dimanche 7 septembre 2014

Plein gaz

4 de couv' :
Sur une route désolée du Nevada, un gang de motards est pris en chasse par un camion fou, apparemment bien décidé à les éliminer un à un. Il n'existe qu'une seule issue pour sauver sa peau : ne jamais ralentir...
Inspiré par le désormais classique Duel, de Richard Matheson, adapté au cinéma par Steven Spielberg dans son premier film, Plein Gaz marque la première collaboration entre Stephen King et Joe Hill.


Le choix de ce livre est une erreur de casting.

Je m'explique : encore sous le charme de 22/11/63, je voulais lire le dernier Stephen King en date. Recherche rapide (trop) sur le site de la bibliothèque, réservation, réception du mail tant attendu m'annonçant sa disponibilité et me voici devant la bibliothécaire, ouvrant des yeux tout ronds devant un "pavé"... d'à peine plus d'une centaine de pages. Oh, tiens, il ne l'a pas écrit tout seul en plus, c'est qui l'autre ? Ah... le fiston...

Passé la surprise un peu déçue, je m'attaque à cette nouvelle. Après tout, pourquoi pas.

Au final, cela m'a bien plu, bien que :
- trop court pour le sujet, j'aurais bien aimé que le suspens monte en intensité au fil d'une bien plus longue lecture (comme "marche ou crève",  mon premier Stephen King, que j'avais adoré !)
- ce n'est pas du Stephen King, sans être totalement d'un autre auteur : logique me direz-vous, mais je veux tout simplement dire que l'écriture n'est pas suffisamment marquée pour qu'on en redemande.
- la nouvelle commence sur une présentation des membres du gang et de leur hiérarchie, façon "sons of Anarchy". Ça y fait un peu trop penser justement (oui, même - surtout ? - pour moi qui n'en ai vu que deux ou trois épisodes de la troisième ou quatrième saison, horaires de programmation aberrants obligent).

En résumé : trop bref, pas assez original, aurait mérité d'être plus étayé. Une désagréable impression que papa aide le fiston à se lancer (et si ce dernier a du talent, en a-t-il vraiment besoin ?) ou qu'ils se sont fait plaisir, tout simplement.
.



dimanche 31 août 2014

Rosa Candida

4 de couv' :
Le jeune Arnljotur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire, et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens. Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s'en rendre compte les dernières paroles d'une mère adorée. Un lien les unissait : le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa Candida à huit pétales. C'est là qu'Arnljotur aura aimé Anna, une amie d'un ami, un petit bout de nuit, et l'aura mise innocemment enceinte.
En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa Candida, Arnljotur part sans le savoir à la rencontre d'Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.


J'ai refermé ce livre avec l'impression de n'y avoir rien compris. On passe d'une situation à une autre sans lien réel entre elles si ce n'est la volonté du personnage central de se rendre à cette roseraie. Seule chose d'ailleurs où il fait preuve d'une rare détermination tant il a l'air de subir sa vie, ou plutôt les autres. J'ai d'ailleurs eu envie de le secouer une bonne partie du roman.
Il est plus incapable de communiquer proprement : en dehors du fait qu'il se retrouve dans des endroits où il ne parle pas la langue, ou à peine, il n'est pas plus doué avec ceux de sa propre langue, venant presque parfois à dire le contraire de ce qu'il pense !

Sur l'écriture, je l'ai trouvée assez plate, juste descriptive. Et je ne parle pas de description emphatique, mais juste "je fais ceci, elle réagit comme cela", etc.

Je suis tellement passée à côté de ce roman que je me suis demandée si le texte se voulait au départ humoristique, poétique ou empathique vis-à-vis du narrateur.

