vendredi 26 juillet 2019

Traquemage

4 de couv' :
Le pécadou, étonnant fromage de cornebique, fait la fierté de Pistolin. Mais avec la guerre que se livrent les mages, la vie dans les montagnes est devenue impossible. Après avoir été le témoin de l'extermination de son troupeau, notre héros fait le serment de traquer les mages et de les tuer tous.
Accompagné de Myrtille, l'unique survivante de son troupeau, Pistolin part accomplir sa vengeance.


Si tu n'aimes pas l'humour à la Gotlib, si tu n'aimes pas les anti-héros, si tu n'aimes pas les situations aussi burlesques que délirantes et improbables, bref, si tu n'aimes pas rire, passe ton chemin.

Pour les autres, vous devriez apprécier cet anti-héros aussi maladroit qu'idiot que mal accompagné et capable de se fourrer dans les pires situations malgré lui et d'en sortir vainqueur, toujours malgré lui ou à cause de lui.

Ne le blâmons pas trop, il évolue quand même dans un monde où la laideur et la bêtise crasse sont de mise, il fait même parfois office de génie en comparaison avec ceux qui l'entoure.
Et dans ce contexte, évoluer dans ce monde alors qu'il est empreint de magie, je vous laisse imaginer ce que cela peut entraîner de situations catastrophiques en pagaille et en cascade de tous genre.

En résumé, j'ai retrouvé beaucoup de la Rubrique à Brac de Gotlib dans cette BD, le même rythme de narration, le même délire maîtrisé de bout en bout, sans compter des scénarios et des dessins parfaitement accordés.

Donc chapeau bas et vivement le quatrième tome !
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mercredi 24 juillet 2019

Une fille comme elle

4 de couv' :
A New York, sur la cinquième avenue, s'élève un petit immeuble pas tout à fait comme les autres... Ses habitants sont très attachés à leur liftier, Deepak, chargé de faire fonctionner l'ascenseur mécanique, une véritable antiquité. Mais la vie de la joyeuse communauté se trouve chamboulée lorsque son collègue de nuit tombe dans l'escalier. Quand Sanji, le mystérieux neveu de Deepak, débarque en sauveur et endosse le costume de liftier, personne ne peut imaginer qu'il est à la tête d'une immense fortune à Bombay... Et encore moins Chloé, l'habitante du dernier étage.


Si je n'ai guère  été emballée par l'écriture, je dois reconnaître certaines qualités à ce roman, à commencer par ce défaut que je reproche régulièrement à Marc Lévy qui s'est atténué cette fois-ci, à savoir la présence de nombreux dialogues. Même s'il y en a pas mal, je dois reconnaître qu'il y a davantage de narration que les romans précédents et c'est quand même bien plus agréable ainsi.
Il a évité de retomber dans ses vieux schémas d'un triangle amical et    si Sanji a bien un ami (et donc le fameux trio deux hommes et une femme), ils se sont surtout retrouvés pour affaire et l'ami en question, qui ne connaît pas Chloé n'aura qu'une interaction avec elle, dont le lecteur ne sera pas témoin, puisque juste évoquée d'une manière détournée. Ça aussi, j'ai plutôt apprécié.

Si l'histoire d'amour est somme toute assez convenue, j'ai apprécié que Marc Lévy nous mette dans la peau d'une personne handicapée, avec tout ce qu'il peut y avoir de ressenti et d'anecdotes de son quotidien.

Mais ce que j'ai apprécié davantage et qui aurait sans doute mérité d'être davantage développé, c'est la vie des habitants de cet immeuble, leurs petites manies et leurs petits travers.
Et le personnage de Deepak, bougon au grand coeur (mais surtout pas mal bougon, le bougre), restera mon personnage préféré de ce roman.

