dimanche 7 février 2021

Les mémés


 4 de couv' (qui est en fait le 2 de couv') :
Ce qui est bien avec l'âge, c'est qu'on n'hésite plus à donner son opinion sur tout. Et c'est ce qui fait tout le charme de ces mémés vives d'esprit, parfois acerbes mais toujours lucides sur le monde qui les entoure.
Un album vif et truculent où l'absurde et la poésie font bon ménage.

Difficile de dire plus que le 4 de couv' qui donne exactement le ton. J'ai adoré ces super-mémés hyper branchées et connectées (Internet, jeux en ligne Facebook et soirées télé entre copines mais mesures anti-Covid obligent... en visio !).

Mais cependant des mémés, hein, avec des valeurs d'un autre temps et parfois impitoyables entre elles (sanction de bannissement pire que Facebook !).

Bref, pour tous ceux qui aiment l'humour Fluide Glacial (et les Mam'Goudig !), un bon moment de rires et de tendresse. Vivement le prochain (j'espère qu'il y en aura d'autres !)
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dimanche 31 janvier 2021

Mort et vie d'Edith Stein


4 de couv' :
Ce livre raconte l'histoire d'une femme (1891-1942) qu'on a tour à tour nommée Edith dans sa famille, Fräulein Edith Stein au lycée, Doktor Edith Stein à l'université, soeur Thérèse au Carmel, matricule 44 074 à Auschwitz, et Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix au ciel.

J'ai décidément du mal avec le style de l'auteur, qui donne la désagréable impression de développer un style pour avoir "son" style mais en oublie un peu le lecteur. Et la personne à laquelle il veut rendre hommage. Du moins, c'est l'impression donnée.

Au-delà d'une biographie (bien succincte dans ce livre finalement), il s'agit bien plus ici de vie spirituelle dont il est question. Et comment une jeune femme née juive arrive à s'intéresser au catholicisme pour s'y investir pleinement, comment ces deux religions sont compatibles et non antagonistes et pourquoi, et quelle est la place spirituelle d'Israël dans le monde (et c'est finalement plus ici que se place l'hommage attendu dans ce livre).

Surprenant, mais intellectuellement stimulant.
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samedi 30 janvier 2021

La dame de Zagreb


4 de couv' :
Été 1943. Joseph Goebbels, ministre chargé de la propagande, demande à Bernie Gunther de retrouver la splendide Dalia Dresner, étoile montante du cinéma allemand en fuite à Zurich. Le détective ne peut refuser. Très vite, cette mission, a priori aussi engageante que l'objet de la recherche, prend un tour bien sinistre. Le père de la belle est un Croate antisémite de la première heure, sadique notoire, qui dirige un camp de concentration, tristement célèbre, de la région. Au même moment, la police suisse exige que Gunther fasse la lumière sur une vieille affaire qui risque de compromettre des proches de Hitler...

Que dire de ce tome qui ne soit pas une redite de ce que j'ai déjà pu écrire ici des précédents ?

Toujours impeccable, toujours bien construit.

Et si on a l'impression que l'histoire part un peu dans tous les sens (d'autant que le quatrième de couverture nous livre un résumé correspondant au milieu du livre...), tout finit par reprendre sa place.

Et on apprend à la toute fin comment Bernie s'est retrouvé sur le front de l'Est. Il fallait bien que l'auteur l'aborde un jour, il fallait bien tout un tome de la série pour cela et c'est ici chose faite.

Un des meilleurs de la série, d'autant qu'on voit rarement notre Bernie aussi amoureux...
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vendredi 29 janvier 2021

Tentation...



Comment dire ?

J'ai commandé récemment deux livres qui m'ont été livrés hier et c'est en les déballant ce matin que j'ai constaté que l'un d'entre eux n'était pas le bon. Je viens d'envoyer un mail au marchand pour faire l'échange, mais voilà...

Le livre reçu par erreur est un Guillaume Musso que je n'ai jamais lu (me semble-t-il), or les livres de cet auteur, je les lis en une journée. J'abandonnerai bien ma lecture en cours pour le commencer, celui-là...

(déjà que celui que j'avais vraiment commandé est le deuxième tome d'une série dont j'avais moyennement apprécié le premier, mais vu qu'on m'a offert le troisième à Noël...).

Voilà. Voilà voilà...