Donc grosse frustration pour moi de n'avoir pas réussi à apprécier un roman qui semble pourtant faire l'unanimité !
.

dimanche 24 août 2014

Les enquêtes de Louis Fronsac

La conjuration des importants - 4 de couv' :
Paris, décembre 1642, le commissaire de police du quartier de Saint-Avoye a été assassiné  dans une pièce entièrement close. Louis Fronsac, jeune notaire audacieux, mène l'enquête avec son ami de toujours, Gaston de Tilly, que l'on vient de nommer commissaire à Saint-Germain-l'Auxerrois.
Au même moment, autour de la duchesse de Rambouillet, de Marie de Robutin-Chantal et du prince de Marcillac, s'agitent les Importants. Cherchent-ils simplement à influencer la régente Anne d'Autriche, et sont-ils responsables de la mort du roi ?
Alors que Louis Fronsac recherche autant la vérité que l'aide du jeune duc d'Enghien qui tente d'arrêter les troupes espagnoles, le dus de Beaufort et sa maîtresse, Mme de Montbazon, trament leur criminelle conspiration.
Et si la cabale des Importants n'était qu'une intrigue de façade pour tenter d'assassiner le Sicilien Mazarin ?
Récits d'aventures et énigmes criminelles au coeur du Paris du XVIIe siècle. Un jeune notaire audacieux se retrouve emporté dans le vent de l'histoire.

La conjecture de Fermat - 4 de couv' :
En ce mois d'octobre 1643, alors que la régence est affaiblie et que se négocie la fin de la guerre de Trente Ans, le pouvoir est en émoi. Quelqu'un intercepte les dépêches codées expédiées aux ambassadeurs français. Y a-t-il un traître au bureau du chiffre ? Pire les répertoires confidentiels servant à la codification sont-ils entre les mains de l'Espagne ? le cardinal Mazarin va de mander à l'ancien notaire, Louis Fronsac, d'enquêter. Au coeur des réseaux secrets de Paris, il aura bien du mal à distinguer amis et adversaires. Pour qui travaille l'ancienne espionne de Richelieu surnommée la Belle Gueuse ? Quels mystères abritent les sous-sols de l'hôtel de Guise ? Quant à Pierre de Fermat, sera-t-il capable de fournir un code inviolable à Antoine Rossignol, chef du bureau du Chiffre ?
Dans cette nouvelle aventure menée tambour battant, où il paraît n'y avoir que des traîtres et des faux-semblants, Louis Fronsac parviendra-t-il à sauver le congrès de Münster ?



Autant le dire tout de suite, j'ai pris cette série non pas dans le désordre, mais certes pas dès le début. Si l'envie vous prend de la démarrer, ne faites pas comme moi et vérifiez !

Je retrouve donc ici avec bonheur tout ce qui me plaît dans les polars historiques : l'Histoire, la grande, agréablement vulgarisée via ce type de romans, sur fond d'intrigue policière plutôt assez bien maîtrisée ici, le tout agrémenté des intrigues de cour qui ne sont pas aussi anecdotiques que de prime abord tant elles attisent des relations diplomatiques ou de politique intérieure déjà fort tendues.

Bref, je recommande cette série à tous les amateurs de polars historiques !
.

dimanche 17 août 2014

Brest secret et insolite

4 de couv' :
Un hôpital caché dans le rempart du port de commerce, un sous-marin de poche allemand, un fantôme dans un manoir, les latrines des bagnards à l'arsenal la plus vieille église de Brest, la maison natale de l'écrivain Victor Ségalen, des chefs-d'oeuvres funéraires, une porte d'une caserne remontée, une rue enfouie sous une autre...
Brest réserve bien des surprises et n'a pas fini de livrer ses secrets !


Une fois n'est pas coutume, je voudrais remercier l'auteur de ce livre.
En effet j'ai grâce à lui découvert des petites perles en effet bien secrètes car pour certaines, je n'en soupçonnais même pas l'existence avant de feuilleter ce livre. Et pourtant, elles se trouvaient bien là, insoupçonnée... sur le chemin que j'emprunte parfois à pied pour rentrer du boulot !
Qu'à cela ne tienne, j'ai donc refait ce trajet, livre en main cette fois, pour :
1) trouver les sites en question et ce ne fut pas facile vu que visiblement la mairie de Brest répugne à les mettre en valeur (franchement, au moins une plaque explicative auprès de ces sites, ce n'est pas demander la lune !)
2) savoir de quoi il s'agit exactement (plaque explicative, etc., etc.)