Donc en gros, un agréable moment de lecture estivale.
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mardi 23 juillet 2019

La jeune fille et la nuit

4 de couv' :
Un campus prestigieux figé sous la neige.
Trois amis liés par un secret tragique.
Une jeune fille emportée par la nuit.
Côte d'Azur - Hiver 1992
Une nuit glaciale, alors que le campus de son lycée est paralysé par une tempête de neige, Vinca Rockwell, 19 ans, l'une des plus brillantes élèves de classes prépa, s'enfuit avec son professeur de philo avec lequel elle entretenait une relation secrète. Pour la jeune fille, "l'amour est tout ou il n'est rien".
Personne ne la reverra jamais.
Côte d'azur - Printemps 2017
Autrefois inséparables, Thomas et Maxime - les meilleurs amis de Vinca - ne se sont plus parlé depuis la fin de leurs études. Ils se retrouvent lors d'une réunion d'anciens élèves. Vingt-cinq ans plus tôt, dans des circonstances terribles, ils ont commis un meurtre et emmuré le cadavre dans le gymnase du lycée. Celui que l'on doit entièrement détruire aujourd'hui pour construire un autre bâtiment.
Dès lors, plus rien ne s'oppose à ce qu'éclate la vérité.

Pour info : j'ai dû tronqué un peu le quatrième de couverture original, celui-ci faussant le point de départ de lecture de ce roman, tout en dévoilant un rebondissement se trouvant vers la page 300. Pour un roman de 430 pages, avouez que c'est ballot.


Pour être honnête, le début de lecture a été un peu laborieux. Je trouvais l'écriture tellement plate, tellement creuse, que j'ai failli laisser tomber avant la centième page. Puis je me suis dit que c'est Guillaume Musso et que je pouvais lui faire confiance et le laisser me guider dans cette histoire.

Et ô combien j'ai eu raison de ne pas me laisser influencer par ma première impression.

C'est un bon, très bon polar. Hyper bien construit, l'histoire tient la route de bout en bout pour peu qu'on retienne les bons détails de l'histoire et du vécu personnel de chaque protagoniste, les rebondissements sont relativement bien amenés, tout a été pensé et bien pensé, on se laisse porter par l'histoire sans imaginer une seconde le dénouement (et pourtant, j'en ai échafaudé, des hypothèses !).
Une fin douce-amère, avec en prime une fin alternative repensée par le personnage central de l'histoire... puisqu'il est écrivain.

J'ai particulièrement apprécié les allers-retours entre le passé et le présent, même si certains tombent un peu trop opportunément avant certains rebondissements. Je trouve que s'ils avaient été amenés plus tôt dans le roman, ils auraient renforcé davantage la psychologie et le rôle central joué par certains personnages, et seraient moins un alibi pour amorcer le rebondissement suivant.
Mais cela n'a pas gêné sur le moment la fan de polars que je suis.

Mention spéciale au personnage de Thomas, dans lequel je me suis assez retrouvée.

Ce fut donc au final un excellent moment de lecture, avec l'agréable impression que l'auteur s'améliore à chaque ouvrage.
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lundi 22 juillet 2019

L'amie prodigieuse - tomes I à III

4 de couv' :
"Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. C'était la vie, un point c'est tout : et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile".
Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu'elles soient douées pour les études, ce n'est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l'école pour travailler dans l'échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s'éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition.

Et oui, moi aussi. Difficile d'échapper à la lecture de ce roman tant on en entend parler régulièrement d'une manière ou d'une autre depuis sa sortie en France (sans compter les multiples hypothèses émises sur la véritable identité de l'auteure qui est la meilleure des publicités).

Beaucoup de choses à dire sur ce roman.

Cette amitié d'abord, évidemment : autant empreinte de toxicité que d'émulation, c'est peut-être le véritable personnage principal du roman, celui sans lequel cette histoire ne serait rien et aurait été vite avortée.

Ce témoignage des différentes époques traversées : l'après-guerre (les héroïnes sont nées dans les années quarante), avec toutes les tensions qui peuvent en découler entre les différentes familles du quartier, qui n'étaient pas toutes dans le même camp...
La fin des années soixante, et tout ce que cela comporte de bouleversement sociaux et toute la violence qui en a découlé en Italie, et d'évolution dans les changements de mentalités en particulier concernant la condition féminine (et, à n'en pas douter le chemin sera long, pénible et douloureux).

