samedi 27 juin 2020

Mon autre famille - Armistead Maupin

4 de couv' :
"Tôt ou tard, où que nous vivions, il nous faut partir en diaspora, nous aventurer loin de nos parents biologiques pour découvrir notre famille logique, celle qui pour nous fera véritablement sens. Il le faut, si nous ne voulons pas gâcher nos vies."
Cette famille dont Armistead Maupin s'est éloigné est une famille du Sud américain, volontiers conservatrice, parfois réactionnaire. Et la "famille logique" qu'il a longtemps cherchée, il l'a trouvée à San Francisco, au début des années 1970. Là-bas, la libération sexuelle et amoureuse se conjugue aux expérimentations narcotiques. Autant d'années folles qu'il a consignées dans ses Chroniques de San Francisco.
Mais entre le moment où il a quitté sa Caroline du Nord natale et celui où il est "devenu ce qu'il est", il lui aura fallu remettre en cause les idées qu'il avait reçues en héritage. Il aura dû se réinventer plusieurs fois.
Cette autobiographie n'est pas que le récit d'une lente adaptation de soi. C'est aussi l'exploration d'un demi-siècle d'histoire américaine, de la guerre du Vietnam à m'émergence des mouvements gays et lesbiens. Avec l'humour et le talent qu'on lui connaît, Armistead Maupin fait revivre une ville en ébullition, et entrouve la porte du cabinet d'écriture où sont nés le 28, Barbary Lane et Anna Madrigal. C'est une vie bigger than life, et c'est tout un roman.


Il est toujours intéressant de mieux connaître la vie d'un auteur pour avoir une meilleure vue d'ensemble de son oeuvre. Ce principe que l'on apprend au lycée en étudiant les classiques de la littérature vaut aussi pour les auteurs actuels et en particulier Armistead Maupin.

L'auteur nous livre ici son autoportrait sans concession main non dénué d'auto-dérision et d'humour. L'homme âgé qu'il est devenu a un regard parfois un peu sévère, la plus souvent attendri sur le jeune homme d'alors et sur sa famille.

Mais cet autoportrait apporte un éclairage nouveau sur les Chroniques de San Francisco : comment elles sont nées, comment elles ont évoluées, qui a inspiré les personnages (ou pas), les lieux.
L'évolution personnelle de l'auteur a évidemment joué un rôle dans leur écriture.

Au delà de ça, j'ai été ravie pour l'auteur de constater que les relations conflictuelles rencontrées par le Michael des Chroniques avec ses parents n'ont rien à voir avec les relations que l'auteur entretenait avec les siens. S'il n'est pas facile d'être le fils homosexuel d'un couple du Sud des Etats-Unis des années soixante (surtout vues les opinions politiques de son père) il me reste de cette partie de ce livre, un profond amour et respect mutuel entre Armistead Maupin et ses parents.

Ce fut une belle découverte, et un beau complément d'après-lecture des Chroniques de San Francisco.
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vendredi 19 juin 2020

Anna Madrigal

4 de couv' :
Anna Madrigal, la légende du 28, Barbary Lane, sait qu'elle n'est pas éternelle.
À 93 ans, pour "s'en aller comme une dame", elle part affronter son passé. La voici de retour dans le Nevada, là où elle futAndy, adolescent amoureux du ténébreux Lasko... Entourée de tous ceux qu'elle aime (Brian, Shawna, Michael et quelques nouveaux venus), ses aventures vont la conduire jusqu'au Burning Man, un festival déjanté où tout peut arriver.
Neuvième saison des Chroniques de San Francisco, Anna Madrigal lève enfin le voile sur ce personnage emblématique, en un formidable hymne à l'affirmation de soi et à l'amour sous toutes ses formes.


C'est avec plaisir que j'ai ouvert ce livre pour retrouver cette joyeuse troupe de doux-dingues dont les histoires m'ont tant fait de bien lors de ma convalescence de l'automne dernier.
C'est donc avec un petit pincement au coeur que je les ai quittés en le refermant.

Mais entre les deux, l'auteur nous a fait retrouver les vivants, fait rappeler à leur souvenir, et le nôtre, et pour notre plaisir à tous et sans nostalgie, les disparus.

