samedi 26 novembre 2022

Les tendres plaintes


4 de couv' :
Blessée par l'infidélité de son mari, Ruriko décide de disparaître. Elle quitte Tokyo et, dans un chalet en forêt, tente de retrouver sa sérénité. Ruriko est calligraphe.
Au-delà des arbres, un peu plus haut dans la colline, elle rencontre un étrange équipage : Nitta, ancien pianiste devenu facteur de clavecins, sa jeune apprentie prénommée Kaoru et un chien aveugle et sourd. Invitée en ces lieux, la calligraphe les observe et apprend que Nitta, jadis concertiste de renom, ne peut plus jouer en présence d'autrui, que seules persistent en lui des partitions devenues muettes. Pourtant, un matin, Ruriko les surprend : habité d'un calme dense, presque palpable, Nitta est installé au clavecin. Pour Kaoru, il joue Les Tendres Plaintes.

A force de chercher de nouveaux auteurs japonais, je suis tombée dernièrement sur cette autrice dont la plupart des livres abordent des thèmes qui m'ont donné envie de la lire. J'en ai acheté quelques uns et j'ai donc commencé par celui-ci. J'aimais assez l'idée que l'héroïne se retrouve dans un chalet dans les bois pour se ressourcer.
Se poser dans un lieu retranché pour se retrouver est ce dont on a tous besoin à un moment de notre vie (et  pour ma part, je pense que j'ai aimé ce principe similaire à celui de "Dans les forêts de Sibérie" qui demeure un de mes livres préférés. 

Tout est douceur et poésie dans son écriture, mêmes sur des passages un peu plus "durs". La re lation entre ces trois êtres (quatre, en comptant le chien) est surprenante, attachante, troublante. Difficile de résumer cette histoire dont le plus important est le sentiment amoureux, l'amitié, une introspection pour continuer à aller de l'avant.
Et l'amour du travail bien fait, les personnages étant pour l'une calligraphe, pour l'autre facteur de clavecins.

Un beau moment de la vie des personnages, une belle écriture, une belle découverte.
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vendredi 25 novembre 2022

Un ciel radieux


2 de couv' :
Une nuit, Kazuhiro Kubota, père de famille et employé surmené, percute un jeune motard, Takuya Onodéra. L'un meurt rapidement, l'autre survit miraculeusement. Lorsque Takuya sort du coma, sa famille découvre, déconcertée, que non seulement il souffre d'amnésie, mais qu'il semble aussi avoir changé de personnalité...
La conscience de Kazuhiro Kubota vient de se réveiller dans le corps du jeune homme, comme si une ultime occasion de comprendre ce qui comptait réellement dans sa vie lui était offerte.
Mais le temps presse : Takuya retrouve sa mémoire petit à petit, tandis que l'esprit de Kazuhiro tente de reprendre contact avec sa famille. Et la cohabitation des deux âmes dans un seul corps s'annonce difficile.


Histoire originale, pleine d'empathie, dont j'ai particulièrement apprécié les graphismes. Si l'idée de départ est originale, le déroulé de l'histoire est finalement assez convenu.

Sympathique et bien abouti, j'ai bien aimé mais sans plus.

samedi 19 novembre 2022

Cadillac Juke-Box


4 de couv' :
Les marais de Louisiane dégagent parfois des relents de haine dont on voudrait bien se débarrasser définitivement, quitte à trouver un bouc émissaire sur lequel faire porter la responsabilité de toute la communauté. C'est ce rôle peu enviable que l'on assigne à Aaron Crown en l'accusant du meurte d'un militant des droits civiques dans les années soixante. Du fond de la prison d'Angola où il purge sa peine, Crown demande à Dave Robicheaux de l'aider à retrouver la liberté.
Mais dans le climat électrique qui entoure l'élection du prochain gouverneur, la résurgence de sombres affaires peut coûter à Buford Larose sa candidature et Robicheaux va jouer les trouble-fête en prenant la défense d'un homme que tout accable. Dave veut découvrir ce qui s'est passé il y a trente ans. Il va devoir aussi affronter les souvenirs d'une époque où les vapeurs de l'alcool brouillaient sa mémoire.