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Excusez-moi, je vous laisse, j'ai un livre à commencer.


EDIT DU SOIR:
Bon, après relecture plus sérieuse du quatrième de couverture : "tiens, ça me dit quelque chose".
Puis survol des premières pages : "ah oui... L'ai déjà lu...."
Bon ben, j'ai fait le ménage du coup.

Après contact de la bouquinerie en ligne : ils n'ont plus en stock le titre que j'aurais dû recevoir (mais il est passé où, le mien ?), je vais recevoir un avoir en compensation, et j'attends de savoir comment leur rendre le Musso.
Suite au prochain mail...

EDIT SUPPLEMENTAIRE :
Conclusion : non seulement on me permet de conserver le livre mais en plus j'ai droit à un avoir en dédommagement de celui que je n'ai pas reçu. ÇA c'est un vrai beau geste commercial.
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dimanche 17 janvier 2021

Hortense et Queenie


4 de couv' :

L'Afrique n'a pas de secrets pour Queenie. Enfant, élevée à la dure dans les Midlands, elle a vu un noir à l'exposition de l'Empire britannique, et lui a même serré la main.
Maintenant adulte, son mari n'étant pas rentré des Indes où il servait dans la Royal Air Force, elle accueille deux locataires venus de Jamaïque : Gilbert, qui a lui aussi porté l"uniforme bleu de la RAF, et sa femme Hortense. Le couple subit, bon gré mal gré, le racisme ordinaire : dans l'Angleterre de l'immédiat après-guerre, ces ressortissants de la couronne britannique ne passent pas inaperçus. Gilbert surmonte les humiliations grâce à son esprit gouailleur. Hortense, quant à elle, toujours soucieuse de son élégance, est choquée par la misère ambiante, loin de ce qu'elle avait imaginé à l'ombre des manguiers.
Ce roman à quatre voix explore les rêves et désillusions des immigrés caribéens. Non sans évoquer la Jamaïque de l'entre-deux-guerres, une île fascinante dont l'exotisme offre un contraste saisissant avec l'Angleterre.


Pour Noël, je me suis offert une Kube thématique, qui est le coffret Angleterre.
J'ai déjà goûté la marmelade, la meilleure que j'ai jamais dégustée (et à propos, avec un couvercle à ouverture vraiment facile : si les industriels français pouvaient en prendre de la graine pour tous les bocaux se trouvant dans le commerce, je leur en serais réellement reconnaissante). Je n'ai pas encore goûté la moutarde ni le thé, mais s'ils sont du même acabit... Mmmmmm !
Donc ma kube sitôt déballée, je me suis précipitée sur l'un des romans proposés.

Avant même de l'ouvrir, j'ai adoré ce livre des Editions Petit Quai Voltaire pour son format, la qualité et la douceur de papier. Habituée des livres de poche, j'avais un peu oublié ce qu'est un livre au papier de belle qualité et bien blanc, surtout. Ça paraît idiot à dire, mais il est vrai que plus le livre est beau et agréable au toucher, meilleure est la lecture.

En dehors de cet aspect pratique, force est de constater que j'ai vraiment aimé ce roman choral d'une subtilité et d'un humour qui frôlent la perfection. Les souvenirs des uns et des autres, l'âpreté de leurs situations et vécus respectifs, la réalité de leurs quotidien s'imbriquent petit à petit pour former un magnifique tableau d'ensemble ainsi qu'une étude féroce et humoristique de la société anglaise d'après-guerre.
Si le titre original, "Small Island", est probablement à double sens, le titre français, si différent, prend pleinement son sens à la fin du livre. Mais je regrette qu'il donne l'impression, avant lecture, d'une rencontre et le début d'une amitié entre les deux femmes, ce qui m'a un peu frustrée toute une partie de la lecture, mais ce sera mon seul bémol.
Cependant, l'écriture est tellement agréable (pour info, il s'agit ici d'une nouvelle traduction pour cette édition) qu'on finit par se laisser porter par elle et l'histoire en oubliant vite cet a priori.

Ce fut donc une lecture délectable, instructive, avec une conclusion que ni moi (surtout pas moi) ni les personnages n'avions vu venir.