Et avec son élégance habituelle, l'auteur laisse la fin suffisamment ouverte pour que le lecteur puisse en imaginer la suite car 93 ans ou pas, héros vieillissants ou pas, la vie continue. D'autant que la jeune génération semble joliment prendre la relève...

Tout ceci sans nostalgie, avec humour, délicatesse et une grosse dose d'affection pour tous les personnages. Classe !
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vendredi 12 juin 2020

Dracula l'Immortel

4 de couv' :
Seule fiction littéraire soutenue par la famille du créateur de Dracula, cette oeuvre a été écrite par Dacre Stoker, l'arrière-petit-neveu de celui-ci, et Ian Holt, spécialiste reconnu du célèbre prince vampire.
En 1888, six intrépides ont réussi à détruire Dracula aux portes de son château de Transylvanie. Vingt-cinq ans plus tard, ils se sont dispersés mais le souvenir de cette périlleuse aventure où l'un d'eux a laissé la vie les poursuit. Une mort inexpliquée devant un théâtre parisien et un assassinat d'une effroyable cruauté au coeur de Londres vont réveiller la peur. Du Quartier latin à Piccadilly, l'ombre de Dracula semble à nouveau planer... Les héros d'autrefois doivent affronter un ennemi insaisissable aux attaques sournoises, violentes, mais aussi leurs propres démons.
Une intrigue menée avec maestria, qui ressuscite le fantasme et la malédiction de l'immortalité.


Ne soyons pas naïfs, quand j'ai acheté ce roman, je me doutais bien de l'aspect commercial par le fait qu'il est annoncé comme ayant été écrit par un descendant de Bram Stoker, et avalisé par la famille. Je me doutais que ce serait très différent de "Dracula", aussi bien dans l'histoire que l'écriture et étais ouverte à toute originalité. Mais là quand même...

Je crois bien n'avoir rien lu d'aussi mauvais. Il m'est déjà arrivé de ne pas aimer  un livre, mais j'arrivais quand même à y trouver des qualités, y compris dans ceux que je n'ai pas achevés (écriture, histoire, originalité...), mais ici le médiocre le dispute au grotesque. Peux pas mieux dire.

Même en faisant abstraction de l'oeuvre originale, il m'est absolument impossible d'apprécier quoi que ce soit dans ce roman dont je me suis acharnée à poursuivre la lecture jusqu'à la moitié. Je me suis couchée en me disant que je ferais mieux peut-être finalement de ne pas continuer (jamais jusqu'ici je n'avais autant levé les yeux au ciel d'exaspération en lisant un livre, même les moins aimés et/ou abandonnés). Résultat : je me suis réveillée deux ou trois fois dans la nuit avec à chaque fois pour première pensée "je ferais mieux d'arrêter de le lire". Ce fut donc ma bonne résolution de la matinée.

Alors voilà :

L'écriture : mauvaise, tout simplement. Ça se veut littéraire par moment et ça se rappelle que c'est destiné à être lu, donc ça fait de pitoyables efforts qui se veulent au niveau de l'aïeul, mais c'est juste agaçant de pâle imitation de style d'auteurs plus aboutis, toutes époques confondues.

La construction du roman : aucune. Ça part dans tous les sens, et arrivée à la moitié du roman, je ne sais toujours pas dans quelle direction les auteurs (oui, parce qu'ils s'y sont mis à deux pour commettre cela) veulent aller. Ils posent des jalons sans cohérence pour le lecteur et l'intrigue peine à démarrer.

