et une étoile.

Inspiré de faits et de personnages réels, il s'agit bien ici d'un roman, et si l'écriture n'est pas exceptionnelle, c'est un bon moment de lecture avec une bonne dose d'humour. Ne vous attendez pas cependant à éclater de rire à chaque page, mais plutôt à sourire.

La vie quotidienne des trois soeurs et la pression mise sur elles par la société pour les faire "rentrer dans le rang" est bien reconstruite, me faisant parfois penser à la petite maison dans la prairie (les livres, pas le feuilleton, très différents), vu que cela se passe quasiment à la même époque et en partie à la campagne.

Le quatrième de couverture donne l'impression que les scènes d'action se succèdent les unes aux autres, mais si il y a en effet des rebondissements et des moments  de tension, l'auteur suit plutôt le rythme de vie de l'époque, avec des retours en arrière sur la vie de Constance Kopp. Les amateurs d'action, de course-poursuite, de bagarres ou de tirs à vue à chaque page en seront pour leurs frais. Il y a bien tout cela, mais distillé à bonne dose et bien réparti dans l'ensemble du roman.

Bref, un bon moment de lecture, et je serais assez intéressée de voir la suite, s'il y en a une.
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vendredi 17 mars 2017

Nos amis les humains

4 de couv' :
- On est où là ? - Vous voyez bien. Dans une cage de verre. - Qu'est-ce qu'on fout là ? - Ça, si je le savais...
Un homme et une femme se retrouvent prisonniers dans une cage, quelque part dans l'univers. Au-delà de la difficulté de se comprendre et de s'aimer, ils vont devoir résoudre une question cruciale : l'humanité mérite-t-elle d'être sauvée ? Après ses polars scientifiques et ses nouvelles fantastiques, Bernard Werber dévoile un nouvel aspect de son imaginaire dans un face-à-face plein de surprises et de suspense.

Comment dire... Mauvais casting. Cela faisait longtemps que j'avais envie de lire un Werber et connaissant mal (non, en fait pas du tout) sa bibliographie, j'ai emprunté ce livre à la bibliothèque.
Sachant que ce jour-là, je m'étais imposée la consigne de ne prendre que des auteurs non lus par ma pomme mais qui me faisaient envie depuis longtemps et pour me motiver davantage, que des volumes pas trop épais. Voilà comment je suis tombée sur ce Werber. Voilà comment je n'ai pas vu que j'étais au rayon théâtre.

Alos je n'ai rien contre le théâtre, tant que je suis en train de regarder une pièce, mais surtout PAS le lire. En résumé, à moins de déclamer au milieu de mon salon, je trouve la lecture d'une pièce abominablement plate.

Bref, grosse déception du coup.

D'autant que j'ai trouvé l'ensemble assez surperficiel et pas si original que cela finalement. Les personnages m'ont horripilée dès le début et dans le genre dialogues dans un lieu inconnu, j'ai largement préféré "Péplum" d'Amélie Nothomb auquel je n'ai pas arrêté de penser durant la lecture de cette pièce alors que le contexte est tout à fait différent. Le comble.

Donc si vous aimez lire des pièces de théâtre et/ou la science-fiction, laissez-vous tenter, sinon...

Cela étant, ça ne m'a pas détournée de l'idée de lire un Werber à nouveau (mais en faisant bien attention au rayon cette fois !).
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vendredi 10 mars 2017

La femme aux pieds nus

4 de couv' :
"Cette femme aux pieds nus qui donne le titre à mon livre, c'est ma mère, Stefania.
Lorsque nous étions enfants, au Rwanda, mes soeurs et moi, maman nous répétait souvent : "Quand je mourrai, surtout recouvrez mon corps avec mon pagne, personne ne doit voir le corps d'une mère." Ma mère a été assassinée, comme tous les Tutsi de Nyamata, en avril 1994 ; je n'ai pu recouvrir son corps, ses restes ont disparu. Ce livre est le linceul dont je n'ai pu parer ma mère. C'est aussi le bonheur déchirant de la faire revivre, elle qui, jusqu'au bout traquée, voulut nous sauver en déjouant pour nous la sanglante terreur du quotidien. C'est, au seuil de l'horrible génocide, son histoire, c'est notre histoire"
Scholastique Mukasonga.