Une belle réussite !
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lundi 28 décembre 2020

Le livre de Noël


4 de couv' :
Au fil de ces récits, aussi charmants que des contes dits à la veillée, on fera la connaissance d'une petite fille suédoise qui reçoit un livre d'étrennes... en français. On découvrira l'origine de la légende de saint Luce, très prisée en Suède. On saura ce que font les animaux durant la nuit de Noël et comment le rouge-gorge devint rouge. On apprendra qu'une mère peut être jalouse de sa propre fille. On lira l'aventured'un colporteur, voleur et repenti. On assistera au dialogue entre un fossoyeur et le crâne d'un homme assassiné. Et l'on sera surpris par une confrontation inédite entre Jésus et Judas.
De ce recueil, empreint de foi religieuse mais aussi de chaleur et de philosophie, émane ce que l'on appelle volontiers la magie de Noël : un mélange de compassion et de joie, sublimé par le talentde conteuse de Selma Lagerlöf.


Ce livre est une ancienne commande Kube (ah, à propos : je me suis réabonnée) : j'avais envie de contes de Noël fin 2017. Je m'étais mis en tête de ne le lire qu'à l'occasion de Noël, je l'ai loupé l'année même, pas envie en 2018 (trop de soucis de boulot) et oublié l'année dernière ou envie d'autre chose, je ne sais plus.

Cette année, je ne l'ai pas loupé. Et je me dis que tous les ans, je lirai un classique de Noël à déguster avec mon pain d'épices fait maison et le thé de Noël offert il y a... (pfiou !) par belle-maman.
Tiens, j'ai un beau livre des contes d'Andersen, mes préférés depuis l'enfance...

Pour en revenir à ce livre, ce fut un vrai plaisir de lire ces contes. Certains n'aimeront pas pour leur côté à la morale surannée et très empreinte de chrétienté, mais c'est justement cet aspect vieillot que je recherchais. Sans compter le dépaysement, car la mentalité suédoise est bien différente de la nôtre.
J'ai lu des commentaires négatifs sur Internet : les lecteurs en question ont justement oublié l'époque où ils ont été écrit : s'ils voulaient des contes culs-culs gnangnans, qu'ils visionnent de vieux Walt Disney (parce qu'il faut bien dire, les contes repris par Disney dans ses films sont un peu plus durs que la version des dessins animés).

Je précise aussi qu'il s'agit d'un recueil de différentes histoires extraites d'autres livres de l'autrice : un joli échantillonnage de ce qu'elle a écrit, qui m'a donné l'envie de m'y intéresser de plus près. A feuilleter en librairie à la première occasion.

Sur l'écriture, je suis un peu déçue : je pense que c'est un problème de traduction car je l'ai trouvé un peu froide, peu fluide. A vérifier dans d'autres de ses livres, et s'il s'agit des mêmes traducteurs.
Mais bon, j'ai aussi la même impression pour l'écriture de Colette, allez savoir...

En résumé, petite lecture de saison bien sympathique.
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dimanche 27 décembre 2020

Notre-Dame de Paris ô reine de douleur


4 de couv' :
Àl'esprit, dans l'ordre : l'effroi, les analyses, les souvenirs/
L'effroi, c'est l'impensable mêlé au sublime. Les images du brasier sont belles. Beauté horrifique, gravure en fusion de Gustave Doré.
Tout homme a un rendez-vous  quotidien avec le paysage qu'il habite. Je vis sur les quais de la Seine, entre l'église Saint-Julien-le-Pauvre où fut enterrée ma mère et l'église Saint-Séverin où fut baptisé Huysmans. Notre-Dame est là, tout près, reine mère de sa couvée d'églises. Je séjourne "sous le commandement des tours de notre-Dame" (Péguy dans Les Sept contre Paris).


Ce livre est un court recueil de deux textes de l'auteur déjà parus sur Notre-Dame, auquel est ajouté un troisième, écrit la nuit même de l'incendie de la cathédrale. Le but étant de reverser les dons des ventes de ce livre à la restauration de la cathédrale et à celle du patrimoine.

Ces textes mettent en valeur Notre-Dame par le profond respect et amour que lui voue l'auteur, et il faut bien le dire, chacun d'entre nous quand nous avons tous découvert les images déchirantes de cet incendie sur nos si petits écrans.