Et les portraits des différents personnages (et un grand merci pour la liste de personnages en début de chaque tome, qui reprend la présentation de chaque famille et de ses liens les uns avec les autres).
Je me suis beaucoup retrouvée dans Elena, la narratrice, fille de milieu populaire qui fait des études et qui voit malgré elle une distance s'imposer, du fait de l'évolution de sa vie due à ses études, entre elle et sa famille et ses amis du quartier. La manière dont elle évolue m'agace par moment tant elle a parfois des oeillères sur ce qui et ceux qui l'entoure. Et parfois, sur elle-même.
Difficile de trouver Lila sympathique, mais difficile aussi de ne pas la trouver fascinante par certains côté, et de ne pas ressentir sa souffrance devant ce qui aurait pu être sa vie si ses parents n'en avaient pas disposé autrement.
Les autres personnages, hauts en couleur, n'en sont pas moins importants et sont autant de prétextes pour l'auteure de présenter les différentes classes sociales et le fonctionnement de l'Italie dans les différentes époques traversées.

L'évolution de leur vies respectives, parfois prévisible, parfois surprenante, ajoute encore à l'attrait de ce roman.

Et le quatrième tome, me direz-vous ? Oh, il va arriver. Mais je dois avouer qu'après avoir lu les trois premiers d'affilée, j'ai besoin d'une pause.

En plus, j'ai réservé et emprunté des livres à la bibliothèque que, ne serait-ce que par respect pour les autres personnes les ayant réservés après moi, je voudrais rendre au plus tard ce week-end, avant la fermeture estivale.
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dimanche 21 juillet 2019

Lonesome Dove

4 de couv' :
A Lonesome Dove, Texas, les héros sont fatigués. Augustus McRae et Woodrow Call ont remisé leurs armes après de longues année passées à combattre les Comanches. En cette année 1880, pourtant, l'aventure va les rattraper lorsqu'ils décident de voler du bétail au Mexique et de le convoyer jusque dans le Montana pour y établir un ranch. Commence alors un immense périple à travers l'Ouest, au cours duquel le convoi affrontera de violentes tempêtes, des bandes de tueurs et d'Indiens rebelles... et laissera de nombreux hommes derrière lui.


Ce roman fait partie des derniers livres que j'avais commandés via La Kube. De mémoire, j'avais dû demander un classique du western.
Et classique il l'est sans aucun doute, puisqu'il a été récompensé par un prix Pulitzer en 1986.

J'ai profité de mes vacances de mai, passées chez ma maman et donc sans aucune possibilité de tentation Internet, pour enfin attaquer ce pavé.

J'ai adoré. Si certains pourraient penser que l'action tarde à démarrer (ce qui n'est pas faux), cela est largement compensé par une belle qualité d'écriture et une mise en place ô combien nécessaire de la psychologie des personnages et du contexte, passé et présent, dans lequel ils évoluent.

Anti-héros sur le retour désabusés et vieillissants, nostalgiques de leur gloire passée, on sent bien que cette idée de convoi vers le Montana est un peu leur baroud d'honneur (et un peu une façon de tromper l'ennui aussi).

Roman qui reprend tous les codes classiques des westerns sans jamais tomber dans la caricature et relevé par des situations improbables et des personnages décalés, il me tarde de poursuivre cette lecture avec le tome 2 (allez savoir pourquoi, une fois rentrée chez moi, si j'ai bien acheté ce deuxième tome, je n'ai pas réussi à l'entamer. Lecture de vacances ?).

Donc un grand merci à Virginie, de la Librairie de Paris de me l'avoir sélectionné !
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samedi 20 juillet 2019

Livre de l'année

Il est des lectures qui nous marquent plus que d'autres.

Parce qu'ils font écho avec notre propre histoire, parce que l'écriture nous est particulièrement agréable, parce que l'histoire et/ou la manière de la raconter nous ont emporté, parce que l'écriture, encore, nous a fait grandir en tant que lecteur (parce que oui, plus on lit de styles d'écriture différents plus notre goût en la matière s'affermit, mûrit), parce qu'on a fait corps avec les personnages tout au long de la lecture, parce que l'ambiance de l'histoire, parce que les paysages tellement bien décrits nous ont donné l'impression d'y être au point d'en ressentir les odeurs, le froid, la chaleur, parce que c'est LE premier roman que l'on lit d'un auteur qu'on a de suite adoré et qu'on sait que cela durera toujours, parce que tant d'autres raisons encore.