Les personnages : oh mon Dieu il y a tant à dire et à oublier à la fois.
Les personnages de l'oeuvre de Bram Stoker sont repris ici et sont absolument pathétiques. L'un est alcoolique (et accro aux prostituées), un autre accro à la morphine, un autre la caricature du lord arrogant, et le plus âgé de la troupe n'est guère vaillant mais bizarrement, semble mieux tenir la route que les autres. Je trouve dommage que les auteurs aient eu la mauvaise idée de s'aliéner les lecteurs de "Dracula", qui s'étaient attachés aux personnages. Je veux bien qu'on se démarque, mais autant le faire intelligemment en posant correctement les choses (l'évolution de leur vie, comment ils en sont arrivés là. Ici, on nous l'assène d'emblée, on n'a plus qu'à faire avec, et ce n'est que plus tard qu'on nous donne des ersatz d'explication).
Une femme vampire et ses deux acolytes : un prétexte pour les auteurs de faire passer leurs fantasmes sexuels à la moindre occasion. Autant dans le Dracula de Bram Stocker, les choses (époque oblige) étaient suggérées subtilement et faisaient ressortir une certaine sensualité, autant ici c'est juste graveleux, mal amené et franchement ennuyeux au point d'être inutile pour l'histoire.
Bram Stoker : si l'idée est de rendre hommage à l'auteur de l'oeuvre originale, c'est raté. Il apparaît comme antipathique au point que je me suis demandée si la famille Stoker avait des comptes à régler avec lui.

L'histoire : comme je le disais précédemment, ça part un peu dans tous les sens.
Déjà, ça commence en France, sans réelle explication, et beaucoup de scènes se déroulent à Paris. Il faudra aussi qu'on m'explique pourquoi un couple d'anglais envoie leur fils étudier le droit à Paris alors qu'il devrait reprendre l'étude notariale de papa en Angleterre à l'issue de ses études, mais passons sur ce manque de cohérence. Qui plus est au fil du roman, l'action semble se recentrer en Angleterre. Il aurait été plus simple de la situer là dès le début. Les auteurs ont trop d'imagination ou pas assez.
Jack l'éventreur : je ne sais si ses meurtres (commis en 1888, année où se situe l'action de "Dracula") est un prétexte pour en faire un polar ou si les auteurs avaient décidé de faire un polar et de prendre ce prétexte pour y ajouter Jack l'éventreur et par ricochet y faire un lien avec les vampires et ceux qui les pourchassent. Là encore, les auteurs ont trop d'imagination ou pas assez. Mais de mon point de vue, c'est surtout le prétexte pour tomber dans le bien sanguinolent inutile et juste racoleur. Et pour ça, ils n'avaient pas besoin de rajouter Jack l'Eventreur (trop d'imagination ou pas assez).
Les scènes d'actions : bof. Faut bien casser le rythme de temps en temps.
Le sexe : où on apprend que Mina aurait perdu sa virginité avec Dracula. Certes une scène en particulier était très suggestive dans le roman de Bram Stoker, mais chronologiquement, ça ne tient pas : elle était déjà mariée plusieurs mois avant de tomber sous l'emprise du "comte" (et non le prince, hein...) et je ne me rappelle aucune allusion  ou circonstance selon laquelle le mariage n'aurait été consommé avant cela. Je l'aurais mieux admis pour le personnage de Lucy, mais pas Mina. Quand j'ai abandonné ce livre ci, j'en étais arrivée à me demander si ce point précis était une façon de mener à ce que le fiston du couple soit le fils caché de Dracula (tant qu'à être mauvais et grotesque...). Pour en revenir aux scènes de sexe proprement dites, disons que les auteurs sont de leur époque. Mais elles sont mal faites, donc inutiles, et du coup juste graveleuses.
Pour retomber sur leurs pieds (bien chancelants pour le coup), les auteurs ont parfois repris des passages de "Dracula" pour les mettre à leur sauce et amener les lecteurs à accepter les défaillances de leur scénario. Là encore, trop d'imagination ou pas assez.

En résumé, ce que j'ai détesté dans ce livre, c'est que les auteurs n'en ont fait qu'à leur tête, ont malmené l'oeuvre originale qui plus est en laissant libre cours à leur imagination sans faire le tri entre leurs multiples idées (les bonnes comme les mauvaises) laissant ainsi une désagréable impression de n'importe quoi ouvert à tous les vents, alliée à une mauvaise écriture et un gros parfum de dilettantes.

Une grosse déception.
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dimanche 7 juin 2020

Dracula

4 de couv':
Répondant à l'invitation du comte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre à son arrivée dans les Carpates un pays mystérieux. Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula. Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu'éprouver une angoisse grandissante. Ce comte, qui contrôle son courrier et verrouille les portes de son château, ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l'apesanteur... Jonathan Harker doit se rendre à la terrifiante évidence : il est prisonnier d'un homme qui n'est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres...