C'est toujours un vrai plaisir de lire la superbe écriture de James Lee Burke. Et si je lis ses polars plus pour cela que pour l'intrigue policière (excellente au demeurant), on peut dire qu'il arrive toujours à se renouveler. Oui, les personnages principaux sont toujours les mêmes, avec leurs défauts, failles et qualités évidemment, l'ambiance reste la même, les intrigues se ressemblant (toujours les bas-fonds de Louisiane, ses grands et petits mafieux, ses politiques naviguant en eaux troubles, le passé et des autres et ses méchants très cruels, etc.) mais ce n'est pourtant jamais une redite des tomes précédents.

Et surtout, les magnifiques descriptions de paysages, ses odeurs, la pluie, la chaleur, la moiteur, le vent sur la peau, les orages électriques et j'en passe, si parfaitement décrits qu'on a l'impression d'y être.

Décidément, je ne suis jamais lassée de lire cette série.
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vendredi 18 novembre 2022

L'enfant et l'oiseau


4 de couv':
Johnson, tombé du nid, est le seul survivant de sa fratrie. A bout de forces, le jeune corbeau est recueilli par Ritsuko, femme de ménage et mère célibataire, qui décide de le ramener chez elle au mépris de l'interdiction d'héberger des animaux dans son immeuble. Bien lui en prend, car son fils adolescent, Yôichi, se passionne pour l'oiseau qu'il entoure de mille soins. Un jour, le gardien fait irruption chez eux et Johnson, que Yôichi avait caché sur le balcon, s'envole. C'est le début pour lui d'une longue errance. Il sait qu'il ne peut retourner auprès de son ami et cherche à survivre dans une ville hostile. Une rencontre va lui sauver la vie...

Ici, rien à voir avec la chanson de Marie Myriam.

Si l'écriture, douce et poétique est très agréable, au point de faire penser à un conte pour adulte, il n'en reste pas moins que la dernière partie est d'une noirceur absolue et il faut s'accrocher pour finir le roman.

Cette noirceur est présente dans tout le livre. La couleur de l'oiseau bien sûr, mais aussi ses doutes, ses premières semaines d'existence.
Les moments de plein bonheur, fugaces et fragiles, n'en sont que plus forts... et douloureux.

Et les humains surtout, sorte de fous monstrueux qui ne semblent voués qu'à détruire, s'entredétruire, voire s'autodétruire.

La seule lueur d'espoir : quand humains et animaux se rejoignent pour s'entraider. Comme la rencontre entre Johnson et Yôichi. Fugace et fragile.
J'ai été bouleversée par certains passages, d'autant plus qu'ils étaient précédés de moments lumineux.
Je suis dérangée par la fin du roman. Qui semble appeler une suite, parce que si l'histoire se termine ainsi, c'est à vous arracher le coeur pour ne plus le sentir souffrir.

J'ai l'impression que l'auteur a dû être témoin dans le monde réel de certaines scènes et en a été choqué, au point d'écrire ce roman pour dénoncer l'aveuglement de la logique humaine. Je me sens assez proche de lui sur ce coup-là.
Et si ce livre, de par son empathie, sa qualité d'écriture, amène certains décideurs à penser autrement et surtout, mieux, alors c'est gagné.

Mais j'ai mis du temps à m'en remettre, j'ai eu du mal à choisir un autre livre en sortant de celui-là, et me mettre taper ici cet article  dont j'ai écrit le brouillon à chaud... il y a deux semaines.

Je ne voudrais pas cependant qu'on ne retienne de ce livre que la noirceur, car vraiment, il est magnifique. Mais je suis assez sensible aux histoires sur les animaux, alors...

vendredi 11 novembre 2022

Le goût des pépins de pomme


4 de couv' :
À la mort de Bertha, ses trois filles,Inga, Harriet etChrista, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l'Allemagne, pour la lecture du testament. À sa grande surprise, Iris hérite de la maison et doit décider en quelques jours de ce qu'elle va en faire. Bibliothécaire à Fribourg, elle n'envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu'elle découvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin qui l'entoure, ses souvenirs se réveillent, reconstituant l'histoire émouvante, parfois rocambolesque, mais essentiellement tragique, de trois générations de femmes.
Katharina Hagena nous livre ici un grand roman sur le thème du souvenir et de l'oubli.


Si j'ai bien aimé ce roman, qui malgré quelques passages tristes a su mettre en valeur tout ce qu'il recèle d'affection et d'humour, je dois dire que j'ai eu un peu de mal au démarrage.

Je me suis parfois un peu perdue dans la généalogie... et surtout dans la maison ! A force de détails pour trop la décrire, je ne m'y retrouvais absolument pas, comme dans un labyrinthe. J'ai fini par renoncer à la représenter telle que l'autrice la créée, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, laissant mon imagination faire le reste.