En dehors de son intérêt touristique certain (oui, l'office de tourisme de Brest a l'intelligence de le vendre et de le mettre en vitrine), ce livre s'adresse tout aussi bien aux brestois de souche qu'aux nouveaux arrivants, pour peu que ces derniers se dotent d'un plan de la ville et ne dédaignent pas marcher un peu.

Comme je le disais plus haut, je regrette que la ville de Brest ne mette pas mieux son patrimoine en valeur. En effet, tout ce qui peut être dit et fait sur la seconde guerre mondiale aura droit à sa plaque (et honnêtement, ce qui fait un peu gauche voire franchement à gauche aussi).
Et quand vous discutez avec certains brestois, toujours la même rengaine : Brest, ville détruite pendant la seconde guerre mondiale, pas de patrimoine historique et gnagnagni et gnagnagna (et le château, la Tour Tanguy, c'est du XXIème siècle, peut-être ? Ah oui, pardon, ce sont parmi les rares sites historique (re?)connus dans cette ville).

Ce à quoi je réponds : raison de plus ! Le peu qui est resté debout, il FAUT le mettre en valeur, l'indiquer, l'expliquer. Avant ce livre, je passais tous les jours, à bus et à pied, devant deux adorables fontaines, située un peu en retrait de la route. Une fois sur place, point de plaque.
Les ruines situées un peu plus loin ? Idem. Ce qui les entoure ? Itou. Sans compter la porte/Arc de triomphe situé au-dessus de la Porte de la Brasserie et dont je m'étais toujours demandée par quel hasard il se trouvait là.... J'avais constamment sous les yeux le patrimoine historique brestois, me demandant ce que c'était, ne trouvant l'information nulle part, et surtout pas sur place (des plaques, je vous dis !).

Ce livre corrige donc admirablement cette négligence ou omission, et nulle doute que les services municipaux chargés du patrimoine historique brestois sauront s'en servir comme référence  pour valoriser leur ville.

N'est-ce pas ?
.

dimanche 10 août 2014

Viol une histoire d'amour

4 de couv' :
Ils étaient cinq. Ivres, camés. L'ordinaire de leurs samedis soir, quoi... Peut-être encore plus excités ce samedi-là, au soir du 4 juillet, la fête nationale. Vers minuit, la belle Tina Maguire a eu le tort de couper court à travers le parc pour rentrer plus vite chez elle avec sa gamine Berthie, 12 ans. Ils l'ont laissée pour morte dans le hangar à bateaux. Une tournante comme on n'ose pas en imaginer. Une abomination à laquelle a assisté, réfugiée derrière un tas de vieux canoës, la petite fille. Qui a pu finalement se traîner jusqu'à la route pou rappeler au secours, et a sauvé ainsi sa mère.
Sauvé ? PAs des griffes des avocats de haut vol, ni de l'incompétence des procureurs, ni des propos de certaines : elle l'a bien cherché... en fait elle l'a cherché tout court. Ça lui pendait au nez...
Elle risque désormais de mourir vraiment, Tina. Et Berthie ne peut que prier pour l'intervention miraculeuse d'un ange vengeur. Justement il est là, dans l'ombre. Un flic épris de justice. Epris tout court. Le héros silencieux d'une histoire d'amour peu banale, racontée avec une éblouissante violence par une Joyce Carol Oates à son meilleur.


Au moment de choisir ce livre à la bibliothèque, ce titre me mettait mal à l'aise : rien de plus antinomiques qu'un viol et une histoire d'amour. Je pense alors à une erreur de traduction, d'autant que l'auteur est une femme : du tout, traduction littérale ou presque, la seule différence étant un point rajouté après le premier mot. A la lecture du quatrième de couverture, je comprends mieux.

Après la lecture du roman, le titre continue de me gêner car une l'idée générale d'une histoire d'amour est qu'elle soit partagée entre deux êtres, de romance, etc. et ce n'est pas le cas ici.
Beaucoup penseront, et moi la première au début, que c'est de l'amour porté par un policier à Tina dont il est ici question. En fait pas du tout, ou plutôt, pas essentiellement.