J'avais déjà lu ce livre à l'adolescence, qui faisait partie de la liste de lectures (non imposées) au bac de français, et je me rappelais l'avoir assez apprécié.

Grand classique de la littérature fantastique, dont le succès depuis sa parution jusqu'à nos jours a largement dépassé l'oeuvre originale, je dois reconnaître que j'ai assez aimé cette relecture même si, connaissant déjà l'histoire et me la rappelant dans les grandes lignes, je n'avais plus le plaisir de la découverte.

Commençons par les points négatifs : Bram Stocker est un homme de son temps. Il a donc une vision du monde et des gens horriblement caricaturale pour notre époque.
Les femmes sont des faibles femmes : l'héroïne principale parle ainsi d'elle-même bien que sur les cinq héros, c'est quand même elle la plus intelligente et la plus courageuse. Intelligence mise en valeur par l'un des autres personnages qui dit d'elle en gros qu'elle a une intelligence d'homme. L'auteur trouvait-il que ce personnage féminin était trop moderne pour les lecteurs bien pensants de son époque ? Mais je dois reconnaître que malgré ces passages on ne peut plus horripilants, on prend plaisir en tant que femme à s'identifier à un personnage qui devient vite le pilier de ce petit groupe.
Dans tout le roman, un seul personnage juif. Et "évidemment" pour l'époque, un peu douteux. On n'en parle que sur une page et il est franchement très secondaire et on aurait pu s'en passer ou en tout cas se passer du fait qu'il soit juif mais il y est présenté ainsi (soupir).
Les tziganes : définitivement douteux, alliés de Dracula, puisque de tout temps considérés comme alliées du diable, de la sorcellerie, de la magie noir et autres petites choses mystiques bien antipathiques. Ils sont présentés comme ses alliés voire ses serviteurs, mais aussi comme étant de peu d'importance : aucun d'entre eux ne se démarque réellement, ils forment un groupe comme un seul personnage.
Les habitants des Carpates : essentiellement des gens un peu exotiques pour le londonien qu'est Jonathan Harker, et surtout superstitieux. Et finalement secondaires. Dans leur poursuite de Dracula, nos héros anglais se débrouillent sans eux, sans même chercher à se les rallier. Cela m'a donné une impression de supériorité des personnages anglais (et américain pour l'un d'entre eux).
Les petites gens : alors là, on est en plein dans la grosse caricature des gens peu cultivés, vénaux (le moindre renseignement coûte de l'argent à nos héros), voire un brin alcoolique (le moindre renseignement coûte à nos héros une pinte de bière). Et leur parler ! Pas un mot dont une syllabe ne soit tronquée (ou pour mieux dire : "pas' mot dont un' syllab' n' soit tronquée mon pov' m'sieur !"). Je ne sais comment s'exprimait le "bas peuple" londonien à l'époque mais j'ai trouvé l'auteur horripilant de condescendance sur ce coup là.
Tout ceci était on ne peut plus habituel à l'époque, je ne vais donc pas blâmer l'auteur d'être de son temps, je voulais juste mettre en lumière ce qui pourrait agacer le lecteur actuel.

Par contre, j'ai apprécié que ce soit un roman choral : la plupart des personnages tient un journal et présente ainsi sa propre approche de l'histoire. Mais je n'ai pas trouvé qu'ils se démarquent beaucoup les uns des autres. Plus en début qu'en fin de roman en fait. Pour casser le rythme, et ajouter au mystère, l'auteur a eu la bonne idée à un certain moment d'introduire dans ces différentes narrations des articles de journaux relatant des faits étranges non explicables par leurs auteurs mais dont nous lecteurs avons une idée plus claire, flattant ainsi notre ego.
Tout ceci mis bout à bout forme un ensemble cohérent et bien construit.

Pour ce qui est de l'écriture, elle est assez typique de l'époque mais assez plaisante à lire bien que un peu pompeuse à mon goût sur certains passages (en particulier ceux consacrés au personnage de Van Helsing du moins au début, car il est détenteur de connaissances qu'il se refuse à divulguer aux autres personnages. Certes, c'est pour accentuer le suspens, mais j'avais parfois envie de le secouer pour qu'il en dise plus).