C'est un très beau portrait que nous livre ici l'auteure. Pas seulement de sa mère, mais aussi de sa famille, de son entourage, sa ville et malgré tout, de son pays.
Belle évocation aussi de l'histoire du Rwanda, qui permet de remettre les pendules à l'heure sur les conséquences de la colonisation menant à la situation actuelle.

Ecriture d'une belle sobriété, de laquelle transparaît la tendresse de l'auteure pour sa famille, sa peine aussi.
A lire, vraiment.
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vendredi 3 mars 2017

Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran

4 de couv' :
À Paris, dans les années soixante, Momo, un petit garçon juif de 12 ans, devient l'ami du vieil épicier arabe de la rue Bleue. Mais les apparences sont trompeuses : Monsieur Ibrahim, l'épicier, n'est pas arabe, la rue Bleue n'est pas bleue et l'enfant n'est peut-être pas juif.

Pour être honnête, j'ai été un peu déçue de ce roman, pour lequel je m'attendais à beaucoup mieux étant donné les excellents commentaires dont il bénéficie (y compris d'une de mes copines de bus, qui elle l'a visiblement adoré). J'ai été surprise aussi par le volume de ce livre, je m'attendais (allez savoir pourquoi) à plus épais.

Soit je suis passée totalement à côté, soit j'en attendais trop étant donné sa notoriété. A relire, peut-être...

Cela étant, l'histoire est belle, pleine de l'espoir et de but dans la vie dont le jeune Momo a besoin pour avancer dans sa vie.
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dimanche 26 février 2017

Alabama Song

4 de couv' :
Montgomery, Alabama, 1918. Quand Zelda, "Belle du Sud", rencontre le lieutenant Scott Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. Lui s'est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison. Le couple devient la coqueluche du Tout-New York. Mais Scott et Zelda ne sont encore que des enfants : propulsés dans le feu de la vie mondaine, ils ne tardent pas à se brûler les ailes...
Gilles Leroy s'est glissé dans la peau de Zelda, au plus près de ses joies et de ses peines. Pour peindre avec une sensibilité rare le destin de celle qui, cannibalisée par son mari écrivain, dut lutter corps et âme pour exister...


Bien que romancée, il est toujours intéressant de voir évoquée la vie d'un personnage célèbre par le biais de son entourage. D'autant plus quand il s'agit de sa femme qui est le plus souvent présentée comme étant "perturbée", hystérique, schizophrène, etc.
Il est toujours risqué aussi de se mettre dans la peau d'une personne ayant réellement existé, dont on connaît moins la vie si ce n'est via son mari.

C'est ici un juste retour des choses, l'auteur s'en sort plutôt pas mal, sans voyeurisme. Il fait de Zelda un beau portrait, affranchi de la vision machiste et paternaliste de l'époque et l'a d'une certaine manière réhabilitée. Et de la part d'un homme (bon d'accord de notre époque donc a priori moins bourrin que ceux de son époque à elle), c'est bienvenu.

Par contre, Francis Scott Fitzgerald n'en sort guère grandi, ce qui a le mérite de rééquilibrer les choses.

L'auteur n'est cependant pas de parti pris, il reste aussi objectif que possible avec les éléments biographiques dont il dispose et laisse à chacun la possibilité de se faire sa propre opinion.

Et j'aimerais souligner aussi une belle évocation d'une époque et du milieu dans lesquels le couple évoluait.

Un beau roman biographique.
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vendredi 24 février 2017

L'inconnu du Pont Notre-Dames

4 de couv' :
1786. Le procès de l'affaire du collier touche à sa fin et déconsidère la reine. Le déficit du royaume exacerbe les rivalités politiques. Niclas Le Floch est saisi par Le Noir, nouveau directeur de la Bibliothèque du roi, de la disparition d'un conservateur au cabinet des médailles.
Quelle est l'identité du cadavre décapité découvert dans une maison démolie du Pont Notre-Dame ? Qu'augurent les informations transmises par Lady Charwel, alias La Satin, concernant un complot anglais visant Louis XVI. Existe-t-il un lien entre les deux affaires ?
D'autres meurtres suivront au cours d'une minutieuse enquête qui conduira le policier breton dans la Paris des receleurs et des maisons de jeu et jusqu'à la rade de Cherbourg. Ses fonctions lui imposeront aussi de réduire des émotions populaires et de veiller au bon déroulement des exhumations du Cimetière des Innocents.
Nicolas Le Floch éprouvera aussi le bouleversement de l'effarante révélation de ses origines. Au milieu des intrigues de cour et des dangers de la ville et, face à des suspects équivoques, mus par le lucre et la trahison, il finira par résoudre une sombre énigme en usant d'une découverte étonnante des Lumières.