Certes, ce policier aime Tina. Certes, Berthie ressent des sentiments pour lui, car il est la première personne à laquelle elle a pu se raccrocher juste après l'agression.
Mais ces sentiments-là sont secondaires.


Car la vraie histoire d'amour de ce roman est celui de Berthie envers sa mère. C'est cet amour (et la peur bien sûr) qui la pousse et l'aide à s'enfuir, à appeler les secours et la sauver. C'est cet amour qui l'aide à sortir du coma, de l'hôpital. C'est son amour qui la protège, autant que possible, du monde extérieur et hostile. Et qui par l'intensité de son regard et sa confiance en lui qui pousse ce policier à les aider.

En dehors du sujet de cette histoire, toujours délicat à traiter (et ici, admirablement traité, tant rien n'est oublié mais évoqué avec un mélange de franchise et de subtilité parfaitement accordées), tout semble malsain, y compris l'amour de ce policier (pas seulement envers Tina, mais sa conception implacable de la justice). Seul pureté, et espoir de ce roman, l'amour d'une petite fille pour sa maman, envers et contre tout.
.

dimanche 3 août 2014

Deux secondes de trop

4 de couv' :
Angleterre, 1972. Byron Hemmings, 11 ans, apprend de la bouche de son meilleur ami que deux secondes vont être ajoutées au temps, afin de faire coïncider l'heure officielle avec la rotation réelle de la Terre. Cela le terrifie. Toucher au temps n'est-il pas extrêmement dangereux ?
En petit gaarçon responsable, il écrit à la BBC, à la Nasa, à son député... Mais personne ne semble prendre la mesure du danger.
Lorsqu'il voi tl'aiguille des secondes de sa montre reculer, il se jette sur sa mère, Diana, pour qu'elle en soit témoin. Celle-ci, au volant, a un moment d'inattention.
Et l'irréparable se produit...
La vie parfaite construite par Diana s'effondre peu à peu. Qui en est le véritable responsable ? La fatalité ? Le hasard ? Ou ces deux secondes qui n'auraient jamais dû être ?


Ce roman m'a été offert (merci chers voisins !) et du coup m'avait décidé à entamer "la lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva un mardi" (l'est décidément long, ce titre), de la même auteure, acheté quelques semaines auparavant. Vu que j'ai un côté pathétiquement "Monk" et qu'il était pour moi hors de question de ne pas lire ces romans dans l'ordre de parution.

Celui-ci, et j'en suis bien contente car cela prouve que l'auteur sait de renouveler, est très différent du précédent.

Il est noir, beaucoup plus noir. Le suspens est présent de bout en bout, où chacun se trouve en équilibre précaire, sur un fil tranchant et où on sent à tout moment que tout peut déraper.
Il y a des moments de pause cependant, des moments de grâce même, où tout semble s'arranger pour le mieux. Jusqu'à ce qu'un nouvel évènement vienne tout chambouler à nouveau.
Une fragilité des êtres, de leur vie, de leur situation qui peut être brisée en un rien. Même les personnages les plus odieux nous apparaissent comme les plus fragiles finalement. Et c'est bien là le problème : ce sont eux aussi qui portent ce fragile équilibre sur leurs épaules. Jusqu'au jour où...

Le parallèle entre 1972 et maintenant est particulièrement réussi, et fait toute la force de ce roman, sans compter l'écriture et la construction de l'histoire, admirables.

Et surtout, durant toute la lecture du roman, une question me taraudait : qui est Jim ?
.

dimanche 27 juillet 2014

Guerre sale

4 de couv' :
Un pneu enflammé autour du cou : c'est l'atroce mise à mort réservée à un avocat spécialiste des relations franclo-africaines. Cinq ans plus tôt, l'assistant de Lola Jost a subi le même sort, précipitant son départ à la retraite. La voilà qui reprend du service. Et tant pis si ses ex-confrères n'apprécient pas qu'elle mette son nez dans les magouilles de la Françafrique, sujet pour le moins... brûlant.