Dans l'édition que j'avais entre les mains, se trouvent également des annexes traitant non seulement de ce roman (avec une tentative d'analyse littéraire intéressante quoique je trouve que son auteur aille un peu loin), mais aussi des légendes sur les vampires sous toutes leurs formes : écrits, cinéma, radio, histoire.
Ce qui en est à l'origine, les monstres de légende équivalents dans différentes civilisations. J'ai donc ainsi découvert que la représentation que différentes civilisations se sont fait de plus approchant des vampires est féminine (Bram Stocker innove donc avec son personnage masculin) et assez peu récente finalement.
Se trouvent aussi des extraits de romans, un de Théophile Gautier (la morte amoureuse) et un d'Alexis Tolstoï (la famille du Vourdalak). J'ai donc ainsi découvert deux auteurs que je n'ai jamais lus, mais dont j'ai pu apprécier ici l'écriture et dont j'aimerais poursuivre la lecture.

Donc une lecture intéressante en tant que classique et un classique ayant laissé un telle d'empreinte dans le milieu artistique, et pour le roman lui-même.
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dimanche 31 mai 2020

L'espion d'Austerlitz

4 de couv' :
Un crime à l'état-major de Napoléon ! L'affaire est assez sérieuse pour que l'Empereur convoque à Boulogne son meilleur policier, Donatien Lachance. Qui a tué Pierre Levasseur, l'aide de camp préféré de Napoléon ? Y a-t-il un espion au coeur de la Grande Armée ? Pour résoudre l'énigme, pour écarter la menace qui pèse sur le sort de la France, Lachance suit Napoléon dans sa campagne la plus glorieuse, celle qui emmène les grognards de Boulogne à la bataille d'Austerlitz.
Au milieu des intrigues qui entourent Napoléon, des pièges tendus par les agents des puissances ennemies, des ruses dont l'Empereur savait user pour mystifier ses adversaires, Lachance ira de palais en bivouac et de découverte en surprise.


Honnêtement, ce tome n'est pas mon préféré de la série. Du moins pour la partie polar.

Pour la partie espionnage et surtout historique, par contre je suis bien plus enthousiaste. En clair j'ai eu l'impression que l'enquête policière (qui piétine franchement à mon grand agacement et celui de Napoléon) n'est qu'un prétexte pour mieux faire connaître au lecteur la campagne d'Austerlitz, les tactiques utilisées, espionnage inclus, et c'est franchement réussi !

Un bon moment de lecture au final.
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samedi 30 mai 2020

Le rouge et le noir

4 de couv' :
C'est dans un fait divers que Stendhal a puisé  son inspiration pour Le rouge et le noir qui reste l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature romantique. L'histoire de Julien Sorel reproduit à peu près exactement celle d'Anthoine Berthet, condamné à mort et exécuté en 1828 pour tentative de meurtre sur la personne de Mme Michoud, chez qui il avait été précepteur.
Véritable tableau de la société française dans les dernières années de la Restauration, le rouge et le noir est aussi un grand roman d'amour : orgueilleux par timidité, sensible et révolté, Julien poursuit avec téncité le combat de son ambition, faisant fi des préjugés sociaux comme des règles de la morale.
Symbole du refus de l'ordre établi, mélange de froideur lucide et de passion exaltée, le personnage a des résonances bien actuelles.


J'ai décidément du mal avec les classiques. Sur celui-ci, je suis assez mitigée.

Les personnages m'ont tous parut sinon détestables, au moins inintéressants ou peu sympathiques (Julien Sorel, arrogant, ambitieux et hypocrite mais agissant, comme en photographie, comme un révélateur auprès de tous les personnages qu'il côtoie ; Madame de Rênal, miss sainte-nitouche ; Mathilde de la Mole, une gosse de riche capricieuse et manipulatrice (mais oui, d'accord, sensible, plus fragile qu'elle ne paraît de prime abord et dont la principale qualité, hélas un défaut à l'époque, est d'être intelligente et de caractère, et d'ambitionner vivre avec quelqu'un de son niveau qui ne l'engoncerait pas seulement dans le rôle de mère et d'épouse), et la plupart assez hautains voire brutaux.

