mercredi 31 décembre 2025

Le restaurant des recettes oubliées - tomes 1 et 2

4 de couv' :
Caché dans les ruelles de Kyoto se trouve le petit restaurant des Kamogawa, d'où s'échappent d'exquises odeurs de cuisine traditionnelle japonaise.
En plus de délicats repas faits maison, Nagare et sa fille Koishi proposent une expérience qui sort de l'ordinaire : cuisiner un plat que leurs clients ont en mémoire, mais dont la recette est depuis longtemps oubliée. Pour chaque nouveau plat, la famille Kamogawa enquête et propose à ses convives de déguster une nouvelle fois les mets savoureux qui ont marqué leur vie. Par la magie des émotions et de la nostalgie, ces délices perdus enfin retrouvés permettent de rêver à de nouveaux départs.








"Nous retrouvons vos plats."
Une mystérieuse publicité tenant sur une ligne dans une revue culinaire, pas de numéro de téléphone ni d'adresse claire : ceux qui souhaitent se rendre au restaurant Kamogawa doivent compter sur un soupçon de magie pour arriver à bon port !
Seuls les habitués et les clients guidés par le destin trouveront leur chemin jusqu'à la petite bâtisse cachée dans les ruelles de Kyoto, qui propose à ses convives  de recréer les délicieux mets qui ont marqué leur vie. Pour chaque nouveau plat, Nagare Kamogawa et sa fille Koichi offrent à leurs clients une plongée dans le goût inimitable du souvenir.









Lecture sympathique malgré une écriture assez plate, à laquelle je trouve autant de qualités que de défauts.

Chaque partie de ces deux livres correspond à un client et pourrait presque être une nouvelle. Idée sympathique si ce n'est que chaque histoire, donc indépendante l'une de l'autre,  se déroule exactement de la même manière (l'arrivée du client, l'accueil qui lui est fait, les questions posées, retour du client après enquête, découverte du plat, conclusion de l'histoire, chat inclus).
la construction est donc redondante, ce qui pourrait en lasser plus d'un, mais c'est aussi d'une certaine manière ce qui fait son charme.
Un troisième tome doit sortir le 6 janvier, je ne suis pas sûre de l'acheter, à voir si je peux l'emprunter à la bibliothèque...

L'originalité de chaque histoire tient surtout à la personnalité de chaque client, ce qui le ou la motive à retrouver telle ou telle recette, élaborée ou non. Le résultat les surprend souvent (le lecteur un peu moins sauf d'un point de vue culinaire), et leur fait envisager ou découvrir un pan de leur vie - passé, présent ou futur - sous un autre angle. Ce qu'il en découlera n'appartient qu'à eux, car le seul endroit où se déroule l'action du roman est le restaurant et ses environs proches.

Si vous êtes comme moi fan de gastronomie et de culture japonaise, vous adorerez lire les descriptions de plats (de saison !) proposés aux clients, les traditions liées aux saisons, ainsi que le lexique en fin de volume.
En dehors du principe de retrouver une recette d'antan, ces livres sont l'occasion pour l'auteur de rendre hommage à toute une tradition culinaire et au terroir japonais, riches et variés.

Un livre qui, s'il ne brille pas par l'écriture et l'originalité, vous met assurément l'eau à la bouche !
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vendredi 26 décembre 2025

Une seconde avant Noël

4 de couv' :
1851. À Cokecuttle, cité industrielle anglaise hérissée des cheminées des hauts fourneaux couverts de suie, Harold Gui, neuf ans, orphelin de père et de mère, survit péniblement sous les ponts en pratiquant divers petits métiers. Et pourtant...
Harold ne le sait pas encore, mais il est promit à un avenir merveilleux. Guidé par un génie invisible, il va découvrir un monde peuplé de lutins, d'arbres magiques et de rennes volants. D'extraordinaires aventures l'attendent avant de pouvoir enfin rencontrer sa destinée et devenir ce personnage à la longue barbe blanche, au costume rouge éclatant que nous connaissons très bien : le Père Noël...

Dès les premières lignes, un ravissement sans fin. Cette lecture m'a tellement enthousiasmée que je l'ai lu en une journée.