De tous les romans de la série, celui-ci est le plus noir, avec une fin qui en marque le tournant. Je n'en dirait pas plus pour ne pas spoiler. Mais j'ai hâte de savoir ce qu'il va en découler...

Cette fois, et paradoxalement - à moins de vouloir vraiment embrayer sur autre chose - la trame est beaucoup moins axé sur le tandem Lola-Ingrid, ce qui enlève donc de la légèreté propre à cette série, d'où cette orientation plus polar noir. Jusqu'au bout.
Il y a plus de place à l'enquête officielle, particulièrement axée sur Sacha, enquêteur déjà croisé dans un tome précédent, grand amour d'Ingrid bien que ce soit assez compliqué entre les deux. J'ai bien apprécié le parallèle entre les deux enquêtes.

Des dénouements inattendus, des conclusions en forme de suspens qui appellent une suite, une intrigue bien construite sur fond diplomatico-financier. Bien construite, bien que j'ai trouvé un peu facile le dénouement sur un des personnages à moins que ce soit juste mon côté "suis bien vexée de ne pas l'avoir vu venir, celui-là".

C'est donc là un des meilleurs de la série, voire le meilleur même si par moment on a l'impression que le duo Lola-Ingrid est un prétexte pour une autre enquête. Ou une autre série en parallèle, qui sait ?
.

dimanche 20 juillet 2014

La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi...

L'est long, le titre. M'en rappelle un autre ;-)

4 de couv' :
Harold est bouleversé par la lettre qu'il reçoit de Queenie, une ancienne amie. Parti poster sa réponse, il passe devant la boîte aux lettres sans s'arrêter, continue jusqu'au bureau de poste, sort de la ville et part  durant 87 jours, parcourant plus de mille kilomètres à pied, du sud de l'Angleterre à la frontière écossaise. Car tout ce qu'Harold sait, c'est qu'il doit continuer à marcher.
Pour Queenie.
Pour son épouse Maureen.
Pour son fils David.
Pour nous tous.


Comme j'adore les road-movies (bizarrement, je ne suis pas plus cinéphile que ça, mais cette catégorie de film, je suis sure d'aimer, pas besoin de bande annonce !), en toute logique j'aime aussi les "road books" (au fait, ça se dit ça?).
Le principe de base de ce roman est un peu comme "Le vieil homme qui ne voulait pas fêter son anniversaire", à ceci près qu'ici, Harold sait où il va mais pas pourquoi il se décide à le faire.

Il y aura bien sûr des rencontre, des conséquences inattendues. L'auteure arrive cependant à éviter tous les pièges dans lesquels elle aurait pu tomber. C'est drôle, émouvant, mais si subtil que ça n'en devient pas larmoyant. Il aurait pourtant pu être facile de tomber dans ce piège là.
Une partie de l'histoire - et sur le moment je dois bien avouer que ça m'a un peu agacée - à une scène d'un film bien connu. Mais ce n'est finalement pas un plagiat car cela évolue bien différemment et seul le lecteur (de peu de foi envers l'auteure (oui, ceci est bien un mea culpa)) s'y laisse tromper. Mais l'auteure retombe admirablement sur ses pattes... ou sa plume.

Une fin émouvante, une révélation qui l'est tout autant, vous touche au coeur et vous arrache des larmes (j'ai un caractère de mec paraît-il, mais je suis aussi une grosse sentimentale), bref, un excellent moment de lecture.

"Désormais, Harold ne pouvait plus croiser un inconnu sans reconnaître que tous étaient pareils et que chacun était unique, et que c'était cela le dilemme de la condition humaine"

.

dimanche 13 juillet 2014

Le diable danse à Bleeding Heart Square


4 de couv' :
1934. Lydia Langstone fuit son mari, tyrannique et violant. Elle quitte la haute société londonienne, et tous ses privilèges, pour Bleeding Heart Square. Un nom funeste à l'image d'un sombre quartier.
Là, elle trouve refuge dans une pension de famille. Un asile finalement bien inquiétant : Miss Penhow, l'ancienne propriétaire, est portée disparue ; Joseph Serridge, son successeur, est introuvable ; un homme surveille jour et nuit la maisonnée...
Et régulièrement parviennent à cette adresse des morceaux de coeur en décomposition, enveloppés dans du papier kraft...