Et parce que, surtout, même des années après, à des moments où on s'y attend le moins, on se met à penser à tel ou tel roman. Pour on ne sait quelle raison, et on ne veut pas essayer de comprendre car cela tuerait toute magie, il surgit dans nos pensées. Nous donnant un certain bien-être à l'évocation de cette lecture qui nous a été si agréable à l'époque.
Cela m'arrive régulièrement, et ils ne sont pas nombreux, ces livres là, au moins un ou deux dans une année, parfois plus mais moins de cinq.

C'est ce que je me disais hier en finissant mon commentaire sur "Les yeux fardés".

J'ai ainsi eu l'idée de créer une rubrique à part pour ces livres qui m'ont tant marquée, pour des raisons très diverses, et qui se sont fait une place au soleil dans mes souvenirs de lectures : "livre de l'année".



vendredi 19 juillet 2019

Les yeux fardés

4 de couv' :
Ils sont quatre inséparables, Germinal, David, Joana et Mireia, nés en 1920, qui traversent les rives de l'enfance dans la quartier populaire d'une Barceloneta aux ruelles bigarrées, aux senteurs maritimes, à la culture ouvrière militante. Après l'âge tendre des premiers émois, les personnalités s'affirment et les destinées s'esquissent. Pour les deux filles, du moins. Les balises de l'avenir se font plus fluctuantes pour les garçons quand ils découvrent la passion qui les unit. Si la proclamation de la République leur ouvre les voies de l'espérance, très vite la guerre civile rebat les cartes et conduit les amis au chaos...
Ode vibrante à Barcelone l'irréductible et à son peuple enivré de rêves libertaires, ce roman trace avec une grande finesse l'expérience guerrière de ces héros sans grade, nimbée de la nostalgie douce-amère des illusions perdues.


Superbe reconstitution d'une vie de quartier et de ses habitants, d'une époque (ô combien troublée), d'un pays, superbe évocation d'une amitié, de l'enfance et de l'adolescence dans ce contexte jusqu'à l'âge adulte, époque pas moins troublée et le début du pire pour l'Espagne, vraiment, il n'y a rien à rejeter dans ce roman.

J'aurais aimé en savoir plus sur l'un des personnages et la suite de sa vie (j'adorerais que cela fasse l'objet d'un autre roman !).

Sur l'écriture, fluide, le rythme donné à chaque phrase pousse le lecteur à continuer sa lecture comme porté par un élan (pour ma part, je ne pouvais plus lâcher ce livre, je l'ai terminé un soir... une nuit... un matin... bref, à 3h30). Le même élan qui suscite les évènements historiques retracés ici, le même élan qui pousse les personnages à rejoindre leur destin, plus ou moins bon gré mal gré, mais ils y vont, ne s'esquivent pas, ne fuient pas.

Deux mois au moins que je l'ai fini, ce roman, et lu d'autres, et j'y pense encore régulièrement.

Mention spéciale à cette maison d'édition qui décidément produit toujours des oeuvres de qualité et surtout très variées. Chaque roman est toujours une bonne surprise sans avoir jamais besoin de faire l'objet d'un promotion intensive. Chapeau ! Et merci pour la lectrice que je suis.
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jeudi 6 juin 2019

Jubilations vers le ciel

4 de couv' :
A douze ans, Nestor a connu Hélène, et il a aussitôt décidé qu'elle serait "son amoureuse". Pendant quarante ans, il essaiera de la séduire.
Voilà pour le thème. Reste l'essentiel, à savoir l'éblouissante cavalcade à laquelle se livre ici un écrivain de vingt-sept ans qui sait jouer de tous les registres, faire vibrer toutes les cordes de l'amour, du lyrique au sensuel, du drôle au tragique, de l'étourdissement de la vie à l'horreur du vieillissement... Un coup de maître, salué à la fois par le Prix Goncourt du premier roman et le Prix François Mauriac de l'Académie Française.


Bon. Bon, bon, bon. 