En dehors de ce détail, j'ai beaucoup aimé la reconstitution de l'histoire familiale (allez savoir pourquoi, je ne pouvais m'empêcher de revenir sans cesse au film "Beignets de tomates vertes" - il faudra vraiment que je lise le livre un jour- dont je n'ai finalement que peu de souvenirs, mais je pense que l'impression ressentie en visionnant ce film était similaire à celle ressentie en lisant ce livre).
L'histoire familiale se reconstruit pièce par pièce, chacune étant reliée à un souvenir lui-même lié à un membre de la famille. Dit comme ça, cela semble un artifice grossier mais en fait non, la façon de l'amener est assez subtil au contraire.

L'écriture, sobre et délicate, est vraiment au service de l'histoire qui est elle-même riche en évènements, tristes ou non, et évite d'en faire des tonnes.

Une belle découverte.
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samedi 29 octobre 2022

Le goûter du lion


4 de couv' :
Ce qui fait de ce livre grave et pudique un roman solaire, c'est d'abord le lieu : l'île aux citrons dans la mer intérieure du Japon, qu'il faut gagner en bateau ; et encore, l'image magnifique de l'union de la mer, du ciel et de la lumière : la mer scintillante, illuminée par un incroyable sourire, surplombée par la Maison du Lion, ce leu de paix où Shizuko a choisi de venir pour vivre pleinement ses derniers jours en attendant la mort.
Avec elle, nous faisons la connaissances des pensionnaires - ses camarades, ses alliés et pour tout dire, sa nouvelle famille - ainsi que de la chienne Rokka qui s'attache à elle pour son plus grand bonheur. En leur compagnie, il y aura aussi les goûters du dimanche où grandit peu à peu son amour de la vie qu'on savoure en même temps qu'un dessert d'enfance, une vie qui aurait le goût de la fleur de tofu, d'une tarte aux pommes ou des mochis-pivoines.
Avec la délicatesse d'écriture que nous lui connaissons dans ses précédents romans, Ogawa Ito entraîne peu à peu Shizuko sur un chemin de poésie dont la mélodie possède la voix grave et conciliante d'un violoncelle ; un chemin apaisé comme pour dire la gratitude d'exister.

Jamais le thème de la fin de vie n'aura été si brillamment et délicatement écrit qu'avec ce livre.
Ito Ogawa est maintenant bien connue pour sa facilité à aborder les sujets les plus délicats dans ses romans empreints de délicatesse et de douceur. Celui-ci est le meilleur qu'elle ait écrit et nous renvoie à nos propres interrogations et perceptions de notre mort.

J'ai eu la surprise de trouver dans ce roman tous es thèmes abordés dans les précédents, de façon plus ou moins poussée selon le thème : la saveur de chaque plat préparé et ce qu'il peut remuer en nous (le restaurant de l'amour retrouvé) ; l'affection pour un animal ("Le ruban", que je n'ai pas encore lu) ; l'adoption, la notion de famille, recomposée ou pas (Le jardin arc-en-ciel) ; et dans une certaine mesure, la calligraphie (La papeterie Tsubaki et La république du bonheur).

J'ai été très (agréablement) surprise de retrouver tous ces thèmes en un seul livre, à croire que ce roman est un lien entre eux tous.

L'apogée de son oeuvre en tout cas.

Une caresse apaisante sur une angoisse existentielle commune à tous.

Bravo.
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jeudi 27 octobre 2022

Le commerce des Allongés


4 de couv' :
Liwa Ekimakingaï a passé son enfance et continue d'habiter chez sa grand-mère, Mâ Lembé, car sa mère, Albertine, est morte en lui donnant la vie. Il est employé comme cuisinier à l'hôtel Victory Palace de Pointe-Noire. Et il attend de rencontrer l'amour. Un soir de 15 août où l'on fête l'indépendance du pays, il réunit ses plus beaux atours à peine achetés l'après-midi, et assez extravagants, pour aller en boîte. (...)
Le roman est une remontée dans la vie et les dernières heures du jeune homme, qui assiste à sa propre veillée funèbre de quatre jours et à son enterrement. Aussitôt enseveli, il ressort de sa tombe. (...)
En toile de fond, la ville de Pointe-Noire et ses cimetières - en particulier le Cimetière des Riches, où chacun rêverait d'avoir une sépulture mais où les places sont très chères, et celui dit Frère-Lachaise, pour le tout-venant dont Liwa fait partie.
Dans ce grand roman social, politique et visionnaire, la lutte des classes se poursuit jusque dans le royaume des morts, où ceux-ci sont d'ailleurs étrangement vivants.