L'ayant lu il y a au moins 6 mois (non, je n'ai pas fini de rattraper mon retard sur ce blog, j'en suis loin d'ailleurs, vous verriez la pile de livres qui traîne à côté de mon ordi, sans compter ceux empruntés à la bibliothèque...), je ne me rappelle guère de toute l'histoire.

J'ai en tout cas pris plaisir à retrouver la même galerie de personnages, le même contexte historique. C'est un Nicolas Le Floc'h plus mature que l'on retrouve ici, avec une intrigue ma fois plutôt bien aboutie, l'un des meilleurs de la série !
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dimanche 19 février 2017

La pluie ébahie

4 de couv' :
À Senaller, un village dont on ne peut que partir, la pluie ne tombe plus, elle demeure en suspens. Le fleuve est à sec, la sécheresse menace. Le village est-il la proie d’un châtiment divin ou des rejets de l’usine installée à proximité ? Devant l’impuissance des commandeurs des nuages et des villageois, la mère du narrateur décide de se rendre à l’usine… Devenu le complice malgré lui d’un terrible secret, l’enfant n’a pas d’autre choix que de protéger sa mère de la fureur paternelle. La présence aimante du grand-père est l’unique refuge de l’enfant. Afin que la pluie tombe à nouveau, la famille devra dérouler les fils de son histoire et revivre la légende des Ntoweni. Dans ce récit hanté par le conte, Mia Couto déploie toute sa puissance poétique et créatrice pour toucher au plus près la destinée des êtres dans un Mozambique encore à naître.


J'ai beaucoup aimé ce roman dont je me suis laissée porter par la musicalité poétique de la narration. Un genre de conte pour adultes dont chaque phrase, admirablement bien écrite, ne se trouve là par hasard. A lire et relire autant pour l'histoire que pour le style.

Auteure à suivre avec délectation.
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samedi 18 février 2017

La terre qui penche

4 de couv' :
Blanche est morte en 1361 à l'âge de douze ans, mais elle a tant vieilli par-delà la mort ! La vieille âme qu'elle est devenue aurait tout oublié de sa courte existence si la petite fille qu'elle a été ne la hantait pas. Vieille âme et petite fille partagent la même tombe et leurs récits alternent.
L'enfance se raconte au présent et la vieillesse s'émerveille, s'étonne, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l'y attend.
Veut-on l'offrir au diable filou pour que les temps de misère cessent, que les récoltes ne pourrissent plus et que le mal noir qui a emporté sa mère en même temps que la moitié du monde ne revienne jamais ?
Par la force d'une écriture cruelle, sensuelle et poétique à la fois, Carole Martinez laisse Blanche tisser les orties de son enfance et recoudre son destin. Nous retrouvons son univers si singulier, où la magie et le songe côtoient la violence et la truculence charnelles, toujours à l'orée du rêve mais deux siècles plus tard, dans ce domaine des murmures qui était le cadre de son précédent roman.

Je crois bien que tout est dit dans le quatrième de couverture. Pas sur l'histoire racontée, mais bien sur ce qu'il faut en retirer de ce roman (oui, je suis depuis quelques temps assez critique sur ces fichus quatrièmes de couverture, mais je suis capable aussi de dire quand c'est particulièrement bien fait).

On retrouve le style et la force narrative des romans précédents, qui loin de s'appauvrir et de tourner en rond comme cela peut arriver à certains auteurs à succès, se sont ici encore améliorés. Une grande écrivaine s'il en est, j'ai hâte de la suivre au fil des années qui viennent.

Chaque personnage est bien pensé, l'histoire bien construite et aussi cruelle que l'époque évoquée. Une tension tout au long du roman qui fait qu'on ne peut le lâcher et qu'après la dernière page on se dit "encore !".

Un très beau livre, si vous avez aimé "Le coeur cousu" et "Le domaine des murmures", vous n'en aimerez que davantage celui-ci.
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