Romain Sardou a réussi à faire de ce livre un vrai conte à la Dickens, et surtout un vrai conte, qui peut enthousiasmer autant les adultes que les enfants.
Non seulement ce roman reprend tous les codes des contes pour enfants (et avec brio !), mais il est aussi parfaitement équilibré : l'histoire, l'humour, les moments difficiles, les moments d'allégresse, et surtout, ô surprise, alors qu'on croit que le personnage a touché le fond et qu'on se demande comment arrivé là, il pourrait s'en sortir, c'est justement grâce à cela que... Mais chut !

L'écriture est elle-même un enchantement et nous happe dans l'histoire dès les premiers mots. J'ai adoré les apartés où l'auteur s'adresse aux lecteurs, nous rendant complices, presque partie prenante de l'histoire.
Un sans faute !

Curieuse de nature quand quelque chose m'enthousiasme à ce point, après quelques recherches sur Internet, j'ai trouvé deux informations :
1) la version que j'ai lue est la première, sortie en 2006. L'auteur a remanié son texte et sorti une nouvelle version en 2020. Pour ma part, j'aime autant avoir lu la première version, mon côté puriste assumé !
2) est en préparation une comédie musicale qui doit paraître en décembre 2026. Quand j'ai découvert cela, les étoiles dans les yeux que j'avais récupérées à la lecture se sont mis à briller encore plus intensément...

Ma plus belle lecture de l'année et de Noël, une vrais réussite !
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mardi 23 décembre 2025

Les perce-neige s'éveillent sous les flocons

4 de couv' :
"Bienvenue au refuge du Perce-neige ! Venez découvrir la magie de notre ferme pédagogique en plein coeur du massif du Mont-Blanc."
Liia Josserand et son père sont très fiers de ce refuge, dans lequel les rennes sont élevé en liberté dans des pâturages verdoyants. Les fins de mois sont difficiles, mais jamais ils n'abandonneraient leurs animaux, et encore moins pour les vendre au chef étoilé qui voudrait les mettre à sa carte.
À quelques semaines des fêtes, le temps presse pour Barone Verroni : il veut du renne à son menu de Noël ! Aussi le cuisinier n'hésite-t-il pas à s'infiltrer incognito au refuge du Perce-neige pour en savoir plus sur cet élevage et convaincre cette étrange famille de lui vendre à bon prix un ou deux caribous.
La guerre semble inévitable, mais la présence d'un certain Nicolas Claus pourrait bien venir tout chambouler...


J'ai décidé il y a deux ou trois ans au moins de lire en décembre un livre en rapport avec Noël : contes traditionnels, livre se déroulant pendant la période de Noël, etc.
Cette année, j'ai opté pour une romance de Noël. Le choix ne semblait pas facile, ayant des stéréotypes bien ancrés en tête. Comprenez par là que pour moi une romance de Noël est forcément de bon ton, cousue de fil blanc et surtout cul-cul gnan-gnan.
J'ai donc fini par opter pour celui-ci, qui me paraissait se démarquer du lot.

Et ô combien : non seulement le résumé en quatrième de couverture promettait un livre plus original que les autres, mais dès les premiers chapitres, on se rend compte que les personnages vivent une situation plus complexe que ce qui était suggéré.

Loin d'être caricaturaux, ce sont surtout de beaux portraits humains avec leurs failles, défauts, sensibilité et force. On finit par tous les aimer et en faire presque notre bande de potes (sauf un, mais c'est le méchant de l'histoire).
Le cadre aussi est enchanteur, on se trouve dans ce refuge qui fait maison d'hôtes comme dans un cocon, une bulle de douceur et de beauté dont on ne veut plus ressortir.

L'histoire est bien pensée, bien construite, l'écriture est fluide et agréable, pleine d'humour bien dosé.