Ayant du mal à m'intéresser à l'un des personnages, bien que tous intéressants à décortiquer individuellement et dans leurs interactions avec les autres, j'ai donc eu du mal à accrocher au roman et surtout à l'histoire.

Mais j'avais cependant sans cesse envie d'y revenir. Roman du XIXème et à l'écriture certes de qualité mais désuète par moments, j'ai beaucoup aimé la description des paysages et de la psychologie des personnages (quoique parfois un peu trop insistante parfois). Certaines situations un peu trop alambiquées (l'histoire de l'échelle par exemple) ou sur lesquelles je ne trouvais guère intéressant qu'on s'y attarde autant.
J'aurais aussi aimé des notes de bas de page car certaines anecdotes ou détails, bien qu'évidents à l'époque de l'écriture m'ont laissé en mode "de quoi s'agit-il précisément ?". Bref, beaucoup moins évidents pour les lecteurs de notre époque.

Cela étant, j'ai particulièrement apprécié les descriptions de l'époque, et surtout le contexte social. Et Stendhal est excellent dans la description des travers humains dans toute leur complexité.

Le comble, c'est que j'étais persuadée ne l'avoir jamais lu. Ce qu'ont démenti les nombreux passages relevés au crayon gris du début à la fin du livre. Et comble du comble, ce ne sont pas ceux-là que j'aurais relevés à présent.

Mon homme m'a dit avoir préféré La Chartreuse de parme. A essayer !
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dimanche 17 mai 2020

Arrêtez-moi là !

4 de couv' :
Quand un concours de circonstances transforme une banale journée de travail en un piège redoutable...
Parce qu'il a laissé ses empreintes là où elles n'auraient jamais dû être, un chauffeur de taxi désabusé se retrouve accusé d'enlèvement. Et sa voiture tout juste nettoyée (souvenir d'une étudiante ivre...) ne le rend que plus coupable aux yeux de la police. Il n'a d'autre choix que de trouver lui-même les preuves de son innocence...


Je dois avouer que je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce roman. Par erreur, je croyais avoir choisi un roman humoristique, j'ai vite compris qu'il n'en était rien mais je ne fus vraiment pas déçue au final.

Par sa simplicité dans l'écriture, ce roman est implacable. Envers le personnage central, envers les policiers menant l'enquête, envers le système judiciaire américain et ne parlons pas des média, l'ensemble formant une effroyable machine à erreur judiciaire. Et à broyer l'individu.

Car la trame de ce roman est là. Ce chauffeur de taxi et le lecteur savent qu'il est innocent et jusqu'au bout, ce récit prend aux tripes, suscite le malaise et la maigre lueur d'espoir entraperçue, accentuant ce malaise, nous porte jusqu'à la fin, jusqu'aux toutes dernière lignes, stupéfiantes.

Très bon, vraiment.
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vendredi 15 mai 2020

Terreur Apache

4 de couv' :
1886. Arizona. Le chef apache Toriano s'enfuit de la Réserve et sème la terreur chez les colons. Walter Grein, éclaireur à la ténacité légendaire, est chargé de le capturer avant qu'il ne mette le pays à feu et à sang. Accompagné de sa troupe d'anciens soldats et d'Indiens, il se lance dans une poursuite haletante...
Transposé à l'écran sous le titre Le sorcier du Rio Grande, ce grand roman a surtout inspiré le chef-d'oeuvre de Robert Aldrich Fureur apache. Burnett y rend hommage à la beauté sauvage des paysages rocailleux, à la mélodie des villages en pisé. De l'art de la guerre des Apachesau quotidien des pionniers, du courage des uns aux faiblesses des autres, tout sonne juste dans ce texte passionnant, nourri de détails historiquement authentiques. Un western qui honore le genre, jamais politiquement correct, au style impeccable.

J'aime assez le style western en littérature, mais j'ai eu du mal à démarrer celui-ci. Dès les premières pages, on plonge dans le désespérément classique "gentils et valeureux cowboys, vraiment très méchants indiens" (ce qui m'a un peu désespérée : "ça va être comme ça tout du long ?").
Oui et non.