Un bel hommage, à lire et relire, qu'on soit chrétien ou non, croyant ou non, à ce superbe ouvrage et ce qu'il représente dans le monde.
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samedi 26 décembre 2020

Alzheimer, un océan pour vous dire


4 de couv' :
Il y a mille raisons de partir.
Xavier Fabre est un passionné de la mer.
Au quotidien, il accompagne des patients touchés par la maladie d'Alzheimer.
Poussé par sa volonté de communiquer sur ces personnes fragilisées, il relie à la rame le port d'El Hierro (Canaries) à la Baie du Robert (Martinique) et met en évidence les parallèles de ces deux traversées solitaires : naviguer sur l'océan et vivre la maladie d'Alzheimer avec leurs lots d'isolement, perte des repères, colère, mais aussi illumination intérieure et cette incroyable capacité de vivre intensément ce que la vie peut encore offrir.


C'est un peu par hasard que j'ai entendu parler de ce livre (paru aux éditions Vivre tout simplement) : l'auteur est un ancien collègue d'une copine de collège avec qui j'ai repris contact via Facebook (qui figure ainsi que son mari dans les remerciements). Elle fait depuis un an "campagne" pour son ancien collègue et évidemment, sitôt un oeil jeté vers ce livre, j'ai vite eu envie de me le procurer (et pis je le lui avais promis aussi).
J'avais aussi promis de lui dire ce que j'en pensais, promesse aussitôt suivie en pensée de "ouh là, et si je n'aime pas, je fais comment ?"

Crainte vite balayée dès les premières lignes. L'écriture est bonne, mais l'humilité et l'humanité de son auteur fait que l'on se prend vite au jeu et qu'on n'a qu'une envie, faire ce parcours de dingue avec lui et partager ses pensées.

Si le parallèle entre une traversée en solitaire et la maladie d'Alzheimer peut surprendre, en fait tout est dit dans cette phrase : les parallèles entre les difficultés rencontrées pendant son périple et celles rencontrées par les personnes malades dont il s'occupe dans son travail tombent parfaitement justes et sont loin d'être des tentatives grossières pour parler de cette maladie par ce biais.
Il fait mouche.

Et il fait mouche avec tendresse, humanité, empathie, humilité, humour parfois et jamais dans le pathos. Car la moindre petite étincelle draine de l'espoir et l'envie de continuer à avancer.

Une belle surprise que cette lecture de fin d'année (et si vous me permettez une grossière analogie que j'assume pleinement :) une jolie petite coquille de noix dans cet immense océan qu'est le monde de l'édition.

A lire et à offrir, vraiment !
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mercredi 23 décembre 2020

Les ferrets de la reine


4 de couv' :
1624. Tandis que se négocient âprement les conditions du mariage entre e prince de Galles et Henriette, la soeur du roi Louis XIII, le jeune Louis Fronsac, âgé de douze ans, entre en sixième au collège de Clermont.
Louis va se lier d'amitié avec Gaston de Tilly, un enfant noble et orphelin, pensionnaire comme lui.Ils vont découvrir une redoutable conspiration ourdie au sein même de l'école. Conduit par des jésuites hostiles à l'alliance anglaise, le complot vise à détruire la confiance entre la France et l'Angleterre, au risque de blesser Anne d'Autriche.
Entre tavernes louches, pièces secrètes du collège et repaire de bandits, les deux adolescents mènent leur enquête, cherchant par tous les moyens à prévenir la reine des dangers qui la guettait.


Je vous entend d'ici : ENCORE les ferrets de la reine ? On n'avait pas déjà Alexandre Dumas et ses mousquetaires (entre autres) pour cela ?
Ben si, mais l'histoire est un peu revisitée (dans l'Histoire, ces ferrets restent un mystère, on ne sait trop à quoi s'en tenir à ce sujet) et surtout, elle ne que le prétexte à retracer ici une certaine partie de l'Histoire de France et de l'Europe, et surtout dépeindre la façon de vivre des parisiens de l'époque. On s'y croirait presque, odeur (hélas) comprises.

Vous l'aurez compris, ici l'intrigue policière, bien construite et parfaitement aboutie, est presque secondaire tant la reconstitution historique prend le pas sur l'ensemble de l'histoire. En particulier la vie de collège dont je pense que l'auteur n'a omis aucun détail. Je recommande particulièrement aux écoliers, collégiens et lycéens de nos jours (et leurs parents), l''école actuelle est une partie de plaisir en comparaison.

Un très bon moment de lecture, en particulier pour les passionnés d'Histoire.
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