Juste ce qu'il faut pour finir l'année en beauté !
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samedi 20 décembre 2025

Le grand magasin des rêves - tomes 1 et 2

4 de couv' :
Il existe une ville où l'on ne peut se rendre que dans son sommeil. L'endroit le plus populaire de cette ville est le Grand Magasin des Rêves, qui semble un immense paquebot tout miroitant de lumières et haut de quatre étages où l'on propose et vend tous les rêves imaginables : rêves d'enfance, de voyage, de nourriture délicieuse, mais aussi cauchemars, songes prémonitoires ou consolateurs. La jeune Penny commence son travail à la réception du rez-de-chaussée, et c'est avec elle que nous allons découvrir l'univers chatoyant du Grand Magasin des Rêves, où, chaque nuit, une foule de dormeurs humains et animaux viennent choisir les rêves qu'ils désirent vivre.
Un roman pétillant comme un diabolo menthe pour les adultes qui ont gardé  le goût de l'enfance, et un succès prodigieux en Corée avec plus d'1 million de lecteurs qui ont aimé rêver en plein jour.






Cela fait un an que Penny a franchi pour la première fois les portes du Gran Magasin des Rêves, cet univers fabuleux où les dormeurs viennent chaque nuit choisir les rêves qu'ils désirent vivre.
Dans le "quartier des compagnies", les producteurs inventent sans relâche des rêves qui ressembleraient à une forêt tropicale, qui auraient l'odeur du riz cuit ou encore la couleur du bleu de la nuit : rêves primés ou rêves en solde, rêves de souvenirs, rêves de sieste ; ils sont tous de véritables création artistiques.
Penny découvre aussi le service des réclamations auquel s'adressent les rêveurs insatisfaits car certains ont cessé tout bonnement de se rendre au Grand Magasin des Rêves. Comment expliquer que certains ont cessé tout bonnement de se rendre au Grand Magasin des Rêves. Comment expliquer que certains dormeurs ne reviennent jamais ? Penny va lever le voile sur les aspirations secrètes des rêveurs en quête d'expériences immersives fabuleuses et surtout un sens à leur vie.
Car s'il est vrai que le rêve permet de s'évader, il permet aussi de s'émanciper. Il réconcilie le dormeur avec lui-même en lui permettant de retrouver sa propre voix, parfois de manière imprévue.
Et donne au lecteur la liberté de rêver.



Cela faisait quelques temps déjà que j'avais remarqué ces livres en librairie. Juste posé là (enfin, en évidence), il m'a de suite tapé dans l'oeil : comment résister à de si belles couvertures ? Et en grande rêveuse - éveillée ou non - que je suis, ils ne pouvaient qu'éveiller ma curiosité. J'étais donc ravie de pouvoir les emprunter à la bibliothèque !

Curieusement, j'ai davantage aimé le deuxième que le premier : le tome un semble être plus une mise en bouche, une découverte de l'histoire, une proposition timide de l'autrice aux lecteurs en comparaison du deuxième, qui va plus dans les détails de ce monde et de cette entreprise du rêves. Attention, le premier tome est déjà réussi, et indispensable pour savoir dans quelle histoire l'autrice nous emmène, pour notre plus grand plaisir.

Tout est bienveillance dans ces livres : des personnages les uns envers les autres, de l'autrice envers ses lecteurs. On s'y sent bien et on s'y amuse tout du long.
Le livre parfait en toute saison, et surtout celle de Noël, le Père Noël étant l'un des personnages (oubliez-en l'image traditionnelle cependant...)

Un vrai petit bonbon de lecture, à déguster avec gourmandise et sans modération !
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vendredi 19 décembre 2025

Le crime de Le Floch

4 de couv' :
Qui a pu tuer de si barbare manière Cornec, chef des Jacobins de Guérande ? Retiré sur ses terres de Ranreuil, Nicolas Le Floch est rattrapé par l'Histoire. Au coeur de la Bretagne des légendes et des sortilèges, alors que l'insurrection chouanne se prépare et que le procès de Louis XVI touche à sa fin, le commissaire des Lumières doit démêler l'écheveau compliqué d'un crime, qui peut embraser la province et menacer sa famille. Il devra aussi éprouver ses convictions, entre sa volonté d'apaisement et son dévouement à la monarchie, autant que sa fidélité conjugale quand il croise la route d'une séduisante aristocrate liée aux seigneurs bretons en révolte. Du marais de la Brière aux mystères du Mont-Saint-Michel, plongé dans une intrigue mortelle, accusé par les révolutionnaires, il joue maintenant sa liberté et sa vie...