En préambule : j'ai tronqué une partie de la quatrième de couverture qui donnait des éléments de la fin du livre.

Avec tout le battage médiatique autour de la sortie de ce livre, j'avoue être un peu déçue. Mais pas tant que ça.

J'ai adoré la qualité de l'écriture et sa musicalité, car il faut dire qu'Alain Mabanckou a un vrai talent de conteur et pour cette histoire (ou plutôt plusieurs en une seule) et pour nous happer, nous faisant nous demander à chaque fin de chapitre "mais ensuite ?". Et bien la suite, au prochain chapitre, qu'on ne peut s'empêcher d'entamer alors qu'il est tard et que dormir serait quand même une bonne idée.

Et si le costume du personnage principal est on ne peut plus bariolé (voir la couverture), le moins qu'on puisse dire est qu'il est en accord avec la galerie de personnages, leur ville, leur pays, tous hauts en couleur.

La mort ? Un passage obligé, certes. Mais qui n'empêche pas de continuer à cotoyer le monde des vivants.

Une joyeuse façon d'aborder des thèmes qui ne le sont pas.
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mardi 11 octobre 2022

Pachinko


4 de couv' :
Début des années 1930. Dans un petit village coréen, la jeune Sunja se laisse séduire par un riche négociant étranger. Lorsque cette dernière tombe enceinte et découvre que son amant est déjà marié au Japon, elle refuse le marché qu'il lui propose : devenir sa seconde épouse, "l'épouse coréenne".
Pour éviter la ruine et préserver sa famille du déshonneur, Sunja choisira une troisième voie : la mariage avec Isak, un pasteur chrétien qu'elle connaît à peine et qui lui offre une nouvelle existence au pays du Soleil-Levant. Cette décision est alors le point de départ d'un douloureux exil, qui s'étendra sur huit décennies et quatre générations.
Avec une justesse historique remarquable et une écriture précise et dépouillée, Min Jee Lee nous offre un hymne intime et poignant à tous les sacrifices que font les immigrés pour trouver leur place en pays étranger.


Si la lecture de ce livre m'a enthousiasmée car l'histoire est vraiment intéressante, j'y mettrai cependant un certain nombre de bémols.

L'écriture est agréable mais sans plus et vu le succès de ce roman, je m'attendais à mieux. Le succès est donc plutôt dû à l'histoire, qui retrace tout un pan de l'Histoire de la Corée et du Japon et la façon dont les coréens ont été traités et en Corée, et au Japon.
Il y est fait allusion dans "Le poids des secrets", ce livre-ci m'a mieux fait comprendre le vécu de tout un pan de cette population.

Cela étant, on n'a guère d'explications sur cette colonisation de la Corée par le Japon. Les personnages la subissent, ou luttent contre, mais sans qu'on entre réellement dans les détails. Ils vivent leur vie comme ils peuvent, détachés (car trop dangereux) de tout ce qui est politique. Ceci n'est guère dérangeant pour le lecteur, puisqu'il s'agit avant tout de l'évolution d'une famille coréenne à travers les âges.

La dernière partie du livre m'a cependant moins plue : La vie des différents personnages dans les années 1970-80 m'a moins enthousiasmée que le reste du roman et je suis perplexe aussi sur la toute fin du roman, qui m'a laissé un goût d'inachevé.
Et un certain passage était peut-être très important selon le point de vue de l'autrice mais pas du tout en ce qui me concerne et n'apporte pas grand chose à l'histoire finalement. A moins de vouloir montrer une évolution des moeurs qui ne se fait que clandestinement, hypocritement.

Cela étant, ce roman est une très bonne histoire d'une famille tout au long du 20ème siècle (il commence  en 1910 et se termine en 1989), qui nous apprend l'histoire et la condition sociale des coréens vivant au Japon. En particulier ceux qui, bien que nés au Japon, n'ont pas la nationalité japonaise (pas de droit du sol là-bas) et sont coréens bien que la majorité d'entre eux n'aient jamais mis les pieds en Corée. Sans compter le racisme qui va avec. La fin laisse entrevoir une (légère) amélioration des mentalités, mais j'aimerais bien savoir ce qu'il en est de nos jours.