Je me retrouve avec ce roman dans la même perplexité qu'avec ceux de Joyce Carol Oates : j'aime assez sans adorer vraiment tout en sachant que j'ai incontestablement affaire à un auteur, un vrai. Et qu'il ne manquerait pas grand chose pour qu'ils deviennent mes auteurs favoris.

Passé cela, j'ai apprécié l'écriture, l'humour subtil, mais ai été franchement dérangée par le côté obsessionnel de Nestor tant les hommes comme lui sont malheureusement encore un peu trop monnaie courante. Alors certes, il aime Hélène, mais est franchement inquiétant dans sa manière d'exprimer son amour et sa façon de tenter de se rapprocher d'elle. Et surtout de ne pas comprendre que non, c'est non, un point c'est tout.
J'ai particulièrement apprécié le journal d'Hélène, qui permet de percevoir le roman sous un autre jour, mais je n'en dirai pas plus.

Je pense être passée un peu à côté de ce roman pendant sa lecture. Donc à relire, assurément.
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mardi 4 juin 2019

Conversations avec mon chat

4 de couv' :
Lorsque par un matin londonien grisâtre, Sara voit apparaître comme par magie sur le rebord de sa fenêtre une chatte douée de parole, elle croit bien sûr à une hallucination. Et pourtant l'animal revient... Sara, d'abord incrédule, la laisse finalement entrer dans sa vie. La jeune femme, surmenée et malheureuse dans son couple, n'est pas contre une présence chaleureuse...
Et qui pouvait imaginer que la féline conduirait Sara bien plus loin dans ses réflexions qu'elle ne l'avait imaginé, et la guiderait sur le chemin d'une vie pleine et heureuse ?

Roman gentillet, sans plus, mais qui a l'avantage grâce ce coach de vie personnel qu'est cette chatte, de donner des petits trucs tous bêtes  pour profiter de la vie, si besoin est.
Vous l'aurez deviné, il fait partie des cadeaux de Noël de mon homme, qu'il a choisi pour les raisons expliquées dans un précédent article.

L'écriture est assez banale, l'histoire aussi (nan mais moi aussi je discute avec mon chat donc rien d'anormal là-dessus).
Je me suis évidemment trouvé des points communs avec Sara, dans le côté presque-burn-out-qui-a-besoin-d'un-arrêt-et-se-résout-à-le-prendre, mais ça s'arrête là.

Les entraînements quotidiens auxquels elle se soumet sont bien sympathiques et donneraient envie de faire de même, ne serait-ce que par jeu.
Le côté militant vegan-écolo-anti-capitaliste de la fin du roman m'a un peu agacée, non pour le côté militant mais plutôt pour le fait que cela arrive un peu comme un cheveu sur la soupe et même si on peut supposer que l'auteur est convaincu, on ne peut s'empêcher de se demander s'il ne serait pas en train de surfer, comme d'autres, sur un effet de mode (entendons-nous bien : je ne considère pas le mode de vie vegan pour un effet de mode, mais ai plutôt la désagréable impression que beaucoup se font du fric actuellement sur ce concept-là sans réelle conviction).
Avec en plus un angélisme ridicule du "soyons vegan et notre vie deviendra un paradis".  J'aime les gens convaincus, pas les doux rêveurs.

A part ces quelques critiques, roman sympathique de détente, avec l'avantage pour la mamie à chat en devenir que je suis, de voir ce noble félin pris comme exemple pour sa philosophie de vie.
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dimanche 2 juin 2019

Va et poste une sentinelle

4 de couv' :
Milieu des années 1950. Jean Louise Finch, dite "Scout", est de retour à Maycomb, sa petite ville natale de l'Alabama, pour rendre visite à son père, Atticus. La nation se déchire autour des questions raciales. Confrontée à la société qui l'a façonnée mais dont elle croit s'être affranchie en partant vivre à New York, Jean Louise va découvrir ses proches sous un jour inédit...