Ce nouvel opus de la série des Nicolas Le Floch m'a particulièrement plu. Bien que la fin soit ouverte sur l'avenir, je pense que ce tome signe, et de très belle façon, la fin de la série. Mais si l'auteur veut nous faire un tome du style dix ou vingt plus tard ou un clin d'oeil avec la série de Donatien Lachance...
(ici et ici)

Car figurez-vous que l'auteur s'est permis, pour mon plus grand bonheur de lectrice, de faire de ce tome un crossover et un prequel avec sa propre série. De là à espérer qu'il va la reprendre bientôt, le pas est vite franchi...

Cerise sur le gâteau pour la bretonne que je suis, ce livre coche - égoïstement - toutes les cases pour moi : contrairement à toutes les autres enquêtes de Nicolas Le Floch, celle-ci ne se passe pas à Paris mais sur ses terres bretonnes et nous avons même le plaisir de rencontrer Chateaubriand, en visite chez une connaissance commune. Chateaubriand étant au centre de mes vacances d'été que j'ai passées à Combourg, en lisant une partie du tome 2 de "Mémoires d'outre-tombe"...

Sur l'enquête en elle-même, parfaite comme toujours. Bretagne vu par un parisien oblige, on n'échappe pas à quelques clichés mais comme ces derniers viennent de personnages extrémistes dans leurs actions et leur politique (vu cette époque troublée, rien d'étonnant), ça passe car ce n'est pas l'ensemble de la Bretagne qui est présentée ainsi. Et connaissant la rigueur historique de Laurent Joffrin, je suppose qu'ils ont existé (à vérifier, je ne l'ai pas encore fait).
C'est plein de rebondissements, truffés de connaissances historiques et donc comme toujours d'un minutieux travail préparatoire, ce dont je suis reconnaissante à l'auteur.

Bref, une fois de plus une très belle réussite !
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Alors, le prochain tome, Nicolas ou Donatien ? Je parie sur le p'tit jeune...
Ou autre idée, un vingtième tome dont l'enquêteur principal serait Donatien Lachance, mettant un terme à la série des Le Floch et réamorçant celle des Lachance (non, je ne suis pas totalement prête à lâcher Nicolas comme cela, vingt ans qu'on vieillit ensemble, crévindieu !).
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vendredi 5 décembre 2025

Hamlet

4 de couv' :
Hamlet est le plus ancien représentant de l'âme moderne, du romantisme, de nos névroses contemporaines, autant de choses auxquelles Shakespeare ne songeait pas et qui n'avaient pas encore de nom. Voltaire voyait le prince du Danemark comme "un sauvage ivre". Mais qui est vraiment ce jeune homme faible et emporté, mélancolique et violent, rêveur et brutal, raisonnable et fou, poète exquis, féroce et tendre ? Un enfant heureux de vivre qui croyait à l'amitié et à la bonté des hommes, et qu'une terrible révélation va anéantir...

J'avais tant "Tout est bien qui finit bien" que je m'étais promis de lire d'autres oeuvres de Shakespeare.

J'entends toujours encenser Hamlet (entre autres), je me suis donc laissée tenter par celle-ci.

Et bien ce fut une déception. Je n'ai pas accroché aux personnages, pour moi l'histoire a parfois trainé en longueur et même si l'intrigue est évidemment bien menée, certaines situations m'ont parues invraisemblables pour ne pas dire grotesques (l'un des personnages en tue un autre par erreur et continue sa discussion avec un troisième comme si de rien n'était ? Sans compter la scène finale, même si je m'y attendais un peu).

Ce qui n'a pas arrangé les choses, - et là je suis la seule coupable - c'est que je me suis évertuée à lire chaque note de bas de page, dont la plupart m'étaient finalement inutiles. J'aurais mieux fait de laisser tomber ces notes, plutôt destinées à des élèves étudiant l'oeuvre.
Pour certaines, j'avais compris de moi-même ce qu'il en était, pour d'autres, j'aurais préféré un signe de reconnaissance faisant comprendre, sans l'expliquer systématiquement que telle indication scénique a été ajoutée à l'oeuvre originale (par un astérisque par exemple).
Je reconnais que je me suis moi-même haché et donc gâché la lecture. Je ne ferai pas la même erreur la prochaine fois.

Dommage.
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