Donc malgré ces quelques bémols, un livre prenant et instructif.
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dimanche 9 octobre 2022

Le temps est venu / Eveillez-vous à la liberté


4 de couv' :
Lorsqu'en 1994, après des décennies de lutte contre l'apartheid et vingt-sept années d'incarcération, Nelson Mandela devient président de la République sud-africaine, c'est un triomphe. Dès ce moment, Noirs et Blancs s'engagent dans le difficile processus de réconciliation.
Apprendre à vivre ensemble, c'est ce même défi que lançait Nehru au peuple indien en 1947, lors de l'accession à l'indépendance : faire de l'Inde un pays libre et démocratique, oublier les différences, réconcilier les pauvres et les princes.


S'agissant de deux discours, écrit dans des moments ô combien charnières dans l'histoire de ces pays, difficile de les commenter sans tomber dans des poncifs ridicules, d'autant que je ne suis pas historienne.

J'ai été surprise du choix de rassembler ces deux-là dans le même ouvrage et qui plus est pas par ordre chronologique.

Mais finalement, le choix est effectivement judicieux car s'il ne s'agit ni du même pays, pas même du même continent, encore moins de la même époque (presque un demi-siècle les sépare), le contexte est cependant le même : deux pays qui se trouve dans un moment de bascule dans leur histoire, qui doit réunifier un peuple dont les institutions précédemment en place ont tellement cloisonné les différentes catégories de population que la tâche semble insurmontable.
Mention spéciale aux chronologies (très éclairantes, même pour une piqûre de rappel) placées en fin de chaque discours. J'ai aussi apprécié d'avoir la version en anglais.

Ce qu'il est est advenu par la suite, on connaît, mais il est bigrement intéressant de se placer en les lisant du point de vue historique, du contexte de l'époque et évidemment de ce qu'on sait des suites.

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vendredi 7 octobre 2022

Une odeur de henné

4 de couv':
Kenza est médecin dans un hôpital de campagne. Son père lui a transmis sa passion des livres. Depuis son enfance, Kenza se sent différente, en rien semblable à sa mère ou à ses camarades de classe. Habitée par un vif désir de connaissance, elle fait tout pour échapper aux conventions de son milieu. Aussi, quand ses parents lui annoncent qu'un jeune homme a demandé sa main, Kenza, se révolte.Elle part  pour Paris, loin de l'emprise de la tradition. Sans se douter que sa soif de liberté y sera aussi mise à l'épreuve...
Grâce à son écriture sensible, Cécile Oumhani donne vie à un personnage attachant qui se débat dans ses contradictions, vit intensément ses émotions, s'émancipe, mais à quel prix, et découvre dans la souffrance une forme de libération.
Un roman élégant qui se fait l'écho intime de questions brûlantes dans la société tunisienne d'aujourd'hui.


Acheté l'année dernière lors de la foire aux livres des médiathèques de Brest, donc autant dire, trouvé un peu par hasard, ce livre a été pour moi une bonne surprise.
Je ne connaissais pas l'autrice, et le thème me plaisant assez, c'est donc aussi un peu par curiosité que je l'avais rajouté à ma pile (soit-dit en passant, vivement la prochaine foire aux livres des médiathèques de Brest, j'ai l'impression de n'avoir trouvé que des petits bijoux là-bas).

Je dois reconnaître que j'ai eu un peu de mal au début du livre  avec la narration. Je ne sais pas à quoi c'était dû. Peut-être le fait de passer d'un livre à l'autre, d'un univers à l'autre, la fatigue de la journée, un mélange de tout ça sans doute.
Puis je me suis accrochée et au final, le problème venait bien de moi car je me suis finalement laissée happée par l'histoire, au point de le dévorer dans la même soirée. Impossible de décrocher de l'histoire, de l'écriture, de l'envie de connaître la suite puis le dénouement.

Bref, je l'ai lu entièrement le soir-même. Heureusement que je ne travaillais pas le lendemain...

Je ne dirais rien de l'histoire, car je risquerais de trop en dévoiler, mais j'ai aimé la manière dont l'autrice présente les personnage, les contextes sociaux dans lesquels ils évoluent, le poids des traditions (et comment les contourner), et surtout le fait qu'elle sème par endroits le point de vue de certains personnages, offrant ainsi aux lecteurs une autre vision de l'histoire ou du personnage central. Courts chapitres bien venus, bien amenés, et incroyablement éclairant sur l'histoire.

Une belle réussite que ce livre.
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