Il y a un peu de ça, mais pas complètement.
Les blancs non plus ne sont guère épargnés dans le portrait qu'il est fait d'eux : le politicien ignorant qui n'est là que pour appliquer les décisions de Washington (bien éloigné de la réalité du terrain), un militaire arrogant et va-t-en-guerre, un responsable des affaires indiennes idéaliste et sans réel pouvoir, un colonel au peu de caractère qui se fait bouffer par tout le monde, sont une partie de ces personnages.
Mais il faut dire que les indiens sont soit trop gentils et passifs et donc très obéissants, soit d'horribles monstres sanguinaires et/ou fourbes et mal attentionnés, et les rares à être considérés comme les égaux de notre héros et dont le portrait met en valeur leurs qualités... parlent "petit nègre".

Cet amas de caricature "westerniques", assez typique de l'époque où il a été écrit, m'a un peu gênée à la lecture, mais n'est pas ce qui ressort finalement le plus de l'histoire, qui, il faut le reconnaître, est drôlement bien ficelée et agréable à lire.
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jeudi 7 mai 2020

Le chameau sauvage

4 de couv' :
Halvard Sanz est un gentil garçon. Signe particulier : doué pour les catastrophes en série. Il y a des gens qui n'ont pas de chance, mais qui, genoux à terre, toujours se relèvent. Halvard est de ceux-là. Quête initiatique, roman picaresque, amour allégorique, loufoques aventures servies par une verve intarissable... Mais le chameau sauvage dans tout ça ? Quand vous en connaîtrez le principe, comme Halvard, vous verrez la vie différemment.

J'avais ce livre dans ma pile à lire depuis de nombreuses années (l'édition de ce volume date de 2007, ça doit dater de là ou peu de temps après) et je regrette de ne pas l'avoir lu plus tôt !

J'ai adoré l'écriture, les multiples digressions de l'auteur qui arrive toujours à retomber sur ses pieds dans sa narration (mieux que le personnage dans sa vie), j'ai suivi avec bonheur le personnage central dans ses pérégrinations diverses et variées, l'ai pris un peu en affection et fut contente pour lui à la fin.

Et le chameau sauvage dans tout ça ? Je n'en dirai rien, car il n'apparaît qu'à la toute fin justement. Une vraie philosophie de vie.

Un autre de cet auteur, vite !
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samedi 2 mai 2020

La cloche silencieuse

Pas de 4 de couv' !


Ceci est un collector. L'édition que je possède, trouvée à l'adolescence un été dans le grenier de mes parents, date de 1936. Et n'est plus éditée de nos jours, à ma grande frustration car il s'agit d'une série. J'ai fait des recherches sur Internet pour trouver les autres tomes, je ne retrouve pour le moment que des versions en anglais (re-frustration).
Par contre vous pouvez trouver celui-ci pour des prix allant de 2 à 15 euros suivant l'état.
Je ne vous présente pas la collection "Le Masque", les lecteurs les moins avertis savent qu'il s'agit d'un polar.

Nous avons donc ici un polar à l'anglaise, dont les protagonistes utilisent les moyens modernes de l'époque (oui, même l'avion).
Si le style peut sembler délicieusement suranné, je trouve que ce roman n'a rien à envier aux Agatha Christie, l'intrigue étant cohérente, le dénouement (classique de l'époque !) se trouvant à la toute dernière ligne, la galerie de personnages étant un délice. Mention spéciale à Mimi, piquante héroïne qui a la particularité dans ce polar très british d'être française ! Piquante et très moderne, car rien ne lui fait peur et sa sagacité lui vaut d'avoir facilement trois trains d'avance sur ses homologues anglais.

J'avais adoré le lire et le relire à l'adolescence, j'ai adoré le relire aujourd'hui. Si les éditions du Masque avait la bonne idée (si ce n'est déjà le cas) de créer une collection spéciale dédiée aux polars qui un temps a fait leurs beaux jours et de les rééditer, ne serait-ce que de façon restreinte et provisoire, les livres d'Elaine Hamilton seraient en tête de liste de mes achats !
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