Sans que ce soit franchement un polar noir, atmosphère sombre dès qu'on entre dans ce quartier. On est depuis longtemps sorti de l'ère victorienne, mais il en reste de forts relents, d'autant que la crise des années trente renforcent les images à la Dickens, prémisses des années sombres qui suivront. Intéressant de voir les tentatives du fascismes pour s'implanter en Angleterre, et n'est pas sans rappeler l'histoire des soeurs Mitford (toute ressemblance n'étant peut-être pas fortuite ni involontaire sur ce coup là).

L'évolution et l'action du roman est un peu lente au début, même pour moi qui aime qu'un polar se mette tranquillement en place.

Une intrigue somme toute classique, une écriture agréable bien que rien d'exceptionnel. Une originalité avec des débuts de chapitres qui reprennent des passages du journal de la disparue, suivis des commentaires du personnage qui le lit. Personnage dont on se demande qui il pourrait être et je dois reconnaître que j'ai fait - au fil de la lecture du roman - défilé dans mon imagination à peu près tous les personnages... sauf le bon.

Un dénouement aussi surprenant que classique (l'avais pas vu venir celui-là, mais je dois me ramollir un peu), mais qui clôt ce polar plus que correctement.

Un bon moment de lecture.

................................................................................................................................................................

Un gros bémol cependant qui n'a rien à voir avec l'histoire ou l'écriture, et que je remarque de plus en plus, toutes maisons d'édition confondues : ras-le-bol des fautes d'orthographe, de grammaire, de conjugaison et maintenant de ponctuation !
Je ne dis pas qu'il y en a à chaque page, mais là vraiment...
Soit ils n'ont personne pour relire avant impression, soit ils n'en ont pas assez.
Psst.... Au fait, si vous cherchez à embaucher...
.

dimanche 6 juillet 2014

Autobiographie de Miss Jane Pittman

4 de couv' :
C'est à plus de cent dix ans que Jane entreprend de raconter l'histoire de sa vie. L'esclavage pendant la guerre de sécession, l'errance pour tenter de rejoindre l'Ohio, la terre des Yankees libérateurs, le labeur dans les plantations blanches de Louisiane, le combat pour l'égalité. Jane Pittman, héroïne et narratrice, mène dans son langage imagé cette émouvante chronique. Inspiré par le récit d'une ancienne esclave, ce roman pourrait s'intituler "Cent ans de servitude".


De tous les romans de Ernest J. Gaines que j'ai lu jusqu'ici, je dois dire que c'est celui qui m'a le moins enthousiasmée.
Ou alors c'est que vu l'âge et donc les périodes traversées par la narratrice, j'en attendais plus et ne pouvait qu'être déçue.

L'écriture de Gaines est simple, ses romans tiennent leur qualité et leur force dans cette simplicité des scènes décrites où pourtant le moindre détail, même le plus banal, compte. C'est ce que j'ai toujours dit et pourtant cette fois, pas de déclic. Et dans le même temps, je  le vois bien, le potentiel du roman.

Mais là, rien, et ça vient de moi. Ou alors ai-je fait le tour du sujet ? De cette manière d'écrire ? Je ne crois pas.

Mon ressenti est quelque chose d'inachevé et/ ou d'être passée à côté de quelque chose qui devrait être évident. Genre "mais qu'ai-je donc fait de mes lunettes ?" alors qu'elles sont sur mon nez. Très frustrant.

D'où mon ressenti d'un personnage énumérant certaines périodes marquantes de sa vie, mais sans passion, trop détachée de ses propres sentiments. D'autres appelleraient ça de la pudeur, je ne sais pas.

Globalement, j'ai assez bien aimé, certains passages m'ont particulièrement plu pour leur côté historique ou social.

Mais cette fichue sensation d'être passée à côté...
.