Je tiens à préciser tout d'abord que ce roman est très différent de "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur", de la même auteure. Ceux qui s'attendent à y trouver le même esprit seront forcément déçus.
Si vous l'oubliez ou mettez de côté l'autre histoire, celle relatée par la petite Scout, vous serez éblouis.
Je retrouve du Ernest J. Gaines dans ce roman, la même subtilité, la même intelligence pour dire de grandes et profondes choses en peu de mots, en toute simplicité.
Un grand roman du sud des Etats-Unis, qui, je l'espère, va devenir un classique.

Au final, ce livre parle d'évolution.
D'évolution d'une certaine société blanche, qui la refuse, de toute une communauté noire qui a fini par ouvrir les yeux sur le fait que oui, ils ont bien des droits et qu'il serait plus que temps de les faire appliquer, de la rupture entre ces deux mondes (qui existait déjà mais prend une nouvelle forme) et deux époques.

Et l'évolution personnelle de chaque protagoniste : Scout, tout d'abord, qui apprend avec douleur à voir son entourage tel qu'il est réellement et finit par mûrir et enfin devenir adulte. Et qui pour moi, au début du roman, a un côté tête à claque de gamine qui revient chez elle avec un sentiment que tout est acquis et redécouvre la complexité de ses proches et de la société dans laquelle elle a grandi. Et apprend à ne plus voir les choses de façon manichéenne. Le fait de vivre ailleurs et d'avoir une autre vision de cette société dans laquelle elle a grandi lui sera certes douloureux, mais salutaire.
Son père et l'associé de ce dernier, plus complexes qu'ils ne semblent à première vue.
Leur ancienne domestique, qui n'a peut-être pas changé tant que ça au fond, sauf aux yeux de Scout qui sort de sa naïveté enfantine...

Evolution ou non d'ailleurs, les blancs de ces états du sud ne comprenant définitivement pas pourquoi les noirs en demanderaient plus parce que ne comprenant pas qu'ils n'ont jamais rien eu en matière d'égalité de droits, et qui transpirent de peur et donc de haine face à ce bouleversement de leur mode de vie.
Le personnage de la tante en cela est intéressant tant elle est emblématique de cette société bien campée sur ses acquis, persuadée de son bon droit, d'être la garante d'une façon de vivre et de penser dont elle ne réalise pas qu'elle fait depuis longtemps partie du passé. Pas seulement sur les droits des noirs, mais aussi sur la hiérarchie existant dans cette société blanche et patriarcale.
Scout est définitivement de la nouvelle génération de citoyens américains et surtout de la nouvelle génération de femmes qui compte maîtriser sa vie et ne plus se laisser étouffer dans ce carcan et encore moins dans cette société d'apparence, où sa tante porte encore le corset...

Car la complexité du roman et de chaque personnage tient là : une évolution qui pour certains se fait sans eux sans qu'ils le demandent, qui accusent des éléments extérieurs de bouleverser leur vie (le gouvernement, le NAACP), tout se en réunissant en des conseils de citoyens pour se rassurer sur le bien-fondé de la ségrégation...
Et évidemment, ils restent entre eux, il ne viendrait à l'idée de personne d'échanger avec quiconque de la communauté noire du patelin (si tant soit est que l'un d'entre eux souhaiterait tenter l'expérience...). Et encore moins quelqu'un d'extérieur à leur ville ou Etat.
Le passage sur le conseil de citoyens est d'ailleurs celui qui m'a le plus marquée, tant le lecteur, tout comme Scout, se prend une magistrale claque.

Ce roman est à un moment charnière de l'histoire des Etats-Unis et on se le referme avec un sentiment de malaise salutaire tant on sait que le combat à mener sera long, douloureux et pénible pour tous.
Et pas vraiment réglé de nos jours.


"Il l'ouvrit et dit: "Notre texte, aujourd'hui, est tiré du livre d'Isaïe, chapitre 21, verset 6 :
Car ainsi m'a parlé le Seigneur :
Va et poste une sentinelle ; qu'elle annonce ce qu'elle verra""

"(...) c'étaient les mêmes individus qui constituaient l'Empire invisible, qui haïssaient les catholiques ; des Anglo-axons au sang rouge à cent pour cent, habités par l'ignorance et la peur, rubiconds, rustres, respectueux de la loi, ses compatriotes américains - la lie."
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